💭 « Le meilleur entraînement, c’est celui qui te donne envie de revenir. » — Théo Cupcic
🎙️ Dans cet épisode, j’accueille Théo Cupcic, créateur du média et du podcast SwimSmart, ancien maître-nageur et passionné de pédagogie aquatique. On y parle de natation, bien sûr, mais aussi d’humilité, d’éducation, de cycles menstruels, de plaisir, de vocation et… d’eau chlorée 💦
De son enfance passée dans les bassins à la création de SwimSmart — une plateforme pensée pour aider les adultes à (re)mettre la natation dans leur vie — Théo partage sa vision : réapprendre à réfléchir dans l’eau pour y reprendre plaisir.
Il nous raconte aussi pourquoi il a quitté les bassins, comment il est devenu papa, entrepreneur et bientôt swimrunner (avec Marie, son binôme).
Et on a parlé d’Ötillö, de Fergus Leleu, de Bertrand Soulier, de Mathieu Poullain, et de cette immense fierté d’être “dernier de ceux qui ont fini”.
🧠 Ce que vous allez apprendre :
- Comment transformer une passion en mission d’utilité publique
- Pourquoi savoir nager, c’est savoir vivre
- L’importance d’adapter son entraînement à son état mental et physique
- Et comment la natation peut devenir un outil de bien-être, pas juste de performance
🏃🏼♀️ Notre invité :
- 🌐 https://swimsmart.fr et surtout https://swimsmart.substack.com
- 📸 https://www.instagram.com/swim_smart_podcast
- 🔗 https://www.linkedin.com/in/th%C3%A9o-cupcic
- 🚴♂️ https://www.strava.com/athletes/36465112
📝 Quelques punchlines à retenir :
• « Le meilleur entraînement, c’est celui qui te donne envie de revenir. »
• « Être le dernier de ceux qui finissent, c’est déjà une victoire. »
• « Quand tu plonges, tu ne laisses pas ta journée au vestiaire. »
• « Enseigner, c’est transmettre plus que des gestes : c’est transmettre une philosophie. »
• « Apprendre à nager, c’est réduire le nombre de noyés. »
💡 Le conseil de Théo
« Pose-toi toujours trois questions avant de nager :
1. Qu’est-ce que je nage aujourd’hui ?
2. Pourquoi je nage ça ?
3. Et comment je le travaille ? »
🤔 Et pour finir ?
Vous embarquez avec moi ? Partagez-le à un ami qui rêve de nager… autrement 🌊
PS : nous sommes maintenant sur Strava ! https://www.strava.com/clubs/DevenirTri !
💬 La transcription de l’épisode
Lire la transcription intégrale
Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir sur cet épisode du podcast Devenir Triathlète. Mais je suis vraiment très très très heureux parce que par le jeu des échanges avec certains copains et puis d’autres qui me ping sur Instagram parce qu’ils sont passés chez un podcaster, c’est l’occasion de rencontrer ce podcaster, alors en presque vrai parce que ceux qui nous suivent sur YouTube, vous verrez qu’en fait c’est en visio. Mais je suis très content de tendre le micro à Théo de Swimstart. Salut Théo !
Théo CUPCIC : Salut Ermanno, alors c’est Swimsmart, c’est là où je me dis que j’aurais dû choisir un meilleur titre pour le podcast, mais c’est Swimsmart, c’était le côté réflexion dans ta natation, c’est pour ça qu’il y a Smart.
Ermanno : Non mais écoute, je suis désolé, ça fait au moins trois fois que je l’ai fait et en off, on a fait quelques trucs tout à l’heure et je crois que j’ai marqué Swimstart partout. C’est n’importe quoi ! Je ne vais même pas me reprendre, tu vois, parce que c’est la beauté du truc, comme ça, ça restera et je crois que je t’appellerai toujours Théo de Swimstart.
Ermanno : Comme ça, ça restera, tu vois, tu pourras dire mais l’autre con, il n’a toujours pas compris que c’est un M et pas un T. Bref, donc Théo de Swimsmart. Je te laisse prononcer ton nom parce que je ne sais jamais les noms et je ne veux pas faire d’erreur et j’ai déjà fait l’erreur sur Swimsmart, donc je te laisse y aller.
Théo CUPCIC : Alors le nom, on a essayé de franciser au maximum, c’était au cupsyque en fait, il n’y a pas de piège, il n’y a pas d’accent qui… qui se cache quelque part. Non, c’est à la française, Théo Cupsyque de Swimsmart.
Ermanno : Tu vois, je me suis dit peut-être qu’on peut faire un cupchitch ou quelque chose comme ça. C’est de quelle origine ?
Théo CUPCIC : C’est roumain, donc ça vient de Roumanie et petite anecdote, un jour en entretien, l’entretien a duré une demi-heure, pendant dix minutes, la personne qui me faisait faire l’entretien, qui me faisait passer, a passé dix minutes à me dire non, ce n’est pas cupsyque, c’est coupsyche. Et donc voilà, c’était lunaire de passer un tiers de l’entretien juste sur la prononciation de mon nom de famille.
Ermanno : C’est marrant, tu vois, c’est pour ça que je laisse les gens dire leur nom parce que sinon je me dis en fait, tu t’enfermes dans des choses. Puis moi, j’en ai marre qu’on m’appelle Romano, Armano, Romanal, donc maintenant, chacun fait ce qu’il veut, mais moi, je laisse les gens s’exprimer, dire leur nom. Bon, on n’est pas là pour parler de nom, même si finalement, on a fait deux, trois minutes autour de ça. Moi, ça me tenait à cœur de te donner la parole pour être totalement transparent. Swimsmart, je ne le connaissais pas avant d’échanger avec Mathieu Poulin, ancien champion. Du monde de swimrun, Mathieu, si tu nous écoutes, on te fait un gros bisou avant d’échanger avec Bertrand et puis que Bertrand me tag dans son podcast. Enfin, dans une story que tu as mise parce que tu l’as reçu aussi, Bertrand Soulier, sur ton podcast. Et d’ailleurs, je note qu’il a beaucoup parlé, tu l’as fait beaucoup parler du swimrun qu’on a fait ensemble. Moi, je m’attendais à découvrir un autre Bertrand que je ne connaissais pas. En fait, je le connaissais, celui-là, même si je crois qu’il a une mémoire un peu défaillante, mais ça, on en reparlera plus tard. Mais donc, je vais d’abord te laisser te présenter. Théo Kupsik de Swimsmart. Qui es-tu ? Dis-nous tout. Et que fais-tu dans la vie ?
Théo CUPCIC : En vrai. Félicitations. Félicitations. Je m’appelle Théo. J’ai bientôt 37 ans. Alors, je ne sais pas quand est-ce que ça sera diffusé, mais le 11 novembre, j’ai 37 ans. Et je suis dans les bassins depuis tout petit. C’était obligatoire dans ma famille de nager. Tant qu’on ne savait pas nager les quatre nages, qu’on ne les maîtrisait pas, on était obligé de s’inscrire au club de natation. Pendant tout mon enfant, j’ai eu envie d’arrêter la natation jusqu’au jour où j’ai eu le choix. Et je me suis dit. Bon. En fait, je vais continuer parce que je suis bien dans une piscine. C’est là où je me sens bien. Et c’est pour ça que je suis devenu maître nageur, entraîneur. Et que j’ai passé quelques temps sur les bassins jusqu’à il y a deux ans où j’ai quitté les bassins. Parce que j’ai un enfant. Je suis séparé de sa mère. Et un jour où je devais l’avoir de garde, j’ai dû lui dire. Je suis désolé mon grand, mais il va falloir que tu ailles chez ta maman. Parce qu’il faut que j’aille au travail. Et dans ses yeux, j’ai vu que c’était la dernière fois que je lui disais ça. Et donc, c’est à ce moment-là que j’ai. Et j’ai créé Swim Smart. Et je vais y réfléchir un peu plus pour le nom pour que ce soit plus facile à dire. Mais l’idée de Swim Smart, c’est tout un écosystème. Parce qu’il y a une newsletter, il y a des articles, il y a une espèce de blog. Pour aider les adultes actifs à mettre ou remettre la natation dans leur vie. Parce que j’en avais marre d’entendre les gens qui disaient. J’arrête parce que je n’ai pas le temps. J’arrête parce que je ne sais pas quoi faire. Ou j’arrête parce que je fais toujours la même chose et du coup, je ne progresse pas. Donc voilà, c’est de leur donner les outils pour qu’ils réfléchissent. Et qu’ils s’approprient leur natation, leur apprentissage. Et qu’au fil des écoutes, ils aient tout le temps la réponse aux trois questions suivantes. Qu’est-ce que je nage aujourd’hui ? Pourquoi je nage ça ? Et comment je fais pour travailler ce que je vais travailler ? Parce que je suis persuadé qu’en ayant ces réponses, ils vont prendre du plaisir. Et du coup, ils vont revenir. Et pour moi, la meilleure des séances, c’est celle qui te fait revenir après. Donc voilà ce que c’est que Swim Smart.
Ermanno : Excellent. C’est un peu comme le podcast. Le meilleur des podcasts, c’est celui qui donne envie d’écouter l’épisode d’après. Sans sélectionner par rapport au titre, par rapport à l’invité ou par rapport à ce que tu veux.
Théo CUPCIC : Oui, c’est ça. C’est tout à fait ça. Et je suis un fan de Bertrand Souillé, de Devenir Triathlète, que j’écoutais beaucoup. Et au début, je voulais donner un podcast natation à un copain. Un truc très spécifique. Et je n’ai pas trouvé quelque chose qui correspondait. Qui était soit trop orienté triathlon, soit pas assez apprentissage adulte actif. Et donc, je me suis dit, si tu ne le vois pas, fais-le. Excellent.
Ermanno : C’est comme ça. Écoute, mais quelle bonne idée, franchement. Deux petites choses. La toute dernière, tu as dit que tu es un grand fan de Bertrand Souillé. Et de Devenir Triathlète, que tu écoutais beaucoup. C’est quoi l’utilisation du passé ?
Théo CUPCIC : L’utilisation du passé, elle l’est parce que je suis swim smart. J’aimerais bien en vivre. J’ai envie d’en vivre. Donc, j’écoute beaucoup plus de podcasts sur comment créer son entreprise, comment gagner des sous, comment monétiser, comment faire ça. Et je fais beaucoup moins de sport à côté. Mais j’ai repris dernièrement parce que je me lance dans le swimrun cette année. C’est pour ça que j’ai invité Mathieu. C’est pour ça que j’ai invité Bertrand. Et c’est pour ça que je vais t’inviter pour écouter ton fameux droit de réponse par rapport à tout ce qu’a dit Bertrand. Et c’est mon objectif 2020. Je ne connais absolument pas le swimrun. Et il y a une de mes auditrices, Marie Petit-Bette. Bonjour à toi, Marie. On s’est tous les deux dit, tiens, j’aimerais bien faire le swimrun, mais je ne trouve personne pour le faire. Eh bien, tu ne trouves personne, je ne trouve personne. Ça y est, on l’a trouvé. Et puis, on va se lancer là-dedans.
Ermanno : Excellent. Écoute, je suis bête. On a parlé de plein de choses en off. Je t’ai fait quelques intros avec des copains. Celui que tu dois recevoir avant même moi ou n’importe qui d’autre, c’est Fergus, en fait. C’était mon binôme, celui avec qui j’ai été à l’ET2 cette année. Donc, l’ET2, pour ceux qui n’ont pas suivi, championnat du monde de swimrun. On a triché parce qu’on ne s’est pas qualifiés, comme tout le monde devrait le faire, à force de faire des courses et soit d’en gagner, soit en tout cas de cumuler des points. Nous, on a demandé une invitation à l’organisation qui nous l’a accordée. Et donc, on s’est retrouvés le 1er septembre au départ de l’île de Saint-Dame. Et on a traversé tout l’archipel de Stockholm à la nage et en course à pied. On est arrivés dernier, Théo, dernier. Au début, j’avais envie de me tirer une balle quand j’ai passé la ligne. C’est la première fois que je passe une ligne en dernier. Et puis, plus ça va, et plus je me dis, en fait, ouais, on est arrivés dernier. Mais on est arrivés dernier de ceux qui sont arrivés. C’est-à-dire, on enlève tous ceux qui ont abandonné, on enlève tous ceux qui sont blessés, et on enlève tous ceux qui ont été éliminés ou disqualifiés. Donc, c’est quand même une sacrée…
Théo CUPCIC : Et ceux qui n’ont pas réussi à venir.
Ermanno : Et ceux qui n’ont pas réussi à venir. Donc, c’est quand même une sacrée fierté d’être arrivés au bout. Et en fait, Fergus, comme moi, c’était quasiment notre premier swimrun. Moi, j’en avais déjà fait un avec Bertrand Soulier. T’en as déjà parlé avec lui. Et après, j’ai pas refait de compétition de swimrun. Et donc, c’était mon premier vrai swimrun, surtout long. Fergus, lui, il avait fait les World Series de Cannes l’année dernière. Donc, sur un format, c’était 40 de course plus 7 ou 8 de nage. Donc, c’était pas très loin de l’autileux, mais c’était pas tout à fait l’autileux. Puis surtout, les conditions étaient pas les mêmes. Après, on en a fait un en région parisienne. On a fait un début d’année, 2025. Et puis, on s’est retrouvés à l’autileux. Donc, en fait, on était tous les deux des novices. On s’était jamais vus. On s’était vus une fois. On avait nagé à Rouen, mais pas en mode swimrun. On était dans un bassin, puis on avait été courir dehors. Donc, on s’était presque jamais vus. On s’était jamais vraiment entraînés ensemble. Et on n’a pas du tout respecté le plan qui était que normalement, j’aurais dû être devant. En réalité, c’est lui qui était tout le temps devant et qui m’a tiré comme un gros bœuf. Mais on pourra en reparler. Mais donc, je pense que c’est Fergus que tu devrais inviter avant tout le monde. Donc, je te ferai aussi une intro avec Fergus. Oui, plaisir. Je t’avais dit que j’arrêterais de parler, que ce serait à ton tour. C’est ton interview, c’est moi qui parle. N’importe quoi. Appelez-moi Mathieu Stéphanie.
Théo CUPCIC : Non, mais c’est ouf de passer des gorges de la Loire à l’autileux. Ouais. Bon.
Ermanno : Après, entre-temps, j’ai fait un autre petit truc qui aurait dû être un swimrun aussi, mais ça ne s’est pas fait. Mais c’était plus du run que du swim. Mais ouais, c’est complètement ouf. Et surtout, je remercie l’organisation de nous avoir autorisés, de nous avoir acceptés dans notre demande d’invitation. Mais on pourra en reparler. On pourra en reparler un peu plus tard.
Théo CUPCIC : Mais dans toute ma carrière de nageur, j’ai toujours préféré être le dernier du groupe d’au-dessus plutôt qu’être le premier du groupe d’en-dessous. Donc, je reviens à… Moi, j’aurais préféré être le dernier de l’autileux que le premier de la crosse du coin. Ouais, c’est clair. Qui te tire vers le haut, qui te booste et des souvenirs de ouf.
Ermanno : Ouais, c’est clair. Mais écoute, on pourra reparler de ça aussi. Mais en plus, la communauté swimrun, c’est juste un truc de dingue. C’est des gens qui te tirent vers le haut. C’est des gens qui ont très souvent le cœur sur la main. Donc, franchement, non seulement je comprends ce que tu dis, mais encore plus dans ce sport que le swimrun. Et fais gaffe parce que dans le podcast « Devenir triathlète », on dit souvent avec mes invités que le problème du triathlon, c’est que quand tu y goûtes, après, tu choppes le virus et tu ne peux plus en sortir. Moi, par la force des choses, j’étais obligé d’en sortir. Mais en fait, le swimrun, ça fait un peu pareil. Donc, fais attention. Si tu mets un pied dans le swimrun avec Marie, tu ne continueras peut-être pas avec Marie, mais tu risques d’y rester dans le swimrun.
Théo CUPCIC : Mais je découvre aussi cette mentalité et c’est ce que tu dis. Je t’ai expliqué, j’ai interviewé Mathieu pendant trois heures. On a échangé pendant trois heures et c’est une semaine après que j’apprends qu’il a fait tout ça, qu’il a tous palmarès champion du monde et tout. C’est impressionnant. Inimaginable.
Ermanno : Mais revenons à toi. Donc, tu disais que toi, tu as toujours été dans des bassins depuis tout petit. Et tu disais que chez toi, tant qu’on ne maîtrisait pas les quatre nages, on était obligé d’aller au cours… Au cours de natation. Mais pourquoi, en fait ? Tes parents étaient nageurs ? Tes parents étaient des nageurs olympiques ? Ou papi, mamie qui… Pourquoi ? Pourquoi, Théo ?
Théo CUPCIC : Alors, eux, ils expliquent, ils disent que c’est parce que c’est important de savoir nager. Moi, je suis un grand romantique, j’ai une notion un peu plus romantique que ça. Ils se sont rencontrés dans leur club de natation. Ils étaient ensemble à l’école. Et puis après, mon père a dragué ma mère dans les touches collectives de… Après les entraînements. Donc, je pense qu’il y a un côté romantique en mode, voilà, ça nous a apporté l’amour de notre vie. Donc, on veut pousser nos enfants à faire ça. Et tu as peut-être un côté aussi où on est un peu tous égaux à la piscine. Et ce n’est pas le cas ailleurs. Tu as plein d’endroits où tu as plein de barrières qui se mettent, sociales ou physiques. Quand on est en slip, tu es en slip, quoi. Donc, je pense qu’il y a un peu de tout ça.
Ermanno : Tu m’étonnes. Et puis même la barrière financière, c’est vrai que pour faire de la natation, alors ça coûte de plus en plus, mais sinon pour pratiquer la natation, si tu habites près d’un plan d’eau ou près d’une étendue d’eau, ça ne te coûte pas grand-chose d’autre que d’avoir un maillot. Si tu habites près d’une piscine, ça te coûte le prix de l’entrée à la piscine. Et c’est quand même une barrière à l’entrée qui est moins importante que si on prend le triathlon, tout le matos à acheter. Si on prend le swimrun, tout le matos à acheter. Le foot, le hockey, le machin, le truc. Le foot, c’est quand même aussi très accessible. Il suffit que tu aies au moins un collègue et puis un ballon.
Théo CUPCIC : Et de pull pour faire les cages et puis c’est parti. C’est ça, voilà.
Ermanno : Mais c’est vrai que la natation, finalement, ça reste quand même un sport assez accessible en termes de barrière à l’entrée. En revanche, il y a une grosse barrière à l’entrée, c’est la technique. Et très souvent, ça va te perdre avec la peur de l’eau. Je ne sais pas si tu connais les chiffres, mais moi, j’ai été effaré de lire il y a quelques temps qu’en gros, si je ne m’abuse, 60% de la population française ne sait pas nager. Et on ne parle pas de nage technique. On parle juste de si tu tombes dans l’eau, tu ne vas pas te noyer juste parce que tu paniques en fait.
Théo CUPCIC : Ah oui, mais c’est quelque chose de dingue. Alors, je ne sais pas s’il soit un jour, mais quand j’étais encore sur les bassins, ça avait un enfant sur deux en sixième ne savait pas faire rentrer dans l’eau, faire une longueur. Donc, un enfant sur deux en sixième. Et s’il ne sait pas le faire maintenant, il y a peu de chances qu’il apprenne plus tard. Ça va aller en s’aggravant, malheureusement. Et je pense que c’est aussi une des raisons pour lesquelles mes parents voulaient qu’ils fassent de la natation et que moi, je veux que mon fils fasse de la natation. Ça change la vie de savoir nager. Quand on va à la mer avec les copains, on peut jouer. Quand on va à Aqualandre, on est plus à l’aise. Ne pas savoir nager, c’est extrêmement bloquant. Et les gens sous-estiment ça parce qu’ils pensent que ça n’existe pas. Alors que c’est effarant et ça fait très peur.
Ermanno : Surtout que l’eau est finalement un milieu très hostile, en fait. Quand on parle de l’eau chaude, de l’eau froide, de l’eau lisse ou de l’eau mouvementée avec des vagues et autres. En fait, tu peux te noyer dans 30 centimètres d’eau, que tu paniques ou pas. Donc, si tu n’as pas déjà, au-delà de savoir nager, mais si tu n’as pas, si tu n’as pas aussi déjà cette non-appréhension de l’eau, tu prends un risque pour toi.
Théo CUPCIC : Oui, c’est clairement un élément très dangereux. Alors, le but, ce n’est pas de faire peur, mais il faut en avoir conscience, il faut la maîtriser pour pouvoir être bien, être à l’aise et minimiser les risques. Parce que c’est ça, le truc. Même si tu sais nager, tu ne fais que minimiser les risques. Tu ne les annules pas. J’ai interviewé Cindy Lefeller qui a fait la traversée de la Manche et elle m’expliquait, des fois, à l’entraînement, je n’y vais pas parce que je ne le sens pas, parce que j’ai un peu peur, parce qu’il faut savoir être à sa place et il faut faire attention. Donc, si même quelqu’un qui traverse la Manche se dit « Là, aujourd’hui, je ne vais peut-être pas nager parce qu’il y a un peu de vagues, un peu de courant, je ne suis pas en forme », c’est qu’il faut faire attention.
Ermanno : Il faut avoir une sacrée humilité. Tu sais, je mets ça au même niveau que la montagne, en fait. On se dit « Ouais, la montagne, c’est bon ». Retrouve-toi seul dans la montagne quand le temps se met à changer. Ça reste un milieu très hostile. Alors, c’est sûr que quand tu es en montagne, tu peux toujours respirer. Ce n’est pas comme quand tu as la tête dans l’eau. Mais, mine de rien, ça reste un milieu qui est aussi très hostile parce que tu ne maîtrises pas beaucoup de paramètres et qui peuvent potentiellement te causer quelques problèmes. Anyway, il faut vraiment que j’arrête de parler. C’est toi l’invité, bordel. Bon, après, entre savoir nager pour ne pas en avoir peur et puis maîtriser les quatre nages, il y a quand même un monde. Et puis, j’imagine que quand tu dis que tes parents t’ont obligé à maîtriser les quatre nages, ce n’était pas juste savoir nager, faire du dos, faire de la brasse, faire du crawl et puis faire du pap. C’était de la nage très, très, très technique. Tu as été jusqu’où, finalement, dans tes cours de natation ?
Théo CUPCIC : Alors, moi, je n’ai jamais été très, très bon. J’en ai fait très longtemps. J’ai fait deux, mais… Alors, je ne compte pas être bébé nageur parce que tu n’apprends pas à nager, mais tu te familiarises avec l’eau. C’est une étape très importante. Je ne le mets pas de côté. J’ai fait, du coup, de six ans jusqu’à 25 ans avec une petite parenthèse de quatre ans de water polo. Water polo au niveau N3 et natation, je suis allé jusqu’en… En N2. Donc, voilà, je n’ai jamais été un bon nageur. Et très vite, mes entraîneurs ont vu que j’avais moins de potentiel que je pensais. Mais par contre, en tant que coach, très vite, ils m’ont dit « Allez, viens à côté de nous. Viens nous aider. » Et puis, ils ont vu que ça m’intéressait plus.
Ermanno : Nickel, parce que, du coup, tu me prépares une belle transition. Donc, tu as été coach. Tu as été maître nageur aussi, tu l’as dit. À quel moment de « Je suis Théo qui apprend à nager », tu switches vers soit le Théo qui veut être maître nageur, soit le Théo qui veut être entraîneur, soit le Théo qui veut être coach. D’ailleurs, tu me diras si pour toi, c’est la même chose, entraîneur et coach. Avant de passer au Théo de SwimSmart où tu vas apprendre aux autres comment nager ou comment garder pied avec l’élément aquatique.
Théo CUPCIC : Alors, je ne sais pas si mes parents vont écouter ce podcast. Ils ont intérêt.
Ermanno : Tu as intérêt à le partager et puis à les faire écouter quand même. Pas sûr.
Théo CUPCIC : La première fois où je dis que je vais être entraîneur, mes parents me disent « J’ai ce souvenir-là. Je suis Théo. C’est une bonne idée, mais fais un vrai métier d’abord. » Et du coup, je les écoute. Tu as 15 ans. Tu te dis « Ah, d’accord. Moi, je me voyais entraîneur de haut niveau. » Et j’ai dit « Bon, je fais des études, des études, des études qui ne me plaisent pas. Je me ramasse plusieurs fois parce que ça ne m’intéresse pas. » Jusqu’au jour où je me dis « En fait, j’ai 25 ans. Donc, il est peut-être temps que ce soit moi qui choisisse. » Et si je me rappelle tous les moments bien dans ma vie où j’étais bien, j’étais dans une piscine où je parlais natation. Donc, trouve un métier qui te permet de le faire. Et c’est comme ça que je dis à mon entourage « Je suis désolé. Je ne vais pas faire avocat. Je ne vais pas faire docteur. Ce n’est pas ce que je veux faire. Je veux faire maître nageur parce que j’ai envie d’apprendre à nager. » Et c’est ça qui me plaît. Tu as envie d’apprendre aux autres à nager
Ermanno : parce que toi, tu savais déjà nager.
Théo CUPCIC : Moi, je savais à peu près nager. Mais voilà, c’est le meilleur souvenir que j’ai depuis que j’entraîne. C’est quand tu vois dans le regard de la personne « Ah ben, en fait, j’ai compris, je nage. » Et je pense que c’est pour ça que j’ai appelé « Swim Smart ». C’est pour ça que je suis beaucoup axé sur la réflexion sur comment fonctionne l’eau, comment fonctionnent les appuis. Justement parce que je trouve qu’il y a un déclic dans la tête de l’apprenant dès qu’il se dit « En fait, je flotte. Je sais pourquoi. » Ça va. C’est ça qui m’a fait orienter vers cette carrière. Excellent.
Ermanno : Comment on devient maître nageur, en tout cas en France ?
Théo CUPCIC : En France, tu as plusieurs façons de faire. Tu peux soit, en passant par Staps, tu as quelques filles, filières qui le font. Le plus court, le plus simple, c’est si tu sais déjà que tu fais maître nageur, tu vas au Creps du coin, tu vas à l’Airfan, tu vas à un centre de formation et tu as une formation de maître nageur. Ça s’appelle un BPGEPS AAN, donc Brevet Professionnel d’Éducation Physique et Sportive, de mémoire. AAN pour Activité Aquatique et de la Natation. Et donc, pendant un an ou deux, en fonction de si tu fais un alternance ou si tu fais un parcours classique, tu vas avoir des cours de physio, de psychologie, de biomécanique, de mécanique des fluides
Ermanno : pour apprendre à nager. Mais ça, c’est le BPGEPS, ce n’est pas que pour être maître nageur, c’est aussi pour être entraîneur.
Théo CUPCIC : Alors, un BPGEPS AAN ne peut pas entraîner à la compétition. Tant que ce n’est pas des compétitions, il peut le faire. Donc, tu peux avoir ton BP et être dans le club de natation pour les moins de 8 ans qui ne font pas encore de compétition. Dès qu’il va faire de la compétition, là, il va falloir soit des brevets fédéraux, soit un DEGEPS, c’est le diplôme au-dessus, pour pouvoir faire de la compétition.
Ermanno : Alors, je n’ai jamais compris cette interdiction ou cette obligation qu’on peut avoir en France. Finalement, qu’est-ce qui va t’empêcher, toi, si tu n’as que un BPGEPS,
Théo CUPCIC : d’entraîner un nageur olympique ? Qu’est-ce qui va t’empêcher, si tu as joué à Dr Mabou, d’opérer quelqu’un ?
Ermanno : Oui, on n’est pas sur le même niveau non plus de risque.
Théo CUPCIC : Ce n’est pas le même risque. Encore que, avec un mauvais entraînement, pas adapté, tu dois connaître des cas, tu l’as peut-être vécu, tu peux te blesser, plus ou moins gravement, si ce n’est pas adapté. Mais c’est juste que la formation de maître nageur, comme elle est faite actuellement, il y a beaucoup moins d’entraînement qu’avant, parce qu’il y a plus de choses. Avant, quand tu étais maître nageur, tu pouvais faire de la compétition, mais tu n’étais pas formé en aquagym, par exemple. Maintenant, tu as ce côté animation qui est plus dans l’air du temps. Les maîtres nageurs, ils ont besoin de savoir faire ça parce que le futur employeur va le vouloir. Et donc, tu as enlevé toute cette partie planification d’un entraînement, les macro-cycles, les micro-cycles, que moi j’ai appris, d’une, parce que ça me passionne, et de deux, parce qu’après j’ai fait des brevets fédéraux niveau 3 en natation-course pour pouvoir faire de la compétition.
Ermanno : Admettons que tu sois quand même très bon, je reste, j’appuie, mais admettons que tu sois quand même très bon, mais que tu n’aies pas obtenu un diplôme. Le diplôme. Sanctionné, ça, par un diplôme officiel de l’État français. Et que tu as un très bon pote qui nage très bien, qui se destine à aller dans des grandes compétitions internationales. Qu’est-ce qui t’empêche ? Je veux dire, est-ce que les flics vont débarquer chez toi si toi tu l’entraînes ? Ou est-ce qu’au contraire, c’est aussi une question de responsabilité si ton athlète suit tes conseils, qu’il se blesse et qu’après il pourrait se retourner contre toi en disant, ce mec n’était pas qualifié et il m’a quand même entraîné ?
Théo CUPCIC : Alors, il y a de ça, mais il y a des contrôles. La DRAGES, la Direction des Sports, peut te contrôler, jeunesse et sport, pour voir en montant, en disant, tiens, montre-moi ta carte pro, est-ce que c’est marqué ? Tu peux encadrer telle activité. Après, je ne sais pas combien il y a de contrôles par an, parce que moi, je n’ai jamais été contrôlé et tout. Donc, ça se trouve, c’est qu’une rumeur, c’est comme le fameux, si tu fais pipi dans l’eau, ça devient bleu. Ça se trouve, c’est ça. Ce n’est pas bleu, c’est rouge.
Théo CUPCIC : Théoriquement, tu peux te faire contrôler par l’État, en mode, est-ce que tu as le droit de le faire ou pas ?
Ermanno : Bon, tu vois, je vais un peu dans la dérision, mais c’est vrai que c’est intéressant. Moi, ça m’intéresse à deux niveaux. Un, si tu es au bord du bassin pour donner des conseils à un copain, qu’est-ce que tu risques ou pas ? Si effectivement, ton copain ou ton ami, eux, se blessent, est-ce que la personne peut se retourner contre toi, d’un point de vue légal ? À ce niveau-là, après, ce n’est plus un ami, mais bon, c’est autre chose. Peut-être que lui ou elle se sentira blessé dans son âme intérieure aussi, que de toute façon, ce ne sera plus un ami. Et puis aussi, au-delà de ça, c’est, après, il y a tout le côté, effectivement, employabilité. Si tu as le diplôme, si tu n’as pas de diplôme, ce n’est pas pareil. Après, je me pose la question, parce que j’ai déjà échangé avec plusieurs MNS, maîtres nageurs-sauveteurs, qui sont au bord des piscines. On ne va pas se le cacher, on est entre nous, c’est un métier qui ne paye pas, c’est un métier de passion. Ah oui, c’est sûr. Donc, on te demande de faire un diplôme minimum en un ou deux ans, que ce soit en alternance ou en continu, et on va te payer 800 balles par mois. Ce n’est pas un peu exagéré, quand même ? Je sais que tu n’es pas aux instances, mais je pousse le bouchon un peu loin.
Théo CUPCIC : Non, mais c’est sûr. Ces mêmes instances ne peuvent pas se plaindre du manque d’attractivité du métier et le mettre dans ces conditions-là. Donc, c’est évident. Malheureusement, si tu n’as pas les compétences, tu peux quand même prendre le risque de le faire. Après, il y a aussi le côté payé. C’est assez flou si tu es bénévole. Tu peux très bien dire « je suis bénévole » et tu peux faire ce que tu veux si tu es bénévole. Augmenter le tarif, c’est sûr que ça ferait et ça permettrait à plus de gens de vouloir le faire, de s’investir plus aussi. Parce que tu as aussi le côté, une fois que tu as ton boulot et que tu as ton salaire, est-ce que tu es vraiment investi, vraiment motivé ? Est-ce que tu gardes tout ça ? Tu as tout ça qui rentre en jeu. Mais après, si ton employeur doit te payer plus, les sous, il va devoir les récupérer quelque part. Donc, là, on a commencé l’épisode en disant que c’était accessible. Si tu surpayes les bêtes nageurs, est-ce que ça va être autant accessible à l’entrée ? Ce n’est pas sûr.
Ermanno : L’idée, ce n’est pas de changer le système. De toute façon,
Théo CUPCIC : je pense que je ne peux pas. Malheureusement, j’aimerais bien. Je crois que je ne peux pas. Non,
Ermanno : parce qu’on peut rajouter une couche aussi sur le fait que la majorité des piscines en France, elles sont données en délégation de services publics à des entreprises privées. Ça n’aide peut-être pas non plus à payer correctement les employés de ces piscines. Mais bon, ça, c’est un autre sujet.
Théo CUPCIC : Justement, je suis en train de mettre en place toute une série d’épisodes en lien avec un élu qui a fait le choix de passer en DSP sur pourquoi, quelles sont les avantages. DSP, les délégations de services publics. Et aussi, différents représentants des différents groupes de délégations de services publics justement pour nous éclaircir parce qu’effectivement, ça a très mauvaise presse et essayer de comprendre un peu mieux. Donc, ça va bientôt venir. voilà, j’espère que et t’éclairer un petit peu là-dessus et m’éclairer moi parce que j’ai le même avis que toi. Mais je pense que s’ils le font, c’est qu’ils doivent aussi avoir des points positifs.
Ermanno : On parle des autoroutes ? Bon, bref. Donc, toi, tu fais ce choix-là à 25 ans de te dire merde, moi, c’est l’eau. Je veux rester autour de l’eau. Je veux devenir maître nageur. Que maître nageur ? Maître nageur ? Entraîneur ? T’en es où de ta réflexion à ce moment-là quand tu dis je veux rester les pieds dans l’eau ?
Théo CUPCIC : Moi, je veux être entraîneur. Je veux avoir le survet de l’équipe de France que je n’ai pas pu avoir quand j’étais soit nageur, soit joueur de polo. Et moi, ce survet, c’est ce qui me fait brûler. Il n’y a pas longtemps, j’ai interviewé Jérémy Stravius et je lui ai demandé, je lui ai dit t’en as fait quoi de ton premier survet ? Parce que je pense que ça marque que tu reçois ta dotation plus que la médaille, plus que la marseillaise. Moi, c’était ça qui me fait. Donc moi, dans ma tête, c’était je veux être entraîneur et puis comme je suis bon, je veux être entraîneur et puis je veux gagner des médailles olympiques, je veux aider des nageurs à ça. Et puis après, je me rends compte que je veux une vie privée aussi et que ce n’est pas forcément très compatible. Donc, il y a un moment où je m’orientais vers la carrière d’entraîneur, de coach. C’est pour ça que j’ai passé mon BF3 pour pouvoir continuer et on m’a proposé d’être entraîneur du club de Lens, la partie élite. Et puis, j’ai vu les horaires que ça demandait, j’ai vu l’implication, j’ai rencontré une fille pile à ce moment-là et j’ai choisi non, je préfère tenter le coup avec cette fille qui m’a largué au bout d’un mois et demi.
Ermanno : Merci. Alors, elle, elle ne nous écoutera peut-être pas, mais si c’était le cas, merci.
Théo CUPCIC : Mais c’est sûr que c’est un choix. Tu l’as dit, c’est de la passion, c’est de l’investissement, tu ne comptes pas tes heures et du coup, forcément, à chaque fois que tu priorises quelque chose, il y a d’autres choses qui sont moins priorisées et c’est ça qui m’a fait changer de voie et de me dire j’ai peut-être un futur médailleux olympique avant qu’il sache qu’il va être médailleux olympique et c’est tout aussi bien et c’est top. Ça,
Ermanno : c’est beau ça, tu vois, la détection. Je n’en ai pas beaucoup parlé dans mes podcasts, j’en ai parlé une fois mais avec une athlète et après, j’ai eu la chance d’échanger avec son prof de sport qui l’avait détecté et qui a fait d’elle quasi une championne du monde sur du 100 mètres mais en athlète, pas en natation. On en a parlé un petit peu dans un épisode qu’on a fait avec Benjamin Maz, ancien directeur technique de la Fédération Française de Triathlon mais ça m’intéresserait d’en savoir plus justement sur ce côté un peu détection des jeunes talents et pour rebondir sur ce que tu disais quand tu as demandé à Jérémy Strabus ce qu’il avait fait de son premier survêtement ou de son premier suite ou de son premier titre son premier bonnet à l’effigie de l’équipe de France corrige-moi si je me trompe mais moi, j’ai l’impression aussi qu’une fois que tu es dans le système que tu es dans l’écosystème une fois que tu as été repéré et puis que tu es un petit peu brassé là-dedans en fait, tu ne te rends plus forcément tout à fait compte de la chance et de la progression que tu suis. Tu vois, moi j’ai cette image je ne sais pas si tu connais le mythe de la grenouille la grenouille qu’on va mettre dans une bassine de froide enfin dans une casserole de froide on va allumer la casserole puis elle va monter au fur et à mesure en température l’eau et puis là la grenouille elle se dit mais c’est cool ici il fait beau il fait chaud puis d’un seul coup elle va mourir parce que l’eau elle va se mettre à bouillir et puis terminé. En revanche, si tu mets une bassine d’eau bouillante sur le feu puis que tu jettes la grenouille dedans elle va ressortir de la casserole t’es malade moi je ne vais pas là-dedans c’est bouillant et tu vois j’ai l’impression que nous en tant qu’amateurs un petit peu on rêve de ce premier survêt de ce premier bonnet de ce premier polo à l’effigie de notre équipe nationale un peu comme une grenouille se dit tiens j’irai bien dans l’eau chaude puis finalement non j’y mets pas le pied non seulement parce que je n’ai pas les compétences mais aussi parce que finalement je me rends compte de tout le travail ou de l’incapacité que j’ai à y aller. En revanche ceux qui sont déjà repérés dans le système depuis très très jeunes et puis qui gagnent au fur et à mesure et puis qui sont champions départemental et puis régional et puis national et puis international et puis Jeux Olympiques etc. Est-ce qu’ils se rendent alors je ne dis pas qu’ils ne minimisent pas la chose ou la chance mais est-ce que qu’est-ce qui t’a répondu à la question ce que j’ai fait de mon premier survet est-ce qu’il ne t’a pas dit honnêtement aucune idée ?
Théo CUPCIC : Ah non le premier mais ça rejoint ce que tu dis le premier s’en souvient donc il l’a c’est toujours amouvant mais après il m’a dit par contre à chaque fois on me donnait une paire de chaussures ben voilà je les donne je m’en fiche parce que je n’ai pas besoin d’avoir deux paires d’Adidas par an à chaque compète mais je pense qu’après
Théo CUPCIC : le survet je pense que ça l’a fait rêver aussi et au bout d’un moment c’était l’étape d’après c’est l’après qui fait rêver et c’est aussi le fait de toujours se mettre un objectif un tout petit peu plus loin pour être motivé et rester prêt mais c’est sûr que si tu es baigné dedans après ça dépend beaucoup de la mentalité de la personne est-ce qu’elle a cette connexion à la réalité en mode tiens je sais il faut faire attention je sais ce que ça représente est-ce qu’il a gardé son copain d’avant le gars normal qu’il suit on voit beaucoup ça dans les films quand tu es une star et tu as un gars normal qu’il suit tout le temps pour qu’il soit connecté avec la réalité je pense que ça dépend de l’éducation beaucoup
Ermanno : et du coup on parlait un petit peu de détection tu vois ça comment toi la détection des jeunes talents surtout en natation parce que ça reste aussi un sport où il faut apprendre à nager très jeune et il faut être détecté très jeune c’est pas à 25 ans que tu mets un premier pied dans un bassin et que tu vas finir champion olympique 5 ans après
Théo CUPCIC : après ça se détecte pas trop jeune parce que premièrement c’est la personne qui est contente de venir c’est la personne t’as l’impression de faire de l’appui pour mon podcast vas-y t’es là aussi pour ça
Ermanno : donc swim smart avec un M et pas avec un T après le S mais vas-y t’es là pour ça
Théo CUPCIC : j’ai fait une table ronde avec une équipe pédagogique de l’Apradis qui lance une formation de maître nageur donc avec des entraîneurs du Pôle France avec Jérémy Stravius avec un autre nageur Eddy Madouen qui a été aussi en équipe de France sur justement qu’est-ce qui fait qu’un nageur il va aller jusqu’au côté international et tous jusqu’à 16-17 ans c’est le plaisir est-ce que j’aime aller à la piscine est-ce que je suis prêt à y aller régulièrement est-ce que je suis prêt à y aller deux fois par jour est-ce que je suis prêt à faire les efforts parce qu’il y a le plaisir et le problème des nageurs trop bons trop vite il y en a deux c’est premièrement comment ils vont gérer leur puberté parce que qui dit puberté dit croissance dit changement du schéma corporel changement des appuis comment ils gèrent ça et comment ils gèrent le fait que peu ou tard ils vont arrêter de gagner et t’en as plein qui ne supportent pas t’en as plein qui gagnent beaucoup quand ils sont petits ils prennent 40 cm dans un été ils arrivent ils ne maîtrisent pas leur nouveau corps ils perdent ils arrêtent
Ermanno : 40 cm dans un été t’es chaud quand même
Théo CUPCIC : j’ai beaucoup grandi mais pas ce point mais t’en as plein c’est typiquement le schéma là ils partent ils sont premiers ils vont en vacances ils s’éclatent ils grandissent ils reviennent c’est pas les mêmes appuis c’est pas les mêmes schémas moteurs il y a tout qui change il n’y a pas eu de réflexion pour préparer ça
Ermanno : il y a aussi l’arrivée des premiers cycles monstruels l’arrivée des changements liés à ces décharges hormonales ou en tout cas à cette arrivée d’hormones qu’elles ne connaissaient pas avant tout ça aussi ça doit être compliqué à gérer quand on est comme tu le dis soit sur de la détection soit sur du on va voir d’ici un an ou deux ce que ça va donner
Théo CUPCIC : c’est évident je sais on parlait que pour réussir il faut prioriser le sport la natation ça veut dire qu’il faut le prioriser quand t’es petit mais il faut garder cette priorité et malgré tous ces changements c’est sûr que la gamine qui vit ça elle n’a pas forcément la natation en tête et heureusement si tu vis ces changements et que tu penses que la natation c’est peut-être un petit peu inquiétant parce que c’est tellement bouleversant donc il faut à la fois qu’elle soit prête à la fois que son entraîneur soit prêt soit sensibilisé j’avoue que dans ma formation on ne m’a jamais sensibilisé à ça
Ermanno : et bah tiens bah voilà du coup garde-le en tête non mais franchement c’est vraiment un sujet que je vais aborder de plus en plus sur ce podcast je me sens un peu comment dire pas légitime parce que je suis un mec et ça me gêne toujours un peu de poser cette question là aux filles mais c’est vraiment un sujet qu’il faut qu’on aborde j’en ai parlé cette semaine en faisant des enregistrements avec des filles c’est aussi la sensibilisation des entraîneurs ou pas à ce sujet le sujet des règles le sujet du cycle menstruel le sujet de se sentir fort ou pas pendant tel ou tel moment des règles le sujet de ne pas avoir d’énergie c’est même pas se sentir fort c’est ne pas pouvoir nager ou ne pas pouvoir se lever de son lit parce que il y a des filles qui ont des règles douloureuses et tout ça c’est vraiment des sujets qu’il faut détabouiser et dont il faut parler donc garde-le en tête un de ces quatre on se fera un épisode avec d’autres femmes ou d’autres spécialistes pour parler de ça mais oui des femmes ça c’est sûr parce qu’il faut qu’on en parle avec des filles on peut pas en parler entre mecs c’est pas possible par contre ce qu’on peut faire entre mecs c’est sensibiliser toi tu dis t’as pas été sensibilisé à ça pendant ta formation d’entraîneur qu’est-ce qu’on peut faire pour sensibiliser les hommes et les femmes parce que j’ai déjà eu des témoignages où certaines femmes
Ermanno : qu’est-ce qu’on peut faire au-delà de dire il faut mettre un module pendant la formation non on peut pas faire que ça c’est pas possible
Théo CUPCIC : j’allais dire il faut mettre un module à la formation mais je vais compléter un petit peu mais c’est ça c’est en parler en l’entendre que les gens qui tiennent en compte ça dans leur entraînement dans leur planification dans leur façon de faire en parlent et ce qui est bien c’est que c’est de plus en plus parce que le fait d’entendre soit des gens dire moi je suis coach je prends ça en compte pour avoir de meilleurs résultats pour mieux vivre ou alors des athlètes qui disent moi je suis athlète et je fais attention à ça c’est ça qu’il va faire petit à petit et c’est ça qui est dommage c’est que ça va prendre du temps mais qui va permettre moi je sais que pendant ma formation on n’en a pas parlé mais j’ai une grande soeur donc forcément on a évoqué le sujet à ce moment-là mais je sais que si je devais devenir coach aujourd’hui je poserais tellement plus de questions à ma soeur de savoir comment elle le vit comment elle le sent comment moi en tant qu’entraîneur je peux l’aider je peux l’accompagner et il faut en parler il faut faire des tables rondes avec des femmes mais pas tout le temps avec des hommes parce que c’est aussi alors je ne sais pas si je dois le dire ou pas mais c’est aussi un des problèmes qu’on a tendance à exclure les hommes de ce genre de discussion je sais qu’il y a quelques années j’ai participé à une table ronde sur la place des femmes dans la musique parce que je fais de la guitare et j’étais le seul homme de la salle et quand j’ai voulu prendre la parole je n’étais pas totalement d’accord avec elle et très vite on m’a dit ouais mais t’es un homme donc je ne dis rien mais c’est sûr qu’on marche sur des oeufs parce qu’il faut faire très attention et c’est tellement important qu’il faut faire attention on ne peut pas banaliser le truc en mode juste on met ça sous le tapis et puis c’est tout donc parlons-en continuons d’en parler on n’en parlera jamais assez et mine de rien il faut mettre un module dans la formation parce que si ton formateur te dit tiens quand tu fais une planification non seulement tu penses à tes objectifs principaux tu penses aux vacances tu penses à ça tu penses qu’il faut souffler de temps en temps et tu penses à ton niveau de charge en fonction du cycle menstruel de la personne ça peut être
Ermanno : c’est clair et puis que tu penses aussi que c’est possible qu’une athlète femme te dise je suis désolé aujourd’hui je ne peux pas venir à l’entraînement même si tu es en voie même si ton athlète est en voie de devenir une athlète de haut niveau qu’il faut qu’elle nage deux ou trois fois par jour ça peut arriver qu’il y ait un jour ou deux dans le mois où elle te dise je suis désolé je ne peux vraiment pas et ce n’est pas du chiqué et je pense que ça aussi il faut l’ajouter dans le module
Théo CUPCIC : ah oui là mais c’est sûr de toute façon toute séance il y a toujours une séance dans ta prépa où tu vas te dire là je ne peux pas soit parce que tu as tes règles si tu es une femme soit parce que juste moi je sais qu’il y a des fois où tu passes une journée tellement pourrie que tu ne peux pas faire un entraînement en tout cas pas celui qui était prévu donc soit tu l’adaptes soit tu le reportes soit tu l’annules mais c’est ça aussi mettre l’humain au centre de l’apprentissage et c’est important
Ermanno : et remettre l’humain au centre de la planification pas que l’entraîneur mais aussi l’athlète femme ou homme parce que c’est aussi lui ou elle qui va faire la chose et qui va pouvoir te donner son ressenti j’espère que tu vas en parler avec Marie parce que surtout si vous êtes en binôme sur un swimrun j’espère que vous allez aborder ce sujet là
Théo CUPCIC : j’avoue que j’ai un peu honte parce qu’après à ma décharge on ne se connait pas c’est à peu près la même situation que Hermano et toi que toi et Bertrand on ne se connait pas donc la première fois où on s’est vu en visio je n’ai pas pensé déjà de base mais je me serais mal vu dire tiens au fait quand est-ce que tu as tes règles que je puisse planifier et tout après c’est un peu c’est pas moi qui planifie son entraînement c’est elle donc elle va prendre ça en compte et tu me dis Marie si j’ai été un gros goujat qui n’est pas prêté attention à toi et j’en suis désolé si c’est le cas il faut que je progresse aussi là-dessus et puis voilà
Ermanno : non mais tu vois je pense qu’il faut que vous en parliez bon déjà tu verras vous aurez l’occasion certainement de le voir tu auras certainement l’occasion d’en parler avec d’autres swimrunners et swimrunneuses mais dans le swimrun l’essentiel c’est le binôme et donc il faut communiquer entre vous mais je pense que c’est un sujet qu’il faut aborder aussi si ton binôme est une femme ou si t’es une femme binôme d’un homme lui dire tu sais moi il y a certains moments dans le moi il y a certains moments il y a certains jours je peux pas voilà je peux pas ou alors au contraire je peux il y a des femmes qui te le disent moi avant mes règles ou juste un peu après ou pendant les règles je suis beaucoup plus forte donc je peux faire d’autres types de séances d’autres types d’entraînement s’il se trouve que un jour où elle peut pas ou alors un jour où elle peut c’est le jour de la compétition faut que vous en parliez avant faut vraiment crever après voilà tu fais ce que tu veux mais c’est mon avis
Théo CUPCIC : non mais je suis tout à fait d’accord et pour compléter je crois que c’est Alix celle qui a fait Koh Lanta Alix Nobla qui parle beaucoup de ça et justement comme elle adapte ses entraînements ses performances à son cycle voilà et donc n’hésitez pas à aller jeter un coup d’oeil parce que entendre des gens parler de ça c’est aussi ça qui va faire qu’on va oser en parler plus souvent
Ermanno : tu parlais de planification tout à l’heure toi qui es entraîneur comment on planifie un entraînement en natation
Théo CUPCIC : alors il y a plein de façons de faire moi j’aime bien le faire à l’envers c’est là où on va aller voir le côté smart de SwimSmart c’est pourquoi je nage quel est mon objectif en sachant que je ne suis pas très fan de se dire mon objectif c’est telle compétition je préfère avoir un truc un peu plus large que ça une fois que j’ai l’objectif final là je vais pouvoir construire ma planification en me disant tiens avant mon objectif final je vais avoir une petite phase où je vais pouvoir relâcher un petit peu et puis j’aime bien créer un rebours donc quand j’ai mon objectif final je liste les compétences dont j’ai besoin pour réussir cet objectif et après je les place un peu dans le calendrier en partant de la compétence la plus générale en tout début et aller de plus en plus spécifique typiquement parce que je ne sais pas si c’est très clair il n’y a pas longtemps
Ermanno : c’est ce que j’allais te demander de nous donner des exemples pour qu’on puisse bien comprendre
Théo CUPCIC : je ne vais pas le prendre en natation parce que la dernière planification que j’ai fait pour moi c’était sur un trail donc j’ai découvert le trail l’année dernière donc mon objectif c’était de devenir un meilleur homme et une meilleure paire de famille parce que je trouvais que je m’énervais beaucoup et je me suis rendu compte que je m’énervais aussi parce que je faisais moins de sport ah j’ai entendu ta compagne te dire mais Théo va courir voilà typiquement mais exactement elle m’a dit va nager on va reprendre le polo fais quelque chose parce que tu t’énerves plus facilement qu’avant donc voilà et c’est là où je dis mon objectif de la course c’est un objectif intermédiaire en fait pour un truc plus grand et je trouve que c’est ça qui va te motiver à aller nager à aller courir à aller faire la séance que tu n’as pas envie de faire de savoir pourquoi donc c’était le trial et là je me suis dit pour faire un trial qu’est-ce qu’il faut que tu saches faire j’avais choisi un trial de 70 km il faut savoir courir je ne savais pas trop courir il faut connaître le dénivelé il faut être capable de courir toute la journée parce que c’était 70 km je me doute que ça va durer un peu de temps et descendre c’était les 4 capacités que je m’étais dit il faut que tu bosses ça et donc après je me dis la plus générale c’est de savoir courir donc je vais me mettre 2-3 mois pour reprendre la course à pied pour augmenter petit à petit le volume après j’avais eu peur des descentes donc j’ai travaillé les descentes etc et j’ai placé mes cycles de travail comme ça et à l’intérieur d’un grand cycle je place d’autres cycles de travail parce que savoir courir c’est un peu large donc tu n’apprends pas à courir en disant cours
Ermanno : c’est pas compliqué tu apprends quand même plus facilement que vas-y nage vas-y cours je pense qu’on sait tous courir à la base
Théo CUPCIC : et par exemple pour la natation quand ton objectif c’est de faire 1000 m sans t’arrêter ça veut dire qu’à un moment il va falloir que tu aies une nage efficace donc il va falloir que tu travailles cette nage il va falloir que tu saches gérer ta respiration parce que les 1000 m si tu ne gères pas ta respiration ça va se transformer en 200 m et puis tu vas t’arrêter et après tu vas avoir l’endurance donc c’est les 3 thèmes etc etc donc moi j’aime bien fonctionner comme ça à rebours ok
Ermanno : les athlètes que tu entraînes les nageurs les nageuses que tu entraînes tu les entraînes au bord du bassin ou tu les entraînes à distance ?
Théo CUPCIC : moi je les entraîne à distance je ne suis plus au bord du bassin je ne sens plus de chlore il n’y a pas longtemps quelqu’un qui me demandait si j’étais encore maître nageur et entraîneur et j’ai dit que je ne savais pas parce que je ne me rappelais plus la dernière fois où j’avais mis mes claquettes et j’ai associé d’ailleurs
Ermanno : est-ce qu’on peut parler de ça parce que c’est interdit d’avoir des chaussures dans une piscine sauf les mecs avec des t-shirts comme vous mais pourquoi ? parce que les chaussures
Théo CUPCIC : ne vont pas dehors c’est ça la différence mais moi je suis à distance aussi parce que ce que je veux ce n’est pas le meilleur moment quand je suis des athlètes c’est quand ils me disent Théo cette année tu m’as appris plein de choses on va s’arrêter là parce que je sais faire maintenant et là je me dis si tu sais faire je reste à disposition si des fois tu as une petite question mais si tu en viens là c’est que j’ai fait mon travail c’est là où je suis content et va nager de tes propres nageoires ça grandit tellement vite je pleure un petit peu et puis voilà on passe à un autre défi
Ermanno : excellent tu parles de nageoire ça me fait penser à la nageoire de Nemo et je me dis moi je nage un peu comme Nemo et comment on fait à distance ? alors on en a brillé on en a longuement parlé avec Pierre Torterot qui est un grand adepte de la natation sans soleil qui lui aussi travaille exclusivement à distance même si de temps en temps il organise des stages comment tu fais toi pour entraîner à distance ? et d’ailleurs je comprends que ce n’est même pas que tu entraînes à distance c’est que tu apprends à distance tu enseignes à distance on n’est plus juste sur une planification tu veux nager plus vite mieux 3800 mètres pour faire ton aéroport non là tu es vraiment sur en tout cas de ce que je comprends tu veux apprendre à nager le crawl je vais t’apprendre mais à distance
Théo CUPCIC : c’est ça c’est aussi l’avantage de cette façon de faire c’est que moi quand je fais des visios je fais que te poser des questions en fait et donc ça me fait beaucoup moins de travail par contre ça demande beaucoup plus de travail pour l’apprenant parce que je lui dis alors par exemple tu veux apprendre crawl alors le trajet en crawl
Théo CUPCIC : les appuis aquatiques en crawl ça correspond à quoi ? tu te rappelles de comment fonctionne l’eau tu te rappelles qu’il faut bien orienter la paume vers la plante des pieds tu te rappelles de ça et je suis beaucoup dans tu essayes tu crées ta séance et après on en parle c’est bah tiens t’as essayé de par exemple d’aller chercher un peu plus loin est-ce que et je m’arrête pas est-ce que ça allait plus vite ou pas c’est est-ce que les épaules t’as plus travaillé moins travaillé est-ce que t’as senti que t’étais plus efficace est-ce que sur la respiration ça avait un impact est-ce que sur ton alignement ça avait un impact etc etc alors c’est sûr que ça prend plus de temps et je pense que sur le long terme c’est plus valorisant les gens comprennent comment ça fonctionne
Ermanno : et toi tu fonctionnes comme un avocat c’est-à-dire que tu factures à l’heure ou tu factures au forfait de on va apprendre à nager ensemble
Théo CUPCIC : non non non moi je facture au forfait et puis c’est tout et puis avec juste avec les podcasts Swim Smart sans avoir la partie accompagnement il y a aussi une partie premium où t’as ce genre d’éléments donc il y en a pour tous les goûts et pour toutes les motivations
Ermanno : et c’est ça ça n’empêche que je vois toujours pas comment on apprend à nager à distance enfin on apprend à nager ou on apprend une nage j’ai bien compris ce que t’expliques mais je me projette pas en fait comment t’arrives à encadrer à accompagner ou à convaincre des gens qu’ils ont besoin de toi pour justement progresser mais à distance est-ce que ça t’arrive déjà est-ce que ça t’est déjà arrivé dans les anecdotes de te dire toi Jean-Pierre écoute je peux mais il faut vraiment que je vienne au bord du bassin parce que là tu comprends rien ça va pas être possible
Théo CUPCIC : non ça m’est pas arrivé encore mais parce qu’il y a un gros tri avant parce que tu viens me voir je te dis pas bah tiens dans X semaines tu vas savoir nager c’est si tu veux moi je peux t’apprendre à déterminer ce que tu as besoin de travailler ce que tu veux travailler en fonction de ça je peux t’apprendre à faire une planification cohérente sur 4, 6, 8, 12 semaines pour travailler ce point là je peux t’apprendre à isoler les éléments dont t’as besoin à créer des éducatifs trouver des éducatifs qui t’aident et voilà c’est ça c’est comme ça donc les gens qui me disent viens apprends-moi à nager je leur dis attends on va se poser on va se faire une vidéo je vais t’expliquer apprendre à nager si tu veux je peux le faire moi ça m’intéresse pas par contre si tu veux je peux t’apprendre à reprendre le contrôle de ton apprentissage donc généralement ça commence par ça j’ai une première fiche avec une séance test ce qui permet moi de définir le niveau de départ donc l’endurance l’efficacité c’est un truc type je l’envoie et après on en parle en mode pour toi qu’est-ce qui t’a bloqué ce que t’as bloqué comment tu veux le modifier comment tu veux l’impacter etc etc ça se construit petit à petit mais c’est passionnant ça fume après les vidéos lui comme moi ou elle comme moi on est bien fatigué parce qu’on réfléchit bien mais à chaque fois c’est passionnant parce que j’ai aussi comme ça l’impression de jamais faire deux fois le même accompagnement
Ermanno : c’est clair c’est clair t’es vraiment un professeur un prescripteur tu vois un professeur individuel je trouve plus mes mots bref c’est vraiment j’ai trop parlé
Théo CUPCIC : mais ce que j’ai préféré faire c’est quand j’étais formateur de maître nageur et je pense que c’est aussi pour ça que je fais ça maintenant que j’ai cette approche là c’est parce que je trouve ça passionnant et je me dis moi ma mission c’est que le maximum de personnes apprennent à nager et soient en sécurité si j’apprends à quelqu’un à apprendre à nager d’abord à lui-même je ne suis pas à l’abri qu’il fasse à quelqu’un d’autre derrière et du coup ma mission de service public qui est essayer de réduire au maximum le nombre de noyés j’ai l’impression d’y contribuer un peu plus
Ermanno : tu ne te souviens plus quand est-ce que c’est la dernière fois que tu as mis des claquettes en tout cas au bord du bassin est-ce que toi tu nages toujours ?
Théo CUPCIC : moi j’ai repris je vais encore faire de la pub j’ai repris de la natation justement pour le swimrun et ça faisait 9 mois que je n’avais pas nagé
Ermanno : tu as accouché d’un beau bébé
Théo CUPCIC : voilà 95 kilos ça faisait 10 ans que je ne m’étais pas entraîné avec un objectif la dernière fois c’était pour me qualifier au championnat d’Europe de ma catégorie chez le club chez les maîtres et j’ai repris là et du coup j’en profite pour faire un carnet de nage chaque jour ou presque j’envoie un petit mail je me lève à 5h du matin je bois mon café j’écris le mail sur justement cette préparation par exemple ce matin j’ai envoyé un mail en mode j’ai eu une insomnie toute la nuit ça serait bête de ma part de garder le même entraînement que j’avais prévu donc comment j’ai adapté mon entraînement après une nuit où je n’ai pas dormi donc je nage depuis une semaine j’ai repris l’entraînement
Ermanno : c’est ça va c’est tout récent alors
Théo CUPCIC : ah oui oui c’est tout récent
Ermanno : mais ça ressemble à quoi un entraînement de Théo ?
Théo CUPCIC : un entraînement de Théo il y a plusieurs éléments importants premier élément important sur le plot avant de sauter dans l’eau pour nager il faut que je sache ce que je travaille pourquoi je suis là aujourd’hui je veux travailler ça alors ça peut être vague des fois c’est juste aujourd’hui j’ai envie de me défouler parce que j’ai passé une mauvaise journée j’ai besoin de me défouler et avec cette réponse là je construis ma séance si j’ai besoin de me défouler je vais faire un petit échauffement de 10-15 minutes sans trop de consignes juste pour que mon esprit il se focalise sur la séance et après je vais mettre un peu de progressif parce que si je veux me défouler je sais que j’ai besoin de ça et ma structure c’est un échauffement un corps de séance où je réponds à la question que je me pose au début et puis un petit retour au calme j’ai besoin de ce sas de décompression je pense que c’est important trop de gens se disent tiens il faut que je nage mais pour moi tu peux pas être concentré sur ta nage dès la première longueur t’as toute la journée t’as le mail de Jacqueline qui sont en attente t’as les gamins est-ce que tu les as pas oubliés t’as tout ça quoi t’as toute cette vie active qui s’évapore pas dès que tu plonges en tout cas moi j’ai besoin de 10-15 minutes avant de me dire ah ça y est je suis connecté à mes sensations je suis connecté à ce que j’avais prévu et je vais pouvoir travailler
Ermanno : donc ce qui fait que tu adaptes ou tu définis ton entraînement à chaque fois que tu passes la porte de la piscine tu y vas pas avec un entraînement déjà prêt ou au contraire tu adaptes cet entraînement que t’as déjà prévu
Théo CUPCIC : j’adapte j’ai toujours j’ai un petit carnet de nage où chaque semaine chaque dimanche soir je prends 5 minutes pour définir mes 3-4 questions par entraînement et un petit un petit corps de séance qui va avec donc ça c’est la théorie c’est tiens si tout se passe bien je vais faire ça mais je suis persuadé que ça se passe jamais tout bien là typiquement j’avais une séance où je devais faire mes premières intensités j’ai dormi 1h cette nuit je vais pas faire d’intensité ça serait ça serait contre-productif de faire l’intensité là soit je vais me blesser soit ça va me dégoûter parce que je vais pas y arriver parce que j’ai pas d’énergie parce que j’ai pas dormi donc je vais faire autre chose mais j’ai mon cadre j’ai mon canevas et je fais un petit état des lieux avant une fois que je suis sur le plomb tiens je veux travailler ça mais est-ce que je suis en forme est-ce que mentalement je suis là parce que si je dois travailler un point technique et que mentalement je suis pas là ça va être compliqué quoi ça va être contre-productif et je pense que c’est toutes les fois où les entraînements ils sont contre-productifs qui vont te miner ton plaisir de nager dans tous les sports mais particulièrement la natation qui est assez ingrave
Ermanno : bon mais toi tu sais ça t’as la conscience de ça aussi parce que t’es entraîneur t’as la sagesse de ça de te dire il faut que je sois concentré il faut que je sois pleinement dans ce que je suis en train de faire pour que ce travail puisse être efficace si tu devais me donner un conseil à un de nos auditeurs une de nos auditrices on le rappelle qu’ils sont des triathlètes d’ailleurs si tu parles avec Pierre Tortero l’une de ses phrases c’est les triathlètes ne savent pas nager tu me diras ce que t’en penses c’est les meilleurs clients mais donc un triathlète une triathlète qui se retrouve à la piscine et qui se dit tiens je suis là j’ai une heure qu’est-ce que je fais je suis là qu’est-ce que tu pourrais lui donner comme conseil au-delà de soit dans ta séance etc mais quelqu’un qui arrive là emploi du temps super chargé en déplacement professionnel l’hôtel il est au pied de la piscine tiens j’ai mon maillot de bain j’ai mes lunettes j’y vais qu’est-ce que je fais
Théo CUPCIC : on parle sur les triathlètes les triathlètes la mission principale des triathlètes alors je me suis fait reprendre de voler sur stress il n’y a pas longtemps quand j’ai publié ça mais pour moi l’objectif ultime des triathlètes en natation c’est d’économiser au maximum les jambes c’est ça
Ermanno : je ne te reprendrai pas alors lui
Théo CUPCIC : lui il va repris il va dire non pas du tout il faut que les jambes enfin bon donc pour moi c’est ça le but ultime donc il faut tout le temps nager en se disant comment je peux faire pour économiser mes jambes et il n’y a pas 10 000 solutions pour économiser tes jambes il va falloir que tes bras prennent le relais il va falloir que ton alignement rende chacun de tes coups de bras plus efficace etc donc toutes tes séances il va falloir que tu te dis tiens je vais devoir améliorer ça mais ça veut dire qu’à chacune de tes séances quand tu fais un mouvement il faut que tu dises quel est l’impact sur la nage quand je fais ce geste là qu’est-ce que ça fait ? qu’est-ce que ça fait à mes épaules ? parce que est-ce que je vais réussir à tenir les 1,8 km si je fais un triathlon d’1,8 km ou moins qu’est-ce que ça fait à mon bassin ? parce que si mon bassin il commence à sortir je vais devoir rajouter des jambes pour pouvoir contrebalancer donc ça ne va pas avec l’objectif que je veux etc si tu ne sais pas quoi faire réfléchis à quel impact a chacun de tes mouvements dans l’eau et est-ce que ça va avec ton objectif principal ? tu n’as pas besoin de savoir ça tu n’as pas besoin d’avoir tout un schéma juste nage quand je fais ça quel est l’impact ? est-ce que ça va dans le bon sens ? dans ce cas-là je continue est-ce que ça ne va pas dans le bon sens ? dans ce cas-là je change et l’avantage de faire ça c’est que chaque séance devient productive à chaque séance soit tu as écarté un geste en mode non celui-là il ne va pas il ne faut plus que je le fasse soit tu t’es dit ah non celui-là il est bien je vais creuser un peu là parce que là je ne suis pas mal
Ermanno : écoute je te remercie pour ce bon conseil et encore une fois
Ermanno : ça c’était au début de l’épisode on est pris par le temps j’ai encore deux petites questions pour toi rapidement 1. le podcast s’appelle devenir triathlète ce serait quoi ton meilleur conseil pour devenir triathlète ?
Théo CUPCIC : prendre du plaisir prendre du plaisir mais après j’ai l’impression de radoter tout le temps à chacun des épisodes mais si tu arrives à prendre du plaisir le fameux non mais il faut être fou pour être triathlète parce que c’est tellement d’heures c’est tellement de sacrifices donc prendre du plaisir ce n’est plus des sacrifices c’est des choix et ça change tout merci
Ermanno : et dernière question où est-ce qu’on te suit ? où est-ce qu’on t’encourage ? où est-ce qu’on retrouve Swim Smart ?
Théo CUPCIC : alors Swim Smart sur toutes les plateformes de podcast sur Instagram Swim Smart Podcast et j’ai un site internet où tout est facilement trouvable SwimSmart.fr et je ne sais pas quand est-ce que sera diffusé cet épisode est-ce que tu as une idée ou pas ?
Ermanno : en fait c’était tellement bien que je me demande si je ne vais pas le mettre en épisode hors série parce que c’est vraiment un épisode à garder à écouter et à réécouter donc on va changer plein d’épisodes pourquoi pas le 11 novembre ? ce serait pas mal ça l’armistice et puis ton anniversaire
Théo CUPCIC : l’armistice et bien alors le 11 novembre ça sera trop tard parce que je fais un concours pour mon anniversaire je fais gagner deux ans d’abonnement premium et le tirage au sort c’est le 11 novembre donc si tu sors le matin vous avez peut-être encore le temps d’aller vous inscrire sur SwimSmart.fr slash concours mais voilà et puis c’est octobre rose en ce moment et donc on va faire je vais faire un don de 20% de tout ce qu’a généré SwimSmart alors oui ça sortira en novembre mais je pense que c’est une cause il faut tout le temps en parler c’est comme les règles chez les femmes il y a des sujets on n’en parlera jamais trop et donc tous les abonnés SwimSmart ont permis de récolter une petite somme qui ira à la ligue contre le cancer parce que c’est un sujet qui me touche personnellement mais qui nous touche tous on connait tous quelqu’un qui malheureusement est passé
Ermanno : et bien écoute merci pour tout ça pour tout ce que tu fais je veux dire et puis évidemment merci d’avoir accepté mon invitation je te laisse partir parce que même si t’es déjà en retard il ne faut pas que t’en rajoutes un petit peu on continue en off et je te remercie encore pour tout Théo
Théo CUPCIC : merci à toi merci à tout ce que tu fais je parle souvent des podcasts qui m’ont donné envie de faire le mien et le tien en fait partie et promis je vais réécouter pareil je vais me remettre à courir pour le Simrun je vais avoir un peu plus de temps pour écouter des podcasts aussi donc bravo à toi pour tout ce que tu fais et pour tes auditeurs aussi c’est bien d’écouter les podcasts continuez d’écouter des podcasts
Ermanno : merci et puis allez écouter allez je t’écoute une oreille chez Swim Smart on l’aura assez dit là c’est bon
Théo CUPCIC : et puis en même temps tu l’as tellement balié au début qu’il fallait rattraper le coup c’est ça exactement
Ermanno : merci beaucoup Théo mais achète le nom de domaine Swim Start aussi parce qu’à mon avis il y en a qui vont aller regarder sur Swim Start merci Théo à plus
Théo CUPCIC : à très vite bonne journée