Ultra-cyclisme, sommeil, famille : jusqu’où peut-on aller ?
« Quand tu ne peux pas rouler plus vite, il faut rouler plus longtemps. » — Sébastien SCOTTO DI FASANO
🎙️ Dans cet épisode, on plonge dans le parcours hors norme de Sébastien SCOTTO DI FASANO. Ancien athlète de haut niveau en voile (double préparation olympique), il découvre le triathlon… avant de basculer dans une discipline encore plus radicale : l’ultra-cyclisme en autonomie totale.
Ironman, Altriman, Embrunman… puis le déclic pendant le Covid : 1 000 km, 2 500 km, plusieurs jours sans sommeil, seul face à soi-même.
On parle Race Across France, gestion du sommeil, nutrition en course, parentalité, couple, charge mentale, bigorexie, plafond de verre… et surtout comment structurer un projet sportif extrême sans exploser sa vie perso.
🏃♂️ Notre invité
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📝 Quelques punchlines à retenir
• « En ultra, la nutrition parfaite n’existe pas : il faut choisir le moins pire. »
• « Le vrai danger, ce n’est pas la distance, c’est le manque de récupération. »
• « J’ai cru atteindre mon plafond de verre. En fait, je ne l’avais jamais vraiment testé. »
• « Le sommeil n’est pas une faiblesse : c’est un levier de performance. »
• « Sans le soutien de ma compagne, ce projet n’existerait pas. »
💡 Le conseil de Sébastien
« Si tu veux aller loin, arrête de bricoler. Structure ton projet comme un vrai projet de performance. »
🤔 Et pour finir ?
Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à 1 ami qui rêve de long, de très long… et qui se demande encore si c’est “raisonnable”.
PPS : Le club Strava Devenir Triathlète vous attend : https://www.strava.com/clubs/DevenirTri
💬 La transcription de l’épisode
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Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète, même si aujourd’hui on ne va pas tellement parler triathlon, quoique j’ai quand même une question au moins pour mon invité sur le sujet du triathlon. On va plutôt parler cyclisme et notamment longue distance, ce qu’on appelle l’ultra distance en cyclisme. Je suis très heureux de tendre le micro à Sébastien SCOTTO DI FASANO. Salut Sébastien ! Salut Ermanno ! Alors attends, on va la refaire avec l’accent si tu veux. SCOTTO DI FASANO.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Écoute, ça me va bien, ça me va bien aussi.
Ermanno : Écoute Sébastien, je suis super content de te recevoir sur le podcast, même si on a déjà échangé avant par ailleurs. On va passer un petit peu en revue avec toi, ta vie, ta vie sportive, ton parcours sportif, tes objectifs sportifs. Et puis, si je ne m’abuse, tu travailles aussi un peu dans le milieu du sport. On va pouvoir parler de tout ça, mais ce que je te propose, comme je le fais avec tous mes invités, c’est déjà de te tendre le micro et de te laisser parler de toi. Donc dis-nous tout, qui est ? Qui est Sébastien SCOTTO DI FASANO ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Écoute, Sébastien, ce n’est pas un très athlète dès le début. Je suis vraiment issu d’un autre sport de l’outdoor qui est plutôt la voile, la voile légère. Donc en fait, moi, j’ai fait deux préparations olympiques en voile légère et j’ai commencé la voile tout petit. Ça a été tout de suite le premier sport dans lequel mes parents m’ont mis et je n’ai pas vraiment eu le choix. Quand on a 6-7 ans… On n’a pas vraiment grand-chose à dire sur l’activité qu’on veut pratiquer et je pense que vraiment pour la forme, ils m’ont fait tester un peu de judo, histoire de dire on lui laisse l’opportunité de choisir, mais j’ai bien senti qu’il n’y avait pas vraiment, quand même, je n’avais pas mon mot à dire, mais dès l’âge de 6 ans, j’ai commencé mes classes de voile de manière assez classique pour ceux qui nous connaissent un petit peu avec un support qui s’appelle l’optimiste, qui est vraiment un support qui permet de découvrir l’univers marin et de découvrir comment fonctionne le vent, etc. Donc c’est vraiment les… les premières sensations que j’ai pu avoir et il faut savoir que je suis né à Marseille et j’habite toujours Marseille. Donc plutôt une ville où, à la base, ce n’est pas vraiment la voile, le sport national, on va dire, c’est plutôt le foot. Je me suis quand même retrouvé assez fréquemment dans des classes où j’étais le seul à pratiquer la voile. Mais voilà, ça ne me gênait pas plus que ça et j’ai quand même mis du temps à aimer et apprécier ce sport, parce que c’est vrai que quand même, quand on se retrouve au mois de février avec du Mistral et qui fait 5 degrés et qu’on est sur le bord de la mise à l’eau et qu’on va partir s’entraîner, on se demande un peu si on a été méchant et qu’on est puni par ses parents pour se retrouver là. Donc pendant que les autres petits copains vont jouer ou à l’intérieur ou à leur faire du foot et donc avoir, on va dire, un sport qui est de premier abord, pour paraître. Un peu plus ludique, mais mais donc voilà, donc la voile, ça a été une grosse partie de ma vie parce que du coup, j’ai commencé à l’âge de 6 ans. J’ai ensuite changé de support, passé sur un support jeune qui s’appelait le mot Europe et qui m’a permis de faire mes armes pour me préparer au niveau. Et après, à partir de 18, 19 ans, je suis rentré dans le haut niveau sur un support olympique qui s’appelle le Forty Niner et qui s’appelle toujours le Forty Niner et qui est toujours représenté aux Jeux olympiques. Qui est donc un bateau. Et de dessus, un barreur, un équipier et qui est assez planant, très, très fun, très, très technique pour donner un ordre d’idée. Moi, quand j’ai arrêté de faire du solitaire et donc quand à 18, 19 ans, j’ai changé de bateau, j’étais quand même parmi l’élite sur le bateau que je pratiquais. Et quand je suis arrivé en Forty Niner, on fait assez naturellement dernier à toutes les compétitions. Donc c’est assez compliqué de se retrouver tout en haut d’un spot d’une discipline et repartir un peu à zéro. Dès qu’on change de support, c’est vraiment une particularité qui est assez propre à la voile parce qu’en fait, on peut être champion sur un bateau et vraiment nul dans un autre parce qu’il y a des particularités techniques qui sont vraiment propres à chaque support. C’est un peu comme si demain, tu étais champion de ping pong et que je te mets au squash. Enfin, voilà, tu vas peut-être avoir des bases, mais tu ne vas pas forcément performer tout de suite.
Ermanno : Pour rester dans l’univers du traitement. Avec tes champions d’XTERRA, par exemple, puis tu passes sur le triathlon de ville. C’est le même sport, mais ce n’est pas du tout la même discipline parce que tu n’as pas le même support, tu n’as pas le même terrain, tu n’as pas les mêmes conditions. C’est vrai. Juste avant que tu continues, pour rester un peu sur la voile, pourquoi Forty Niner ? Pour ceux qui ne parlent pas anglais, 49. Mais pourquoi ? Parce que ce n’est pas la longueur du bateau. On ne fait pas beaucoup de voiles sur des bateaux de 49 mètres.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Alors, ce n’est pas 49 mètres, c’est 4,90 mètres du coup. Forty Niner, c’est 4,90 mètres. Le bateau s’appelle comme ça tout simplement parce que l’architecte qui a conçu le bateau était fan de foot américain et qui a une équipe à San Francisco qui s’appelle les Forty Niners. Et donc, il s’est dit, je vais faire un bateau de 4,90 mètres. Comme ça, je pourrais l’appeler comme ça. Donc, ça, c’est pour la petite histoire historique. Mais sinon, pourquoi ce bateau-là ? Déjà, parce qu’en fait, aux Jeux Olympiques, en voie légère, il y a 10 séries représentées, 10 bateaux différents. Donc, quand je dis 10 séries, ça englobe aussi bien. Il y a le vulgarisé au maximum, mais il y a des supports comme la planche à voile. Alors, ça ne s’appelle pas comme ça, mais comme la planche à voile, le catamaran, le Forty Niner en l’occurrence, le laser qui est, on va dire, le support le plus mainstream parce que c’est le plus pratiqué au monde. Et aujourd’hui, le kite et le kite à foil notamment. Et donc, dans tous les supports qui étaient représentés aux Jeux Olympiques, moi, c’était vraiment le bateau qui me faisait rêver parce que c’était un bateau pleinement… Le Forty Niner en… Dans la désignation du CIO des Jeux Olympiques, c’est le Deriver Double Haute Performance. Ça s’appelle comme ça parce qu’en fait, c’est un bateau, si on le pose sur l’eau et qu’on ne monte pas dessus, il se retourne instantanément. Donc, il faut être toujours en mouvement. Il faut toujours être en équilibre sur le bateau. C’est vraiment une chorégraphie entre le barreur et l’équipier pour réussir à le manœuvrer et le maîtriser vraiment de A à Z. Et en plus de ça, le Pôle France se trouvait à Marseille. Donc, moi, je l’ai voyé naviguer. Voilà, je les avais sous les yeux régulièrement et quand je les voyais passer, je me disais que c’était vraiment ce support-là que j’avais envie de faire. C’est le bateau qui me faisait rêver.
Ermanno : C’est un support où concourent aussi bien les hommes que les femmes ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Alors, au début, c’était que les hommes. Et puis, en 2016, ils ont créé un autre support qui s’appelle le Forty Niner FX qui était dédié aux femmes. Donc, en fait, c’est exactement la même plateforme, le même bateau. C’est juste que le mât et les voiles sont un peu plus petites pour s’adapter au gabarit. Le gabarit est féminin, mais sinon, c’est tout pareil. C’est exactement la même chose. Et donc, aujourd’hui, il faut savoir que la voile, alors 2024, étaient les premiers Jeux paritaires, vraiment avec la même proportion d’hommes et femmes depuis l’histoire des Jeux Olympiques. Et nous, en voile, depuis 2016, c’est déjà le cas dans la voile. Depuis 2016, il y a autant d’athlètes hommes que d’athlètes femmes sur la totalité des disciplines qui sont représentées. Donc, on a été peut-être un petit peu en avance sur ce sujet-là.
Ermanno : Voilà, c’est le même support. Mais tu l’as dit, la voile et le mât sont un peu plus petits. À quand pourraient être encore plus paritaires des compétitions qui seraient mixtes, comme sur du solitaire où les femmes, les hommes concourent en même temps ? Et tu as même des femmes qui sont parfois plus, aussi bonnes que les hommes.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Oui, alors ce n’est pas une question d’être meilleure ou moins bonne. C’est plus une question de gabarit, vraiment, et de morphologie. En fait, il y a déjà des supports qui sont mixtes. On a notamment un support double aussi qui s’appelle le 470. Le 470, pour ceux qui connaissent. Qui est un dériveur double mixte. Donc là, il y a un homme, une femme sur le bateau. Et peu importe leur poste, ils peuvent aller aussi bien en barreur qu’en équipier. Ou une barreuse et un équipier. Ou une équipière et un barreur. Donc, ça existe déjà. Et pour revenir au 49er, c’est un peu particulier. Parce que, en fait, si on se met à faire un équipage mixte, il va falloir adapter la taille de voile. Parce qu’en fait, c’est un équipage mixte. Parce qu’en fait, c’est un équipage mixte. Pour être assez clair, un équipage masculin en 49er, ça tourne aux alentours des 160-170 kg pour l’équipage. Donc déjà, c’est un peu discriminant pour les femmes. Si on leur mettait exactement la même superficie de voile, il faudrait aller taper assez haut en termes de poids, de gabarit. Et donc, le 49er FX, déjà, est assez exigeant. Parce que je pense qu’aujourd’hui, le gabarit idéal, il est quand même aux alentours de 140. 140-145 kg pour un équipage féminin. Donc, il faut déjà être assez grand, assez costaud. Et donc, pour faire en sorte que les athlètes restent des athlètes, il faut quand même un peu d’adaptation sur les superficies de voile. Mais voilà, le monde de la voile, c’est quand même bien emparé du sujet, sur la parité, etc. Et ce sport a été assez précurseur sur ce sujet.
Ermanno : Tu m’étonnes. D’ailleurs, j’en profite pour faire un petit coucou à Alban Dubois, que j’avais interviewé. Sur un autre podcast, tu parles de voile, tu parles de Marseille, tu parles du Pôle France. Donc, voilà, un petit coucou à Alban. Restons un peu sur la voile. Est-ce que sur la voile, tu disais que tu as fait deux préparations olympiques. Est-ce que, comme dans d’autres sports sur l’eau, c’est le bateau que tu qualifies ou c’est vraiment l’équipage ? C’est-à-dire, est-ce que toi, tu peux faire la préparation, gagner une place, mais en fait, ce n’est pas toi qui vas y aller, c’est juste le bateau qui est qualifié. Et donc, ça peut être quelqu’un d’autre, si la FED décide que ce ne sera pas toi qui auras le ticket cette fois-ci ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Non, alors, il y a deux phases dans la qualification aux Jeux olympiques. Il y a déjà qualifier la nation. Ça, c’est vraiment propre au monde de la voile. C’est-à-dire que, généralement, sur le championnat du monde, deux ans avant les Jeux olympiques, il faut rentrer dans un classement, dans le top 10, je dis n’importe quoi, mais il y a 25 équipages qui sont représentés aux Jeux olympiques, donc 25 nationalités différentes. Et en fait, sur deux ou trois compétitions identifiées, il faut qualifier la nation. Et donc, ça, peu importe quel équipage français ou quel équipage française se qualifie la nation, peu importe, c’est vraiment un point de passage pour le pays, sauf quand on a les pays hostes, évidemment. Là, la France, quand on a accueilli les Jeux, évidemment, on a des wildcards partout, sur toutes les disciplines. C’est l’avantage d’être pays hoste. Mais par exemple, là, pour Los Angeles, sur les prochains Jeux, il va falloir, dans un premier temps, qualifier la nation. Donc, c’est généralement entre… Ça se joue entre deux ans et… Un an et demi avant les Jeux. Et après, là, on rentre dans le système de qualification d’équipage. Et donc, c’est vraiment les personnes… Enfin, les athlètes qui sont en lice. Et dans la voile, c’est encore une fois assez particulier par rapport à d’autres sports, c’est qu’il y a un seul représentant qui va aux Jeux olympiques par série. Ou un seul équipage, si c’est un bateau, on est deux dessus, évidemment. Mais donc, en gros, si on n’est pas le meilleur français, on n’y va pas. Évidemment, ce n’est pas une sélection qui est mathématique uniquement. C’est aussi… Ça fait toujours très débat. On le voit aussi dans le triathlon. Quand les sélections tombent, etc., c’est toujours sujet à polémique. Et à chaque Jeux, c’est la même chose. Parce qu’il y a évidemment les performances sur l’année en cours, mais aussi sur l’année d’avant, sur un championnat du monde qui est identifié comme généralement la course phare où il faut performer. Et donc, c’est un mix de conditions, on va dire, objectives et à la fois subjectives. Et à la fin, la FED doit trancher. Et doit soumettre après le nom du désigné au CNOSF, puis au CIO. Et donc, c’est comme ça que ça se passe. Donc, ça peut arriver que, comme dans tous les sports, ça peut arriver qu’évidemment, il y ait des équipages ou des athlètes qui performent sur les trois premières années de la PO, de la préparation olympique, et s’écroulent un petit peu sur la quatrième année. Donc, qu’est-ce que tu fais dans ces cas-là ? Quelqu’un qui a… Bon, nous, en l’occurrence, on a en accredit, qui est le support, on va dire, catamaran de la voile. Sur les Jeux de 2016, on avait un équipage qui, sur les trois premières années, a gagné les trois premiers championnats du monde. Donc, c’était un équipage mixte, en l’occurrence. C’est un support mixte, le NACRA 17. Et donc, ils ont vraiment écrasé le circuit pendant trois ans. Et la quatrième année, le barreur s’est un peu blessé. Ils ont un peu moins performé. Et ils ont envoyé… On les a quand même envoyés, mais il y avait eu un gros sujet de discussion, au sein de la FEDE, pour savoir qu’est-ce qu’on fait, quel équipage on envoie, etc. Donc, les préparations olympiques, c’est toujours assez dur à encaisser, physiquement et mentalement, parce qu’évidemment, on peut, pendant trois ans et demi, voire jusqu’à six mois avant les Jeux, être le king du circuit et potentiellement s’écrouler sur la fin. Et ça peut remettre en question toute la sélection. Donc, on est vraiment sur le haut niveau. Et ça se passe bien. Ça se passe aussi dans la tête.
Ermanno : Et toi, tu as dit que tu as fait deux préparations olympiques, mais tu n’as pas fait deux JO ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Non, je n’ai pas fait deux JO. Je n’ai pas eu cette chance. Moi, quand je suis arrivé sur le circuit en 49ers, c’était en 2009-2010. Et donc, les prochains Jeux, c’était 2012, ce qui faisait très, très tôt pour pouvoir se qualifier, pour pouvoir devenir numéro un français. On a passé notamment de 2000… Je dirais que de 2010 jusqu’à… Au milieu d’année 2012, sachant que les Jeux olympiques, c’est l’été, donc c’est la fin du premier semestre. On était vraiment, comme on dit chez nous, en train de ramasser les bouées. C’est-à-dire qu’on était plutôt à la rue sur le classement parce qu’on était en train de faire nos gammes et d’essayer d’apprendre à maîtriser le support, etc. Alors qu’on était tous les deux avec mon barreur vraiment dans l’élite mondiale du support qu’on pratiquait juste avant. Mon barreur venait de terminer champion du monde, en plus, sur le bateau qu’on pratiquait juste avant. Et on était… Voilà, il fallait qu’on s’accroche. On savait que c’était un projet sur du long terme et qu’il fallait s’investir à fond. On naviguait à peu près 300 jours par an. Donc, il faut quand même se rendre compte. Alors, les triathlètes sont très au fait des volumes d’entraînement hyper exigeants, etc. Mais il faut quand même… Et même du bi quotidien, voire même trois disciplines dans la journée. Mais il faut bien comprendre qu’en voile, il y a toute une partie préparation, matériel, etc. qui entre en ligne de compte. Et donc, ce n’est pas simplement enfiler ses chaussures ou mettre son maillot de bain pour aller faire des heures. Nous, avant de faire des heures, on a aussi beaucoup des heures qui ne sont pas comptabilisées dans le planning d’entraînement, mais qui sont nécessaires. La préparation de matos, la préparation physique, etc. Et quand on a fait tout ça, on n’est toujours pas allé sur l’eau. Donc, quand je dis 300 jours d’entraînement, c’était 300 jours sur l’eau plus ce qu’on va rajouter tous les à côté. Donc, c’était vraiment très, très exigeant. Et donc, en plus, on progresse vraiment. C’est un peu comme tous les sports, mais en fait, on va faire une prépa hivernale, par exemple, où on va être dans le dur pendant 4-5 mois et on va récolter les fruits peut-être qu’au début d’été ou d’un coup, on va passer un cap et on va enfin réussir à faire un top 10 sur une manche de Coupe du Monde. Mais voilà, on ne maîtrise pas vraiment ça. Et donc, il faut toujours être vraiment les yeux rivés, sur son objectif pour être capable d’encaisser la charge et à chaque fois, ne pas avoir cette sensation un peu de dire voilà, on fait des heures, on fait des heures, ça ne paye pas, ça ne paye pas. Voilà, il faut être assez solide, assez solide dans la tête et surtout avoir son plan et bien le dérouler pour être capable de tenir bon.
Ermanno : Oui, c’est la même chose dans beaucoup de sports, mais aussi bien garder l’objectif et surtout quand on parle de long, d’ultra distance, enfin, tu veux courir un ultra trail, tu commences déjà par courir 10, 15, 20 bornes, ce n’est pas tout de suite que tu vas monter sur un 170 et pourtant, ton objectif, il est à 6, 8 mois de pouvoir finir cette 8 MB. Tu le dis sur la voile, je suis tout à fait d’accord avec toi. Et du coup, ça, c’était la première préparation olympique ou c’était la première pré-préparation ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Du coup, ça s’est transformé en vraie préparation. Donc nous, on avait notre plan comme si on voulait jouer la qualif sur les Jeux 2012, même si on savait que sur le papier, on ne faisait pas partie des candidats. Mais en fait, il se trouve que du coup, sur l’année 2012, on a eu vraiment notre déclic qui est arrivé et on a fait une année 2012 qui était notre plus belle année ensemble où d’un coup, on s’est retrouvé à jouer des top 10 sur des Coupes du Monde. On s’est qualifié sur un championnat du monde où vraiment la FED avait mis des quotas très élevés à atteindre pour réussir à se qualifier. Et en fait, on est passé ric-rac sur une manche de Coupe du Monde. On a réussi à obtenir notre billet et clairement, on gênait. La FED n’avait pas prévu d’envoyer autant d’équipages sur le championnat du monde. En gros, ils avaient prévu d’envoyer 4 équipages et nous, on est venus en 5e roue. Pas du tout prévu. Et il se trouve que sur ce championnat du monde qui était à Zadar en Croatie,
Sebastien SCOTTO DI FASANO : la qualif’ allait se jouer là. La FED fait toujours son possible pour évidemment nous annoncer les courses sur lesquelles la sélection va se faire. Mais nous, après, on doit se cacher un peu vis-à-vis des autres pays parce que si les autres pays savent qu’on est en sélection, il peut y avoir des jeux un peu de la part des autres nations pour dire si c’est là que ça se joue, on va essayer de faire en sorte que ça ne soit pas le leader sur le papier qui aille au jeu et plutôt le second couteau pour qu’après, aux Jeux Olympiques, ça soit plus simple. Donc, c’est toujours un peu dans le secret que ça se fait, ce genre de choses. Et il se trouve que sur ce championnat du monde, sur la première partie du championnat, on est sur le podium. On est sur le podium et premier équipage français. Et donc, là, tout s’affole un petit peu parce que du coup, on commence à recevoir plein de messages qui nous disent les gars, c’est vous qui allez y aller. C’est votre régate. Vous êtes en train de tout casser. Et donc, on est en train de se faire bon, on a assez vite repris notre place finalement après la première partie de championnat. Mais on fait quand même, on finit quand même troisième français. Et on se retrouve donc remplaçant pour les Jeux Olympiques. Donc, ça veut dire que si jamais il y a de la casse sur le premier équipage, on peut être appelé. Et on peut être appelé de manière en plus personnelle. C’est-à-dire que si l’équipier qui est dans l’équipage sélectionné se blesse, on peut m’appeler par exemple. Moi, j’étais équipier. On peut m’appeler uniquement moi pour aller remplacer, pour aller naviguer avec le barreur qui, lui, était sélectionné. Donc, ça s’est déjà arrivé plusieurs fois dans l’histoire des Jeux Olympiques dans la voile où il y a des équipages recomposés qui se retrouvent aux Jeux Olympiques. Et parfois, ça sublime l’équipage. Et parfois, évidemment, ça ne fonctionne pas du tout. La mayonnaise ne se prend pas.
Ermanno : Et comment ça se passe dans ce cas-là ? Parce que si, par exemple, les Jeux cette année étaient à Paris, donc pour les Français, c’est plus facile, entre guillemets. Pour Los Angeles, par exemple, est-ce que l’équipage remplaçant part ? Part aussi sur place, avec le bateau, évidemment, parce que là, on ne parle pas de triathlon. On ne met pas un vélo dans l’avion. On ne met pas non plus un bateau dans l’avion. Donc, tout le monde et tout le bateau se part et est déclenché au besoin. Mais si ce n’est pas la peine, en fait, l’équipage remplaçant était là-bas pour avoir des belles vacances, avec un peu de stress quand même, jusqu’à ce que la régate soit terminée.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Non, ce qui se passe quand tu es remplaçant, c’est que tu es amené à aller sur le site des Jeux pour t’entraîner sur les mois précédents. Par contre, à un mois de l’épreuve, en gros, tout est figé. Tu n’as plus le droit d’envoyer un remplaçant. C’est-à-dire que si un des équipiers ou une des équipières se blesse dans le mois précédent les Jeux, en gros, c’est tant pis pour la nation. Ils n’enverront personne. Mais tu n’as plus le droit, parce qu’en fait, nous, il y a aussi un jeu de conditions météorologiques avec des gabarits qui sont plus ou moins performants dans certaines conditions. Et donc, en fait, il ne faut pas tomber dans les travers. Enfin, c’était pour ne pas tomber dans les travers qu’ils annoncent plutôt un championnat d’un championnat de la France. Des Jeux olympiques dans du petit temps, donc du vent faible. On va plutôt envoyer l’équipage qui est performant dans le petit temps et donc jouer un peu sur cet attrait-là. Nous, c’est quelque chose qui rentre beaucoup en ligne de compte. Le gabarit et les performances des athlètes dans des conditions météorologiques très différentes. Et donc, la sélection se fait plus ou moins en fonction de ça aussi. C’est-à-dire que là, par exemple, les Jeux olympiques de Paris 2024 se sont… joués à Marseille.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Et Marseille, en été, c’est un plan d’eau qui est… Il peut y avoir aussi bien beaucoup de vent que très peu de vent. Ça dépend si le thermique rentre ou pas. Et donc, ils ont décidé d’envoyer un équipage très polyvalent qui, en plus, avait gagné le championnat du monde précédemment. Donc, il n’y avait vraiment aucune discussion. Mais là, par exemple, sur les Jeux olympiques de Los Angeles, on sait que c’est un ventilateur qui est allumé toute la journée et qui a 25 nœuds de vent toute la journée. Donc, il va falloir un équipage qui soit très performant dans du vent fort. Donc, ça aussi, ça fait partie un peu de la stratégie de la FED et des équipages de ne pas être trop typés dans telle ou telle condition. Ou alors, justement, si on est sur un spot où les conditions sont très typées, je prends l’exemple des Jeux olympiques de Pékin qui sont joués à Beijing. Il se trouve que le plan d’eau, c’était Qingdao pour la voile. Et c’est un plan d’eau où, historiquement, il n’y a jamais de vent, vraiment, c’était même une hérésie de l’organiser là-bas. Il n’y a vraiment jamais rien. Et en plus, il y a des algues partout. Enfin, c’était vraiment un plan d’eau qui ne faisait pas rêver. Donc, tous les équipages et tous les athlètes de voile de toutes séries confondues ont baissé leur poids, mais vraiment au maximum. Il y en a vraiment, c’était à la limite dangereux pour la santé. Et il se trouve que la semaine des Jeux olympiques, les deux derniers jours et notamment sur les finales, il y a eu une tempête qui est rentrée avec des ventes, des vagues énormes, etc. Et donc, on s’est retrouvés avec des équipages qui n’arrivaient plus à tenir leur bateau à l’endroit tellement ils étaient bas en gabarit. Donc, ça a amené à une situation un peu cocasse.
Ermanno : Écoute, je pense qu’on pourrait parler encore des heures de la voile. On est quand même là pour parler d’autres choses. Donc, on va peut-être switcher. Donc, toi, voile de préparation olympique et après, tu ranges la voile, les boots et puis tu passes à autre chose ? Ouais.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Du coup, la deuxième préparation olympique, c’était Rio. Et donc, on se retrouve à ce moment-là. J’ai un nouvel équipier parce que mon ancien était rentré dans la vie active. Il faut savoir qu’on n’est pas professionnel quand on fait de la voile.
Ermanno : J’adore rentrer dans la vie active parce qu’en fait, sportif de haut niveau, ce n’est pas un job. Avec les barons qui te disent et à part t’amuser, quand est-ce que tu trouves un vrai job ? C’est ça ? Merci.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : C’est un peu ça. On ressent quand même une certaine pression sociale de ce point de vue-là. Non, mais c’est vrai que du coup, j’étais avec un autre équipier. On a fait des belles choses mais on n’a pas pu jouer. On n’a pas obtenu notre place. On a joué la qualif qui était à Clearwater en Floride mais on n’a clairement pas été bon sur ce point de vue-là. Du coup, j’ai décidé d’arrêter à l’âge de 28 ans ma carrière en voile. Moi, j’avais déjà un pied dans le monde professionnel classique. On va dire que j’avais déjà un vrai boulot qui était un boulot de commercial dans une régie pub radio et j’avais un contrat, un CIP, certains sportifs de radio. Les niveaux sont assez familiers de ce type de contrat-là qui permet d’adapter son emploi du temps et de passer, par exemple, qu’un tiers du temps en entreprise et l’autre partie du temps en s’entraîner et la différence de temps en passant à s’entraîner est comblée par la fédération, la direction régionale de Genesse et des sports, etc. pour avoir un salaire qui permette de vivre. Et donc, quand moi, j’ai arrêté la voile, j’ai naturellement pris un plein temps dans mon travail. Dans mon entreprise. Et en fait, je me rappelle très bien du moment où, quand je me suis retrouvé arrêté, c’était la première fois où je me suis retrouvé un week-end de libre depuis l’âge de 6 ans. Et je me suis dit, génial, j’ai rien à faire ce week-end. On va voir ce que ça fait. Je peux aller au resto, je peux sortir. Enfin, des choses qu’avant, il fallait prévoir peut-être 3 mois en avance pour retrouver un créneau. Et le dimanche soir, j’étais en dépression. Je me suis dit, en fait, ce n’est pas possible. Il va falloir combler ce vide. On ne peut pas passer d’une vie complètement remplie avec un seul et même objectif qui te drive pendant autant d’années à, non, je me laisse porter une vie beaucoup plus légère, etc. En fait, ce n’était pas du tout ce que je connaissais. Et je ne me suis pas du tout retrouvé dans ce modèle-là. Ça ne veut pas dire que d’autres athlètes ne sont pas heureux après une fin de carrière. Mais en tout cas, je me suis clairement dit qu’il ne fallait pas que ça continue comme ça. Et je me suis retrouvé à faire une soirée chez un copain qui venait de boucler l’Ironman de Nice et qui était un très bon copain, un copain de lycée avec qui je suis toujours en contact, avec qui on fait toujours du sport ensemble. Et qui m’a dit, qui m’a un peu taquiné. Alors, c’était, je pense, deux jours après l’Ironman de Nice. Donc, il était quand même dans un sacré état. Il a encore un peu avec… C’est génial,
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Donc, il a fallu sur le canapé en train de nous raconter sa course. Enfin, voilà. Et du coup, il m’a dit, un peu en me taquinant, parce qu’il sait comment je fonctionne et c’était en toute bienveillance, mais il m’a dit, mais là, je lui fais part, en fait, du fait que moi, je m’ennuie et qu’il va falloir que je trouve quelque chose pour m’occuper. Mais il me dit, mais pourquoi tu ne viens pas faire un vrai sport ? Viens faire du triathlon avec moi.
Ermanno : Donc, un vrai bourreau et un vrai sport,
Sebastien SCOTTO DI FASANO : bravo ! Il me dit, t’es là, t’as navigué sur ton bateau avec ton Bob et tes lunettes. Maintenant, viens faire un vrai sport. Spoiler alert, c’est un vrai sport, la voile. Mais du coup, effectivement, c’était complètement différent de ce que je connaissais. Il faut savoir que moi, j’avais un gabarit. Quand j’arrête la voile, je fais un peu plus de 90 kilos. Je suis vraiment très développé du haut du corps parce que c’est vraiment les bras qui travaillent beaucoup. On passe beaucoup de temps en muscu, etc. On ressemble plus à un rugbyman qu’à un triathlète quand on fait du bateau, en tout cas, quand on fait du 49er. Et donc, du coup, je commence à lui poser des questions. Je dis, moi, je ne sais pas nager, courir. Je l’ai fait un petit peu, mais… Et en fait, c’est surtout ça. Ça étonne beaucoup de gens quand je dis ça, mais en fait, moi, à partir de l’âge de 6 ans, quand j’ai fait du bateau, je n’ai plus jamais mis un pied à la plage. J’étais tout le temps sur un bateau, donc nager, je n’ai pas eu besoin. Je n’ai pas eu besoin. Et puis, on a un gilet de sauvetage, on ne va pas se noyer quand on fait du bateau.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Et donc, du coup, je commençais à dire, il faut que j’apprenne à nager. Faire du vélo, déjà, ça commençait un peu à m’attirer. Je ressentais, je me disais que ça pouvait me plaire assez facilement. Et courir, courir, c’est un peu la même chose. Je l’avais un peu fait à un moment quand j’étais plus jeune et ça me plaisait. Donc, je me suis dit, pourquoi pas, pourquoi pas tenter ce truc-là. Et donc, c’était au mois de juin, parce que je pense que l’Irma de Nice, c’était dans ces eaux-là. Et en fait, j’entreprends tout l’été à aller à la piscine municipale, regarder des tutos sur YouTube, savoir comment on apprend à nager, etc. Parce que je me suis dit, je vais m’inscrire en septembre au club à Marseille, qui est le club des sardines triathlon de Marseille que je pense que pas mal de monde connaît parce que c’est un gros club. Et en fait, je me dis, je n’ai pas envie d’arriver en septembre en sachant absolument pas nager, etc. Il faut quand même que j’ai un minimum de base, que je ne sois pas ridicule et que je puisse au moins suivre les séances.
Ermanno : J’en profite d’ailleurs s’il y a des débutants entre guillemets qui nous écoutent, tu as fait exactement ce qu’il ne faut pas faire. C’est-à-dire, tu as été apprendre à nager tout seul avec, j’imagine, plein de défauts. Bon, après, tu es sportif de haut niveau, tu as eu une carrière, je pense que tu connais bien ton corps, etc. Donc, quand on te dit tu poses la main, tu la glisses doucement dans l’eau, je pense que ça te parle. Tu sens déjà l’eau sur ton corps, etc. Mais ce n’est quand même pas un truc à faire.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Non, mais je te rejoins, ce n’est pas ce qu’il faut faire. Après, sur le moment, c’était ce qui était le plus accessible et il fallait bien partir d’un endroit. Mais effectivement, j’ai assez vite entrepris d’avoir… En fait, le coach qu’on avait au club proposait des séances un peu particulières où, justement, on était en tout petit groupe, cinq, six, le soir très tard, à filmer avec la GoPro, etc. Et donc, là, j’ai bien compris que… On parle bien de natation,
Ermanno : là. On va passer parce qu’un petit groupe très tard le soir à filmer…
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Non, non, c’était bien la natation. Mais voilà, là, j’ai vite vu que mes bras se croisaient à chaque fois que j’allais chercher de vent, etc. Donc, j’aurais progressé beaucoup plus vite. Et effectivement, si j’avais eu un aïe extérieur, assez de manière… Enfin, dès le début, quoi. Et donc, voilà. Donc, j’ai quand même fait mes gammes. J’ai quand même essayé d’apprendre à nager seul dans mon coin. Puis, je suis arrivé en septembre, et puis, en fait, je me suis pris complètement à la dynamique du club. J’avais, en tant qu’ancien sportif de nouveau, je pense, cette capacité et en tout cas, cette volonté de assez vite faire du volume sans avoir l’impression de faire du volume, quoi. Je pense que dès les premières semaines, en septembre, j’étais aux alentours des 20 heures et ça ne me dérangeait pas plus que ça. Et en plus, j’étais surtout galvanisé par le fait que j’étais novice dans trois sports et qu’à chaque entraînement, je progressais. Et en fait, ça, c’est quand même quelque chose où quand on est athlète de haut niveau dans un sport et qu’on est en maîtrise, etc., on essaie plutôt de maintenir un niveau de performance élevé et de réussir à délivrer ce niveau sur chaque compétition. Mais on a quand même touché à chaque fois du doigt un peu la quintessence de ce qu’on peut faire. Et là, clairement, j’avais tout à apprendre et donc, en fait, à chaque séance de course à pied, j’allais un peu plus vite. Natation, pareil. Vélo, la même chose. Et en plus de ça, ce qui était décuplé par le fait que j’étais en train de perdre du poids chaque jour parce que j’étais en train de me rapprocher du gabarit un peu évident du tri athlète en faisant ces trois sports-là, je perdais ma masse musculaire qui était de trop et je me rapprochais d’un poids plus léger. Et donc, moi, je me sentais voler encore dans les disciplines. Et donc, voilà. Donc, j’ai vraiment pris goût et chaque fois que chaque année, le club a défini un Ironman
Sebastien SCOTTO DI FASANO : qui devient un objectif club. Et donc, j’avais toujours mon pote Lucas qui était là et qui m’avait mis au triathlon et qui m’a dit on va le faire ensemble et j’avais dit écoute, l’an prochain, on fait un Ironman tous les deux. Et donc, je me suis mis vraiment ça comme objectif en me disant à la fin de l’année, je ferai mon premier Ironman.
Ermanno : Et tu as jeté ton dévolu sur lequel ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Du coup, ce n’est pas moi qui ai choisi mais c’est moi mais c’était l’Ironman de Hambourg. Donc, voilà. Je n’ai pas spécialement réfléchi. Je me suis dit tout le monde va là-bas. Je vais y aller. Et je m’étais mis un point d’étape avec l’Ironman 70.3 d’Aix-en-Provence qui est à côté de la maison et qui était au mois de mai. Et donc, Hambourg, c’était au mois d’août. Et donc, je me suis dit c’est bien, ça va faire un petit point d’étape et donc, je vais continuer de dérouler et de suivre mon plan. Et donc, c’est ce qui s’est passé. J’ai passé l’année à vraiment faire beaucoup de volume. On a quand même beaucoup de séances quand on fait même quand on est en club de triathlon beaucoup de séances où on est un peu livré à soi-même et moi, vu que je partais très loin, mes séances n’étaient pas franchement structurées mais en fait, chaque entraînement me faisait quand même progresser. Donc, ça a été quand même une première année où j’ai fait beaucoup de volume mais je pense que j’aurais pu optimiser bien mieux tout ce que j’ai pu faire. Je faisais beaucoup d’heures en course à pied. Je pense que j’ai couru pendant très très longtemps à la même vitesse pour enfin chose à ne surtout pas faire. En plus, quand on a tendance à commencer dans un sport, j’ai dit souvent qu’en fait, on court tout le temps en seuil en fait. Quand on commence, on essaie de se mettre à une allure où on a l’impression de forcer mais il faut quand même tenir un peu et en fait, ça correspond à du seuil et donc, tu fais du seuil tous les jours et là, tu te rends compte que ce n’est pas du tout ça qu’il faut faire.
Ermanno : C’est ce que j’allais dire parce que tu avais bien commencé et tu disais que tu courais toujours à la même allure. Je me suis dit, bon,
Ermanno : tous les débutants, on fait tous notre petit tour de 8 d’abord puis après 9 puis après 10 kilomètres parce que 10 kilomètres, c’est quand même un bon milestone et puis à partir de là, après, on fait toujours ce 10 kilomètres. On essaie de courir de plus en plus vite tous les jours et tu finis effectivement, tu as le goût du sang dans la bouche et en fait, tu progresses parce que tu démarres dans ce sport-là mais au bout d’un moment, tu ne progresses plus du tout et même, c’est délétère parce qu’en fait, ce n’est pas comme ça qu’on s’entraîne surtout sur de l’endurance.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Exactement.
Ermanno : Donc un an, tu pars de zéro alors tu as ce passif de sportif de haut niveau, tu sais quand même gérer les charges d’entraînement et puis tu as fait beaucoup de volume et en plus, tu le disais dans la voile, il y a le temps sur l’eau puis il y a le temps en dehors de l’eau mais toi, tu pars de zéro en septembre dans un club de triathlon et tu arrives en août de l’année d’après donc 11 mois après aligné sur ton premier Ironman. Ça, c’est intéressant parce qu’il y en a beaucoup qui disent non mais le triathlon, ce n’est pas pour moi, je ne sais pas nager, je ne sais pas courir, je ne sais pas faire du vélo puis un Ironman. En même temps, tu as aussi tous ceux qui te disent tu n’as pas fait d’Ironman, tu n’es pas très à tête, ça c’est autre chose mais donc en 11 mois avec une préparation régulière et propre, je vais dire, pas forcément structurée mais propre, tu arrives, tu es aligné sur ton premier Ironman. Oui,
Sebastien SCOTTO DI FASANO : après,
Sebastien SCOTTO DI FASANO : vu que c’était vraiment un objectif, je ne me suis pas posé la question de savoir si c’était faisable ou pas. En plus, au club, on m’a mis le doute à aucun moment tout le monde m’a dit dans un an, c’est ok, c’est ok et il y en avait plein qui l’avaient fait avant moi et il y en a plein qui le feront après moi et il n’y a pas de soucis. Je pense qu’à partir du moment où on se donne les moyens et on ne fait pas non plus n’importe quoi, j’ai fait beaucoup d’erreurs mais j’ai fait beaucoup d’erreurs qui m’ont permis de ne pas progresser assez vite mais je n’ai pas fait des erreurs qui m’ont amené à la blessure, etc. Donc ça, c’est aussi de par la connaissance que j’ai de mon corps et de toutes les choses et les heures d’entraînement que j’ai pu faire auparavant même si c’était en voile, etc. Je sais quand même, j’avais une connaissance de moi qui était quand même assez profonde et surtout, j’ai respecté des paliers. Tu vois, je te disais, j’ai fait un 70.3 avant, je pensais que c’était nécessaire et obligatoire de faire ça. J’ai fait un marathon sec au mois d’avril, j’ai fait le marathon de Paris en me disant tu vas faire un Ironman, ça serait bien de courir un marathon avant pour savoir ce que ça fait. Bon, quand le marathon s’est fini, je me suis dit ça, ça va quand même être compliqué
Sebastien SCOTTO DI FASANO : d’enchaîner ça après 180 bandes de vélo et 4 bandes de natation mais en fait, c’est quand même pas du tout la même chose. On le sait tous, tous ceux qui ont fait des Ironman sont capables de dire que le ressenti n’est pas le même et ne serait-ce que courir 10 ou 15 secondes moins vite au kilo, ça fait une grosse différence donc on ne finit pas dans le même état. Mais voilà, j’avais mes points de passage, j’ai fait un marathon et j’ai fait un marathon et je les ai entre guillemets cochés parce que le marathon, je m’étais dit il faut le faire en moins de 4 heures, j’étais passé en moins de 4 heures, 70.3, je me suis dit il faut se rapprocher des 5 heures, je n’étais pas loin des 5 heures et en fait, à chaque fois, je me disais ça va, ça suit ce que je me suis un peu donné comme objectif et donc ça va le faire, ça va le faire jusqu’à l’Ironman et il se trouve qu’il y a eu un petit rajout dans l’équation à ce moment-là parce qu’en fait, à un moment, j’ai un très bon copain qui m’appelle pour faire une petite pige en voile juste après l’Ironman et qui me dit, donc qui me prévient quelques mois avant en disant il me manque un équipier pour faire notamment le championnat du monde de voile qui aura lieu au Portugal donc il va falloir s’entraîner, etc. Est-ce que tu es chaud pour le faire ? Moi, ça me sortait un peu de ma retraite et puis voilà, comme beaucoup d’athlètes, ça nous arrive surtout beaucoup de faire un peu un petit comeback comme ça pour retater un peu les sensations et on ne sait jamais voir ce qui se passe et donc, j’ai fini les 2-3 mois de préparation à faire à la fois mon entraînement triathlon plus naviguer. Là, clairement, si c’était à refaire, je ne le referais pas. Oui,
Ermanno : Bien à croiser.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Donc voilà, même si la prépa en voile était quand même assez light, ça m’a quand même bien mis dedans mais voilà, donc j’ai quand même et pour la petite histoire, donc j’ai fini mon Ironman, j’ai passé la laine d’arrivée, le soir même, je sautais dans un avion et j’allais au Portugal le lendemain et j’attaquais l’entraînement dès le lendemain, 3 jours avant le Chappelle du Monde pour partir. Donc, je n’ai même pas réussi à ce qu’on appelle gréer le bateau, c’est-à-dire le monter. Mon barreur a fait ça tout seul. On a fait une première sortie donc le lendemain de l’Ironman où on fait un bord en ligne droite sans manœuvre et je me retourne vers lui et je dis on va rentrer.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Je ne tenais pas sur mes jambes, c’était une catastrophe. C’était une expérience assez rigolote. J’ai suivi mon plan jusqu’à cet Ironman d’Ambourg qui s’est en plus formidablement bien passé. J’ai fait une course pleine, je n’ai pas craqué en tout cas sur l’allure que je m’étais donné. C’était vraiment une très belle année de reconversion on va dire. Avec beaucoup de plaisir.
Ermanno : Et ça te donne quoi en termes de temps juste comme ça pour marquer le truc ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Je mets 11 heures, un peu plus d’11 heures, 11h10, un truc comme ça je crois. Avec notamment un marathon en 3h52 alors que je venais de faire Paris en 3h48. Et donc je m’étais dit que j’avais fait entre le mois d’avril et mon marathon sec et l’Ironman d’Ambourg au mois d’août, j’avais plutôt bien bossé. J’étais content de moi en me disant, j’ai fait une course pleine et j’ai vraiment pris du plaisir jusqu’au bout parce que la machine a tenu jusqu’au bout.
Ermanno : L’histoire ne nous dira pas si tu n’avais pas fait de la voile, si ça aurait été mieux ou si au contraire ça t’a permis, alors peut-être pas sur l’aspect physique mais en tout cas sur l’aspect mental aussi de te sortir de ton entre guillemets quotidien de néo triathlète et te permettre aussi de te vider la tête et d’arriver là frais comme un gardon. Et avec cet objectif en tête de je passe la ligne, je pars. Je vais faire autre chose. Bravo, bravo. De la voile, du triathlon, mais on n’était pas là pour parler que du triathlon. Donc, comment tu passes de l’un à ce qui arrive derrière ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Du coup, on va arriver sur le sujet de pourquoi j’ai arrêté le triathlon qui t’intéressait beaucoup. Non, non, mais en fait, du coup, je fais cette année-là à pleine, vraiment. Je ressors avec vraiment une sensation de plénitude en me disant c’est génial, je m’éclate dans ce sport. C’est du kiff. En plus, ma chérie, qui est ma femme aujourd’hui et avec qui on a un enfant aujourd’hui, faisait aussi du triathlon. Donc, on en faisait ensemble. On arrivait à partager des entraînements et tout. C’était vraiment génial. On avait chacun nos objectifs et c’était vraiment top. Et l’année suivante, donc la deuxième année de ma pratique, j’étais un peu dans, comme beaucoup de gens, je pense dans ce truc de maintenant que j’ai fait ça, il faut faire plus dur. Donc, qu’est-ce qu’il y a de plus dur que l’Ironman ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Quel Ironman est plus dur que celui que je viens de faire ? Parce qu’en bourse, c’était quand même un Ironman assez roulant. Pas de difficultés majeures. Et en fait, là, je suis tombé sur l’Haltzman qui se déroule à Annecy et qui a la particularité d’avoir, sur la partie vélo, un beau dénivelé. Alors, à l’époque, c’était 4 400 sur 180 bornes. 4 400 mètres de dénivelé positif sur 180 bornes. Et aussi, en plus, ce petit truc quand t’arrives sur le marathon au 26e kilomètre, si t’es sous les 12 heures de course, tu peux accéder à la finish line qui est au sommet du Semnoz. Donc, te faire un petit trail de 13 bornes et 1 300 de D+, pour aller finir au sommet. Et ceux qui n’y parviennent pas, continuent leur marathon autour du lac. Et donc, ça avait ce petit défi en plus. Et avec mon niveau actuel, j’étais pile poil à la fin à la limite de pouvoir réussir à… Enfin, en tout cas, avec mon niveau actuel, je pouvais pas prétendre à finir au sommet du Semnoz. Mais en m’entraînant, du coup, ça me donnait une carotte en me disant, putain, c’est génial parce que si j’arrive à vraiment bien m’entraîner, je vais peut-être réussir à sonner la cloche parce que du coup, on sonne la cloche au 25e kilomètre pour pouvoir monter au sommet et donc finir un peu comme le Norseman Black T-shirt. Enfin, c’était vraiment cette inspiration-là. Et j’avais d’ailleurs essayé de choper un dossier de sarre pour le Norseman et j’avais pas réussi. Et pour la petite histoire, même si j’ai raté le triathlon, j’essaye tous les ans. J’essaye tous les ans.
Ermanno : Je t’aime bien, je t’aime bien, Sébastien.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Même en ayant arrêté, etc., je me dis, on sait jamais, etc., mais j’ai l’impression que tous les ans, c’est encore plus difficile d’en avoir un parce que je pense qu’il y a encore plus de candidats. Donc voilà, donc j’ai jamais fait partie des élus. ils finiront par te filer le dossard.
Ermanno : Tu auras l’air de m’en payer ta place.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : C’est ça. Et donc, je me suis… Enfin, c’était, voilà, ce nouveau défi, faire l’altman, qui était au mois de juin. Et donc, je suis reparti dans une saison pleine en me disant, ben là, vu qu’il y a quand même beaucoup de nivellés, ça va beaucoup jouer sur le vélo. Donc, il faut monter d’un cran ton niveau en vélo. Et donc, j’ai fait… J’ai beaucoup plus roulé que sur ma première année. Sur la première année, j’avais tendance à beaucoup, beaucoup courir. Enfin, pour quelqu’un de mon niveau, je faisais des semaines entre 60 et 70 kilomètres de course à pied. Je courais vraiment tous les jours. Et pour le coup, le vélo, je faisais que le week-end. Enfin, j’avais pas d’hommes trainers, ni quoi que ce soit. Je faisais deux sorties le week-end et ça s’arrêtait là. Et là, je me suis dit, bon, ben, la natation, je faisais cinq séances, je vais rester dans ces eaux-là, ça va le faire. Par contre, je vais enlever des séances de course à pied et rajouter des séances de vélo. Et donc, j’ai tourné mon entraînement de cette manière-là.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Et donc, voilà, j’ai essayé de perdre aussi encore un peu plus de poids en me disant, ben voilà, il faut augmenter ton ratio poids-puissance avec le D plus qu’il va y avoir. Et donc, voilà, j’ai encore une fois déroulé mon plan là-dessus en étant autonome. Enfin, pour le coup, j’ai fait ma prépa seule dans mon coin. C’était… Même au sein du club, l’Alsman n’était pas encore très connu. Enfin, aujourd’hui, ça l’est beaucoup plus, mais c’était une course qui était un peu nouvelle. Et donc, il y a pas grand monde qui connaissait cette course-là. Donc, voilà, j’ai essayé cette épreuve-là. Et… Et puis, il se trouve que, ben voilà, l’histoire est très belle. Ça reste aujourd’hui l’un de mes plus beaux souvenirs sportifs tout confondu. Voile, triathlon, ultra-cyclisme. Parce que j’ai eu droit à une finish line. En fait, je fais le dernier top finisher. Donc, je suis le dernier à sonner la cloche et à arriver au sommet du Semnoz. Et j’ai été aller avec toutes… On a une grosse bande de copains avec ma femme qui nous suit tout le temps sur les défis sportifs. On était donc au sommet du Semnoz avec une vingtaine de mes potes qui étaient là. Et j’ai eu droit à une finish line incroyable. Génial. Donc, voilà. Donc, c’était… Ça reste aujourd’hui vraiment un super souvenir.
Ermanno : Tout ça ne nous dit pas pourquoi, sur un de tes posts, tu dis, non, non, votre triathlon, c’est pas pour moi. Après, on aura noté que tu t’inscris quand même à chaque fois pour le Norseman.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Ouais, ouais. C’est toujours un peu la course qui fait rêver. Et donc, on sait jamais. Mais oui, pour revenir à pourquoi j’ai arrêté, du coup,
Sebastien SCOTTO DI FASANO : avec l’Alsman, je re-enchaîne le mois d’après plein d’endorphines en me disant, il y a l’Embrunman, j’ai fait une grosse prépa, ça serait dommage de ne pas y aller. Donc, je fais l’Embrunman juste après. Joli. En surfant sur la prépa de l’Alsman toute l’année. Ça se passe aussi très bien, etc. Je me régale. C’est une très belle course aussi. Différente, mais très belle également. Et l’année suivante, ben là, j’ai un peu moins d’objectifs. Je vois aussi que je plafonne en termes de niveaux, malgré mes entre 20 et 25 heures d’entraînement semaine. Enfin, voilà, je commence à plus réussir à grappiller de temps et je trouvais du coup beaucoup moins de motivation à m’entraîner 25 heures semaine pour aller chercher quelques minutes sur un Ironman. Alors, il y a certainement beaucoup mieux à faire avec une prépa très spécifique, etc. Mais en tout cas, moi, j’avais l’impression d’avoir fait le tour d’avoir atteint un espèce de plafond de verre et fait le tour de la discipline. Et donc, je fais quand même l’Ironman, je fais quand même encore deux Ironman cette année-là. Je fais Francfort et je fais encore deux 73. Je m’amuse bien et tout ça, mais le plaisir est redescendu un petit peu d’un cran parce que, voilà, je ne vois plus vraiment de perspective dans ce sport-là. Et on arrive au Covid où là, en fait, on se retrouve enfermé à la maison et c’est à ce moment-là que l’ultra-cyclisme rentre dans mon champ de vision. Je commence à voir passer des choses et à passer des courses qui font 700 kilomètres. Là, en l’occurrence, la première que je vois, c’était le Bikiman Corsica. 700 kilomètres prévus au mois d’avril. Non, prévu au mois de mai, pardon. Là, on est confiné. On est au mois de mars à la maison et j’ai un de mes très bons potes, Damien, avec qui je faisais déjà du triathlon et qui commençait lui aussi à s’intéresser à l’ultra-cyclisme qui me dit ça serait bien qu’on fasse ça, t’as vu, c’est le tour de la Corse en non-stop et tout, ça peut être rigolo. On allait faire des premières sorties au mois de janvier où on allait faire, on habitait Marseille donc on partait de Marseille, on allait dans le Var ou proche de la Côte d’Azur, on faisait des 200, 300 bornes comme ça, histoire de voir ce que ça donnait, d’aller au-delà de la distance Ironman et en fait, on s’éclatait, on s’éclatait vraiment, c’était du kiff total, le paysage changeait tout le temps, enfin vraiment, il y a un vrai coup de cœur sur la longue distance à vélo et donc, en fait, je me prépare tout le confinement
Sebastien SCOTTO DI FASANO : pour objectif, c’est-à-dire voilà, on n’avait pas vraiment de vision sur quand est-ce qu’on allait pouvoir ressortir mais en tout cas, je me suis dit, bon, la course est au mois de mai quand même, j’espère qu’au mois de mai, ça devrait aller et donc, je fais une prépa et moi, en l’occurrence, à ce moment-là, dans mon boulot, je me retrouve à un vrai chômage partiel, c’est-à-dire que j’avais plus rien à faire, j’étais vraiment enfermé à la maison, je n’avais plus de boulot, je savais que j’allais récupérer à la sortie mais en tout cas, à ce moment-là, on n’avait plus de boulot et donc, j’avais les journées complètement libres et donc, ce que je faisais, c’est que je me servais de notre heure de permission de sortie pour aller quand même courir et je faisais après entre 600 et ouais, entre 400 les petites semaines et 600 kilomètres de home trainer dans la semaine
Sebastien SCOTTO DI FASANO : et vraiment, j’avais une espèce de…
Sebastien SCOTTO DI FASANO : surtout, j’ai cassé beaucoup de crèches de cassettes, j’ai gâché, j’ai pas mal abîmé mon vélo.
Ermanno : 600 bornes de home trainer, mais ta femme, elle devait devenir folle, non ?
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Elle faisait pareil. Alors, on avait deux, on avait la chance d’avoir deux home trainers et on était là comme des tarés sur la terrasse. Je pense que les voisins, ils devaient halluciner à nous regarder faire mais du coup, moi, j’avais vraiment un planning dans la journée où le matin, je me levais, j’allais courir à jeun, je faisais mon petit-déj, je passais deux heures sur le home trainer,
Sebastien SCOTTO DI FASANO : petite sieste et puis on repassait sur le home trainer et après, le planking challenge le soir. Et en fait, c’était ça pendant tout le confinement jusqu’au 11 mai. Je me rappelle très bien du 11 mai. Premier jour, on est déconfiné et là, je prends mon vélo, j’avais déjà mes premières sacoches, j’avais déjà acheté l’équipement pour être prêt pour la course et j’avais prévu 200 bornes avec pas mal de dénivelé dans le coin et ce premier jour de déconfinement où on a le droit
Sebastien SCOTTO DI FASANO : d’aller reprendre le lendemain, on allait reprendre partiellement trois jours par semaine le boulot et en fait, il y a un orage de fou, il pleut à torrents, c’est vraiment les conditions où jamais tu sors et moi, je me suis dit mais jamais de la vie je ne sors pas. Là, je n’ai qu’une seule envie, c’est vraiment d’aller tester dehors ce que ça donne avec mes nouvelles jambes etc. Parce que du coup, j’avais vraiment un peu changé de morphologie. J’avais pris une taille de centimètre
Sebastien SCOTTO DI FASANO : à tenir mon poids idéal et je me fais une sortie de 170 bornes vraiment où je suis sous la flotte et je ne fais que rigoler. Je suis content d’être là, je me régale, je crève trois fois parce qu’évidemment la route était dégueulasse et voilà. Mais je fais ma sortie et c’est du kiff total. Et il se trouve que la course s’annule parce qu’évidemment comme beaucoup de courses à ce moment-là, la course ne réussit pas à avoir les autorisations pour maintenir la course. Et il y a une seule course qui passe un peu à travers les mailles du filet l’été qui va suivre au mois d’août, la Race Cross France qui était aussi une course ultra distance qui propose plusieurs distances et moi en l’occurrence, je m’étais inscrit sur le 1000 km en me disant j’avais prévu de faire 800 km en Corse, là c’est 1000 km, on n’est plus à 200 près. Le parcours était magnifique, on partait pour le coup du sud vers le nord à ce moment-là et le 1000 km traversait tous les Alpes et le Vercors puis les Alpes donc c’était vraiment magnifique. Donc 1000 km et 20 000 mètres de dénivelé positif et cette course est maintenue. En fait, on est pile dans la fenêtre où au mois d’août le gouvernement se dit un peu allez on rouvre toutes les barrières et je crois qu’un mois après on repartait de nouveau en couvre-feu, c’était la cata et donc ça est vraiment la seule course qui a réussi à être maintenue et donc je mets 3 jours et 10 heures pour faire ces 1000 km et là c’est la révélation mais alors c’est encore plus que le triathlon, là je finis la course avec cette sensation, alors j’ai passé que 3 jours dehors mais avec vraiment la sensation de dire mais en fait j’ai l’impression d’être parti un mois, j’ai vécu des choses incroyables, je suis passé
Sebastien SCOTTO DI FASANO : en ayant fait plein d’erreurs sur la nutrition et là je me dis voilà je crois que j’ai vraiment trouvé mon sport et donc là a commencé l’histoire de l’ultra-cyclisme.
Ermanno : Excellent, donc ça c’est là que commence l’histoire et du coup depuis 2020 qu’est-ce qui se passe, t’as arrêté, tu t’es pas arrêté, t’en as remis encore plus,
Sebastien SCOTTO DI FASANO : t’en es où Déjà du coup en 2020 au moment où je fais la course à savoir que ma femme est enceinte donc on va avoir notre premier enfant, on a tous les deux du coup un peu accroché, elle avait commencé aussi à faire un peu de longues distances etc. et elle avait pris le entre guillemets Tu m’étonnes à faire 600 morts
Ermanno : de home-trailer par semaine pendant un mois et demi de confinement, elle a dû aimer ça ouais.
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Ouais et puis surtout ce truc de juste avant même on avait fait nos premières vacances en 2019 on avait fait une semaine de by-packing on avait fait la Vélodyssée pour ceux qui connaissent un petit peu c’est une trace c’est une vélo-route en fait qui part de Roscoff et qui va à Hendaye donc qui fait toute la face atlantique de la France et déjà c’était on avait une première petite révélation à ce moment-là en se disant putain c’était nos meilleures vacances on s’est régalé on faisait entre 90 et 140 bandes à ce moment-là on s’était dit putain c’est quand même cool on avait pris goût quoi et donc là ma femme est enceinte c’est en 2020 au moment où je finis la course et je me dis quand même que moi maintenant je vais au moment être focus sur ce genre d’épreuves et ça commence le circuit commence à structurer commence à avoir de plus en plus d’épreuves qui sortent un peu et ce qui permet aussi d’en faire assez tôt dans l’année au printemps et commence à avoir les premières épreuves
Sebastien SCOTTO DI FASANO : et là quand même ça rebat un peu les cartes parce que voilà au niveau du sommeil c’est pas ça le mec il a fait
Ermanno : 3 jours dehors pendant la race il a pas dormi il était sur le vélo tu vas pas me dire que quelques nuits en pointillés avec un enfant non non c’était si difficile
Sebastien SCOTTO DI FASANO : que ça c’est une petite différence quand c’est choisi ou pas quand même
Sebastien SCOTTO DI FASANO : et c’est pas tous les jours on a pas toujours envie d’être dans une course et de se dépasser sur le sommeil donc là c’était quand même assez particulier en plus nous vraiment pour le coup j’allais dire il dormait vraiment pas beaucoup mais il dort toujours pas beaucoup
Ermanno : alors si ça peut te rassurer moi mon grand il a 27 ans et le dernier il en a 5 si ça peut te rassurer ça se calme vers 17-18 ans à peu près
Sebastien SCOTTO DI FASANO : ah super bah écoute il en a 5 donc j’ai encore quelques années ‘ai encore quelques années compliquées à tirer donc voilà c’était assez compliqué mais j’essayais j’ai vraiment tiré sur la machine un peu n’importe comment on faisait des nuits on dormait 3h dans la nuit et j’avais prévu d’aller rouler à 6h du mat et je partais quand même à 6h les yeux collés avec la barre au front enfin c’était une catastrophe donc j’ai assez vite compris qu’il fallait revoir un peu le plan et faire preuve vraiment de souplesse chose que je n’avais jamais fait auparavant enfin quand j’étais quand je faisais même du triathlon la voile j’en parle même pas du matelon même si c’était totalement amateur si j’avais ma séance à 6h du mat aucune raison de la rater j’y étais toujours là je me suis dit que là les enfants
Ermanno : ça rebat souvent les cartes quand même ouais
Sebastien SCOTTO DI FASANO : là je me suis dit que malgré tout c’est plus délétère que d’y aller alors que t’as pas dormi enfin tu vas pas progresser ça n’a aucun intérêt donc je me suis quand même j’ai quand même adapté le plan vis-à-vis de mon fils et surtout sur les premières années
Sebastien SCOTTO DI FASANO : j’ai fait et trois épreuves auxquelles je participais par an donc généralement des épreuves entre 1000 et 2000 km et j’ai commencé à faire ma première raf ma première race cross france 2500 km en 2021 bah ouais de suite l’année d’après 2021 je fais mon premier 2500 km donc là c’est encore une autre dimension parce qu’entre une course qui fait 1000 bornes qui dure 3 jours
Sebastien SCOTTO DI FASANO : donc c’est assez particulier quand même de prendre le départ de la course et dire waouh dans une semaine je serai encore sur mon vélo voilà c’est vraiment quelque chose d’assez atypique et donc pour le coup je crois je mets un peu plus d’huit jours huit jours et deux heures ou trois heures sur cette race cross france et là je tombe encore plus dedans quoi je me dis c’était c’était juste incroyable j’ai traversé la france en plus là c’était vraiment une grosse diagonale à ce moment là je suis parti de mandelieu la napoule près de cannes et l’arrivée était au touquet donc là c’était vraiment une énorme diagonale en traversant en plus tous les alpes avec avec tout l’école mythique un passage à l’isran à 3000 mètres d’altitude à deux heures du matin enfin des choses incroyables quoi vraiment et en plus on parle d’une époque où la discipline n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui on est en on est en vraie phase de développement de la discipline mais mais là on était on était une soixantaine au départ réparti sur 2500 km enfin en gros on était capable de faire 30 heures sans voir personne on se voit jamais donc donc vraiment particulier aujourd’hui il y a un peu plus de densité mais mais donc voilà donc je tombe complètement dedans et et aujourd’hui aujourd’hui voilà c’est clairement ma discipline je fais de l’ultra cycle je continue de courir à côté parce que j’ai une croyance très forte c’est que la course à pied est nécessaire pour la densité osseuse et les impacts que ça génère etc je fais aussi pas mal de trail à côté mais pour moi je me sens je me sens beaucoup mieux en faisant du beaucoup de vélo et de la course à pied plutôt que que du vélo
Ermanno : peut-être un jour tu auras un ticket donc il faut quand même garder un pied dans la course à pied pour le Northman ouais
Sebastien SCOTTO DI FASANO : et puis surtout la course à pied ça reste le sport où quand j’ai arrêté la voile alors déjà c’était le plus accessible des trois sports quand j’ai commencé le triathlon mais j’ai tout de suite pris du plaisir vraiment à pied tout de suite je me suis dit même en faisant des petits tours de 8J born je me suis tout de suite senti bien dans ce sport là donc ça reste ça reste une pratique que je suis pas prêt à abandonner quoi qu’il arrive
Sebastien SCOTTO DI FASANO : aujourd’hui je m’entraîne tous les jours entre midi et deux à vélo ou à pied donc je fais j’ai mes séances entre midi et 14h et j’ai rien le matin j’ai rien le soir parce que je veux profiter à fond de la famille et je veux absolument pas en plus ma femme a pas l’opportunité de s’entraîner entre midi et deux et donc elle elle a un créneau à prendre ou le soir ou le matin et donc je veux pas qu’on empiète je veux qu’on ait chacun l’opportunité de préparer nos projets donc c’est le deal entre nous et donc en semaine je m’entraîne uniquement entre midi et deux et après le week-end on avait jusqu’à maintenant jusqu’à avant que j’ai ce fameux projet dont on va parler je pense très rapidement mais jusqu’à avant ce fameux projet on avait une organisation en fait on se donnait chacun un week-end pour s’entraîner pour faire de la longue distance pour que chacun ait son espace et son moment pour se préparer donc aujourd’hui ça représente en termes de volume horaire je suis redescendu assez bas par rapport à du triathlon et par rapport au fait que je suis parent et qu’il y a d’autres contraintes mais je fais généralement des semaines de 14-15 heures et quand il y a des très longues sorties le week-end ça peut monter à 20 heures mais c’est biaisé par les sorties vélo qui sont du volume un peu facile
Ermanno : du volume un peu facile
Sebastien SCOTTO DI FASANO : ce sont les mots de Vincent Louis je me rappellerai toujours le moment où il a dit quand on fait 30 heures d’entraînement semaine si tu cales 600 bornes de vélo c’est pas la même chose que si tu cales 25 bornes de natation donc effectivement le vélo c’est quand même du volume horaire qui se fait plus facilement
Ermanno : le problème c’est que le temps que tu passes sur le vélo tu peux pas le transposer sur la course à pied par exemple quand tu as besoin de travailler à la course à pied surtout sur du entre guillemets long à partir de 100-150 bornes t’as besoin de faire 3-4 heures sur le vélo tu peux pas faire 3-4 heures sur la course à pied à moins que tu fasses de l’ultra distance en course à pied donc t’as aussi un ratio qui est pas le même dans la transposition sur chaque effort et en natation c’est pareil tu vas pas faire 4 heures dans le bassin enfin tu peux mais pas dit que tu repartes le lendemain et donc tout ça ça t’amène à ton fameux projet vas-y c’est le moment d’en parler après une heure et demie d’introduction
Sebastien SCOTTO DI FASANO : c’est clair on l’a bien amené c’est du beau teasing non du coup en fait clairement sur l’ultra distance à vélo c’est une discipline que j’adore et sur laquelle j’ai vraiment envie de continuer mais je reste un simple amateur qui participe à des courses ultra distance à vélo et donc je suis aussi un compétiteur et j’ai aussi envie de je m’y retrouve que parce qu’il y a des personnes autour qui sont aussi j’adore le voyage à vélo mais j’ai aussi envie de me dépasser et les gens qui sont autour de moi me poussent à me dépasser et je fais partie de ces personnes qui ne sont pas spécialement doués dans le vélo qui n’ont pas forcément spécialement un métabolisme enfin en tout cas un terrain vraiment propice à performer dans le vélo et donc je me suis dit ben voilà la race au cross France donc qui est la course c’est une course que je fais chaque année du coup depuis 2020 j’ai fait un peu toutes les distances on a fait beaucoup de courses on l’a fait on l’a fait deux fois en double avec ma femme aussi sur une 300 pour la première et sur une 1000 km
Ermanno : ça marche comment en double sur la RAF c’est à dire que chacun son vélo ou vous êtes en tandem
Sebastien SCOTTO DI FASANO : alors tu peux le faire en tandem si tu veux je crois qu’il y a eu un tandem cette année notamment avec une personne handicapée donc vraiment un super projet mais ouais en fait en double t’as c’est le seul moment où t’as la possibilité de faire du drafting parce qu’en fait en ultra cyclisme il faut le rappeler mais du coup on est vraiment seul face à face à l’épreuve et on a absolument une totale interdiction d’être aidé épaulé c’est vraiment en full autonomie donc il faut être autonome sur ses ravitaillements il faut être autonome sur la manière dont on affronte la distance et on n’a pas le droit de se mettre dans la route quelqu’un quoi par contre t’as le droit
Ermanno : d’arrêter la boulangerie et t’acheter à bouffer si tu veux
Sebastien SCOTTO DI FASANO : t’as le droit de t’arrêter à la boulangerie parce qu’en fait tout le monde peut le faire donc en fait à partir du moment où tu fais quelque chose dont tous les participants et les participants t’ont accès c’est ok mais t’as pas le droit d’arriver à un endroit parce que tu traverses une ville où tu connais quelqu’un il a pas le droit de te tendre une part de pizza ça c’est interdit par contre t’arrêter à la superette t’arrêter dans une boulange y’a aucun souci
Ermanno : donc le côté du haut c’est le seul moment où tu peux drafter bon après quand c’est du duo mixte en plus j’imagine bien que ta femme devait pas souvent être devant
Sebastien SCOTTO DI FASANO : ouais ouais après elle est quand même assez solide je pense qu’elle pour le coup elle a plus de elle a pas forcément envie de s’entraîner 20h dans la semaine parce qu’elle a d’autres passions que moi je n’ai pas et donc elle a vraiment plus envie de répartir son temps sur d’autres sujets mais je pense qu’elle a des grosses capacités vraiment des très très grosses capacités et d’ailleurs sur notre premier 300 km dans la tête c’est elle qui a tenu le lead vraiment sur le duo jusqu’à la fin parce que moi au bout d’un moment j’ai vrillé à un moment on a eu une route qui était fermée justement parce que c’était l’Ironman de Nice et en l’occurrence la ville de Nice était un peu plantée elle avait pas capté qu’à un moment on passait au même endroit que le parcours de l’Ironman et donc c’était fermé donc on a dû faire un détour qui nous a rajouté que 15 bornes mais en fait 15 bornes quand t’es déjà au bout il faut imaginer ce que ça comme effet sur le mental et moi à ce moment là j’ai vrillé et c’est elle qui est clairement heureusement qu’elle était là parce que je pense que moi j’étais à deux doigts de bâcher à ce moment là donc non non en double c’est vraiment évidemment j’essaie de l’aider au maximum parce que moi je passe plus de temps à m’entraîner et donc j’ai peut-être un tout petit peu plus de facilité mais elle joue clairement son rôle à chaque fois on essaye dès qu’il y en a un qui est en train qui est moins bien c’est l’autre qui prend le relais
Ermanno : la beauté du mixte ou du double ou en swimrun du duo du binôme
Sebastien SCOTTO DI FASANO : tout à fait tout à fait et donc et donc du coup ouais donc le projet cette année c’était de me dire enfin cette année il y a un an je me dis voilà cette course la race cross france j’ai quand même une histoire avec cette course parce que c’est vraiment cette épreuve qui m’a fait découvrir la discipline et je me vois pas ne pas la faire enfin je me sens j’ai envie de la faire chaque année quoi et donc je le fais avec une certaine rigueur je m’entraîne avec une certaine rigueur je le fais en essayant de faire du mieux possible mais mais mais j’aimerais voir en fait si si je suis capable de vraiment performer sur cette épreuve là et performer qu’est-ce que ça veut dire pour pour dresser un peu le portrait de mon niveau moi je suis quelqu’un qui finit souvent dans le premier chair voilà de la course et mon meilleur classement sur la 2500 km c’était en 2023 je fais je fais 20 enfin 21 ou 22ème je sais plus sur 150 personnes et mes devants c’est très très loin faut savoir que voilà le premier va boucler la course en un peu moins de 6 jours et moi j’avais mis 7 jours et 10 heures donc il y a quand même beaucoup de temps à aller chercher j’ai quand même une grosse capacité à à ne pas dormir ça c’est on va dire un peu le truc que j’ai que j’ai de manière intrinsèque chez moi et que j’ai beaucoup travaillé quand je me suis mis à l’ultra distance en fait je me suis très très vite challengé sur le non-sommeil essayer de rouler longtemps etc vu que je n’étais pas capable de rouler vite je me suis dit tu ne roules pas vite il va falloir rouler longtemps et jouer sur les temps d’arrêt il se trouve que il m’a pas mal aidé sur la préparation donc voilà mais je me suis dit qu’il fallait jouer là-dessus et que et surtout on s’est dit pendant longtemps qu’en ultra distance en fait ceux qui ne dormaient pas avaient plus de gains à aller chercher que dormir et après devoir rouler beaucoup plus vite maintenant on revient beaucoup plus en arrière sur ce point là c’est comme dans l’ultra trail
Ermanno : ceux qui ne dorment pas vont plus vite ouais sauf que des fois une petite sieste de 10 minutes et tu repars quoi
Sebastien SCOTTO DI FASANO : ouais alors les siestes de toute façon ça fait partie de la discipline mais là on parle quand même d’une épreuve où t’es sur allez même pour le premier t’es sur 5 jours d’épreuve donc tu ne peux pas ne pas dormir du tout enfin tu vois t’es obligé d’adapter quand même tu peux pas faire 5 jours 5 nuits blanches ça fonctionne pas mais il y en a qui ont essayé
Ermanno : mais bon quand ils viennent ils étaient ouh
Sebastien SCOTTO DI FASANO : bout d’un moment ça va plus quand quand le corps a décidé de dire stop il dit stop mais non donc au début j’étais plutôt plutôt de ceux qui essaient de dormir le moins possible et de rouler le plus longtemps possible et surtout j’avais de par mon niveau en fait je voyais bien que même quand je dormais un peu plus j’allais pas beaucoup plus vite et donc c’était pas intéressant aujourd’hui c’est un peu différent il y a un peu un retour en arrière même de la part des leaders là dessus on voit bien que ceux qui dorment même 3 heures dans une nuit ils sont capables de retrouver un peu de vitesse dans la journée et donc la tendance est plutôt en train de s’inverser et en plus c’est un peu plus sain il faut le dire pour le corps quand même et pour la longévité et donc je me suis dit voilà et l’an dernier je me suis dit il faut que j’ai envie de mettre en place un projet où je pousse tous les curseurs à fond la préparation la nutrition le matériel l’accompagnement de manière globale et voir ce que ça donne et donc j’ai commencé un peu seul dans mon coin l’an dernier à faire déjà des plans beaucoup plus spécifiques que ce que je faisais avant avant j’avais plutôt tendance à faire des heures dans la semaine à beaucoup rouler et à me forcer au moins à faire ce qu’on appelle un week-end shock en trail mais la même chose en vélo donc c’est-à-dire partir en vélo le vendredi soir et rentrer le dimanche soir par contre derrière ça implique de devoir récupérer pendant 3-4 jours et même la semaine qui suit on n’est pas performant on n’est pas capable de faire d’entraînement spécifique etc donc là je me suis fait accompagner par un coach une personne de Loïc Lepout qui est un ancien élite à vélo et qui fait aussi de l’étrape distance et que j’ai rencontré sur une race de Cross France et qui là fait tout mon plan d’entraînement de manière qu’au quotidien je reçois toutes mes séances sur la plateforme Nolio les triathlètes connaissent très bien
Sebastien SCOTTO DI FASANO : et j’ai une nutritionniste et j’ai cherché des partenaires nutrition des partenaires textile etc pour essayer de m’accompagner de monter ce projet et avec comme objectif affiché d’essayer de remporter la prochaine race de Cross France en 2026 et j’ai eu alors la remporter sur le papier c’est très sexy mais en fait c’est un peu viser la lune pour toucher les étoiles c’est essayer de me dire je mets tout ce que j’ai je me mets à fond dans le projet maintenant on verra où ça mène mais en tout cas je veux passer la ligne d’arrivée et pas simplement me retrouver au départ en disant j’ai fait tout ce que je pouvais mais vraiment être aussi dans l’exécution de tout ce que je veux faire donc passer la ligne d’arrivée en me disant voilà là t’es allé au bout t’es allé au bout de vraiment tout ce que tu pouvais faire et je veux être fier de moi à ce moment là
Ermanno : tu veux pas juste faire une troisième prépa olympique tu veux être l’équipage qui est sélectionné pour y aller quoi
Sebastien SCOTTO DI FASANO : ouais ouais c’est ça même en fait même si je suis pas sélectionné c’est pas ça encore une fois la finalité c’est si je suis pas sélectionné mais que je suis allé à 100% de mes capacités bah c’est le jeu quoi c’est le jeu mais par contre je suis allé j’ai tout poussé quoi je suis allé vraiment au fond de ce que je pouvais à fond de ce que je pouvais délivrer et là c’est un peu la même chose j’ai pensé j’ai cru il y a deux ans quand quand je faisais enfin je préparais encore un ultra à vélo j’ai cru que j’avais touché un plafond de verre que je pouvais pas aller plus loin en termes de niveau etc et et là j’ai voulu savoir si ce plafond de verre je pouvais le faire un peu sauter et l’année dernière sur la race France-Range j’ai fait la 1000 km ça faisait partie de ma préparation bah je suis allé j’ai gagné j’ai gagné une dizaine d’heures sur mon meilleur chrono sur la sur sur une distance de 1000 km avec le même dénivelé donc j’ai vu que je pouvais encore progresser et donc là le but c’est c’est c’est grâce à grâce à mon coach d’essayer de voir si si je peux aller chercher encore plus loin et si ce plafond de verre qui a été très dur à faire sauter bah je peux faire sauter le prochain quoi
Ermanno : l’équipe la team que t’as monté tout le monde se parle ou c’est chacun fait son job et après toi tu trie ou t’essayes de mettre tout ça en en musique
Sebastien SCOTTO DI FASANO : alors le non c’est plutôt c’est plutôt en silo mais mais parce que les les besoins sont assez différents et surtout le coach que j’ai est très enfin connait très bien l’ultra cycliste donc en fait il sait il a aussi de très j’aurais pu le prendre uniquement lui sur les compétences nutritionnelles etc il sait il sait beaucoup de choses mais là je suis plus allé chercher vraiment de des détails assez fins par exemple la nutritionniste auquel j’ai j’ai fait appel c’est vraiment pour pas pour m’aider au quotidien mais pour m’aider sur la stratégie d’alimentation pendant la course qui est encore un sujet qui est assez nébuleux on sait pas vraiment ce qu’il faut faire on sait très bien comment s’alimenter au quotidien pour être performant et pour pour enchaîner les séances etc ça on a assez de matière pour pour savoir ce qu’il faut faire par contre quand tu te retrouves sur la troisième jour de course deuxième nuit blanche il est 6h du matin t’arrives devant une boulangerie qu’est-ce qu’il faut faire taper une grosse part de flan ou aller chercher un sandwich au poulet euh ben en fait on sait pas on sait pas ce qu’il faut faire et donc moi c’est plutôt là-dessus où j’ai envie encore une fois d’aller explorer et de de de savoir vraiment ce qui est pas le mieux à faire mais le moins pire parce qu’en fait sur une course comme ça on perd qu’on le veuille ou non du poids enfin sur une sur une course de 5 jours on perd enfin en tout cas moi je perds entre 6 et 8 kilos on perd beaucoup de muscles parce que évidemment c’est ça que le corps va chercher en premier après avoir fait du gras en enlevé le gras et il y en a pas beaucoup normalement au départ de la course donc il va taper assez vite dans le muc donc qu’est-ce qu’il faut faire pour faire en sorte que ben justement t’arrives à à perdre le moins de watts possible tout au long des jours qui passent quoi
Ermanno : et du coup tu travailles pas mal là-dessus et ben une fois que t’auras fini la raf tu pourras nous en dire plus on refait un épisode et puis là on débriefera et tu nous raconteras si ça a marché ou pas
Sebastien SCOTTO DI FASANO : exactement exactement j’espère que qu’on en saura un peu plus mais voilà ce qui est assez excitant c’est qu’on est au début de la on est au début de l’histoire on est au début de la discipline et et voilà au début il y avait plein de stratégies très diverses qui existaient aujourd’hui on voit que qu’il y a qu’il y a une une espèce de une espèce de voie qui se dessine mais elle est encore elle est encore très floue et et c’est passionnant c’est passionnant
Ermanno : au quotidien maintenant ton entraînement tu l’as dit tu tu roules tous les jours entre midi et deux plus un week-end sur deux que tu te partages avec madame où là tu vas faire du plus long mais au-delà de ça t’as un vrai job t’as un vrai vrai enfant t’as une vraie épouse qui est sportive aussi donc bon ça va ça compense mais pour pour aller au bout de ce projet là t’as pas besoin que de t’entraîner t’as aussi besoin d’autres ressources et c’est quoi tu vas aller chercher où tu fais comment comment on peut t’aider
Sebastien SCOTTO DI FASANO : alors déjà la première la première chose c’était c’est Karen ma femme qui me permet déjà d’accomplir ce projet parce que quand j’ai lancé ce projet la première personne à qui j’en ai parlé c’était évidemment elle parce qu’il faut qu’elle fallait qu’elle soit d’accord elle était il fallait qu’elle qu’elle qu’elle me valide ce projet là parce que ça demandait aussi alors là l’accélération c’est vraiment fait cette année la première année elle était on va dire assez classique et indolore pour le couple là c’est un peu moins le cas parce que du coup il n’y a pas un week-end où je ne vais pas rouler donc il y a déjà un investissement de sa part qui est beaucoup plus important sur là sur les six derniers mois de la préparation donc déjà ça c’était c’était c’était la première première chose donc heureusement j’ai beaucoup de chance de partager ma vie avec elle et en plus elle connait la pratique elle me connait par coeur et voilà elle sait que c’est important pour moi mais au même titre que moi j’essaie de faire en sorte que dès qu’elle a un projet de l’accompagner le plus possible et on adore moi je prends autant de plaisir à réaliser mes projets qu’à l’aider à réaliser les siens vraiment c’est un vrai partage on a la chance d’être un couple qui aime le sport et pour moi le sport c’est une valeur qui est incroyable et de pouvoir partager ça d’avoir partagé des courses de 1000 kilomètres ensemble on s’est vu dans des états vraiment qu’on n’aurait jamais pu vivre dans une vie assez classique c’est vraiment des choses qui créent des liens qui sont incroyables le manque de notre fils aussi sur une course enfin voilà partager des trucs qui sont complètement dingues donc déjà c’était la première chose et après en termes d’accompagnement au début je me suis dit que j’allais faire un peu les les , les choses dans mon coin mais c’est assez compliqué même si j’ai déjà un assez bon vélo et qu’en termes de matériel j’étais plutôt assez bien équipé parce qu’au fur et à mesure des années j’ai optimisé mon setup on va dire il faut quand même de manière assez classique la nutrition ça coûte très très cher au bout d’un moment quand quand tu fais du sport
Ermanno : tu manges beaucoup quand tu fais
Sebastien SCOTTO DI FASANO : quand tu fais du sport tu manges beaucoup la qualité en plus de ce que tu veux plus tu vas acheter de la qualité plus tu vas acheter plus ça va être cher donc j’ai eu la chance de trouver une marque qui m’accompagne sur cette partie là et qui me suit sur le projet de manière assez assez simple aussi sur la partie textile les fringues en ultra distance il faut être capable d’avoir des des habits qui te permettent de traverser toutes les conditions météo possibles et imaginables donc il faut rouler par toutes les conditions donc là c’est pareil j’ai trouvé une marque en plus éco-responsable qui m’accompagne là-dedans
Ermanno : d’ailleurs tu peux nous donner le nom des marques on n’est pas à la radio et c’est le moment de leur rendre hommage justement si t’as des packs
Sebastien SCOTTO DI FASANO : oui oui sur la nutrition c’est Cook & Run qui m’accompagne qui est une très très belle marque pour aller voir leurs produits ils sont excellents et il y a aussi des boissons des boissons d’effort aussi qui sont très bonnes et en plus ce qui est assez ce qui est assez cool c’est que moi c’est une marque qui a avant même c’est eux qui sont venus vers moi quand j’ai fait un appel un appel au partenaire et moi j’avais déjà goûté leurs produits et je savais que c’était des produits qui me convenaient avec lesquels ça matchait bien et qui en plus avaient des très belles valeurs parce qu’ils ont des produits très sains dans tout leur nutrition donc ça c’était vraiment top et sur la partie textile c’est la marque Vélor qui est une petite marque pour ceux qui connaissent un peu qui soutient Marine Leleu donc voilà qui est biosourcée éco-conçue et donc qui est une marque qui est aussi très en affinité avec mes valeurs donc j’étais ravi qu’ils me contactent et là je viens de recevoir pas plus tard que ce matin ma première tenue donc je vais pouvoir aller tester ça et j’ai eu la chance aussi côté financier parce qu’après la plus grosse ligne de budget dans cette préparation ça reste le coaching parce que pour avoir un coaching sur quasiment un an de préparation au quotidien etc avec un plan vraiment très très très très détaillé et l’ultra distance ça nécessite quand même beaucoup d’ajustements on n’est pas sur sur un plan assez classique je ne vais pas dire que le triathlon c’est facile mais en tout cas on a beaucoup plus de recul sur la manière d’en concevoir un plan d’entraînement versus un plan d’entraînement en ultra cyclisme où il y a quand même beaucoup d’inconnus et donc là j’ai déjà mon coach qui m’a permis de lancer le projet et de lancer le projet alors même que je n’avais pas de financement et là j’ai réussi de par une boîte d’expertise comptable qui s’appelle Noria et d’avoir un petit budget pour financer une partie de ce coaching là donc qui ne couvre pas évidemment tout le coaching sur l’année mais ça c’est l’effort que fait mon coach Loïc Lepoutre qui s’occupe beaucoup de triathlètes et qui lui est aussi triathlète qui a fait une Norseman qui a fait un black t-shirt sur le Norseman etc donc qui est un gros athlète aussi de son côté et l’épisode 321
Ermanno : pour ceux qui voudraient l’écouter je l’avais reçu sur le podcast il y a deux ans maintenant
Sebastien SCOTTO DI FASANO : ah super super et le titre
Ermanno : est assez tape à l’oeil c’est pourquoi les triathlètes ne savent pas nager ça vous en dit long sur le personnage
Sebastien SCOTTO DI FASANO : voilà donc écoute pour l’instant voilà un peu les partenaires qui sont dans la course j’essaye encore évidemment d’en trouver d’autres parce que le but c’est il y a aussi la nutrition qui est qui arrive et qui coûte aussi pas mal d’argent le suivi en nutrition pardon et donc voilà mais le projet est déjà quand même bien lancé je suis dans des conditions qui sont assez favorables et maintenant il faut continuer de tenir bon traverser l’hiver sans être malade continuer de réussir à respecter mon plan d’entraînement et dérouler
Ermanno : et bah écoute c’est le pire qu’on te souhaite c’est que tout se passe bien et que t’arrives en forme le jour le jour du lancement de cette Race Across France ça va la prépa ça se passe bien ça avance bien pour l’instant il n’y a pas de bobo
Sebastien SCOTTO DI FASANO : non non écoute ça se passe bien moi j’avais un peu du mal c’est ce que j’avais partagé à Loïc quand il a commencé à me suivre c’est que j’ai beaucoup de mal à couper on parle beaucoup de bigorexie notamment dans le monde du triathlon je pense que c’est les premiers athlètes touchés mais moi au delà de parler de bigorexie j’ai vraiment du mal quand je fais pas quand je fais pas du sport sur une journée une journée de récupération c’est vraiment une journée frustrante pour moi je comprends pas
Ermanno : parce que le mec il arrête sa carrière de voileux le vendredi et le dimanche il en détresse je comprends pas je comprends pas de quoi tu parles
Sebastien SCOTTO DI FASANO : non mais c’est vrai que c’est assez particulier j’ai toujours c’est toujours un effort ça me demande toujours un effort de vraiment couper même si je sais que c’est bénéfique et en plus je le pratique maintenant donc je sais évidemment qu’on en retire que du bon mais quand même ça demande toujours toujours un effort intellectuel de réussir à se dire que voilà c’est nécessaire il faut le faire et donc j’avais alerté un peu Loïc sur ce point là et donc il a vraiment composé le planning en essayant de me mettre enfin j’ai jamais eu autant de jours de récup en fait ah t’arrives pas à couper bouge pas
Ermanno : je vais t’apprendre
Sebastien SCOTTO DI FASANO : et donc je vois bien que ça marche parce qu’en fait depuis que je suis son plan je progresse je progresse vraiment quoi et
Sebastien SCOTTO DI FASANO : Sous-Titres à partir du moment où c’est ancré franchement c’est plus fort que tout donc ça j’ai pas trop de risque mais par contre on sait qu’un petit virus parce qu’on est un peu fatigué etc ça peut vite arriver et si ça si ça si ça hypothèque une ou deux semaines d’entraînement ça peut être assez assez problématique donc je fais assez attention à ça
Ermanno : tu récupères on regarde pendant le Covid tous les sportifs de haut niveau qui ont été obligés de s’arrêter parce qu’ils n’avaient pas les autorisations parce que ceci parce que cela la majorité a reconnu que ça leur avait vraiment fait du bien parce que justement ils avaient récupéré qu’ils aient chopé le Covid ou pas et mine de rien oui quand ton corps quand tu chopes un virus c’est souvent aussi parce que ton corps à un moment il dit stop et ça te permet de récupérer et de repartir de plus belle on revient sur l’histoire de la sieste sur l’ultra c’est ça la sieste tout net de 3 heures
Sebastien SCOTTO DI FASANO : ouais c’est ça c’est ça donc c’est toujours pas se faire emmener en se disant ben voilà là j’ai un peu plus de temps je vais aller m’amuser à faire euh euh 2 fois 400 bornes d’affilée alors qu’il fait 5 degrés et qu’il pleut euh et continuer de mettre le curseur au bon endroit pour faire en sorte que qu’on passe cet hiver correctement et qu’après ça déroule sur le printemps et puis ça va assez vite arriver puisque la course va se lancer le 18 juin et donc ça va arriver assez vite
Ermanno : ouais donc t’es dans les 6 derniers mois ouais exactement c’est marrant parce que quand on parle de prépa Ironman on est sur 6-9 mois là tu pars sur une prépa t’es dans les 6 derniers mois on est vraiment pas dans le dans le dans le même rapport quoi euh écoute franchement c’était top Sébastien d’explorer un petit peu tout ça avec toi en partant de ton début de ta première vie de ta première carrière de voileux jusqu’à jusqu’au triathlon et maintenant l’ultra distance euh je pense que ouais on est pas mal en termes de longueur de l’épisode bon il y en a avec qui on a fait 2h30 je crois mais 1h30 ça faisait longtemps que j’avais pas fait donc écoute je te propose qu’on libère nos auditrices et nos auditeurs juste avant de finir où est-ce qu’on te retrouve où est-ce qu’on t’encourage où est-ce qu’on t’envoie des ouais des encouragements et puis peut-être où est-ce qu’on te propose de te faire un don pour t’accompagner dans cet objectif ouais
Sebastien SCOTTO DI FASANO : de manière assez classique sur les réseaux sociaux sur Instagram en tapant mon prénom nom Sébastien Scoto di Fasano pour le retrouver mais sinon j’ai un pseudo Seb Run and Ride sur les réseaux sociaux vous pourrez suivre la préparation voir comment ça se passe et je vous dis la prépa matérielle la prépa spécifique pour l’ultra distance en l’occurrence sur LinkedIn aussi pour ceux qui veulent suivre et qui veulent potentiellement prendre part à l’aventure sur l’aspect partenariat et voilà c’est à peu près tout j’essaie vraiment de partager vraiment assez régulièrement au quotidien tout ce que je fais parce que déjà ça me plaît et puis surtout j’ai souvent beaucoup de retours et ça continue d’alimenter ma motivation et mon envie d’aller plus loin donc donc voilà sur Instagram en priorité bon
Ermanno : je mettrai tout de toute façon dans les notes de l’épisode merci encore Sébastien bonne fin de prépa un bisou au fiston et à madame qui sont tes premiers supporters et tes premiers supports aussi qui t’aident à aller au bout de ce projet et puis bah ouais rendez-vous en juillet pour qu’on débriefe un petit peu une fois que t’arriveras à nouveau à poser les jambes
Sebastien SCOTTO DI FASANO : exactement exactement bah merci merci à toi pour cette prise de parole sur le podcast et puis écoute à très vite j’espère
Ermanno : ça marche ciao ciao salut