« Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets. » — Aurélien LE LAY
🎙️ Dans cet épisode, on plonge dans le parcours ultra-rapide d’Aurélien LE LAY, Breton de 31 ans, ex-footballeur de village devenu cycliste de N1, puis triathlète longue distance… avec un podium au Norseman à la clé.
En bossant en chambre froide chez Biocoop, avec une petite fille à la maison et 15 à 20 heures d’entraînement par semaine, Aurélien enchaîne les perfs : victoire d’entrée sur 70.3, qualification aux Mondiaux de Saint-George, 3e du Norseman pour son premier Ironman, meilleur temps vélo sur l’Ironman de Thun et 8h45 au Bayman. On parle volume d’entraînement “raisonnable”, gestion du froid, finish de dingue au Gaustatoppen, finances pour Hawaï, sponsors… et de pourquoi il vaut mieux tenter et avoir des remords que rester avec des regrets.
🏃♂️ Notre invité :
- Instagram : https://www.instagram.com/a__lelay/
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📝 Quelques punchlines à retenir :
• « J’ai commencé le triathlon en 2022 par un 70.3… que je gagne. »
• « Au Norseman, mon premier marathon, je pars 3e… et je finis sur le podium. »
• « Je travaille en chambre froide à 4 degrés, ça aide à ne pas avoir peur de l’eau à 16 °C. »
• « Entre 15 et 20 heures d’entraînement par semaine, un job physique et une vie de famille : tout est une question de compromis. »
• « Pour Hawaï, il faut un vrai business plan : économies, partenaires, mécènes… »
• « Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets. »
💡 Le conseil d’Aurélien
« Ose t’inscrire, même si tu penses ne pas être “prêt”. Tu ajusteras en route. Tu préféreras toujours une course imparfaite … plutôt que de regretter toute ta vie de ne jamais avoir pris le départ. »
🤔 Et pour finir ?
Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à 1 ami qui rêve de tenter un triathlon extrême — et on enregistrera son premier compte-rendu !
PS : On se retrouve aussi sur Strava : le club “Devenir Triathlète x OpenTri” vous attend 👉 https://www.strava.com/clubs/DevenirTri
💬 La transcription de l’épisode
Lire la transcription intégrale
Ermanno
Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Aujourd’hui, on va échanger avec un invité qui m’a été chaudement recommandé par un précédent invité. Ah oui, ça fait beaucoup de mots, invité, invité, invité, mais on n’a pas terminé.
C’est la beauté de ce podcast qui commence à être connu, reconnu et on me recommande des invités et ça, c’est super cool. Je suis très heureux de tendre le micro à Aurélien Le Lay. Salut Aurélien.
Aurélien LE LAY
Salut Ermanno.
Ermanno
Comment vas-tu ?
Aurélien LE LAY
Ça va bien.
Ermanno
En pause, tu me disais off pendant le repos du guerrier, c’est ça ?
Aurélien LE LAY
Ouais, c’est ça. Saison qui a été longue et recharger les batteries et en Bretagne, le temps commence à être plutôt mauvais, donc voilà, on observe une petite pause bien méritée.
Ermanno
Bon, on va y revenir. Après, j’en profite, je rebondis, tu me dis que le temps s’annonce pas superbe en Bretagne en ce moment. Je me suis laissé dire que t’avais fait un truc où le temps était pas top, top, top non plus, mais bon, on y reviendra.
Aurélien LE LAY
Ouais, c’est ça, mais bon, ce jour-là, je crois qu’il faisait plus chaud là-bas qu’en Bretagne, donc c’est un sacré pied de nez.
Ermanno
Ouais, mais ça, c’est normal, c’est la Bretagne. Moi, je suis normand, donc c’est pour ça que je me permets de tacler les bretons à chaque fois. De toute façon, on est d’accord, le monsieur Michel, il est chez nous, il est en Normandie.
Aurélien LE LAY
Ouais, ouais, si j’avais gagné la semaine dernière, peut-être que j’aurais pu le ramener.
Ermanno
Bon, c’est bien, tu as des indices temporels. Écoute, ce que je te propose, c’est de te présenter, comme je laisse la parole à tous mes invités. Dis-nous tout, qui est Aurélien Lelay ?
Aurélien LE LAY
Alors Aurélien Lelay, c’est un sportif de 31 ans, basé en Bretagne, entre Rennes et Saint-Brieuc, dans une petite commune qui s’appelle Cône. Je suis papa d’une petite bébé depuis le mois de février, donc une vie bien remplie ces derniers temps.
Ermanno
Un nouveau triathlon qui s’annonce pour toi. Comme j’ai coutume de dire aux jeunes parents, t’inquiète pas, tout va bien se passer. Là, c’est un peu dur pour fixer les premières nuits, etc.
Ça va durer une vingtaine d’années. Après, c’est bon.
Aurélien LE LAY
Ouais, j’espère que dans 20 ans, j’aurai mis le clignotant quand même pour m’occuper plus d’elle. Pour le moment, on a fait des beaux voyages, des triathlons qui duraient longtemps et elle a été super sage, donc j’ai envie que ça dure.
Ermanno
Bon, cool. Je le disais, tu m’as été chaudement recommandé par un invité, voire même par plusieurs. Déjà par Philippe Durand, avec qui j’avais échangé il y a quelques temps sur le podcast, et puis Brice Maillard aussi.
On commence à parler de Brice Maillard. On a parlé d’un truc où il ne faisait pas super beau, en théorie. Ça tourne un peu autour du Northman, tout ça ?
Aurélien LE LAY
Ouais, c’est ça. Deux personnes que j’ai apprises à connaître aussi. Brice lors de la préparation du triathlon du Northman et Philippe qui habite pas très loin de la maison, du côté de Saint-Malo, avec qui on a partagé le même coach.
Moi, David, je l’ai eu pour ma préparation au championnat du monde de Saint-Georges, le 70.3. Du coup, Philippe travaillait avec lui jusqu’à ce qu’il découvre son problème de santé. Philippe devait faire le Northman aussi, donc c’est comme ça qu’on est tous rentrés en contact.
Ermanno
Avant qu’on en arrive au Northman, à parler de ce que tu as réalisé, comment ça s’est passé, etc., tu peux peut-être revenir avec nous sur ton passé de sportif. Comment est-ce que tu as découvert le sport ? À quel âge ?
Et puis après, comment est-ce que tu es venu au triathlon ?
Aurélien LE LAY
J’ai déjà une vie un peu remplie pour mes 30 ans parce que j’ai commencé par du foot. Dès mes 5 ans, j’ai vraiment une famille de footeuses. Chacun son niveau, mais tout le monde a tapé dans le ballon.
Moi, jusqu’à mes 21 ans, j’ai joué au foot dans un petit club qui s’appelle Vignotte-Édéguipel. J’étais à mon niveau. À l’époque, c’était la DSR, je pense Senior.
Ça a permis de jouer des belles rencontres. À partir de 21 ans, j’ai découvert le vélo. C’était en 2015.
J’ai commencé au plus petit niveau, c’était le Pass Open 2. Ça s’est très bien passé parce que la première année, je suis passé de Pass Open à 2ème catégorie pour plusieurs victoires. J’ai pu continuer à graduer les échelons.
Je suis passé par différents clubs. Avranches, qui était en N3, et Côte d’Armor-Marie-Morin, qui était en N1. J’ai pu vivre 3 ans d’IVO dans cette équipe jusqu’à découvrir le triathlon en 2022.
Ermanno
On va y revenir après. Passé de footballeur, tu travailles pas tellement l’endurance, mais surtout l’explosivité. Endurance d’explosivité, on va dire.
Tu jouais à quel poste ?
Aurélien LE LAY
Je jouais plutôt allié, attaquant. J’avais déjà quelques bases en endurance. Chaque début de saison, on avait l’habitude de faire le test VMA, bien connu des sportifs, des coureurs à pied.
Je le gagnais tous les ans. J’avais déjà quelques prédispositions dans l’endurance.
Ermanno
Ça donnait quoi, ta VMA, à l’époque ?
Aurélien LE LAY
À mes 18 ans, j’avais 21, peut-être. Je sais même pas si la cassette continue encore. Ça s’arrêtait pour tout le monde à ce moment-là.
J’étais le dernier à courir autour de l’anneau. Je crois qu’ils arrêtaient.
Ermanno
Il y avait déjà des belles bases. Avec ou sans le ballon, le test VMA ? Sans le ballon ?
Aurélien LE LAY
Sans le ballon, oui.
Ermanno
Ça pourrait être marrant, t’imagines, un petit test VMA avec un ballon au pied. Ça peut être sympa.
Aurélien LE LAY
Sur les terrains un peu cabossés, pas sûr que le test aille à son bout. Ça, c’est sûr.
Ermanno
En tout cas, par rapport à la position où tu jouais, t’étais quand même beaucoup en mouvement. Au-delà d’aller vite, tu répétais les efforts quand même assez réguliers, de façon assez intensive. C’est pour ça que j’appelle ça l’endurance intensive, l’endurance d’intensité.
Dans le foot, tu cours vite, tu t’arrêtes, tu repars, tu recours. C’est vraiment beaucoup de relance. C’est diffractionné pendant 90 minutes.
Aurélien LE LAY
Oui, c’est ça. Après, je n’étais pas connu pour ma pointe de vitesse, mais plutôt pour ma capacité à répéter les efforts pendant 90 minutes.
Ermanno
En 2015, tu découvres le vélo. Comment tu passes du foot au vélo ? Tu avais décidé de tirer un trait sur le foot et puis tu cherchais un autre sport.
Est-ce que c’est suite à blessure ? Est-ce que c’est une rencontre qui a joué ?
Aurélien LE LAY
Oui, c’est plus une rencontre des potes des communes d’à côté qui faisaient du vélo. Et moi, mon premier emploi saisonnier, j’avais mis de l’argent de côté. Je me souviens, je m’étais acheté un Bianchi, un vélo à l’huile avec une fourche carbone.
Je me souviens d’une sortie avec un copain qui était à l’époque en DN1 à Sojacen. Il m’a dit, si tu arrives à me suivre dans cette bosse, tu peux t’inscrire dans un club qui sera largement assez fort pour suivre dans un peloton. Il n’avait pas réussi à me distancer.
C’est là que je me suis dit, il y a quand même quelques trucs à faire dans ce sport.
Ermanno
Oui, il y a quand même quelque chose à faire. Combien de temps a progressé sur le vélo de 2015 à 2022 ?
Aurélien LE LAY
Moi, j’ai toujours une licence de vélo, mais je me suis vraiment concentré sur le vélo de 2015 à 2022.
Ermanno
Les premières rencontres avec le vélo, les premières sorties, c’est quoi ? C’est du 30 bornes, 50 bornes, 60 bornes. J’imagine que tu ne fais pas tes premiers 100 bornes dès la première année ou peut-être ?
Aurélien LE LAY
Non, non, non. Après, je me souviens, j’ai commencé le vélo avec mon voisin qui était un grand copain. On avait toujours le même circuit qui faisait 60 kilomètres.
On savait qu’on partait pour deux heures et à chaque fois, c’était de progresser sur le même circuit, d’aller de plus en plus vite. Le fait que je gagne mes premières courses, du coup, le niveau augmente et la distance des courses augmente aussi. Ça s’est fait naturellement.
Je suis passé des courses de 60 à la fin de l’année à 80-100 kilomètres. Ça s’est fait naturellement.
Ermanno
La connerie de faire la même boucle et puis d’essayer de la faire de plus en plus vite, normalement, on fait plutôt ça à pied. Vous, vous l’avez fait en vélo. Du coup, après tes premières victoires, ton voisin, tu le déposais et puis pendant que lui, il en faisait un, tu faisais un tour et demi.
Ça marchait comment ?
Aurélien LE LAY
Oui, c’est marrant parce que lors de ma première victoire, j’avais gagné dans un petit bled qui s’appelle Lirodoir. Lui n’avait pas terminé la course. Il s’était arrêté un tour avant pour me voir gagner et il m’attendait avec ses cales sur la ligne d’arrivée.
La photo avait fait le buzz avec plus de 5 ou 10 000 vues pour le photographe parce qu’on était deux mecs du même club, dont un qui était à pied sur la ligne d’arrivée et qui tendait son bras pour me féliciter. C’était lui. Il n’était jamais bien loin.
Ermanno
Excellent. Tu l’as vite déposé ou vous avez progressé un petit peu ensemble ? Comment s’est passée votre relation amicale dans le vélo ?
Ou depuis, ce n’est plus ton pote parce qu’il en avait marre d’essayer de te suivre ?
Aurélien LE LAY
Oui. Quel âge il a Stéphane ? À l’époque, j’avais 21 ans.
Il avait peut-être 10 ou 15 ans plus que moi. Déjà, j’étais plus jeune et plus fougueux. Il a persévéré un peu, mais ça n’a pas duré longtemps.
Il a plus fait du vélo après pour s’entretenir.
Ermanno
Stéphane, on t’embrasse si tu nous écoutes et j’espère que tu nous écouteras. Merci à lui de t’avoir mis au vélo un petit peu. Comment tu en arrives en 2022 à découvrir le triathlon ?
Aurélien LE LAY
C’est une blessure. Moi, je suis tombé en 2022. Je suis tombé en 2021 sur une course dans le Finistère qui s’appelle la Sport Brace où on emprunte des ribbons, un peu comme Paris-Roubaix.
Je me suis cassé le scaphoïde. C’était début juin.
Ermanno
Le scaphoïde, pour ceux qui ne le connaissent pas.
Aurélien LE LAY
Je suis allé voir un copain. C’est un petit os du poignet bien compliqué à réparer et assez douloureux. Je suis allé voir un copain sur le triathlon des Sables d’Olonne, le 70.3. Je me suis dit que c’est pas mal comme sport. Moi, naïf comme j’étais, je me suis dit que les petits athlètes qui courent à 3 à 20 au kilo, je pense que je peux faire pareil. Je me suis dit que je m’engage pour l’année d’après. Premier triathlon que je fais en 2022 aux Sables d’Olonne, en juillet.
Tout de suite un 70.3, ça ne me faisait pas peur.
Ermanno
C’est beau, la progressivité. Tu commences par un 70.3. Ça se passe comment ce premier tri ?
Aurélien LE LAY
Ça se passe bien. Comme tous les cyclistes, on n’est pas de très bons nageurs. Une fois que la partie natation était passée, c’était plus facile.
Je ne sais plus les temps que je fais en natation, mais je vais y revenir. Je suis en train de chercher un bon temps. Je sors peut-être en 32 minutes de la natation.
Là où ça s’est super bien passé, c’est en vélo parce que sur les 90 kilomètres du triathlon, je les avale en deux heures. Je fais le meilleur temps en vélo. Je fais meilleur temps en vélo amateur et professionnel confondu.
Ermanno
La partie natation, ce n’est pas le truc des cyclistes. Ok, tu sors de l’eau, tu fais le meilleur temps. J’imagine que là, tu ne sors pas premier de l’eau, donc forcément, tu as beaucoup de monde à rattraper.
Tu sors quand même le premier temps, ça me rappelle vaguement un certain JaJaTruc, son premier Ironman. Il sort dernier de l’eau, il pose le vélo en deuxième. Mais après, il y a quand même juste un truc qui s’appelle la course à pied et les cyclistes, tu étais foutu à la base, mais ça se passe comment cette course à pied ?
Aurélien LE LAY
La course à pied, ça se passe bien aussi parce que je cours le semi en 1,16, donc 3,39 au kilo. Je gagne le triathlon et j’ai groupes confondus. C’est ma catégorie.
Je dois faire 14 amateur et pro confondus. Non, 19 amateur et pro confondus, donc plutôt pas mal.
Ermanno
Plutôt pas mal. Premier tri sur un Half Ironman que tu gagnes en groupe d’âge. Bravo.
Du coup, ça forcément, ça découle sur une qualif pour les championnats du monde ?
Aurélien LE LAY
Oui, c’est ça. Du coup, un peu surpris parce que je ne connaissais pas du tout le business d’Ironman, le fait des qualifications, de payer son dossard le jour même de la course. Donc, un peu pris dans l’euphorie et puis aussi pris à rêver d’un beau voyage aux Etats-Unis.
Me voilà aux Etats-Unis en octobre 2022.
Ermanno
Avant de te demander justement comment ça se passe, déjà pour ce premier tri, comment est-ce que tu l’as préparé ? Tu étais tout seul, tu étais dans un club, tu t’es attaché à les services d’un coach. Comment ça s’est passé ?
Aurélien LE LAY
Non, j’ai tout. J’avais un coach en vélo. J’avais quelqu’un qui me préparait mes séances en vélo et après, j’ai tout fait moi-même.
J’allais nager à la piscine ou alors dans un plan d’eau, en eau libre. Et après la course à pied, je faisais mes enchaînements moi-même. Après mon vélo, je faisais mes endurances.
Donc, tout en autodidacte.
Ermanno
Tu vois, ce qui m’intéresse de savoir c’est où est-ce que tu as chopé cet idée pour t’entraîner tout seul, par exemple de mettre des séances d’enchaînement ? Tu vas faire du vélo. Ce n’est pas toujours naturel quand on n’a jamais fait de tri de se dire je fais ma sortie de vélo aujourd’hui.
Pour toi, ça devait être un petit 100 bornes, petit 100 bornes et te dire je vais rajouter un 5 ou un 10 en course à pied. Ce n’est pas intuitif. Donc, d’où est venue cette idée-là ?
Aurélien LE LAY
Moi, je me documente avec les réseaux sociaux. Il y a maintenant des entraîneurs qui partagent leurs séances et leurs conseils. C’est de la curiosité.
J’ai reproduit ce que je voyais et ça a plutôt bien marché.
Ermanno
Tu m’étonnes que ça a plutôt bien marché. Tu gagnes ta catégorie d’âge, tu décroches ton sésame pour aller aux États-Unis pour les championnats du monde. Effectivement, ça doit faire bizarre déjà quand tu montes sur le podium et surtout quand on te dit ta carte, elle est où ?
C’est à peu près ça. Donc là, te voilà parti. Ça se passe comment la prépa jusqu’à Saint-Georges ?
Aurélien LE LAY
Du coup, je me suis rapproché de David Lebray, le coach de Philippe, qui a pris contact avec moi et qui était licencié au club de Saint-Grégoire. Il m’a dit de venir pratiquer avec les licenciés. À partir de ce moment-là, je me suis attaché à ses services et on a travaillé ensemble jusqu’au striation de Saint-Georges et ça s’est bien passé aussi là-bas.
Ermanno
Ça veut dire quoi travailler avec lui ? Qu’est-ce qui a évolué ? Qu’est-ce qui a changé entre ton entraînement en solo, en autodidacte où tu avais déjà intégré certains éléments, comme par exemple, on vient de le dire, intégrer du travail de transition, d’enchaînement entre le vélo et la course à pied ?
Qu’est-ce qui change entre ce que toi tu fais, ce que toi tu structures et ce que David Lebray va faire ?
Aurélien LE LAY
C’est une structure au niveau des séances de natation, des termes que je n’avais jamais entendus de ma vie, nager en grand chien, nager je ne sais plus comment en godi, donc un nouveau vocabulaire à apprendre.
Ermanno
Rattraper, éduquer, doigt écarté, point fermé.
Aurélien LE LAY
Exactement. Je nageais avec ma montre, l’horloge j’ai appris à l’apprivoiser aussi à la piscine. D’ailleurs, je ne sais toujours pas compter mes longueurs, je suis obligé d’avoir ma montre pour savoir combien je fais d’aller-retour.
Ermanno
Ça, ça marche en piscine, mais tu fais comment en eau libre ?
Aurélien LE LAY
En eau libre, j’avais ma montre avec le GPS, ça s’est calculé tout seul. Et après ça, en vélo, c’était plus des allures Ironman, Alps Ironman, des allures que j’avais quand même l’habitude de travailler sur le vélo parce que ce sont des rythmes qu’on utilise pour tirer un peloton ou pour s’extirper du peloton et être en échappée. Donc ça, c’est des allures que je connaissais.
Et après, en course à pied, des travails à 70% de la VMA, 80%, donc un nouveau, une nouvelle façon de travailler, des intensités, du 30-30. Après, ça se rapproche quand même un peu des exercices que je faisais en vélo, donc ça s’est bien passé. J’ai réussi à comprendre assez vite le système.
Ermanno
Tu dis qu’en vélo, tu travaillais plus en allure Ironman. Ça représente quoi ? Parce qu’en course à pied, on a toujours cette notion de SV1, SV2, seuil ventilatoire 1, seuil ventilatoire 2.
Donc le moment où on va commencer à switcher sur la consommation d’énergie. Le seuil ventilatoire 2, c’est vraiment celui où on passe de l’aérobie à l’anaérobie, donc là où on va consommer majoritairement des glucides et moins de lipides. En vélo, ça veut dire quoi, l’allure Ironman ?
Et comment tu la définis ? J’imagine qu’au début de ta collaboration avec David Lebray, tu commences à faire des tests pour savoir un petit peu où se situent tes seuils, aussi bien en vélo qu’en course à pied et en natation.
Aurélien LE LAY
Mes seuils, je les connaissais déjà. Après, pour les connaisseurs, j’avais sorti sur l’Ironman des sables, j’avais sorti 325 watts sur deux heures.
Ermanno
Pourquoi ta FTP est pas mal à calculer ?
Aurélien LE LAY
On était partis sur ces références-là pour travailler les exercices.
Ermanno
En course à pied, comment tu gères ça ? Pareil, vous faites un petit test. Tu faisais déjà des tests de VMA quand tu faisais du foot, mais vous faites quoi ?
Vous faites un test VMA, vous faites un test de seuil, vous essayez de déterminer les seuils au début de la préparation ?
Aurélien LE LAY
Oui, il me semble que j’avais un test 6 minutes que j’avais dû réaliser, effectuer la plus grande distance en 6 minutes. Ok, ça marche.
Ermanno
Comment se passe la prépa ? Les sables, c’est en avril, le 73 ?
Aurélien LE LAY
Juillet, demi-juillet, et la course devait être le 15 octobre, il me semble, dans ces eaux-là. En vrai, ça s’était bien passé, je n’avais pas eu de blessure. Tout était en ordre pour faire une belle course.
Ermanno
Donc, trois mois de prépa où tu montes au fur et à mesure en termes d’intensité. On redescend aussi à l’approche de la compétition. T’es parti combien de temps avant ?
T’as cherché à t’acclimater ou c’était vraiment à l’arrache ?
Aurélien LE LAY
Non, on avait bien organisé ça quand même. J’avais dû arriver le début de semaine, le lundi ou le mardi. La course était le dimanche et on avait prévu un beau voyage d’une vingtaine de jours pour profiter du pays.
Une semaine d’acclimatation, la course. Parce qu’avec le décalage horaire, le plus dur, ce n’est pas en tant qu’Européen d’aller aux États-Unis. Ce n’est pas trop dur dans ce sens-là, mais c’est plutôt au retour où c’est compliqué.
Je n’avais pas eu de problème de sommeil arrivé sur place, ni d’entraînement. Ça s’était bien passé.
Ermanno
Nickel. Et du coup, cette course, comment est-ce qu’elle se passe ?
Aurélien LE LAY
Elle se passe bien, à part la natation aussi où je sors une natation moyenne. Je dois faire 34 minutes, une 45 ou 100 mètres.
Ermanno
C’était déjà mieux que trois mois avant.
Aurélien LE LAY
Oui, mais pas des grands standards. Après, j’avais fait une super course vélo. J’avais mis deux heures sept sur l’Ironman de Saint-Georges.
J’avais fait meilleur temps chez les amateurs et quinzième temps pro et amateurs confondus. Sachant que la Starfix était belle avec des Blumenfeld et tout. J’étais content de moi.
Par contre, après, je n’avais pas reproduit la même course à pied parce que j’avais fait le semi en 1h25. Un peu déçu sur ce point-là, mais c’est vrai que le parcours était compliqué avec un grand faux plat qui nous amenait dans un golf. On courait sur le passage des caddies et même on courait sur le green.
Vraiment une course à pied correcte, mais pas sensationnelle. J’étais aux portes du top 100 amateurs. J’avais essayé 101ème.
101ème place chez les hommes.
Ermanno
Et dans un deuxième triathlon et un premier championnat du monde sur ALF. Franchement, bravo.
Aurélien LE LAY
Oui, c’est sûr que je ne me plains pas de ce résultat, mais avec l’entraînement que je m’étais fixé et les belles séances que j’avais fait en course à pied, je pensais peut-être faire un peu mieux en course à pied quand même. Ça ne m’enlève rien au début de parcours que j’ai fait jusque-là.
Ermanno
Comment ça se passe après ce 73, après ces premiers championnats du monde ? Tu te fixes quoi comme objectif ensuite ? Est-ce que déjà tu te dis je vais rester dans le triathlon ?
J’ai commencé par un 73, après peut-être que je monte sur un full. Qu’est-ce qui se passe à ce moment-là dans ta tête ?
Aurélien LE LAY
Non, je suis resté sur les triathlons ALF pour le moment. J’avais toujours une licence en première catégorie dans un club de vélo. Je continue encore le vélo jusqu’à milieu de saison, mai-juin.
Et après, je partais sur les triathlons l’été. J’avais essayé un triathlon à Marbella début d’année 2023. Du coup, je me suis de nouveau qualifié pour les championnats du monde en Finlande en août 2023.
J’étais reparti encore dans une prépa et l’envie de faire mieux que l’année d’avant.
Ermanno
On ne va pas redétailler toutes les courses que tu as faites, mais à quel moment il y a une petite graine qui germe en toi pour aller titiller l’enfer du nord ou l’enfer du froid ? Parce qu’on l’aura bien compris, c’est quand même l’une des courses qui définit ton parcours.
Aurélien LE LAY
Le tirage au sort a lieu l’année avant la course. Fin d’année septembre 2023, le tirage au sort ouvre et je décide de mettre une pièce dans la machine. Le tirage au sort a lieu peut-être fin octobre, début novembre.
J’étais tranquillement assis dans le canapé avec ma copine et je reçois un message d’un licencié de Saint-Édouard qui lui s’était engagé aussi au tirage au sort et qui avait vu mon nom passer dans les heureux élus. On me voit là parti dans un autre chantier, on va dire, et non des moindres.
Ermanno
Tu m’étonnes parce qu’aller sur son premier 73, gagner, se qualifier pour les championnats du monde, c’est une chose. Surtout qu’à Saint-Georges, c’est pas connu pour que ce soit froid. Là, tu t’engages dans un nouveau chantier.
Tu n’as encore jamais couru d’Ironman à l’époque ?
Aurélien LE LAY
Non, jamais.
Ermanno
Comment se passe cette première ? Comment se passe ce baptême ? Tu es qualifié ou du moins tu es pris à la loterie.
Qu’est-ce qui se passe à ce moment-là ? Au-delà du fait que tu saches qu’évidemment tu te lances dans un chantier, mais comment tu enclenches ce truc en fait ? Comment tu lances la machine ?
Aurélien LE LAY
Déjà, les deux premières semaines, après la nouvelle que j’avais, j’ai écumé toutes les vidéos YouTube, tous les podcasts qui existaient sur le Nordsman. Comme tout le monde, j’avais vu le reportage d’Intérieur Sport plusieurs fois qui tentait les difficultés de cette course. Après, grâce à Brice qui nous a mis tous en lien pour préparer cet événement, on a fait plusieurs visios.
À côté de ça, l’entraînement a commencé aussi. J’avais fait appel à Bastien Kérongoff, un breton aussi élevé dans le Sud.
Ermanno
Qu’on a vu sur le podcast il y a deux ans et demi, trois ans ?
Aurélien LE LAY
Oui, qui a de super connaissances sur le triathlon. Il m’a fait vraiment un programme aux petits oignons et un petit programme qui a plutôt porté ses fruits aussi.
Ermanno
Tu nous fais une petite overview de la différence entre une prépa sur un 73 et, je ne peux pas dire une prépa sur Ironman, mais en tout cas, une prépa pour le Nordsman. Est-ce qu’en termes de volume, d’intensité, d’exposition au froid, il y a beaucoup de choses qui changent ?
Aurélien LE LAY
De volume, oui, ça a représenté une petite charge de travail. Après, je n’ai pas observé d’acclimatation au froid en particulière. Je ne me suis pas dit en janvier que je vais aller nager dans la Manche pour préparer mon corps.
D’un côté, je me disais, plus je reporte le moment où je vais dans l’eau, mieux ça sera aussi. Ça s’est bien passé. À part une petite fracture de fatigue qui m’a fait un peu peur à quelques mois de l’événement, je me suis fracturé le trochanter.
C’est un petit os de la hanche, du fémur, dans cette zone-là, au niveau du psoas.
Ermanno
Même quand tu te fais une fracture, tu ne peux pas t’empêcher d’avoir un mot à la bretonne. Trochanter, ça fait très breton comme nom d’os.
Aurélien LE LAY
Une petite gêne qui m’a empêché de courir. Je n’ai pas pu faire les grosses séances de course à pied où on enchaîne des 5 heures de vélo, des une heure de course à pied après. J’ai continué à courir, mais sans solliciter trop l’os en question.
On a su bien gérer les trois sports pour arriver en forme le jour J.
Ermanno
Prépa qui dure un an avant le départ. À partir de quand tu lances les hostilités ? Quelles sont les grosses phases, les grosses étapes de ta préparation ?
Est-ce qu’elle dure un an ? Est-ce qu’elle dure 6 mois ? Comment ça se passe pour toi ?
Aurélien LE LAY
Le groupe prépa a duré 4 mois. J’avais demandé à Bastien de me prendre en main sur les 4 mois de prépa. Le début de saison, je l’avais fait en autodidacte, de l’entretien.
Une connaissance de mon corps qui me permet de savoir quand je suis fatigué. Le fait d’être tout seul à se gérer quand j’ai le boulot à côté. Quand il ne fait pas beau, je favorise une séance d’entraîneur, de course à pied ou de natation.
Quand il fait beau, je vais faire des longues sorties en vélo. Je n’avais pas cette contente d’avoir un entraîneur qui me disait « tu vas courir, tu fais du vélo ». Je pouvais gérer un peu à ma sauce.
Au beau jour, quand Bastien m’a pris en main, je me suis mis focus prépa Norseman. S’il me disait d’aller courir un dimanche matin, faire 180 km après le boulot, j’y allais. J’étais à ses ordres à partir du mois d’avril.
Ermanno
Bien discipliné. Tu as une idée du volume que ça représentait au niveau horaire et au niveau kilométrage sur la semaine, sur le mois, sur les 4 mois de préparation spécifique ?
Aurélien LE LAY
Je n’avais pas un volume. J’ai tourné entre 12 et… Je pense que je n’ai jamais dépassé plus de 20 heures d’entraînement pour aller entre 15 et 20 heures d’entraînement par semaine.
Ermanno
Ce qui n’est pas énormissime pour une préparation d’Ironman, sachant que Norseman n’est pas un pur Ironman. La distance, oui, mais il y a d’autres paramètres qui rentrent en jeu.
Aurélien LE LAY
Oui, c’est ça. C’est à cet endroit-là de mon entraînement que je peux encore progresser au niveau de la charge que je me mets chaque semaine. C’est aussi une charge qui me permet d’être compétitif sur les aéros, les triathlons auxquels je m’aligne.
C’est un compromis à faire entre le travail, l’entraînement et la vie de famille qui a toute sa place dans la préparation.
Ermanno
C’est clair. Bastien, quand on l’avait reçu, il nous avait beaucoup parlé de sa pyramide des besoins, qu’on valide évidemment, où il part du principe qu’il faut bien travailler la base, les bases, et monter au fur et à mesure des spécificités des attentes par rapport à un sport, par rapport à un objectif et intégrer aussi tous les autres paramètres qui vont prendre leur place dans la pyramide. On parle de l’alimentation, on parle du sommeil, on parle de toutes ces choses-là.
Toi, quand il t’a pris en main à partir de quatre mois avant l’épreuve, finalement, ce que tu avais travaillé seul, c’était déjà cette base, cette première base de la pyramide où vous avez tout cassé pour tout reconstruire ensemble.
Aurélien LE LAY
Non, il a pris en compte mon passé de cycliste et de triathlète novice. Ça s’est fait progressivement, et ça s’est bien passé.
Ermanno
Reviens avec nous un petit peu sur ce Norseman, peut-être au départ de la Bretagne jusqu’à la course.
Aurélien LE LAY
Oui, on était parti un mardi pour la course le samedi. La Norvège, ce n’est pas très loin. On avait favorisé aussi un court déplacement.
C’est vrai que c’était un budget aussi sur place, les logements, la nourrissure en Norvège. On avait fait ce choix-là. Course le samedi et puis découverte vraiment du lieu de la course la veille.
On est arrivé sur place le vendredi. Récupération du dossard, shake-up des sacs de travail obligatoires pour monter au sommet. Tout s’était bien goupillé, et puis grâce à l’aide de Brice, j’étais arrivé vraiment sur l’événement sans stress.
Je pense qu’il nous avait fait ça aussi aux petits oignons. Ça permet d’enlever vraiment cette charge d’énergie mentale qu’on peut aussi retransmettre après sur les trois disciplines.
Ermanno
C’est clair, tu m’étonnes. Le niveau d’influx nerveux qu’on peut perdre quand on arrive sur une course qu’on ne connaît pas, qu’on ne maîtrise pas, chercher où est-ce qu’il faut aller faire ci, ça, l’inscription, tel ou tel truc. C’est vrai que c’est sympa d’avoir, j’imagine, un chien guide d’aveugle comme les Brice parce qu’on l’a reçu sur le podcast et puis on en parle souvent avec d’autres invités.
C’est vraiment une plus-value, même plus-plus-value, ce Brice sur les triathlons Xtree.
Aurélien LE LAY
Oui, il connaît bien son domaine et il a surtout la passion de transmettre et on était tous les oreilles grandes ouvertes sur toutes ses vidéos pour prendre le maximum d’informations et que tout se passe bien le jour J.
Ermanno
Le jour J, justement. Commençons par la natation, parce que ça n’avait pas l’air d’être particulièrement ton fort, même si tu nages quand même pas mal, il faut bien le dire. Ça se passe comment dans les eaux fraîches, froides, glaciales de Norvège ?
Barré la mention inutile.
Aurélien LE LAY
Oui, en vrai, le jour de la course, ils annoncent une eau à 16 degrés.
Ermanno
C’est grandiose.
Aurélien LE LAY
Oui, c’est presque aussi chaud que dans les Caraïbes, donc c’était nickel.
Ermanno
Oui, c’est une eau d’été en Bretagne.
Aurélien LE LAY
Oui, clairement. Départ à 5h du matin pour la natation que je bouffe en 1h10. Il n’y avait pas eu des temps très rapides cette année-là parce que dans les fjords, mine de rien, il y a des coefficients de marée aussi qui ne sont pas aussi fortes que sur l’Atlantique.
Mais mine de rien, un petit coefficient qui nous a mis un peu le courant dans le nez. Donc voilà, des temps revus à la baisse pour la plupart des nageurs. Moi, je sors en 1h10.
Je ne sais plus mon classement, peut-être 60e dans la 50e place.
Ermanno
À ce moment-là, les conditions météo, elles sont comment ? Parce que Norseman est connu pour être quand même un endroit où les conditions météo sont dantesques et puis changent vite. Là, à 5h du matin, c’est comment ?
Dresse-nous un petit peu le tableau. Il y a de la brume, il n’y a pas de brume. Enfin, c’est comment ?
Aurélien LE LAY
Je garde le suspense ou alors je…
Ermanno
Vas-y, commence à balancer déjà pour la partie natation.
Aurélien LE LAY
Il a fait beau toute la course.
Ermanno
Ça me rappelle vaguement mon Eutileux il y a un mois et demi.
Aurélien LE LAY
Il a fait super beau. Des températures fraîches le matin pour monter sur le vélo, mais après, il a fait très bon jusqu’à 20-24 degrés sur la partie course à pied. Donc vraiment des conditions top pour courir.
Je suis sorti de la natation, je prends le vélo 60e et on entame le vélo par un premier col de 7-8 kilomètres. J’ai déjà rattrapé une quarantaine d’athlètes, je pense. Une quarantaine d’athlètes au bout de 15 bornes.
Au bout de 15 bornes, une heure de course, je pense que j’étais déjà 20e. La course commençait bien.
Ermanno
Juste sur les stats, tu commences à rattraper sur le vélo et tout. Est-ce que tu poses le vélo aussi bien que sur ton premier ou sur ton deuxième 70-3 ou cette fois-ci, tu as laissé un peu de place aux autres ?
Aurélien LE LAY
Je fais deuxième temps vélo. J’ai été battu par le Suédois qui m’a peut-être mis 20 minutes en vélo, il me semble. Il est vraiment impressionnant.
Ermanno
C’est parce qu’il n’avait pas 60 mètres à remonter qu’il était sorti de l’eau, c’est ça ?
Aurélien LE LAY
Oui, je pose avec les ischios bien fatigués quand même. Au changement de position, à la transition 2, je crampe des ischios. Je me dis que le marathon va être long si je commence déjà à cramper.
Ermanno
Surtout qu’en Norvège, le marathon est plat, n’est-ce pas ?
Aurélien LE LAY
Oui, il est plat pendant 25 kilomètres. En ce moment de la course, je suis troisième. Je suis sur le podium du Norseman au début du marathon.
Je n’avais jamais couru de marathon de ma vie. Le premier marathon que je cours, c’est au Norseman. Je pars sur des bases de 4-10 au kilo.
Je passe au semi en 1h30. C’est une super sensation, mon course à pied. Au Norseman, on est obligé d’être accompagné d’un support.
On appelle ça pour monter en haut du Gauche-Tatopen. Il m’accompagne à partir du kilomètre 27. On a fait toute la fin de la course à pied ensemble.
Il a tenu mon sac, il a fait un peu la mule pendant les 15 derniers kilomètres.
Ermanno
On fait comment pour suivre Aurélien Lelay à ce moment-là ? On aura bien compris que tu cours à 6 minutes au kilo, n’est-ce pas ? Comment il fait pour te suivre ?
Pour porter tes affaires, ça doit être aussi exigeant. Comment tu as choisi ton support ?
Aurélien LE LAY
C’est un super copain de triathlon. On avait déjà joué au foot ensemble. On se connaissait déjà du foot.
On s’est mis au triathlon ensemble. C’était naturel. C’était aussi un des copains les plus sportifs que j’avais.
Il ne fallait pas prendre n’importe qui pour cette épreuve. Il avait accepté de m’accompagner. Il a réussi à me suivre jusqu’à la fin, ou quasiment jusqu’à la fin.
Ermanno
On le sait, sur le Norseman, il y a cette histoire de tee-shirt blanc, de tee-shirt noir, de cloche, suivant comment tu es positionné, suivant comment tu arrives en termes de temps. Toi, tu nous as dit que tu pars sur la course à pied. Tu es troisième.
Quand tu arrives au sommet du juge de paix, comment ça se passe ?
Aurélien LE LAY
Au kilomètre 37, on a un check-up du matériel qu’on doit faire vérifier. C’est obligatoire pour aller au sommet. Là, on m’annonce que j’ai 10 minutes d’avance sur le quatrième et 10 minutes de retard sur le deuxième.
En soi, j’avais un matelas. Il reste 5 kilomètres. Ça va le faire largement.
Je vais conserver ma place sur le podium. Sauf que le travail, c’était un chantier sans nom. Il y a du balisage, mais il n’y a pas vraiment de chantier comme les GR qu’on trouve dans le coin ici.
J’ai même mon pote qui me filme. J’étais en train de marcher. Sur l’audio, on m’entend dire, mais même Mathieu Blanchard ne court pas là-dedans.
C’est impossible de courir. C’est les derniers 5 kilomètres en 45 minutes. C’est la difficulté du dernier tronçon.
On croisait des touristes sur le parcours. On croisait aussi les familles des autres supports qui montaient au sommet, ceux qui étaient derrière, qui prenaient de l’avance sur leurs athlètes. Le deuxième, il y a une ou deux minutes, j’étais en train de le rattraper.
De l’autre côté, l’Allemand Lars Wischert me rattrapait aussi. À 500 mètres de l’arrivée, on se trouve deuxième, troisième, quatrième ensemble. Une situation de course jamais vue sur le Nordman.
Je décide d’un regain d’énergie, de jouer mon atout pour jouer le podium. Dans la bataille, je perds mon pote sur la montée. On est obligés de passer la ligne avec son support.
Je passe deuxième. L’Allemand me double. Lui passe deuxième.
Je maintiens cet écart jusqu’à la fin. Mon pote support double quatrième dans les escaliers à 25 mètres de l’arrivée. On aurait fait quatrième à quelques secondes près.
Je termine troisième à une minute du deuxième. Troisième avec 30 secondes d’avance sur le quatrième. C’est le jeu dans un mouchoir de poche.
Ermanno
Le temps qui compte, c’est le temps du binôme. Le temps du coureur plus son support.
Aurélien LE LAY
C’est ça. Je ne savais pas si j’avais le droit de passer la ligne tout seul. Je ne savais pas combien de temps mon support avait le droit de passer la ligne pour prendre en compte ma performance.
Je l’ai attendu sur la plateforme avant de passer la ligne. En lui gueulant dessus de vive voix les 100 derniers mètres qu’il lui restait à parcourir. Surtout le sprint final qu’il devait faire pour doubler le Norvégien qui était troisième à ce moment-là.
Un peu de sueur froide. Une fin de course où nerveusement c’était dur, mais où je n’ai pas craqué. Je pensais que j’allais plus craquer fondant l’arme à l’arrivée parce que c’était un effort long de 10h40.
Au final, ça m’a boosté jusqu’à la fin. Un peu dur jusqu’au bout de la course.
Ermanno
Tu l’as dit, tu as été jusqu’au bout, même si c’était dur. Tu n’as pas craqué. Une fois qu’on sonne la cloche, qu’est-ce qu’il se passe ?
Tu t’effondres, tu récupères, on t’emmène boire une bière. Qu’est-ce qu’il se passe une fois qu’on a sonné cette fameuse cloche ? Ou comme sur l’Everest, il faut redescendre.
Aurélien LE LAY
Il y a une soupe à manger. C’est dans les points négatifs parce que moi, après une course, je ne veux que du sucré. J’avais ma copine qui m’attendait, ma petite sœur aussi.
C’était un moment d’échange. Je savais que ma copine était enceinte à ce moment-là, au moment du Norseman. C’était d’annoncer à ma petite sœur qui était allée aussi là-haut avec nous qu’elle allait être ma reine.
C’était un beau moment entre frères et sœurs, avec ma copine.
Ermanno
Tu as attendu de passer la ligne pour lui dire ou tu as attendu d’être sur la troisième marche du podium pour dire un petit message pour ma petite sœur ?
Aurélien LE LAY
J’ai attendu de passer la ligne.
Ermanno
Remarque, sur le podium, ça aurait été sympa aussi, non ?
Aurélien LE LAY
Après, le podium a lieu le lendemain. C’était encore une journée à garder le secret. On a décidé de tout dévoiler la fin de course terminée.
Ermanno
Comment on fait ? Qu’est-ce qui se passe après avoir passé ce Norseman ? Parce qu’en soi, c’est un bel objectif.
Est-ce que tu avais déjà fixé autre chose pour les saisons d’après ? Ou est-ce que tu es en roue libre depuis la fin du Norseman à chercher un nouveau défi, un nouvel objectif à atteindre ?
Aurélien LE LAY
Non, c’est vrai que le Norseman m’est un peu tombé dessus par hasard. Je sais qu’il y a des gens qui tentent leur chance 2, 3, 5, 10 ans, 10 fois d’affilée. J’avais déjà coché cette case au bout de 2-3 ans de pratique de préattelons.
C’était super. Après, l’euphorie passée. En soi, je n’ai pas eu non plus de nombreuses sollicitations pour l’entourage, pour les gens qui connaissent la course.
C’est vrai que c’est toujours agréable de dire qu’on a fini le Norseman à la 3e place. Je suis reparti au travail, au charbon. L’objectif était aussi de refaire un Ironman plus plat pour vraiment avoir un objectif de temps cette fois-ci.
Cette année, j’ai fait l’Ironman de Thun fin août. Ça s’est aussi plutôt bien passé au mois d’août dernier. J’ai fait mon deuxième Ironman cette année.
Ermanno
Tu ne peux pas nous laisser comme ça. Il faut que tu dévoiles comment ça se passe à Thun.
Aurélien LE LAY
À Thun, ça se passe bien aussi. J’ai pris 3e place dans ma catégorie d’âge. Une belle progression en natation parce que je sors en 1h03.
Ce qui me permet de ne pas être loin des premiers de ma catégorie d’âge. Je fais aussi le meilleur temps vélo en 4h30. Après, un marathon plus difficile en 3h15.
Je me suis enflammé. Je suis parti, je passe le premier 10 km en 40 minutes. Le fait que j’arrive tout seul dans le parc à vélo.
Quand je suis arrivé, il n’y avait pas de vélo dans le parc chez les amateurs. Vraiment grisé par l’événement et par la fin du vélo.
Ermanno
Ceux qui sont en train de nous écouter en courant et qui sont en train de faire le calcul, 40 minutes au 10, ça veut dire 4 minutes au kilo. Tu pars sur un marathon d’Ironman. Après avoir nagé 3008 et roulé 180 bornes, à 4 kilos normal.
Aurélien LE LAY
Ça n’a pas duré longtemps. Je n’arrivais plus à courir en dessous de 25 minutes au kilo. Ça m’a vite rappelé.
Ermanno
Ça, c’est la case écochée. Encore une belle performance. Par rapport au Norseman, pour rester un peu dessus, je l’ai souvent répété.
J’ai eu la chance d’être à l’autileu cette année. Un peu comme toi. Normalement, il faut se qualifier.
Nous, on a fait une demande de wild card qu’on a obtenue. On a pu se présenter là. Par contre, ça ne s’est pas aussi bien passé que toi.
En revanche, nous, on a eu la chance d’avoir une météo aux petits oignons. Il a fait beau toute la course. L’eau était chaude.
Les conditions climatiques étaient exceptionnelles. Parmi mes regrets, il y a ça aussi. Pas que j’aurais voulu des conditions dantesques, une tempête et autres.
Mais j’aurais bien voulu voir l’autileu dans les conditions suédoises. Surtout au mois de septembre. Est-ce que tu aimerais retenter le Norseman dans les conditions que l’on connaît du Norseman ?
Parfois froid, parfois de la neige, parfois des conditions climatiques difficiles.
Aurélien LE LAY
J’ai eu l’opportunité, suite à mon classement, de le refaire une deuxième fois. De repartir cette année pour le Norseman. J’ai envie de garder ce souvenir de la troisième place.
La difficulté de faire mieux, de faire troisième, c’est déjà exceptionnel. Avec les conditions qu’on a eues, c’était super bon. En soi, je n’avais pas envie de vivre les conditions que je vois sur certaines vidéos.
L’année d’avant, ils n’avaient pas pu monter au sommet parce que l’orage avait frappé le Gostapopen. Une fois, ça s’est très bien passé. On valide et on range le livre des souvenirs.
C’est très bien comme ça.
Ermanno
Malgré tout, il y en a d’autres. Soit des triathlons extrêmes, soit des triathlons mythiques. Maintenant que tu as eu cette belle réussite à l’arrière de Mat de Thune, quels sont tes prochains objectifs ?
Quels sont les prochains points que tu as en ligne de mire ?
Aurélien LE LAY
Avec ma performance en Suisse et le nouveau système de qualification, j’avais la possibilité de partir à Hawaï pour l’octobre 2026. C’était vraiment une case que j’avais coché. Financièrement, c’est un budget encore plus que partir pour les championnats du monde 70.3. J’ai décidé de laisser ma place et de tout mettre en œuvre sur le plan financier, et après, sportif, pour pouvoir profiter de ce beau voyage une autre année.
Ermanno
Donc là, il faudra que tu te requalifies si tu veux aller à Hawaï. Là, tu avais la possibilité, mais tu n’as pas pris le slot. Quelqu’un d’autre t’a pris pour toi, mais toi, il va falloir que tu repasses par la case qualification ou victoire dans ta catégorie d’âge pour pouvoir y aller.
Aurélien LE LAY
Oui, c’est ça. Je n’ai pas encore coché l’Ironman que je souhaitais faire, mais si c’était à faire, plus en fin d’année prochaine, pour passer à deux Ironman dans la même année, et puis lâcher deux fois un billet aussi dans la même année.
Ermanno
Le plan, c’est d’aller faire un Ironman qualificatif fin 2026 pour pouvoir potentiellement décrocher une qualification pour Hawaï 2027.
Aurélien LE LAY
Voilà, c’est un peu le business plan, on va dire.
Ermanno
Justement, tu parles de business plan et tu disais que tu voulais mettre de ton côté toutes les capacités financières pour pouvoir aller vers cet objectif. Ça passe par quoi ? Ça passe par faire des économies ou ça passe par aller à la recherche de partenaires, de sponsors, de moyens financiers de manière générale ?
Aurélien LE LAY
Oui, c’est ça, les deux. Économie et puis recherche de partenaires, de mécènes et de toute autre aide. C’est vrai que c’est un sujet un peu tabou.
Je n’aime pas trop quémander. Moi, je me concentre surtout sur la partie sportive. Après, si les gens sont amenés à venir m’aider parce qu’ils trouvent que mon projet est intéressant et qu’ils croient en moi et en mes capacités, je serai super heureux de pouvoir travailler avec eux.
C’est plus dans cette optique que je vois les choses.
Ermanno
Tu es pas sur une démarche proactive d’aller chercher des partenaires, d’aller chercher des sponsors ? Tu les laisses venir à toi ?
Aurélien LE LAY
Oui, même si je sais que c’est comme ça que ça marche. Mais c’est aussi du temps à consacrer. C’est sans doute plus de refus que d’accords en soi pour la recherche de son.
Ce n’est pas une partie que j’affectionne.
Ermanno
Je te comprends très bien, mais on va croiser les doigts et on va se dire qu’en passant sur le podcast de MyrtreetLive, tu vas crouler sous les propositions. J’y crois pas, parce que s’il y en a qui veulent filer du pognon aux invités, n’hésitez pas aussi à en filer au producteur du podcast. Moi, ça me dit.
Je ne dis pas non. Super intéressant. Là, tu l’as dit, tu es en phase de repos parce que tu étais au Bayman le week-end dernier.
Ça donne aussi une idée de temporalité, le moment où on enregistre cet épisode de podcast. Ça a donné quoi, justement, sur le Bayman ?
Aurélien LE LAY
Le Bayman aussi, super content de m’inter. Je finis quatrième derrière des clients comme Yvan Jarige qui gagne l’événement. Cédric Ludet, aussi bien connu dans le monde du triathlon.
Et puis un Belge qui, sans doute, a des belles performances dans son pays. Je sors une belle course en 8h45. J’ai cassé cette barrière des 9h parce que j’avais fait 9h02 en Suisse.
Là, 8h45 et Yvan qui termine devant en 8h18, il me semble.
Ermanno
Sur l’Ironman, les distances, les différences sont importantes. Ça vaut d’autant plus de félicitations quand on sait que sur le Northman, vous finissez dans un mouchoir de poche. Deux, trois, quatre.
Aurélien LE LAY
Oui, c’est ça. Mais pareil, j’ai toujours ce petit mot pour dire que ceux qui étaient devant étaient professionnels. Ils consacrent plus de temps que moi au triathlon.
C’est pareil aussi au Northman. Lars Fischer, qui termine deuxième, a encore été champion du monde dans sa catégorie d’âge à Nice. Vraiment un gros client.
Et puis le Norvégien qui termine derrière moi, l’année d’avant était professionnel. Il avait fait aussi les championnats du monde en Finlande. Deux beaux clients que j’avais talonnés.
C’était des super performances.
Ermanno
Tu m’étonnes. Toi, au niveau pro, tu fais quoi justement ?
Aurélien LE LAY
Je travaille dans la logistique. Je suis agent de réception dans la plateforme de Biocop, des magasins bio qu’on retrouve en France. J’ai la chance d’avoir des horaires de 6h à 13h30 qui me permettent de me libérer un peu de temps l’après-midi.
C’est dur de se lever le matin, mais une fois que la journée est passée, ça permet d’enchaîner sur du vélo, de la course à pied afin de se coucher de bonheur le soir et d’enchaîner le lendemain.
Ermanno
En plus, tu n’as pas un boulot planqué derrière un écran à attendre que le temps passe. Tu es sollicité, tu es en mouvement toute la journée.
Aurélien LE LAY
Oui, c’est tout ce qui est manutention. Je travaille dans une chambre froide à 4 degrés. Ça pisse aussi pas mal d’énergie à lutter contre le froid.
On est déjà couverts, mais c’est vrai qu’en fin de semaine, une fois qu’on a enchaîné 10-12 heures de sport, on est bien contents d’arriver dans le week-end.
Ermanno
Tu m’étonnes. C’est pour ça que tu n’as pas eu froid dans les 16 degrés dans l’eau norvégienne. Pour toi, c’était une douche.
Aurélien LE LAY
Oui, sans doute que mon corps s’acclimate plus facilement maintenant que je travaille dans le froid.
Ermanno
Merci beaucoup pour ce témoignage et d’être venu avec nous sur tout ça. Il y aura d’autres triathlons extrêmes XTREME qui seront programmés ? Ou pour l’instant, l’objectif, c’est Hawaï 2027 avec un Ironman l’année prochaine ?
Aurélien LE LAY
Oui, c’est des choses à réfléchir. L’année prochaine, peut-être plus l’Alpe d’Huez, ce triathlon de l’Alpe d’Huez, où j’aimerais bien, avec mes qualités de surfiste, le format correspond bien. C’est vrai qu’ils organisent pour la première fois un triathlon extrême dans les Pyrénées, j’ai vu ça.
Ce n’est pas dans les plans tout de suite de refaire un triathlon comme le Northman.
Ermanno
On suivra ça de toute façon avec attention. Aurélien, le podcast s’appelle « Devenir triathlète ». Toi, tu es presque un néo-triathlète, tu as commencé il y a 3 ans finalement en 2022.
Quel serait pour toi le meilleur conseil ou la clé pour devenir triathlète ?
Aurélien LE LAY
Je vais plus partir sur un petit dicton qui dit « Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets ». Je préfère faire une course qui peut être améliorée, avoir des remords sur une partie de trois épreuves qui ne s’est pas très bien placée, plutôt que d’avoir des regrets et ne pas avoir participé à la course tout court. C’est plus ce petit dicton-là qui me symbolise.
Ermanno
Je te remercie. On sent que tu as préparé quand même. Tu me disais en off que tu écoutais les podcasts, donc tu connais la question.
Aurélien LE LAY
Oui, c’est ça. J’avais révisé mon texte.
Ermanno
Pour rebondir sur ce que tu disais, c’est-à-dire que tu attends que les partenaires, les sponsors, les mécènes viennent à toi. Où est-ce qu’on te suit ? Où est-ce qu’on t’encourage ?
Où est-ce qu’on t’envoie des propositions de collaboration ?
Aurélien LE LAY
Moi, je suis sur les réseaux sociaux, Instagram, Strava, et puis après, pour les plus anciens, Facebook.
Ermanno
Ça marche aussi. C’est vrai que je n’ai pas tendance à les taper sur Facebook régulièrement, mais il faudrait peut-être y aller un petit peu plus et partager un peu plus de contenu. Il faut que j’y pense.
Je suis comme toi. J’attends que les gens viennent à moi. Merci beaucoup Aurélien.
Bon courage pour la suite. Bon courage pour la petite puce qui est arrivée il n’y a pas très longtemps. On suivra avec attention ta progression et notamment cette Ironman 2027.
Aurélien LE LAY
Merci beaucoup. En espérant que mes rêves se réalisent. On va préparer ça toujours dans l’optique de performance et accompagné d’un peu beaucoup de plaisir quand même parce que sans le plaisir, il n’y a rien qui se passe.
Merci à toi de m’avoir accordé ce petit moment d’échange et puis j’espère que tout se passera bien pour la suite.
Ermanno
Merci beaucoup Aurélien. À plus.
Aurélien LE LAY
À plus tard.