🤔 « La patience et le plaisir, c’est le combo gagnant pour durer en triathlon. » — Bertrand LEMANCQ
🎙️ Dans cet épisode, on retrouve Bertrand Lemancq, triathlète autodidacte basé sur la presqu’île de Crozon, qui vient débriefer son sub 10h aux Championnats du Monde Ironman de Kona 2024… et sa meilleure perf à Ironman Tallinn 2025, où il rate le slot Hawaï pour seulement 1’50’’.
On parle galères de voyage (vol manqué, vélo perdu, pneus explosés sur des herses), rencontre improbable avec Christian “Blumenfeld”, crampes d’estomac en plein marathon, mais aussi mental, gestion de la “dépression post-Ironman”, choix des courses, catégories d’âge… et d’un duo clé pour durer : patience & plaisir.
🏃♂️ Notre invité :
- Instagram : https://www.instagram.com/bertrandlemancq
- Strava : https://www.strava.com/athletes/7185290
📝 Quelques punchlines à retenir :
• « Comme je dis souvent, l’essayer, c’est l’adopter. »
• « Pour faire un Ironman, si t’as pas le mental, tu peux t’arrêter et abandonner. »
• « Il faut le faire une fois dans sa vie, juste pour voir ce que c’est. »
• « Mon rêve, c’est de faire un Ironman dans tous les pays du monde. »
• « Le sport, c’est la santé… à condition de garder le plaisir. »
• « Le tout, c’est de se dire : chacun à sa mesure. »
💡 Le conseil de Bertrand
« Sois patient et cherche le plaisir. Sur longue distance, la progression se compte en années. Fixe-toi des objectifs ambitieux, mais ne sacrifie jamais le plaisir d’être sur le parcours et de passer la ligne. »
🤔 Et pour finir ?
Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à 1 ami ou 1 amie qui rêve de Kona — et on suivra ensemble son premier Ironman jusqu’au slot Hawaï.
PS : La transcription intégrale de l’épisode est à retrouver sur devenirtriathlete.com
PPS : On se retrouve aussi sur Strava : le club vous attend 👉 https://www.strava.com/clubs/1433138
💬 La transcription de l’épisode
Lire la transcription intégrale
rmanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Aujourd’hui, je vous propose tout simplement, enfin c’est pas si simplement que ça, on en parlait justement off, de reparler avec un ancien invité du podcast. Si vous ne l’avez pas suivi, je vous invite à aller regarder dans les notes de l’épisode quel était le numéro concerné, quel était l’épisode concerné, comme ça vous pourrez vous faire la série, la première interview avec Bertrand Lemanc qui découvrait le podcast, enfin qui découvrait, qui découvrait ce que c’était que d’être de l’autre côté du micro et puis qui nous en disait plus sur sa vie, sur son parcours, sur son projet. Et aujourd’hui, on va débriefer de ses dernières réalisations. Re-salut Bertrand Lemanc.
Bertrand LEMANCQ : Bonjour Ermanno, avec plaisir de revenir sur ton podcast Devenir Triathlète et de pouvoir partager mon expérience.
Ermanno : Bon, alors écoute, pour ceux qui n’auraient pas suivi ou qui ne t’auraient pas écouté la première fois ou ceux qui nous découvrent entre temps. Je te propose, comme je le fais systématiquement, de demander à mes invités de se présenter. Donc toi, je te laisse te représenter, pas trop vite, enfin peut-être pas trop non plus, parce que l’objectif, c’est que les invités, enfin les auditeurs aillent aussi écouter le premier épisode qu’on a fait ensemble.
Bertrand LEMANCQ : D’accord. Moi, c’est Bertrand Lemanc, fan du triple effort. Et depuis 2016, j’habite sur la presqu’île de Crozon, donc je m’entraîne souvent tout seul. Je n’ai pas de coach. Je me coache moi-même.
Bertrand LEMANCQ : Voilà, je suis passionné. J’ai fait un peu de foot quand j’étais jeune. Et puis, à partir de 19 ans, j’en ai eu un peu marre. J’ai commencé à faire du surf. Donc, j’ai pas mal surfé depuis l’âge de 20 ans, en fait. Et en 2016, j’en avais un peu ras-le-bol du surf. Enfin, pas ras-le-bol, j’aime bien, mais j’avais besoin d’une autre activité. Et donc, c’est là que je suis parti sur du triathlon. Et depuis, je suis un passionné. J’adore. Comme on dit, dès qu’on tombe dedans, c’est dur d’en sortir.
Ermanno : Je vois que tu es un auditeur fidèle, parce que c’est vrai que c’est ce que je dis souvent. Une fois que tu es tombé dans le triathlon, le problème, c’est qu’à un moment, tu n’arrives plus à t’en séparer.
Bertrand LEMANCQ : Oui, comme je dis souvent, l’essayer, c’est l’adopter, en fait.
Ermanno : C’est clair. J’étais en train de revérifier, parce qu’évidemment, je n’ai pas fait mes devoirs. C’était au mois de juillet 2024 que tu étais passé dans le podcast, qu’on avait enregistré. Oui, on avait diffusé en août 2024. Donc, ça fait un petit peu plus d’un an. Le coup du triathlon, l’essayer, c’est l’adopter. Ça, je crois qu’on est tous d’accord là-dessus. Et c’est d’ailleurs ma petite frustration. C’est que moi, je ne peux plus rouler, donc je ne peux plus l’adopter. Mais redis-nous rapidement pourquoi, comment tu as découvert le triathlon et puis aussi ce que le triathlon t’a apporté dans ta vie quotidienne.
Bertrand LEMANCQ : J’ai commencé le triathlon un peu, comme je disais tout à l’heure, parce que je voulais faire un autre sport. Et puis, surtout parce qu’un ami m’a mis sur le vélo. Je ne faisais pas du tout de vélo. C’est vraiment le sport que je pratiquais le moins entre la natation, parce que je suis maître nageur. Donc, la natation, je n’ai pas été pratiquant en natation. Je n’ai pas fait des compétitions, tout ça. Mais j’ai passé mon diplôme pour être maître nageur. Donc, ça, ça n’a pas posé de problème. Et la course à pied aussi, parce que j’aimais bien ça avec le foot quand j’étais plus jeune. Donc, c’est à partir du moment où j’ai commencé à faire du vélo avec un ami qui m’a trouvé un vélo. Et là, bah… Et après, il m’a dit, mais attends, tu sais nager, tu sais machin. Et puis, c’est comme ça que je suis venu un peu au triathlon, un peu par hasard. Et j’avais fait mon premier triathlon à Brest. Et puis, après ça, ça a été vraiment une révélation pour moi. Et donc, par rapport à la suite, qu’est-ce que ça m’a apporté ? Franchement, ça m’a… En fait, avant, je suis quelqu’un d’un peu feignant, en fait, on va dire. C’est-à-dire que si je n’ai pas d’objectif, je ne fous rien. Et je trouve toujours une excuse. Une excuse pour rien faire. Et là, bah, en fait, comme j’étais vraiment passionné par ça, puis que je voyais que j’étais dans les derniers, puis je suis assez compétiteur, tu vois. J’aime bien la performance, quand même. Je le fais pour la performance, c’est parce que j’aime ça aussi, mais j’aime bien me dépasser, quoi. Et je me suis dit, non, non, mais là, j’ai fini tant de places, il faut que je fasse mieux. Et puis, de fil en aiguille, bah, j’ai commencé à faire un M, un L, puis un XL. Et puis, bah, depuis, bah, ça fait… Non, tu vois, ça fait depuis 2016, donc ça va faire bientôt 10 ans. Et ce que je me suis rendu compte, ça m’a appris aussi la patience. De dire que, bah, surtout dans le triathlon, j’ai remarqué que, bah, pour évoluer, ça met du temps. C’est comme la natation, en fait. La natation, quand tu nages, j’entraîne beaucoup de… J’entraîne et je donne des cours à des adultes qui viennent faire de la natation. Et c’est vrai qu’au début, quand ils arrivent, je leur dis, bah, ouais, mais la natation, c’est long, ça prend du temps. Il faut aller progressivement. Et c’est comme ça que je suis allé progressivement, aussi, en triathlon. Et comme je dis à mes… À mes élèves, c’est progressif. Il faut aller doucement et sûrement. Et c’est comme ça qu’on progresse. Et c’est souvent assez long. On dit souvent qu’entre… C’est entre 8 et 10 ans qu’on commence à vraiment performer en triathlon, surtout sur du longue distance, quoi. C’est très, très long. Et ça m’a appris ça. Et ça m’a appris aussi la… Je sais pas, la volonté. La volonté, le mental aussi. Parce que pour faire un Ironman, si t’as pas le mental, tu peux t’arrêter et te dire, bah, j’abandonne, quoi. Et là, non. Dans ta tête, tu dis, non, j’ai fait tous ces efforts, tout ça. Je peux pas abandonner maintenant. Ça m’a appris tout ça, en fait. Que je connaissais pas en moi, en fait, au départ. Franchement, je pensais pas que j’étais capable de faire ça.
Ermanno : On dit souvent qu’il faut une dizaine d’années pour progresser en triathlon. Ou pour, en tout cas, performer. Je te remercie de le dire. Parce qu’on en rigole toujours. Enfin, j’en rigole toujours. J’en rigolais encore avec une invitée hier. Moi, ça m’agace. Au bout d’un moment, les gens qui performent au bout de deux ans, quoi. Arrêtez, les gens. Arrêtez. Vous êtes doués. Ok, mais arrêtez. Non, non, non. C’est une blague. C’est une blague, chers invités potentiels, chers anciens invités, chères auditrices, chers auditeurs. Je blague. Non, mais justement, c’est d’autant plus intéressant que c’est là qu’on voit aussi certaines capacités, certaines facilités, certains dons chez certains pratiquants, certaines pratiquantes aussi, de pouvoir progresser et performer aussi vite. Alors après, la question est toujours la même. C’est la longévité. Parce que performer une fois, deux fois, trois fois. Et puis au bout de la deuxième, la troisième, la quatrième saison, être blessé ou ne plus être à la hauteur des résultats précédents, ça, c’est autre chose. Mais en tous les cas, c’est vrai qu’il faut se laisser le temps. Il faut y aller doucement. Il faut progresser dans la pratique, dans les compétitions. Et puis, à un moment, on atteindra notre objectif qu’on s’est fixé. Ou peut-être le Graal, on va savoir.
Bertrand LEMANCQ : Tout à fait.
Ermanno : Toi, quand on a fait le premier épisode, tu parlais aussi des problèmes cardiaques que tu as dû surmonter, qui sont apparus après le triathlon. Enfin, après, tu as découvert le triathlon. Tu as découvert du triathlon, si je ne m’abuse.
Bertrand LEMANCQ : Oui, ça a été après. Après ma découverte, j’ai commencé en 2016. Et je crois que ça a paru en 2021, avant que je fasse l’embramane qui avait été annulée et qui avait été en off. Je l’avais fait en off et c’est là que ça m’était arrivé. Et bon, maintenant, c’est soigné. Ça a été, en fait, ils m’ont fait, c’était un, j’avais, comment ça s’appelle, un FOP, un Foramenovap perméable. C’est, en fait, une personne sur trois peut l’avoir. D’accord. D’accord. Donc, ça s’opère maintenant facilement. Ils passent par la fémorale. Par l’artère fémorale.
Ermanno : Donc, ils font un petit trou dans la jambe et puis ils passent caméra, ustensile, etc. Et puis après, ils vont faire leur intervention. Ils ne font pas d’opération à corps ouvert.
Bertrand LEMANCQ : Non, non, non, non. Ça n’existe plus. Je pense ça. Maintenant, ils ont tellement de technologies qui peuvent faire des trucs. C’est incroyable. J’étais incroyable parce que j’étais même, j’ai tout vu, en fait. Ils m’ont demandé est-ce que je voulais être endormi. Je dis non. Est-ce que je voulais un antidouleur ? J’ai dit, bah, ils m’ont donné quelques trucs. Mais je voulais tout sentir. Je voulais voir ce qui se passait aussi. Moi, je suis un peu comme ça. J’aime bien voir ce qui se passe. Et bref. Donc, du coup, après, ils m’ont dit, voilà, j’ai quelques mois, six mois où il fallait que je fasse attention parce que j’avais mon sang qui était un peu plus fluide. Donc, du coup, ils m’ont dit de faire attention, de ne pas faire de vélo pour ne pas faire de chute, pour ne pas faire une hémorragie interne. Mais à la suite de ça, feu vert, c’était parti. Et bon, après, ça, c’est derrière moi maintenant et je performe très bien. Maintenant, il n’y a aucun souci. Et ça, c’est royal. Parce que c’est vrai que tu peux avoir des appréhensions. Tu te dis, est-ce que je pourrais en faire ? Est-ce que je vais pouvoir faire ? Ça te monte un stress. Ton cœur qui bat un peu plus. Tu sens plus tes palpitations. Tu sens plus des trucs. En fait, tu deviens, tu focuses sur des trucs que tu n’as pas à avoir alors que c’est bon, quoi. Et donc, du coup, maintenant, c’est un bonheur. Je suis content. Quand j’ai entendu un podcast, hier, j’étais en train d’écouter un podcast en courant. Et la personne que tu avais interviewée, qui a eu son accident, là, tu me dis, mais j’ai écouté ça hier, là. Je me dis, mais lui, comment il a dû remonter ? Moi, je vous dis, à mon niveau, c’est rien. Lui, par contre, c’est impressionnant.
Ermanno : Tu l’as écouté jusqu’au bout, l’épisode ?
Bertrand LEMANCQ : Oui, j’écoute tout jusqu’au bout, Manon. Quand j’écoute un truc, j’écoute jusqu’au bout.
Ermanno : Tu pourrais être en cours d’écoute parce que c’est vrai qu’au moment où on enregistre, je l’ai diffusé avant-hier. Donc, peut-être que tu es en cours d’écoute. Alors, pour ceux qui ne l’ont pas encore écouté, sans spoiler, je vous invite vraiment à aller. Allez jeter une oreille du côté de l’épisode de Ennis Mansour de 466, je crois. Pour faire simple, il a connu quelques péripéties et notamment juste avant de participer à son tout premier triathlon et ça a failli très, très mal se finir. Mais en plus, pour rebondir sur l’épisode, non seulement il a connu une péripétie, mais il en a connu une deuxième, une troisième. Ce mec est un exemple de résilience au-delà de la pratique du triathlon en elle-même. C’est une machine.
Bertrand LEMANCQ : Chapeau à lui, franchement. Je ne sais pas si j’ai du mental, mais là, il faut en avoir vraiment un gros mental. C’est clair. Bravo, Lee.
Ermanno : Justement, tu disais que tu t’amuses, tu performes, tu as un gros mental. Après qu’on se soit quitté quand on a enregistré en 2024, tu avais un objectif. C’était les championnats du monde de triathlon Ironman. Comment ça s’est passé, Bertrand ?
Bertrand LEMANCQ : Alors Manu, comme à mon habitude, ça aurait pu moins bien se passer. Ça s’est quand même bien passé. Mais avec quand même… Encore quand même des bonnes péripéties et très, très dures, très, très dures, mais avec du bonheur derrière quand même. Pour expliquer un petit peu, déjà, première chose, on part de Brest. L’avion, je ne sentais pas, je ne sais pas, la personne à l’accueil, je ne la sentais pas. Je ne voulais pas que ce soit elle pour enregistrer mes bagages. C’est tombé sur elle. Elle était complètement paumée. On était pourtant en avance. Bref, on s’est retrouvés à arriver à Paris. On a dû récupérer les bagages. L’avion avait du retard. On a loupé l’avion. Ça commence bien.
Ermanno : Alors, je vous rappelle juste quand même, je remets un peu dans le contexte. Quand on va sur un triathlon et qu’on doit prendre l’avion, on a ses bagages, souvent son sac à dos où on met deux, trois merdouilles, éventuellement quelques affaires de rechange si on a déjà pris souvent l’avion sur des longues distances et qu’on sait qu’on risque d’avoir des emmerdes, pardon, des péripéties. Et puis, on voyage aussi avec un truc qui s’appelle un vélo dans une valise. Donc là, je sens le truc arriver. Tu me dis que déjà, la fille, l’agent de… Alors, c’est… L’agent de comptoir, ça s’appelle. Elle a du mal à enregistrer les bagages. Vous arrivez à Paris en retard. Vous ratez l’avion. Vas-y, je te laisse continuer.
Bertrand LEMANCQ : Ah non, mais donc du coup… En plus, on attendait. J’attendais mon vélo. Le vélo, le temps qu’il arrive, c’est un monsieur qui est venu nous voir. Il nous a dit, vous attendez quoi ? On attend mon vélo. Donc, il était juste derrière. Personne ne l’avait mis de l’autre côté. Tu vois ? Bref, j’arrivais. Bien sûr, on arrivait à l’enregistrement. C’était trop tard. Donc là, moi, je n’étais vraiment pas bien. J’en ai… Et tu vois, c’était la première année où je faisais autant de volume. Et j’étais sur mon deuxième Ironman avec un voile. Ça faisait mon deuxième. Et j’ai craqué. J’ai craqué, Ermanno. J’ai chialé. Je n’ai jamais chialé comme ça. Pour moi, c’était comme si on m’enlevait un truc. Je perdais deux jours. C’est rien en soit deux jours parce que j’avais prévu. Je partais 20 jours là-bas. Donc, tu vois, j’avais 15 jours. J’étais bien. Mais mentalement, j’ai craqué, quoi, complet. Je me suis mis à chialer. Ils ne trouvaient pas d’avion. Du coup, on est resté deux jours. Ils nous ont… Après, on ne voulait rien payer. On a dit non, non, attends, ce n’est pas notre faute. C’est parce que l’avion, en fait, ils avaient pris un autre opérateur. Enfin, machin, une autre compagnie, pardon. Et donc, bon, c’était un micmac. Je ne vais pas tout expliquer parce que ça prendrait des plombes.
Ermanno : Tu étais censé faire pas ton voyage au-delà de… Donc, Brest-Paris en avion. Et après, Paris…
Bertrand LEMANCQ : Oui, Paris-Seattle. OK. Seattle-Conan. OK. Donc, bon, on reste deux jours à Paris. On visite Paris, machin. Et puis, on repart. On arrive. Donc, nickel. Le voyage est un peu long. Mais tout se passe bien. J’arrive à Cona. Et là, pas de vélo. En fait, j’avais prévu parce qu’on m’avait dit, mets des AirTag. Si vous avez l’occasion de voyager comme ça, mettez des AirTag. Franchement, ça rassure. Ça rassure. Ça, c’est le petit conseil. On me l’a donné. Je le donne aux autres. Mais comme ça, tu as moins de stress. En fait, mon vélo était resté à Los Angeles. À Seattle. Mais ça arrive, en fait. Ça arrive régulièrement. Ils prennent un autre avion. Il y a des réservoirs. Il y a des avions réguliers. Et tu récupères le lendemain. Il n’y a pas de problème. Mais tu dois faire un papier. Ça prend du temps. C’est assez long. Moi, je suis nul en anglais. Donc, je t’espère. Par contre, ce qui était bien, c’est que j’ai rencontré une personne avec qui je communique tout le temps, qui est adorable. Lui, il m’a fait rire parce qu’il arrivait pour la première fois à Cona. Ça fait deux ans qu’il fait du triathlon. Il a qualifié Hawaï. Il a été qualifié au 70.3 à… Je ne sais plus où c’était l’année dernière où il est parti. Pareil. En octobre. Et donc, lui, il parlait bien anglais. Donc, du coup, il m’a bien aidé. On a sympathisé. C’était sympa. On fait des bonnes rencontres. Par contre, c’était sympa. Donc, bref.
Ermanno : On en parlait de ceux qui font du tri depuis deux ans et qui se tapent les championnats du monde.
Bertrand LEMANCQ : Non, mais il m’hallucine. Il m’hallucine. Olivier. Olivier est très gentil, très sympa en plus. Et donc, après, on est resté un peu ensemble là-bas. On s’est retrouvés même. Tu vois, je suis allé à Tallinn il n’y a pas longtemps. On s’est retrouvés là-bas. Il a fait Tallinn. On a passé un bon moment ensemble là-bas. Je fais juste une parenthèse.
Ermanno : Tu parles de AirTag. Donc, pour ceux ou celles qui ne connaîtraient pas l’AirTag, en fait, c’est des petits… C’est pas plus grand que… À peine plus grand qu’une pièce de 2 euros. C’est ça. C’est connecté. Alors, soit le AirTag officiel avec vos appareils Apple, en l’occurrence iPhone, mais il y a l’équivalent aussi chez Android. Et ça permet… C’est un objet connecté qui permet de localiser. Alors, soit on met ça dans sa poche. Et puis, comme ça… On peut suivre… Enfin, dans la poche des enfants. Puis, on peut suivre les enfants, par exemple. On met ça sur ses clés. Comme ça, on peut retrouver ses clés. Il y en a même qui ont un système qui permet de faire sonner le AirTag. Et donc, si on perd ses clés dans la maison ou dans la voiture ou je ne sais où, ça permet de les retrouver. Mais effectivement, souvent, quand on est amené à voyager sur des longues distances et qu’il y a des changements d’avion, on conseille de mettre le AirTag… Enfin, un ou des AirTags dans les valises au cas où les valises soient perdues. Et entre triathlètes, on se conseille de le mettre dans la valise du vélo, tout simplement pour savoir où se trouve le vélo. Parce que même s’il n’est pas connecté à votre propre iPhone, il trouve quand même le réseau et il arrive à émettre la localisation.
Bertrand LEMANCQ : Oui, avec d’autres iPhones des alentours. Donc, c’est vrai que sur les États-Unis, il y a tellement d’iPhone que je pense que ça ne pose aucun problème. Et c’est vrai que j’avais en temps réel où était mon vélo. Donc, j’étais un peu rassuré quand même parce qu’on ne sait jamais. S’il était resté à Paris, ça aurait pu m’arriver vu comment ça commençait. Et donc, on arrive, tout bien. On va à la location, fatigué du voyage, le stress parce qu’on avait loupé l’avion. On arrive là-bas, on va chercher la location de voiture. Et puis, le mec super sympa, un peu rasta, le mec, mais sympa, il nous dit le truc, machin. Et puis, il arrive, il fait, on n’avait pas le véhicule qui était… Parce qu’on est arrivé deux jours en retard, il a dû louer le véhicule. Donc, c’était un espèce de petit 4×4. Et là, il arrive, il fait, tiens, je t’ai trouvé un nouveau véhicule. Tu vois, tu vas prendre celui-là. Je regarde, c’était le… Mais les gros pick-up, les gros trucs. Mais toi, j’étais content. Moi, je me dis, tiens, il y a le rêve américain, tu vois, le gros truc que tu vois dans les films. Tu vas conduire ça, c’est toi maintenant, quoi. Et là, j’arrive devant l’entrée. Puis, je vois, tiens, je n’arrive pas. La barrière ne s’ouvre pas. Je ne comprenais pas, tu vois. Je dis, mais non. Puis, j’étais fatigué. Je dis, bon, ça ne va pas être là, la sortie, quoi. Donc, je pars par d’autres endroits. Je ne trouve pas de sortie. Puis, à un moment, je vois un truc, panneau sans interdit, à la française. Je dis, bon, à droite, à gauche, il n’y a pas de voiture. J’en ai ras-le-bol, je passe. Et sur quoi je passe ? Je passe sur des, comment ça s’appelle ? Sur des Hertz. ouais. Je crève les deux pneus avant. Les deux pneus avant, je crève. Mais ce n’est pas des petits pneus. C’est des 500 balles, le truc, quoi. J’étais là, je fais, non, putain, mon budget, déjà, mon budget de 1000 balles pour la voiture, il est parti dans les pneus. Je n’étais pas bien. Je n’étais pas bien. Je sors du véhicule. Je ne conduis plus de véhicule. J’arrête. Il y a un mec qui arrive. Il commence à gueuler. Il recule le truc. Bon, là, ils étaient vraiment morts. J’arrive dans le truc. Je fais, help, help, help. Le mec, il arrive. Je dis, il regarde. Il a cru qu’il y avait un accident, tu vois. Il regarde. Il fait, oh, t’inquiète, ce n’est pas grave et tout. Il me redonne un véhicule direct. Et il me donne le code de la barrière. Il n’avait pas donné le code, tu vois. Il me redonne le code de la barrière. Ou moi, je n’avais pas bien compris. Possible aussi, tu vois. Et là, il me donne, regarde, j’ai trouvé un autre véhicule encore plus gros que l’autre. Je dis, non, non, non, non. Je dis, no big car, please. Small car, tu vois. Là, je me dis, j’applique mon anglais parce qu’autrement, ça va lui. Et là, il me donne un petit véhicule. Bien sûr, j’y ai acheté content. Pas de GPS. Bon, c’était le bordel pour trouver la location. Je n’avais pas mon téléphone. En plus, je ne voulais pas payer trop le forfait. Bref, ça a été la cata dès le début. Et là, je me suis dit dans ma tête, tu vois, tout de suite, je me dis, non, mais là, l’Ironman, je ne vais pas le finir. Ça commence mal. Donc, j’étais vraiment en bad trip dès le début, quoi. Ça a commencé vraiment mal. Donc, on arrive à la location. Super location. On avait une amie qui était déjà scientifique. Elle était sur place. Elle nous attendait. Elle commençait à s’inquiéter, d’ailleurs. Et puis, en fait, après tout…
Ermanno : Je ne te raconte pas l’influx nerveux que tu as lâché là-dedans, quoi.
Bertrand LEMANCQ : Ah non, mais c’était énorme. C’était énorme. Non, mais je ne le souhaite à personne. Franchement, je ne le souhaite à personne. J’ai rejoint Arnaud Guillaume qui était là-bas. Il s’est foutu de ma gueule. Il a dit, non, mais écoute, tu passes sur des herbes, tu crèmes les pneus. Mais arrête. Et attends, ce n’est pas fini. Donc, je récupère mon vélo. Le lendemain, je monte mon vélo. Et puis, je dis, bon, ben voilà, il me manquait une vie. Je ne savais pas où elle était. J’ai réussi à trouver la vis. Bref, elle était collée à mes pédales. En fait, je n’avais pas vu, tu vois, de mon… Parce que j’avais démonté mon cintre. Donc, pour remonter le cintre, il me manquait une vis, quoi. Je dis, maman, si je vais pouvoir faire un Ironman sans une vis, ça craint. On ne sait jamais. Après, je n’aurais plus à aller dans une boutique trouver une vis, tu vois. Ça serait arrangé. Je monte mon vélo. Deux jours plus tard, je lui dis, je vais faire un petit tour de vélo pour tester. On me dépose avec la Jeep sur la moitié du parcours.
Bertrand LEMANCQ : Allez, je crois que j’ai fait sept minutes de vélo. Je crève. Non, j’ai des boyaux, en plus. Je ne suis pas en pneu, je ne suis pas en machin. Et là, je dis, non, j’essaye d’appeler. Personne ne me répond. Je dis, qu’est-ce que je fais ? En plus, c’est sur la Queen Quay, là. Ça circule dans tous les sens. Je vais de l’autre côté de la route. Et puis là, je vois un mec qui arrive. Il s’arrête devant moi. Il me propose son aide. Et puis, donc, je lui dis, moi, c’est des boyaux. Je ne parle pas trop bien anglais. Il comprend. Il me sent une chambre à air. Il regarde. Il fait, ah non, c’est des boyaux. Il dit, ah, je ne peux pas t’aider. Est-ce que tu veux que j’appelle quelqu’un pour toi et tout ? Et le mec, il repart. Et puis là, je me fais, mais attends, ça ne serait pas Christian Blumenfeld ? Et là, je te juge, alors, Ermanno. Alors, Ermanno, c’était Christian Blumenfeld. Je regarde, je le vois. Putain, je vois marquer Christian Blumenfeld. Mais quel con, pourquoi tu n’as pas fait un selfie ? Mais comme il avait la barbe et tout, moi, je ne l’avais pas reconnu, tu vois. Ah, le truc, mais j’ai halluciné, quoi. Et attends, pour finir. Après, j’ai fait du stop des Californiens qui venaient vivre, qui vivaient depuis, qui avaient tout vendu en Californie, qui vivaient là-bas, m’ont ramené dans un magasin pour déposer mon vélo, pour qu’ils changent mon pneu, m’ont déposé chez moi et tout, machin, à la location. Mais les gens, super sympas. Par contre, là-bas, les gens, ils sont comme ça, au top. Franchement, je n’ai jamais vu des gens aussi sympas à qui tu peux faire confiance. C’est top. Comme les Bretons ? Tout à fait. C’est vrai.
Bertrand LEMANCQ : Et pour finir la petite histoire sur ça, le lendemain, je retrouve Arnaud pour aller nager dans les lignes d’eau. Et je suis avec sa femme et ses enfants. Et puis, il nous dit qu’il y a Christian Blumenfeld qui est là. Et puis, je dis, de toute façon, on va savoir vite fait. Quand il aura mis un petit bonnet Red Bull, on sait que c’est lui, quoi. Et là, on le voit. Et là, je vais le voir. Là, pour faire le selfie, cette fois. Et puis, je lui dis, tu te rappelles ? Hier, on s’est vus, machin, et tout. Il a rigolé. Il dit, alors, tu t’en es bien sorti. Et puis, c’était pour la petite anecdote. On fait un petit selfie avec les enfants d’Arnaud et sa femme et tout. C’était super sympa. Et le mec, il est vraiment excellent. Super sympa. Tu vois, ça fait plaisir parce que, tu vois, on peut parler du foot. Où les mecs, on ne peut pas les voir. On ne peut pas les approcher. On ne peut rien faire. Ils ont des cartes du corps et des machins. Eux, ils sont en liberté. Ils sont là.
Ermanno : On arrête. J’ai dit que je ne taclais plus sur les footballeurs. Donc, les footballeurs sont géniaux. Le foot, c’est génial. Il n’y a pas de souci. Je ne sais pas qui est-ce qui m’a laissé ce commentaire parce qu’évidemment, c’est anonyme. Mais, cher auditeur, si tu m’écoutes, je t’assure, j’adore le foot. Moins la mentalité de certaines personnes, mais j’adore le foot. Donc, on ne tacle pas le foot, Bertrand, s’il te plaît.
Bertrand LEMANCQ : Non, d’accord. J’arrête. Non, mais je suis ancien footeux. J’adore le foot. Je regarde souvent la Ligue des champions. Donc, il n’y a aucun souci là-dessus. Mais c’était juste pour montrer qu’il y a des sports qui sont différents. Il y a des sports où les gens gagnent moins, mais il y a quand même un côté derrière où ils sont vraiment agréables. Ils sont vraiment sympas. Ils sont courtois. Et puis, on peut les approcher sans problème. Je ne sais pas, Christian Blumenfeld, combien ils gagnent par mois, mais je pense que par rapport à tous les triathlètes professionnels, soit d’être l’un des mieux payés, j’imagine. Donc, par rapport à ça, déjà, ça m’a remonté le moral, on va dire.
Ermanno : Tu m’étonnes. Donc là, tu recharges tes influx nerveux. Donc là, c’est reparti. Après quatre jours de galère entre le départ, l’avion, la perte du vélo, le machin, le truc, la voiture, même pas 4-5 si j’ai bien compté. Donc là, tu recharges un peu. Tu recharges tes batteries au sixième jour. Tu avais prévu 20 jours. Comment se passent les deux semaines d’après jusqu’à Hawaï, jusqu’à l’Ironman ?
Bertrand LEMANCQ : Jusqu’à l’Ironman, franchement, elles se passent super bien. Ça s’est très bien passé. En fait, j’ai eu la chance. C’est vrai que moi, je ne connais personne là-bas. J’ai eu la chance d’avoir Arnaud qui était là à ce moment-là. Sauf Arnaud Guillou. Non, mais il était là et j’ai été tout le temps avec lui. Lui, il connaît plein de monde. Donc, ça a été vraiment… Tu vois, on allait nager ensemble. On allait nager en mer ensemble avec des copains à lui, des amis. Enfin, c’était… S’il n’avait pas été là, je pense que je me serais peut-être un peu plus ennuyé parce que comme je ne parle pas anglais, c’est difficile d’aller vers les gens et tout ça. Là, c’était beaucoup plus facile. Et comme je peux entendre des fois dans des podcasts que tu fais où les gens partent pour faire le Norseman, où tu as quelqu’un qui les accueille, c’est vrai que c’est vraiment… C’est top quand tu ne connais pas, machin. Au bout du monde comme ça, c’est énorme. Non, non, ça s’est très bien passé. Les entraînements sont… Bon, les entraînements, pareil, ça s’est bien passé. À part un moment où j’ai fait… J’ai voulu faire tout le parcours et je me suis trompé dans le parcours. En fait, j’ai pris à droite au lieu de prendre à gauche. Décidément. Je me suis tapé une côte comme ça. Non, mais ouais. Non, mais Arnaud, je me dis, je ne le finirai pas, cet Ironman, c’est sûr. Et une côte comme ça et avec des camions qui te frôlent et tout, qui te klaxonnent avant, tu vois, c’était un peu atroce. Mais après, sur place, c’est magnifique. Tu vois, mes enfants, ils ont profité. Ils ont été voir les poissons. J’en ai profité. J’ai nagé avec les poissons, les dauphins. Enfin, c’était top. C’était l’ambiance, même l’ambiance. Tu vois, toute l’ambiance. On sent que c’est la fête du triathlon là-bas. Les gens sont heureux. Il fait beau. Tu vois, je ne sais pas. Et puis, il y a une ambiance. À un moment, il y a eu la parade des nations. On a eu l’impression d’être aux Jeux Olympiques, tu vois. En fait, c’est un peu comme… Enfin, moi… Moi, je n’irai jamais aux Jeux Olympiques, mais j’ai eu l’impression d’être comme aux Jeux Olympiques, avec les nations. Il y avait une bonne ambiance. On voit qu’ils font tout pour que ce soit parfait. En fait, pour moi, ça a été, au niveau organisation, l’un des meilleurs. Ça a été même le meilleur. Je crois que c’est la meilleure organisation que j’ai eue sur un triathlon. C’est… Il faut le faire. Il faut le faire pour… Enfin, il faut pouvoir être qualifié, parce que maintenant, c’est un peu plus dur. Mais il faut le faire une fois dans sa vie, juste pour voir ce que c’est, quoi. C’est vraiment… C’est top. Je sais qu’il y a d’autres organisations Ironman qui se font comme ça aussi, mais pas toutes. Mais c’est vraiment bien. Ouais, c’était génial.
Ermanno : En même temps, heureusement que c’est bien. Ça reste quand même les championnats du monde.
Bertrand LEMANCQ : Ah ouais, bah oui, oui. Oui, c’est sûr. C’est sûr. Ouais, ouais. Après, tu vois, je me disais que… Est-ce que c’est un rêve ? Moi, je le voyais pas plus comme un rêve. Je le voyais plus comme un objectif, en fait. Ouais. Mon rêve, tu vois, par exemple, c’est de faire, comme la nana qui a fini, là, à Wai, à 80. À 80 ans, 16h30, un truc comme ça qu’elle a fait. Putain, mais ça, ouais. Ça, je veux bien qu’à 80 ans, je sois champion du monde à 80, tu vois.
Ermanno : Tu m’étonnes.
Ermanno : Moi, j’en rêve aussi. Et mon fils vient de me parler ce midi aussi de celui qui a presque 80 ans, qui est à moitié aveugle et qui finit aussi. Enfin, tout ça, effectivement, c’est des rêves.
Bertrand LEMANCQ : Qui a fait les 20 kilomètres, là. Les 20 kilomètres en courant, là. Ah, j’ai vu. Avec son GPS et tout, là. C’est magnifique. Moi, j’admire ces gens.
Ermanno : Donc, toi, tu y vas. Ça se passe. Ouais. À peu près bien, tout ce qui est la prépa, une fois que t’as passé ces emmerdes-là. Mais la course, Bertrand. La course ! Comment se passe cette course, Bertrand ?
Bertrand LEMANCQ : Comment se passe cette course ? Bah, écoute, je vais te raconter comment ça se passe. Moi, j’ai trouvé que… En fait, on est dans des sas. Et moi, j’étais dans la catégorie 45-49. On arrive, on dépose le vélo la veille. Et le jour J, on vient déposer nos affaires. Mais on arrive tôt. Les premiers, les pros partent. On les voit partir. C’est sympa et tout. Mais il y a eu une attente. J’ai dû attendre une heure avant d’aller nager. C’est trop long. Enfin, moi, j’ai trouvé ça trop long. C’était… Puis t’as un peu le stress. Le stress, il monte de plus en plus. T’essayes de te stresser. T’attends, t’attends, t’attends. Et après, tu commences à partir. Et là, franchement, quand je reviens en arrière et que je regarde, je pense… Où j’ai pris le plus de plaisir, c’est dans la natation. Tu vois, je fais une heure, une sur la natation. C’est ce que je voulais. Je voulais faire une heure. Je fais une heure, une en plus, sans combi, juste avec la swimskin. Des poissons. Tu vois, j’en ai profité, en fait. J’ai nagé, mais j’en ai profité. Tu vois des poissons. Tu vois les gens. Enfin, tu vois les… Tu vois, l’eau, elle est translucide. Enfin, elle est bonne. L’eau est chaude et tout. Au départ, quand je me suis entraîné, j’avais l’eau… J’avais la bouche toute pâteuse. C’était tellement que l’eau, elle est salée. Et puis, à force de nager, tu t’habitues un petit peu. Et là, ça allait pour la compétition. prends vraiment du plaisir. Je sors de la natation. Tu vois, bien. J’étais content. J’enlève le toque. Je prends le vélo. J’avais repéré mes trucs. En fait, ce qui est bien, c’est que tu as les bénévoles. Ils sont là. Ils t’orientent, en fait. Avec ton numéro de dossard, tu as des bénévoles partout. Tu as une ambiance. Ils t’encouragent. Ils t’amènent vers ton vélo. Ils ne te donnent pas le vélo, mais ils t’emmènent vers le vélo. Ils te disent où il est. Même si moi, j’avais déjà tout repéré avant parce qu’il faut voir le parc de vélo. Enfin, on est à 2500 vélos. Moi, je n’ai jamais vu un parc aussi grand. C’est énorme. C’est énorme. Et là, partie vélo. À partie vélo, en fait, j’ai essayé de bien m’alimenter comme je fais d’habitude. Et c’était dur. Le vélo, j’ai trouvé ça très dur. Surtout, en fait, comme je n’avais pas reconnu la côte avant d’arriver à Aouy, je crois. Aouy, ça s’appelle. Tu as une grande côte là qui monte. Ça monte pas mal. Et après, tu as une grande côte à ton demi-tour au bout. Et là, ça a été dur parce que mentalement, en fait, toi, comme tu es dans les derniers à partir, j’étais dans les avant-derniers à partir, tu vois tout le monde dans la descente à fond, tu vois. Tu as le vent de côté, de travers. J’avais mon casque qui me collait comme ça. Je me disais, mais comment ça se fait que ça me colle ? Je le remettais, mais il revenait. Je dis, ah oui, j’ai compris. Au bout d’un moment, c’était le vent. Je ne pouvais rien faire.
Ermanno : Ah, mais tiens, ça me fait penser à un truc. Il faudrait que je coupe, mais je me rends compte que comme c’est la deuxième fois que je te reçois, j’étais tellement dans le délire. Je n’ai même pas enregistré. Pour ceux qui nous rejoignent sur YouTube, désolé, vous aurez une vidéo tronquée, mais Bertrand disait, donc le casque te colle comme ça.
Bertrand LEMANCQ : Avec le vent de travers, je ne pouvais plus. J’ai eu du mal. Après, j’avais mon, comment ça s’appelle, mon ravito perso au demi-tour. Je prends mon ravito perso, tout. J’étais content d’être dans la descente, mais après, dans la descente, tu n’es pas non plus rassuré parce que tu as le vent qui tape sur le côté. Donc, ce n’est pas dur de rester sur les prolongateurs. La descente allait assez rapide. Arnaud m’avait prévu, fais gaffe, les mecs, ils vont à donf, mais il faut faire quand même attention. Et là, putain, j’y vais. Ouais, c’est… En fait, la côte était dure parce que tu vois tout le monde qui descend et tu dis, j’ai hâte d’être à leur place. Et quand tu te retrouves à leur place, en fait, ce n’est pas si bien parce que tu es toujours en train de gérer, contracté à fond pour essayer de gérer le vent. Non, la partie vélo était assez dure quand même. J’en ai… Voilà, je l’ai fait. Je fais quand même… Moi, je voulais faire 5 heures. Sincèrement, je voulais faire 5 heures. Je fais 5 heures 20. Je fais 5 heures 20. Content quand même, tu vois. Je ne suis pas du 30… Je ne sais plus. Tu as 34, 35, un truc comme ça, 34 et quelques. J’étais content, tu vois. Mais je sais que je peux faire mieux.
Ermanno : Bon, là, on était… Bref. Donc, si on fait 1h01 de natation plus la transition plus 5h20 de vélo, donc on est à 5h30, quoi. Ouais, la transition,
Bertrand LEMANCQ : la transition, elle est longue parce que tu as quand même pas mal à… Elle est plus longue, en fait. Je crois qu’elle est plus longue quand tu poses le vélo et que tu vas en courant que l’inverse. Et ouais, voilà, à peu près, ouais. Et donc, arriver sur la fin…
Ermanno : On n’est quand même déjà pas trop mal. Donc là, on est à 6h30 entre natation et vélo. On n’est déjà pas trop mal quand même, franchement.
Bertrand LEMANCQ : Oui, ça va, ça va. Je sais que je peux faire mieux, mais ça va, tu vois. Après, il y a un moment, je me dis, je ne vais pas jouer la première place. Mais quand même, comme je suis dans le truc, voilà, j’ai envie de le terminer, je vais à fond. Et arrivé au 160e, achant que je n’avais pas assez bu des bidons, des bouteilles d’eau qui m’avaient filé, que j’avais pris ou que je n’avais pas pris ou que j’avais raté aussi. Des fois, tu n’arrives pas à les prendre. J’ai commencé à avoir des crampes dans l’intérieur des cuisses. Ça, ça m’arrive rarement. Ça m’arrive quand je force beaucoup. Là, je n’avais pas trop forcé quand même, tu vois. J’avais juste géré mon effort. J’avais hâte à 160, tu vois, tu sais que tu arrives vers la fin. En fait, quand tu commences à arriver vers l’aéroport, là, tu te dis, bon, allez, c’est bientôt la fin. Il reste encore quand même pas loin de 7, 8 bornes. C’est quand même dur, mais tu poses le vélo, il y a quelqu’un qui t’oriente, tu prends ton sac, tu pars en courant. Et là, je pars en courant. Je m’étais fixé sur un… Je voulais faire un marathon en 3h15. C’est ce que je m’étais fixé. Mais c’est là que ça s’est moins bien passé. En fait, au 7e kilomètre, j’ai commencé à avoir des crampes d’estomac. Et là, non, mais je passe… Franchement, j’étais à 4h30 au kill. Je passe à 4h45, 5h, 5h15. Arrivé à 5h15, je me dis, non, mais là, il faut faire quelque chose. Je vois des toilettes à côté, je m’arrête, tu vois, je m’arrête le temps qu’il faut. Je m’arrête et puis je repars. Je repars. Oh là là, je me sens à 4h20, tu vois, je ressens… Nickel. 7 kilomètres plus tard, ça revient, j’arrive… En fait, ça a commencé à revenir quand j’arrive peut-être au 12e, quand on arrive à Energy Lab. Dans la descente, là, je fais demi-tour, et là, ça revient. Je dis, non, mais là, je ne veux pas le terminer. Tu vois, j’avais mes gels avec moi et je buvais de l’eau un petit peu de temps en temps. Et là, je me dis, mais je vais aux toilettes, je m’arrête encore 5 minutes, je perds 10 minutes. Mais je m’en fiche. Après, tu vois, là, je ne compte plus. Je me dis, le but, c’est le fini. Il faut que je le termine. Je ne peux pas être là et me dire que je ne le termine pas. Et après, tu arrives à la côte d’Energy Lab. Pour moi, c’est le moment le plus dur. Je vois des potes qui descendent. Je les vois, ils sont tout rouges. Tu n’as pas d’air. C’est atroce. Vraiment, c’est le passage assez atroce. Même la Queen Quay, c’est atroce parce que tu n’en vois jamais le bout. Tu es à 10 kilomètres comme ça où tu ne vois jamais le bout. Tu te dis, mais quand est-ce que j’arrive au demi-tour, quoi, où tu commences à descendre déjà. Tu le vois, c’est atroce. La chaleur, l’humidité, enfin, tout ça, c’est 35, tu vois, 35 degrés sur mon compteur. Mais après, au ressenti, c’est peut-être un peu plus. Ça fait peut-être du 38. C’est vrai qu’il faut s’habituer à ces chaleurs très dures. Je m’arrête au toilette, je repars. Ça va mieux. Et après, je me dis, là, il faut que je trouve une solution. Il faut que je trouve un truc. Ce n’est pas normal. Donc, j’ai dit, j’arrête mes gels, j’arrête de boire de l’eau. Et je me suis dit, à Vito, tout en haut, je ne prends que du coca. Et là, ça allait mieux. Et là, c’est passé. Après, tu vois, j’ai analysé. Je me suis dit, bon, qu’est-ce qui a pu se passer ? Je me dis, peut-être que j’ai pris de l’eau. Elle était froide. Et voilà, c’est ça qui m’a donné des crampes. Peut-être que c’est la chaleur. Peut-être que c’est mes gels qui avaient passé parce que je les avais mis. Ils étaient restés quand même toute ma partie du vélo, peut-être au soleil. Je ne sais pas du tout. Je n’arrive pas à retrouver, en fait, pourquoi j’ai eu ces maux de ventre. Je sais que j’avais des amis. Ça arrive souvent. Et bon, au final, après, tu as une petite côte là qui est un peu dure. Et puis là, tu as la descente. Tu tournes. Et là, tu sais que tu arrives. Tu sais que tu arrives. Donc là, j’avais mal aux jambes. Mais je ne peux pas m’arrêter. Et là, tu arrives devant la ligne d’arrivée. Tu sors le drapeau breton. Tu arrives. Tu es heureux. Tu te dis, là, tu as terminé. Et là, d’un coup, tu ne peux plus marcher. Et là, c’est là que tu te dis que quand même, ton esprit, ton corps, il part sur un effort intense. Et quand il arrête, il arrive à tenir jusqu’au bout. Et quand il arrête, il n’en peut plus. Comme je vois les deux nanas, je ne sais plus comment elles s’appellent, la première et la deuxième, qui craquent, qui tombent complètement, qui complètement, elles n’en peuvent plus. Elles arrêtent et elles abandonnent parce qu’elles n’en peuvent plus. Lucie Charles qui s’arrête à Energy Lab dans la côte parce qu’elle n’en peut plus. Enfin, c’est impressionnant. Les fois, le corps, comment ? Et donc, au final, je fais 10 heures. Non, je fais 9h57 au total.
Ermanno : Je dois faire… 9h57 à Hawaï. Alors forcément, les meilleures sont autour de 8h. OK. Mais, mais, 9h57. 9h57 à Hawaï. Sub 10h. C’est beau quand même.
Bertrand LEMANCQ : Ouais, c’est… Je suis content, tu vois. Au début, je lui dis, bon, je ne suis pas content parce que je n’ai pas fait les chronos que je voulais faire en course à pied ou à vélo. Mais je me dis, ce n’est pas grave. Je me dis, le but, c’est de prendre du plaisir et puis de kiffer le moment. Et puis même si tu n’es pas premier, ce n’est pas grave. Tu l’as fini, quoi. Moi, ça aurait été une première expérience. Il y en a, ils sont là, ça fait 3-4 fois qu’ils viennent. Donc, ils savent, ils connaissent. Si j’y retourne, je le verrai d’une autre manière et j’améliorerai peut-être ma performance parce que je connais le parcours, je sais comment c’est, je sais où c’est dû, où c’est facile. Donc, c’est une gestion que inconsciemment, tu prépares, en fait.
Ermanno : Tu as un peu devancé ma question, mais est-ce que tu vas y retourner ?
Bertrand LEMANCQ : Ah, Ermanno, bien sûr que j’ai envie d’y retourner. Ben ouais, mais non, j’ai envie d’y retourner. C’est pourquoi j’ai envie d’y retourner. J’ai envie d’y retourner pour faire mieux, déjà. J’ai vraiment… Je me dis que je n’ai pas pu faire le maximum pour ne plus avoir de mol. Je n’ai pas eu le mot de ventre. Et oui, j’ai envie d’y retourner parce que j’ai kiffé ce moment, même si c’était dur. Et puis, parce que j’ai envie d’encore m’améliorer. ‘ai envie de revivre cette expérience. Et tu vois, là, il n’y a pas longtemps, quand j’ai vu la nana, je me suis fixé un objectif. Je me suis dit, comme je te disais, je t’ai dû le dire tout à l’heure, j’aimerais bien jusqu’à 80 faire des Ironman. Je me suis dit, à un moment même, j’ai envie de faire peut-être tous les Ironman du monde, en fait. Alors, pas… Tu vois, pas… Pas deux fois le même pays, mais tous les pays où il y a des Ironman, j’aimerais, tu vois, jusqu’à 80 ans pour le faire. Alors, je ne dis pas que j’y arriverais, mais j’aimerais bien.
Ermanno : Bon, écoute, fais-moi penser, si j’oublie, on taguera Ironman et on leur demandera s’ils n’ont pas un petit truc pour toi, justement, pour te permettre d’aller sur chacune des courses, faire un Ironman dans chaque pays, quoi.
Bertrand LEMANCQ : Ah, ouais, ouais, ça serait mon kiff. Ouais, je dis ça, je vais avoir 50 ans. Donc, il me reste encore 30 ans pour le faire, tu vois.
Ermanno : Écoute, WhyNot, j’ai un copain qui s’est fixé de faire 100 marathons avant ses 60 ans. Je crois qu’il en reste 4-5 et il a 58 ou 59. Donc, c’est possible de se fixer des objectifs comme ça ?
Bertrand LEMANCQ : Ah, ouais, ouais, je pense que c’est possible. Après, on verra bien. On ne sait jamais ce qui peut se passer dans la vie et voilà, on verra bien. Le but, c’est de faire du sport. Le sport, c’est la santé. Donc, c’est important. C’est ce que je dis à tout le monde. Je dis, ben voilà, moi, quand je fais ça, je me dis, ben, si des gens, que ce soit des sportifs, des amateurs ou professionnels, enfin, amateurs surtout, parce que c’est, si vous le faites, faites-le pour le plaisir, prenez du plaisir pour le faire et puis, dans le sport, ça ne vous sera pas, ça ne sera pas négatif, ça sera toujours positif pour votre corps, pour votre santé, pour plein de choses.
Ermanno : Oui, c’est clair. Bon, on pourrait s’étendre sur le débat est-ce que le sport est bon ou pas pour la santé. Moi, je pense que même à haute dose, en fait, du moment que tu as trouvé l’équilibre, la balance parfaite entre le côté personnel, le côté professionnel, et le côté sportif et que le sport t’apporte plus de choses que la sédentarité, évidemment que c’est bon pour la santé, même si tu en fais à haute dose, mais si tu en fais à haute dose progressivement avec parcimonie et en restant à l’écoute de ton corps. Tu disais tout à l’heure que, bien sûr, tu as envie d’y retourner, tu nous parles de ton projet un Ironman par pays, partout dans le monde, il y en a quand même quelques-uns, donc il y a de quoi faire.
Bertrand LEMANCQ : Non, non, je rigole, je ne sais pas si je le ferai, mais c’est un peu une boutade en même temps, mais ça, on verra bien, je ne sais pas.
Ermanno : Donc, pour ceux qui ne l’auraient pas compris, là, on parle de tes championnats du monde d’Ironman à Kona, c’était en octobre 2024, donc ça fait un an, là, on enregistre peu de temps après qu’il y ait eu les championnats du monde pour les femmes, bon, maintenant, ça, c’est fini, à nouveau, les hommes et les femmes vont se retrouver à Kona, peut-être pas sur les mêmes jours, mais ça ne sera que à Kona. Qu’est-ce que tu mets en place ? Avant ça, d’abord, qu’est-ce qui s’est passé depuis ces championnats du monde ? Est-ce que cette année 2025, tu as continué à t’aligner sur des courses, sur des objectifs, sur des Ironman, ou est-ce que tu es encore sur ton petit nuage après être allé faire un sub-deezer à Kona ?
Bertrand LEMANCQ : Alors, après cet Ironman, franchement, j’ai eu un truc où, quand je suis rentré, déjà, je n’avais pas envie de partir de là-bas, ça a été, ouais, c’était très dur de partir, pour tout le monde, tous ceux que je connais, ça a été très dur aussi, c’est, enfin, c’est, ouais, je ne sais pas, c’était quelque chose, c’est intérieur, je ne sais pas, je ne peux pas expliquer, vraiment, c’est, et j’ai eu du mal, j’ai eu du mal à reprendre les entraînements derrière, c’est comme si ton objectif était atteint, comme, tu vois, ça peut arriver, j’imagine, pour celui qui est champion olympique ou champion du monde, il a tout eu, ou comme, comment il s’appelle,
Bertrand LEMANCQ : le nageur, super nageur, ah, j’ai perdu son nom.
Ermanno : L’Australien ? Non, non,
Bertrand LEMANCQ : français, français, français, français, français, mais oui, qui a eu toutes les médailles olympiques, là, dernièrement. Ah,
Ermanno : Léon Marchand ?
Bertrand LEMANCQ : Léon Marchand, tu vois, comme un Léon Marchand, je me dis, comment il fait après, pour encore, en fait, je pense qu’il doit avoir de la prépa mentale, peut-être quelque chose derrière, mais moi, je sais que derrière, moi, je ne fais pas de prépa mentale et je me dis, ouais, ça serait bien de faire une prépa mentale après ça, parce que, tu, tu, enfin, voilà, tu as l’impression, tu n’as plus envie, quoi. J’ai eu un petit coup de blouse, en fait.
Ermanno : La dépression du sportif, alors, c’est souvent catégorisé comme la dépression post-marathon, parce que c’est très connu pour les gens qui préparent un marathon et une épreuve comme ça, alors, on ne parle pas de l’Ironman encore, mais en tout cas, le marathon, en termes de course à pied, c’est quand même l’épreuve la plus exigeante et c’est connu comme étant le syndrome du marathon, de la dépression post-marathon, mais évidemment, que sur le triathlon, c’est pareil et comme tu le dis, dès que tu atteins d’une certaine manière ton objectif, si tu ne te refixes pas d’autres objectifs derrière, tu as du mal à réenclencher. C’était, ce n’était pas sur mon podcast, mais c’était chez Mathieu Stéphanie qui produit de Génération Do It Yourself, il recevait, comment il s’appelle, le tennisman français,
Ermanno : bon, bref, on a du mal avec les noms aujourd’hui. Oui, oui, alors,
Bertrand LEMANCQ : il ne faudra pas me demander, je vous répète.
Ermanno : Mais qui lui disait qu’effectivement, son erreur stratégique à lui, ça a été que, à chaque fois qu’il gagnait un tournoi du Grand Chelem ou une grande compétition, il ne se refixait pas tout de suite d’objectif ou alors, l’objectif qu’il aurait dû se fixer, c’était justement de gagner le Grand Chelem et pas juste de gagner telle ou telle compétition. Mais, je vois bien de quoi tu parles et je pense qu’on est toutes et tous passés par là à un moment, peut-être avec un certain niveau d’intensité, mais on a tous vécu ça. Donc, toi, c’était difficile le post-Hawaï. Oui,
Bertrand LEMANCQ : oui, c’était, puis moi, c’était la première fois que ça m’arrivait, quelque chose comme ça. Donc, j’ai mis trois mois à peu près à m’en remettre et puis après, je me suis dit, allez, il faut que je me refixe un objectif et donc, je me suis fixé d’aller à Tallinn en Estonie. Donc, je suis allé cet été, c’était au mois d’août, c’était fin août, le 23 août, je crois, un truc comme ça et je me suis dit, bon, allez, le but, c’est de me qualifier pour retourner à Hawaï. Donc, mais bon, je ne connaissais pas les nouvelles règles. je me suis renseigné, j’ai une amie qui connaît bien tout ça et qui, à chaque fois, elle a la réponse à tout et elle m’a donné, elle a dit, ben voilà, ça se passe comme ça, il faut être le premier. Donc, je me fais une prépa pour ça. J’arrive là-bas, j’avais regardé, en fait, l’année d’avant, j’avais regardé le premier de ma catégorie, combien elle avait fait ? Elle avait fait 9h15. Donc, je me dis, il faut que je fasse minimum 9h15. Mais bon, année en année, ce n’est pas forcément les mêmes athlètes qui reviennent. Et puis moi, j’ai 49, tu vois. Il y en a qui arrivent, ils ont 45. Donc, je fais, franchement, là, je crois que je fais ma meilleure compète. Je fais la natation. Bon, la natation, j’ai mal géré. Enfin, j’ai fait 1h02. Ça va, tu vois, mais j’aurais pu faire mieux, je pense. Mais en fait, tu es tellement, en fait, tu as deux tours, tu es tellement, en fait, tu pars en rolling start d’une plateforme. Après, tu dois remonter sur la plateforme, tu refais. Il y avait tellement de monde qu’à un moment, en fait, j’ai été alpagué par ce courant qui allait vers la plateforme que moi, j’ai été pris par cette vague, enfin, ce courant plutôt et j’ai raté un peu ma bouée, quoi. Donc, obligé de revenir. Donc, je perds un peu de temps. Ensuite, je prends le vélo. Le vélo, il était à 3. C’est assez plat. Et puis, moi, je suis assez fin, pas grand, pas musclé non plus. Du coup, ce n’est pas forcément, je pense, un parcours pour moi. Tu vois, je fais, par contre, tu vois, je fais 4h55. Je fais presque 36, presque, je ne sais plus, je ne sais plus combien ça fait, mais entre 36 et 37, je prends un truc comme ça de moyenne. Franchement, 36, 6, c’est pas mal, tu vois, c’est bien, tu vois, je suis content de moi. Je voulais faire moins de 5 heures, je fais 4h55. Je ne pouvais pas faire mieux. Je pose le vélo, je pars en course à pied. Je commence à avoir mal derrière le mollet. J’essaie d’étirer un peu. Je fais un marathon, mon meilleur marathon, 3h11. Je finis, je fais, je fais, je fais mon objectif. 9h15. Et là, tu sais combien je finis ? Je finis 8ème dans ma catégorie. Et là, je fais, putain, tu sais, en fait, je pose le vélo, je suis 24. Et puis, il y avait quelqu’un qui me disait, ouais, t’es temps, t’es temps, t’es temps. Je remonte à la 8ème place au marathon. Je dis, là, t’es, je ne sais plus, elle m’a dit, t’es 12ème. Je dis, 12ème, c’est pour ça qu’elle me disait au général. Et après, au finir, je me dis, non, ça doit être dans ma catégorie. Donc, du coup, j’essaye de, mais bon, impossible de, mais je fais quand même 9h, enfin, 3h11, mon meilleur marathon jamais couru. Et, et non, je suis, et en fait, je loupe, en fait, c’est simple, il y avait des Allemands, des Norvégiens. En fait, c’est, les Allemands, ils sont très forts. Et franchement, quand on est allé le lendemain pour la qualif, les mecs, même, tu vois, moi, j’étais 44 tirés au pôle performance. Donc, ils considèrent que les premiers, comme ils ont pris leur slot, c’est, alors, chez nous, les hommes, c’est passé, le premier le prenait pratiquement tout le temps. C’est passé peut-être 2-3 fois au deuxième. Après, ça passe, si le deuxième ne prend pas, ça passe au troisième. Et après, c’est fini. Si les slots n’ont pas été pris sur le premier, deuxième, troisième, ça passe au pôle performance. Donc, chez les femmes, ça arrivait un peu plus souvent, où les personnes l’ont pris chez les femmes. Donc, ça nous a fait peut-être 4 slots de plus. Donc, ça enlève les premiers du pôle performance. Moi, j’étais 44e. C’est passé directement au, crois, 10e ou 12e. Bon, c’est peut-être jouable. Il y avait 23 slots, 24 slots. Ça va être tendu, mais c’est peut-être jouable, s’il y en a qui loupent. Donc, j’étais là, il ne prend pas, il ne prend pas. Ah, je vois un nom allemand. Le mec, il était juste à côté. Il était debout déjà, il savait qu’il allait le prendre. Paf, il prend. Dès qu’il y avait un nom allemand, c’est simple, il prenait. Dès qu’il y avait un Norvégien, ça prenait. Mais c’était impressionnant. Et là, je me dis, on arrive à la 38e place et je suis 44. Il restait 3 slots. Non, 2 slots. 38, je regarde, allemand, 34, 38, 39 et 40. Ah, des allemands, 3 allemands. Je dis, c’est mort. Et le 40e, c’était le 6e de ma catégorie. Donc, même catégorie que moi. Donc, je me dis, je vais regarder sur le chrono à combien il est devant moi. Tu vois, s’il est à 10 minutes, c’est pas grave. Eh, Ermanno, il est à 1 minute 50. Je loupe le slot à 1 minute 50. J’étais dingue. J’étais dingue. Mais en même temps, tu vois, cette compétition m’a appris des choses. Elle m’a appris comme à Hawaï, tu vois. À Hawaï, j’ai appris plein de choses. En fait, tu vois, je fais souvent des feedbacks sur ça. Et à Hawaï, tu vois, je reviens sur Hawaï, mais à Hawaï, en fait, quand j’allais m’entraîner en course à pied, je faisais mes fractionnés beaucoup trop fort. Tu vois, j’avais des fractionnés à 3,45, des 8 fois 1000 à 3,45 à faire. En fait, j’aurais dû les faire à 4,5, 4,10. Tu vois, c’était trop. Et ça, j’en ai pris conscience après. Je ne le savais pas. Sur la natation, je sais que quand t’arrives, il y a le décalage horaire. Il faut essayer d’aller nager un petit peu avant. Pas faire forcément tout de suite du vélo ou de la course à pied. Attendre un petit peu. Le matin, tu te lèves, tu te lèves, t’as les yeux comme ça. Parfait, à 6 heures du matin, t’as les oiseaux qui chantent. Le jour se lève vachement tôt et il se couche tôt. Donc, c’est des petites choses avec le temps, avec l’expérience qui fait que j’ai envie d’y retourner. J’aurai 50 ans et je serai le plus jeune de ma catégorie. Mais là, j’ai mal joué le coup en gros parce que j’aurais pu me dire non, j’ai 49. Il y en a qui ont 45. Ils vont mettre la mine. C’est sûr, c’est normal. Ils n’ont qu’à 30 mois que moi. Et sur ta ligne, je me suis dit bah, voilà, j’aurais pu améliorer. Donc, je vais nager un peu plus. Je vais faire plus de natation parce que je sais que je peux faire mieux. Vélo, je vais avoir un nouveau vélo. Là, j’ai la chance d’avoir Cycle Dubourne sur la presqu’île de Crozon qui est avec moi. Et là, attends, je vais avoir un nouveau vélo. Je vais avoir un vélo de ouf. Mais de ouf. Je vais avoir le vélo de, comment il s’appelle, du Norvégien qui a fait deuxième.
Bertrand LEMANCQ : Gustaviden. Donc, après, tu vois, c’est ce que je me suis dit. Je me suis dit sur Taline, je me suis dit si j’avais eu ce vélo la minute 50, je pense, parce que moi, c’est un vieux vélo. Il est bien, si tu veux. Mais pour performer, si les mecs, les pros, ils ont des vélos comme ça, c’est qu’il y a une raison. Donc, si moi, j’ai un vélo à patin avec les câbles qui sortent, il y a forcément une résistance, moins les prolongateurs, pas les bons prolongateurs, tout ça, ça fait que j’aurais pu gagner ma minute 50. Après, c’est comme ça. Mais je relativise. Je me dis, bah, voilà, maintenant, j’aurai le nouveau vélo. J’attends le mois de janvier pour faire une compète. Là, je me suis inscrit à Nice. Donc, le but, c’est que ce soit vallonné parce que je suis meilleur en vallonné et en course à pied. Si c’est plat, je suis bon en course à pied. Donc, je pense que Nice, ça devrait être bon. Après, voilà, on ne sait jamais. Donc,
Ermanno : rendez-vous en juin 2026 pour célébrer ta qualif.
Bertrand LEMANCQ : J’espère, j’espère. J’en rêve. Enfin, je la rêve. Non, c’est l’objectif. Mais oui,
Ermanno : se qualifier à Nice en 2026, ce sera pour Hawaï 2026. Oui, c’est ça.
Bertrand LEMANCQ : Et ce que j’hésite à faire, je ne sais pas encore. Je vais voir. Mais j’hésite peut-être à aller en février, peut-être aux Etats-Unis faire un Iron. En fait, il faut que je me renseigne, mais je ne sais pas. On m’a dit que normalement, c’est année civile. C’est-à-dire, si en janvier, par exemple, je fais une compétition en janvier, je suis dans la catégorie 50. Tu vois, je ne suis pas obligé d’attendre la date de mon anniversaire.
Ermanno : Non,
Bertrand LEMANCQ : je crois que c’est ça. Si tu le sais, je ne sais pas, mais moi, je crois que c’est ça. C’est ce que j’ai cru entendre. Et c’est vrai que, qu’est-ce que je voulais dire ? Je voulais dire, là, si par exemple, j’avais été qualifié à Tallinn, l’année d’après, en 2026, j’aurais été dans la catégorie 50. Et tu vois, là, si j’avais été dans la catégorie 50, je faisais deuxième dans ma catégorie. Et au pôle performance, j’étais dans les premiers à être qualifié. Oui.
Ermanno : Mais oui, parce que du coup, si tu ne vas pas faire un Ironman
Ermanno : mais si tu mises tout sur Nice pour ta qualif, ça veut dire que non seulement tu dois préparer ton Ironman de Nice, mais qui ne sera pas l’objectif. Donc, tu dois préparer par rebond Hawaï avec comme étape intermédiaire Nice pour la qualif. Donc, ça va être une sacrée année de préparation 2026.
Bertrand LEMANCQ : Oui, ça va être une… Donc, il faut bien réfléchir les compètes que je veux faire. Et puis, en plus, c’est en juin. Et après, ici, je fais des petites compètes régionales. Tu vois, en avril, il n’y en a pas beaucoup. Ça commence un peu en mai. mai-juin, il ne faut pas… Ça va être… Je ne sais pas. Je ne sais pas trop encore, mais on va voir parce que d’habitude, je fais souvent des compètes. Tu vois, Nice, enfin, Tallinn ou Vichy, c’était en août. Donc, c’était plus facile pour moi. Là, ça sera une prépa différente. On verra bien. Je vais voir. Je ne sais pas trop. On verra. Mais j’y crois. J’y crois. De toute façon, il faut y croire. Si on n’y croit pas, ça ne marche pas.
Ermanno : Si on n’y croit pas, effectivement, ça ne marche pas. Écoute, je te remercie pour ce compte-rendu, pour être revenu avec nous sur cet épisode important dans ta vie de triathlète. Et puis, tu as diffusé plein de petites infos qui, je pense, serviront aussi à nos auditrices et nos auditeurs. J’espère. Je ne vais pas pouvoir m’empêcher de te refaire le coup de la question devenir triathlète. Quel est, ton meilleur conseil ? Puis, on pourra comparer aussi avec ce que tu as dit il y a 18 mois, mais c’est quoi ton meilleur conseil pour devenir triathlète, Bertrand ? Toi, qui as été jusqu’au championnat du monde et puis, qui les a à nouveau en ligne de mire ?
Bertrand LEMANCQ : Ouais, mon meilleur conseil, c’est d’être patient. C’est d’être patient. C’est vraiment la patience. C’est la patience. Il y a deux choses pour moi. C’est la patience et le plaisir. En fait, quand j’analyse toutes mes compétitions, à chaque fois où j’ai performé, c’est quand j’ai pris du plaisir à le faire sans mettre la pression en me disant j’y vais, on verra ce qui se passe. J’ai quand même mes objectifs, mais je ne me fais pas de stress supplémentaire. Je me dis,
Bertrand LEMANCQ : il n’y a rien à changer, mais prends du plaisir. Kiffe le moment. À Hawaï, j’ai kiffé le moment. Même si ça a été dur par moments, j’ai kiffé la natation, le vélo, j’ai moins kiffé parce qu’après, c’est vrai que tu vas faire un Ironman à Nice et un Ironman à Hawaï, le paysage n’est pas le même. Donc, tu ne vas pas le kiffer. Tu vas le kiffer différemment. Donc, il faut vraiment prendre du plaisir. Ça, c’est la première chose. Quand tu pars pour faire un entraînement, même si ça va être dur, prépare-toi mentalement avant d’aller faire
Bertrand LEMANCQ : ça va être dur, mais il faut que je prenne du plaisir dans ce truc-là, dans se fractionner. Même si ça va être dur, ça va être bien parce que je vais faire du sport, je vais être dehors. Il faut essayer de trouver une source de motivation qui fait qu’on prend du plaisir. Et ça, des fois, ce n’est pas tout le temps évident, mais moi, c’est les premières choses. Et puis, comme je disais tout à l’heure, quand tu essayes un triathlon, après, que ce soit amateur ou pas, je veux dire, chacun son niveau. Je veux dire, tu peux aller aussi juste… Moi, j’en ai vu à Hawaï qui était handicapé, qui était nain, qui était handicapé, qui était machin. Tu les vois, ils font le truc. Je veux dire, tout le monde est capable de faire un triathlon ou peu importe. Le tout, c’est de se dire chacun à sa mesure. Ce n’est pas… Le but, c’est de profiter de l’ambiance, profiter des gens qui t’encouragent. Et ceux qui t’encouragent, ce n’est pas forcément des triathlètes et ils admirent ce que tu fais. Et l’arrivée, c’est la récompense des efforts que tu as fait avant. C’est une récompense et c’est du plaisir aussi. Je pense que quelqu’un qui va faire un S qu’il n’a jamais fait, il va passer la ligne d’arrivée, il va être content. Et c’est ça. Et à partir du moment où tu prends du plaisir et tu es heureux dans ce que tu fais, le reste suit en fait.
Ermanno : Écoute, on suivra et on suivra ton reste et notamment, je l’espère, je croise les doigts pour toi, tous les doigts, Hawaï 2026. Rappelle-nous, où est-ce qu’on te suit ou est-ce qu’on t’encourage sur les réseaux sociaux ?
Bertrand LEMANCQ : Eh bien, sur Facebook, Bertrand Le Manque, j’y suis pas mal, Instagram aussi et puis Strava. Strava, moi, c’est Beberto, Beberto. C’est 2 T O. Et après, j’étais pas mal avant sur Strava, je suis un petit peu moins. Après, on peut voir ce que je fais comme entraînement et voilà, il n’y a pas de souci, moi, je ne cache rien et voilà.
Ermanno : Eh bien, écoute, Bertrand, Beberto, vas-y, vas-y.
Bertrand LEMANCQ : Et ouais, je voudrais juste rajouter un truc, c’est un truc que je voudrais dire, c’est que je suis un peu plus pour les organisateurs, en fait. Il y a un truc qui, ça ne me désespère pas, tu vois, mais je trouve que souvent dans les compétitions, et c’est pour ça que j’aime bien Ironman, parce qu’en fait, ils récompensent toutes les catégories. Je dis, je ne dis pas, vous n’êtes pas, enfin, je parle aux organisateurs de compétitions de triathlon, je fais, vous avez des jeunes qui vont être devant vous, forcément, moi, je ne vais pas faire premier, il y aura des mecs qui seront meilleurs que moi et ce qui est normal parce qu’ils sont plus jeunes. Je dis, mais récompensez, même si c’est qu’un podium, on ne demande pas, on ne demande pas d’avoir des fleurs ou un truc, juste le podium, ça fait quoi ? Ça fait une récompense pour les efforts qu’on a fait. On s’entraîne autant que les jeunes qui gagnent, qui sont premiers, deuxièmes, troisièmes. Je vois souvent dans les compétitions, les organisateurs, quand ils font des choses, ils ne font pas de podium pour les catégories, ils font, allez, la majorité du temps, c’est V, V, Master 1 ou V1, ils font un podium, ils font un podium pour le premier. Je dis, mais allez-y, faites un podium pour tout le monde, ça va vous prendre quoi ? Ça va vous prendre, peut-être 5 minutes fois la catégorie, on va dire, il y a 6 catégories, ça va faire 30 minutes de plus, c’est quoi 30 minutes ? Et au moins, les gens, ils seront contents, ils auront envie de revenir à votre compétition aussi parce qu’il y a des compétitions, franchement, des fois, je me dis, je suis le premier dans ma catégorie, je ne suis pas récompensé parce que je suis V3, ça me saoule un peu, tu vois, je me dis, j’ai fait tout ça pour ça et je suis le premier, il n’y a rien. Après, c’est le petit truc que je voulais dire, le petit coup de gueule mais gentil en fait en disant aux organisateurs, moi le jour, si j’organise une compétition ou si je fais un truc, je ferai un podium pour tout le monde. Je me dis, voilà, mais même s’ils ne donnent rien, tu donnes un au premier, deuxième, troisième et les autres, tu ne donnes rien, tu fais juste monter sur le truc, hop, tu m’applaudis, tu es content, tu sors, voilà. Moi,
Ermanno : j’irais même encore plus loin, tu vois, j’aimerais bien qu’il y ait un podium pour les trois derniers. Alors, pas les trois derniers de chaque catégorie parce que sinon, on ne s’en sort plus mais les trois derniers de la course, l’avant-avant-dernier ou avant-avant-dernière, l’avant-dernier et puis le tout dernier parce que mine de rien, c’est le dernier qui passe la ligne de ceux qui sont arrivés. Soit, donc on exclut ceux qui ont été éliminés, ceux qui ont été disqualifiés, ceux qui n’ont pas terminé et donc ces trois derniers-là, ils sont presque aussi méritants que les trois premiers qui montent sur le podium et moi, j’aimerais bien voir sur toutes les courses un podium des trois derniers et tant qu’à faire qu’ils montent à côté des trois premiers de la course. Ça pourrait être vachement sympa.
Bertrand LEMANCQ : Ah mais ouais, moi je veux dire, en fait, quand on fait un triathlon, c’est bien, il y a la performance mais il y a aussi le plaisir et on voit qu’il y a de plus en plus de gens qui adorent le triathlon, qui se passionnent par le triathlon et qui font du triathlon même que ce soit premier ou deuxième comme tu dis et ouais, c’est comme une fête, tu vois, comme à Hawaï, c’est une fête du triathlon, il faut prendre ça comme une fête même si c’est une compétition, c’est une fête aussi quoi et ça, c’est un peu dommage, je trouve que et tu as raison de dire ça aussi, Ermanno, parce que je suis d’accord avec toi, même le dernier, l’encourager le dernier, c’est super important parce que lui, il a passé combien de temps à faire son truc ? Il a passé peut-être trois, quatre fois plus de temps que toi. Je regarde, 80 ans, elle, à la fin, elle applaudit par tout le monde. C’est une Américaine, ça se trouve, elle va être interviewée par les Américains par des chaînes ou je ne sais pas parce qu’elle a fait ça. C’est énorme, c’est génial, c’est des trucs, je trouve ça important que tu le dises aussi, c’est bien.
Ermanno : Écoute, on va militer pour ça Bertrand. Ouais. Je te remercie encore pour ce bon moment qu’on a à nouveau partagé ensemble et puis, on fera le troisième épisode une fois que tu reviendras d’Hawaï en 2026, ça marche ?
Bertrand LEMANCQ : Ouais, merci Ermanno, ça me fait trop plaisir de pouvoir être sur le podcast et pouvoir discuter avec toi de tout ça et que tous les gens qui font du trail long, c’est un plaisir. Et si ça peut les amener à faire du trail long et qu’ils soient passionnés comme nous, c’est top quoi.
Ermanno : Merci beaucoup Bertrand.
Bertrand LEMANCQ : Allez, salut Ermanno, bonne journée à toi.
Ermanno : Bon, reste encore.