#473 Manon Laporte : de nageuse réticente à pépite du triathlon français

🤔 « Je détestais qu’on me dise que j’étais triathlète. » — Manon LAPORTE

🎙️ Dans cet épisode, on plonge dans le parcours atypique de Manon Laporte, 19 ans, nageuse de formation devenue l’une des jeunes triathlètes françaises les plus prometteuses. Elle raconte comment elle est passée d’une jeune sportive « allergique » au mot triathlon à une athlète internationale, 3e aux championnats du monde juniors de Hambourg.

On parle progrès fulgurants, cohérence d’entraînement, maturité sportive, gestion du cycle menstruel, prévention des blessures — ce KPI essentiel dont on parle trop peu — et de pourquoi le triathlon récompense ceux qui durent.

🏃🏼‍♀️ Notre invitée :

📝 Quelques punchlines à retenir :

• « Je détestais qu’on me dise que j’étais triathlète. »

• « Si les trois disciplines ne se parlent pas, tu t’épuises. »

• « Le triathlon est un sport de maturité tardive. Ne te précipite pas. »

• « Le vrai KPI, c’est d’éviter la blessure. »

• « Le plus important, c’est de savoir bien nager, bien rouler, bien courir. »

• « Je suis plus forte quand j’ai mes règles. »

💡 Le conseil de Manon

« Ne te précipite pas. Écoute ton corps. Le triathlon récompense celles et ceux qui durent. »

🤔 Et pour finir ?

Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à 1 ami qui rêve de se lancer en triathlon — et on enregistrera son premier compte-rendu !

PS : nous sommes maintenant sur Strava ! https://www.strava.com/clubs/DevenirTri !

💬 La transcription de l’épisode

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Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Pour celles et ceux qui regardent la vidéo, vous avez peut-être remarqué que j’ai à peu près le même intérieur et à peu près le même t-shirt qu’un autre épisode que j’ai publié il y a peu de temps, c’est normal, je fais plusieurs enregistrements dans la même journée et je n’ai pas pensé à me changer entre temps. En revanche, je n’ai pas le même invité. Ce matin, c’était avec Laura Gauthier et aujourd’hui, c’est avec Manon Laporte. Salut Manon !

Manon LAPORTE : Salut !

Ermanno : Comment vas-tu ?

Manon LAPORTE : Ça va très bien, ça va très bien et toi ?

Ermanno : Ça va, je vois que tu as un mur bien sympa. Alors tout à l’heure, quand tu as pris le call, c’était sur ton téléphone, on le voyait mieux. Là, on est un petit peu plus d’en bas. Rapidement, avant que je te laisse te présenter, tu nous parles un petit peu de tous les dossards qui sont affichés derrière ?

Manon LAPORTE : Bah du coup, ça c’est les plaquettes qu’on a là où on pose notre vélo, où il y a notre nom, notre dossard, notre nation. Et on peut les récupérer généralement, pas tout le temps. Par exemple, là, j’ai fait une course. Là, il y a dix jours et on n’a pas pu le récupérer. Mais on peut les récupérer et puis voilà, je les mets tous au même endroit, comme ça.

Ermanno : Ça te fait des bons souvenirs ?

Manon LAPORTE : Oui, bah, des fois, il y a des courses qui se passent bien, mais je sais pas, je trouve ça sympa de mettre ça au mur.

Ermanno : Ouais, tu m’étonnes. Non, mais t’as raison, c’est très cool. Rapidement, si tu devais en choisir une, là, dans toutes les plaques, laquelle tu prendrais par rapport à un souvenir, par rapport à une réussite, par rapport à un objectif atteint ?

Manon LAPORTE : Bah déjà, là, il y a… On voit pas, c’est à l’envers, mais celle-là, c’est celle d’Ambourg et c’est un peu ma meilleure course. Donc, c’était il y a deux ans, c’était les championnats du monde où j’ai été en mi-troisième. Mais globalement, c’est tous des bons souvenirs. J’ai jamais fait de course vraiment mauvaise où j’étais pas du tout en forme. Donc, voilà, mais oui, Ambourg, c’est un peu le meilleur niveau que j’avais atteint, en tout cas, à l’époque. Enfin, le meilleur résultat, en tout cas, que j’ai eu de ma carrière pour l’instant. Donc… Voilà.

Ermanno : J’adore ta simplicité quand tu t’exprimes, ça a l’air super sympa. Bah écoute, je te l’avais dit, c’était la petite question bonus que je ne pose pas toujours, mais juste pour briser un peu la glace et puis pour rentrer dans la présentation. Ce que je te propose, c’est peut-être de te présenter. Donc, dis-nous tout, qui est Manon Laporte ?

Manon LAPORTE : Bah du coup, donc, je m’appelle Manon, j’ai 19 ans, je vais avoir 20 ans dans un mois. Et j’habite à Saint-Raphaël. Donc, en fait, je m’entraîne au pôle Espoir de Bouvry, c’est donc à Saint-Raphaël aussi. Et du coup, je fais du triathlon, de toute façon, c’est un peu le sujet du podcast. Mais voilà, je suis en L2 de STAPS, en distantiel, parce que je suis médaillée en deux ans. Donc, en gros, c’est ma troisième année, mais du coup, je suis en première année de L2. Enfin, c’est un petit peu technique, mais voilà. Et puis, globalement, c’est à peu près tout.

Ermanno : Bon, j’espère que c’est pas tout. Parce que sinon, on va arrêter le podcast au bout de trois minutes. Blague à part, toi, t’as commencé le triathlon, ou plutôt t’as commencé le sport, comment et à quel moment ?

Manon LAPORTE : Alors, moi, j’ai toujours, toujours fait du sport, parce que mes parents étaient des sportifs. Surtout, mon père faisait du tir à l’arc et ma mère faisait de la natation. Elle a fait aussi un peu de gym quand elle était jeune. Du coup, forcément, on a commencé par nager. Donc là, ça fait 15 ans que je nage. J’ai commencé quand j’avais 5 ans. Donc, en fait, j’ai toujours nagé. Et je faisais plein d’autres sports. Je faisais, quand j’étais très jeune, en gros, j’avais entre mes 5 ans et mes 10 ans. Je faisais du judo, j’ai fait de la GRS. Un petit peu d’éveil athlétique aussi. J’ai fait quoi d’autre ? De l’équitation, du Pound Games. C’est à peu près la même chose. Et puis, voilà. Et puis, donc là, j’habitais au nord de Paris, dans une ville qui s’appelait Louvre. Donc, c’est juste à côté de Roissy-en-France. Quand j’ai déménagé, donc à Tône-en-les-Bains, là où mes parents habitent actuellement, on a voulu plutôt, enfin, mes parents surtout, parce que c’était eux qui se tapaient le plus relou du truc, quoi. Ils m’emmenaient tout le temps, tous les soirs, à des activités sportives. Et bien, on a décidé de faire un petit peu moins de sport. Alors, je faisais toujours… Ah, je n’avais pas dit que je faisais… Ah si, j’ai nagé. Si, je l’avais dit tout à l’heure. Du coup, je faisais toujours de la natation, de l’équitation et de la GRS. Voilà, c’est les trois sports qu’on avait gardés. Et puis, je courais… Enfin, je ne faisais plus d’athlétisme, mais j’ai fait quand même des crosses du collège parce que du coup, je suis arrivée, j’étais en sixième, donc j’avais 10 ans. Et en fait, j’ai gagné les crosses du collège. Et du coup, je me suis qualifiée aux crosses Huxel. Donc, moi, j’étais dans le privé, donc c’était Huxel.

Ermanno : Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’équivalent de l’UNSS, mais dans l’enseignement privé. Et l’UNSS, pour les non-français, c’est l’Union Nationale du Sport Scolaire. Donc, en fait, c’est… Ce n’est pas uniquement le sport que l’on fait dans le cadre de son éducation, de sa scolarité. C’est le sport qu’on fait en plus quand on est à l’école. Alors, c’est souvent, en tout cas en France, le mercredi après-midi parce que c’est le mercredi après-midi qui est libéré pour la majorité des écoliers. Et puis, ça va de l’UNSS quand on a 7-8 ans jusqu’à l’université, en fait. Et c’est souvent la porte d’entrée pour la découverte de pas mal de sports, voire même pour certains. Et pour certaines et certains, la porte d’entrée aussi du haut niveau.

Manon LAPORTE : Oui, tout à fait. Et donc, du coup, j’avais gagné les Cross Uxelles. Donc, en sixième, ça va jusqu’au région où il n’y a pas les Champions de France encore. Et en fait, j’avais une copine qui m’avait proposé de rejoindre son club de course à pied FFA pour compléter l’équipe parce qu’elles étaient trois, il faut être quatre. Et donc, du coup, c’est comme ça que j’ai commencé un petit peu… J’ai commencé la course à pied en FFA. Donc, j’y suis allée, je crois que c’était en janvier 2017, je crois. Je ne veux pas dire de bêtises, mais je crois que c’est ça. Et donc, j’ai gagné les Cross Uxelles FFA alors que je ne courrais jamais. Et donc, là aussi, ça s’arrêtait aux régionaux. Donc là, j’étais pas jamie. Et du coup, en fait, l’entraîneur de course à pied, il s’est dit que j’avais, je pense, du potentiel. Et du coup, il voulait que j’aie du potentiel. Donc, j’ai fait nos entraînements. Mais vu que nous, on avait plutôt accès sur la natation. Et bah, vu que ça faisait louper les entraînements de natation, au début, je nais une fois par mois. Et puis, je nais après deux fois par mois. Et donc, voilà. Et en fait, donc, ma mère nageait aussi. Et une de ses amies, qui était triathlète, lui a dit, mais ta fille, elle nage bien. Elle court bien. Ce serait bien qu’elle fasse un aquatelon. Et du coup, toujours en 2017, j’ai fait un aquatelon. J’ai gagné. Et c’était, en fait, les sélectives pour les France. Et donc, du coup, après, je suis allée au championnat de France. Et donc, là, j’avais fait 15e. J’étais très contente. Et en plus, c’était ma première natation en eau libre. Donc, moi, j’ai très peur de nager dans les lacs. Donc, toujours maintenant. Et donc, du coup, c’est comme ça, en fait, que j’ai commencé le tri. Donc, j’ai commencé, du coup, à m’entraîner un peu plus en course à pied. Mais un peu plus, c’était, genre, deux fois par mois. Après, une fois par semaine. Pendant longtemps, ça a été une fois par semaine. Et puis, après, donc, l’année suivante, j’ai fait deuxième au championnat de France d’aquatelon. Donc, là, j’étais Benjamin II. Et là, du coup, ça a commencé un peu plus à me mettre dans le concret. Donc, j’ai commencé à plus courir. Et j’ai arrêté la gym. Pas l’équitation, pas encore. Et en fait, après, on bat chez les minimes. Il faut rouler. Mais moi, je ne sais pas faire de vélo. Je suis trop nulle. Et donc, du coup, après… En fait, je me faisais défoncer et tout. C’est vraiment… En fait, je nageais sur les premières en vélo. En plus, techniquement, dans les virages et tout, j’étais nulle. J’avais peur. Et donc, en fait, je me faisais défoncer en vélo. Et en course à pied, je courais. Mais bon, du coup, en fait, je faisais tout le temps entre top 5, top 10. Ce qui n’est pas forcément trop mal. Mais en fait, le truc, c’est que moi, sans le vélo, je faisais deuxième. Enfin, je faisais un podium, quoi. Donc, du coup, avec mes parents, enfin, avec ma mère. C’était surtout avec ma mère qu’on prenait ces décisions-là. Sur mon traitement. C’était… On se disait, bon, bah, on va m’inscrire dans un club de vélo pour faire du vélo. Parce que du coup, là, j’étais inscrite dans un club de natation, un club de course à pied et un club de vélo. Et donc, du coup, c’est comme ça que j’ai commencé un petit peu le vélo, mais hyper timidement. Et je roulais une fois par semaine, mais pas très longtemps. Et donc, du coup, c’était difficile. Enfin, en vélo, c’était toujours compliqué. Et donc, quand je passais cadette, que là, le format a augmenté. Là, c’était dur. Mais bon, c’est comme ça que j’ai commencé le traitement. Et puis, voilà, à peu près, ça a continué. J’ai progressé tout.

Ermanno : Excellent. Alors, juste pour préciser, tu parlais de FFA. Donc, ça, c’est la Fédération Française d’Athlétisme. Bon, j’espère quand même que parmi celles et ceux qui nous écoutent, vous connaissez. C’est le pendant de la FF3, donc la Fédération Française de Traitement, mais pour l’athlétisme. L’athlétisme qui regroupe tous les sports de course à pied et est lié à l’athlétisme. Donc, ça va de la course sur piste, enfin, du 100 mètres sur piste jusqu’à… Jusque le saut à la perche ou le marathon. Du plus ou moins long sur piste et du plus ou moins long en indoor et du plus ou moins long en extérieur sur route. Tu as parlé aussi d’aquatelon. Donc, bon, c’est un podcast de triathlon. Normalement, on connaît, mais l’aquatelon, c’est vraiment nager, courir, retourner dans l’eau et recourir. Alors, je ne sais plus combien de fois il y a. Je pense que ça dépend aussi des catégories.

Manon LAPORTE : Non, nous, on fait juste nager, courir. C’est le swim and run. Ok. On fait plusieurs fois. Mais là, l’aquatelon, ce n’est que la natation pour sa pied. Mais ça ne dure pas longtemps. Du coup, c’est vraiment l’histoire d’un quart d’heure pour les formats XS et 20 minutes, 25 minutes pour les formats S.

Ermanno : L’aquatelon qui est assez sympa, d’ailleurs. Mais moi, j’en ai fait justement où tu nages, tu cours et après, tu retournes dans l’eau et tu ressors courir. Et c’est assez sympa. C’est quand même très, très, très explosif. Et comme c’est très souvent en piscine, bon, ça ne doit pas trop te changer. Toi qui as peur de nager en lac ou en eau libre. Mais il y en a aussi en eau libre, pour le coup. Je sais qu’il y en a très bien au Havre, en Normandie. Et c’est comme ça que tu mets un petit peu un pied dans le triple effort. Mais toi, tu ne fais pas du triple effort dans le cadre de triathlon. Tu fais de la natation, tu fais de la course à pied et tu fais du cyclisme. Bravo. Je comprends que tes parents, au bout d’un moment, ils en aient marre de te balader à droite, à gauche.

Manon LAPORTE : Oui, c’est sûr. C’est une des motivations qui a fait qu’après, j’ai changé de cadre d’entraînement. Mais surtout, en plus, en fait, là où j’habitais avec mes parents, c’est assez enclavé, en fait. Et il y avait un club de triathlon, mais ils ne proposaient pas assez de natation, par exemple. Alors que du coup, moi, je nageais déjà bien. Puis, j’avais mon club de course à pied. Et puis, en fait, le club de triathlon ne proposait pas forcément des entraînements adaptés en course à pied. Et puis, en vélo, ce n’était pas du tout ce qui était pour moi. Enfin, c’était des adultes. En fait, vu que c’était un club beaucoup axé sur les adultes, pour moi, c’était pour, entre guillemets, l’interférence. Parce que j’étais jeune. Donc, j’étais jeune. Je n’étais pas du tout dans un projet de performance. Mais pour essayer de performer un petit peu à mon échelle et à mon âge, ce n’était pas du tout adapté. Donc, c’est pour ça que j’étais dans trois clubs différents. Mais du coup, oui, c’est sûr, pour faire du triathlon, où c’est un sport enchaîné et tout, ce n’était pas très propice, quoi.

Ermanno : C’est marrant parce que tu dis que tu étais jeune. Toi, tu parles de 2017. Pour toi, c’est très, très loin. Pour moi, 2017, c’était hier. Bon, bref. Papy, s’arrête là. Tu dis que justement, tu ne t’inscrivais pas encore dans un schéma de recherche de la performance. À quel moment ça commence, ça ? À quel moment tu fais tes premiers triathlons et tu te dis, ouais, ce serait peut-être mieux si j’étais, alors à défaut d’être dans un club qui fait les trois, au moins à un endroit où les trois entraîneurs se parlent pour optimiser la performance ?

Manon LAPORTE : Alors, je pense que je n’ai jamais eu de réelle prise de conscience, en tout cas de moi-même. C’était surtout, je pense, mes parents, puisque j’étais encore jeune. Enfin, j’avais, j’étais, j’avais quoi ? Je pense 12, 13 ans quand j’ai commencé à un petit peu performer. Et du coup, c’était surtout mes parents qui s’en rendaient compte parce que moi, je ne me rendais pas compte. J’avais gagné toutes les crosses que j’avais faites. Enfin, donc en fait, pour moi, il n’y avait rien qui a changé, même si pour moi, la course du coin, c’était pareil qu’en fait les France de tri. Je ne me rendais pas compte. Donc. Donc, du coup, ouais, c’est en fait, c’est avec le Covid où je n’ai pas pu bien m’entraîner. Là, enfin, je dis on parce que c’est avec mes parents. On s’est rendu compte que c’était compliqué de s’entraîner un petit peu isolément comme ça et sans réelle programmation. Donc, du coup, justement, après ça, on m’a proposé de postuler au Pôle Espoir de Montpellier. Par contre. Et donc, j’étais d’accord avec ça. Et c’est à partir de ce moment là que c’était en 2022, je dirais. Je ne sais plus trop par là. 2021 2022 que c’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à prendre conscience que j’avais un niveau pas normal. Du coup, j’avais un bon niveau et qu’il fallait commencer à s’entraîner dans le spécifique du triathlon. Parce que moi, avant, je détestais qu’on me dise. Que j’étais très athlète. Vraiment, je détestais ça. Vraiment, je dis non, j’étais une nageuse, une coureuse, pas une cycliste parce que j’étais trop nulle. Mais je n’étais pas très athlète parce que pour moi, être athlète, c’était un mauvais nageur. Enfin, je n’avais pas du tout la vision que j’ai actuellement.

Manon LAPORTE : Mais donc, je détestais qu’on me dise que j’étais très athlète. Et donc, c’est pour ça qu’au début, j’hésitais vraiment à m’investir 100% dans le triathlon. Mais finalement, j’ai sauté le pas. Et tant mieux.

Ermanno : Et comment tu arrives à Montpellier du coup ? Donc, tu postules ? Ouais.

Manon LAPORTE : Alors, je postule, mais j’ai été refusée. Et j’ai été refusée. Et du coup, finalement, j’ai quand même bougé. Je suis allée m’entraîner avec mon club de tri qui était à l’époque, enfin qui est toujours d’ailleurs, le Val du Dauphine Olympique. Donc, ce n’est pas très loin de Lyon. Donc, ce n’est pas non plus si loin de ça de chez mes parents. Mais il y a près de 2 sœurs, 2 sœurs et demi d’autres, ça dépend. Donc, ce n’est pas non plus à côté, à côté. Donc là, j’avais 15 ans. Et donc, du coup, en fait, j’ai dû m’habiter seule. Donc, ça a duré 2 ans. Et puis voilà. Donc, c’est comme ça que j’ai commencé vraiment à m’investir à 100% dans le triathlon. Et puis voilà. Et donc là, directement, en fait, j’ai progressé tout de suite. Mais tout de suite. Parce que du coup, j’étais en deuxième année. Enfin, en fait. J’étais première année cadette. Mais c’était la fin de saison. Enfin, il restait une compétition. Donc, voilà. Et du coup, sur ma deuxième année de cadette, là, on a vu direct la différence. Déjà, en vélo, ce n’était plus du tout pareil. Enfin, avant, en vélo, je ne faisais que sauter du groupe. Enfin, c’était un truc de fou. Je ne tenais pas les roues et tout. Et donc, voilà. Ça a tout changé. Vraiment tout changé. Donc, j’ai eu ma première sélection en équipe de France cette année-là. Enfin, vraiment, ça a tout changé. Donc, j’avais déjà… Je commençais à monter dans les trois sports de manière cohérente. Parce que faire à fond en natation, à fond en vélo et à fond en course à pied, ça ne sert à rien. Donc, je m’entraînais de manière cohérente. Je m’entraînais un peu plus aussi. Et puis, mieux. Enfin, c’est ce que je disais avant. Voilà. Je me répète. Mais voilà.

Ermanno : Non, non. Mais c’est intéressant, effectivement, le côté s’entraîner de façon plus cohérente. Et tu vois, c’était le sens de ma question tout à l’heure. C’était. À quel moment tu as pu, à défaut de t’entraîner dans un club, t’entraîner avec des entraîneurs qui se parlent entre eux ? Parce qu’effectivement, c’est la clé. Tu peux faire à fond la natation. Tu peux faire à fond le vélo. Tu peux faire à fond la course à pied. Mais au final, si les trois ne se parlent pas et si toi, tu n’as pas la capacité à faire le lien et à trouver de la cohérence entre les trois entraînements, tu vas t’épuiser plus qu’autre chose. Et peut-être que les cycles, les objectifs ne seront pas les mêmes suivant le sport que tu fais. Tu vas préparer dans lequel tu vas t’entraîner. Donc non, mais ça, c’est super intéressant. Et tu avais donc 15 ans à cette époque-là.

Manon LAPORTE : Ouais, j’avais 15-16 ans. Alors vu que je suis de fin d’année, moi, je compte vraiment à mon âge à laquelle j’ai bougé. Mais c’est dans mon année des 16 ans, en fait. Donc ouais, j’étais en première. Voilà. Donc ouais. Voilà. Et puis non, j’ai rien à ajouter, en fait.

Ermanno : J’adore, c’est mignon. Donc là, tu t’entraînes à Lyon toute seule pendant deux ans. Enfin, toute seule. Ouais, c’est ça, pardon. Tu vis toute seule à Lyon.

Manon LAPORTE : Avec, du coup, le club, en fait. Mais là, il y avait un groupe jeune, quand même. Ce qui n’est pas le cas dans tous les clubs de triathlon. Ce qui fait qu’en fait, il y a une vraie école du triathlon. D’ailleurs, là-bas, je crois qu’ils sont labellisés pour ça. Et ce qui fait qu’on avait un groupe d’athlètes de mon âge. On n’était pas très nombreux quand il y avait mon âge. Mais il y avait quelques athlètes un peu plus jeunes. Mais même s’ils n’avaient pas forcément le même âge que moi, ils avaient un peu plus forcément mon niveau. C’était toujours plus intéressant pour moi d’être là-bas avec ces jeunes. Enfin, jeunes, je dis jeunes. Ils avaient un ou deux ans de moins que moi. On ne s’est pas si jeunes. Mais ouais. Voilà. C’était bien.

Ermanno : Et tu étais la seule à vivre seule pour pouvoir t’entraîner ou les autres vivaient plutôt à la maison chez papa, maman ?

Manon LAPORTE : Alors, ouais, c’était très exceptionnel. En fait, donc, quand j’ai décidé de postuler à Montpellier, j’étais déjà à ce club-là, au Val du Dauphiné. C Et l’entraîneur du club avait dit, si ça ne marche pas avec Montpellier, on va essayer d’organiser un truc, du coup, à la Tour du Pain parce que c’est la ville là où le club est basé. Et avec le lycée, on va essayer de, parce qu’en fait, il y a un internat aussi au lycée, donc on va essayer de faire quelque chose et tout ça. Et donc, vu que ça ne s’est pas fait avec le Crêpes de Montpellier, enfin le Pôle de Montpellier, eh bien, on a, enfin, c’est plutôt mon ancien entraîneur de triathlon, du coup, Sébastien Alagna. Qui a monté un petit truc, mais entre guillemets spécialement pour moi parce qu’il n’y avait personne qui faisait ça là-bas. Donc, en fait, la première année, j’ai été à l’internat les semaines et les week-ends et les vacances en appartement et la deuxième année en appartement et j’étais la seule à faire ça. Mais voilà.

Ermanno : Impressionnant, déjà, la maturité que ça demande et puis l’émancipation que tu gagnes à 15-16 ans pour pouvoir mettre aussi bien toutes tes chances sur le côté sportif, mais aussi sur le côté scolaire.

Manon LAPORTE : Ouais, c’est sûr que ce n’est pas, enfin, alors moi, je ne l’ai pas du tout mal vécu. Ça s’est très bien passé, mais quand je raconte ça, souvent, les gens me disent que j’étais très jeune et que, enfin, ils disent, ça devait être difficile. Alors moi, ça ne m’a pas du tout paru difficile parce qu’aussi, je pense que j’étais bien entourée. Et peut-être aussi le fait que je n’ai pas immédiatement vécu seule, ça a peut-être aussi aidé. Le fait que j’étais quand même au lycée et quand j’y vais seule, la journée, j’étais au lycée, c’était juste le soir où j’étais toute seule chez moi. Donc, je pense que la transition, c’est quand même bien fait et c’est, voilà, c’était important aussi d’être au lycée parce qu’il y avait aussi une autre solution, c’est d’aller au CNED. Mais, enfin, pour moi, jamais de la vie, quoi. J’aimais trop aller à l’école. Enfin, vraiment, moi, j’ai adoré aller à l’école et avec mes copines et tout. Donc, c’est ça. Donc, voilà. Je suivais un cursus normal. Je n’avais pas d’horaires à ménager avec le lycée, mais ça se passait très bien et c’était très compréhensif. Quand je ratais l’école pour des compétitions, ça allait très bien.

Ermanno : Et donc, le CNED, ce n’était pas pour toi et maintenant, tu fais ta licence en distanciel. OK. C’est logique.

Manon LAPORTE : Ouais. Après, là, maintenant, j’ai acquis beaucoup plus de maturité sur ce plan-là parce que ce n’est pas facile d’être soi-même. C’est pas facile d’être soi-même son professeur entre guillemets parce qu’il n’y a pas… Enfin, au lycée, quand tu as 16 ans, je pense, apprendre de soi-même tout seul les cours, c’est très compliqué. Là, maintenant, j’ai 19-20 ans, ça va très bien. En plus, vu que j’ai mes années en deux ans, ce n’est pas non plus trop compliqué. Mais peut-être faire toute une année scolaire normale avec les entraînements en un an, c’est peut-être un peu compliqué aussi.

Ermanno : Donc là, tu nous as dit première année, tu progresses tout de suite, surtout en vélo. Qu’est-ce qui se passe après ? Parce que là, tu nous dis que tu fais deux ans près de Lyon. Mais après ?

Manon LAPORTE : Du coup, j’ai passé mes deux années là-bas. Et en fait, quand j’ai passé mon bac, il fallait faire des études sup. Et il fallait aussi que j’augmente mon volume horaire parce que j’étais à max 15 heures là par semaine. Mais en fait, il y a des athlètes qui courent avec moi sur le plan international qui s’entraînent 30 heures déjà. Et moi, je suis à 15 heures. Donc… Il fallait que j’augmente le volume horaire aussi. Et aussi, ça ne passait pas forcément très bien dans le groupe. Donc du coup, tout ça a fait que j’ai voulu rejoindre du coup le pôle sport de Boulouris cette fois. J’ai changé de structure. Et là, cette fois-ci, j’ai été acceptée. Et donc là, du coup, ça fait deux ans. Là, c’est ma troisième année que je m’entraîne au pôle. Et donc là, j’ai pu augmenter du coup mon volume horaire et continuer à progresser. Tranquillement. Et du coup, aussi pouvoir faire mes études en STAPS parce que c’est forcément avec un pôle. Il faut forcément être au CREPS en fait pour pouvoir bénéficier de cette formation.

Ermanno : Et comment ça se fait maintenant un peu avec le recul que tu as été refusée à Montpellier et après, tu as été acceptée à Boulouris ? Alors, il y a eu quelques années qui se sont passées entre temps. Ce n’était pas forcément le même niveau scolaire non plus, ni même la même maturité. Mais est-ce que tu sais ce qui a pêché pour toi à Montpellier et qui au contraire, c’est ce qui l’a fait pour Boulouris ?

Manon LAPORTE : Alors déjà, sur le plan sportif, je n’avais pas les mêmes résultats. Déjà ça. Ensuite, moi, le motif du refus, c’était que je n’avais pas le bon profil psychologique. Peut-être qu’ils ne pensaient pas que j’aurais été capable de me séparer entre moi et mes parents. Sauf que je l’ai fait par la suite. Donc, ce n’est pas du tout un problème. Après, en fait, je rencontrais les cadres de ces structures sur des stages. Ce sont des stages de détection un petit peu des athlètes jeunes. Et ça ne se passait pas toujours super bien sur les stages parce que je supportais très mal la confrontation avec les autres athlètes. En fait, je me sentais très en compétition. Enfin, je ne saurais pas expliquer vraiment pourquoi, mais je ne me sentais pas super bien. Donc, peut-être qu’ils disaient que ça n’allait pas trop. Je ne sais pas. Mais donc, pas de regrets. Pas de regrets. Je suis très contente d’être à Saint-Raphaël maintenant. Je suis très contente de la manière dont ça s’est produit parce que maintenant, j’attends un niveau. Enfin, je ne sais pas. J’espère que ce n’est pas fini, mais je suis à un niveau de performance quand même assez élevé pour quelqu’un qui a 20 ans. Et mon parcours a fait que j’ai progressé de manière linéaire, ce qui est quand même bien parce que parfois, on peut atteindre un niveau très élevé jeune et ne plus trop progresser. Et ça, ce n’est pas facile. On peut l’accepter. Donc, je suis quand même contente de la manière dont mon parcours s’est fait.

Ermanno : Tes premières sélections en équipe de France quand tu es jeune. Et ensuite ?

Manon LAPORTE : Du coup, donc, j’ai première sélection en équipe de France, cadette 2. Donc là, j’avais fait championnat d’Europe, championnat du monde junior et championnat d’Europe youth. Et ensuite, donc junior 1 l’année suivante, quelques… J’avais fait… Non, je n’avais pas fait de coupe d’Europe. Ah si, j’avais fait la coupe d’Europe de carteras. Petite coupe d’Europe et puis, pareil, championnat d’Europe, championnat du monde. Donc là, c’est l’année où j’avais fait Hambourg, où j’avais fait 3e en championnat du monde. Et ensuite, l’année suivante, donc junior 2. Là, pareil, petite coupe d’Europe en début d’année, championnat d’Europe où j’étais du coup 2e en individuel et première par équipe. Et après, championnat du monde, mais là, j’étais malade. Donc, je n’ai pas pris le départ. Voilà. Et puis, maintenant, on arrive à cette année. Donc, U23 première année. Donc, coupe d’Europe de carteras où j’ai fait 6e. C’était mon premier triathlon M aussi. Voilà. Donc, c’est des courtes distances. Et ensuite, du coup, je me suis cassé les bras à la mi-saison. Donc, en juin. Le 13… Le 13… Vendredi 13 juin. Ce n’était pas un jour super. Deux jours avant une course, en plus. Pour la chance. Un jour avant la course, le soir, avant la course. Et du coup, je me suis pété le bras. Mais ça allait. Enfin, c’était une belle fracture, entre guillemets. Donc, ça s’est vite résolu, quoi, on va dire. Et puis, du coup, j’ai pu recourir en septembre. Et donc, j’ai fait des petits grands prix. Et là, la coupe du monde de Rome, là, il y a quelques jours. J’étais en 6e aussi. 6e, non, pas du tout. 12e, pardon. 12e. Ce qui est très bien parce qu’il y avait un bon niveau. Enfin, un très bon niveau sur la course. Et puis là, il me reste une course. La coupe d’Europe d’Alenia. Voilà. Et ce sera ma dernière course. Donc, je n’aurais pas fait beaucoup de courses cette année. Et du coup, je n’aurais pas été sélectionnée non plus au championnat d’Europe, championnat du monde. Parce que, bon, je n’avais pas fait les critères. Donc, sur le pavé, c’est comme ça. Et bon, je me suis cassée le bras. Donc, ça m’a empêchée de faire quelques courses aussi pour essayer d’atteindre ces critères, on va dire. Mais bon, ce n’est pas grave. Je suis encore jeune. L’année prochaine, ça va le faire.

Ermanno : Oui, tu es encore jeune. Et puis, dans le triathlon, ce qui est bien, c’est qu’une fois que tu commences à faire beaucoup de maturité, pour ne pas dire de cumuler les années, tu peux passer sur des triathlons beaucoup plus longs qui requièrent beaucoup plus de maturité, beaucoup plus de stratégie. Donc, ta carrière n’est pas finie.

Manon LAPORTE : Après, moi, les triathlons longs de distance, ça ne m’intéresse pas du tout.

Ermanno : Tout de suite, ça ne t’intéresse pas du tout. Tout de suite.

Manon LAPORTE : Non, tout le monde me dit ça. Mais franchement, ça ne m’intéresse pas du tout. Je trouve ça trop long. En fait, le fait qu’il n’y ait pas de drafting déjà, ça me déprime. Je me dis, mais 30 kilomètres en vélo, ça va être ennuyeux. Après, peut-être qu’un jour, j’essaierai, ça me plaira. Mais franchement, ça ne m’attire pas du tout pour l’instant. Franchement, pas du tout. Le type d’effort, j’aime bien quand c’est punchy, quand c’est intensif. Mais bon, après, je ne sais pas. Peut-être que je vais changer d’anime.

Ermanno : On en reparlera dans une quinzaine ou une vingtaine d’années, quand justement tu regarderas les petits jeunes très punchy et que tu n’arriveras plus à, non pas à suivre, mais à récupérer. Comment est-ce que tu t’entraînes aujourd’hui ? Quelle est ta routine d’entraînement ? Quels sont tes slots d’entraînement ? Combien de temps ça représente dans la semaine ? Combien de sessions d’entraînement ? Si tu peux en parler, raconte-nous tout.

Manon LAPORTE : Au moins, déjà, il n’y a pas de semaine vraiment « type ». Déjà, en volume horaire, en semaine « normale », c’est 25 heures. Après, en stage, on augmente à 30 heures. Et puis, par exemple, semaine de course, en fait, ça ne me fait un peu rien. Donc, je ne saurais pas dire combien de volume horaire, mais 20 heures, ce n’est pas beaucoup quoi. Donc, ça dépend vraiment, ça varie très souvent, mais on tourne globalement autour de 25 heures. Et donc, déjà, tous les matins, donc du lundi au vendredi, entraînement de maths à 7 heures. Et le samedi, à 8 heures. Voilà, déjà ça.

Ermanno : C’est grâce maths le samedi.

Manon LAPORTE : Ouais, vraiment, c’est grâce maths le samedi. Donc, voilà, déjà ça. Après, alors, avec l’habitude, franchement, moi j’adore la journée. À 7 heures. Mais c’est une question d’habitude. Il faut vraiment s’habituer. Il faut se coucher plus tôt. Moi, je me couche à 21h30. Et donc, voilà, il faut se coucher plus tôt. Mais franchement, sinon, c’est trop bien. Ça fait des longues journées. C’est très agréable. Pour travailler, justement, pour moi, c’est très bien.

Ermanno : Donc, tu nages six fois par semaine, tous les jours, du lundi au samedi.

Manon LAPORTE : Tout à fait. C’est ça. Ça dépend. En fait, ça change un peu la durée d’entraînement. Entre le max, c’est une heure et demie. Donc, l’hiver, en gros, on nage tout le temps une heure et demie. On fait cinq kilomètres, cinq kilomètres cinq. Ça dépend. Et après, sinon, ça varie jusqu’à une heure, trois kilomètres. Par exemple, là, avant les courses, on ne fait pas beaucoup de kilomètres. Je nage presque trois, quatre kilomètres. Voilà. Ce ne sont pas de très gros entraînements, mais c’est normal. Avant une course, on s’entraîne moins. Ensuite, en vélo. Donc, en fait, tous les entraînements, je crois que je fais six fois par semaine. Je crois. Mais ça ne tombe pas le même jour ou je ne sais pas. Ou je ne sais pas. Je n’ai pas le jour de repos. Et deux muscu par semaine. Donc, je crois que c’est ça. Normalement. Semaine normale. Parce que semaine de compétition, toujours un peu moins. Donc, le jour de repos en vélo, c’est le vendredi. Et le jour de repos course à pied, c’est le mardi. Sauf que mardi et vendredi, c’est la muscu. Donc, il y a toujours au moins trois sports par jour. Voilà. Et donc, après, généralement, le vélo, on fait l’après-midi et la course à pied le matin. Mais ça dépend. Franchement, je dis qu’il n’y a pas de règles. Quand on a des séances à pied, c’est le matin ou l’après-midi. En vrai, il n’y a pas de règles. Franchement.

Ermanno : C’est toi qui organise tes semaines et tes journées ? Ou c’est le groupe d’entraînement ? Ou c’est ton entraîneur ? Ou tes entraîneurs qui te disent, voilà, lundi. Donc, tu nages de 7 à 9. Et puis après, à 10, tu mets les baskets, tu vas courir. Et puis, à 14, c’est vélo.

Manon LAPORTE : Alors, donc là, j’ai les entraînements de nat. Ça, c’est… C’est, entre guillemets, réglementé. Enfin, c’est imposé parce qu’il y a les créneaux-piscines. Mais après, donc, nous, notre groupe d’entraînement, c’est le groupe senior. Donc, avec tous les athlètes seniors du pôle. Donc, là, pour le moment, on est cinq, je crois. Donc, il y a Mathilde Gauthier, Sandra Dede et moi en fille. Et Tom Richard et Pablo Esoto en garçon. Et donc, pour le reste de la journée, en fait, on essaie de se mettre d’accord sur un horaire. Donc, par exemple, si c’est 30 minutes de footing, on ne va pas courir ensemble parce qu’on a un peu flemme de prendre la voiture pour se rejoindre à un endroit pour 30 minutes. Donc, généralement, pour les footings, on court tout seul. Et pour le vélo, on se donne rendez-vous pour aller rouler. Voilà. Et puis, par contre, quand on a des sciences pistes, bah là, notre entraîneur… Donc, moi, c’est Mika Ayasamy. Non, c’est l’entraîneur d’Emma Lombardi, je pense, pour ceux qui connaissent un petit peu. Et bah, on nous donne un rendez-vous, en fait. Par exemple, 16h sur la piste. Et donc, on vient tous à 16h sur la piste. Et la muscu aussi, il y a un horaire fixe. Et puis voilà, c’est tout. Sinon, on choisit à peu près les horaires. Mais… Ouais, ça dépend des jours. Franchement, il n’y a pas de… Bah déjà, en hiver, on ne roule plus de saut parce qu’il fait nuit. C’est un peu nerveux parce qu’il n’y a pas de sieste.

Manon LAPORTE : Mais sinon, ouais, on fait comme ça. Excellent.

Ermanno : Bah, tu feras un coucou à Tom et à Mathilde que j’ai déjà eues dans le podcast il y a quelques années pour certains. Cool. Du coup, ça doit être quand même assez sympa et assez entraînant. Et ça doit aussi tirer vers l’eau d’être dans un groupe d’entraînement de ce niveau-là.

Manon LAPORTE : Bah ouais, en fait, tous les athlètes, j’ai 10 ans ou moins de cul, en fait. Sauf Pablo et Isoton qui en ont juste un dans des cas. Mais en fait, je suis la plus jeune du groupe. Et c’est hyper… Moi, j’aime vraiment bien. Parce que je trouve que ça ne se voit pas du tout notre écart d’âge quand on discute ou quand on s’entraîne. Surtout qu’avec Mathilde, on a vraiment un niveau similaire un petit peu. Enfin, pas dans tous les trois sports. Mais par exemple, en natation, moi, je suis un petit peu meilleure qu’elle. En vélo, elle est meilleure que moi. Et en course à pied, on fait les séances ensemble. Donc, c’est super… C’est cool parce qu’en fait, on fait pratiquement tout ensemble. Et quand on s’entraîne pour la même course, par exemple, la cartera, on faisait la même course. Bah, c’était cool. On faisait tout ensemble. Et tout à peu près à la même allure. Donc ça, c’est vraiment, vraiment super agréable. Avec Sandra, pareil. Quand on fait les mêmes courses, on s’entraîne ensemble. C’est vraiment trop, trop bien. Et puis, vu qu’ils sont plus âgés, ils ont vachement d’expérience. Donc, du coup, c’est super… Enfin, ils le partagent avec moi. Ils m’expliquent quand ils font des WTCS, ils font comment. Alors que moi, WTCS, ça me paraît un peu loin et tout. Donc, c’est super… Enfin, c’est super intéressant. Ils ont plein d’anecdotes sur les athlètes qui sont en équipe de France actuelle et tout. Donc, c’est trop marrant. Donc, franchement, ouais, c’est super cool.

Ermanno : La suite pour toi, justement, c’est quoi ? Bon, déjà, Validé, t’as L2, c’est OK. Mais sportivement parlant, tu te vois où prochainement ? Intégrer l’équipe de France ? Déjà, être sélectionnée. Après, intégrer l’équipe de France. Après, faire des manches de Grand Prix. C’est quoi la suite pour toi aujourd’hui ?

Manon LAPORTE : Bah… Alors, moi, j’ai du mal à me projeter. Mais l’année prochaine, déjà, j’aimerais vraiment être en équipe de France U23. Donc, c’est-à-dire le championnat d’Europe et monde. Parce que j’étais pas loin cette année. D’ailleurs, à Rome, j’ai fait les critères, mais c’était trop tard. Enfin, du coup, c’était il y a quelques jours. Donc, c’était trop tard. Mais c’est pas grave. L’année prochaine, ce sera bon. Enfin, je l’espère. Donc, j’espère participer donc au championnat. Et… Je me laisse quand même du temps parce que je suis jeune et j’ai pas envie de viser trop haut parce que j’ai toujours un petit peu eu cette philosophie de jamais trop viser haut. Je sais pas pourquoi, mais… Et ça m’a toujours réussie parce qu’au moins, je suis jamais déçue. Je suis jamais déçue. Et donc… Donc, voilà. J’essaie d’aller pas à pas. Et pour l’instant, je suis encore jeune. Et puis, si j’arrive à viser mieux, ce sera que… Enfin, plus haut, ce sera que de la surprise. Et ce sera super positif. Voilà. Mais pour l’instant, j’essaie de viser ce qui est accessible pour moi. Et l’équipe de France U23, je pense que ça peut le faire l’année prochaine. Donc, voilà.

Ermanno : Si t’avais un conseil à donner à un petit jeune ou une petite jeune, alors encore plus jeune que toi, qui voudrait intégrer un pôle ou un autre, qu’est-ce que tu lui donnerais comme conseil ?

Manon LAPORTE : Ah, c’est difficile. Alors déjà, en triathlon, y a pas besoin de se précipiter parce que c’est un sport à maturité tardive. Donc, ça sert à rien de courir super vite à 12 ans, en soi, parce qu’il faut être bon quand t’as 25 ans. Donc, même pour moi, c’est un conseil que je peux m’appliquer à moi-même. Je suis encore jeune, j’ai encore le temps. Donc, parce que souvent, en triathlon, y a beaucoup de jeunes qui sont beaucoup entraînés. Y en a qui ont plus que 5 ans d’écart avec moi, enfin, moins, plus jeunes, qui s’entraînent plus que moi, alors que je serais même beaucoup plus âgée. Je fais des formats parfois plus longs qu’eux. Et je suis toujours très impressionnée parce qu’en fait, dans 10 ans, est-ce que le cerveau sera toujours capable d’enquêter en fait cette charge de travail, même le corps aussi. Donc, c’est surtout ça, pas se précipiter, c’est important. Et surtout, bien écouter son corps aussi, parce que je sais qu’être athlète, c’est trop des champions du monde de j’écoute pas quand j’ai mal. Mais c’est super important parce que ça sert à rien de courir sur une blessure, ça empire tout le temps. Voilà. Donc, c’est vraiment les choses les plus importantes, vraiment s’écouter et ne pas se précipiter. Parce que si on se précipite, on se crame. Alors que si on s’écoute, on reste mesuré dans les entraînements, pas trop ambitieux entre guillemets, je parle en quantité de volume horaire, ça peut que être bénéfique pour la suite.

Ermanno : Bon, et puis après, tu as des contre-exemples. Tu prends Sam Lello qui, à 22 ans, gagne ses premiers Ironman. Non, mais c’est sûr.

Manon LAPORTE : Emma Lombardi aussi, qui est très forte et qui est depuis très jeune.

Ermanno : Mais ce n’est pas la norme. On est bien d’accord. Déjà que vous êtes hors norme et il y en a qui sont encore plus hors norme. Je suis d’accord avec toi. Écoute, je te remercie pour tout ça, pour tous ces échanges. Est-ce qu’on a tout passé en revue ou est-ce qu’il y avait des sujets que tu voulais aborder en particulier ?

Manon LAPORTE : Il n’y a rien qui me vient là. Après, je ne sais pas si tu as d’autres questions. Je peux répondre.

Ermanno : Alors moi, j’en ai une et je ne te sens pas obligé de répondre si ça te dérange. Mais ce matin, quand j’ai interviewé Laura Gauthier, on a parlé du sujet du sport. Plutôt appliqué aux femmes et en particulier la gestion du cycle menstruel chez les femmes, enfin la gestion, l’impact du cycle menstruel pour les femmes et le fait qu’il ne faut pas hésiter quand on est une femme à en parler avec son ou ses entraîneurs parce que ça peut avoir un impact déjà dans la préparation, ensuite sur les compétitions et puis au-delà de ça, tout ce qui découle de la réussite ou de l’échec sur une préparation ou une compétition. Toi, comment est-ce que tu as fait pour que tu gères ça même si tu es encore jeune ? Mais aujourd’hui, est-ce que tu en parles à tes entraîneurs ? Est-ce que tu partages ton état du moment, que ce soit ton état de fatigue, ton état émotionnel, éventuellement l’arrivée ou la fin d’un cycle ? Comment est-ce que tu abordes ce sujet-là ?

Manon LAPORTE : Alors déjà, moi, je prends la pilule, ce qui fait que j’ai un cycle déjà régulier et régulé. Mais naturellement, j’avais un cycle de 21 jours qui faisait des cycles très courts. J’avais très souvent mes règles et j’avais mes règles pendant une semaine. Donc, ce qui faisait que vraiment, j’étais tout le temps en carence en fer. C’était vraiment compliqué, entre guillemets. Alors après, moi, j’ai de la chance. Je n’ai pas très mal au ventre. Donc déjà, ça, c’est positif pendant mes règles. Et ensuite, je suis plus forte quand j’ai mes règles. Donc, on va dire que j’ai un peu gagné le jackpot sur ça. Mais alors, il y a beaucoup de femmes qui sont plus fortes pendant leurs règles parce qu’il y a quelques études qui sont faites dessus. Pas beaucoup, malheureusement. Mais voilà. Par contre, moi, j’ai un problème. Mais personne ne sait ce que j’ai. Parce que je ne suis pas trop prise au sérieux. Mais j’ai des douleurs en bas du ventre de temps en temps. Pas du tout de manière régulière. Mais qui me font que je ne peux plus marcher. Et je ne peux pas m’entraîner. Donc, des fois, je loupe des entraînements, des matinées, parce que ça me paralyse. Et en fait, les spécialistes que je suis allée voir, personne ne me prend au sérieux. Parce que, vu que ce n’est pas pendant mes règles, ça décoche un petit peu tous les critères de l’endométriose. Donc, c’est quoi ? C’est rien. Par exemple, on m’avait dit que c’était dû à ma pilule. Mais pas du tout, parce que je l’avais déjà avant ma pilule. Enfin bref, du coup, il y a un peu quand même un manque de prise au sérieux de ça. Je pense que ça concerne beaucoup de femmes. Mais… Donc, c’est sûr que moi, j’ai de la chance au niveau des cycles menstruels. Mais quelques fois, tous les mois, je ne peux plus marcher. Je ne peux plus m’entraîner. Ça ne dure pas forcément très longtemps. Mais ce sont des crises qui font vraiment très très mal. Ce n’est pas toujours facile, du coup. Mais bon, je ne me plains pas. Je n’ai pas de l’endométriose. Donc, ça va. Mais je connais des copines qui ont ce genre de maladie. Et pour s’entraîner, c’est très compliqué. Ce n’est pas toujours facile. Puis, ça met du temps à être diagnostiqué aussi. Parce qu’il y a des médecins qui ne prennent pas au sérieux. Parce qu’avoir mal pendant le cirègue, c’est normal. Donc, ce n’est pas toujours facile, ce côté-là. Mais bon, on va dire que ça a quand même progressé. Et que moi, mon entraîneur est très compréhensif. Et donc, ça se passe bien de ce côté-là. Donc, voilà. Et puis aussi, la fédération, elle met un petit peu en place des choses. Par exemple, là, ils vont faire une étude sur le cycle menstruel des athlètes, de leurs athlètes. Donc, il y a plusieurs disciplines différentes. Mais du coup, par exemple, moi, je vais y participer. Et donc, ils vont étudier un petit peu le cycle menstruel, les variations des différentes hormones au cours du cycle, tout ça, qui permet du coup de donner des indications un petit peu sur l’état de forme, les potentiels pics de fatigue, tout ça. Donc, quand même, il y a des évolutions qui sont faites par les athlètes. Donc, ça, c’est quand même positif. Ça va vers le mieux, en tout cas. Donc, ça, c’est bien.

Ermanno : Pour revenir sur le sujet du podcast qui s’appelle Devenir triathlète, je te propose qu’on s’arrête là. J’ai encore deux questions. La première, le podcast s’appelle Devenir triathlète. Toi, quel serait ton meilleur conseil pour devenir triathlète ? Qu’on soit homme, femme, jeune ou vieux.

Manon LAPORTE : Alors, devenir triathlète, en soi, c’est pas forcément très difficile. En fait, le triathlon, c’est pas forcément un sport qui est très difficile. Ça dépend de l’intensité qu’on y met. Mais, je trouve que le plus important, c’est de savoir faire ces disciplines-là correctement. Donc, de savoir bien nager, bien rouler, bien courir. Ça, c’est un petit peu logique. Mais, en fait, il faut s’investir dans les trois de la même manière. Parce que souvent, je trouve que en natation, il y a moins d’investissement de la part de ces triathlètes, de ces nouveaux triathlètes. Et, les trois disciplines sont toutes les trois très importantes. Et, il faut bien s’écouter, pas se blesser. Parce que se blesser, c’est très contre-productif. Donc, on s’écoute, on ne se blesse pas. Et… Franchement, je sais pas quoi dire. C’est… Je sais pas… Il faut sauter le pas. C’est pas si dur que ça. Parce que je sais qu’il y a plein de gens qui ont l’impression que c’est horrible, le triathlon. Mais, franchement, c’est cool. C’est super agréable. C’est pas si dur si on n’est pas forcément à l’intensité maximale. C’est pas… C’est un sport qui permet de vachement varier les plaisirs, les intensités. Franchement, c’est super pour

Manon LAPORTE : se faire plaisir. Ça peut être aussi plaisant que, je sais pas, un petit marathon en objectif, par exemple. Il y a des gens qui se font un petit marathon en objectif. Un triathlon, c’est pareil. C’est cool.

Ermanno : Un petit marathon. J’adore.

Manon LAPORTE : Non, mais moi, je ne le fais pas, ce marathon. J’ai rien à dire.

Ermanno : Ça viendra. On en reparlera. Et puis, dernière question, Manon. Où est-ce qu’on te suit, qu’on t’encourage, qu’on t’envoie plein de bonnes ondes ?

Manon LAPORTE : Du coup, j’ai un compte Instagram. J’ai aussi un compte LinkedIn et un compte Facebook. Les trois, c’est déjà pas mal.

Ermanno : C’est clair. Je mettrai tout dans les notes de l’épisode, de toute façon. Manon, merci beaucoup pour ce moment qu’on a passé ensemble. Je te souhaite une bonne continuation. Bonne dernière course de cette année. Quand le podcast sortira, tu l’auras déjà faite. On suivra ça avec attention. À très bientôt, j’espère.

Manon LAPORTE : Merci. Au revoir.

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