#472 Elle voulait juste rencontrer du monde … elle a fini Triathlète … de très bon niveau avec Laura GAUTIER

🤔 « Oser, c’est déjà progresser. » — Laura GAUTIER

🎙️ Dans cet épisode, on plonge dans la vie de Laura GAUTIER, ingénieure patrimoniale à l’Union Financière de France et triathlète passionnée depuis 2017. Elle nous raconte comment elle est passée de la gymnastique acrobatique aux championnats du monde Ironman, en jonglant entre carrière exigeante, entraînements structurés, podiums longue distance et engagement au sein de la Ligue Occitanie de Triathlon.

On parle natation compliquée, Ironman sous canicule, progression express, gestion du cycle menstruel, sécurité à vélo, mental, constance… et de pourquoi il faut oser pour se lancer.

🏃🏼‍♀️ Notre invitée :

📝 Quelques punchlines à retenir :

• « La natation, c’est souvent un véritable enjeu. »

• « La performance, c’est réussir à se surpasser quand ça ne va pas. »

• « Il faut que la course me fasse rêver. »

• « La constance, c’est l’arme principale pour progresser. »

• « Oser parler du cycle menstruel, c’est indispensable. »

• « Chaque Ironman te fait découvrir une nouvelle version de toi. »

💡 Le conseil de Laura

« Ose. Monte la première marche : le reste suivra. Que ce soit apprendre à nager, rejoindre un club ou viser un premier XS. »

🤔 Et pour finir ?

Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à 1 ami qui rêve de se lancer en triathlon — et on enregistrera son premier compte-rendu !

PS : On se retrouve aussi sur Strava : le club vous attend 👉 ⁠https://www.strava.com/clubs/1433138⁠

💬 La transcription de l’épisode

Lire la transcription intégrale

Ermanno : Le sport ne forge pas le caractère, il le révèle. C’est cette conviction, ce mantra qui m’anime depuis des décennies, sur les terrains d’entraînement comme dans la vie. Et c’est aussi ce qui donne vie à ce podcast. Aller à la rencontre de celles et ceux qui, par leur parcours, leurs astuces et leur état d’esprit, nous montrent comment devenir triathlète, comment progresser et enfin comment performer en triathlon. Que nos invités soient des passionnés du dimanche, des amateurs éclairés ou des pros aguerris, chacun apporte sa pierre à l’édifice. Leurs expériences, leurs échecs, leurs victoires, c’est une mine d’or pour débloquer vos propres objectifs. Prêt à plonger ? Suivez le guide, ou plutôt suivez les guides. Et avant de commencer, un petit rappel. Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux du podcast et sur votre appli préférée pour partager vos retours, vos questions ou simplement un petit mot d’encouragement. Tout est aussi sur devenir-triathlète.com. Les ressources de l’épisode, les bios des invités et bien plus pour booster votre pratique. Bonne écoute et surtout, bon entraînement.

Ermanno : Salut les sportifs, c’est Hermano. Et je suis 13 ans. Je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Et comme vous le verrez si vous regardez la vidéo sur YouTube, on est en présentiel. J’ai la chance d’avoir une invitée qui m’a été présentée non seulement par un ancien invité du podcast, salut Philippe, et puis aussi par quelqu’un que j’ai rencontré par le plus grand des hasards quand on allait organiser un stage qui finalement ne s’est pas fait, mais restez en haleine, ça va se faire certainement au mois de mars. Bref, je suis très content de te tendre le micro, Laura Gauthier. Salut Laura. Salut Hermano. Bon, ne t’inquiète pas, tu n’as pas besoin de bouger, c’est moi qui viens à toi. Regarde, je me rapproche. Hop, toi tu ne bouges pas, toi tu vois, tu es bien, tu es détendu, tu es chez toi. D’ailleurs, je t’en remercie de nous accueillir. Pas de commentaire sur l’intérieur pour ceux qui regardent la vidéo. On a caché, voilà, ce y a de mieux. C’est ça, tu as caché le néoprène dans la salle de bain. D’ailleurs, c’est sympa. C’est clair, elle est en train de sécher. Parce que pour être transparent, on s’est dit qu’on allait quand même en profiter de ce soir pour faire aussi un petit footing, donc petit footing ce matin. J’ai eu la chance de me doucher chez toi et dans la salle de bain, forcément, on est chez les triathlètes, il y a le néo, il y a le maillot de bain, il y a tout ce qui va bien.

Laura GAUTIER : Il y a toute la panoplie, c’est vrai, donc si tu as besoin, c’est juste à côté.

Ermanno : Ouais, alors par contre, tu n’as pas dû voir ma morphologie. Moi, je ne rentre pas dans ta combi, ni dans celle de monsieur.

Laura GAUTIER : Allez, on va faire un petit trou derrière et puis hop, ça va passer, c’est bon.

Ermanno : Écoute, Laura, comme je le disais, je suis super content de pouvoir te tendre le micro, de pouvoir échanger avec toi. Ce que je te propose, comme je le fais avec tous les invités, c’est déjà de te laisser te présenter. Donc, dis-nous tout, qui est Laura Gauthier ?

Laura GAUTIER : Eh bien, je m’appelle Laura Gauthier, j’ai 33 ans, je vis à Toulouse depuis, je pense, une dizaine d’années, avec un petit passage à Périgueux, donc c’est un petit lien avec le triathlon, peut-être qu’on en parlera. Je travaille à Toulouse aussi, je suis ingénieure patrimoniale, donc je travaille dans la gestion de patrimoine et je fais du triathlon depuis, on va dire, depuis 2017, voilà.

Ermanno : Bon, 2017, ça veut dire que tu n’es plus une néo-triathlète, mais ça fait un peu moins de 10 ans que tu en fais. Ingénieur patrimonial, alors ça veut dire quoi ? On voit bien les banquiers. On voit bien les traders, on voit bien parfois les CGP, les conseillers en gestion de patrimoine, mais ingénieur patrimonial, ça veut dire quoi ?

Laura GAUTIER : Un ingénieur patrimonial, déjà, j’ai été CGP, j’ai été banquière, donc dans d’autres vies. Aujourd’hui, je me suis dirigée vers un parcours, vers un métier un petit peu plus technique, donc l’ingénieur patrimonial, en tout cas, là où je l’exerce actuellement. Donc, je travaille avec des conseillers en gestion de patrimoine que j’accompagne sur leurs grosses affaires ou bien sur des thématiques un petit peu plus spécifiques, si on est en entreprise, des transmissions organisées, peut-être intergénérationnelles et sur certains produits financiers, on en a parlé tout à l’heure, des fois un petit peu plus complexes, donc comme du capital investissement ou autre. Et donc, j’essaie de travailler au mieux avec eux pour accompagner leurs clients, du coup, à la réalisation de leur objectif.

Ermanno : Et l’objectif, c’est souvent épargner, investir, faire la culbute et puis défiscaliser aussi ?

Laura GAUTIER : C’est toujours une question de fiscalité au bout, que ce soit une fiscalité successorale ou au titre de l’impôt sur le revenu, effectivement. Donc, en France, il y aurait bien des choses à dire. Donc, en tout cas, il y a du boulot et donc, j’ai du travail aussi grâce à tout ça.

Ermanno : N’hésite pas, si tu veux donner le nom de ton employeur, tu n’es pas obligé, mais si tu veux, tu peux lui rendre hommage.

Laura GAUTIER : Oui, je peux le citer puisqu’on a le même avec Philippe Durand que tu as rencontré, qui est directeur d’agence. On travaille tous les deux à l’Union financière de France.

Ermanno : Super, un petit coucou à l’UFF.

Ermanno : Laura, on se parle aujourd’hui pour parler de toi, de ton parcours, de tout ce que tu as fait depuis que tu as découvert le triathlon. Revenons un petit peu à la base. Déjà, quand tu étais petite, est-ce que tu étais sportive ?

Laura GAUTIER : Oui, moi, j’ai toujours fait du sport. J’ai toujours été très, très active et très touche à tout. J’ai plutôt un parcours, on va dire, de gymnaste. Donc, j’ai fait un peu plus de 10 ans de gymnastique acrobatique. Et ensuite, petit à petit, en montant dans les études, j’ai dû arrêter, j’ai dû changer. Donc, j’ai fait du rugby à 7, du rugby à 13, du handball, 7 ans d’équitation. Aussi, et ensuite, quand j’ai commencé mes études, on va dire supérieures, j’ai plutôt arrêté tous ces sports-là, puisque je voulais vraiment concentrer à réussir mes études et à réussir à étudier convenablement. Donc, je me suis plutôt tournée vers la salle de sport. À l’époque, ce n’était pas trop connu. Il n’y avait pas trop de filles dans les salles de muscu. Mais moi, j’aimais bien ça, avec aussi les cours collectifs, tu sais, comme le body attack et tout ça. Et puis, progressivement, je me suis mise à la course à pied. D’abord, à la course à pied, parce que je voulais m’entraîner pour le rugby. Donc, j’avais à cœur, en tout cas, d’entretenir mon cardio. Et puis, un jour, je me suis inscrite sur un 10 km, les 10 km de Paris. Et puis ensuite, pourquoi pas un semi ? Donc, évidemment, quand on n’a pas trop d’expérience, on passe six mois à s’entraîner, six mois à se blesser. Voilà, donc finalement, on ne court que la moitié de l’année. Et voilà, un petit peu mon parcours sportif.

Ermanno : Alors, pour la gym, je vois. C’est bien pour ça que tu as à peu près la même taille que moi.

Ermanno : Mais comment tu as fait pour faire rentrer tout ça ? 10 ans de gym, du rugby à 7, du rugby à 15. De la muscu, de la course à pied, dans 33 ans. Comment tu fais ?

Laura GAUTIER : En fait, j’en ai toujours fait beaucoup, tous les jours et beaucoup. Moi, je me rappelle encore quand j’étais au collège et au lycée. Surtout collège, pardon. Le mercredi après-midi, il est didier à l’UNSS. Donc, moi, j’allais faire une heure et demie d’handball. Ensuite, j’allais faire une heure et demie de gym. Moi, c’est ce qui me plaisait. Et puis, je suis issue d’une famille de sportifs. Mes parents étaient de grands sportifs. Donc, en fait, on a toujours eu cet ADN-là. Et on a toujours eu l’habitude d’intégrer justement le sport, même si c’est du roller. Un peu de tennis, en tout cas. Le fait de bouger, d’avoir une activité physique, en tout cas, dans le quotidien. Donc, c’est plutôt, on va dire, un mode de vie. Voilà.

Ermanno : Et puis, on en parlait un petit peu en off. Et je l’ai vu en allant dans tes toilettes, décidément, à faire le temps de la maison. Ton papa était médecin. Donc, le sport faisait partie de l’hygiène de vie. Il faisait partie aussi de ses recommandations, de ses prescriptions, en tant que papa et en tant que médecin.

Laura GAUTIER : Oui, j’imagine. C’est vrai qu’on n’en a jamais parlé comme ça. Mais, en tout cas, on a toujours eu l’habitude, avec nos parents, de faire du sport. Ma mère aussi faisait beaucoup de rugby et d’athlètes. Donc, en fait, c’est quelque chose qui s’est vraiment transmis. Donc, peut-être, enfin, on est trois enfants, donc peut-être un peu moins chez ma sœur, par exemple, qui a d’autres passions. Mais, en tout cas, pour moi, c’était vraiment important d’avoir tout ça dans ma vie et d’avoir des représentations aussi, tu vois, des modèles, des inspirations. Donc, c’est comme ça que ça s’est fait.

Ermanno : Bon, tu es originaire du Tarn, ça aussi, on en parlait un peu en off. Un petit coucou aux Tarnaises et aux Tarnais. C’est pour ça le rugby ? Parce qu’au-dessus de la Loire, le rugby et, en plus, le rugby chez les femmes, ce n’est quand même pas ultra développé. En tout cas, ça ne l’était pas il y a 10-15 ans ?

Laura GAUTIER : Eh bien, pas vraiment, en fait. J’ai commencé le rugby quand j’étais au lycée, tu sais, un petit peu le mercredi. Et puis, bon, je n’étais pas trop mauvaise. Et puis, un jour, il y a une personne qui était, juste comme on dit, pion au lycée, qui s’appelle Léo, qui verra peut-être, du coup, cette vidéo ou ce podcast. Voilà. Qui t’embrasse. Voilà. Qui a trouvé que je me débrouillais bien et qui m’a demandé de venir et d’intégrer, donc, non plus l’UNSS de rugby A7, mais son équipe de rugby A13 féminine. Voilà. Et c’est un petit peu comme ça aussi que j’ai fait le lien, après, avec la gestion de patrimoine, puisqu’il se trouve que j’ai fait mon premier stage dans la gestion de patrimoine avec quelqu’un qui est, donc, le meilleur ami de Léo, qui a travaillé là où je travaille aujourd’hui. Voilà.

Ermanno : La boucle est bouclée. Ouais. En même temps, dans le sud-ouest, le rugby, la gestion de patrimoine. La bonne bouffe. Non, non.

Laura GAUTIER : Surtout la bouffe, oui. C’est vrai. Surtout la bouffe. Puis, ceux qui me connaissent bien savent que c’est une de mes priorités. Donc, manger toutes les trois heures comme les bébés. Donc, la bouffe et le sommeil, aujourd’hui, c’est ma priorité.

Ermanno : Bon, ça va, tu ne le portes pas du tout sur toi. Ou alors, c’est parce que tu fais beaucoup d’entraînement. Donc, le sport, tu découvres, tu nous as dit, tu commences le triathlon en 2017. Comment tu arrives sur le triathlon ?

Laura GAUTIER : Et en fait, j’avais donc des… Des cousins éloignés qui faisaient donc du triathlon à l’époque. Et puis, moi, j’étais assez impressionnée, notamment par la partie natation. C’est souvent le cas quand on débute le triathlon. La natation, c’est souvent un véritable enjeu.

Ermanno : Parce que les rugbymen et les rugbywomen, la natation, ce n’est pas votre truc ?

Laura GAUTIER : Ça dépend. En tout cas, pas le mien. C’était moins le mien. Je savais nager vite fait. Mais comme on en parlait tout à l’heure, pour faire 1500 mètres, il me fallait une heure. Une heure en m’arrêtant tous les 25 mètres parce que je n’arrivais pas à respirer, parce que je buvais la tasse et je me disais, mais quelle horreur ce truc. Et en fait, quand j’ai eu mon premier boulot en 2015-2016, donc mon premier travail a été à Périgueux. Je me rappelle encore, on m’a dit, bon, ben toi… On m’a montré une carte comme ça. On m’a dit, ben toi, on te propose à Périgueux. Je ne savais même pas où c’était. Je n’avais même pas le situé. Je dis, mais c’est à plus de 100 kilomètres de Toulouse. Comment je vais faire ? Et en fait, je suis allée là-bas et j’étais toute seule. Mon conjoint de l’époque était à Toulouse et travaillait à Airbus. Du coup, c’était un peu compliqué pour rester là. Et je ne connaissais personne à Périgueux. Donc, je me suis dit, la meilleure idée, c’est de s’inscrire dans un club pour rencontrer du monde. Et comme je voulais faire du triathlon, je me disais, je vais essayer. Je me suis dit, voilà, je vais m’inscrire dans un club de triathlon. Et en fait, ça a commencé comme ça. Ça a été le début d’une grande passion avec ce sport.

Ermanno : Alors, le début, ça ressemblait à quoi, les débuts de Laura en triathlon ? Ça, c’était la piscine.

Laura GAUTIER : Oui, oui, la piscine, c’était très compliqué. En plus, je me suis dit, bon, on peut revenir. J’ai vraiment réalisé mes entraînements et progressé. Je m’inscris dans un club, mais je m’inscris tout de suite à un triathlon. Comme ça, pas le choix. Je crois que j’avais choisi un triathlon au mois de juin. Il y avait Nayou. Oui, j’ai fait Nayou en premier. Et ensuite, j’en ai fait un autre en Charente, je crois.

Ermanno : Nayou, juste à côté de Périgueux, donc au nord de Toulouse.

Laura GAUTIER : Voilà, c’est ça. Donc, pas du tout, pas du tout, on va dire, la même ambiance que maintenant et le même réussite. Et donc, je m’inscris. Je me dis tout de suite, bon, comme… Clairement, je ne sais pas nager. Je vais aller nager deux, trois fois par semaine. Je m’étais inscrite à des cours de perfectionnement de natation le mercredi avec Patrick pour vraiment apprendre à nager. Ça a été, ça a été long, mais c’est comme ça aussi qu’on progresse, je pense.

Ermanno : Alors, le mercredi, c’est un truc quand même pour toi, parce que le mercredi, l’UNSS, le mercredi, les cours de perfectionnement avec Patrick. Aujourd’hui, on enregistre un mercredi. Il y a un truc avec le mercredi, hein, Laura ?

Laura GAUTIER : C’est vrai, j’aime bien le mercredi, c’est vrai. Les autres jours aussi, mais il se trouve, ouais, c’est peut-être un signe aussi que le mercredi, il faut que j’arrête de travailler, que je ne fasse que du sport aussi. Je vais suggérer ça au chef. On va voir.

Ermanno : Donc, tu découvres ça à Périgueux, tu te dis que tu vas aller nager, tu prends ces cours de perfectionnement, c’est dans le cadre du club. Tu nages avec le club ou tu fais des entraînements en plus. J’imagine que c’est le début où tu commences à devoir jongler entre le sport et le côté professionnel. Les horaires de club sont ce qu’elles sont. Elles ne sont pas flexibles. Donc, comment tu t’organisais pour nager, pour commencer à rouler, pour commencer à jouer ? Comment tu t’organises pour commencer à courir ?

Laura GAUTIER : Déjà, je m’entraînais beaucoup moins que maintenant. Si j’arrivais à faire 7 heures dans la semaine, pour moi, c’était déjà énorme. 7 heures d’endurance, c’est déjà joli. Et c’est vrai que je le faisais tout simplement après le travail. Souvent, les cours de natation, c’est à 20 heures le soir, 20 heures ou 20h30. Donc, finalement, tu as le temps. Généralement, la plupart des gens ont quand même fini leur boulot à cette heure-là. Ça dépend des jours aujourd’hui. Et ensuite, le week-end. Donc, progressivement, les week-ends. Moi, j’avais qu’une hâte, c’était d’être en week-end parce que j’avais découvert la montagne. J’ai découvert à Toulouse qu’il y avait un lac qui s’appelait la Ramée. Enfin, tu vois, moi, j’ai découvert la vie grâce au triathlon. Et j’ai appris à m’orienter aussi. Je suis une buse en orientation, tout le monde me le dit. Donc, je ne prends aucune décision là-dessus. Et c’est vrai que quand on fait du vélo, on est obligé de savoir s’orienter. Des fois, ça ne marche pas.

Ermanno : Un vélo, tu suis quand même. Alors qu’en natation, c’est sûr que c’est plus difficile.

Laura GAUTIER : Mais je trouve que ça m’a permis, et c’est ce que j’ai en tout cas adoré dans le vélo, c’est que c’était une autre façon de découvrir des endroits, des villes, des paysages, des lieux. Et surtout, apprendre à se repérer aussi dans l’espace, ce qui n’est pas inné chez moi. Voilà.

Ermanno : Heureusement, maintenant, on a les montres GPS qui nous aident bien.

Laura GAUTIER : Oui, mais ça ne m’a pas empêchée une fois. Je voulais faire un aller-retour à Narbonne en vélo. Et puis, j’ai fini par faire une boucle. Je devais faire 70 bornes. J’ai fait une boucle de 100 bornes. J’étais perdue. Je ne savais pas comment rentrer. Après, c’était les débuts. Ça, c’est folklorique.

Ermanno : Donc, c’est comme ça que tu commences. Tu m’étonnes que tu t’épanouisses sur le long, parce que finalement, si tu fais des boucles de 100 bornes au lieu de 60, ça se comprend. Et donc, ça, c’était tes débuts en triathlon 2016-2017. Et comment se passe ce premier triathlon sur lequel tu t’inscris, donc à Nayou ?

Laura GAUTIER : À Nayou, écoute, ça s’est plutôt bien passé, je dirais. Enfin, bien passé la natation comme je pouvais. Le vélo, j’étais contente de moi. Je crois que je visais 26 km heure. Je l’avais fait. J’étais super contente. Et ensuite, la partie course à pied. Je crois que sur les 10 bornes, j’ai mis une heure et j’ai dû m’arrêter parce que j’avais des soucis digestifs. Donc, le problème, c’est qu’à Nayou, tu n’as pas trop d’endroits à te cacher. Donc, ça, ça a été assez traumatisant puisque quand je me suis réinscrite à un triathlon l’année d’après, donc le lac du Salagou, que tu connais peut-être. Mais en fait, moi, mon objectif, c’était surtout de… de ne pas avoir de soucis digestifs. Tu vois, j’avais commencé à m’intéresser à l’alimentation. Je m’étais renseignée. J’avais pris un diététicien sur trois mois pour être sûre que mon alimentation, le jour J, ça allait et que je n’aurais pas de problème. En fait, je n’en ai plus eu, mais ça s’est bien passé. Ça m’a donné en tout cas le goût de l’effort.

Ermanno : Alors, pour la petite précision, pour la petite histoire, quand je suis arrivé tout à l’heure, juste avant qu’on aille courir, tu m’as proposé un café. Donc, tes problèmes digestifs, à mon avis, ils viennent peut-être aussi de là.

Laura GAUTIER : Non, le café, il n’y a jamais de mauvais moment pour prendre un café. C’est clair.

Ermanno : Donc, premier tri, deuxième tri, ça va. Comment est-ce que tu t’inscris dans une démarche de progresser en triathlon, surtout que tu viens de lancer aussi ta carrière professionnelle ? Où est-ce que tu mets l’accent ? Où est-ce que tu mets la priorité ? Ou au final, tu prends la vie comme elle vient et puis tu laisses couler ?

Laura GAUTIER : Je pense qu’il y a eu surtout deux périodes. La première, c’est quand j’étais dans un grand club, donc au TUC 250 licenciés, où tu as quand même beaucoup d’entraînements, où les entraînements course à pied, tu te retrouves à 40, 50, voire 60 en début d’année.

Ermanno : Et à 10 à la fin ?

Laura GAUTIER : Ah, pas 10, parce qu’il y a toujours du monde. Mais effectivement, en début d’année ou après le 1er janvier, tu as toujours beaucoup de monde, c’est les bonnes résolutions, etc. Et en fait, moi, ce que je voulais, c’était juste partager des moments avec du monde. Je me suis fait des potes, je rigolais tous les soirs, je passais des moments trop bien. Donc, en fait, il y avait cette dimension-là sociale qui me plaisait beaucoup. Et en fait, quand tu débutes, tu ne te mets jamais de limite. En fait, tu veux faire tous les entraînements, tu veux venir tout le temps. On te dit, bon, là, il faut faire, j’en sais rien. On part sur une séance souple. En fait, tout le monde est à bloc. Donc, finalement, tu es tout le temps à bloc.

Ermanno : Ça me rappelle quelque chose ce matin.

Laura GAUTIER : Oui, ça, c’était toi qui étais à bloc. Et en fait, tu es toujours à bloc. Donc, finalement, tu n’as pas vraiment de cadre d’entraînement parce que tu es toujours en fond. Tu rentres, tu es crevé. Ensuite, tu te blesses aussi beaucoup quand tu es débutant parce que tu n’as pas de notion de progressivité. Donc, il y a un peu moins de 10 ans, il n’y avait pas tout ce qui était podcast. Enfin, il n’y avait pas tout ça. Il n’y avait pas tous ces conseils, tous ces réels instas qu’ils pouvaient donner. Des conseils qu’on peut retrouver aujourd’hui pour un débutant. Un débutant, aujourd’hui, il y a quand même beaucoup de documentation et beaucoup de vidéos à voir. À l’époque, ce n’était pas le cas, même pour la nutrition. Mais jamais ça ne me serait venu à l’idée de prendre un gel. Tu vois, j’allais prendre une banane ou même sur mon premier, je crois, un long que j’avais fait, je me suis fait un sandwich. Tu vois, donc, c’est différent aujourd’hui. Ce n’est pas à la même époque.

Ermanno : La gamine qui a déco le traitement en 2017. Moi, j’ai commencé à 96. YouTube n’existait même pas encore.

Laura GAUTIER : C’est clair, ça a beaucoup évolué. Et c’est ça qui est intéressant dans ce sport. C’est qu’il y a une évolution permanente à la fois sur les supports qu’on peut avoir pour se former, mais aussi sur la nutrition, le matériel. Enfin, les vélos n’ont plus rien à voir. La course à pied et les chaussures non plus. Enfin, tu vois, il y a vraiment un changement permanent, mais comme dans beaucoup de sports, mais peut-être plus spécifique au triathlon où le matériel joue une grande importance. En tout cas, quand on veut performer.

Ermanno : C’est clair. Si tu as les jambes, tu ne performes pas pareil avec un vélo à 500 euros et avec un vélo à 5000. Ce n’est pas le même matériel non plus. Mais c’est clair que ça peut jouer un rôle et du coup, comment est-ce que tu progresses à ce moment-là? Parce que tu dis, il y avait un peu moins de contenu que maintenant, mais toi, tu faisais partie d’un club. Comment tu progresses? Est-ce que c’est les entraîneurs? Est-ce que c’est les copains, les copines d’entraînement? Est-ce que c’est tu te renseignes? C’est ta volonté personnelle? Comment tu progresses à ce moment-là?

Laura GAUTIER : En fait, c’est un peu tout ça. C’est un peu non, mais c’est vrai, c’est un petit peu un mix de tout ça. Et puis, tu rencontres des bonnes personnes qui te donnent des conseils. Un jour, tu rencontres un entraîneur qui t’a fait débloquer quelque chose en natation. On avait en tout cas une super coach de natation qui s’appelle, je ne sais pas si elle est encore Laetitia, qui, en fait, te donne les bons éducatifs, qui te regarde bien, qui t’aide en fait à progresser. Et ensuite, petit à petit, je me suis améliorée sur mes courses et mes entraînements, mais sans objectifs particuliers. Tu vois, vraiment, j’étais plus dans le loisir et le fait de m’améliorer. Et puis, un jour. Donc, j’ai commencé à me faire entraîner par un premier entraîneur pour réaliser l’Ironman de Nice en 2019. Donc, j’ai mis un petit peu un pied dans un cadre. Voilà, comme en plus j’étais très scolaire, ça m’allait bien. Et quel confort de se lever le matin et de voir que sa semaine est prête. Il faut juste l’organiser dans l’agenda et mettre ses entraînements dans l’agenda. Mais tout est fait. Il n’y a plus qu’à suivre, faire un retour. Donc, à l’époque, il n’y avait pas TrainingPeaks ou Nolio. Tu vois, c’était des tableurs Excel que tu renvoyais. Donc, ce n’est quand même pas pareil. Mais déjà, j’ai mis un pied dans l’agenda. Dans un cadre, j’ai commencé à progresser comme ça. Et ensuite, c’est mon nouvel entraîneur, Nicolas, qui a commencé à m’entraîner. Et en fait, j’ai vite progressé. Parce qu’en fait, quand on a rencontré la bonne personne qui nous convient en termes d’entraînement, en fait, ça ne peut que matcher. Et c’est surtout être à l’écoute de soi et à l’écoute des conseils. Il faut être prêt à écouter et ne pas faire n’importe quoi aussi.

Ermanno : Petit coucou à François et Alexandre de Nolio. Ils seront contents de savoir qu’en 2019, ça n’existait pas encore. Je crois qu’ils ont lancé en 2017.

Laura GAUTIER : Tous les entraîneurs à cette époque-là ne travaillaient pas comme ça. Ils ne travaillaient pas sur cette plateforme. Voilà, j’essaie de me rattraper. Mais non, mais c’est un budget aussi, tu vois. Donc, à l’époque, ça ne se faisait pas trop encore. Maintenant, je ne sais pas qui travaille avec un tableau d’accès. Je ne sais pas. Peut-être ceux qui n’ont pas Internet. Je ne sais pas. Non, mais tu vois, c’est quand même beaucoup plus répandu aujourd’hui de travailler avec des plateformes ‘à l’époque, ça ne l’était. Puisqu’entre-temps, tu as quand même des études scientifiques qui sont sorties pour aider aussi à comprendre ces plateformes-là. C’est bien d’avoir tous les graphiques. Mais si tu ne sais pas comment les analyser parce qu’en fait, en France, on n’est pas encore là-dedans, c’est compliqué, quoi.

Ermanno : C’est vrai que c’est la plus-value de l’entraîneur avec ce type d’outil de pouvoir analyser le suivi de la charge, le suivi de la fatigue, tous ces éléments-là qui sont captés par nos objets connectés, qui sont captés aussi par le ressenti que tu vas renseigner après chaque entraînement ou même sur des jours de pause, ton ressenti à la fin de la journée qui va suivre ton activité au quotidien et ça va permettre en tout cas de nourrir tous ces algorithmes pour avoir un suivi de… de la charge et de la fatigue. Et c’est des éléments qu’effectivement, il y a 10-15 ans, on n’avait pas.

Laura GAUTIER : Oui, on n’avait pas ça. Et en même temps, tu avais quand même beaucoup d’athlètes qui s’entraînaient au ressenti et sans fréquence cardiaque et qui performaient aussi. Mais je pense qu’à un moment donné, si on veut aller plus loin dans la démarche et surtout éviter de se blesser, parce que je pense sincèrement que si on veut performer dans le triathlon ou même dans un domaine d’endurance ou d’ultra-endurance, ce qui compte, c’est d’être constant. Et c’est vrai, c’est la constance. Et donc, le fait de ne pas se blesser parce que dès qu’on se blesse, ça nécessite de récupérer, de revenir progressivement. Donc, c’est vrai que j’ai beaucoup appris par rapport à ça. Et je préfère aujourd’hui, quand je sens une petite douleur, faire moins ou m’arrêter que de forcer comme une débile et puis me blesser et mettre trois semaines à revenir. Donc, je suis plus à l’écoute de mes sensations. Mais tout le monde est différent.

Ermanno : Merci, merci, merci, merci et merci de le dire. Déjà, on est toujours le plus mal chaussé. Le corps de Denis est toujours le plus mal chaussé. Donc, on peut donner des conseils, mais de temps en temps, on a tendance à les oublier. Mais c’est vrai que cette clairvoyance aussi et de se dire là, si je commence à sentir une douleur, si je commence à être blessé, il vaut mieux s’arrêter tout de suite, être pris en charge, se faire soigner si c’est nécessaire et faire une pause de une, deux, trois semaines plutôt que de continuer à tirer sur la blessure. Et puis au final, te retrouver arrêté pendant deux, trois, six mois ou de foutre en l’air une saison que tu cherches des records, des podiums ou simplement que tu cherches juste à t’amuser. Parce que finalement, quand tu es un amateur et que tu vas juste sur des compétitions pour concourir contre toi-même, ça envoie aussi de ton équilibre personnel, de pouvoir t’amuser. De pouvoir t’entraîner et de pouvoir t’aligner sur des courses, ce que tu ne peux plus faire si tu es blessé.

Laura GAUTIER : Oui, c’est sûr. Donc, c’est une dimension qui est hyper importante, surtout quand on fait de la course à pied. C’est là où on se blesse le plus facilement. Donc, des fois, on a beau être fort en course à pied, si on débute, malheureusement, il y a une progressivité à respecter.

Ermanno : Progressivité toute modérée quand même, parce que toi, tu commences le triathlon donc en 2016, tu fais ton premier tri en 2017 et tu passes sur Ironman en 2019, donc deux ans après. C’est quand même rapide comme progressivité.

Laura GAUTIER : Oui, en fait, j’ai fait mon premier Ironman à 27 ans parce qu’en fait, j’avais une copine à l’époque qui avait fait son premier Ironman à 27 ans et elle m’a dit « Laura, à 27 ans, il faut que tu fasses ton premier Ironman ».

Ermanno : Comme pas du tout influençable.

Laura GAUTIER : En fait, à l’époque, en plus, on était parti entre copines en Malaisie et donc j’étais en Malaisie. Elle m’a dit « Vas-y, il faut s’inscrire ». Et puis, il y en a une autre qui s’est inscrite et je lui ai dit « Moi, je m’inscris avec toi ». Et on s’est inscrite toutes les deux sur l’Ironman de Nice à l’époque.

Ermanno : Comment tu organises ces deux ans ? Déjà, ton inscription, elle se passe combien de temps avant la course ? Et puis, comment se sont passées ces deux ans de progression jusqu’à l’Ironman ?

Laura GAUTIER : Je me suis inscrite fin août 2018. Un an, quoi ! Voilà ! Et l’Ironman de Nice était en juin, je crois, fin juin à l’époque. Bah écoute, en plus, je crois que j’avais changé de boulot à l’époque. Ouais, je crois que j’ai changé de travail. En plus, j’ai pris la présidence d’un club de triathlon et en fait, du coup, j’ai eu beaucoup de choses à gérer cette année-là. La chance que j’avais, c’était d’être bien accompagnée par un entraîneur, donc ça, ça m’a beaucoup aidée. Et en fait, j’ai vraiment découvert le triathlon longue distance à cette époque. Faire des sorties de 27 bornes, ça me paraissait quand même assez fou quand je voyais les gens faire ça.

Ermanno : Sorties en vélo de 27 bornes ?

Laura GAUTIER : Oui, oui, vélo, vélo ! Et en fait, ça m’a vraiment fait découvrir, je dirais, l’entraînement. Parce que c’était l’entraînement en triathlon, les multi-enchaînements le week-end, le fait aussi de se faire violence mentalement aussi quand ça ne va pas. Voilà. Quand à l’époque, on m’entraînait un peu comme ça. Donc, j’ai vraiment découvert ça et je pense que c’est vraiment ce qui m’a plu. La dimension mentale, tu vois, le fait de se dépasser. Tu vois, l’autre jour, on parlait avec un copain et on se demandait ce que c’était la performance de manière générale. Et moi, je lui ai expliqué que pour moi, la performance, c’était d’arriver à se surpasser quand ça n’allait pas bien, que ce soit tant mentalement que physiquement. Ça peut être sur un triathlon ou autre chose. Et vraiment, le fait de se surpasser, donc aller au-delà de ses capacités, pour moi, c’était vraiment une performance. Et c’est ce que j’ai découvert dans le triathlon à longue distance. Donc, c’est pour ça que j’ai basculé là-dedans. J’ai mis un pied dedans. J’ai dit bon, on va y rester. Et ensuite, ça m’a permis donc de continuer sur ça.

Ermanno : Bon, 2019, premier Ironman à Nice, l’année de la canicule. Donc moi, à ce moment-là, j’accompagnais un copain qui allait à Francfort. C’était le même week-end. À Francfort, ils ont gardé la distance. Ils ont juste que la partie course à pied, ils l’ont fait un petit peu plus ombragée, 300 mètres de plus à l’ombre. En France, à Nice, je me souviens, ils ont coupé la course à pied. C’était 30 et puis un marathon. Comment ça s’est passé pour toi ce jour-là ?

Laura GAUTIER : Alors déjà, ce n’était pas 30, c’était 31. Voilà, ils ont enlevé 20 kilomètres aussi au niveau du vélo. Donc, j’ai beaucoup entendu dire que du coup, je n’avais pas fait un Ironman, que ce n’était pas un vrai Ironman que j’avais fait. Donc, je pense que c’est pour ça que je me suis réinscrit sur d’autres après, pour valider cette distance. Écoute, ça a été très difficile. Je pense que la chaleur a été extrême. Et comme évidemment, je n’étais pas aux avant-postes, sur le vélo, en fait, quand j’arrivais au Ravito, il n’y avait plus d’eau. Et je pense pour tout le monde, en fait, l’organisation a été dépassée par la canicule et les conditions climatiques. Et à pied, j’ai beaucoup marché. J’étais aussi un peu blessée au niveau du mollet et j’ai mis 3h30. C’est bien beau pour un marathon.

Ermanno : Enfin, pour 31 kilomètres.

Laura GAUTIER : Voilà comment ça s’est passé. Mais quand j’ai fini, je me suis dit, le lendemain, je m’étais réinscrite à une course.

Ermanno : C’est ce que j’allais te demander en fait. Est-ce que pendant toute cette partie course, course à pied, tu te demandais ce que tu fichais là. Et puis en fait, tu as passé un pied, tu n’as dit plus jamais, tu as passé le deuxième pied de la ligne. Là, tu as dit bon, c’est bon, allez, je me réinscris. Ou c’était un petit peu plus long de process ?

Laura GAUTIER : Alors, je me suis dit, plus jamais un Ironman. Depuis, j’en ai fait quatre. Mais je pense, alors j’en rigolais des fois avec des copines, tu sais qui ont des enfants, quand elles viennent d’accoucher, elles ne disent plus jamais. Et puis finalement, elles en ont deux, trois, quatre. Donc, je pense que c’est un petit peu pareil. On oublie la douleur de l’effort, mais on se rappelle en tout cas des sensations et des moments qu’on a vécu et l’émotion qu’on a vécu, surtout en passant la ligne d’arrivée. Mais le lendemain, je me suis inscrite sur le half de Grèce. C’était en Grèce à l’époque. Donc, c’était quand même plus petit.

Ermanno : Oui, mais c’était la Grèce. L’occasion de faire un petit coucou à Marie Léauté. C’est elle qui avait initié un petit peu toute la fédération grecque de triathlon et en particulier lancé le half et le full en Grèce. Marie Léauté qui a fait une petite course à pied. Elle a fait le tour du monde en courant. Petit. Vous pouvez la retrouver sur le podcast. On a fait deux épisodes avec Marie. Un pendant et un après son tour du monde en courant. Mais qu’est-ce qui t’a piqué en fait ? Te dire finalement, allez, j’y retourne. Et comment se passe cette deuxième expérience du presque long ? Finalement, c’était presque comme à Nice quoi.

Laura GAUTIER : En fait, je pense qu’on devient un petit peu accro à tout ça. Le fait d’avoir un objectif en ligne de mire. Je pense sincèrement que si je ne mets pas un objectif, si je ne m’inscris pas à une course, je ne m’entraîne pas. Je vais juste faire du sport santé. Ce n’est pas pour moi. Moi, je m’entraîne pour être performante dans mon corps à moi et me sentir forte, me sentir capable de réaliser des choses. Forte, ça ne veut pas dire faire partie des meilleures, mais d’avoir un corps fort. Ça te fait rire, mais c’est vrai. Je trouve ça important.

Ermanno : Je ne rigole pas. Je souris parce que je trouve ça super mignon.

Laura GAUTIER : Je me suis dit, il ne me trouve pas très forte. Pourtant, j’ai des petits bras quand même. Mais je pense que ça s’est fait comme ça. Et puis, au fur et à mesure, avoir un objectif et de varier les objectifs, donc d’aller chercher une nouvelle course, de partir aussi à l’étranger. J’ai fait pas mal de courses à l’étranger aussi. D’être qualifiée aussi pour les championnats du monde. J’ai eu l’opportunité, quand je me suis inscrite en Grèce, de me qualifier pour les championnats du monde aux Etats-Unis, donc en Utah. C’est tout ça, en fait. C’est tout cet assemblage de choses qui te fait découvrir à chaque fois soit un nouveau lieu ou une nouvelle discipline. Parce que chaque Ironman est quand même un peu différent. J’ai dit discipline, mais non, on va dire une nouvelle course. Et en fait, c’est de découvrir à chaque fois des nouvelles choses. Puisque ça te permet aussi de faire des cyclos, faire du trail, enfin, c’est assez… Des swimruns aussi, tu vois. C’est ça qui me plaît, en fait. La diversité de ce sport, du multi-enchaînement. Ne rigole pas trop !

Ermanno : Je ne rigole pas. Non, non, non, je ne me permettrais pas. Mais je trouve ça super mignon et super intéressant, en fait. Parce que c’est aussi la démarche qui amène certains amateurs, certains néo-triathlètes, à se lancer et puis à continuer dans le triathlon. Parce qu’il y a cette diversité de l’entraînement, parce qu’il y a cette diversité des parcours, des compétitions. Un Ironman, ça reste toujours à 500 mètres près la même distance. C’est très codifié. En revanche, tu vas faire un Ironman aux États-Unis, tu vas en faire un en Grèce, tu vas en faire un à Singapour et t’en fais un à Nice, c’est pas la même chose. Ou à Aix, allez. Ou au Sable d’Olonne. C’est jamais la même expérience que tu vis, en fait. Donc je trouve ça super intéressant et puis touchant. Parce que finalement, c’est ce qui t’amène à faire du sport et à continuer et à performer dans le sport.

Ermanno : Sur ce 73, donc en Grèce, qui t’emmène aux championnats du monde, comment tu te prépares ? C’est toujours le même entraîneur qui te prépare. Comment ça se passe ?

Laura GAUTIER : Oui, c’est toujours Nicolas qui m’entraîne. L’entraînement se fait par rapport à l’époque à mon travail. J’étais en banque, donc des horaires un peu plus définis.

Ermanno : Fonctionnaire. J’ai fait 20 ans dans la banque.

Laura GAUTIER : En tout cas, à 17h, j’étais un peu plus dispo. Mais en tout cas, j’étais toujours au bureau. Donc en plus, je m’ennuyais un peu. Mais moi, je faisais rire mes collègues en me disant de toute façon, moi, je vais en travail pour me reposer. Je m’entraîne et je me repose de boulot. Ce qui n’était pas trop faux à l’époque non plus. Aujourd’hui, ça a bien changé puisque mon travail demande un peu plus de concentration. C’est un peu différent et en tout cas beaucoup plus passionnant. Mais oui, toujours avoir mes entraînements qui étaient cadrés par rapport surtout au travail, à mes disponibilités. Puis un peu plus tard après, on a évolué. Tu vois, dans l’entraînement aussi, qu’allaient les entraînements quand j’ai fait le marathon de Valence il y a deux ans, voilà, en 2023. Le faire aussi par rapport au cycle, par rapport au cycle féminin. Donc, c’est vrai qu’on avait déjà un petit peu parlé au téléphone, mais je trouve que c’est important. Les femmes, on ne les entraîne pas du tout pareil que les hommes. Et ça, c’est important. On a des cycles qui sont déjà chacune très différentes. En fonction de chaque phase, on peut être soit très inflammé. Donc, à ce moment-là, il ne faut pas rajouter de l’inflammation non plus pour éviter de se blesser. Et il y a des phases comme les phases folliculaires ou les phases d’ovulation où on va être très fort. Donc là, on va pouvoir passer des grosses séances. Donc, en fait, ça, c’est vraiment cet aspect-là. C’est les détails comme ça, moi, qui me plaisent, tu vois, dans la discipline. Pouvoir peaufiner ces petits détails-là, en fait, tu vois.

Ermanno : Ça, c’est intéressant. Enfin, c’est aussi un sujet que j’ai un peu abordé, mais un peu moins maintenant et pourtant sur lequel je voudrais beaucoup plus travailler, beaucoup plus élaborer, sachant que je ne suis pas une femme. Donc, je n’ai peut-être pas forcément cette légitimité. Mais avant que tu en parles, j’allais te poser la question, justement, de comment est-ce que tu gères par rapport à ton cycle menstruel et est-ce que le fait de partager la vie au quotidien avec ton entraîneur, ça aide aussi ? Lui qui te connaît, qui voit bien aussi. Alors, sans partir dans les clichés, mais les changements d’humeur, les variations d’humeur, les variations de fatigue, les variations à l’entraînement, c’est une chose de s’entraîner et de partager un ressenti avec son entraîneur à distance, via une appli, via un tableau de bord, via Nolio, via Aïdou, via Garmin, via tout ce que tu veux. Et puis, c’est autre chose de rentrer de l’entraînement et que ton conjoint ou ta conjointe voient que tu fais la tronche et que pour le coup, ce soit ton entraîneur, est-ce que ça joue tout ça dans la programmation, dans la planification de l’entraînement et dans, alors c’est peut-être à lui qu’il faudrait que je pose la question du coup, mais dans le ressenti qu’a l’entraîneur par rapport à son athlète ?

Laura GAUTIER : Oui. Déjà, c’est vrai que comme ton podcast s’intitule « Devenir triathlète », je vais m’adresser aux femmes qui, un jour, ont l’occasion de discuter avec un entraîneur, en tout cas d’avoir un entraîneur ou une entraîneuse, c’est surtout de discuter de ça et de leur cycle parce que je pense que effectivement les hommes n’ont pas forcément le réflexe de penser à ça, peut-être un peu plus maintenant, mais peut-être il y a quelques années un peu moins et encore que ça dépend, j’imagine, chacun avance en tout cas à sa manière. C’est de discuter de ça parce que bon, tu as quand même beaucoup de filles qui vont avoir de l’endométriose, tu vois, moi j’ai de la dénomiose, donc en fait tu as des douleurs qui interviennent qui t’handicapent déjà dans ta vie perso et pro et forcément quand tu fais du sport encore plus. Donc ce qui était délicat à l’époque quand je regardais pas trop, parce que même si on est des femmes, on ne connaît pas forcément tous ces cycles, les quatre phases, etc. Et à l’époque quand je ne m’y intéressais pas trop, si je n’arrivais pas à m’entraîner parce que j’étais dans une phase trop inflammatoire et que j’étais pliée en deux dans mon lit, en fait je culpabilisais, tu vois, donc en fait quand tu culpabilises en fait tu n’es pas bien alors que on a certes beau ne pas être triathlète professionnel, mais en fait quand on veut bien faire les choses et qu’on veut respecter le planning que l’entraîneur a fait et surtout réussir, quand on a une grosse séance qu’on n’est pas capable de faire parce que on a nos règles ou qu’on est voilà, on a des SPM trop importants, et bien en fait mentalement c’est dur, parce qu’on se dit en fait j’ai pas réussi donc je suis face à un échec. Donc en fait je pense que l’objectif de l’entraîneur c’est déjà de déculpabiliser son athlète, mais c’est vrai par rapport à ça, d’où l’importance d’adapter par rapport au cycle. Pendant certaines phases du cycle de mettre soit des charges moins élevées ou soit, moi je sais ce qui marche bien sur moi, c’est des séances assez courtes mais plutôt avec des sprints, typiquement à pied, mais très peu de volume. Donc je pense que c’est important de s’adapter par rapport à ça, et surtout si ça arrive le jour J le jour de la course, comment on fait, comment on s’y prépare aussi mentalement et physiquement, parce que malheureusement ça fait partie de la vie d’une femme athlète aujourd’hui.

Ermanno : Tant qu’on n’en est pas à avoir encore, et je sais que ça existe encore des entraîneurs qui te disent de toute façon, si t’as plus de règles, c’est tant mieux. Là on tombe dans l’excès. Mais pour rebondir sur ce que tu disais, oui, mesdames, n’hésitez pas à en parler, et ouvertement, surtout si ça vous gêne pas, parce que souvent chez les hommes ce qui se passe c’est aussi une forme de tabou ou de pas oser aborder le sujet, parce qu’on rentre sur le côté très personnel de l’athlète femme. Je pense qu’effectivement il faut pas hésiter à le dire, à en parler. C’est bien qu’on en parle aujourd’hui parce que comme ça, peut-être que ça fera réagir ou réaliser à certaines femmes qu’il faut pas hésiter à en parler à son entraîneur. Moi je vois vraiment la relation entre un athlète et un ou une entraîneur comme une relation de confiance, et s’il y a pas cette relation de confiance, de toute façon il y aura du mal à progresser, même dans le sport, et aussi sur les autres pans de la vie des athlètes.

Laura GAUTIER : Oui, je partage ce que tu dis, et en plus de ça, je pense que c’est important pour les femmes aussi de parler de tout ça aussi avec leur entraîneur, puisqu’en fait c’est quelque chose qu’on maîtrise pas, c’est un facteur externe, c’est un aléa. Donc l’entraîneur, il peut pas le deviner, et c’est une cause qui est scientifique, donc il peut pas non plus le nier et ne rien en faire. Donc en fait, il y a des raisons à ça. C’est le système hormonal de la femme, quand elle a mal, elle a peut-être un peu plus de sautes d’humeur, donc c’est pas pour autant qu’il faut les mettre de côté, ces sautes d’humeur-là, et au contraire, il faut les accepter et en faire quelque chose, que ce soit les sautes d’humeur, certaines peuvent avoir un état un peu dépressif aussi à l’arrivée de leur menstruation, et je pense qu’il faut s’adapter par rapport à ça, et au contraire, un entraîneur qui saura poser ces questions-là, forcément, va gagner des points avec ses athlètes, puisque déjà, les femmes, c’est déjà un sujet tabou pour elles, donc en fait, d’avoir la liberté de pouvoir s’exprimer, donc la liberté, je trouve ça assez important, c’est primordial aujourd’hui.

Ermanno : Et puis, au-delà de ça, il y a aussi tout le côté hygiène de vie, quand vous avez vos règles, ou quand vous êtes entre deux cycles, vous pouvez avoir plus ou moins faim, plus ou moins fatigué, plus ou moins d’énergie, tu l’as dit tout à l’heure, et donc tout ça, ça va impacter aussi l’entraînement, enfin, si tu fais une petite sortie entre guillemets, et que tu te mets à dévorer tout ce qu’il y a dans le frigo, ça n’aura pas le même impact, déjà, peut-être un, sur ton état d’esprit, sur ta sérénité vis-à-vis de tout ce que tu vas avaler, et puis aussi sur ton corps de manière générale, et c’est peut-être tout simplement juste parce que tu es en phase pré-menstruelle, et puis que d’un seul coup, tu te mets à avoir une fringale, quoi, alors que tu n’es pas sorti faire une sortie de 60 km qui s’est transformée en 100, enfin, voilà, tout ça, c’est des éléments à prendre en compte aussi, et sur lesquels il faut échanger avec l’entraîneur.

Laura GAUTIER : Oui, oui, je suis d’accord, alors après, ça dépend, si tu n’as que du brocoli dans ton frigo, oui, mais bon, au moins, ce sera plutôt du chocolat, tu vois, mais oui, oui, c’est important, et c’est des moments où il faut accepter aussi de lâcher prise, voilà, on ne peut pas tout maîtriser, on ne peut pas tout contrôler, et je pense que ça, c’est le plus dur, surtout pour moi, de ne pas tout contrôler, mais il faut l’accepter, sinon, après, on se fait des nœuds au cerveau, et on ne s’en sort plus, quoi.

Ermanno : Et pour revenir sur la question que je te posais tout à l’heure, sans appuyer sur le sujet, mais est-ce que partager ta vie avec ton entraîneur, ça facilite aussi les choses, aussi, à ce niveau-là ?

Laura GAUTIER : Je dirais oui et non, voilà, oui et non, parce qu’effectivement, il sait très bien comment je réagis, ma façon de penser, on peut faire des débriefs en direct, mais bon, je peux aussi, des fois, essayer de négocier, voilà, négocier un petit peu ma sortie, ma séance, ou pas, ou pas, voilà, donc ça dépend, mais en tout cas, c’est sûr qu’il me connaît bien, et il connaît bien ma façon de réagir, aussi, face, des fois, à une charge de travail trop importante, à une fatigue, on en parlait tout à l’heure, les trajets en voiture, donc, tout ça, en fait, tout est en direct, donc, c’est un plus pour moi, on va dire que j’ai la formule plus, plus…

Ermanno : Bon, et revenons, du coup, à ta pratique, donc, 73, championnat du monde, entre-temps, tu fais d’autres Ironman, à quel moment tu commences vraiment à performer ? Parce qu’on ne l’a pas dit, mais

Laura GAUTIER : t’es quand même pas trop mauvaise ! Ouais, en tout cas, c’est arrivé, en fait, moi, je ne pensais jamais, un jour, faire un podium en triathlon, je me disais, quand même, ça, c’est pour les top-top, et, en fait, tu vois, l’affiche qui est derrière, mes collègues me l’ont offerte, donc, j’ai fait un triathlon à Saint-Jean-de-Luz en 2021, triathlon longue distance, triathlon que j’ai gagné, ça a été mon premier podium, l’année d’après, j’ai à nouveau gagné ce même triathlon longue distance, j’ai progressé, je dirais, assez rapidement, après, j’ai quand même des facilités à pied, un peu moins à vélo, mais je pense que je sais aussi être à héros quand il le faut, donc je fais aussi attention à ça, et ça aide aussi sur certains parcours, et ensuite, petit à petit, j’ai fait plusieurs podiums, que ce soit en catégorie d’âge, sur des labels Ironman, Challenge, et puis, gagner des courses locales, donc ça s’est fait vraiment petit à petit, donc j’ai une petite collection, pour l’instant, de trophées, et après, c’est assez sympa, c’est assez sympa, mais ce que je vis surtout, c’est le dépassement de soi et de réussir ma course, donc même si, des fois, je suis sur le podium, si je n’ai pas réussi ma course, en fait, je ne suis pas contente, parce que les gens ne comprennent pas, puisqu’ils regardent plutôt le classement, tu vises quoi ? En fait, moi, je vise de faire la meilleure course possible, tu vois, on en parlait du Challenge beaucoup, je ne suis pas contente de ma course à pied, oui, j’ai fait une bonne place, tu vois, j’ai fait huitième femme et première de ma classe d’âge, mais je n’étais pas contente de la course à pied, tu vois, donc en fait, je n’ai pas réussi, mais tu ne peux pas dire ça aux gens, parce qu’ils trouvent ça déjà génial, mais bon…

Ermanno : Je ne me moque pas, je te dis, je te trouve ça super mignon, et tiens, d’ailleurs, sur le Challenge Vieux Boucaud, où tu étais ce week-end, tu me disais en off que tu n’as pas très bien couru, j’ai encore essoufflé notre sortie récup’ de ce matin, comment est-ce que tu l’abordes au départ de la course, et comment ça se

Ermanno : caractérise pendant toute la course, je veux dire, comment tu prépares une course, à partir du moment où tu es sur place, est-ce que tu as besoin de te mettre dans ta bulle, est-ce que tu as besoin que ton entraîneur soit là pour te rappeler les dernières choses qu’il faut faire avant de partir, le petit échauffement, etc., et comment se déroule toute la course jusqu’à la fin, où là, tu te rends compte que finalement tu n’es pas si satisfaite que ça, parce que tu n’as fait que huitième, et tu n’as pas assez bien couru, à quel moment les sensations ne sont pas les bonnes, quoi ? Ça fait beaucoup de questions, mais c’est pour te guider, après, tu as le droit de ne sortir qu’une seule réponse.

Laura GAUTIER : Ok, donc je ne peux pas parler d’autre chose ? Non, en fait, déjà, l’avantage que j’ai, c’est que, comme j’ai fait pas mal de courses, quand j’arrive sur une course, en fait, je ne suis pas stressée, je suis plutôt détendue, je commence à avoir un petit stress, c’est au moment où tu es sur la ligne de départ, natation, où tu remets tes lunettes, tu les enlèves, tu les remets, tu ne sais plus si elles sont assez bien mises ou pas, des petits tocs, je pense qu’on peut tout savoir, non, mais je suis assez détendue, moi, j’aime bien être dans mon truc, faire mon truc à moi, parce que sinon, si tu comptes sur les autres, il y en a toujours qui sont un peu en retard, qui n’arrivent pas au bon moment, en plus, ça, c’était une épreuve club, donc on était assez nombreux, pour le cercle Triathlon Toulouse, voilà, pour la crête, et non, je suis dans ma course, moi, j’ai fait un bon échauffement, je pense que c’est important de s’échauffer, même pour le long distance, souvent, les gens ne s’échauffent pas, ils disent « moi, je prends un half, je ne m’échauffe pas », mais en fait, si, il faut s’échauffer, les gars, prenez un élastique, vous échauffez les épaules, vous faites chauffer, quelques pompes, je crois qu’on a fait 12 ou 13 minutes à pied, un petit échauffement dans l’eau, parce qu’elle était froide, donc ça permet déjà de prendre les sensations et ne pas avoir cette sensation de froid quand on va aller dans l’eau, non, ça s’est bien passé, moi, dans la natation, j’étais dans ma course, j’ai aimé ma natation, le vélo, ça s’est plutôt bien passé, voilà, même si, bon, j’avais des douleurs de hanches, donc ça n’a pas été top à ce niveau-là, donc j’ai dû ralentir à un moment donné, mais moi, j’étais à fond dans ma course, dans ma course, dans mes sensations, du début à la fin, en train de me dire « putain, mais il fait trop beau, c’est génial ! » « c’est génial, c’est trop de chance ! » et puis j’avais hâte de courir, souvent, et moi, il me tarde de poser le vélo, parce qu’au moins, tu sais que tu n’as pas eu de pépère mécanique, tu vois, c’est souvent ça, quand tu fais notamment un Ironman, tu dis « bon, tu pries pendant 480 bornes, de ne pas avoir de soucis mécaniques, sinon tout ce que tu as fait derrière, tout ton entraînement, en fait, ça part à la poubelle », mais en fait, tu pars à pied, et à pied, j’ai senti tout de suite que ça n’allait pas trop, que j’avais très mal à la hanche, que j’avais un point de côté qui ne m’a pas lâché, donc je n’ai pas pu, quand tu as un point de côté, tu ne rebois pas, tu ne remanges pas, parce que sinon, ça ne passe pas, j’ai essayé, du coup, ça me donnait encore plus mal, tu essaies de, on te dit « ouais, il faut souffler beaucoup », alors tu es là devant tout le monde en doublant les jambes, et puis en fait, ça ne passe pas, donc tu fais comme tu peux, après, au moins, l’avantage, c’est que je n’ai pas trop mal aux jambes lundi et mardi, parce que je ne sais pas, mais bon, voilà, c’est trop bien de faire une course, moi, j’adore passer la ligne d’arrivée, voir les encouragements, ensuite aller encourager ceux que tu as accompagnés, doubler des jambes, mettre une petite tape sur les fesses, ou pincer les fesses aussi, c’est ce que je fais, donc ça, c’est des choses qui sont toujours sympas, quoi. Aux gens du cercle Euh, non. Non, non, tu sais, tu pinces les fesses, tu vois, les gens, ils ne s’y attendent pas, tu vois, tu dis « allez, courage », et puis tu t’en vas.

Ermanno : Ça doit passer mieux quand c’est une femme qui fait ça que quand c’est un mec qui pince les fesses, ça tout va.

Laura GAUTIER : Oui, justement, c’est ça qui est drôle, ma vélo, tu mets une petite claque, et puis ils ne s’y attendent pas, et puis bon, quand ils voient que c’est toi, ils savent que c’est ton genre de faire ça, voilà. Voilà, non, c’est plutôt cool.

Ermanno : Donc, le truc, c’est que pour que tu puisses mettre une petite claque ou que tu pinces les fesses, il va falloir que ce soit sur un triathlon avec plusieurs boucles pour que les gens te croisent, parce que sinon, tu joues plutôt aux avant-postes.

Laura GAUTIER : Oui, c’est ça, donc il faut des boucles, mais l’avantage de faire des boucles aussi, tu peux voir où les autres en sont aussi, donc ça, c’est plutôt bien, et puis d’avoir des personnes qui peuvent aussi te donner les écarts, donc telle personne est à 30 secondes devant toi, ou pas, si elle a 5 minutes, tu dis « bon, finalement, c’est rien que j’accélère », mais tu vois, c’est ça qui est beau dans le triathlon, c’est un sport qui est individuel, mais finalement, que tu peux partager avec d’autres personnes et qui a un côté assez collectif, en tout cas quand tu es sur une course ou dans un entraînement, donc c’est la beauté de la discipline, je dirais.

Ermanno : Bon, là, tu cours toujours en amateur, donc en groupe d’âge, est-ce qu’un jour tu franchis le pas de passer

Laura GAUTIER : chez les pros ? Non, c’est pas du tout mon objectif, déjà, je pense pas avoir le niveau, et c’est pas du tout ce que je vise, j’ai jamais eu l’ambition de devenir professionnelle, donc pour moi, c’est vraiment important que ça reste un loisir, on en a parlé tout à l’heure, le fait de pas avoir de contraintes, moi, ce qui est important pour moi, c’est d’avoir la liberté de me dire qu’à tout moment, si j’ai pas envie de m’entraîner, je m’entraîne pas, ou si je veux arrêter le triathlon, j’arrête, alors que dès l’instant où tu passes professionnelle, ben en fait, t’es obligée d’avoir des contraintes, et je pense que c’est pas mon truc, tu vois, et pour autant, je m’entraîne tout le temps, mais au moins, moi, ma priorité, c’est mon travail, c’est ma vie personnelle, et puis, et le sport, disons que c’est en plus ce qui prend beaucoup de place, certes, qui est omniprésent, mais ça reste du positif, et surtout de la liberté de pouvoir s’entraîner et de se faire plaisir.

Ermanno : Fais gaffe, hein, parce que si tu continues à gagner, à un moment, Ironman et Challenge, ils viennent te chercher en te disant, bon, maintenant, ce serait bien de… d’upgrade.

Laura GAUTIER : Oui, bon, peut-être que… Non, mais vraiment, c’est pas… Déjà, je pense que je répondrais pas, j’aurais pas vu passer, mais non, c’est vraiment pas mon objectif, et puis j’aimerais faire un petit peu plus de courses locales en ce moment, c’est vrai que je fais beaucoup par partie sur des labels, déjà, c’est un budget, surtout à l’étranger, j’ai passé pas mal d’argent là-dedans, et maintenant, cette année, j’ai eu plus à cœur de faire des courses en local pour représenter justement les clubs qui s’investissent pour nous, pour les athlètes, pour pouvoir les laisser aussi s’exprimer sur des courses, tu vois, donc je trouve ça important.

Ermanno : J’en profite, je le place à chaque fois que je peux, mais va voir du côté du Haute-Marne Triathlon, ils ont du cours aux longues distances, c’est au moins en juillet, profites-en, va voir, et puis Nico, on te fait un petit coucou, n’hésite pas à contacter Laura pour lui proposer une place pour l’année prochaine. Tout ce qu’il y a au-dessus de Toulouse, c’est le Nord,

Laura GAUTIER : c’est… Non, c’est vrai que je regarde pas du tout les épreuves qu’il y a dans le Nord, sauf autres pays, tu vois, l’Allemagne, la Slovaquie, tout ça, donc ouais, pourquoi pas, pourquoi pas, pourquoi pas découvrir.

Ermanno : J’ai une question qui m’échappe, mais ça reviendra, du coup, toi, t’as dit que t’étais une femme d’objectifs, t’aimes te fier, t’as fixé des objectifs, c’est quoi tes prochains objectifs à aujourd’hui ?

Laura GAUTIER : Voilà, c’est les championnats du monde de Alpha Ironman qui ont lieu le 8 novembre, donc dans un peu moins d’un mois, à Marbella. Voilà, et après, l’objectif que j’aimerais bien avoir l’année prochaine, c’est Roth, mais j’ai pas réussi à avoir de place, elles sont parties en 13 secondes, je comprends pas, il me semble avoir mis moins, mais… Mais voilà, j’aurais aimé faire Roth, refaire un Ironman cette année, parce que cette année, j’avais trop de boulot, trop de contraintes, on va dire, professionnelles pour m’entraîner pour un Ironman, et l’année d’avant, du coup, j’en ai fait deux, puisque j’ai fait l’Autriche, et je me suis qualifiée pour Nice, qui était mon objectif, et là, j’aimerais bien repartir sur un Ironman l’année prochaine. Mais du coup, si je fais pas Roth, je sais pas lequel me fait envie, tu vois, me fait rêver. Tu vois, il faut que la course, elle me fasse rêver. Tu vois, Roth, ça me faisait rêver, je l’ai fait en 2022, ça me faisait trop rêver, enfin, quand je voyais les vidéos YouTube, et puis…

Ermanno : T’es déjà allé à Roth ? Moi, j’y suis jamais allé, mais effectivement, c’est

Laura GAUTIER : mythique comme course. Ok, bah déjà, c’est une erreur de peut-être aller à Roth, Hermano. Ce qui est top quand t’es à Roth, enfin, ce qui est top oui et non, parce qu’après, tu veux plus faire d’autres courses, parce que c’est trop bien, déjà, t’arrives là-bas, t’as du café pour tous les spectateurs, on est quand même des milliers, hein, sur la course, tu vas à la natation, t’as un stand de gel, si tu veux prendre un petit gel avant de partir faire ta nat, sur le côté de la natation, dans le canal, tous les 100 mètres, t’as un panneau qui te donne la distance, tu descends de ton vélo, c’est comme pour les pros, on te prend ton vélo, et on t’amène tes affaires, tu vois, donc je me rappelle, ma T2, ouais, j’ai mis 1 minute 10, tu vois, on m’a tout donné, et c’est rigolo, dans les temps que tu as, j’ai été dixième sur la T2, dixième de Roth, tellement ça va vite, tu vois, tu donnes ton vélo, on t’aide à mettre tes chaussures, et ben t’es prête, quoi, donc du coup, faut y aller, c’est parti. Donc Roth, c’était vraiment une course qui me faisait rêver, et ensuite, l’Autriche, l’Autriche aussi, ce qui est très très beau, enfin, le parcours natation, c’est magnifique avec le lac, c’est vraiment trop trop beau, le parcours vélo, il est magnifique, donc tu vois, ça, ça me fait rêver, et après, ce qui m’a fait rêver, c’était de participer au championnat du monde à Nice, puisqu’en fait, c’était la première et la dernière fois, pour les femmes, c’était à côté de la maison, j’avais déjà fait le parcours, donc il y a quand même une petite revanche à prendre sur le temps, c’est un parcours que je connais bien, c’est à côté, tu peux y aller juste trois jours sans prendre une semaine et poser des congés, donc c’est plutôt top, et donc voilà, il faut que je trouve une course qui me fasse rêver l’année prochaine pour pouvoir m’inscrire, mais je veux trouver.

Ermanno : Le hautement de triathlon. Euh…

Ermanno : Ouais, tu disais que là, tu prépares Marbella, du coup, j’ai trouvé ça trop mignon quand on en parlait tout à l’heure quand on courait, et t’as dit quoi, ton chéri ?

Laura GAUTIER : Bah, il m’a dit, écoute, t’as quatre semaines, pendant quatre semaines, tu t’occupes de rien, moi, je fais tout, et toi, tu penses juste à travailler, dormir et t’entraîner, quoi. Voilà, j’ai dit, bon, bah, super, voilà, bon, je fais quand même peu de ménage, parce que, bon, voilà, mais après, non, il s’occupe de tout, et moi, je m’occupe

Ermanno : de moi. Voilà. C’est vraiment tellement difficile hein, euh, ça doit être bien de vivre un petit peu cette vie de sportif professionnel, même si tu veux pas passer chez les pros.

Laura GAUTIER : Ouais, alors après ces quatre semaines, là, dont une semaine où je récupère un peu de vieux boucots, il y aura une semaine d’affûtage, donc ça va vite arriver, quoi, mais c’est quand même agréable de pouvoir se dire, on partage la vie avec quelqu’un qui comprend pourquoi je m’entraîne, parce que je pense que c’est pas évident dans tous les couples, que beaucoup de couples aussi se sont séparés à cause du triathlon, j’en connais, parce que c’est pas évident d’accepter que cette discipline et ce sport qui est très contraignant, c’est tout les jours. Si tu veux performer, t’as trois sports, il faut que tu t’entraînes au moins deux, trois fois dans chaque sport, tu vois, à minima, et donc il faut que l’autre comprenne et accepte. C’est pour ça que souvent, quand on joue à des copains, puisque c’est quand même un sport qui est beaucoup plus masculin, tu vois, au club, on a quand même beaucoup d’hommes qui s’engagent sur un Ironman, il faut que leur femme, elle soit d’accord, parce qu’il faut qu’elle comprenne pourquoi que le dimanche, il va s’en aller pendant sept heures pour s’entraîner, et que les enfants, il va pas pouvoir s’en occuper le matin. Donc il faut vraiment que ce soit une décision de couple de s’investir dans cette expérience, en fait, qu’est le triathlon longue distance, quoi. Faut accepter.

Ermanno : Ouais, faut accepter.

Ermanno : Normalement, je me renseigne pas trop sur mes invités, parce que je veux que ça reste très smooth, et puis que l’audience découvre mes invités en même temps que moi, sinon on est un peu biaisés. Mais bon, comme ce matin, on a passé une heure ensemble à courir, tu m’as raconté quelques trucs, et tu m’as dit notamment que t’avais pris des fonctions, au-delà d’être présidente du TUK, donc Toulouse University Club, t’avais pris aussi des fonctions au niveau de la Ligue Occitanie. Ça veut dire quoi, être dans une ligue de triathlon ? Pour toutes celles et tous ceux qui se posent la question, pour qui c’est très mythique, on fait quoi ?

Laura GAUTIER : Alors, pour le coup, moi, j’avais pas autant de temps libre que d’autres, donc je faisais comme je pouvais. Je m’occupais surtout, j’étais vice-présidente de la Ligue Occitanie triathlon, donc après, c’est juste un titre, puisque, en fait, en soi, c’est surtout le président qui fait beaucoup la trésorière et les salariés, qui, en fait, c’est leur travail. Quand t’es bénévole, c’est un peu plus difficile. Et, en fait, la Ligue, son rôle, c’est de développer le triathlon, les épreuves et les écoles de triathlon. Donc, moi, tu vois, typiquement, ce que j’aimais bien, c’était les réunions, donc les conseils d’administration, les réunions avec les présidents de clubs, parce que ça permettait de voir un petit peu le côté off du triathlon, discuter avec les organisateurs d’événements, ceux qui ont des clubs qui marchent bien, tu vois, pour écouter leurs conseils pour les autres, savoir aussi comment s’organiser, comment s’organise la vie en général, comment marche la vie de la fédé, comment marche, en fait, tout l’écosystème du triathlon. Moi, c’est vraiment un truc qui me tient à cœur. Donc, je suis encore dans le conseil d’administration, mais pour l’instant, depuis le début d’année, j’ai pas réussi à faire une réunion. À chaque fois, j’ai un déplacement ou autre, donc ça tombe mal. Mais, moi, c’est des choses qui me plaisent, tu vois. Donner mon avis, puisque, aussi, t’as quand même, dans ces instances-là, ben, comme ça prend beaucoup de temps aussi, ben, voilà, pour le président Thibault Lallement, il est un peu moins sur les épreuves aussi. Donc, moi, on va dire, mon point fort pour ça, c’est que je participe aux épreuves. Donc, je peux donner mon avis de l’intérieur. Voilà, la course, ça s’est passé comme ci, comme ça, les organisateurs, comme ci, comme ça, ce qui était bien, moins bien, a changé, les arbitres, machin, et je trouve ça important de donner son avis en tant que triathlète, au-delà de spectateur. Tu vois.

Ermanno : Intéressant. Bon, j’en profite pour faire un petit coucou à Thomas Hamot, qui était aussi à la Ligue. Qui est encore. Et puis, finalement, la Ligue Occitanie, elle est assez vaste, parce que l’Occitanie, c’est assez grand, assez large. Donc, ça représente un territoire qui va, d’où à où, des clubs qui vont d’où à où, et, globalement ?

Laura GAUTIER : Bah, typiquement, t’as toute la partie, anciennement, Midi Pyrénées, et ensuite, ça va jusqu’à, ça englobe jusqu’à Montpellier, quoi. Donc, voilà, c’est assez vaste. C’est pour ça qu’il y a quand même deux pôles. T’en as un à Balma, et un du côté de Sète, donc, où t’as plusieurs salariés, donc, qui travaillent à différents endroits, pour développer les deux parties, en fait, de l’Occitanie, puisque, comme tu dis, c’est un territoire assez vaste. Voilà, mais c’est quand même beaucoup de clubs. Beaucoup d’adhérents. On a une ligue qui est, quand même, très dynamique en France. Donc, c’est sûr, je mets pas les autres ligues de côté, mais celle-là, elle est particulièrement bien. On a la chance d’avoir un président qui est très, très actif, et très dévoué au monde du triathlon, et surtout, des salariés qui sont exceptionnels. Donc, Thomas Hamot, que tu connais, franchement, c’est une pépite. Avec Clément, avec Mathias, qui bosse aussi pour le centre régional d’entraînement universitaire, aussi, à Toulouse. On a vraiment beaucoup de chance, aujourd’hui, d’avoir une équipe, comme celle qu’on a aujourd’hui, à la ligue. Et je pense que le gros point fort, c’est la masse salariale, et c’est les gens qui la composent. Voilà.

Ermanno : On fait comment, si on veut rejoindre la ligue, si on veut prendre des fonctions à la ligue, que ce soit en tant que bénévole ou en tant que salarié ?

Laura GAUTIER : On peut envoyer un petit message, un petit message à la ligue. On va sur le site, donc à l’onglet contact, ou on contacte Thomas, ou une autre personne qu’on peut croiser. En tout cas, on est… Je pense qu’on est toujours à la recherche de bénévoles. Voilà, le bénévolat, c’est un monde qui est pas facile. Tout le monde n’a pas le temps de s’investir, aussi, puisque c’est généralement pas la priorité dans la vie. Donc, si des gens veulent s’investir et pensent avoir quelque chose à apporter, il faut pas hésiter à pousser la porte. Ça permet de voir le triathlon différemment, aussi, tu vois, et de comprendre aussi l’importance des épreuves, l’importance des écoles de triathlon dans le développement, aussi, de la pratique de ce sport. Tu vois, c’est une autre vision.

Ermanno : Ouais, on le dit souvent pour… Quand on incite les gens à être bénévoles sur des courses, il y a aussi le côté… Alors, il y a le côté entraîneur quand on a les diplômes et quand on a la fibre. Il y a aussi le côté arbitrage qui permet de voir les épreuves et le triathlon différemment. Et puis, il y a toute cette partie fédérale, intégrer la ligue ou la fédération et où on voit encore l’envers du décor. Et ça doit être super intéressant,

Laura GAUTIER : quand même. Oui, soit on… En fait, il y a deux façons de voir les choses. Un, je suis consommateur. Je suis là, je consomme les courses, je les critique et je m’investis pas pour développer ces épreuves-là. Deux, j’accepte de rendre ce qu’on m’a donné un jour, tu vois. Parce que si on n’a que des consommateurs, en fait, on n’a pas de courses. Non, mais c’est vrai. Et bon, après, on les voit vite, ces gens-là. C’est vrai.

Ermanno : Il y a quand même beaucoup de consommateurs à la Fédération Française des Triathlons parce que c’est quand même une fédé… Enfin, le triathlon est assez développé en France. Pas que le triathlon, d’ailleurs. On parle aussi pas mal du swimrun, sachant que la France est le seul pays où le swimrun est rattaché à une fédération qui est délégataire de ce sport. Donc, c’est quand même assez actif. Il y a beaucoup de pratiquants. Et la Ligue Occitanie doit générer quand même pas mal de pratiquants aussi. Donc, il y a quand même beaucoup de consommateurs. Il faudrait qu’il y en ait un peu plus qui s’investissent, qui s’impliquent, non ?

Laura GAUTIER : Oui, on aimerait toujours. Après, je pense que déjà, la chance qu’on a, c’est au niveau de la Ligue et donc de Thomas ou encore Clément qui y travaillent. C’est qu’ils sont là aussi pour accompagner les clubs. Voilà, un club un jour… Même une personne veut ouvrir un club, veut organiser des épreuves, il peut trouver un support auprès de la Ligue. Donc, évidemment, ça ne fait pas tout. Mais en tout cas, il saura avoir une écoute attentive à la Ligue Occitanie pour l’aider à développer au mieux son épreuve et d’avoir aussi les bons contacts, les bons partenaires pour l’organiser, ne serait-ce que le chronométrage. S’il a besoin aussi du parc à vélo, de tout ce matériel, en fait, la Ligue le prête. Ou encore du camion pour ramener effectivement tout ce matériel. Donc, en fait, aujourd’hui, on a la chance d’avoir un bel accompagnement. Certes, on peut toujours faire mieux, mais on peut aussi des fois se contenter de ce qu’on a et que ce qui marche

Ermanno : bien. Bon, écoute, je n’avais pas forcément prévu de parler de la Ligue, mais c’était l’occasion de leur… de tendre un peu le micro d’une certaine manière à la Ligue. Revenons à toi. Donc là, tu nous as dit quels étaient tes prochains objectifs. Tu penses que tu vas rester dans le triathlon combien de temps, Laura ?

Laura GAUTIER : Écoute, je ne sais pas trop. Tu vois, pour être honnête, cette dernière année, j’ai eu beaucoup plus de difficultés à sortir le vélo toute seule. On a malheureusement vécu un drame au club avec un copain, Antoine, et d’ailleurs un gros bisou à Sarah si elle écoute, qui malheureusement a eu un accident de vélo avec une voiture. Et depuis, je pense qu’on est quand même assez nombreux à avoir du mal à partir rouler seule et tu vois, j’en discutais, je crois, hier avec des clients. On parlait du vélo et je disais que je me voyais à terme peut-être juste arrêter le vélo parce que je trouve ça trop dangereux. Tu as beaucoup de gens qui te frôlent, qui sont sur les téléphones, qui ne font pas attention. Et tu vois, typiquement l’autre jour, j’étais à table, il y avait une collègue à côté de moi, elle me dit mais moi, quand il y a deux cyclistes qui roulent l’un à côté de l’autre, je fais exprès de les frôler. Tu vois, en fait, tu entends ça, tu sais que ça ne sert à rien de batailler avec ces gens-là.

Ermanno : C’est quand même le moment où tu te lèves de table, tu l’en déco… Non, ça, je vais être obligé de couper, je ne peux pas le laisser.

Laura GAUTIER : Non, en plus, tu vois, je suis encadrante, donc je ne peux pas me permettre d’avoir ce type de discours, mais j’ai essayé de chercher à comprendre, tu vois, comprendre pourquoi elle disait ça. Elle me dit mais en fait, ils me font chier, ils me font chier sur la route, ils sont les deux à côté, ils n’ont pas le droit. Donc, je lui explique qu’en fait, ils ont le droit d’être deux côté à côté et voilà, je lui ai dit mais tu te rends compte, si tu es en frôlant et que tu le touches, déjà, non seulement toi, tu as de la ferraille, mais lui, il n’a rien, donc tu peux le tuer, mais en plus, toi, toute ta vie, tu vas le payer, quoi. Tu vois, mais je m’en fous, en fait, moi, ça m’emmerde, ils sont sur la route, je n’aime pas les cyclistes. Et en fait, ça m’a fait réaliser qu’en fait, donc parmi les gens qui te frôlent à vélo ou qui te klaxonnent ou autre, tu en as qui ne font pas exprès, mais tu en as d’autres, c’est volontaire. Et en fait, quand je suis sortie de cette discussion, c’était il y a un mois à peu près, en fait, j’ai eu peur, tu vois. Je me suis dit mais ces gens-là, ils sont dangereux, ils sont dangereux et c’est volontaire. Tu le vois des fois quand certains, ils te doublent, ils te frôlent, quand ils ont fini de te doubler, ils s’écartent. Mais t’imagines pour un débutant, un débutant qui ne maîtrise pas encore son vélo, qui fait un écart de route parce qu’il y a un trou, parce qu’il essaye d’attraper son gel, il n’a pas maîtrisé son vélo ou sa gourde ou qu’il se retourne et du coup, il s’est décalé. Enfin, t’imagines comme c’est grave. Et en fait, la route est dangereuse, donc en fait, c’est à la fois du bonheur de se sentir libre sur la route, mais il y a un aléa qu’on ne maîtrise pas, c’est les voitures en face. Donc en fait, je ne sais pas à combien de temps je ferai du triathlon, mais en tout cas, j’ai envie d’en faire le plus longtemps possible. Mais je me vois bien plus tard basculer plutôt sur du trail, donc distance ou des trucs comme ça, à cause justement de la dangerosité de la route.

Ermanno : Le swimrun, Laura, le swimrun. Tu sais nager ? Bon, même s’il s’est marqué là 39 minutes pour un 1 900 mètres.

Ermanno : Je blague, je blague. Non, mais je suis tout à fait d’accord avec toi, et hasard du calendrier ou pas, l’épisode que j’ai publié hier avec Enis Mansour, il revient justement, lui, sur son accident de vélo, alors qu’il préparait son premier triathlon, et coma, amnésie, etc. Donc ouais, ça commence à devenir le point noir du triathlon, c’est comment s’entraîner en vélo sur la route, sur les voies classiques, alors qu’il y a tout un tas de tarés ou de gens, qui font pas exprès, qui font pas attention, et qui vont te shooter, et combien on entend de plus en plus de gens qui ont ce type d’accident.

Laura GAUTIER : Oui, c’est vrai qu’il y en a beaucoup, et comme on est de plus en plus nombreux sur la route, ça veut dire que ça multiplie quand même les risques d’accident, et en fait, c’est grave, en fait. Moi, aujourd’hui, tous les jours, je pense à Antoine, tu vois, tous les jours, et pas un jour où je pense pas à lui. Donc, en fait, il faut trouver la meilleure façon de s’entraîner, de pratiquer sa discipline, comme ça, tu vois, et je crois que c’est le lendemain ou deux jours après l’Ironman de Nice, t’as un athlète qui est, non, pas de Nice, le Tessin, je crois, le Tessin, là, dans le sud, où t’as un athlète professionnel qui s’est fait écraser à Nice, tu vois, donc, le mari de Lucie Biram, je crois qu’elle s’appelle, donc, en fait, c’est grave, tu vois, c’est, en plus, tu fais ta passion, et tu peux pas la pratiquer comme tu veux.

Ermanno : Écoute, il reste plus qu’à, notamment, la Ligue Occitane, à faire des belles pistes cyclables juste réservées aux vélos qui traversent toute l’Occitanie, ça serait une solution, ça, pour les athlètes, pour s’entraîner, non ?

Laura GAUTIER : Ouais, après, je conseille plutôt d’investir dans un bon entraîneur et dans un abonnement Netflix, quoi, tu vois, au moins, t’es safe quand t’es tout seul pour faire ta science, surtout le soir, là où il y a le plus de monde qui roule, voilà.

Ermanno : Bon, après, moi, ça fait 15 ans que je suis à Toulouse, et c’est vrai que, alors, je parle pas des cyclistes, je parle plutôt des cyclistes urbains qui, eux, sont aussi très souvent complètement cow-boys. Ouais, cow-boys, et puis inconscients, enfin, remonter les rues en sens inverse, rouler sur les trottoirs, insulter les gens, que ce soit les piétons ou les voitures, enfin, moi, j’habite en centre-ville de Toulouse, j’en vois, mais de ma fenêtre, j’en vois toute la journée, et le problème, c’est que c’est des gens comme ça qui vont agacer des gens comme la personne avec qui tu parlais, qui te disait qu’elle fait exprès de frôler les cyclistes parce que

Laura GAUTIER : ils la font chier. Oui, oui, c’est ça, alors, après, tout le monde ne connaît pas aussi les règles de la circulation en France, c’est-à-dire que tu as certains feux où il y a un panneau spécial pour les cyclistes qui autorise soit à aller tôt droit et à aller à droite, mais les automobilistes, ils ne les connaissent pas, donc quand tu respectes ce panneau-là, tu te fais klaxonner, donc bon, c’est moyen, quoi.

Ermanno : Bref, tu vas rester longtemps dans le triathlon, encore, et puis après, tu vas switcher vers le swimrun, on est d’accord.

Ermanno : Bon, le podcast s’appelle Devenir Triathlète. Quel est ton meilleur conseil, toi, Laura, pour devenir triathlète, pour progresser et pour performer, parce que c’est aussi ton cas ?

Laura GAUTIER : Je dirais que c’est d’oser, oser, se lancer. Le plus difficile, c’est toujours, quand on est en escalier, c’est de monter la première marche, ensuite, chaque marche se répète, mais c’est d’oser, un jour, franchir le cap, soit de se tenter sur un XS, par exemple, ou d’oser pousser la porte d’un club de triathlon, comme le Cercle Triathlon Toulouse, évidemment, pour, justement, apprendre une nouvelle discipline et ne pas avoir peur, justement, de tester des choses nouvelles, puisqu’effectivement, il y a trois disciplines, ça demande du temps, peut-être que, parfois, on ne va pas réussir tout de suite, notamment à nager, ça peut être un point, parfois, un peu noir pour les nouveaux triathlètes, c’est que la natation, c’est pas inné, et c’est surtout très difficile, d’ailleurs, les meilleurs nageurs, on le voit, les meilleurs nageurs sont ceux qui ont commencé tôt, contrairement à la course à pied ou le vélo, où on peut toujours progresser, bon, il y a quand même certaines limites, mais les meilleurs nageurs sont ceux qui ont commencé tôt, parce qu’ils ont été baignés dans l’eau assez rapidement, ils ont l’habitude d’être dans cet environnement, ils ont des acquis, finalement, que nous, nous n’avons pas, donc il faut oser, et surtout penser à pourquoi on le fait, donc prendre plaisir et partager des moments avec des gens super, quoi, voilà.

Ermanno : Moi, je te remercie, Laura, pour ce moment, j’espère que tu as passé un bon moment à nos côtés, pour terminer, où est-ce qu’on te suit, qu’on t’encourage, au-delà de t’appeler chez UFF quand on a besoin d’optimiser un petit peu pas ses revenus, mais en tout cas

Laura GAUTIER : ce qu’on fait de ses revenus ? Oui, très simplement, déjà, merci à toi, j’ai passé un bon moment, c’est vrai qu’on ne se connaissait pas trop, on a eu l’occasion d’échanger au téléphone, donc merci de m’avoir, en tout cas, donné la parole sur certains sujets qui étaient importants aussi, et je dirais que, bon, j’ai une page Instagram, en privé, évidemment, qui s’appelle Laura GTR, donc lo.ra, puisqu’il y a beaucoup de Laura GTR, lo.ra.gtr, voilà, pour Gauthier, et donc qui est en privé, mais j’accepte du monde aussi pour pouvoir partager quelques moments, même si je n’ai pas trop le temps de le faire, mais voilà, ou sur Strava, voilà.

Ermanno : Oui, et puis sur LinkedIn aussi, et puis de toute façon, je mettrai tout dans les notes de cet épisode. Merci beaucoup, Laura. Merci beaucoup à toi. À bientôt, à Marbella. Ah, tu seras à Marbella ? Non, non, mais pour les autres, pour ceux qui

Laura GAUTIER : y seront. Ok, bon, tu suivras ça, je t’enverrai les résultats, je te ferai cœur.

Ermanno : Voilà. Ça marche, merci beaucoup. Merci. C’était Devenir Triathlète X OpenTree. Merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Nous, on a pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer, alors si ça vous a plu, vous pouvez nous suivre sur nos réseaux sociaux Instagram, LinkedIn et Facebook. On se rejoint maintenant sur devenir-triathlète.com. Vous allez retrouver l’ensemble des épisodes, mais aussi des outils, des ressources et des conseils gratuits pour débuter, progresser ou performer en triathlon. On ajoute toutes les semaines de nouvelles ressources. Si vous avez une idée d’invité, n’hésitez pas à nous envoyer un petit message et si vous voulez être accompagné sur vos prochains objectifs sportifs, connectez-vous sur OpenTree.fr et on se fera un plaisir de vous aider. Alors, n’hésitez pas, on se retrouve tout de suite sur devenir-triathlète.com et OpenTree.fr. Salut les sportifs !

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