🤔 « Sois patient, sois constant, et chaque séance devient une victoire. » — Arnaud Ségretier
🎙️ Dans cet épisode enregistré en live à Toulouse, Arnaud Ségretier nous raconte comment un prof d’EPS toulousain est passé du foot à l’Ironman, puis au SwimRun, jusqu’à vivre son rêve : finir Ötillö, les Championnats du monde de Swimrun 🇸🇪.
De l’arbitrage au coaching, de la salle de classe aux rochers d’Ornö, Arnaud partage une philosophie simple : être régulier, patient et passionné. Et aussi quelques galères : grippe, Covid, annulations de courses, crampes sur les rochers… mais toujours le sourire.
🏃🏼♀️ Notre invité :
- Instagram : https://www.instagram.com/arnaudseg
- Linkedin : https://www.linkedin.com/in/arnaud-s%C3%A9gr%C3%A9tier-138954323
- Strava : https://www.strava.com/athletes/18479639
- Sa société de coaching : https://www.instagram.com/as_u_run
📝 Quelques punchlines à retenir :
• « J’étais gardien de but parce que je détestais courir. Aujourd’hui, je m’entraîne 12h par semaine. »
• « C’est mon coach qui m’a viré… et c’est ce jour-là que j’ai commencé à coacher. »
• « Les meilleurs moments ne sont pas les podiums, mais les préparations. »
• « Sur Ötillö, tu ne gagnes pas une médaille : tu gagnes une aventure. »
• « Si tu veux durer, sois régulier et fais les choses dans l’ordre. »
💡 Le conseil d’Arnaud
« Sois patient, sois constant, et n’oublie pas que chaque séance est déjà une victoire. »
🤔 Et pour finir ?
Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à un(e) ami(e) qui rêve de nager, courir… et recommencer !
PS : nous sommes maintenant sur Strava ! https://www.strava.com/clubs/DevenirTri !
💬 La transcription de l’épisode
Lire la transcription intégrale
Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno, je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète et aujourd’hui on est en live, en vrai, en présentiel avec mon invité parce que oui, il est à Toulouse et d’ailleurs on a failli faire l’interview en visio et puis je me suis rendu compte comme un idiot qu’on était à 2 km l’un de l’autre donc voilà, l’occasion de se rencontrer en vrai, pour vous ça va vous faire un autre type d’épisode avec une petite ambiance dans le café du muséum de Toulouse, bref, trêve de plaisanterie je suis très heureux de tendre le micro à Arnaud Ségretier, salut Arnaud
Arnaud SÉGRÉTIER : Salut Ermanno, merci de me recevoir
Ermanno : C’est un plaisir, alors je te propose de tendre le micro comme ça, toi tu fais rien, t’as juste à répondre, c’est moi qui tends le micro, ça marche ? Bah écoute Arnaud, je suis super content de te revoir parce que même si, il me semble pas qu’on ait échangé quelques mots il y a quelques semaines mais en tout cas on était tous les deux à Lutileu, à Stockholm, on s’est amusés tous les deux avec d’autres potes à traverser l’archipel de Stockholm du Nord au Sud, ce lundi 1er septembre, pour toi ça s’est beaucoup mieux passé que pour moi, on reviendra aussi un petit peu là-dessus mais juste avant, ce que j’aimerais c’est que tu te présentes, que tu nous dises un petit peu qui est Arnaud Ségretier
Arnaud SÉGRÉTIER : Donc moi c’est Arnaud Ségretier, j’ai 35 ans, j’habite à Toulouse avec ma femme Chloé, mes deux enfants Juliette et Léo, 5 et 3 ans je suis prof de PS en banlieue toulousaine, c’est un collège il y a 4 ans j’ai commencé à coacher, j’ai monté ma petite structure de coaching sur les conseils de deux copains qui trouvaient que je me débrouillais pas si mal que ça et puis après il me reste un peu de temps libre, donc on en profite pour s’entraîner et se fixer des objectifs et plutôt dans l’espoir d’endurance, et moi ce que j’aime c’est varier, c’est un coup un peu le triathlon, un coup le swimrun, un coup le trail tout ce qui est espoir d’endurance ça me branche et je m’éclate à préparer des défis, à réfléchir aux casse-têtes que représente la préparation de certains défis comme Autileu et voilà ce qui m’éclate
Ermanno : Tu disais que tu es prof d’EPS, donc éducation physique et sportive, tiens un petit coucou à Ghislain Vachette de Railway 2 qui était là aussi le 1er septembre, qui lui aussi est prof d’EPS, mais beaucoup plus au nord lui, il est du côté de Villeneuve d’Ascq Comment est-ce que de prof d’EPS on devient aussi entraîneur ? Est-ce que c’est ta formation ? T’es passé par quoi ? Par STAPS ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Alors c’est sûr qu’avec la licence STAPS c’est intéressant parce qu’on a des modules qui touchent un peu à l’entraînement sportif mais après c’est surtout que moi j’ai toujours eu cette envie de m’entraîner seul, de comprendre par moi-même, de m’améliorer tout seul que si jamais je réussis quelque chose c’est un peu grâce à moi et si je rate je peux en prendre qu’à moi aussi et c’est cette perspective là qui m’intéressait le plus et c’est pour ça que quand j’ai commencé à me prendre en main tout seul pour la course à pied j’ai des copains qui m’ont dit ah bah c’est bien ce que tu fais et tout donc vas-y coache-moi et j’ai commencé avec deux copains, d’ailleurs je les remercie, c’est Bruno et Nico qui m’ont donné envie de m’y mettre et derrière j’ai monté ma micro-entreprise, je me suis formé, je lis énormément de choses parce que les formations c’est bien mais ce qui compte c’est toujours être au fait de ce qui se fait, des évolutions, des nouveautés pour jamais s’endormir et toujours proposer.
Ermanno : en parlait tout à l’heure en off, en venant justement jusqu’au bar, on parlait de Karoly Spy entre autres donc Karoly si tu nous écoutes je te tendrai le micro avec grand plaisir mais est-ce que c’est un de tes modèles aussi dans tes entraînements ?
Arnaud SÉGRÉTIER : En tout cas je lis tout ce qu’il fait parce que je trouve qu’il a à la fois la vision théorique, c’est un mec qui lit plein d’articles tous les jours et qui est vraiment à la page de tout ce qui se fait un peu dans le monde, les méthodes suédoises mais aussi à l’étranger et surtout ce que j’aime bien c’est qu’il est très pragmatique. Il prend des athlètes qui ont un bon niveau de base et il en fait des machines de guerre en quelques saisons et c’est hyper impressionnant, hyper inspirant parce qu’il y a plein de coachs qui prennent des athlètes pros qui ont déjà un niveau extraordinaire et certes ils vont les faire progresser, ils vont parfaire un peu tout ça mais Karoly Spy a ce truc-là de prendre des mecs un peu bons mais pas trop encore connus et qui vont vraiment devenir très forts donc c’est ça qui est intéressant à voir et en plus il partage beaucoup donc effectivement c’est une de mes grosses sources d’inspiration pour le coaching.
Ermanno : Il prend un diamant brut et il le taille lui-même là où d’autres prennent un diamant déjà un petit peu taillé et puis ils ajustent quelques facettes. Tu me disais aussi en off tout à l’heure que ça ne fait pas très longtemps que tu as découvert le triathlon et le swimrun est-ce qu’on peut repasser un petit peu en revue ton histoire ? Qui était Arnaud Ségrédier petit ? Est-ce que tu faisais du sport, beaucoup de sport ? Par quel sport tu as commencé ? Raconte-nous tout ça.
Arnaud SÉGRÉTIER : Alors moi déjà c’est toute ma famille. Il y a beaucoup de profs d’EPS, tout le monde a touché à un moment donné à un sport ou à un autre donc j’ai des souvenirs petits d’aller voir mon père qui jouait au basket, ma mère aussi, le tennis avec les copains l’été en vacances donc j’ai toujours eu des souvenirs autour des terrains de sport mais moi quand j’étais petit c’était le foot. En plus la Coupe du Monde 98, je suis arrivé à Bordeaux, je suis allé voir des matchs de la Coupe du Monde le club des Girons de Bordeaux qui à l’époque était un peu mieux que maintenant, qui gagne le titre dans la foulée donc moi c’était vraiment le foot jusqu’à mes 14 ans à fond. Et après j’ai basculé dans l’arbitrage et là du coup j’ai découvert un peu la course à pied parce qu’avant au foot j’étais gardien. Ça m’arrangeait bien, j’étais un peu en surpoids donc j’étais très bien dans les buts, il ne fallait pas trop courir.
Ermanno : Tu étais un peu en surpoids alors ceux qui regardent la vidéo ils doivent se demander mais où, d’où le surpoids ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Après du coup avec l’arbitrage je ne pouvais plus me cacher parce qu’il n’y a pas de remplaçant au foot pour l’arbitre donc du coup il a fallu se mettre à la course à pied. Mais du coup j’ai apprécié, j’ai apprécié travailler, m’améliorer et en fait comme j’étais plutôt bon ça a progressé assez rapidement au niveau des échelons de l’arbitrage. Ça m’a donné envie de m’entraîner encore plus et encore plus fort et quand je voyais les progrès vu que je partais de zéro et bien en fait ça a été hyper grisant et c’est comme ça que j’ai découvert et que j’ai mis un pied dans la course à pied justement. C’est à partir de là aussi que tu as commencé à mettre un pied dans le coaching ou tu as commencé à te coacher tout seul avant de coacher les autres ? Ouais en fait pour la petite histoire à 18 ans je me suis viré de mon groupe d’entraînement parce que je posais trop de questions. En fait j’étais en Staps et du coup ça m’intéressait de comprendre pourquoi je faisais tel ou tel exercice. Et mon coach ça l’a un peu saoulé donc il m’a dit c’est bon on ne vient plus, va faire tes entraînements avec tes copains, c’est bon quoi. Et c’est comme ça que j’ai commencé à me coacher tout seul. Donc je le remercie aujourd’hui parce qu’au final c’est un peu ça qui m’a donné l’envie de me prendre en main, de m’intéresser à ce que je faisais, pourquoi je le faisais, comment progresser. J’ai des copains qui se sont joints à moi, on s’est fait un petit groupe d’entraînement, à un moment donné on était 3-4 arbitres à s’entraîner entre nous. Et c’est comme ça que j’ai commencé le coaching quelque part et avec des copains qui me faisaient entièrement confiance pour la prépa physique. Et c’est comme ça que j’ai mis les pieds dedans.
Ermanno : Oui c’est vrai que le côté arbitre, quand on est juste spectateur occasionnel de foot comme je peux l’être, on ne se rend pas bien compte de la condition physique qu’il faut avoir. Alors déjà il y a les joueurs de foot qui eux courent d’un bout du terrain à l’autre et encore ça dépend de leur position. Mais les arbitres c’est tout le temps, tout le temps, tout le temps, vous suivez le ballon en fait. Donc partout où va le ballon, vous vous y allez, en tout cas l’arbitre principal qui est au milieu du terrain.
Arnaud SÉGRÉTIER : Oui, un arbitre sur un match de foot en senior c’est, il faut 10 et 12 bornes par match donc c’est quand même pas rien tous les week-ends. C’est beaucoup de sprints donc il faut être à la fois endurant, à la fois puissant, à la fois bon en sprint. Il y a plein de problématiques à gérer à l’entraînement et c’est ça aussi qui rend l’entraînement des arbitres hyper intéressant et qui m’a fait apprécier et m’entraîner plus que les matchs des fois. Et c’est pour ça qu’après quand j’ai pris ma retraite entre guillemets, que j’ai arrêté l’arbitrage, j’ai gardé ce goût de l’entraînement pour la course à pied parce que je trouve que c’est ça qui est hyper intéressant. Il y a plein de thématiques à gérer et même si aujourd’hui ça n’a rien à voir mes entraînements, c’est comme ça que j’ai mis les pieds dedans quoi.
Ermanno : Et les pieds dedans et un pied devant l’autre. Donc tu disais que tu étais déjà arbitre à 18 ans. Tu as switché quand en fait du poste de gardien à l’arbitrage ? Et j’en profite pour faire un petit coucou à Nicolas Broton s’il nous écoute que j’avais eu sur un autre podcast.
Arnaud SÉGRÉTIER : J’étais jusqu’à 14 ans du coup je jouais et un jour on nous a fait arbitrer la catégorie en dessous sur un tournoi. Et là révélation. C’est ça que je voulais faire. Alors je pense déjà avec le côté gardien de but. J’avais cet aspect vision du jeu. J’étais capitaine de mon équipe donc j’avais la gestion des partenaires. Et du coup quand j’ai arbitré pour moi c’est naturel. Et de suite j’ai accroché, j’ai fait la formation dans la foulée. J’ai intégré un sport études d’arbitrage dans la foulée au lycée. C’était mon lycée de secteur donc c’était parfait, c’était cadeau. Et du coup j’ai gravi les échelons un à un. Et j’ai fait 10 ans d’arbitrage de 14 à 24 ans. J’ai commencé à passer les échelons en jeunes dans un premier temps pour arriver jusqu’au niveau 19 ans nationaux au centre de formation. Et après il y a eu la bascule en seniors où là c’était un petit peu plus compliqué parce qu’on était beaucoup beaucoup d’arbitres et ça se joue sur pas grand-chose. Parce qu’à un moment donné on est tous bons mais il faut être vraiment très bon sur un ou deux ou trois matchs dans la saison. Et là ça l’a un peu moins bien fait pour moi. Et puis à la fin j’avais fait le tour donc j’ai passé à autre chose.
Ermanno : Ouais parce que arbitre de foot c’est comme joueur. Il y a un marché. Et puis surtout il faut être très très très bon pour pouvoir arbitrer au plus haut niveau. Donc quand on entend les supporters qui deviennent fous après un arbitre et qui sont même à la limite d’aller discuter avec l’arbitre il faut quand même savoir tout le travail qu’il y a derrière.
Arnaud SÉGRÉTIER : Aujourd’hui un arbitre de Ligue 1 c’est entraînement tous les jours. C’est des stages quasiment toutes les trois semaines. Ils vont à Clairefontaine faire des stages. Il y a 20 arbitres centraux de Ligue 1 sur 20 000 arbitres en France. Donc oui effectivement c’est comme les joueurs de foot. Il faut être vraiment au-dessus du lot. Pour arriver à ce niveau-là. Bon moi à un moment donné j’étais dans le bon wagon. Ça ne l’a pas fait. Mais en tout cas j’ai goûté un petit peu au niveau en jeune. Au très bon niveau en senior. Et c’était une super expérience.
Ermanno : Excellent. Et ça paye bien le poste d’arbitre de foot ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Quand tu montes en jeune c’est pas mal. Parce que j’étais au lycée. Après j’étais chez mes parents toute la période à la fac. Et ça pouvait monter à 300 ou 400 euros par match. Donc quand on fait 3 ou 4 dans le mois. Même s’il y a les frais d’hôtel, d’essence. Ça fait beaucoup d’argent de poche. Et oui franchement la fac pour moi c’était cool. Les soirées étudiantes j’avais ce qu’il fallait. Pour payer les verres aux copains le jeudi soir.
Ermanno : Ça c’est cool. Bon on a rendu au foot ces lettres de noblesse. Que j’ai taclées pour ainsi dire. Depuis presque 5 ans sur le podcast. On peut passer maintenant au triathlon. Et à ton expérience. Donc du coup tu commences à switcher vers la course à pied. En venant de l’arbitrage. Qu’est-ce que tu fais en course à pied ? Jusqu’où tu vas ? Quelle est ton histoire avec la course à pied ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Du coup j’arrête l’arbitrage. Toujours avec l’arbitrage. Avec le même copain Nico. Avec qui on a été dans tous les bons coups. On s’inscrit à un marathon. Marathon de Bordeaux. Je me dis qu’avec l’entraînement d’arbitrage ça va passer. Ça passe pas du tout. Parce qu’en fait on fait que du fractionné à l’arbitrage. Là faut courir 4h. Donc explosion 4h30. Bon première expérience un peu difficile.
Ermanno : Mais j’ai quand même Première fracture du mental ?
Arnaud SÉGRÉTIER : J’ai pas fracturé le mental. Mais tout le reste oui. J’ai dû faire 17 bornes en fractionné. 500 mètres de course pénible. 500 mètres de marche quoi. Donc c’est ça. Donc c’était assez épique. Mais j’ai adoré. Et l’année d’après du coup j’avais arrêté l’arbitrage. Je me suis dit bon bah je vais me faire une vraie prépa marathon. Et là je choppe la grippe 2 jours avant. Donc cadeau. Mais j’étais toujours aussi motivé pour courir. Et c’est là dedans que je me suis vraiment éclaté après l’arbitrage. Même aller faire des footings 3 quarts d’heure, 1 heure. Pour le plaisir. C’était vraiment sympa. Et le vrai déclic des sports d’endurance a été un an plus tard. J’ai été muté à La Cône. Qui est un petit village au fin fond du Tarn. Dans les montagnes. Et j’avais des gamins qui étaient en section sportive. Sports de pleine nature. Donc trail, VTT. En gros c’était surtout pour préparer des raids multisport. Et au début je me suis dit bah tranquille. Des quatrièmes en raid ça va aller quoi. Et en fait deuxième claque. J’avais des machines de guerre. Je me suis dit bon là ça va pas. Va falloir se mettre au trail. Va falloir se mettre au VTT. Et du coup j’ai dit aux gamins. Laissez moi jusqu’aux vacances de Toussaint pour m’entraîner. Découvrir les parcours. Arpenter les environs. Et après je vous embarque et c’est parti quoi. Et c’est comme ça que j’ai découvert une autre façon de s’entraîner. C’est à dire prendre ta paire de pompes de trail. Prendre ton VTT. Partir dans les chemins. Ne pas regarder les allures. Ne pas regarder la vitesse. Et juste t’éclater quoi. Et ça c’était le gros chamboulement dans ma vie de sportif. C’est que j’ai découvert cette nouvelle modalité de pratique. Alors qu’avant j’étais très sport urbain. Sport co. Sport de raquettes. Et là déclic. Voilà le trail. Génial. Le VTT génial. Il y avait une super piscine à la cône. Donc en hiver vu que la météo était un peu rude. J’allais souvent naître. J’allais nager. Et puis là tu as compris. Natation l’hiver. VTT. Trail. Tu as les trois sports du triathlon. Et c’est comme ça que j’ai commencé à mettre vraiment un pied dedans quoi.
Ermanno : Alors ça c’était à quel moment que tu commences à mettre le pied dans le triathlon ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Alors le premier que j’ai fait c’est des copains qui m’ont chauffé pour faire un triathlon en relais. Ils m’ont dit toi tu sais nager. Donc viens nager. Et nous on fait vélo et course. Je me suis dit les mecs je ne vais pas monter à Bordeaux pour juste faire un 1005 dans l’eau quoi. Donc je vais aussi faire le triathlon S du lendemain. Comme ça je ne serais pas venu pour rien quoi. Et là pareil déclic j’ai kiffé quoi parce que tu as trois sports à gérer. Et je trouvais ça passionnant de se dire bon en course à pied sur cinq bornes je vaux tant. Mais en fait quand tu as fait Nat et vélo avant ce n’est pas la même. Donc j’ai envie de m’entraîner pour que mon cinq bornes suivi enfin après le reste soit presque au niveau de mon vrai cinq bornes quoi. Et là je me suis dit bon bah écoute pour l’instant tu es à la cône. Tu es dans les montagnes. Fais ton VTT. Fais ton trail. Fais tes raids. Et je savais déjà que quand j’allais revenir à Toulouse pour rejoindre ma femme j’allais me faire. J’allais vendre mon VTT. Acheter un vélo de route et passer au tri. C’est ce qui s’est passé après 2019 2020. Je suis parti sur le tri. Et là c’est depuis cinq ans en gros c’est ce qui m’anime le plus quoi dans mes activités.
Ermanno : Tu ne nous as pas dit sur le marathon en particulier ton record personnel juste pour parler un peu chiffres même si je ne suis pas un adepte de courir toujours plus vite. Mais plutôt courir toujours plus longtemps. Mais ouais ton RP c’est quoi ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Alors là je vais te faire dans l’historique parce qu’il est assez marrant l’historique. Donc marathon de Bordeaux 2000. 2014. Explosion 4h30. Marathon de Bordeaux 2015. Grippe deux jours avant. Abandon au 23, 24. J’étais près de chez moi. Je fais c’est bon. Je me barre quoi. Je n’ai pas fait de marathon jusqu’en 2024. Marathon de Montauban. C’était l’année dernière. Je chope le Covid. Quatre jours avant. Je suis en PLS. Je fais une bonne prépa. Mais j’arrive là bas. Je ne pouvais même pas m’alimenter au début de la course. Et puis en fait c’est deux boucles. Donc je suis passé devant le départ. J’ai fait c’est bon je m’arrête. Ça sert à rien. Et puis en fait c’est deux boucles. Et là j’étais par terre, là tout l’espace, mal au ventre, des crampes donc c’était une bonne idée d’arrêter. Et quand même l’année dernière je me suis dit bon là on s’y met et on est parti avec deux copains que je coache en plus à Séville et j’ai fait un RP à 3,26.
Ermanno : Pas mal, pas mal. Tu me disais en off que j’enchaînais les galères, toi c’est pas mal non plus avant
Arnaud SÉGRÉTIER : les compètes grippe, Covid, pas mal ? C’est que les marathons, je suis poissard du marathon. Le reste c’est pas mal mais marathon j’ai eu voilà sur quatre marathons, il y en a eu deux où j’étais grippé avant donc voilà. Mais en même temps voilà le marathon c’est pas l’effort qui me correspond le plus, moi je préfère les trucs vraiment très longs donc au final c’est génial parce que c’est une expérience sympa avec les copains, on a un groupe de quatre ou cinq potes à beaucoup courir. Là on part à Barcelone au mois de mars pour le marathon, on part à neuf donc dont six athlètes que je coache donc ça va être une super expérience, c’est ça qui m’intéresse le plus dans le marathon mais effectivement les formats de prédilection c’est tout ce qui va durer plutôt cinq, six, sept, huit heures et plus quoi.
Ermanno : On va y arriver, on va y arriver. Donc triathlon 2019-2020, tu as commencé par 1500 en relais puis le S le lendemain à Bordeaux et ensuite c’est quoi ton histoire avec le tri ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Alors pour la petite histoire, le marathon en relais, la bouée s’est envolée et j’ai fait 2009 donc c’était une belle première expérience d’eau libre, c’était la première fois que j’allais en eau libre mais pareil j’ai adoré et puis au final je m’en suis pas trop mal sorti et après en 2019 j’ai fait trois marathons, trois marathons pardon, trois triathlons M. Je me suis dit qu’en 2020 j’allais passer sur le L mais le Covid est passé très vite par là et l’année d’après c’est encore un concours de circonstances, je suis blessé, j’ai un syndrome de l’essuie-glace, je ne cours pas pendant trois mois et je roule beaucoup et je me dis en fait en vélo je ne suis pas si mauvais que ça et finalement les 180 bornes je me les sens et du coup j’ai switché mon inscription, j’étais inscrit sur le Frenchman L et j’ai switché sur l’Ironman, sur le XXL quoi et donc 2021, premier triathlon XXL et ça s’est très bien passé, je me suis régalé, je me suis éclaté à m’entraîner et au jour de la course. Et c’est de là qu’est-ce qui m’a aidé. C’est parti l’amour des longues distances et des formats, des formats un peu extrêmes mais en tout cas des formats très longs quoi.
Ermanno : Donc on le rappelle pour ceux qui découvriraient le podcast, format Ironman, 3008 de natation, 180 de vélo, 42 de course à pied. Là pour le coup sur le vélo tu ne chopes pas la crève, tu n’es pas malade pour les marathons, ça donne quoi les marathons sur les distances Ironman ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Bah du coup je fais quatre heures donc je bats mon RPE d’une demi-heure par rapport à Bordeaux 2014 donc dans les clous, pas mal quoi, super.
Ermanno : Comment tu fais, comment tu organises cette première préparation pour ce premier XXL ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Alors c’est là que je me suis dit bon là il va falloir aller chercher un peu plus loin dans les connaissances pour t’entraîner correctement parce que tu découvres quand même deux disciplines sur les trois. Même en course à pied au final je ne m’entraînais pas correctement pour ces formats-là et du coup j’ai commencé voilà à lire beaucoup, à m’intéresser à tout ce qui se faisait sur l’entraînement en triathlon, c’est là que j’ai découvert un peu Karoly Spy et sa méthode. Et c’est là que j’ai commencé à m’intéresser à tout ce qui se faisait sur l’entraînement et du coup en entraînement c’est beaucoup de volume quoi, en fait je n’ai quasiment pas fait de vitesse pendant deux ans, moi je connaissais que les fractionnés en course à pied mais…
Ermanno : Attends, attends, attends, tu peux le redire, tu n’as quasiment pas fait de vitesse
Arnaud SÉGRÉTIER : pendant deux ans c’est ça ? Ouais franchement deux ans séance de VO2 max quasi inexistante et du volume, du volume, de la basse intensité, alors c’est toujours pareil dans la basse intensité tu peux faire de l’allure récup, tu peux faire endurance fondamentale, tu peux te rapprocher un peu du premier seuil mais globalement c’était 95% de mon entraînement c’était ça et après un peu de tempo et surtout beaucoup d’enchaînement. Moi pour moi c’est la spécificité qui compte le plus dans ces sports-là et la spécificité du triathlon c’est d’enchaîner vélo et course à pied donc quasiment une fois par semaine c’était un enchaînement course à pied après le vélo et au final ça a apporté ses fruits puisque je n’ai pas eu trop de coups de pompe sur la course à pied et voilà ça a marché et c’est dans la foulée après l’Ironman, ma femme était enceinte du deuxième, je me suis dit bon on va calmer un petit peu, on va faire une année un peu plus tranquille et j’ai eu l’idée de coacher à ce moment-là et en même temps je suis parti sur le swimrun parce que c’était plus simple, il n’y avait pas le vélo donc c’était là la grande autre bascule de ma petite carrière de triathlète. C’est quoi 2022-2023 ? C’était en 2022 ouais, entre le triathlon c’était le Frenchman XXL c’était en octobre 2021 et mon petit est né en mars 2022 donc c’était là la transition où je me suis mis à coacher, où on a basculé sur
Ermanno : du swimrun, où j’ai un peu plus nagé et voilà. Ok si on fait déjà un point là, donc 2022 avant que tu découvres le swimrun, tu commences à coacher, officiellement c’est là que tu lances ta micro entreprise, mine de rien ça fait déjà quelques années que tu fais du sport, que tu t’entraînes avec tes potes, que avec ton pote Nico vous faites les 400 coups. Est-ce que à ce moment-là tu réalises tout le chemin parcouru et puis surtout ce que ta formation et ce que ton expérience dans la pratique va t’apporter dans le coaching ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Au début ça sort vraiment de nulle part quoi, c’est mon pote Nico toujours qui me dit je vois la progression que tu as sur ton sport, sur Ironman depuis six mois, on se voyait une fois par mois dès qu’on s’entraînait ensemble, il me dit mais c’est ouf tu progresses trop vite, il me dit vas-y je me suis inscrit au marathon de Barcelone là coache-moi et effectivement les outils que j’ai utilisés pour moi je commençais à les appliquer pour lui mais c’est toujours pareil quand tu coaches quelqu’un il faut quand même s’adapter beaucoup à la personne donc il y avait toujours quand même des différences et en fait ça s’est trop bien passé parce qu’il m’a dit je veux faire moins de 3h30 et moi trois semaines avant je lui dis mec là faut que tu vises 3h20, t’as le niveau et il fait 3h15 et c’est là que je me suis dit ouais en fait je dois pas être si nul que ça non plus en coach, effectivement mon expérience de tout ce que j’ai fait dans ma vie de sportif elle est en train de me servir, je pense que mon côté un peu pédagogique que je peux avoir dans mon boulot de prof ça me sert aussi surtout sur l’aspect humain parce que coacher c’est facile de donner des séances avec fait tant de temps à telle vitesse pendant tant de temps enfin c’est assez facile mais toute l’approche humaine derrière de savoir comment organiser l’entraînement par rapport à telle personne, par rapport à son mode de vie, par rapport à sa famille, par rapport au temps dont il dispose c’est là je pense que j’ai peut-être le petit truc que n’ont pas d’autres coachs éventuellement parce que j’ai cet aspect
Ermanno : voilà je pense qu’il vient de ma pratique de prof de PS quoi. Et justement sur tes coachés, sur les athlètes que tu encadres, il y a des coureurs, des nageurs, des triathlètes, des
Arnaud SÉGRÉTIER : swimrunners, un petit peu de tout et puis est-ce qu’ils sont ici ou tu coaches à distance ? Alors je coache que à distance et ça s’est fait que par du bouche à oreille puisque les réseaux je suis nul et en plus ça prend beaucoup de temps et c’est pas du temps forcément dont je dispose et comme je suis nul ça donne encore moins envie de prendre du temps pour ça et donc du coup c’est à la base c’était beaucoup des potes et aujourd’hui j’ai une quinzaine d’athlètes et j’ai du triathlon longue distance, du court de distance, du trail, de l’ultra trail et beaucoup de course à pied. Bon pas encore de swimrun c’est quoi ce bordel ? Ah si j’ai deux swimrunners quand même mais bon c’est plus ceux qui font la transition entre la course à pied et le triathlon mais j’ai quand
Ermanno : même deux swimrunners qui commencent un petit peu à faire leur début dans la discipline. Bon ben écoute c’est une très belle transition, on arrive sur le swimrun justement donc 2022 tu commences à découvrir le swimrun, tu restes sur le swimrun, tu continues à faire un peu de tri,
Arnaud SÉGRÉTIER : comment ça se passe ? Alors le vélo je le fais vraiment en mode plaisir parce que autant en natation et en course à pied j’ai la fibre pour m’entraîner, j’aime bien tout ce qui est fractionné etc. Autant en vélo je l’ai moins, moi ce que j’aime c’est rouler trois, quatre, cinq heures, éventuellement accélérer parfois, ralentir parfois mais j’ai un peu moins ce truc là en vélo alors que du coup pour le swimrun ça marche bien puisque le fractionner en piscine c’est pas un problème, en eau libre c’est pas un problème, en swimrun c’est pas un problème et du coup je sais plus où tu
Ermanno : m’avais posé quoi. Ouais je t’écoute et je me perds aussi mais comment tu découvres le swimrun et est-ce
Arnaud SÉGRÉTIER : que tu continues à faire un petit peu de triathlon en parallèle ? Le triathlon non je laisse un peu tomber, je fais vraiment le vélo en mode plaisir et pour faire un peu de volume et laisser un peu les articulations tranquilles avec la course à pied et là encore une fois c’est un peu hasard, c’est que ma femme est à Véronèse, il y avait un swimrun à côté de chez elle l’été sur un week-end où on était là-bas et je me suis dit je vais faire un petit peu de triathlon, je vais faire un petit peu de swimrun, j’y vais et je m’éclate vraiment, c’est le swimrun du lève-zous, vraiment super orga, hyper familial et un super parcours, je m’éclate et comme je suis un peu aux avant-postes c’est grisant pour une fois dans ma vie sur un sport d’endurance d’être plutôt devant parce qu’en triathlon dans l’eau je sors bien mais je me fais défoncer en vélo et je vais rattraper un peu en course à pied mais quand même sur le vélo je me fais beaucoup passer et il faut être fort mentalement pour accepter de se laisser doubler, pas être idiot et vouloir suivre les roues parce que c’est un coup à exploser derrière alors qu’en swimrun j’aime bien ce jeu du chasser-croiser, des mecs qui vont être meilleurs que toi dans l’eau donc tu vas les suivre puis tu vas être meilleur qu’en course à pied, ça va se rattraper, ça va faire comme ça chasser-croiser pendant toute
Ermanno : la course. Enfin pour certains parce que je te rappelle que pour Fergus et moi on n’a pas croisé
Arnaud SÉGRÉTIER : Warmon. Non mais vous avez doublé du monde à la fin donc ça marche aussi tu vois mais c’est ce truc là en swimrun, le côté varié, le pouvoir faire du plat, du dénivelé, pareil c’est un peu un casse-tête quoi, il y a plein d’aspects à gérer en fonction de la course que tu prépares et ce petit jeu du chalet à souris avec les autres swimrunners c’est ça qui m’a fait le plus kiffer quoi, peu importe que tu sois au final premier. Au milieu dernier, tu vas toujours avoir des gens avec qui tu vas peut-être un peu te chercher, c’est hyper bon pour la dynamique de course et c’est hyper grisant.
Ermanno : Ouais et puis c’est vrai que t’as pas ce côté aussi très réglementé comme en triathlon, tu prends pas la roue, enfin en tout cas sur du long, drafting interdit, dépassement ceci, machin, en course à pied normalement les hommes et les femmes draftent pas entre eux, enfin voilà, là en swimrun c’est open quoi, c’est vraiment en mode très nature et très ouvert à tout, enfin même en termes d’équipement on peut faire du swimrun à tout, avec tout ce qu’on veut et tout ce qu’on veut pas aussi.
Arnaud SÉGRÉTIER : C’est vrai, ce truc là de l’équipement moi je trouve ça génial aussi le côté rechercher la bonne formule pour toi avec un équipement qui va t’aller à toi et puis la diversité des courses quoi, moi j’ai fait des trucs, toutes les courses que j’ai faites elles sont incroyables au niveau des paysages, des décors, des orgas, je me suis vraiment régalé, c’est un autre esprit que le triathlon aussi, ça se regarde un peu moins, on va pas se mentir en triathlon dans le parc à vélo c’est quand même un peu spécial, les mecs qui regardent ton vélo et puis ça se jauge. Ouais. Ouais. Ouais. Le swimrun il y a vraiment un esprit plus proche du trail, très nature peinture et ça aussi c’est plaisant quoi.
Ermanno : Ouais, je trouve que ça évolue un peu, l’esprit du swimrun actuellement c’est un peu ce que j’ai connu il y a 30 ans dans le triathlon, oui parce que les petits jeunes je vous remercie de bien vouloir vous taire, j’ai commencé le triathlon en 96 donc au siècle dernier, c’est vrai que c’était très ouvert, très familial, on se regardait pas trop dans le parc à vélo etc. Cette année, premier retileux pour moi, pendant le briefing tu te rends compte qu’ils veulent commencer à ouvrir l’élite, ils invitent les meilleurs teams, en tout cas les outsiders sur le podium à venir chercher leur dossard donc on commence à rajouter quand même un peu ce côté très performance et très on se regarde même si c’est quand même super bon enfant enfin je veux dire, on n’a pas beaucoup parlé avec beaucoup de français, Fergus et moi parce qu’on était un petit peu dans notre bulle et puis on découvrait et on essayait de kiffer sans trop se disperser mais ça n’empêche qu’on échange avec les stars des stars quoi et le premier étant Matthieu Poullain, champion du monde sortant, qui n’a pas pu remettre son titre en jeu cette année parce qu’il est blessé mais enfin déjà. Il y a des gens comme Matthieu avec le cœur sur la main et puis d’une accessibilité tu trouves plus ça en triathlon quoi.
Arnaud SÉGRÉTIER : C’est sûr qu’en triathlon c’est un peu plus compliqué bon après j’ai pas non plus une expérience de dingue en triathlon pour vraiment pouvoir jauger de ça mais c’est vrai qu’en swimrun il y a quand même un côté assez familial ça reste une niche aujourd’hui le swimrun il n’y a pas énormément de pratiquants dans le monde sinon je serai pas au championnat du monde j’en suis bien conscient à Hawaii le niveau je pourrais jamais y aller je le sais mais peut-être à 60 ans dans cette catégorie d’âge mais le swimrun ce côté niche est très familial et plaisant après indéniablement il y a forcément du développement des gens qui vont chercher un peu plus la perf mais au final même le vainqueur bon bah il gagne son remboursement de l’inscription et l’inscription pour l’année d’après donc bon c’est pas ça qui va le faire vivre et je pense ça va quand même rester comme ça même si je pense que le développement est à son début mais en même temps les autres pays d’Europe ne suivent pas le mouvement donc bon je pense pas que ça devienne au point du triathlon et au point du trail aussi qui se développe de plus en plus quoi.
Ermanno : C’est clair et ouais c’est vrai qu’on a la chance parce qu’en France déjà la fédération française de triathlon est la seule fédération nationale à être délégataire de ce sport pour l’instant et c’est peut-être aussi la raison de l’essor du swimrun en France et on l’a vu cette année la délégation française était la plus représentée aux championnats du monde que sont l’Euthyleux. Revenons un petit peu à toi et à ta pratique du swimrun comment tu découvres le swimrun enfin je veux dire quelles courses tu fais, quelle est la première, quelles sont les premières et comment germe en toi l’idée de bah tiens si on allait à Euthyleux ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Le classique c’est comme presque tout le monde c’est l’intérieur sport de 2015 sur le plus mais à l’époque j’étais encore arbitre je ne faisais pas du tout de triathlon donc pour moi c’était un truc incroyable mais bon c’est resté là quoi et quand j’ai découvert le triathlon et je sais pas pourquoi l’année d’après c’était en 2018 il y avait un petit swimrun organisé à côté de chez moi donc j’y suis allé c’était ma première expérience pareil j’ai adoré mais bon c’est resté encore dans un coin et je me suis dit bon on verra plus tard et du coup en 2022 il y a eu cette course et c’était cool et je me suis dit bah tiens on va faire une deuxième donc je suis allé à Cadaquès et en plus c’était parfait parce qu’on a fait un petit week-end avec ma femme où j’ai fait ma course samedi matin on a pu profiter derrière donc c’était cool et puis derrière je sais pas pourquoi je suis revenu sur Ironman je suis allé sur l’Alpsman à Annecy donc année triathlon à fond et c’est après l’Alpsman donc c’était en 2023 j’avais un bon niveau j’ai bien récupéré et je me suis dit tiens si on allait faire une étape de coupe du monde à Cannes, au Thilo World Series à Cannes et là j’ai pris une claque parce que la course elle est incroyable je pense que c’est une des plus belles courses au monde Cannes t’as l’impression de faire le tour de la tour du monde en 5 heures quoi où tu passes dans la jungle sur la croisette sur les îles et là c’est là que j’ai eu le déclic de venir quand même le swimrun c’est vraiment stylé et mais bon l’année d’après je suis passé sur autre chose j’ai fait j’ai enchaîné sur la Saint-Hélion j’ai enchaîné donc sur le marathon de Montauban même si j’ai abandonné enfin j’ai abandonné oui j’ai fait j’ai bâché au bout de 21 km quoi et après c’est un gros concours de circonstances en 2024 je devais faire la descente de la Charente à la nage le flot des gabariers donc 33 km donc j’ai beaucoup nagé et j’ai fait 2 jours avant annulation la rivière était encrue donc là pour le coup je suis poissard mais c’est pas de ma faute c’était pas le covid et du coup on avait tout organisé ma femme partait avec des copines les enfants étaient chez mes parents donc je me suis dit bon bah quand même je vais pas rester tout seul à Toulouse à rien faire quoi et je me suis inscrit au dernier moment au swimrun de Valras qui est organisé par Nicolas Ramirez qui est un des pionniers du swimrun en France quoi super orga super course je m’éclate je fais un super je fais un super temps je fais une super course le lendemain je suis allé m’inscrire à Nailloux sur le swimrun
Ermanno : du triathlon du Loraguet alors attends tout ça c’est tu les fais en solo pour l’instant
Arnaud SÉGRÉTIER : ces swimruns là là je suis que en solo parce que j’avais personne de avec qui j’avais un niveau assez proche pour pour le faire parce qu’il y a quand même cette donnée là quoi faut pas même s’il y a des différences de niveau forcément dans un binôme faut quand même avoir un niveau assez proche faut avoir le temps de s’entraîner ensemble il y a tout cet aspect là que je pouvais pas mettre en place donc du coup c’était que des swimruns solo et puis ça s’est très bien passé donc 2 swimruns en 2 jours je kiffe et puis au dernier moment je m’inscris au Levezou que j’avais déjà fait et je m’éclate et après je me suis inscrit à Cannes parce que j’avais adoré la course que c’était pratique j’avais des copains là bas donc je pouvais dormir chez eux c’était c’était parfait je refais la course et là je fais je fais une dixième place en solo et deux jours après je reçois un mail d’Otileux vous avez marqué tant de points pour le ranking et là je me rends compte qu’en fait qu’ils avaient ouvert pour la première année les points au solo mais ça je savais pas avant de faire la course et je me dis putain quand même c’est con j’ai des points pour Otileux bon qu’est-ce qu’on fait attends je fais juste un petit coup de main je fais juste un petit coup de main je fais juste un petit
Ermanno : coup de main une petite parenthèse donc si vous n’êtes pas swimrunner et si vous n’êtes pas au fait de comment ça marche déjà le swimrun c’est une discipline qui en théorie se pratique en binôme mais de plus en plus ça s’ouvre au solo raison pour laquelle toi pendant trois ans tu as fait du solo mais pour aller à l’Otileux qui est considéré comme les championnats du monde de swimrun en tout cas c’est la course originelle de swimrun il faut y aller en binôme et surtout il faut se qualifier bon il y a aussi des entrées parallèles c’est ce que nous on a utilisé avec Fergus on a envoyé un joli mail avec une belle lettre de motivation et on a fait un petit coup de main et on a fait une invitation et on a réussi à obtenir ce qu’on appelle une wildcard donc une invitation mais pour le commun des mortels pour aller sur ces championnats du monde il faut se qualifier pour se qualifier il faut faire des courses qualificatives un petit peu comme l’UTMB un petit peu comme Ironman un petit peu comme tous ces labels toutes ces séries et effectivement à partir de 2024 ils ont ouvert la possibilité à ceux qui couraient en solo de marquer des points pour le binôme pour une éventuelle participation aux championnats du monde donc là on est à Cannes 2024 top 10 donc jolie jolie marque pas mal de points et on a réussi à obtenir ce qu’on appelle une wildcard donc une invitation mais pour
Arnaud SÉGRÉTIER : les championnats et ensuite et ensuite je me dis bah quand même c’est c’est con de patenter le truc et du coup je commence à réfléchir un peu au budget parce qu’il y a quand même un coup pour y aller possibilité de se faire sponsoriser j’en parle à ma femme parce que c’est quand même le 1er septembre donc ça veut dire la laisser toute seule
Ermanno : pour la rentrée avec les gamins on rappelle quand même que tes profs donc laisser aussi
Arnaud SÉGRÉTIER : tes gamins en tout cas tes élèves tout seul aussi ils ont raté ma rentrée à moi donc voilà j’ai eu toute ce réflexion à faire et puis je me suis dit bon ça c’était réglé par contre fallait encore trouver le binôme donc ça c’est tout c’est tout ça c’est tout Donc là c’était une autre histoire parce que moi je voulais vraiment y aller avec quelqu’un que je connaissais et que j’appréciais parce que c’est quand même une aventure sur plusieurs jours, il y a la prépa, donc tu ne vas pas avec n’importe qui. Et du coup j’ai fait tout le ranking, de 1 je pense qu’il y avait 800 personnes dans le ranking. Et je regarde tous les français et là je vois Vincent Louchaert qui est un ancien collègue EPS qui était dans le Tarn quand j’y étais. me suis dit je le connais lui et je savais qu’il faisait du swimrun parce que je l’avais sur Strava. Il avait fait une course à l’Afraie et je ne savais pas que c’était une course du circuit Merit Race. Donc Merit Race c’est là où les points sont coefficient 1 et moi à Cannes c’était coefficient 2 des points pour Hotileux. Et du coup je l’appelle et je lui dis mec tu as des points, j’ai des points, viens on fait Hotileux. Il me dit bah écoute laisse moi m’organiser une semaine et je te donne la réponse le fin de semaine. Et puis il m’a rappelé et il a dit bah on va Hotileux ensemble et nous voilà. Donc c’était en novembre de l’année dernière à s’inscrire à Hotileux et réponse en février. Et puis là une fois qu’on a eu la réponse bah c’est parti quoi.
Arnaud SÉGRÉTIER : Prépa, prépa pendant 6 mois et puis pour arriver le 1er septembre à Hotileux.
Ermanno : Voilà nous on a fait à peu près pareil avec Fergus on ne se connaissait pas. On s’est dit tiens si on y allait ah bah tiens bonne idée on va demander une invitation. On l’a obtenu, nous la réponse c’était plutôt fin mars et là on a dit feu début de l’entraînement et moi feu début des emmerdes avec grosse grippe qui me met par terre pendant 6 semaines. Mais bon ça c’est pas le sujet. Donc vous tout se passe bien pendant la prépa ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Alors ma prépa à moi elle est idéale. Parce que déjà je me suis éclaté pendant 6 mois. Pour moi Hotileux c’est un gros casse-tête parce qu’il y a plein de paramètres à gérer pour arriver près du jour de la course. Mais je me suis éclaté à résoudre ce casse-tête, à trouver les solutions pour affronter l’eau technique, l’eau froide, les dix bandes en nattes, les parties plus roulantes etc. Donc moi préparation idéale.
Ermanno : Je t’arrête là juste deux secondes justement. Est-ce que c’est que ça les paramètres à prendre en compte quand on est entraîneur aussi bien pour soi que pour les autres ? Pour ceux qui ne connaissent pas Hotileux. Ou est-ce qu’il y a d’autres paramètres comme il y a aussi le déplacement. Alors si tu y vas en avion c’est pas pareil que si tu y vas en train. Mais il y a aussi la durée de déplacement. Il y a le changement d’alimentation. Il y a le changement de climat quand tu arrives là-bas. Cette année c’était exceptionnel. Il n’y avait pas de changement. Mais normalement on n’a pas les mêmes conditions quand on est au nord de Stockholm que quand on est à Toulouse ou même à Paris. C’est quoi les paramètres justement que toi entraîneur pour toi et potentiellement pour d’autres il faut prendre en compte ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Alors pour Hotileux par exemple. Le premier paramètre c’est qu’il faut quand même nager 10 bornes en poule plaquette. Donc à un moment donné il va falloir s’y filer en piscine et en eau libre à faire des grosses distances en poule plaquette. Le deuxième gros paramètre pour moi c’est l’eau froide. Donc bon là il n’y a pas de secret. Je suis allé au lac de La Ramée pour les Toulousains qui connaissent. Je suis allé le 1er avril pour tester le matos en conditions réelles à 13 degrés. Et bon bah là c’est le moment où tu trouves des solutions. Voilà moi pour le coup ça se passait très bien l’eau froide. Mais juste quand même j’avais remarqué qu’il fallait s’échauffer bien le haut du corps. Je me suis saisi par le froid. Il y avait un petit aspect mental aussi. Je m’étais préparé des petits clips mentaux pour affronter le froid. Moi typiquement un truc qui marche bien c’est de penser au truc que je vais bouffer après la séance. Ça moi c’est hyper réconfortant. J’avais écouté 2-3 podcasts comme ça sur l’aspect mental. Donc oui voilà paramètre de l’eau froide. Après quand même comme paramètre il faut courir 60 km. Donc c’est pas rien. Sur les 60 il y en a 30 où c’est plutôt roulant. Donc il va falloir se taper des séances avec des gros blocs plutôt autour de SV1. Pour pouvoir être performant sur les 3 îles un peu importantes de 8, 8 et 17 km.
Ermanno : Alors SV1, premier seuil ventilatoire. Bon on demandera à mon fils ce que c’est. On en parlait en off. Mais en gros c’est le moment où on commence à accélérer la consommation d’oxygène.
Ermanno : Mais c’est pas encore le seuil anaérobie où on va passer sur le niveau intensité.
Arnaud SÉGRÉTIER : Ouais enfin pour moi surtout le premier seuil c’est un peu la frontière lipide-glucide. Avant le premier seuil on est beaucoup sur… L’utilisation des graisses. Et progressivement selon chaque personne. Chaque athlète au niveau du SV1 va commencer à basculer plus sur la filière des glucides. Donc c’est là que c’est aussi intéressant sur la partie ravito. Donc pareil sur le thilo il y a la partie ravito à prendre en compte. Et pour le coup moi je suis resté sur ce que je sais faire habituellement sur les formats longs. Donc c’est autour de 50-60 g de glucides. Parce que moi vu ma vitesse je pense que je consomme plus de lipides que de glucides. Donc ça sert à rien de partir sur des trucs de dingue de 120 g de glucides par heure.
Ermanno : Et là je vous rappelle le début de l’épisode. Monsieur était en surpoids quand il était jeune.
Arnaud SÉGRÉTIER : Ouais mais il me reste des graisses quand même. Ça c’est les points positifs. Il me reste des graisses de l’époque. Donc ça c’est intéressant pour la longue distance. Mais non mais je pense qu’aujourd’hui il y a toute la mode des glucides. Ça c’est très personnel. Mais qu’un athlète de haut niveau qui s’entraîne 30 heures par semaine. Bouffe glucides sur glucides à l’entraînement et en compétition. Je comprends. Mais que nous amateurs avec nos vitesses un peu moins élevées. Et avec nos entraînements. Ça représente que entre 5 et 20 heures de volume. C’est déjà très bien ceux qui font 15-20 heures. Mais est-ce qu’ils ont besoin de bouffer 50 g de glucides à chaque séance. Et 150 g en compétition. Je n’en suis pas sûr. Donc personnellement moi j’ai misé sur une stratégie. Bien bosser les lipides pendant les séances. Avec peu de ravitaillement. Pour monter progressivement en juillet-août. Avec un peu plus de glucides par heure. Pour arriver sur Otileu à 50-60 g. Et j’ai poussé un petit peu plus par rapport au froid. Où je me suis dit que sur l’aspect froid. Il fallait quand même que je monte un poil au-dessus. Pour pouvoir résister au froid. Mais du coup voilà. C’est plein de paramètres qu’il faut gérer. Qu’il faut appréhender. Qu’il faut avoir testé. Voilà sur des courses. Un truc tout bête aussi. C’est que moi j’avais entendu qu’on pouvait boire l’eau de la mer Baltique. Là-bas. Mais du coup je me suis dit. Bon je vais le faire. Mais il faut le tester avant. Donc je l’ai testé. Evidemment je ne suis pas allé en lac. Avec les cyanobactéries. Au mois de juillet. Quand il fait 30 degrés. A boire l’eau du lac. Mais j’avais testé. Au mois d’avril. Au mois de mai. Sur le swimrun de Valras. Que j’ai refait en juin. J’avais testé de boire un peu l’eau de la mer. Pour voir si ça passait. Et effectivement ça passait très bien. Donc j’ai pu le faire à haute îlot. Et ne pas sortir ma flasque de la course quasiment. A part sur les îles un peu plus longues. Donc voilà. C’est plein de petits paramètres à gérer. Et au final le seul petit paramètre que j’avais peut-être un peu négligé. Mais sous-estimé. C’est les rochers. Et surtout le fait de monter très haut les jambes en fait. Sur chaque sortie d’eau. Tu montes très haut les jambes. Il y a des îles hyper techniques. Le technique ce n’était pas un problème. Mais le fait de monter très haut les jambes. A la fin c’est ce qui m’a un peu crispé les quadris. Et qui m’a fait un peu cramper sur la fin de course. Donc c’est le petit bémol de ma prépa. C’est de ne pas avoir suffisamment fait des trucs très spécifiques. A monter haut les genoux. Pour monter sur les rochers. Mais mis à part ça. Tous les autres paramètres. J’étais plutôt bien appréhendé. Et ça s’est plutôt bien passé pour moi. Sur la course.
Ermanno : Oui c’est ce que j’allais dire. Le gros paramètre que je vois. Au-delà de s’entraîner avec ton minome. Au-delà du froid. Au-delà de boire la mer.
Ermanno : Au-delà de la distance. Parce qu’effectivement il y a des îles qui sont longues. Où il y a beaucoup moins de trail. C’est quand même les parties très techniques. Sur les rochers. Il faut lever les jambes. Il faut sauter. Il faut parfois sauter. Et puis pour des gens comme moi. Qui ont des petits problèmes de vue. Ça crame aussi mentalement. Parce que tu ne sais pas où poser le pied. Et si c’est toi qui prends la tête du binôme au début. Ça fatigue énormément. Mais ça ne fatigue pas que la tête. Ça fatigue aussi les jambes. Les pieds. Ça fatigue tout. Et après. Justement les parties beaucoup plus roulantes. Sont sur la deuxième partie de l’épreuve. Et donc. Si tu es déjà cramé au début. Si tu t’es déjà explosé les jambes. C’est plus dur d’emmener derrière. Donc il y a aussi ce paramètre là. Très technique. Que malheureusement. Entre guillemets. On ne retrouve pas en France. Après. On peut aller faire de la Via Ferrata. Mais pour enchaîner. Nage. Et alpinisme. C’est plus difficile. Comment est-ce que tu imagines. Qu’on pourrait entraîner ça en swimrun. Quand on est français.
Arnaud SÉGRÉTIER : Typiquement. Moi pour l’aspect technique. Alors je l’avais bossé un peu. Même si à Toulouse. Ce n’est pas très technique. Tu as un peu de cailloux. Un peu de montée. Moi cet été. J’étais beaucoup dans les Landes. Donc c’est un truc tout bête. Mais quand tu vas dans les chemins. Plutôt que d’esquiver une racine. Ou un truc qui traîne par terre. Tu mets le pied dessus. Donc c’est un truc tout bête. Mais moi je l’ai fait beaucoup. Et ça m’a beaucoup servi. Pour placer le pied. Comme il faut. Sur ce genre de terrain. Et après. Malheureusement. Moi c’est le temps qui me manque. Je n’ai pas le temps d’aller péter. Dans les Pyrénées. Dans la semaine. Ou le week-end. Parce qu’il y a la vie de famille. Il y a l’aspect pro et tout. Mais c’est le seul truc qui m’aurait peut-être un petit peu manqué. C’est d’aller plus faire des sessions. Pas chez toi. Parce que chez toi. C’est trop urbain quoi. Mais sinon ouais. Alors tu vois. Typiquement. On parlait de toi tout à l’heure. Qui habitait à Castres. Je trouve que ça ressemble beaucoup aussi d’Obre. En terme de technicité. Donc essayer de trouver des trucs comme ça. Qui se rapprochent. J’avais écouté. Florian Schaeffer. Qui fait deuxième en mixte. Lui il racontait. Qu’il s’était fait des entraînements. Sur des lits de rivière. Pour s’entraîner vraiment. A avoir les pieds un peu mouillés. Dans l’eau. Voilà. Donc il y a des solutions. Après le problème. C’est que. Moi je ne m’entraîne pas 30 heures semaine. Mais même. De toute façon. Même les meilleurs swimrunners. Ils ne s’entraînent pas 30 heures semaine. Donc il faut faire. Il faut faire des choix. Et moi j’ai fait des choix. De prioriser autre chose. Ça s’est très bien passé. Il me manquait. Un peu. Ce point de vue. Monter les jambes. Hautes. Sur les. Hautes. Sur les. Sur les rochers. Mis à part ça. Tout le reste. J’ai plutôt bien fait. Donc c’est quand même pas mal. On ne peut pas s’entraîner. Malheureusement. 20 heures semaine. On n’est pas des pros. Donc. Avec 10-15 heures. Tu fais ce que tu peux. Et c’est quand même pas si mal que ça.
Ermanno : Les premiers. Nos copains. Jérôme. Guéguen. Et Arnaud Delustrac. De la Kebab League. Que j’ai reçu sur le podcast. Road to Thilo. Troisième épisode. Eux gagnent. Cette année. 7h19. Toi. Et Vincent. Votre binôme. Vous en êtes où ?
Arnaud SÉGRÉTIER : Eh bien nous. On fait 9h22.
Arnaud SÉGRÉTIER : Comme la météo était bonne. On espérait plutôt. Plus près des 9h. Donc. Objectif atteint. Après. On n’a pas vécu la même course. Parce que. Bon Vincent. C’est un ancien traité de D1. Donc. Même si pendant 20 ans. Il a eu. Au niveau sportif. C’était plus décousu. Avec le taf. La famille. Etc. Ça faisait quand même 3 ans. Qu’il s’entraînait très bien. Et. Il y avait une petite inconnue. Sur la longue distance. Parce qu’il n’avait jamais fait. Plus de 6-7 heures d’effort. Mais au final. Il a été au top. Il a été au top niveau. Pendant 9h22. Moi. Le premier tiers. J’étais au top. J’ai suivi la cadence. Sans broncher. J’étais bien. Deuxième tiers de course. Entre 3 et 6 heures. Je lui dis. Bon là mec. Quand même. On va repartir. Sur une allure. Un peu plus mesurée. Sinon. Je vais exploser. Donc. Il s’est mis. Un tout petit peu. En sous régime. Et il a compensé. En nageant. Vraiment. Très très bien. Sur la Peak Swim. Qui est en plein milieu. Là.
Arnaud SÉGRÉTIER : Le fait. Que moi. J’allais un peu moins vite. En course à pied. Quand je dis un peu moins vite. Bon. Les allures. Ce n’est pas dégueu. Mais bon. Quand même. On avait un peu réduit la marche. Par rapport. Au début de course. Bon. Par contre. Après. Il y a cette fameuse île d’Orneu. 17 bornes à claquer. Après. 6 heures de course. Pour nous. Et là. Il m’a dit. Bon. Écoute. Mec. On garde la longe. Donc. Il m’avait préparé. Déjà.
Arnaud SÉGRÉTIER : Je suis tout seul. Je ne cours pas aussi bien. Enfin. Bien. Je ne cours pas. A cette allure là. Je marche. Je me fous sur le bas côté. A boire. A manger. Je ne sais pas. Mais. En tout cas. Je ne suis pas en mouvement. Pendant 2 heures. Comme je l’ai fait. Sur Orneu. Mais là. Je me suis dit. Bon. Le mec. Il a son top niveau. Ça fait 3 heures. Qu’il est un petit peu. En sous régime. Pour moi. Bon. Là.
Arnaud SÉGRÉTIER : Mec. J’ai eu l’occasion. De lui rendre ça. Parce que. Depuis le début. On sait qu’il est plus fort que moi. Mais. Il est quand même venu avec moi. Il aurait très bien pu me dire. Non. Moi. Je veux un mec. De mon niveau. Et. Du coup. Bon. C’était un sale moment. Orneu. Parce que. J’ai quand même morflé. Mais. A la fois. C’était beau. Parce que. Je me suis accroché. Pour le binôme. Pour aller chercher. Le meilleur temps possible. A ce moment là. Le classement. On a aucune idée. De combien on est. On se doute. Qu’on n’est pas trop mal. Mais franchement. On n’a aucune idée. Et quand même. J’avoue. A la fin de l’île. On croise un français. Qui nous dit. Bon les mecs. Vous êtes 26 au scratch. Et là. On se dit. Ah ouais. Et tout. Et là. Du coup. Vincent. Il m’encourage. Il me dit. Mec. C’est bien. Toi. Tu cours. Les autres. Ils n’arrivent plus trop à courir. Toi. T’arrives encore à courir.
Arnaud SÉGRÉTIER : C’est des petits drapeaux. Qui sont par terre. Et il faut essayer. De suivre la trace. Donc là. Pareil. Crampes sur crampes. Et puis. Après. C’est reparti. Il te reste une heure. Donc tu t’accroches. Et puis. Et puis. Voilà. Et puis. Tu passes la ligne. Et. C’est une course de dingue. C’est. Au delà de la perf. Au delà du tank. Voilà. Partager ça. En binôme. Sur un parcours. Complètement atypique. Complètement dingue. Et concrétiser. Une prépa de 6 mois.
Arnaud SÉGRÉTIER : Le concept. Utileux. Avec une orga. Qui te prend en charge. Pendant 48 heures. C’est dingue. Ça. Ça se voit nulle part ailleurs. Et je suis persuadé que. Ironman. UTMB. Toutes ces marques là. Ils rajouteraient. Dans leur package. Un truc de ce style là. Ils auraient encore plus adeptes quoi. Et moi. En tout cas. C’est le truc. Pour moi. Qui fait la différence. Sur Utileux. C’est cette orga quoi. Orga de 48 heures. Hôtel de dingue. La veille. Buffet de l’espace. Le soir de la course. Le ferry. Le lendemain.
Ermanno : J’avais. J’avais la chair de boule. Quand tu racontais. Ton histoire. Et notamment. Cette traversée. D’Orneux là. Et. C’était pas 17. Moi j’ai plus 18. 18 et demi. A la montre. Et je peux te dire. Enfin t’as écouté l’épisode. Avec Fergus. Les. Même les. Les 500 derniers mètres. On se demandait. Quand est-ce qu’ils allaient se terminer. Parce qu’on est passé. Short. Short. Short. Short. On n’a pas du tout eu la même course que vous. Mais. Ouais. C’est. Course de dingue.
Ermanno : De méduse. Effectivement. On peut boire l’eau. De la mer Baltique. Mais de temps en temps. Faut quand même faire gaffe. A pas avaler les méduses avec. Mais. Ouais. Une course. Exceptionnelle. Comme tu l’as dit. L’Orga. Qui fait vraiment bien le taf. Parce que. On est pris en charge. A partir du dimanche. A 14h30. La course a lieu le lundi. Et. Et ils nous redéposent à Stockholm. Le mardi. A. A midi. Et donc. Là. Pendant 48 heures. C’est. Non-stop. All inclusive.
Ermanno : Une petite superstition. Lui. Je l’achèterai. Une fois que j’aurai fini la course. Et quand tu finis la course. Et bah. Il n’y a plus. Il n’y a plus le petit shop. Avec tous les goodies. Ou alors. C’est parce que. On est arrivé trop tard. Mais. Non. Course de dingue. Et puis. Bah. La question d’après. Pour toi. C’est. Qu’est-ce qui se passe. L’année prochaine. Est-ce que vous repartez. A la chasse au point. Et puis. Vous repartez sur. Le Thiele. Pour. Bah. Pour voir peut-être. D’autres conditions climatiques. Ou. En tout cas. Pour aller prendre une revanche. Ou est-ce que. Tu tournes cette page-là. Et tu te concentres sur autre chose.
Arnaud SÉGRÉTIER : Euh. Bon. Non. Il n’y a pas de. Je n’ai pas fait de course. Qui marque des points. Cette année. Donc. L’an prochain. Il n’y aura pas de Thiele. C’est sûr. En plus. D’un point de vue. Purement pratique. Même si ma femme. A très très bien géré. La rentrée. Avec les deux petits. Je ne vais pas lui faire ça. Tous les ans. Et même moi. Je n’ai pas envie de rater. Toutes les rentrées. Euh. Des enfants. Et ma rentrée à moi. Bon. J’ai ma principale. Qui a été super sympa. Qui m’a laissé. Partir. Mais bon. Si je fais ça. Tous les ans. Peut-être qu’elle dira non. À un moment donné. Et puis. Euh. Oui. Envie de. Envie de faire autre chose. Alors. Par rapport à Vincent. Aussi. C’était extraordinaire. De partager ça avec lui. Parce qu’on était alignés. Avant. Pendant. Après. Toute la prépa.
Arnaud SÉGRÉTIER : Mais c’est bien. Parce que. Pour moi. Il a un niveau. Franchement. Top 10. Ou pas loin. Et. J’espère qu’il va trouver quelqu’un. Pour aller chercher un truc. De top 10. Parce que. Moi. On va dire que moi. Si je suis tout seul. Peut-être que j’ai un niveau top 30. Top 35. Sur. Sur. Utileux. Lui. Il a un niveau top 10. On fait à peu près top 20. En mec. Donc. Tu vois. C’est. C’est cohérent. Donc lui. J’espère qu’il va trouver quelqu’un.
Arnaud SÉGRÉTIER : avec ton fils, le 10 bornes, je me suis inscrit au semi parce que je me suis dit que c’était pratique à la maison sympa, et du coup moi, alors swimrun quand même je kiffe bien, donc j’aimerais bien en refaire un et typiquement Côte Vermeille, c’est un petit i quoi, Côte Vermeille donc départ, la côte à la frontière espagnole, tu remontes tout à la Madlock, Colioure, Argelest sur mer, le parcours est dingue il y a beaucoup de gens qui te disent que c’est presque plus dur qu’autileux parce que c’est la même chose, version canicule et des plus, donc encore un beau cassette à résoudre et ça peut me brancher si je trouve quelqu’un avec qui partager ça, pas forcément du même niveau, mais quand même un niveau pas trop pas trop éloigné, mais surtout avec quelqu’un avec qui je m’entends bien quoi, parce que…
Ermanno : Moi je me propose pas par rapport au niveau éloigné
Arnaud SÉGRÉTIER : Ouais, mais c’est vrai que partager ça avec un pote ou quelqu’un de très proche c’est génial, mais c’est vrai que s’il y a une trop grosse différence de niveau, moi typiquement ce qu’a fait Vincent il est resté hyper calme, il m’a encouragé tout le long, moi si je suis dans la position inverse, je suis pas sûr de pouvoir gérer aussi bien et pareil, si quelqu’un est dans ma position à moi, est-ce qu’il est capable de se dépasser autant que ce que j’ai fait sur Orneux pour le suivre je sais pas aussi quoi, donc ça il y a ce paramètre là à gérer, mais effectivement l’aventure à deux quand même c’est ce qui me motive le plus et c’est pour ça aussi que j’ai repéré un truc depuis 2-3 semaines qui me titille un peu, c’est la scène d’Extreme Triathlon c’est comme le Northman mais version Pyrénées, avec départ Lac de Lourdes à 3h du matin, 4 colles à vélo Port de Balais, Péreussourdes et compagnie finish au Tourmalet avec passage par le Pygmy de Bigorre enfin toutes ces choses là donc du coup ça peut me brancher parce qu’il y a l’aspect assistance avec quelqu’un qui te suit en voiture donc j’ai déjà un pote qui m’a dit oui, si jamais je le fais donc voilà, c’est un peu en méditation et on verra ça
Ermanno : Donc 2026 va être une année si ce n’est charnière, en tout cas où tu vas pas mal réfléchir sur le prochain objectif mais il y aura quelque chose de super sexy
Arnaud SÉGRÉTIER : Ouais, il y aura un gros truc, après moi maintenant ça fait 5 ans que je m’entraîne avec un bon volume chaque semaine, toute l’année en fait je coupe jamais et je change d’objectif, je passe du marathon au trail du trail au swimrun, du swimrun au triathlon et en fait ça me permet de toujours être dans une progression sans forcément faire des volumes de dingue et du coup même si j’ai un gros projet cet été je ne suis pas sûr d’avoir besoin de m’entraîner tant que ça par rapport à ce que je fais déjà actuellement donc aujourd’hui j’ai ma routine je m’entraîne entre 8 et 12 heures par semaine toute l’année je fais quelques pics par ci par là, avec un petit peu de temps avec des week-end shocks quand je prépare des gros trucs mais en vrai je ne pense pas que j’ai besoin de basculer sur du 15-20 heures par semaine pour faire les trucs que j’ai envie de faire parce que je ne serai pas champion du monde de swimrun je n’irai pas à Hawaï sur Ironman j’en suis bien conscient et du coup à partir de là je reste sur une pratique où je m’éclate où vraiment pour moi la prépa est presque aussi belle que l’épreuve en elle-même il me faut quand même un objectif parce que juste courir, nager, rouler sans objectif c’est un peu compliqué à la longue mais en vrai moi ce qui m’éclate le plus c’est de prendre mon vélo, de me barrer pendant trois heures de rentrer, partir courir peu importe le temps, courir une heure, deux heures et voilà c’est ça qui m’éclate le plus
Ermanno : tu m’étonnes
Ermanno : c’est vrai que tu disais que tu switches d’un objectif à un autre on n’en a pas parlé tout à l’heure quand on parlait de l’entraînement mais il y a aussi ce côté croisé qu’on a quand on s’entraîne en triathlon parce que nager et courir c’est deux choses complètement différentes au milieu il y a le vélo et puis quand on pratique, pratiquer du vélo et de la course à pied ça permet de croiser dans les deux sports est-ce que c’est quelque chose que tu essaies de faire de ton côté aussi volontairement et est-ce que c’est quelque chose que tu fais faire à tes athlètes ?
Arnaud SÉGRÉTIER : ça dépend des profils après moi ce que je trouve bien dans l’entraînement croisé c’est qu’au final on est sur des sports d’endurance donc les filières sont globalement les mêmes les process d’entraînement sont assez similaires l’entraînement polarisé, pyramidal ces trucs là ça marche aussi bien en natation qu’en vélo qu’en course à pied que quand tu croises deux ou trois ans ou trois sports en swimrun ou en triathlon donc oui je pense qu’en fait le fait de croiser c’est hyper intéressant pour développer toutes ces filières de façon différente et après surtout je trouve que l’intérêt c’est de pouvoir reposer un peu les articulations parce que quand tu fais que courir c’est un peu compliqué je pense que c’est bien d’avoir un peu de vélo un peu de course à pied pour varier et il y a aussi l’aspect mental moi si je devais faire du triathlon toute l’année rester sur ces objectifs là tout le temps je pense qu’à la longue c’est plus l’usure mentale qui serait un peu compliquée alors que là le fait de varier peut-être que je ne progresse pas autant que si je faisais que du marathon ou que du semi ou que du trail etc mais au moins d’un point de vue mental je suis frais là après au Thile trois jours après je partais faire du vélo j’étais trop content une semaine après j’ai recouru j’avais des super jambes je repars sur un nouvel objectif de semi puis de marathon en mars au final mentalement pour moi c’est le plus important c’est de trouver cet équilibre là avec tout le reste avec la vie de famille le boulot le perso et quand tu arrives à trouver cet équilibre là après tu peux faire tout ce que tu veux et peu importe les perfs les courses ce qui compte c’est d’avoir cet équilibre là et tu peux tout faire
Ermanno : aujourd’hui tu t’entraînes tout seul tu te fais toi-même tes propres plans d’entraînement donc tu es ton propre coach est-ce que tu as réfléchi à l’éventualité la possibilité le besoin de faire appel à un confrère ?
Arnaud SÉGRÉTIER : je ne le ferai pas parce que je serai trop chiant je lui poserai trop de questions et non mais en fait moi j’aime bien ce truc là de me dire voilà je réussis à un objectif c’est grâce à moi et si je rate c’est à cause de moi mais ce n’est pas grave parce qu’on trouvera des solutions pour faire mieux la prochaine fois
Ermanno : 9h22 c’est grâce et à cause de toi tu aurais peut-être pu faire mieux mais tu as déjà donné ton maximum
Arnaud SÉGRÉTIER : alors pour le coup c’est un peu grâce à Vincent quand même qui m’a bien tiré sur une grosse partie de la course mais oui le fait d’avoir fait quand même une belle course d’être allé chercher très très loin et d’avoir su quand même courir même à la fin quand c’était dur mais clairement c’est mes entraînements qui ont payé quoi donc du coup il y a cette petite fierté de me dire tu as bien cerné le problème autileux les problématiques les paramètres et tu as trouvé des bonnes solutions pour faire une belle course où tu t’es dépassé tu t’es éclaté et oui ça pour moi c’est le plus important et c’est pour ça que je ne me ferai pas coacher et voilà
Ermanno : écoute je te remercie pour cette franchise aussi tu le sais la signature du podcast qui s’appelle devenir très athlète c’est que je demande à mon invité comment devenir très athlète toi qui es entre guillemets un néo très athlète un néo triathlète un néo swim runner un néo plein de choses peut-être un néo extrême triathlète aussi quel est ton meilleur conseil pour celles et ceux qui nous écoutent pour devenir très athlète
Arnaud SÉGRÉTIER : être régulier et faire les choses avec progressivité moi je vois beaucoup de gens qui de suite veulent partir sur des trucs très compliqués avec des intensités très difficiles à tenir et je pense qu’il faut prendre son temps il faut se lancer mais il faut prendre son temps et après le triathlon c’est facile un maillot de bain un bonnet des lunettes tu vas nager vélo pas besoin d’avoir des trucs à 6000 euros d’entrée et courir une bonne paire de pompes et c’est parti donc en vrai c’est pas compliqué mais ce qui peut l’être c’est de vouloir brûler les étapes parce que j’en vois plein qui même s’ils vont réussir un truc très difficile vont se flinguer et derrière ne pourront plus rien faire donc c’est accepter d’être patient de ne pas succomber à ce mode de vouloir tout faire très vite et de suite faire des trucs de dingue parce qu’il y a 20 ans faire un marathon c’était extraordinaire aujourd’hui faire un marathon c’est nul il faut faire du TMB sinon t’es une merde enfin tu vois c’est un peu ça donc ouais ouais du TMB c’est génial mais construit sur 4, 5, 6, 7 ans peu importe quoi tu vois moi j’ai un je donne cet exemple parce que c’est Axel je fais la petite dédicace parce que je l’ai récupéré c’est le grand frère d’un ancien élève que j’avais qui m’a contacté il y a 4 ans pour le trail à l’époque je l’ai récupéré il faisait que des 20 bornes en trail il m’a dit bon j’ai envie de faire un 40 bornes coacher moi il a fait un 40 bornes et puis ça s’est très bien passé donc on est monté crescendo l’année d’après un 60 l’année d’après un 100 puis un 120 et cet été il a fait le GRP dans les Pyrénées 160 avec 10 000 de D plus voilà c’était un projet sur 4 ans il a pris son temps on a fait les choses bien et il fait un truc de fou mais il a été patient quoi et ça c’est ce que voilà c’est le conseil c’est faites les choses dans l’ordre avec patience soyez régulier ayez une vision pas forcément à court terme mais plutôt à long terme ça c’est un peu ma casquette de prof de PS c’est d’un point de vue santé essayez de calmer construire un truc sur le long terme de faire deux ou trois séances dans ta semaine classique et faire des choses sympas en termes de courses et d’objectifs et aussi pour d’un point de vue santé être en bonne santé quoi parce que c’est le plus important au final
Ermanno : il y a une question qui m’est revenue pendant que tu parlais et tu m’as tendu la perche avec Axel est-ce que tu as déjà des élèves en tant que prof de PS est-ce que certains de tes élèves soit qui t’ont demandé de les entraîner soit toi tu as repéré quelque chose et tu leur as juste dit ou soufflé un mot alors c’est ça c’est pareil tiens tu devrais peut-être faire du tri ou tu devrais peut-être faire de l’athlée ou tu devrais peut-être faire de la natation et ça aurait ouvert des vocations
Arnaud SÉGRÉTIER : ouais alors il y en a beaucoup à qui je souffle l’idée parce qu’il y a des gamins qui ont des profils incroyables moi des fois je vois des trucs même en sixième, cinquième pas plus tard qu’hier j’ai une sixième je la regarde courir je lui dis mais toi tu fais quoi comme sport elle me dit la danse je lui dis mais c’est pas possible tu cours trop bien il va falloir trouver un truc pour ces filières-là quoi et donc si oui j’en parle après bon à cet âge-là c’est encore vachement c’est abstrait le triathlon quoi tu vois enfin eux c’est très sport urbain en plus moi je suis dans un environnement urbain donc c’est très sport co sport de raquette, danse donc après moi ma priorité c’est que les élèves bougent ceux qui ont des prédispositions bougent peut-être un peu plus que les autres et après ça vient naturellement mais tu vois j’ai un troisième l’année dernière qui m’a défié sur un 5 bornes à la course de la ville il m’a dit ouais monsieur je vous tape sur le 5 bornes en deux semaines je lui dis bah ok vas-y banco et bon j’ai fait j’ai fini 10 secondes devant lui donc j’étais content mais oui et du coup là il est au lycée maintenant il m’envoie des messages il me demande des conseils d’entraînement il est dans un club mais eux dans le club c’est vachement demi fond et lui il a déjà une vision très moyen long terme où il sait qu’il va basculer sur du long donc je donne des conseils j’ai une élève qui avait déjà un profil à l’époque très trail et tout qui me demande des conseils il m’a dit monsieur je veux faire un Ironman le plus tôt possible je lui dis bah ok viens on va nager je te donne 2-3 tips et puis on va voir mais pareil moi j’essaie surtout de leur inculquer ce côté voilà vision à moyen long terme pas de suite vouloir brûler les étapes et surtout à cet âge là quoi enfin à 16 ans tu ne prépares pas un Ironman quoi donc ouais des fois il y a ces petites connexions qui se font avec certains élèves c’est cool parce que ça apporte un petit truc en plus au taf mais après ça vient des élèves quoi tu ne vas pas forcer un élève à faire un truc mais voilà les profils les profils intéressants ouais il faut un petit peu les encourager quand même leur faire découvrir ces trucs là et leur donner envie de le faire quoi
Ermanno : excellent je te remercie beaucoup Arnaud est-ce qu’on a abordé tous les sujets que tu imaginais voir aujourd’hui ou est-ce qu’il y a d’autres petites choses qui te restent en tête
Arnaud SÉGRÉTIER : ouais ouais on a bien balayé alors après on n’est pas rentré trop dans les détails de l’entraînement mais pour ceux que ça intéresse écoutez tu mettras le lien moi je suis dispo même si c’est que pour discuter et puis si certains veulent aller sur une préparation de quelque chose moi c’est avec grand plaisir voilà moi je marche au projet quoi moi si le projet m’intéresse que je le fasse que je sois la personne motivée moi il y a tout qui m’intéresse ça peut être du débutant course à pied voilà j’ai des athlètes qui débutent la course à pied qui visent juste à faire un 10 km et je trouve ça déjà génial qu’ils aient envie de se motiver pour ça j’en ai d’autres qui font des trucs un peu plus ambitieux mais moi tous les projets sont aussi intéressants les uns que les autres donc c’est avec grand plaisir si certains veulent parler de ça en privé
Ermanno : écoute on se refera à un épisode beaucoup plus centré justement sur l’entraînement la science de l’entraînement ici à Toulouse et je vais publier l’épisode incessamment sous peu j’échange pas mal avec le docteur Fabien Pillard qui est un médecin entre autres à l’hôpital Purpan qui réalise tous les tests physio et tests sportifs mais il travaille aussi avec le CREPS de Toulouse très pointu aussi dans son domaine donc ce sera peut-être l’occasion de faire une table ronde en présentiel en physique pour vous laisser parler tous les deux cette fois-ci l’épisode je le préparerai sur l’aspect technique et puis après je vous laisserai débattre soit aller dans le même sens tous les deux et apporter des précisions à vos échanges soit vous taper dessus des façons de parler mais je pense que ça peut être intéressant de faire ça en physique vraiment en format table ronde
Arnaud SÉGRÉTIER : avec grand plaisir c’est sûr qu’en physique c’est génial parce que des fois pour avoir testé avec toi en visio c’est pas évident comme exercice alors que là c’était quand même beaucoup plus facile donc même si j’ai des gros progrès à faire pour parler moins vite plus calmement mais écoute avec grand plaisir et quand même je tiens à te remercier pour le podcast parce que je trouve ça cool ce que tu fais de donner la parole à tout le monde des fois à des pros des fois à des amateurs lambda des fois à des coachs et j’adore le format donc merci de m’avoir reçu c’était vraiment un kiff quoi
Ermanno : merci beaucoup je prends le kiff aussi des gentils derniers petits mots à bientôt ah non mais non avant de partir une dernière question quand même où est-ce qu’on te retrouve où est-ce qu’on échange avec toi où sont tes réseaux sociaux même si comme moi t’aimes pas du tout communiquer
Arnaud SÉGRÉTIER : ouais alors moi je suis vraiment pas actif parce que voilà c’est un vrai métier je trouve les réseaux donc Arnaud Ségretier sur Instagram j’ai ma page de coaching donc c’est Azurun Az U et Run sur LinkedIn aussi pour ceux qui veulent sur Facebook et voilà et sur Strava oui sur Strava Arnaud Ségretier bon après c’est vrai que Strava c’est chouette pour se connecter mais il faut aussi savoir prendre du recul sur les perfs qu’on voit des autres parce que bon on est toujours le faible de quelqu’un donc bon il faut aussi relativiser ça quoi exactement
Ermanno : épisode d’aujourd’hui que je viens de diffuser avec Jean-Vincent Vallée et sa tagline c’est ne te compare pas aux autres kiff et puis après tu progresseras
Arnaud SÉGRÉTIER : ouais c’est ça moi je trouve ça génial les réseaux je trouve ça génial Strava je trouve ça génial de se connecter de voir ce que font les autres de donner envie aux gens de faire du sport même pour les gamins moi je vois mes élèves qui suivent des influenceurs sportifs c’est génial mais il faut aussi avoir cette éducation sur la prise de recul pour pour essayer de se centrer sur soi quoi et à chacun son Everest Ironman c’est génial mais moi voilà j’ai une mère de famille que je coach qui veut faire un semi qui a deux enfants en bas âge c’est compliqué pour s’entraîner elle fait ses deux ou trois séances semaine c’est hyper compliqué à caser et je trouve ça tout aussi beau d’arriver à faire ça à la fin de la semaine que enfin à la fin à la fin de la prépa que d’aller faire un Ironman ou un Ultra ou machin voilà
Ermanno : ouais puis Ironman c’est bien mais Utileux c’est mieux non on est sur un podcast de triathlon on va parler d’Ironman merci beaucoup Arnaud puis merci d’être plié au jeu du présentiel c’est vrai qu’on avait essayé en visio et puis finalement on s’est dit qu’en présentiel ce serait plus sympa et je kiffe toujours autant même si sur l’aspect technique j’ai encore des progrès à faire mais c’est génial de voir les gens en vrai de pouvoir échanger de se servir un verre d’eau un café et puis là au plus aujourd’hui on était comme je disais au café du muséum de Toulouse donc c’est super sympa il y a un petit peu des bruits autour ça donne une ambiance vraiment merci encore
Arnaud SÉGRÉTIER : ouais par contre la prochaine fois tu me fais pas un lapin sur la course à pied parce qu’on devait faire une petite session course à pied avant donc par contre ça c’est partie remise et obligatoire quoi
Ermanno : ouais t’inquiète t’inquiète on refera ça
Ermanno : beaucoup Arnaud
Arnaud SÉGRÉTIER : encore merci à toi
Ermanno : bon alors petit souci technique je m’amuserai à faire ça au montage mais ça cette partie là tu vois c’est juste ce petit insert là je le mettrai à la fin en bonus pour montrer à quel point j’ai été bon ou mauvais sur ce coup là donc petit problème de batterie sur le micro mais là c’est réglé on est branché donc je te repose la question quelle est la suite pour toi est-ce que vous repartez avec Vincent en quête de deux points et un nouvel outil d’eau l’année prochaine pour braver de nouveaux éléments de nouvelles conditions climatiques pour essayer de faire un petit tour un meilleur temps d’aller chercher un RP ou est-ce que au contraire c’est chacun sa route ou est-ce que t’as envie de retourner sur d’autres disciplines