🤔 « Mon meilleur conseil ? Suivre ses envies. » — Tom Lerno
🎙️ Dans cet épisode, Tom Lerno nous emmène de ses débuts en natation en Guadeloupe à son premier podium élite en triathlon. À seulement 22 ans, il est déjà passé par les hauts… et les bas : blessures, chutes, pression mentale, mais aussi victoires éclatantes. Une masterclass d’humilité et de résilience.
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📝 Quelques punchlines à retenir :
- « Au final, avoir commencé par la natation, c’est ce qui me donne mes qualités aujourd’hui. »
- « Les Grands Prix ? Des courses de costauds. »
- « Rester focus sur soi : chacun évolue à sa vitesse. »
- « Le triathlon, c’est un jeu. Si ça passe, tant mieux. Sinon, c’est le sport. »
- « Mon meilleur conseil : suivre ses envies et se lancer. »
💡 Le conseil de Tom
« Crois en ton potentiel, entoure-toi, pose des questions et amuse-toi : le triathlon est une aventure, pas seulement une compétition. »
🤔 Et pour finir ?
Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à 1 ami qui rêve de se lancer en triathlon !
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PPS : et pour découvrir le nouveau podcast éphémère d’Ermanno, ça se passe sur https://road-to-otillo.fr !
💬 La transcription de l’épisode
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Ermanno : Le sport ne forge pas le caractère, il le révèle. C’est cette conviction, ce mantra qui m’anime depuis des décennies, sur les terrains d’entraînement comme dans la vie. Et c’est aussi ce qui donne vie à ce podcast. Aller à la rencontre de celles et ceux qui, par leur parcours, leurs astuces et leur état d’esprit, nous montrent comment devenir triathlète, comment progresser et enfin comment performer en triathlon. Que nos invités soient des passionnés du dimanche, des amateurs éclairés ou des pros aguerris, chacun apporte sa pierre à l’édifice. Leurs expériences, leurs échecs, leurs victoires, c’est une mine d’or pour débloquer vos propres objectifs. Prêt à plonger ? Suivez le guide, ou plutôt suivez les guides. Et avant de commencer, un petit rappel. Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux du podcast et sur votre appli préférée pour partager vos retours, vos questions ou simplement un petit mot d’encouragement. Tout est aussi sur devenir-triathlète.com. Les ressources de l’épisode, les bios des invités et bien plus pour booster votre pratique. Bonne écoute et surtout, bon entraînement !
Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno. Et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Aujourd’hui, deuxième enregistrement de la journée. Donc ceux qui nous regardent en vidéo, ils vont peut-être voir que j’ai la même tenue qu’un épisode précédent. Mais ça, c’est normal, c’est parce que je ne m’arrête pas pour vous servir et vous proposer des épisodes inspirants et vous faire découvrir comment devenir triathlète. Et justement, je suis très heureux aujourd’hui de tendre le micro à un triathlète élite, à savoir Tom Lerno. Salut Tom !
Tom LERNO : Salut Ermanno !
Ermanno : Comment tu vas ?
Tom LERNO : Ça va, nickel. Top, la forme, tout va bien.
Ermanno : Bon, super. Tu es sur ton balcon, là, c’est ça ?
Tom LERNO : Ouais, c’est ça. J’ai la chance, il fait beau dans le sud, donc je peux encore être sur le balcon.
Ermanno : Dans le sud, dans le sud. Mais où ça, dans le sud ? Parce que moi aussi, je suis dans le sud.
Tom LERNO : Moi, je suis plutôt au sud-ouest. Toi, t’es où ? Moi, à Montpellier. Donc pas très loin, au final. Une heure et demie, deux heures, je pense.
Ermanno : C’est ça. Une heure et demie, deux heures. Mais t’es plus vers le milieu, quoi. Moi, je suis à l’ouest. Ouais, plus vers le milieu, ouais. C’est ça. Il y a Boulouris qui est plutôt à l’est, vers l’Italie. Puis toi, t’es au milieu, à Montpellier, quoi.
Tom LERNO : Ouais, exact. Exact.
Ermanno : Écoute, ce que je te propose pour commencer cet épisode, comme je le fais avec tous les invités, c’est de te laisser te présenter. Donc, dis-nous tout. Qui est Tom Lerno ?
Tom LERNO : Bah, alors, Tom Lerno, je suis triathlète. J’ai 22 ans. Triathlète de haut niveau, du coup. Je fais des études aussi en parallèle. Je fais une licence en assistant immobilier. Et je vis, du coup, à Montpellier. Je m’entraîne dans le groupe de Pierre Lecor, s’il y en a qui connaissent peut-être. Et à côté, j’ai mon collègue. Mon coach, Mathieu Marteau, à distance.
Ermanno : Présentation efficace. Triathlète de haut niveau à 22 ans. Toi, ton truc, c’est quelle distance ?
Tom LERNO : Du coup, là, pour l’instant, j’évolue sur la distance sprint. Donc, 750 mètres dans l’eau, 20 kilomètres à vélo et 5 à pied. Et aussi la distance olympique. Du coup, le double dans chaque sport. 1 500, 40 et 10 kilomètres à pied.
Ermanno : Avec des objectifs olympiques d’ici 3 ans. Maintenant, j’allais dire 4, mais non, c’est 3 maintenant.
Tom LERNO : Bon, à 3 ans, je pense que ça va être compliqué. Mais après, bien sûr, c’est dans un coin de ma tête. Mais d’abord, il y a pas mal d’étapes à franchir et surtout à valider avant d’atteindre les Jeux. Donc, déjà, faire étape par étape, on va dire. Mais bien sûr, le rêve olympique est dans un coin de ma tête. Si ce n’est pas 2028, ce sera peut-être Brisbane en 2032. À voir.
Ermanno : Tu sais qu’en parlant de rêve olympique, il y a un mois, j’ai été au championnat du monde de swimrun à l’Eutileu, auquel j’ai participé. Et c’était l’occasion de croiser Fred Bellobre, qui est bien connu dans le monde du triathlon, n’est-ce pas ?
Tom LERNO : Oui, c’est marrant. J’utilise justement son appli, avec mon coach et avec les gars avec qui je m’entraîne. On utilise son application, du coup, IDO, l’appli pour l’entraînement. Donc, mon coach le connaît bien, il me semble, si je ne dis pas de bêtises. Donc, c’est connu dans le monde du triathlon. Puis, il a développé son application et tout. Donc, c’est cool.
Ermanno : Et puis, une référence dans le triathlon olympique en France. Et pas que. C’est quand même lui qui a ouvert le bal des triathlètes aux Jeux olympiques. Effectivement.
Tom LERNO : Exact.
Ermanno : Revenons à toi. 22 ans. Déjà triathlète olympique. Comment est-ce que ton voyage vers le sport, et en particulier vers le triathlon, commence ? Tu découvres le sport à quel âge ? Dans quelles conditions ? Pourquoi ? Comment ?
Tom LERNO : De base, je découvre le sport à mes 4 ans, du coup, quand je vivais encore en Guadeloupe. Donc, je commence par la natation. Bon, j’ai fait un peu de foot et tout à côté, parce que voilà, comme tous les jeunes de mon âge. Mais je commence vraiment par la natation parce que j’habitais sur une île. Et c’était un peu, on va dire, le passage obligatoire de savoir nager. Donc, j’ai commencé par ce sport. Ça s’est super bien passé dès le début. J’avais plutôt de bonnes qualités, on va dire, aquatiques. Et du coup, de mes 4 ans à mes 15 ans, ouais, c’est ça, j’ai pratiqué que de la natation. Donc, j’étais sur liste de haut niveau aussi en natation. L’équipe de France relève en natation. Et du coup, à mes 18 ans, si je ne dis pas de bêtises, ouais, 18 ans, j’ai dévié vers le triathlon. C’était un peu l’époque du Covid, en gros. Donc, pendant le Covid, j’ai voulu un peu garder. J’avais la forme comme tout le monde, je pense. J’allais courir, faire un peu de vélo. Et du coup, j’y ai pris goût, tout simplement. Et je connaissais mon coach actuel, donc Mathieu Marteau, via la natation, car c’est aussi un coach de natation en parallèle. Donc, je l’avais déjà rencontré pas mal de fois sur des compétitions de natation. C’est parti d’un simple message en soi pour savoir comment c’était le triathlon, ce que c’était déjà. Et c’est parti de là, en gros. Puis après, ça allait très vite. Donc, 18 ans. Et maintenant, j’ai 25 ans. 22 ans. Et ça fait, du coup, 19, 4 ans. 4 ans, bientôt 5 ans que je fais du triathlon et que vraiment, je kiffe cette pratique. Excellent.
Ermanno : Belle histoire. C’est marrant parce que tu dis que tu viens de la natation. Tu as commencé à 4 ans. Mon petit bonhomme qui a 5 ans commence tout juste. Tu as arrêté à 15 ans, plus ou moins. Enfin, vers 15 ans, tu as commencé à regarder le tri. Mon grand, il a 16 ans. Commence la natation. Donc, c’est marrant. Je fais un peu des parallèles. J’espère que celui de 5 ans, il nagera aussi bien que toi quand il aura l’âge de son frère. L’âge actuel de son frère. Mais sinon, je me souviens que quand je vivais encore au Luxembourg, on en parlait en off. Je faisais partie d’un club de triathlon et on avait organisé un stage mixte entre jeunes nageurs et nageuses et jeunes triathlètes. On était peu d’adultes, mais il y avait beaucoup d’enfants, notamment qui venaient d’enfants de 9 à 15 ans. Des pré-ados et des ados qui venaient du club de natation. Et les nageurs et nageuses avaient beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal à courir. Parce que les nageurs. Les nageuses, ce n’est pas toujours dit qu’ils courent. Toi, c’était finalement pour te tenir en forme, te maintenir en forme pendant le Covid que tu t’es mis à courir ou tu courais déjà avant ?
Tom LERNO : Non, non, je ne courais pas du tout avant. C’était vraiment au début juste une question de garder la forme, de remise en forme aussi. Donc oui, c’est vrai que, comme tu as dit, c’est connu que normalement, les nageurs, outre le milieu aquatique, on va dire les autres sports, c’est un peu compliqué. Enfin, un nageur ou un brasseur, du coup, la spécialité brasse. Enfin, le voir courir des brasseurs, c’est assez rigolo des fois quand même. Mais non, moi, j’ai commencé, c’était juste pour garder la forme. Donc vraiment, j’ai sauté, on va dire, dans le bain du triathlon. Aucune expérience en vélo et aucune expérience en course à pied.
Ermanno : Remarque, ce n’est pas plus mal parce que la natation reste quand même le sport le plus technique. Et avoir commencé à avoir déjà les bases en triathlon, ça te permet après d’évoluer en te mettant aux autres sports. J’imagine que tu tiens des distances et tu as une aisance. Une économie de nage que quelqu’un qui apprend à nager à 15, 20, 30, 40 ans n’acquérera jamais.
Tom LERNO : Oui, on va dire que la natation, je pense, à apprendre, c’est effectivement le sport le plus dur. Surtout en termes de technicité, comme tu l’as dit. Et au final, d’avoir commencé par ce sport, je pense que c’est ce qui m’a permis aussi d’avoir ces qualités que j’ai actuellement. Parce que c’est quand même un sport d’endurance. Moi, j’avais la chance de faire du demi-fond. Donc, je pratiquais la discipline, le crawl. Je faisais du 200 au 1500, voire du 5, du 10 km dans l’eau en eau libre, du coup, pour le 5 et le 10. Donc, j’ai quand même développé une bonne endurance physique et musculaire. Et ça fait aussi que moi, quand je prends le départ d’un triathlon, on va dire, je n’ai pas ce petit stress de me dire qu’à tout moment, après la natation, entre guillemets, ma course est peut-être finie parce que je serai dans le deuxième ou troisième ou quatrième pack à vélo. On va dire, je sais que ça va normalement, en tout cas, plutôt bien se passer. Si je ne prends pas de coups ou si je gère bien mes trajectoires au niveau des bouées, je sais que normalement, ça devrait aller.
Ermanno : Oui, c’est vrai que c’est un truc que vous ne connaissez pas dans les élites parce que vous n’avez pas des vraies masses start. Vous partez tous le long du ponton, bien alignés. Alors après, ça bataille un petit peu une fois que vous vous rapprochez. Mais quand on fait des masses start chez les amateurs ou chez les open, il y a aussi la lessiveuse en triathlon, ce que tu n’as certainement jamais connu, même en eau libre.
Tom LERNO : Si, la lessiveuse, franchement, on ne dirait pas. Parce qu’on est tous alignés, ça, c’est vrai. Mais la lessiveuse, nous, on la connaît vraiment. Enfin, moi, d’un côté, j’ai la chance de ne pas l’avoir connue trop de fois. Mais les nageurs plutôt moyens ou qui ont un peu du mal à s’extirper du pack, la lessiveuse, première bouée, des fois, ça peut être violent quand même. Enfin, se faire noyer, être sous l’eau, la première bouée, ça m’est arrivé deux fois. Et même si on est nageur, on panique assez rapidement quand même. Mais là, on a la chance que, par exemple, sur le Grand Prix, donc le Lindals Pro Plus, maintenant, on a des caméras. Des drones. Donc, il peut y avoir des cartons jaunes, voire des cartons rouges. Donc, on va dire que ça a permis à certains nageurs qui avaient tendance à mettre des coups d’être un peu plus réglo, entre guillemets. Mais ça peut quand même arriver, première bouée, de bien se faire taper.
Ermanno : J’avais entendu dire que, des fois, on accroche la combi, on tire sur la tirette, on met un coup dans les pieds ou un petit coup sur la tête pour te dire, attention, c’est moi qui passe, toi, tu dégages. Ça se fait donc un petit peu moins avec l’arbitrage par drone ?
Tom LERNO : En gros, ça… Ça a vraiment bougé. Enfin, ça a fait bouger les choses. C’était surtout après l’étape d’Albi, donc la première étape, parce qu’on avait une bouée qui était à, je crois, si je ne dis pas de bêtises, 200 mètres ou 250 mètres. Et moi, j’ai été le premier à… Enfin, pourtant, je suis bon nageur, mais je n’ai pas fait un super start et j’ai été le premier à en subir les conséquences. Et plein d’autres ont subi aussi ces conséquences. Mais moi, je me suis fait vraiment lessiver sur la première bouée. Ça a commencé par tirage de pied. Puis après, on est ralenti. Le reste du pack qui arrive derrière, ils arrivent avec de la vitesse. Donc, ils passent dessus. Donc, ouais, franchement, je me suis retrouvé à faire de la brasse sur la première bouée. Ouais, c’est jamais agréable. Mais on va dire que depuis cette étape, ça s’est calmé. Et surtout, on a eu la chance aussi que les organisateurs mettent les bouées un peu plus loin après le départ. Donc, ça permet quand même de faire déjà un petit tri sélectif jusqu’à la première bouée.
Ermanno : Ouais, parce que finalement, 200 mètres à votre niveau, ça se nage en quoi ? Une 15, une 30 ?
Tom LERNO : Non, non, non, quand même. On est plus sur du… Je pense une 55 pour les meilleurs. Ceux qui ont vraiment un gros start. Avec la combi, bien sûr. Et après, on est sur du 2 minutes, je pense, 2 minutes tout pile en fonction aussi des vagues, du courant et tout. Mais du coup, c’est quand même compliqué si sur une ligne de 70 personnes, par exemple, comme sur les GP. Sur les 70, il y aura peut-être 15 bons nageurs. Et on ne peut pas… Enfin, nager une 55, c’est déjà très bien. On ne peut pas nager une 45 et arriver à la bouée et être tout seul. Enfin, ça arrive très rarement. Donc, au pire des cas, on arrive à 15. C’est là où il faut essayer un peu de s’organiser. Soit être en file indienne, soit passer 2, 2 par 2 ou 3 par 3. Mais dans l’eau, c’est toujours un peu plus compliqué de s’organiser que sur un vélo ou sur une course à pied.
Ermanno : Et tiens, d’ailleurs, vu qu’on parle du start, tu peux nous rappeler un peu les règles de positionnement sur le départ ? Enfin, sur le ponton et par rapport à la première bouée, etc.
Tom LERNO : Alors, il y a des règles différentes. Donc, par exemple, pour le Lindahls Pro+, on a les battements de cœur, toujours. Dès que les battements de cœur sont lancés, c’est qu’on est sur le départ. Et à un moment, les battements de cœur, ça arrive. Et on a un coup de fusil ou je ne sais pas comment ils font. Mais du coup, là, c’est le départ qui est lancé. Mais par exemple, sur des Coupes d’Europe ou des Coupes du Monde, avant, on avait un peu ce même style de départ où ça faisait un Newmark et ça partait. Mais maintenant, en gros, on est direct en place pour le départ. Il n’y a plus le Newmark parce qu’on a eu tendance à avoir beaucoup de faux départs ou de personnes qui partaient en avance. Donc maintenant, si c’est un ponton, on est tous en position de start, donc de plongée. Et il y a juste un coup de feu. Ou un raisonnement d’un bruit. Et là, c’est le départ qui est lancé, en gros. Mais on n’a plus ce truc de Newmark. On se met déjà en position. Les juges et les arbitres nous disent, ben voilà, en place. Et là, il peut se passer 10 à 15 secondes où il n’y a pas de bruit, rien. Et il y a un coup de feu qui est lancé. Et c’est le départ.
Ermanno : Et sur le positionnement, justement, sur le start, sur la ligne de départ, est-ce que vous vous positionnez comme vous voulez ou il y a une règle ?
Tom LERNO : Alors, sur le Lindahls Pro+, c’est par classement. Donc, au classement général. Par exemple, là, pour la dernière étape qui va s’effectuer demain. Moi, mon club, on est 4e ex aequo avec le 5e. Donc, en gros, je ne sais pas si on va être appelé 4e ou 5e. Mais si le club est appelé 5e, une fois que notre club est appelé, on se positionne où on peut. C’est-à-dire que si, par exemple, les 3 premiers clubs se sont mis tout à droite et que nous, on juge que tout à droite, c’est un bon emplacement, on sera positionné tout à droite, mais 4e club. Mais si, par contre, on juge que l’emplacement de droite n’est pas terrible et qu’il n’y a personne qui va se positionner, et qu’il n’y a personne qui s’est mis à gauche, on peut être le premier club tout à gauche. Donc, ça, ça dépend vraiment de la place qui reste. Et sur les Coupes d’Europe ou Coupes du Monde, c’est la même chose. En fonction, on est appelé par le ranking. Donc, il y a un world ranking. Donc, celui qui, par exemple, sur une Coupe du Monde, si on a le 10e et que c’est le premier, du coup, de la start list, c’est lui qui sera appelé premier et ainsi de suite, en fonction des places. Et là, par contre, c’est se positionner là où on peut. Donc, souvent, quand on est appelé les 10 premiers, on a tendance à pouvoir se positionner où on veut parce qu’il reste énormément de place sur le ponton. Mais si on est appelé dans les derniers, par exemple, si c’est notre première Coupe d’Europe ou première Coupe du Monde, par exemple, et qu’on n’a pas de points, tout simplement, et qu’on est appelé, je dis n’importe quoi, mais 70e, là, on prend la dernière place qui reste sur le ponton. Donc, ça peut être soit tout à gauche, soit vraiment au milieu. Et ça, c’est vraiment au bonheur, au bonheur à chance. Mais sinon, le premier, enfin, celui qui est vraiment roi, c’est celui qui est appelé premier. Donc, si c’est dans le ligne d’Aspro+, donc souvent, la poissie, ce sont les premiers. Donc, eux, ils sont vraiment rois et ils choisissent exactement où ils veulent aller. S’ils veulent se mettre plein milieu, ils se mettent plein milieu. S’ils veulent se mettre à droite, à gauche, voilà, ils choisissent. Et c’est pareil pour les courses internationales. Le premier qui est appelé, il se met où il veut. Et après, ainsi de suite. Mais il n’y a pas de placement. On peut être le dossard 25, mais on ne sera pas forcément sur l’emplacement 25. On peut être sur l’emplacement 40, 50. Enfin, voilà, on se met sur l’emplacement qui est libre et aussi où on veut être si on a le choix. Ça marche.
Ermanno : Bon, après, évidemment, une fois que tu es parti, c’est au fur et à mesure où tu arrives et où tu enchaînes. Parce qu’on le rappelle, le triathlon, c’est un sport d’enchaînement et ce n’est pas une première discipline. Et puis, on s’arrête et on fait la deuxième, on fait la troisième, etc. Exactement. Toi, tu cours plutôt sur distance sprint, donc le Grand Prix, et puis sur distance olympique. Tu peux nous rappeler un petit peu quand est-ce que tu es rentré vraiment dans les compétitions internationales ou dans le haut niveau, enfin, et dans le haut niveau ?
Tom LERNO : En gros, moi, du coup, j’ai commencé le triathlon en 2020-2021. C’était du coup un peu périodique. Donc, là, c’est allé assez vite. J’ai eu mes premières courses internationales avec l’équipe de France Junior. Donc, c’était les championnats d’Europe. C’était ma troisième course en tout. J’ai eu la chance que, en fait, Mathieu Marteau, c’est le manager de mon équipe actuelle, donc de Sainte-Geneviève. Donc, j’ai eu cette chance que le club de Sainte-Geneviève évolue en D1 depuis des années. Donc, on va dire que mes premiers triathlons, entre guillemets, c’était direct un peu dans le grand bain. C’était la D1. J’ai eu l’occasion. De faire le triathlon de l’Orme, par exemple. C’était pour les sélections, pour les championnats de France Junior. Mais sinon, mon troisième tri ou mon quatrième triathlon, ça devait être une D1. Et mon cinquième ou sixième triathlon, c’était les championnats d’Europe Junior. Donc, ouais, c’est allé assez vite. Donc, ouais, on va dire que, entre guillemets, l’accès au triathlon de haut niveau, ça a mis peut-être un an, un an et demi, un peu moins. Parce qu’après, j’ai vite été sur liste, du coup, de haut niveau, liste ministérielle, avec la sélection, du coup, chez les juniors. Donc, voilà, puis après, au fur et à mesure des années, j’ai appris un peu sur le tas, quand même, en faisant des triathlons. Mais pour l’anecdote, mon premier, vraiment, triathlon, c’était les championnats d’Europe Junior. Et j’étais encore stressé à me dire, est-ce que je vais réussir à enlever la combi ? Ou est-ce que je vais galérer, quoi ? Ou est-ce que je vais réussir à faire mes transitions et tout ? Ça, c’était, on va dire, mon plus gros stress, au début, quand j’ai commencé le triathlon. Et malheureusement, enfin, malheureusement et heureusement, c’était sur un super sprint, donc championnat d’Europe. Donc, là où, on va dire, on n’a pas trop le droit à l’erreur sur les transitions. Donc, voilà.
Ermanno : Pourquoi heureusement et, pendant, le malheureusement ? Heureusement, parce que tu n’as pas le droit à l’erreur, donc ça te met un bon coup de stress positif ?
Tom LERNO : Heureusement, oui, ça, mais plus aussi le fait que j’ai pu prendre de l’expérience, direct sur des championnats importants, même si ce n’est que les juniors, mais c’était quand même les championnats les plus relevés dans cette catégorie. Donc, c’était plus heureusement là, parce que du coup, j’ai pu vraiment apprendre sur le tas et sur le tas du haut niveau et des meilleurs juniors internationaux. Et malheureusement, sur le fait que si je me loupais, ça pouvait être un peu, entre guillemets, je dis bien, une mauvaise expérience, parce qu’on est vite largué ou on finit 30e. Bon, là, je n’ai pas eu de chance, je n’ai pas fini le triathlon parce que je ne suis pas le seul, mais on était tombé malade un peu avant les championnats d’Europe. Donc, j’ai dû faire un DNF, mais voilà. C’était plus le côté malheureux, en gros, une transition loupée. Sur un super sprint, tout va très vite, on est vite à l’arrière.
Ermanno : Du coup, tu n’as pas fini parce que tu étais malade, mais tu as quand même nagé, tu as quand même monté sur le vélo, tu as quand même au moins fait une transition.
Tom LERNO : Oui, en gros, j’ai fait, j’ai juste fait ma, c’était sur séries et finales. Donc, j’ai fait natation, j’ai fait ma transition au vélo et j’ai abandonné sur le vélo parce que je vomissais sur le vélo. Donc, j’ai été, oui, j’ai été contraint à l’abandon. Pas top pour une première expérience, mais en même temps, voilà. Non, pas top pour des premiers championnats, mais j’étais déjà content d’avoir pris le départ parce qu’il y en a deux autres qui ont été obligés de ne pas le prendre, enfin, qui ont eu l’obligation, par la médecin, de ne pas le prendre. Donc, moi, au moins, j’avais eu l’autorisation. Donc, j’étais déjà content, entre guillemets, de ne pas être venu pour rien.
Ermanno : Comment ça s’enchaîne après ? Parce qu’après cette première Coupe d’Europe, qu’est-ce qui se passe ?
Tom LERNO : Bah, en gros, du coup, après les premiers championnats d’Europe, qu’est-ce qui se passe ? Alors, ça remonte un peu, quand même. Bah, après, j’ai continué sur le circuit de la D1. Donc, avant, ça s’appelait D1, avant de s’appeler Lindahl’s Propulse. Donc, les Grands Prix, tout simplement. J’ai eu, du coup, malheureusement, une grosse chute. Une étape de Grands Prix, c’était à Quiberon, il me semble, en 2021, du coup, ou 2022. Du coup, bah, voilà, pareil, manque d’expérience à vélo. Je n’avais pas encore toutes les techniques de savoir rouler en pack. Enfin, voilà, j’ai touché une roue arrière et ça m’a éjecté. Donc, là, déjà, grosse chute. Donc, là, c’était une fin de saison pour moi. Puis après, la saison d’après, j’ai… Du coup, la saison d’après, que je ne dise pas de bêtises, j’étais encore junior. Donc, la saison d’après, j’étais encore junior. C’est là où je me suis dit, je vais me qualifier au championnat d’Europe, parce que, oui, je reviens un peu en arrière, mais ma première saison, vraiment, en triathlon, il y avait encore cette histoire de Covid. Donc, je n’avais pas été sélectionné au championnat d’Europe junior, mais, par contre, j’avais été vainqueur des tests sélectifs à Cannes. C’était des tests qui ont toujours eu lieu, d’ailleurs, où on fait des tests. Il y a un temps à faire sur 800, un temps à faire sur 5000 et il y a un parcours vélo à réaliser dans un certain nombre de temps. Et par rapport à ces tests, les deux premiers sont sélectionnés, en tout cas, à mon époque, étaient sélectionnés pour les championnats d’Europe, en gros. Donc, moi, j’avais fait premier, mais ils ne m’avaient pas sélectionné parce que je n’avais pas encore de triathlon à mon actif. Donc, c’était un peu risqué de me sélectionner, sachant que voilà. Et la deuxième année, donc l’année où j’étais en train d’expliquer que je suis tombé malade au championnat d’Europe, c’est l’année où je gagne de nouveau les tests. Et là, par contre, j’ai pu être sélectionné parce que j’avais deux ou trois triathlons à mon actif. Donc, après ces championnats d’Europe, je tombe, du coup, sur Quiberon. Là, c’était aussi une fin de saison, du coup. Et après, j’étais rentré dans le bain, entre guillemets, première année U23. Et là, il y a eu pas mal de changements pour moi parce que du coup, j’ai quitté Mathieu Marteau, mais pas vis-à-vis de l’entraînement, mais c’était parce qu’on avait un petit groupe à Nancy qui s’est un peu dissous. J’étais avec Arnaud Des Boscs et Titouan Bernot. Chacun avait pris un peu sa route et moi, je me voyais mal. On m’entraînait tout seul, tout simplement, à Nancy, sachant que je venais de commencer cette pratique. Donc, je suis arrivé au pôle à Montpellier. Et du coup, c’est de là que maintenant, je m’entraîne à Montpellier, en soi. Mais par contre, j’ai quitté la structure fédérale du pôle et j’ai de nouveau rejoint Mathieu Marteau. Et là, ça va faire deux ans que je m’entraîne de nouveau avec Mathieu. Donc voilà, c’était la petite histoire pour remettre tout dans l’ordre parce que j’avais loupé une année, quand même.
Ermanno : Bon, donc, tu as commencé à Nancy avant d’arriver à Montpellier. Ça doit te changer en termes de climat, quand même, et en termes de capacité d’entraînement.
Tom LERNO : En gros, ça m’a changé, oui et non, parce que j’avais quand même l’habitude. Vu qu’à 15 ans, je suis arrivé. J’étais à, pour ceux qui connaissent Sarguemines, au club de natation. Donc, c’était aussi dans le nord-est. Donc, j’ai commencé le triathlon à Nancy parce que mon coach était à Nancy et que mon groupe aussi. C’était un peu rude au niveau du vélo parce que sortir quand il fait zéro degré, je n’avais pas trop l’habitude. Courser à pied, encore, ça va parce qu’on se réchauffe vite. Mais du coup, c’était un peu rude, quand même. Et c’est pour ça que je ne me voyais pas trop continuer à évoluer sur Nancy parce qu’en termes de météo, déjà que le triathlon, on va dire, c’est compliqué. Enfin, les entreprises, l’entraînement, ce n’est pas tous les jours facile. Si en plus, on se met la contrainte de la météo où on voit le temps, on se dit, je n’ai pas envie de sortir et tout. On va dire que ça rajoute des contraintes. Et franchement, d’arriver dans le sud, c’était un bonheur absolu. J’ai découvert le soleil pratiquement toute l’année. Bon, il fait un peu froid, des fois, quand même. Il pleut aussi. Mais voilà, là, il fait beau et pourtant…
Ermanno : Ça reste la métropole, quand même. Ça ne va pas te changer de tes 4 premières années.
Tom LERNO : Oui, mais il n’y a pas à Montpellier, c’est très rare, une température négative, quand même. Donc là-dessus, on a quand même le soleil. C’est toujours doux, on va dire. C’est plus doux que dans le nord-est, si on doit vraiment détailler.
Ermanno : C’est clair. Donc là, tu intègres la structure fédérale avant de la requitter. Tu fais ta petite vie, tes études. En même temps, tu progresses dans ton métier de triathlète professionnel. Comment ça se passe cette année ou ces deux années-là où tu commences à progresser ? Est-ce que tu commences à arriver aux avant-postes sur les différentes manches du Grand Prix ? Est-ce que tu es pressenti pour aller gagner
Tom LERNO : sur certaines étapes Non, non, non, pas du tout. Justement, sur les Grands Prix, quand je commence, j’ai vraiment eu du mal au début, même si j’avais mon passé de nageur. Mais franchement, les Grands Prix, on n’a pas l’impression comme ça, mais c’est vraiment des courses ou c’est des courses un peu de costauds parce qu’il y a une densité monstre, que ce soit en termes de Français, mais aussi beaucoup d’internationaux qui viennent, qui sont appelés par certains clubs. Donc, tu es quand même vite sur, entre guillemets, un Grand Prix, mais un Grand Prix de niveau Coupe du Monde ou voir des fois certains Grands Prix de niveau WTCS parce que tu as cinq Olympiens qui se ramènent sur la course. Donc, le niveau est tout simplement incroyable.
Ermanno : C’est impressionnant parce que moi, j’ai commencé triathlon en 96 et je crois que depuis, je n’ai jamais eu l’impression que le niveau du triathlon français avait baissé. C’est-à-dire qu’on a tous les meilleurs mondiaux ou quasiment qui sont licenciés dans des clubs français. Et effectivement, ça fait que tu as une densité de dingue, même sur les courses aux saucissons, mais pas loin.
Tom LERNO : Oui, c’est un peu ça. Et après, franchement, le Grand Prix, en plus, c’est quand même un circuit qui est reconnu à l’international parce que quand on voit, enfin, là, je prends cette année, mais je peux prendre les années d’avant, mais on a des matoseurs qui viennent. À l’époque, on avait des Vincent Luys, quand même, qui étaient sur le circuit. On a toujours Dorian, Léo Bergère qui évoluent sur le circuit. Enfin, Pierre Le Corre aussi. Enfin, non, franchement, le circuit est juste magnifique. On a un peu moins d’internationaux cette année, mais je pense que c’est plus dû au calendrier, au nombre de courses qui sont quand même assez conséquentes. Mais il y a une époque où, franchement, à chaque étape, on pouvait avoir deux ou trois Olympiens, voire plus, d’ailleurs. Donc, non, mes débuts en Grand Prix ont été un peu compliqués. Même en natation, je me faisais savater un peu. Donc, oui, franchement, c’est, je pense, le circuit le plus intéressant pour prendre de l’expérience. Franchement, moi, en tout cas, c’est là où j’ai pris le plus d’expérience. Mais c’est un circuit qu’il ne faut pas non plus prendre à la légère et se dire, moi, je suis bon en natation, je vais arriver, je vais sortir devant. Parce que non, non, il faut être bon en natation, mais il faut quand même avoir l’expérience et savoir nager parce qu’on est, franchement, on est 80, je crois, au départ. Donc, ça fait quand même un paquet de monde. Donc, oui, non, mes débuts en Grand Prix ont été compliqués. Je n’étais pas… Bien sûr, j’avais des qualités. Je pense que les qualités ont été vues par la Fédé et tout, parce que j’ai vite été dans le cercle un peu de la Fédération avec mes sélections. Mais je n’étais pas destiné à briller forcément sur Grand Prix ou à forcément en gagner une. Non, non, là-dessus, ce n’était pas ça.
Ermanno : Oui, parce que sur Grand Prix, en plus, vous pouvez… Vous mettre en pack, donc en équipe, rouler tous ensemble, bloquer les autres équipes derrière ou jouer avec les autres équipes et se mettre derrière pour prendre l’inspiration, puis après, partir à pied. Enfin, on est vraiment dans un sport d’équipe très individuel ou dans un sport individuel très sport d’équipe.
Tom LERNO : Oui, c’est un peu ça, c’est un peu ça. Après, bloquer, c’est déjà arrivé, mais c’est rare parce que bon, on essaie quand même d’être dans le sportif, quoi. Mais oui, par contre, par exemple, il y a une échappée. Il y en a deux devant les gars qui vont être derrière de la même équipe. Ils ne vont pas forcément aider le groupe à rentrer sur cette échappée parce que voilà, il y a deux gars de la même team qui sont devant. Donc, il n’y a pas d’intérêt de rouler. Donc, c’est là où ça va être un peu un sport, un sport d’équipe. Mais après, au final, ça reste quand même, comme tu as dit, un sport individuel, parce qu’à la fin, même quand on court ou qu’on roule, on est seul sur le vélo ou sur la course à pied. Mais à la fin, effectivement, il y a le classement équipe où on a ce petit truc en plus de se dire si on n’est pas très bien sur cette course, d’aller quand même se déchirer jusqu’au bout pour l’équipe et se dire peut-être que si je gratte quatre ou cinq places, c’est deux ou trois places de gratter dans le classement pour l’équipe. Donc, ça, ce n’est pas négligeable. Donc, c’est là où on va dire que le rôle team rentre en jeu, de se dire je ne me bats pas que pour moi, je me bats aussi pour la team. Et si j’ai des gars devant, c’est à moi aussi de finir le boulot. Et si je suis devant, pareil. Donc, c’est là où il y a la petite différence sur une course internationale ou vraiment la course internationale. Même si tu peux avoir d’autres Français sur la course, tu es là pour faire toi ta performance à toi individuelle.
Ermanno : Oui, et surtout encore plus en année olympique ou pré-olympique où il y a toute l’histoire du ranking, des qualifications et du fait que ta place, elle n’est jamais assurée. Et donc, tu as juste intérêt et tu es obligé d’être le meilleur des meilleurs de toute façon.
Tom LERNO : Exact, c’est exactement ça.
Ermanno : Je voudrais qu’on revienne un tout petit peu sur toi avant de repasser sur le Grand Prix. Mais tu as dit que tu as été rapidement repéré par la Fédération et tu as vite fait partie du cercle. Un petit peu des élites et des top élites. Comment ça se passe à ce moment-là ? Parce que finalement, tout ça, ça a été super vite. Tu commences le triathlon il y a quatre ans. Tu en es là où tu en es aujourd’hui et on reviendra dessus. Comment tu te vois progresser ? Comment tu évolues au sein de la Fédé ? Est-ce que tu es appelé ? Est-ce que c’est un mec qui vient te voir ? Raconte-nous un petit peu tout ça, toutes les coulisses pour les gens qui vous voient juste faire des Grands Prix mais qui ne savent pas comment ça se passe.
Tom LERNO : En gros, moi en junior, comme j’ai dit, on passe par les tests de sélection qui sont souvent effectués à Cannes. Donc en gros, moi, entre guillemets, j’ai été repéré par rapport à ces tests-là parce que j’avais cette chance, entre guillemets. Bon, je me suis quand même entraîné et tout, mais j’avais cette chance d’avoir quelques qualités à pied. Donc j’ai fait des temps qui étaient quand même parlants à mon âge et surtout pour quelqu’un qui venait de débuter. Donc on va dire, c’est comme ça un peu que j’ai été approché. Je ne dis pas, on va dire approché parce qu’au final, c’était des tests. J’ai été invité, j’ai effectué les tests et vis-à-vis de ces tests, il y avait des… des critères tout simplement de sélection que j’ai réalisés. Et après, bah oui, là, on t’appelle pour te dire, bah voilà, au vu de tes tests et de tes résultats, on te sélectionne pour les championnats d’Europe. Et c’est un peu comme ça que je suis rentré dans le bain, vraiment, des sélections et de la Fédé. Donc c’est les premières sélections. Donc voilà, c’était mes championnats d’Europe à Holstein. Et après, bah, en fonction, tu évolues. Et après, c’est surtout en fonction de ton niveau parce qu’il faut quand même tout le temps upgrade, quoi, chaque année. Et moi, c’est allé très vite au début, mais il y a eu un moment où c’était… où j’ai eu deux ans franchement durs parce que, bah, j’ai… c’est l’arrivée à Montpellier. La structure, ça s’est bien passé, mais pas bien en même temps parce que ça me convenait pas à 100 %. J’ai eu aussi la malchance de me blesser. J’ai eu une année pratiquement blanche où je me fais fracture de fatigue aux deux tibias à pied alors que je courais à peine 30, 35 km par semaine. Je chute, on me renverse, je me casse le poignet. Enfin, vraiment une année vraiment blanche, quoi. Une année merdique. Donc, et là, bah, là, on a le cas de… Je fais pas de course, donc je montre pas de niveau de performance. Et tout simplement, j’ai été, enfin, entre guillemets, pas obligé, mais je devais quand même montrer un certain niveau de performance sur les deux dernières courses que j’ai effectuées de ma saison. J’ai eu la chance, du coup, d’aller sur ma Coupe d’Europe, c’était à Yénaisir, où je fais, si je dis pas de bêtises, je fais cinquième, je crois, ou sixième. Et en gros, ça me permet de faire un critère, en gros, parce qu’avec la FEDE, ça fonctionne beaucoup en critères. Et… Et en rang. Donc, je fais un critère, je sais plus, à l’époque, un critère de rang 5 ou 6. Et ça me permet, du coup, de rester dans le cadre fédéral, donc rester sur les listes de haut niveau, avoir des aides perso un peu de la FEDE et ainsi de suite. Mais sinon, si on valide pas des niveaux et si on upgrade pas, bah, y a un moment, entre guillemets, j’aime bien utiliser cette expression, mais tu te fais, entre guillemets, sortir du train, quoi. Enfin, y a un train, y a un wagon, faut rester dedans le maximum, mais voilà, ça reste du sport, y a des blessures. Des fois, le niveau, bah, tu comprends pas, tu t’entraînes, mais tu stagnes. Bah, voilà, c’est le sport de haut niveau, tout simplement, entre guillemets.
Ermanno : Bah, c’est comme le tri, hein. Quand t’as trois tours en vélo, quand le premier rattrape le dernier, le dernier, il saute, quoi. Donc, si malheureusement, tu fais une saison blanche, bah, à un moment, tu vas sauter pour laisser la place à un autre petit jeune.
Tom LERNO : Voilà, c’est exactement ça. Donc, faut toujours continuer à upgrade. Et surtout, moi, ça, c’est plus avec l’expérience et je suis suivi, aussi, par une prépa mentale. Donc, c’est l’expérience que j’ai engrangée par rapport à ça, mais faut surtout être concentré sur soi, en fait. Faut pas… Moi, je sais que, quand j’ai commencé un peu, j’avais tendance à regarder les autres, à me dire, purée, lui, il est en train d’évoluer, moi, j’ai l’impression de stagner, à vouloir me comparer et tout. Mais je pense que c’est important, et surtout pour les jeunes, en fait, de rester focus sur soi et chacun évolue à sa vitesse. C’est pas parce que, voilà, là, je sais pas, je dis n’importe quoi, t’as 17 ans, que le copain d’à côté, il court déjà 15.0 ou 5.000 et que toi, t’es bloqué à 15.30, ça veut pas dire que tu peux pas faire, après, plus tard, de grandes choses ou, en tout cas, de réaliser de beaux 5 km ou de beaux triathlons. Ça veut vraiment rien dire. Donc, franchement, là-dessus, je trouve que c’est important de rester focus et d’évoluer à sa vitesse et surtout de pas trop se prendre la tête, non plus.
Ermanno : Ouais, et puis le triathlon, c’est trois disciplines. Alors, peut-être que tu fais pas 15.0 à ton premier 5.000, enfin, à ton 5.000, à ce moment-là, mais, par contre, peut-être que toi, tu tournes les 40 bornes à 40 de moyenne, alors que ton copain, il va les tourner à 38 et, en fait…
Tom LERNO : Voilà. Non, oui, totalement. Franchement, il faut être focus sur soi parce que chacun a ses forces et ses faiblesses. Et ouais, et moi, j’ai vraiment appris que, dans le triathlon, ça peut aller très vite dans un sens, mais ça peut aller très vite dans l’autre. Et moi, j’ai eu le cas de s’aller très vite au début et essayer de très vite aller dans l’autre sens, après, où je me suis dit, limite, enfin, j’étais en train de quitter un peu le wagon, enfin, entre guillemets, et c’était pas ma faute, mais voilà, j’étais blessé, mon corps n’acceptait pas encore la charge que je voulais mettre en termes d’entraînement et j’ai eu une période, et je pense que ça, c’était dû au fait… Donc, ouais, c’était cool de venir de la natation et d’avoir des facilités comparées à d’autres triathlètes, mais par contre, ce qui était moins cool, c’est que moi, à 8 ans ou à 10 ans, je courais pas, donc j’ai pas habitué mon corps, mes tibias, à avoir des chocs permanents au niveau de la course à pied, j’ai pas habitué mon corps à avoir une certaine technique à vélo ou une certaine aisance sur le vélo. Donc, ouais, j’ai dû passer par des moments un peu plus durs, quoi, ou à essayer de comprendre pourquoi ça voulait pas, et tout simplement à développer une certaine patience et d’être indulgent avec soi-même et son corps, surtout.
Ermanno : Ouais, parce que tu l’as dit, la course à pied, on a dit en intro que la natation, c’était presque le plus ingrat des trois sports, parce que c’est là où il faut commencer tôt pour acquérir la technique, en tout cas la bonne technique, d’où on donne aussi souvent ce conseil à quelqu’un qui veut commencer le triathlon, de lui dire, écoute, prends déjà 10 cours de natation techniques en solo, comme ça, tu vas pouvoir apprendre la technique, et puis après, tu commenceras à faire du volume, faire de la vitesse, etc. Donc, ouais, la natation, c’est le côté un peu plus ingrat où il faut apprendre tôt, et puis une fois que t’as la technique, la bonne technique, faire des bornes. En revanche, la course à pied, si toi, t’as toujours fait un sport porté, mais que t’as pas fait intensivement du foot, du basket, du volley, et donc que t’as pas habitué ton corps à supporter cette charge et tous ces chocs, toutes ces vibrations, bah, ça va être quelque chose de plus qu’il va falloir que t’apprennes, d’où peut-être tes fractures de fatigue.
Tom LERNO : Ouais, c’est exactement ça. C’était tout simplement une adaptation, enfin, habituer mon corps à ces chocs, et c’était pas vraiment une question de, j’ai pas fait le bourrin à faire 100 bornes à pied, mais c’était juste, voilà, je faisais 30 km, je me blessais, c’était tout un renforcement que j’ai dû faire, et j’ai eu par contre la chance, voilà, il y a peut-être des choses qui me convenaient pas dans la structure fédérale du pôle de Montpellier, mais j’ai eu la chance de rencontrer un super préparateur physique, et ça m’a permis de faire un gros renforcement, il y avait un bon suivi aussi au niveau des kinés, médecins, donc ouais, ça m’a permis de voir où étaient mes faiblesses, de pouvoir les travailler, et d’endurcir tout simplement mon corps, quoi. Donc ouais, j’ai dû passer par, on va dire, j’ai dû entre guillemets travailler peut-être un peu plus que les autres à la salle pour pouvoir être fort physiquement tout simplement et accepter la charge d’entraînement.
Ermanno : Et tout ça en quatre ans, on le rappelle. Ou même… Ouais. En trois ans, quoi, parce que la première année, c’était un peu la partie découverte.
Tom LERNO : Ouais, c’est ça, c’est un peu ça. Après, voilà, c’était en trois ans, mais je pense que la natation, comme je l’ai dit au début, m’a énormément apporté en termes de volume, d’endurance, parce que bien sûr, après, je pense que j’ai des facilités à pied, mais voilà, j’ai dû, un peu comme tout le monde, quand même bosser la technique, savoir bien courir, être relâché, et je pense que j’ai aussi la facilité à vélo, où j’étais plutôt à l’aise sur le vélo, je n’étais pas un grand technicien, loin de là, mais je n’avais pas trop la peur de tomber ou quoi. Donc, je pense que ça m’a permis de passer les étapes un peu plus rapidement. Et après, j’ai tout simplement aussi bossé. J’ai bossé la technique à vélo, j’ai bossé la technique à pied. Enfin, au final, c’est aller vite, mais c’était aussi du travail, quoi. Ce n’est pas venu par magie, quoi.
Ermanno : C’est clair. Tu disais tout à l’heure, tu répondais à ma question quand je te demandais si tu étais pressenti, prédestiné à gagner des courses et des étapes du Grand Prix. Oui. Non, tu nous as répondu clairement. Pourtant, il y a 10 jours, 15 jours, il s’est passé un truc génial. Ouais.
Tom LERNO : Ouais, ouais, non, j’ai répondu non, parce que je pense que je ne suis pas le… Et encore maintenant, je pense que je ne suis pas le plus talentueux. Mais par contre, je pense que je suis un travailleur acharné. Et quand j’ai des objectifs en tête, ils sont bien ancrés en moi. Et je mets, on va dire, tous les moyens de mon côté pour réussir, tout en gardant en tête que ce n’est pas parce que je travaille, tout le monde a un certain niveau, et haut niveau surtout, tout le monde bosse, tout le monde fait plus de 20 heures d’entraînement par semaine. Et voilà, ce n’est pas parce qu’on va coller 25 ou 30 heures qu’on est destiné à réussir. Je pense que ça, il faut surtout en être conscient. Mais ouais, on va dire que là, sur la deuxième partie de la saison, c’est allé assez vite. J’ai fait du coup un stage à Font-Romeu du 3 août au 3 septembre. Et à la descente, du coup, à J3, il y a eu Quiberon. Donc, troisième étape du Lindals Pro Plus, donc les GP, entre guillemets. Où je fais quatrième, donc ma meilleure place. Ma meilleure place actuelle, c’était onzième, c’était à Vichy. Du coup, là, c’était ma meilleure place, quatrième, premier U23. Donc, on va dire que ça a été un peu un déblocage, surtout sur le point mental. Parce que voilà, je suis passé par… Je fais, entre guillemets, une très bonne saison. Et ma saison, pour moi, elle est réussie, quoi qu’il arrive maintenant. Mais je suis passé par une grosse déception au championnat d’Europe à Melilla, U23, du coup, où j’avais, on va dire, de grandes ambitions. Et je suis passé complètement à côté de ma course. C’est la seule de la saison où je passe vraiment à côté. Et on va dire que ça a permis…
Ermanno : On peut faire un stop là-dessus ? Ouais. Pourquoi tu passes à côté ? Enfin, c’est quoi ? C’est déjà, t’arrives, tu te sens pas. Ou dès le départ, natation, je sais pas, tu prends un coup. Enfin, qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui, avec le recul, un mois après, tu te dis, c’était pas une bonne course, tu passes à côté ?
Tom LERNO : Bah, en gros, pour remettre tout dans le contexte, je commençais la saison. Je commence par la course à Cartera. Donc, c’est ma première distance olympique. Fin mars, c’était le 29 mars, il me semble. Je fais une super course, je fais neuvième. J’échoue à une place du critère d’accès direct pour les championnats d’Europe et les championnats du monde. Donc, je fais un critère éligible, on appelle ça. Du coup, qui me permet d’être potentiellement sélectionnable aux Europes et puis au monde. Mais pas un critère, on va dire, où c’est pas discutable. On va dire que ma place est quand même discutable. Mais je fais une super course sur le point que, voilà, ça se joue au finish. Et… Je finis neuvième et puis surtout première distance olympique. Donc, on va dire, j’entame super bien la saison. J’avais fait un très bon hiver, donc j’étais quand même plutôt confiant sur mes capacités. Après, voilà, les courses se sont enchaînées. Grâce à cette course, j’ai pu avoir mon premier accès sur Coupe du monde. Donc, une Coupe du monde, voilà, qui se passe pas non plus comme je l’aurais souhaité. Si je dis pas de bêtises, je dois faire 25 ou dans les 20, en tout cas. Donc, voilà, j’attendais quand même mieux. Mais, voilà, première sur le circuit avec un peu de stress, un peu de pression. Voilà, il y a des points où… où j’ai un peu… Enfin, je suis passé un peu à côté. Puis, il y avait aussi la chaleur. On était à Samarkand, en Ouzbékistan. Donc, voilà, il y a pas mal de paramètres qui sont rentrés en compte. Après cette course, je continue à évoluer, du coup, sur les grands prix. Donc, l’Indas Pro+, je vais à Albi. Donc, c’est là où, du coup, je disais au début du podcast où je me fais saccager en natation. Donc, je loupe le premier pack, mais je lâche rien et je fais quand même 19e à la fin. Donc, une bonne place quand même pour mon club. Puis après, sans chaîne, je vais sur une Coupe d’Europe à Olten où je fais 10e. Ouais, je fais 10e. Donc, bonne course. Toujours des petits points à… En fait, chaque course que j’ai effectuée, j’avais toujours des petits points à corriger. C’était soit une mauvaise transition, soit je n’étais pas très bien placé dans le pack. Donc, je rentrais mal à T2. Donc, quand je dis T2, c’est la deuxième transition pour faire vélo-course à pied. Voilà, il y avait toujours des petits points qui n’allaient pas, quoi. Et du coup, après, je vais à Vichy. Donc, pareil, grands prix de nouveau. Là, je fais 11. Donc, je te disais que c’était ma meilleure place. Actuelle. Et là, du coup, se passe après Vichy, les championnats d’Europe où j’ai du coup été sélectionné. Donc, appel du sélectionneur. Voilà, j’ai été sélectionné. Et non, franchement, je suis arrivé vraiment au top de ma forme. Je me sentais vraiment prêt physiquement. J’avais fait un bon bloc de travail. J’avais fait quand même des courses qui m’avaient mis en confiance. Je sors de Vichy où je fais 11. Meilleure place sur mon GP actuelle. Je fais une course. Je commence à arriver à la course pratiquement pleine. Il y a toujours un petit truc à la transition qui, voilà, je ne rentre pas assez bien. Enfin, voilà. Et en fait, non, tout simplement, maintenant, je peux le dire parce que je l’ai travaillé avec ma prépa mentale et je sais d’où est venu le problème. Mais tout simplement, une mauvaise gestion du stress, de la pression. Je m’étais mis une pression monstre parce que je voulais absolument faire un podium en U23. Absolument avoir une médaille, un titre si possible. Et en fait, je suis arrivé sur la course. La course était à 20h30, donc de 8h du matin à mon réveil jusqu’à 20h30. Je me suis vidé complètement de mon énergie. J’étais en course. C’était un combat perpétuel dans ma tête à me mettre la pression. Enfin, voilà. Et voilà, une course sans énergie, il n’y a pas de secret. J’ai commencé la natation, même si je suis bon nageur, il ne s’est rien passé. Je suis sorti 32e. Puis après, voilà, c’était un enfer toute la course et je finis. Franchement, chez les U23, je dois finir dans les 20 et c’était U23 et Elite mélangé. Mais chez les Elite, je dois finir 45e. Donc ça, c’était vraiment la grosse claque. Une grosse déception ou même mentalement, c’était un peu dur de digérer. Je suis parti une semaine après en vacances. Une semaine, je n’ai rien fait. Je n’ai vraiment rien fait. J’étais dans la montagne avec ma copine et j’avais besoin de couper, de changer d’air. Et cette semaine, ça m’a permis du coup de réaliser que j’avais des faiblesses, surtout sur le point mental. Et du coup, ça a été d’être honnête avec moi-même, d’accepter aussi, parce que ce n’est pas facile de se dire je ne gère pas bien la pression. C’est toujours un peu dur de l’accepter. Mais oui, ça a été d’être honnête envers moi-même et de pouvoir du coup, une fois que j’avais… J’ai identifié le problème de le bosser tout simplement. Donc là, j’ai de la chance d’être accompagné avec ma prépa mentale qui me suit depuis que je suis rentré dans, que j’étais dans la structure de Montpellier.
Ermanno : Tu peux balancer les noms si on n’est pas à la radio. Au contraire, il faut leur rendre hommage.
Tom LERNO : Oui, elle s’appelle Autria, Autria du Noyer. Donc, c’est ma prépa mentale qui me suit depuis toujours maintenant. Et du coup, j’ai bossé avec elle. J’ai eu l’opportunité d’être sélectionné entre guillemets pour aller faire un stage à Fort-Romeu, un stage fédéral, donc en altitude. Fort-Romeu, c’est un spot d’altitude à 1008, donc un peu un camp d’entraînement où tous les athlètes de haut niveau y vont, que ce soit course à pied, triathlon, enfin bref, voilà. Donc, j’ai fait un stage du 3 août au 3 septembre. Donc, un stage qui m’a quand même bien relancé parce que voilà, c’est des conditions magnifiques, des super conditions. On a tout à disposition pour pouvoir bien s’entraîner. Donc, voilà. Et puis, j’ai eu la chance d’être invité par la FED. Et du coup, pendant tout ce stage, j’ai quand même bossé mon côté mental de comprendre pourquoi, qu’est-ce que je devais changer. Et en fait, je suis entre guillemets arrivé à Quiberon libéré et aussi en ayant conscience que j’avais fait un travail mental. Je ne savais pas si ça allait fonctionner dès la première course, mais en tout cas, j’avais fait un travail mental qui pouvait me permettre de faire une course à 100%, pas forcément espérer un résultat énorme, mais faire en tout cas une course à 100% et être libéré et on va dire exprimer mon plein potentiel. Mais en fait, c’est ce qui s’est passé et je ne l’avais pas forcément préparé. J’étais à J3. Je ne savais pas comment ça allait répondre en fonction de l’altitude. Mais du coup, comme je disais, je fais quatrième, premier en U23. Et là, du coup, ça met en confiance. Je réalise enfin entre guillemets mes capacités. Je réalise que je ne suis pas moins fort qu’un autre, que moi aussi, j’ai mes cartes à jouer. Et surtout, je réalise qu’en fait, il faut se faire confiance parce que du coup, je fais quatrième en ayant attaqué à pied. Et voilà, un peu comme à la balle où au final, j’ai attaqué et c’est passé. Donc voilà, j’ai fait quatrième. Je suis retourné à l’entraînement parce que les D1, entre guillemets, ce n’étaient pas mes objectifs principaux. Donc, je ne les ai pas forcément préparés. Donc voilà, je retourne à l’entraînement. Puis après, je vais à la balle. Et là, il se passe ce qui se passe où je gagne ma première victoire en triathlon et surtout, première victoire en Grand Prix. Donc quand même, sur le circuit de l’Indas Pro Plus, c’était incroyable parce que là, il n’y avait peut-être pas tous les internationaux, ça, c’est sûr. Mais il y avait quand même une densité monstre en termes de français. Et voilà, c’était une course qui était ouverte. Et avant le départ, je ne m’étais pas dit, je vais la claquer. Surtout que moi, maintenant, dans mon travail mental, c’est justement d’être détaché du résultat final et tout simplement de mettre en place tout ce que j’ai envie de mettre en place durant la course et de ne pas penser à ce résultat final et juste de me donner à 100 %. Et ouais, c’est ce qui s’est passé. En fait, j’ai kiffé du début à la fin. Enfin voilà, j’ai pris conscience avec tout ça que d’une, c’est du triathlon, même si ce n’est pas un sport co comme le foot ou le basket. Pour moi, ça reste un jeu. Et en fait, il faut jouer, il faut jouer, il faut s’amuser. Et si ça passe, ça passe. Si ça ne passe pas, ce n’est pas grave, c’est le sport. Et là, ça me permet, on va dire, de courir, de courir libéré.
Ermanno : Écoute, c’est super intéressant. Et puis déjà, je te remercie pour ta franchise que j’apprécie beaucoup parce que c’est rare que, surtout chez les élites, vous acceptiez cette petite faiblesse, en fait. Et tu l’as dit toi-même, ce n’est jamais facile d’accepter qu’on arrive, on n’est pas prêt, qu’on s’est mis la pression. Et pour l’avoir déjà vécu, mais moi, je ne suis pas du tout élite, mais pour l’avoir déjà vécu, tu te lèves à 8 heures et tu vas faire une course à 20 heures. Pendant 12 heures, tu crames toute ton énergie. Tu n’as plus aucun influx nerveux parce que tu crames tout en disant je vais y arriver, je ne vais pas y arriver. Qu’est-ce que ça va donner, machin, etc. Et puis là, tu es lessivé. Et pour avoir cette bienveillance envers toi-même et puis surtout, cette sincérité, cette honnêteté de te dire, en fait, c’est moi qui ai merdé. Ce n’est pas les autres, ce n’est pas la faute de trucs ou de machin. C’est moi qui, sans le vouloir, ai merdé et avoir cette clarté d’esprit, après l’avoir bossé avec ta prépa mentale, de se dire on va travailler là-dessus. Franchement, félicitations. Et puis, tu as 22 ans, donc bravo, franchement. Merci.
Tom LERNO : Après, je suis très reconnaissant d’être aussi bien accompagné que ce soit ma prépa mentale ou même ma copine qui me voit au quotidien et qui aussi a pu mettre l’accent sur certains points où j’étais dur avec moi-même, où je me mettais des fois une pression, où tout simplement, il y avait des points à travailler. Si en tout cas, si je souhaitais m’exprimer à 100 %.
Ermanno : C’est clair. Écoute, je n’avais pas forcément prévu de finir sur ça, mais je te propose qu’on n’aborde plus d’autres sujets. On reste là-dessus parce que franchement, je pense que ça mérite réflexion ce que tu viens de dire et ça force le respect.
Tom LERNO : Oui, ça marche, pas de souci.
Ermanno : Bon, je vais quand même finir avec la question signature du podcast qui s’appelle devenir triathlète. Toi qui es un jeune nouveau élite en triathlon après avoir eu une carrière en natation, ce serait quoi ton meilleur conseil pour devenir triathlète ? Que tu t’adresses à un amateur ou que tu t’adresses, tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas posé cette question-là, mais au tome de 15 ans qui se dit si j’allais voir le triathlon, ce que c’est. Ce serait quoi ton meilleur conseil pour devenir triathlète ?
Tom LERNO : Mon meilleur conseil, déjà, c’est de suivre ses envies parce que si maintenant je m’adresse aux jeunes de 18 ans qui commencent le triathlon et qui n’ont vu que de la natation avant ça, en fait, ça part d’une envie. Tout simplement une envie de découvrir autre chose, donc de se faire confiance, en fait, de se dire pourquoi pas, pourquoi pas essayer. Moi, je pense qu’il faut toujours essayer. Après, ça peut marcher, ça peut ne pas marcher. Moi, en l’occurrence, ça a fonctionné parce que je visais le haut niveau. Mais maintenant, pour un triathlète, enfin quelqu’un d’amateur qui veut juste se tester dans ce sport, moi, je trouve que c’est un sport qui est magnifique parce que c’est un sport déjà qui se pratique en plein air. Donc déjà, je trouve que c’est important d’être dehors, de découvrir des paysages et tout. Donc franchement, je lui conseillerais déjà d’aller s’acheter un vélo, même si c’est un vélo bas de gamme, de s’acheter une paire de chaussures, un maillot de bain et de foncer. Et surtout de ne pas trop se poser de questions, de ne pas vouloir suivre un tel ou vouloir devenir un tel, juste être soi-même et en fait de kiffer et de s’entourer, de ne pas hésiter à poser des questions parce que je pense que c’est important de poser des questions. C’est important de poser des questions à des personnes qui s’y connaissent et de prendre du plaisir. Et si c’est un amateur qui aime se fixer des objectifs, se fixer des objectifs à son échelle et d’essayer de les réaliser, tout simplement.
Ermanno : Écoute, merci encore pour tout ça. Juste pour finir, où est-ce qu’on te suit, qu’on t’encourage, qu’on t’envoie de l’amour via les réseaux sociaux ?
Tom LERNO : Moi, du coup, je suis sur Instagram, particulièrement sur Facebook aussi. Donc sur Instagram, il faudrait que je regarde, mais je crois que c’est Tom tiré du bas, LERNO. OK. Pour les réseaux sociaux.
Ermanno : Écoute, merci beaucoup. Prochaine étape pour toi là, que ce soit fin 2025 ou début 2026 ?
Tom LERNO : La prochaine étape, c’est la semaine prochaine. Du coup, sur la Coupe du Monde à Rome qui va se dérouler le 4 octobre, du coup. Donc samedi prochain. Et c’est aussi pour ça, du coup, que je ne participe pas à la finale du Lindahls Pro Pulse samedi, enfin demain, du coup, avec mon club. Ce sera du côté de Rome. Puis après, en novembre, du côté de l’Asie, pareil, des Coupes du Monde. Une à Miyazaki et une à Tiong-Yong.
Ermanno : Écoute, bon courage pour tout ça. Tu salueras les Romains pour moi. Tu as peut-être vu à mon nom de famille, je suis franco-italien. Donc un petit coucou aux Italiens. Et puis, fais quand même briller la bannière française en Italie. Même si je suis fier de mes origines italiennes. Vas-y, fais briller le drapeau français là-bas.
Tom LERNO : Ça marche. Je vais essayer. Ça va, on est cinq. Donc cinq chances de pouvoir essayer de briller. Donc OK. Ça marche.
Ermanno : Merci beaucoup, Tom. À très bientôt.
Tom LERNO : Yes, à bientôt.
Ermanno : C’était Devenir Triathlète x OpenTri. Merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Nous, on a pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer. Alors si ça vous a plu, vous pouvez nous suivre sur nos réseaux sociaux, Instagram, LinkedIn et Facebook. On se rejoint maintenant sur devenir-triathlète.com. Vous allez retrouver l’ensemble des épisodes, mais aussi des outils, des ressources et des conseils gratuits pour débuter, progresser ou performer en triathlon. On ajoute toutes les semaines de nouvelles ressources. Si vous avez une idée d’invité, n’hésitez pas à nous envoyer un petit message. Et si vous voulez être accompagné sur vos prochains objectifs sportifs, connectez-vous sur OpenTri.fr et on se fera un plaisir de vous aider. Alors n’hésitez pas, on se retrouve tout de suite sur devenir-triathlète.com et OpenTri.fr. Salut les sportifs.