#458 [INTERVIEW DE PRO] Olympien en 5 ans (avec Eloi Adjavon)

🎙️ Dans cet épisode, on reçoit Eloi Adjavon, un triathlète franco-togolais au parcours hors norme. À 27 ans, il découvre le triathlon… et se fixe un objectif fou : se qualifier pour les Jeux de Paris 2024.

💬 Un défi sportif bien sûr, mais aussi administratif et financier, puisqu’il n’existait même pas encore de fédération de triathlon au Togo. Eloi nous raconte :

  • Comment il a contribué à créer la fédération togolaise de triathlon
  • Les coulisses de sa préparation pour les Jeux Olympiques
  • Et surtout, ce moment unique de défiler avec la délégation togolaise sur les Champs-Élysées avant de prendre le départ du triathlon olympique

Une histoire inspirante qui parle de persévérance, de créativité et de rêve olympique… prouvant qu’avec de la détermination, on peut accomplir l’impossible.

📗 Ressources :

🏃🏼‍♀️ Notre invité :

💬 La transcription de l’épisode

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Ermanno : Salut les sportifs, juste avant de commencer l’épisode, je voulais vous partager la bonne nouvelle. OpenTri et Devenir Triathlètes sont partenaires du premier stage mixte organisé par OpenSky Moment SO Event qui se déroulera dans le Tarn du 24 au 28 septembre 2025. C’est un stage all inclusive, vous venez avec votre vélo, vos baskets, votre maillot de bain et votre combi et puis on s’occupe de vous, on vous fait dormir, manger et surtout vous entraîner avec une prestat de super qualité. Vous allez pouvoir repartir du stage non seulement avec les jambes bien lourdes mais aussi avec tout un tas d’informations pour pouvoir continuer votre entraînement et atteindre votre objectif de la saison, voire même votre objectif à long terme. N’hésitez pas à regarder dans les notes de cet épisode pour en savoir plus. Vous avez même un petit code promo que vous pouvez insérer au moment de l’inscription. Tout se passe sur le site de SO Event. Je suis impatient de vous retrouver du 24 au 28 septembre sur ce stage puisque je serai aux côtés des organisateurs. Salut les sportifs et bon épisode !

Ermanno : Salut les sportifs ! Salut les sportifs ! Salut Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir sur le podcast Devenir Très Athlète. Aujourd’hui, je reçois un sportif de haut niveau, olympien, et on va revenir avec lui sur tout ça, sur l’histoire, sur comment est-ce qu’il a atteint les Jeux Olympiques de Paris 2024. Je suis très heureux de tendre le micro à Edouard Adjavon. Salut Edouard ! Salut Ermanno ! Comment vas-tu ?

Eloi ADJAVON : Bien, bien et toi ?

Ermanno : Oui, ça va, ça va. Le démarrage était un petit peu difficile, tu vois. Il m’a fallu 9 minutes pour m’échauffer d’abord, avant de lancer tout ça, mais ça y est, on y est. Alors, pour celles et ceux qui nous regardent en vidéo sur la chaîne, sur la chaîne YouTube, vous verrez qu’Éloi arbore un beau micro, et ça, je suis content. Vous devriez avoir une bonne qualité de son. N’hésitez pas, d’ailleurs, à nous faire des commentaires là-dessus, mais c’est super sympa d’avoir un invité qui a un micro. Comment se fait-il que tu aies un micro, avant qu’on rentre dans le vif du sujet ?

Eloi ADJAVON : En fait, j’ai acheté ce micro il n’y a pas très longtemps, parce que j’aimerais bien commencer à faire un podcast. Alors, pas un podcast comme le tien, où on interview des gens, mais un podcast d’histoire, pour s’endormir le soir. Parce que moi, j’ai eu beaucoup de mal. Enfin, j’ai deux ans. J’entends beaucoup de mal à m’endormir le soir. J’ai la tête qui tourne. Enfin, je réfléchis à plein de trucs. Et j’ai découvert un podcast anglais qui fait ça, qui fait des histoires le soir, et ça m’aide à m’endormir bien. Mais je n’en ai pas trouvé un en français que j’aime beaucoup. Donc, je me suis dit, écoute, pourquoi pas le faire toi-même ? Exactement.

Ermanno : C’est le principe de, si ça n’existe pas, fais-le toi-même. Et puis, peut-être que sur un malentendu, ça pourrait super bien marcher.

Eloi ADJAVON : C’est ça. J’aimerais bien. Si ça peut aider des gens à s’endormir, ça me ferait plaisir.

Ermanno : Moi, j’avais mon prep mental. Qui m’avait donné deux, trois techniques toutes simples. On avait fait une séance de, entre guillemets, méditation guidée, où il m’avait un peu expliqué dans quelle position, dans quelle posture me mettre, dans quelle posture mentale aussi me mettre. Et après, il m’avait envoyé deux méditations guidées en format audio que j’avais écoutées. Franchement, je n’ai même pas écouté les deux. J’en ai écouté une, ça m’a suffi. Et maintenant, à chaque fois que je veux méditer, m’endormir, que je suis un petit peu, tu vois, je suis un petit peu, comment dire, perturbé le soir, soit parce que j’ai… J’ai fait du sport avant, soit prise de tête avec les enfants, mon épouse ou autre. J’essaie de me remettre là-dedans, tu vois, je m’allonge bien, je fais un peu de respiration au carré, un peu de cohérence cardiaque et ça m’aide pas mal. Mais le coup des histoires, c’est intéressant aussi.

Eloi ADJAVON : C’est un peu ça. À chaque fois, ça commence… Enfin, ces gens de podcast, ils commencent avec une petite méditation guidée, pardon, où tu travailles des travaux de respiration ou bien tu fais de l’imagination, visualisation. Et après, on te lance sur une histoire un peu endormissante comme ça, enfin, très calme, très posé. Et j’entends jamais la fin parce que je m’endors toujours. Donc, j’ai des épisodes, c’est super, ils durent une heure, mais j’écoute par tranche de 15-20 minutes et puis après, je dois revenir le jour d’avant. Alors, qu’est-ce que j’ai fait la nuit dernière ?

Ermanno : Ça, c’est… Alors, j’ai certains auditeurs qui me disent ça, qui me disent je t’ai écouté en m’endormant. Alors, quelque part, je suis content parce que, tu vois, ça veut dire qu’on est dans les oreilles de nos auditeurs même au moment de s’endormir. Et d’un autre côté, c’est ce que j’ai entendu, mais merde, mais t’as pas eu la fin. Enfin, non, mais t’inquiète, je le réécoute le lendemain quand je cours. Comme ça, j’ai une double écoute, une inconsciente et une consciente. Donc, ça, ça me plaît encore plus.

Eloi ADJAVON : C’est pas mal, ça. C’est pas mal.

Ermanno : Écoute, Éloi, on est rentré dans le vif du sujet, là, pour délirer un peu, mais ça permet aussi de briser un peu la glace. Ce que je te propose, c’est de rentrer directement maintenant dans le sujet qui nous occupe aujourd’hui. Toi, le sport, le triathlon, les JO. Donc, je te propose de te présenter. Dis-nous tout, qui est Éloi Adjavon ?

Eloi ADJAVON : Donc, ouais, moi, je suis triathlète franco-togolais. Et j’ai eu la fierté de pouvoir représenter le Togo aux JO de Paris l’an dernier. Moi, le triathlon, j’ai commencé assez tard, en 2019. Avant ça, toute ma scolarité, j’avais du coup 27 ans. 27 ans, j’ai fait mon premier triathlon à Hénin-Beaumont, dans le nord de la France, parce que je suis de là-bas. Et en fait, j’ai commencé, moi, le sport très jeune. Principalement, je faisais surtout de natation quand j’étais plus petit. À mes 5 ans. J’ai commencé. Puis, j’ai fait un peu de tout. Du foot, du basket, du volet, de la course à pied, du saut en longueur. Un peu de tout. J’aimais beaucoup. Et j’adore toujours le sport. J’adore être actif, bouger. Et pour les études, j’avais envie de faire des études de cinéma. Donc, je me suis un peu éloigné du sport en 2010, quand j’ai commencé. 2009, même. Et j’ai fait une année de fac à Strasbourg, études du cinéma. Ça ne m’a pas trop plu, parce que c’est trop théorique. Moi, je voulais vraiment faire de la pratique, réaliser des films. Donc, je suis parti aux Pays-Bas. 3 ans, faire des études de philo. Parce que je me disais, moi, j’ai envie de faire de la réalisation. Et si j’ai un peu une vision plus intéressante sur le monde, des choses à dire, ça fera peut-être des films plus intéressants. Donc, j’ai fait 3 ans d’études de philo aux Pays-Bas. Puis, j’ai voulu rentrer dans une école de cinéma, mais je n’ai pas été pris. Et je n’avais pas de plan B. Donc, j’ai été bosser un an dans un pub irlandais, dans le nord de la France. Après ça, j’ai retenté une école. Je n’ai pas été pris. J’avais encore pas de plan B. Donc, j’ai rebossé un an dans ce même pub. Et puis, après, j’ai été faire 3 ans d’école de cinéma, cette fois-ci en Belgique. Et en fait, pendant tout ce temps-là, du moment où j’ai commencé les études aux Pays-Bas jusqu’à la Belgique, j’avais des envies de bouger, d’être à l’extérieur, d’être dehors, vraiment d’être actif et pas toujours être assis dans une salle de classe, même si j’adorais ce que je faisais. Notamment les études de cinéma, on avait quand même assez de pratique, ça me plaisait beaucoup. Mais en fait, je me souviens, c’est particulièrement les jours d’hiver où les journées sont courtes. Donc, tu ne profites pas. Tu profites beaucoup de l’extérieur et le seul moment où tu vois de la lumière et du soleil, toi, tu es assis à l’intérieur dans une salle de cours. Moi, ça me frustrait énormément. Avant l’école de cinéma, j’avais en tête de faire un tour du monde à vélo. À ce moment-là, je regardais beaucoup de vidéos de bikepacking, des ultras, la transcontinentale qui commençait à se mettre en place. Et donc, quand j’ai été pris à l’école de cinéma, c’était un drôle de sentiment parce que d’un côté, j’étais content d’avoir enfin réussi à atteindre cet objectif et d’un autre côté, je me disais, mince, du coup, je ne vais pas faire mon tour du monde. Le monde à vélo, bon, ce n’est pas grave. Toujours est-il qu’en 2018-2019, l’hiver, tu étais à la montagne avec des amis et la famille de ma copine. Et en marchant, en randonnant, je me suis dit, bon, là, il y a vraiment quelque chose qui se passe quand tu es dehors, quand tu es actif et il faut que tu l’écoutes. Et je me suis dit, bon, écoute, tu as toujours eu ce rêve d’aller aux Jeux Olympiques. Tu as 27 ans, bientôt 28 ans. Si tu ne te lances pas maintenant, peut-être que tu ne te lanceras jamais. Donc, plutôt que d’avoir des regrets, tente la chance. Et si ça marche, tant mieux, ce sera génial. Et si ça ne marche pas, au moins, tu auras essayé et tu sauras que tu ne resteras pas le reste de ta vie à te dire et si, et si, et si.

Ermanno : Il vaut mieux avoir des regrets qu’à des remords.

Eloi ADJAVON : Exactement. Donc, voilà, j’ai choisi le triathlon. À chaque fois, on me pose la question pourquoi, je ne sais pas trop dire pourquoi. Parce que je sais juste que j’ai entendu parler du triathlon lors d’une conversation. Avec des amis, on cherchait les courses les plus difficiles du monde. Et puis, il y en a qui disaient, ouais, il y a un ultramarathon qui se court dans le désert. Ouais, il y a, je ne sais pas, des trucs de Spartan Race où tu cours, tu sautes, tu machins, tu trucs. Et quelqu’un qui a dit, non, il y a un truc, c’est l’Ironman, tu vois. C’est d’abord, tu nages, ensuite, tu roules, ensuite, tu cours. Et c’est un truc de ouf. Et à l’époque, je m’étais dit, bah, ça, je le ferai un jour, quoi. J’ai obligé, je le ferai un jour. Et bon, ce n’était pas Ironman, le truc. Mais je me suis dit, bon, triathlon, pourquoi pas, ça me tenterait bien. J’ai toujours nagé. Le vélo, j’aime beaucoup. Et puis, la course à pied, on va dire que je pourrais m’y mettre. Donc, j’ai tenté le premier triathlon en 2019. Je m’étais entraîné un petit peu. J’avais fait le 20 km de Bruxelles en préparation. Et donc, je fais ce triathlon à Hénin-Beaumont. Je termine 77e. Alors déjà, en rentrant dans l’eau, je me suis dit, bon, normalement, il n’y a pas de problème. Je viens de la natation, il n’y a pas de souci. Mais en fait, moi, j’ai toujours fait des 50 et des 100 mètres. Donc, je suis plutôt explosif. Plutôt sur du sprint, quoi.

Ermanno : Rappelle-moi, il faudrait que je te raconte une anecdote sur mon fils. Mais vas-y, je te laisse finir.

Eloi ADJAVON : J’avais jamais nagé en eau libre. J’avais jamais nagé en combinaison néoprène. Et voilà, j’avais jamais fait, en fait, un départ de triathlon. En plus, là, c’est un truc dans une petite maracanare comme ça, où on est en départ derrière une ficelle. Et puis, il y en a qui débordent à droite, qui débordent à gauche, comme souvent dans les triathlons régionaux. Et d’un coup, go, c’est parti. Et il se fait que ce jour-là, l’eau était assez fraîche. Donc, je plonge, je commence à nager. Et là, je n’arrivais pas à respirer. Et je me suis retrouvé à faire de la brasse, en fait, pendant 15-20 mètres, avant de me dire, OK, c’est bon, là, tu t’y remets. Et ça a été une vraie claque, en fait, parce que je me suis rendu compte que ce n’est pas du tout pareil que de nager tout seul, peinard, dans une linde d’eau et faire 50 mètres à fond sans regarder où tu vas, quoi. Et bref, donc voilà. Donc, je fais ce triathlon-là. Je me dis, OK, c’est super cool.

Ermanno : Ça, c’était quelle distance ? C’était un S ou un M ?

Eloi ADJAVON : C’était un S, ouais. Ouais, c’était un S, donc tu avais 750 de natte et puis 20 de vélo et après 5 kilomètres à pied, là. Et à la fin de ça, je me dis, OK, banco, let’s go, tu vois. Pourquoi pas, quoi, on va essayer. Et donc, voilà, c’est là où je me dis, OK, je vais faire du triathlon et je vais essayer de me qualifier pour les Jeux. Et à l’époque, j’étais très, très, très naïf parce que déjà, je ne savais pas du tout comment ça marchait, la qualification olympique et encore moins la qualification olympique pour le triathlon. Et j’avais dit à mes profs à l’école de cinéma, je vais prendre une… Une année, voilà, je vais m’entraîner à fond et je vais voir si je peux me qualifier pour Tokyo. Mais puis, bon, si j’ai réussi, j’y vais, je reviens, ça sera génial et puis on reprend les études. Tout le monde disait, ah, c’est super, c’est très bien, super, vas-y. Et donc, très vite, j’ai compris que ça n’allait pas être possible parce qu’il n’y avait pas de fédération de triathlon au Togo. Donc, autant dire

Ermanno : que je ne pouvais pas faire de course à l’international du tout. Mais, attends, parce que tu vas trop vite, mais la question, là, c’est, tu veux te qualifier pour les Jeux olympiques ? OK. Bon, j’adore cette innocence et ce…

Ermanno : Je parle souvent dans mes podcasts et même ailleurs de Nicolas Guionneuf qui est le producteur du podcast, le Let’s Trail podcast, donc un podcast qui parle de trail. Et sa devise, c’est si vous pensez que c’est impossible, faites-le pour vous prouver que vous avez tort. Et tu vois, cette innocence de se dire bah, en fait, c’est cool, je m’éclate, je vais aller au JO, bon, j’adore ça. Mais, au-delà de ça, pourquoi tu te dis, enfin là, tu nous dis, c’était pas possible parce que pas de fédé de triathlon au Togo, mais en fait, pourquoi tu te dis Togo ? Et pourquoi pas, avec la France, t’es franco-togolais ? T’aurais pu tenter avec la France ?

Eloi ADJAVON : Bah, je savais, je savais, en fait, la première raison, c’est que je savais que ça allait être plus compliqué si je tentais avec la France, puisque moi, je partais de absolument rien. Et on m’avait déjà dit qu’en France, il y avait quand même du gros niveau. J’avais commencé à regarder un peu les vidéos de triathlon sur YouTube, comme ça, et à l’époque, bah, il y avait Vincent Louis, principalement, qui dominait tout. Pierre Lecor, je connaissais pas encore trop, mais Léo Berger, tous ces gars-là qui étaient déjà bien, bien avancés sur les positions de triathlon française. Donc, ça, c’était une des premières raisons pour lesquelles je me suis dit, bah, pourquoi pas faire le Togo ? Aussi parce que en 2012, je pense, pendant les Jeux de Londres, j’étais tombé par hasard, comme ça, dans la télé, et j’avais vu une qualification natation. Et il y avait une athlète togolaise de 13 ans qui faisait le hit de qualification, quoi, les éliminatoires. Et j’ai vu ça, et je me suis dit, mais si elle est liée, il n’y a aucune raison que moi, je ne puisse pas y être. Je suis togolais, elle est togolaise, elle est au jeu, je suis togolais, je devrais pouvoir être au jeu, je fais de la natation, why not, quoi. Et je pense que ça, c’est resté un peu, quelque part, au fond de la tête, là. Et ça fait que quand je me suis dit ça en 2019, donc il y avait déjà le fait que je me suis dit, il sera peut-être plus facile qu’avec la France, parce qu’après, à ce que je savais, il n’y avait personne. Et aussi parce que je me suis dit, mais en fait, il y a quelque chose de cool. À l’école de cinéma, on parlait beaucoup de représentation, du fait que, bah, on a l’impression que le monde est d’une certaine manière, parce que c’est ce qu’on voit à la télé, parce que c’est ce qu’on voit dans les séries, parce que, etc. Alors qu’en fait, ça, c’est une version, ou c’est une vision du monde. Et c’est quelque chose que une personne nous montre, de ce que cette personne-là, comment cette personne-là envisage le monde. Et on a beaucoup eu des discussions avec une amie en particulier, de l’importance de mettre dans nos films des personnes qu’on n’a pas l’impression, qu’on n’a pas l’habitude, pardon, de voir à l’écran. Et c’était un peu la même idée qui m’a poussé à vouloir représenter le Togo, en me disant, bah, ce serait cool qu’il y ait plus d’athlètes dans le triathlon d’origine africaine, en dehors des Sud-Africains et des Marocains, et des Tunisiens aussi, qu’on voit beaucoup. Et donc, bah, si je peux réussir à me qualifier pour le Togo, peut-être que ça pourra en inspirer d’autres, d’athlètes togolais ou d’autres continents, d’autres pays en Afrique, pardon, de tenter leur chance, que ce soit dans le triathlon ou dans un autre sport, quoi. Donc, il y avait cette…

Eloi ADJAVON : ce volet-là aussi, qui s’est ensuite développé un peu plus dans l’idée de, bah, d’essayer, à ma manière, et à ma petite échelle, d’influencer ou de contribuer au mouvement sportif togolais, quoi. Me dire, bah, si je réussis à me qualifier, peut-être que ça pourra inciter à, peut-être, plus d’investissement de la part des instances, des autorités togolaises, plus de visibilité, plus de… Ouais, à travers cette visibilité, plus de jeunes qui se disent, ouais, c’est cool, j’aimerais faire pareil, quoi. Parce que je suis convaincu qu’on a du talent au Togo aussi. On n’a peut-être pas, juste pas la notion d’essayer le truc, quoi. Bref. Donc, c’est un peu ces deux raisons-là, surtout, qui m’ont poussé à vouloir représenter le Togo.

Ermanno : C’est clair. Moi, tu vois, quand on parle de sportifs africains qui s’engagent sur des disciplines sur lesquelles ils ne sont pas habituellement engagés, ça me rappelle ce nageur, je crois, camerounais. Il me semble que c’était… Non, c’était pas à Londres. C’était

Eloi ADJAVON : à Rio, je crois. Ouais, ouais. J’oublie son nom, mais il y a ces images magnifiques où on le voit nager tout seul dans la piscine. C’est ça, ouais.

Ermanno : Qui, en fait, s’est qualifié avec sa fédération, mais il avait absolument pas le niveau. À l’époque, des nageurs olympiques, mais en revanche, ils ont joué avec les règles qui sont définies, les mêmes pour tout le monde, et c’était le seul athlète de la fédé, et il a pu y aller. Et on s’est rendu compte, quand il s’est mis dans l’eau, qu’il ne savait pas nager le crawl. C’est ça. Quelque part, c’est risible, mais en fait, moi, je trouve ça génial, parce que tu le dis, c’est la représentation des athlètes. Alors, pour le coup, c’était… Je crois que c’était un camerounais. Pour le coup, c’était un athlète africain, mais ça aurait pu être un asiatique, ça aurait pu être un athlète d’Amérique du Sud. On en revient aux sources, aux bases même de l’olympisme, c’est-à-dire donner la possibilité à tous de concourir au plus haut niveau.

Eloi ADJAVON : Oui, c’est ça. Et je pense, de toute manière, dans le sport, à un moment donné, il faut savoir être lucide, et dans toute compétition, tout le monde ne fait pas la même course, finalement. On vient tous faire le même événement, mais il y a un certain nombre de personnes qui savent qu’ils jouent le podium, il y a un certain nombre de personnes qui savent qu’ils jouent un top 10, il y a un certain nombre de personnes qui veulent finir la course, et je pense que chacun, à son échelle, réussit ses objectifs. Il ne faut pas forcément dire que l’un est mieux que l’autre, et de cette manière-là, moi, ce que je trouve très beau dans cette histoire de ce nageur-là, c’est qu’il a fait le tour du monde, et je pense que c’était même avant, c’est vieux, je crois que c’est dans les débuts 2000 ou avant, on en parle toujours, quoi. Parce que j’ai des images comme ça qui me viennent, et j’ai l’impression que c’est assez vieux. Mais voilà, on en parle toujours, et ça, il a certainement inspiré, énormément de monde, ou en tout cas, il a fait parler. Et ouais, je pense que ça a touché des gens, et je pense que c’est très parlant aussi, quoi. Soit tu… Enfin, parce qu’au final, il y a un champion olympique, et donc si il n’y a que ça qui compte, en triathlon, par exemple, il y a 54 gars où on s’en fout de ce qu’ils ont fait, quoi. Mais je trouve que c’est pas tout à fait ça, et je pense que c’est pas ça, les valeurs de l’olympisme, comme tu dis.

Ermanno : C’était Eric Moussambani. Moussambani, c’est ça. Et c’était au JO de Sydney, donc effectivement, 2000.

Ermanno : Magnifique, magnifique. Revenons à toi, quand tu as dit ça, à ton école de ciné, que t’allais prendre un an pour t’entraîner à fond, et tenter les JO pour le Togo, en représentant Togo, pour le coup, est-ce qu’au moins l’idée d’un film, d’un documentaire, t’est venue

Eloi ADJAVON : à l’esprit ? Ouais, tout à fait. En fait, c’était ça, on avait parlé de ça. Pardon. Moi, j’avais dit, on pourra essayer, en même temps, de documenter ce processus. Moi, ce que je voulais vraiment, ce que j’avais imaginé, c’était un film qui montrait vraiment, ou la question, c’était qu’est-ce que ça fait, vraiment, à une vie, à une personne, à un couple, à une famille, à des amis, enfin, un groupe, et les gens qui gravitent autour d’une personne, qui tentent de se qualifier pour les JO. Qu’est-ce que ça demande, en fait ? À quel point est-ce que tu dois changer tes habitudes ? Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement, en termes d’entraînement ? Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement, en termes de nutrition ? Enfin, il y avait aussi plein de choses que je ne savais pas du tout qui allaient se produire. Enfin, des trucs débiles, je parle souvent de la lessive. C’est futile, mais quand tu t’entraînes deux à trois fois par jour, tous les jours de la semaine, à un moment donné, c’est un truc que tu dois organiser.

Ermanno : C’est clair. Soit tu dois avoir 15 exemplaires de tes fringues, soit tu fais une tournée tous les jours pour laver toutes tes fringues de la journée.

Eloi ADJAVON : Voilà, c’est ça. Et du coup, quand tu habites à Lille, où il ne fait pas forcément toujours très chaud à l’extérieur, et que tu as un petit appartement, c’est une logistique. Donc ça, c’est un petit exemple, mais il y avait plein de ce genre de choses. Je me dis, il y a forcément plein de choses qu’on peut apprendre sur la réalité de ce que ça veut dire, parce que c’est vrai que quand on pense athlète olympique, on pense à la course qu’ils font, on pense aux Jeux, on pense à la gloire, on pense à tout ça, mais on ne se dit pas, ça veut dire quoi au jour le jour, dans leur vie, ça veut dire quoi par rapport à leurs relations qui sont peut-être fortes au début, mais qui, avec l’entraînement, peut-être peinent un peu, puisque il n’y a plus assez de temps pour voir les amis, il n’y a plus assez de temps pour si, etc.

Ermanno : Je t’en remercie de mettre ce sujet-là sur la table. À chaque fois que je peux le placer, je le fais. J’ai produit aussi, là il est un peu en pause, mais j’ai produit un autre podcast qui s’appelle Dans les vestiaires, où l’objectif, c’est de comprendre comment est-ce qu’on construit et qu’on vit d’une carrière de sportif de haut niveau. J’y ai reçu des triathlètes, hommes et femmes, mais j’aimerais revenir sur ce que tu as dit, c’est-à-dire, on a cette impression que les athlètes olympiens, ou ceux qui vont au championnat du monde dans leur discipline, sont des gens qui sont blindés, qui s’éclatent, qui font ce qu’ils ont toujours eu envie de faire, et qui sont en vacances toute l’année. Alors, un, je rappelle que faire du sport, surtout à haut niveau, c’est un travail, donc même si tu t’éclates, ça reste un job, et ensuite, il y en a très, très, très, très peu quand ils ne sont pas footballeurs, ou basketteurs, ou golfeurs, ou tennismen, qui vivent de leur sport. Et une des activités qui est non négligeable dans la vie d’un sportif de haut niveau, c’est d’aller chercher des partenaires. Et ce temps, pour aller chercher des partenaires, qu’ils soient financiers ou matériels, c’est du temps en moins sur la récup, donc c’est de la qualité d’entraînement qui est dégradée. C’était juste la petite parenthèse que je voulais faire, mais vu que tu avais abordé ce sujet, je voulais en rajouter une couche.

Eloi ADJAVON : Ah bah carrément, et même si je peux y aller un petit peu plus loin, moi, quand j’ai dû, à deux reprises, faire des campagnes de crowdfunding, financement participatif, pour la qualification, une fois pour acheter un vélo, une fois parce qu’il me manquait des sous pour terminer la phase qualificative, et j’étais choqué de voir à quel point il y avait déjà sur ces plateformes, des cagnottes, d’autres athlètes de haut niveau, de pays, où tu te dis, si t’es athlète de haut niveau en France, aux Etats-Unis, en Angleterre, normalement c’est bon, t’es couvert, moi c’est comme ça que je l’imaginais. Que dalle ! Il y en a qui ont des records du monde, ou des championnats d’Europe, ou des championnats du monde à l’heure active, mais ils ont quand même besoin d’aller faire des campagnes de Kickstarter, de crowdfunding pour aller au jeu. Et c’est vrai que je pense qu’il y a très peu d’athlètes, surtout dans le triathlon, qui vivent vraiment pleinement de leur sport, et après, beaucoup d’athlètes qui essayent de survivre et d’aussi performer, et c’est pas toujours évident à réussir.

Ermanno : Revenons un petit peu sur ton voyage, parce que du coup, je t’ai fait perdre le fil, je pense, avec mon insertion barbare. Donc toi, t’as eu envie de documenter tout ça, pour voir un petit peu quel était le quotidien d’un ou d’une athlète, et en particulier de haut niveau, ou en tout cas qui se destine à être sportif de haut niveau. Donc t’as eu envie. Est-ce que tu l’as fait ? Est-ce que tu l’as documenté ? Est-ce que c’est disponible quelque part ? Est-ce qu’on peut suivre toute cette histoire ?

Eloi ADJAVON : Alors j’avais commencé à faire une chaîne YouTube où on avait donc, c’était ma copine que j’ai rencontrée à l’école de cinéma, et elle aussi avait voulu, à ce moment-là, faire une pause de ses études. Donc c’était la fin de la licence, donc on a eu notre licence, et on s’est dit, moi je m’étais dit, au lieu de me lancer tout de suite dans le master, ce qui fera que, quand j’aurai terminé le master, ce sera le moment de se lancer dans le professionnel, et là ça va commencer, et ce sera trop tard pour, on va dire, faire du tri. Donc je me suis dit, licence c’est parfait, on fait une petite pause, et comme ça je reviendrai, et on reprend les études de master. Et elle, elle ne voulait pas faire le master, parce que ce n’était pas des projets qui lui parlaient, elle voulait se mettre à travailler, et puis on s’est dit, bah tiens, ce serait cool, on fait ce film ensemble, toi tu filmes, moi je fais le truc, et puis on fait un truc. Donc on a commencé d’abord par une petite chaîne YouTube, et je pense qu’on a dû faire 6 ou 7 vidéos, et en fait, je pense que ce n’est pas très dans ma nature, de dire, je fais ça, je partage ci, je partage ça, et aussi, c’était tellement un gros projet à envisager, de filmer sur 4-5 ans, qu’on ne savait pas trop dans quelle direction aller, on n’avait pas trop, donc la chaîne YouTube, elle a un peu, enfin elle s’est arrêtée, mais on a continué à filmer un petit peu, à gauche, à droite, ici et là, sur des compétitions, et au fur et à mesure, jusqu’au jeu, et même un petit peu après, et toujours en train de chercher quel est le film qu’on veut raconter en fait, est-ce que c’est, qu’est-ce que ça fait sur moi, est-ce que c’est, qu’est-ce que ça fait sur notre couple, est-ce que c’est, comment elle, elle le vit, parce que du coup, ça a évolué au fur et à mesure du temps, donc pour l’instant, on a beaucoup de rush, mais on n’a pas encore de film monté, donc c’est un projet qui, voilà, pareil, est un peu en cours, un peu en gestation, mais la seule chose qui est visible pour l’instant, c’est les 5-6 épisodes sur YouTube, et le projet, il faut qu’on le monte, il faut qu’on trouve l’axe, il fera que ce soit une histoire intéressante à raconter. Excellent.

Ermanno : Remarque, c’est un bon plan d’avoir des proches, et en particulier, pour le coup, ta copine, qui va pouvoir filmer quand tu, au quotidien, parce que c’est vrai qu’il y a toujours un peu cette scénarisation de je suis sur une compétition, je suis en train de m’entraîner, je suis beau, je suis en train de méditer, et ça, c’est un truc, je me souviendrai toujours que mon préparateur mental m’a dit, je ne supporte pas les gens qui apparaissent en photo alors qu’ils sont en train de méditer, parce qu’en fait, si tu es en train de méditer, tu ne peux pas te prendre en photo ou demander à quelqu’un de te prendre en photo puisque tu médites, donc tu n’es plus là. Oui,

Eloi ADJAVON : c’est clair.

Ermanno : Mais en revanche, avoir quelqu’un qui vit avec toi au quotidien et qui va potentiellement avoir ce réflexe de dégainer le téléphone, dégainer la caméra, dégainer la GoPro, dégainer tout le matos de cinéaste avec une caméra plus chère que ton vélo, bref, mais parce que finalement, comme ça fait partie de ton quotidien, au bout d’un moment, tu fais abstraction de tout ça et tu n’es même plus en train de jouer, tu es plus dans un jeu d’acteur, tu vis juste ta vie et puis tu as l’habitude que ton plus sain, ta plus sain dégaine l’appareil, quoi. Et c’est ça, et du coup, ça doit donner des rushs hyper honnêtes, sincères, après, il faut trouver la ligne éditoriale, quoi. Oui,

Eloi ADJAVON : c’est ça, exactement. Il y a des rushs assez intéressants où on se voit un peu se prendre la tête sur des trucs bêtes à une compétition, je suis en train de préparer mon vélo et puis ça dure éternellement et puis je suis en train de pinailler sur les détails comme ça et puis je filme et puis elle dit bon, ça fait quand même une heure qu’elle était dessus, il est prêt là, non ? Et moi je dis mais non, regarde, ça frotte encore un peu, il faut que je fasse ci et donc il y a des échanges vraiment naturels

Ermanno : parce que t’as pas un mécano ? Non mais loin ? T même pas un mécano à titrer mais c’est quoi cette vie de sportif de nouveau ? On déconne, évidemment.

Eloi ADJAVON : Ah, ce serait cool.

Ermanno : Tu sais, ça me fait penser à Aurel San et son frère qui, en tout cas pour la première partie de son film, qui filmait tout, tout le temps et effectivement, il a dû avoir 15 ans de rush et pour faire un tri dedans, ça devait être une histoire de malade mais en revanche, quand tu le regardes, oui, ça fait un peu amateur comme film mais c’est ça en fait et c’est partager la vie de celui qui est devenu Aurel San et donc ça doit être sympa de partager les rushs de celui qui est devenu athlète olympien en 2024.

Eloi ADJAVON : Ouais, j’espère qu’on réussira à en faire un film qui se regarde de début à la fin.

Ermanno : Attends pas aussi longtemps que le frère d’Aurel San par contre.

Eloi ADJAVON : Ouais, non, heureusement, il n’y a pas 15 ans de rush à faire, ça va pas faire une série. Elle était très bien d’ailleurs cette série.

Ermanno : Et du coup, revenons sur le parcours, donc un jour, tu te dis premier triathlon et d’un beau mot, génial, c’est ce que je veux faire, je veux aller aux Jeux Olympiques, allez, je vais opter pour la carte de ma deuxième nationalité, ok, mais alors c’est quoi le chemin pour faire tout ça ?

Eloi ADJAVON : Donc ça commence donc effectivement déjà par trouver la fédération de triathlon qui n’existe pas, donc beaucoup de mails vers le comité olympique togolais, des mails vers la fédération internationale de triathlon, des mails vers Africa Triathlon.

Ermanno : Tiens d’ailleurs, je me permets, je te coupe, mais, au Togo, tu dis des mails vers la fédération olympique togolaise parce qu’il y a d’autres sports qui sont représentés pour le Togo au JO. Tu parlais de la natation quelques années avant, mais…

Eloi ADJAVON : Il y a souvent, donc il y a natation, athlétisme, on a eu, dans les Jeux derniers, on avait une fille qui faisait de l’aviron et moi qui faisais du triathlon, avant ça, on avait quelqu’un qui faisait du ping-pong, un athlète qui faisait du ping-pong, un boxeur, avant ça, je crois, il y avait encore surtout des athlètes, athlétisme, mais donc, il y a d’autres sports qui sont représentés, il y a d’autres fédérations, on a même eu une athlète qui fait du ski, qui est comme moi aussi franco-togolaise et qui s’est qualifiée pour les Jeux d’hiver à deux reprises et faire du ski de fond, les courses un peu marathon. Donc, il y a d’autres fédérations, mais il n’y avait pas de fédération de triathlon. Et donc ? Donc, on m’a proposé à un moment donné, on m’a dit, sinon, si tu veux, il y a une fédération de plein tâtelons modernes, c’est à peu près pareil, tu vois, tu remplaces juste ton vélo par du cheval, mais en vrai, ça se fait, tu vois.

Ermanno : Puis, il y a juste 10 épreuves, quoi. Ouais, c’est ça. Donc,

Eloi ADJAVON : j’avais dit, non, non, mais je vais essayer quand même le tri. Donc, on a dû, j’ai eu la chance d’être en contact avec un directeur administratif là-bas qui m’a aidé à mettre en place la fédération. J’ai dû faire faire la nationalité parce que je ne l’avais pas officiellement. Je suis né au Togo, mon père est togolais, mais on n’a juste jamais fait la nationalité. J’avais le passeport français depuis toujours et on n’avait pas pensé à faire le togolais. Donc, j’ai dû faire faire ça et après, en fait, j’ai dû apprendre à faire du triathlon. J’ai dû apprendre à comment ça marche de nager en eau libre, comment ça marche de faire des transitions, quels sont les différents éléments de ton matériel, commencer de rouler en peloton, de jouer un peu les techniques, les stratégies et puis, qu’est-ce que ça fait de courir après avoir fait tout ça, quoi.

Ermanno : Mais il y a quand même entre ton premier tri S à Hénin-Beaumont où tu sais à peine nager en eau libre, entendons-nous bien parce que tu étais nageur, je vais aller au JO, quoi. Arrête-toi vraiment là-dessus, s’il te plaît, mais raconte-nous. Dans l’idée, tu vois, encore une fois, si ce n’est pas possible, fais-le pour te prouver que tu as tort, quoi. Je suis sûr qu’il y a beaucoup d’auditrices et d’auditeurs qui nous écoutent qui se disent, moi aussi, je vais aller au JO. Eh bien, vas-y, sors-toi les doigts. Et puis, à l’époque, tu avais déjà plus de 25 ans ? 27 ans. 27. Donc, 27, ça doit être la moyenne d’âge du haut du panier des plus vieux triathlètes au JO. Enfin, là, à Paris, tu avais 32 ans, tu devais être le plus vieux, quoi. Oui,

Eloi ADJAVON : c’est ça, exact. C’est ça qui m’a fait me dire, c’est maintenant ou jamais, quoi, parce que si tu commences plus tard, ça va être vraiment, vraiment chaud, quoi. Mais d’ailleurs, cette question dans ma tête, je l’ai eue à plusieurs moments, mais pas aussi positive, en fait, mais qu’est-ce que tu fais, en fait ? Parce que j’ai fait des courses où je pense souvent à une course, une finale de Détroit qui se passait quelque part dans le Jura, je pense, où il y avait un peu de, c’était un peu vallonné le parcours vélo. Et moi, je viens du Nord, donc on roule toujours sur du plat et il n’y a pas de technicité, je n’étais pas très technique. Donc, en fait, dans les montées, j’en souffrais et dans les descentes, j’étais trop heureux et je freinais trop, tout le monde me dépassait. Donc, en fait, je finis la course, je ne sais pas, 65 ou 66, enfin bref, au-delà de ça, je m’en fous quoi, parce qu’entre 70 et 50e, c’est pareil. Et je suis en train de courir et faire le 5 km et je me dis, mais toi, toi, tu veux aller aux Jeux Olympiques. Tu es là, là, et toi, tu penses que tu veux aller aux Jeux Olympiques. Et c’est vrai que ça a été un assez gros combat mental dans la durée de rester motivé, de rester à croire que c’était possible quoi. Parce qu’il y a, en fait, pour la qualification, pour les Jeux, il y a plein de, enfin, il y a plein. Il y a plusieurs chemins possibles. Donc, déjà, il y a deux classements dans World Tri. Il y a le classement olympique et le classement mondial. Le classement mondial, plus ou moins toutes les courses donnent des points pour ça. Et le classement olympique, il ouvre deux ans avant les Jeux, donc ils viennent. Et il y a certaines courses qui donnent des points pour ce classement-là. Donc, soit tu te qualifies via le classement olympique, souvent, c’est ceux qui sont dans le top 30 normalement. Donc, c’est ceux qui font les WTCS, les World Cup et choses comme ça. Soit tu te qualifies via le ranking mondial. Et donc, moi, en l’occurrence, c’était mon cas. Il fallait que ma condition pour me qualifier, c’était de rentrer dans le top 180 du classement mondial. Donc, en fait, déjà, il y avait une autre place que je pouvais prendre. C’était la… Ça s’appelle les New Flag. Donc, en fait, pour chaque continent, il y a un dossard chez les hommes, un dossard chez les femmes qui s’appelle le New Flag. Et donc, la condition, c’est top 180 et être le ou la première au classement continental derrière tous ceux qui sont déjà qualifiés. Donc, en Afrique, pour nous, par exemple, c’était être le premier qui n’est ni marocain ni sud-africain. Donc, moi, je visais ça à la base. Mais bon, ça ne s’est pas fait parce que j’ai raté une course à cause d’une organisation logistique et tout avec ma fédération. Bref. Et donc, j’étais un peu trop loin. Mais par contre, j’avais encore une chance. C’était la place de l’universalité. Et donc, il y a deux dossards dans le monde pour cette place-là, ces places-là. Et donc, c’est… Critère top 180 et que ton pays soit éligible. Donc, moi, mon objectif, c’était ça. C’était d’être dans le top 180 mondial. Donc, même quand je faisais ces courses, donc ça, c’était en France, donc ça n’a rien à voir avec la qualification. Mais en gros, je me disais, mais t’étais nul, quoi. Qu’est-ce que tu fais ? Mais du coup, pendant tout le processus de qualification, moi, tant que j’avais une possibilité encore de marquer des points sur les coupes internationales pour rentrer dans ce top 180, je me disais, ça ne sert à rien d’abandonner, Il faut essayer, quoi. C’est vraiment là. De plus, du fait qu’à la base, je pensais que j’allais à Tokyo et que finalement, ça allait être Paris. Moi, j’avais 4 ans de plus, 3 ans de plus, puisque c’était en 2021. Et ça fait que, comment dire, ça fait que j’avais ce temps-là en plus pour vraiment… Non, pardon. Ça fait que quand je me suis lancé et que j’ai dit, OK, on fait pour Paris, pardon, je me mélange, mais j’étais à 100%. C’était OK. Bon, bah, écoute, c’est plus une année de césure, on va à Tokyo et puis on rentre faire des écoles de cinéma. C’est un projet, tu t’y donnes à fond et tant qu’il y a une possibilité, t’y vas, quoi. Donc, ouais, donc tout ça pour dire que, ouais, ce truc, moi, je pense souvent à cette phrase où je ne sais plus qui l’a dit, mais il ne savait pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. C’est un peu la même idée, quoi. Et je pense que c’est un peu ça. J’avais un peu cette naïveté au tout début et après, j’y croyais un peu parce que j’ai quand même, j’ai été faire du coup des tests d’effort à l’hôpital pour mesurer VO2 et tout ça et les chiffres n’étaient pas mauvais, quoi. C’était, OK, bon, tu ne t’entraînes pas encore beaucoup, mais tes chiffres sont corrects, il y a peut-être moyen, mais il faut que tu atteignes ça et ça et ça et puis on verra. Donc, je ne partais pas non plus de rien du tout et puis j’ai fait du sport toute ma jeunesse, donc j’avais un peu ce background qui restait malgré 10 ans, 10 ans sans sport. Donc, c’était naïf et optimiste, en fait, en même temps, quoi. Enfin, je me suis dit, essaye, quoi. Essaye, on verra bien.

Ermanno : Tu sais quoi ? Je vais prendre l’épisode. Avant même qu’il sorte, je vais l’envoyer à mon fils et je vais lui dire, tu vois, tu as 27 ans, tu as la nationalité malgache, tu as la nationalité italienne et tu as la nationalité française, choisis celle que tu veux, mais va au JO, bonhomme.

Eloi ADJAVON : Ah ouais, bah ouais, franchement, mais en fait, comment dire ? Encore une fois, comme je disais tout à l’heure que tout le monde ne fait pas la même course, c’est-à-dire qu’il y a le champion olympique et puis après, il y a le reste, concrètement, enfin, on peut le voir comme ça ou alors, il y a 55 athlètes pour le triathlon qui sont aux Jeux olympiques, enfin, qui sont aux Jeux olympiques, alors qu’ils finissent à course, ils ne finissent pas à course, ils finissent premiers, ils finissent derniers, ils finissent au milieu, enfin, ils sont aux Jeux olympiques, quoi. Donc,

Ermanno : juste le fait d’aller au JO et de prendre un départ, en soi, c’est déjà une consécration. Alors, forcément, le podium va te dire, moi,

Ermanno : 0,01% des gens qui réalisent un rêve, en l’occurrence, d’être olympien. Ouais,

Eloi ADJAVON : c’est ça, c’est ça. Donc, c’est pour ça, si t’as, parce que c’est une question aussi avec laquelle j’ai beaucoup dû me battre, on va dire, c’est cette question de légitimité, tu vois, où tu te dis, bah, ouais, je suis qualifié pour le jeu, mais je ne suis pas aussi fort que ceux qui vont gagner, je ne suis pas aussi in-sit, donc est-ce que j’ai vraiment ma place, etc., etc. Et ouais, je me suis qualifié via un autre moyen, c’est pas le même qu’eux, il y a des gars, ils auraient pu, mais ils ne sont pas togolais, donc machin. Et moi, j’ai travaillé ce côté mental, justement, avec mon grand frère, et il me disait, mais vous n’avez pas le même parcours. Les gars qui sont top, machin, ils ont commencé à quel âge, le triathlon ? Ils sont encadrés comment ? Ils ont eu quels entraîneurs ? Ils ont eu quelle vie qui les a menés à être à ce niveau-là, quoi. Donc, toi, t’as tes cartes, qui sont, bah, j’ai la nationalité togolaise, j’ai la possibilité de me qualifier via ce parcours, et je ne suis pas aussi fort qu’eux, donc je dois, quelque part, travailler encore plus pour aller chercher des points. Donc, on a chacun notre combat qui est individuel et qui ne peut pas vraiment être comparé. Et de ce point de vue-là, si tes cartes, tu parles de ton fils, c’est d’avoir toutes ses nationalités à disposition, entre guillemets, et qu’il a envie de faire quelque chose comme aller au jeu, bah, il y a des solutions à trouver, en fait. Et c’est ça que j’ai surtout appris pendant mon temps, pendant tout ce parcours, c’est que, quelque part, il y a toujours une solution à trouver. Et il faut réussir à être créatif et inventif pour trouver, pour la trouver, justement, et voir comment tu peux utiliser les cartes qu’on t’a données pour en faire le plus possible.

Ermanno : D’autant que, tu le dis, il y a une question de légitimité, peut-être. Moi, je suis en plein dedans aussi, là, avec mon binôme, on se prépare pour les championnats du monde de swimrun au Thilo le 1er septembre prochain. On a demandé une wildcard et on l’a obtenue. C’est-à-dire qu’on a demandé une invitation et on nous l’a autorisée. Alors, on ne l’a pas offert, parce qu’il faut quand même payer les frais d’inscription comme tout le monde, et le transport, etc. Mais, on a demandé l’invitation et on l’a obtenue. Donc, ce qui veut dire que la possibilité existe avec toi, avec ta qualification via le Togo, la possibilité, les possibilités étaient offertes et tu les as saisies. Et s’il y en a d’autres qui ne sont pas contents, qui regardent les possibilités qu’ils peuvent s’offrir à eux ou à elles, c’est tout. Et ça n’empêche que toi, tu es olympien. Et il n’y a pas de question de légitimité, parce qu’en fait, si tu y as été, même si on t’a donné une possibilité entre guillemets détournée par rapport au top 20 qui va au JO sans se poser la question, parce qu’ils ont les capacités et ils ont le track record et ils ont le palmarès qui va bien, etc. Mais ça n’empêche que tu n’as pas démérité. Tu as commencé beaucoup plus tard, tu as travaillé quatre fois plus dur et tu y es allé.

Eloi ADJAVON : Oui, c’est clair. C’est vrai que souvent, quand je repense du coup à tout le parcours, je repense à certains moments où je rigole parce que je me dis mais je me suis quand même fourré dans des trucs pour avoir cette qualification et je me dis ok, c’est à ce moment-là je me dis ok, peut-être qu’il y a d’autres gars qui ont mon niveau ou plus et qui auraient pu se qualifier, mais est-ce qu’ils sont partis faire dix heures de bus au Népal la veille de leur course pour faire 200 kilomètres sur une route où en gros c’est du VTT fois 1000 sans dormir de la nuit, faire la course et repartir le lendemain parce qu’il n’y avait pas d’avion donc il fallait prendre le même bus pendant dix heures. Est-ce qu’ils ont été en Venezuela attraper la gastro et quand même faire la course ? Est-ce qu’ils ont été en Namibie puis au Zimbabwe à 2000 mètres d’altitude pour essayer de marquer des points ? Enfin, je me dis quand même quand je me retourne et que je regarde un peu le parcours et ça c’est quelque chose dont je parle aussi parce que j’ai envie d’essayer de développer, de faire un peu des interventions et parler un peu de mon parcours et de dire ce que j’en ai appris et puis ça peut aider des gens en entreprise ou dans le milieu sportif ou associatif, ça me ferait plaisir et un des trucs que je dis c’est que quand tu es dans le sport de compétition tu as tendance à beaucoup regarder devant, tu regardes ce que font les meilleurs parce que forcément c’est ce vers quoi tu aimerais tendre donc tu te dis c’est pas possible Kipchogey court son marathon à l’allure où j’espérais un jour pouvoir courir à 5 kilomètres ou alors je ne sais pas la natation ils font moins de 4 minutes au 400 et purée c’est incroyable si je pouvais nager même juste etc. Donc tu peux très vite tomber dans en fait je suis nul et qu’est-ce que je fais là ?

Ermanno : C’est ça va le concours de celui qui a la plus grosse

Eloi ADJAVON : voilà c’est ça ce sera aussi c’est pour ça d’ailleurs enfin après parce que moi je ne sais pas je ne l’utilise plus ça ne m’intéresse plus trop mes trucs apparemment continuent à se mettre en ligne donc il y a des gens de temps en temps qui disent j’ai vu ce que tu avais fait c’est cool mais surtout du coup je me dis ce qui est important de temps en temps c’est de se retourner quelque part c’est de se retourner et de regarder un le chemin parcouru et deux si tu as vraiment envie de te comparer toutes les personnes entre guillemets que tu bats tu vois tu te dis ok si je prends mon exemple mon meilleur temps

Eloi ADJAVON : par rapport aux élites mondiaux c’est pas génial mais par rapport à la grande majorité des gens c’est quand même très bien et donc il faut et je pense c’est important quand tu as un projet n’importe lequel mais où tu as des grandes ambitions et où tu sais que ça va demander beaucoup de toi c’est à dire qu’il y a des attentes et le niveau à atteindre est vraiment très haut c’est aussi de temps en temps de se retourner et en anglais on dit give yourself a pat on the back tu vois un petit tap sur l’épaule tu te félicites voilà c’est ça tu te félicites un peu du chemin parcouru parce qu’au final j’ai envie de dire même si tu atteins la chose ce qui compte vraiment le plus ce qui t’aura le plus transformé c’est le chemin parcouru une fois que tu as la chose bah tu as la chose et le lendemain tu te lèves et tu vas aux toilettes et la vie continue

Ermanno : c’est ce que souvent mes parents me disaient tu sais avec la bonne vieille comparaison de ouais mais lui ou elle est né avec une cuillère en argent dans la bouche toi finalement ce que tu vas chercher tu vas le chercher avec les dents et pas avec la cuillère que tu as dans la bouche bon soit mais non non mais je suis d’accord avec toi regarder derrière et puis ne pas hésiter à célébrer les petites victoires exactement ok je fais que 15 minutes aux 5000 ouais mais tu fais 15 minutes aux 5000 et le jour où tu vas faire 14 minutes 59 mais mets toi un bon un bon gros coup sur l’épaule en disant hé mec bravo franchement bravo oui le chemin il est encore long pour aller atteindre les meilleurs mais bravo parce que toi tu l’as fait quoi

Eloi ADJAVON : ouais c’est ça et c’est et d’ailleurs c’est là où tu vois tu prends beaucoup de plaisir c’est quand tu te rends compte pardon et ça me fait penser à un autre truc à quel point je me rends compte de plus en plus aujourd’hui la force du du mental en fait et mais mais je me souviens une séance que j’avais fait à un moment donné dans le nord et et je faisais la séance et c’était je sais plus exactement ce que c’est mais on va dire je devais courir 3 fois 10 minutes à une allure particulière et je me dis mais c’est quand même fou parce que je me souviens d’une séance où j’avais fait genre 3 fois 2 minutes à cette allure et ça me paraissait impossible je me suis dit mais comment je vais faire pour courir cette allure là encore plus longtemps mais c’est pas possible j’y arriverai jamais et là tu fais la séance et tu te dis mais attends ça il y a x temps ça me paraissait impossible de la même manière qu’aujourd’hui peut-être bah ouais ce 14-59 ce 14-58 il me paraît impossible quelque part dans ma tête et pourtant bah à force de persévérance à force de détermination de régularité etc bah tu vas peut-être y arriver et et ouais enfin juste de plus en plus je me rends compte à quel point on se met des barrières de temps en temps on se dit bah ça c’est impossible du coup je pense même pas j’imagine même pas j’envisage même pas et et finalement on essaye et on se rend compte que ah bah peut-être que c’est pas si impossible que ça et peut-être que finalement l’autre truc qui me semblait impossible je peux peut-être aussi l’essayer et bien sûr après il y a des trucs je pense il y a de la logique enfin il faut se dire ok actuellement peut-être je courrais jamais 12-36 aux 5000 ça c’est peut-être vraiment impossible mais bon tant que t’as pas essayé tu ne le sais pas pour de vrai quoi et c’est ça qui en fait c’est ça qui m’a poussé je pense au début c’est je voulais savoir en fait qu’est-ce que je peux faire est-ce que c’est possible ou pas bon on verra

Ermanno : on a spoilé depuis le début quand même parce que c’était possible tu t’es qualifié t’as été au JO on va peut-être passer sur toute l’histoire on regardera ça dans le film que tu produiras dans quelques mois années décennies qu’est-ce que ça fait de fouler le sol d’un village olympique et en plus à la maison entre guillemets ouais

Eloi ADJAVON : bah c’est ça aussi qui était super beau de viser Paris 2024 c’est parce qu’il y avait bah déjà il y avait le fait que Paris 2024 c’était 100 ans après Paris 1924 apparemment et il me semble c’est super cool et ensuite je me suis dit bah c’est parfait je vais représenter le Togo l’un de mes deux pays en France l’autre de mes deux pays et en plus bah c’est pas trop loin et en plus je trouve qu’ils ont quand même globalement fait un sacré un sacré beau travail sur ces jeux les les les terrains de jeu ils étaient magnifiques quoi et j’ai jamais vu dans mon idée j’ai jamais vu des autres des endroits de jeu aussi beaux avec les arrière-plans la tour Eiffel le jardin de Versailles et ainsi de suite la flotte

Ermanno : non non le soleil

Eloi ADJAVON : même notre notre parcours de tri était magnifique et il y a le Champs-Elysées quoi c’est un rêve quoi et donc pour le village olympique c’était c’était génial et et encore je pense que je l’ai pas vécu à 100% parce que je connaissais pas tout le monde j’ai pas une culture de sport très développée donc je l’ai pas toujours regardé les courses je suis pas au courant de tous les sports donc je suis certainement passé à côté de plein de champions du monde plein de médaillés olympiques et tout ça que je ne connaissais pas donc j’ai eu un peu cette ces étoiles dans les yeux en moins mais tout de même c’est quand même incroyable de se retrouver là de moi ce qui m’a marqué en fait c’est en arrivant donc j’arrive à la gare on vient me chercher donc il y a quelqu’un qui attend avec un panneau à Javon machin Paris donc il vient me mettre de côté là on me fait passer dans un petit couloir comme ça on arrive et là on est sur un petit parking à l’arrière avec des petits fagnons Paris 2024 les voitures Toyota la électrique floquées Paris 2024 Paris 6 s’il vous plaît donc je vais pour mettre ma valise non non non je m’en occupe et j’étais là genre wow tu calmes les gars tranquille je peux le faire il n’y a pas de soucis c’est juste moi quoi et et c’était un peu la même expérience dans tout le village enfin moi j’ai vraiment trouvé qu’on s’occupait super bien de nous tout était vraiment bien organisé il y avait plein de bénévoles qui étaient toujours là pour répondre à nos questions nous aider donc il y a c’était ouais c’était t’étais vraiment dans une petite bulle dans un petit monde tout était gratuit il y a de la nourriture partout tout le temps les lessives les machins enfin tout est fait pour que tu sois à ton mieux et c’est normal parce qu’on veut après que tu fasses des performances de ouf mais ouais c’était magique comme sensation et moi j’ai eu la grande chance et je remercie ma chef de mission de la délégation togolaise de m’avoir permis de ça de faire venir déjà ma copine à plusieurs reprises dans le village et surtout aussi de faire venir mon neveu qui était là à Paris qui a toujours été mon plus grand fan qui m’envoyait toujours des dessins Eloi triathlon Eloi triathlon et là qui a pu venir voir le village olympique donc ça c’était très très très très beau à partager et Pour la course pour l’aspect sportif ça aussi c’est incroyable j’ai fait beaucoup du coup de briefing d’avant course pour la qualification et là je vais dans un briefing d’avant course où il y a les 55 top gars que j’ai l’habitude de voir à la télé 54 parce que toi t’es le 55ème voilà c’est ça effectivement

Ermanno : inclue-toi dedans

Eloi ADJAVON : tu peux tu y étais c’est vrai c’est clair mais ouais ça faisait drôle quoi ça faisait drôle quand même de voir tous les visages que t’as l’impression de voir à l’écran que t’as l’habitude de voir à l’écran pardon et que tu vois là dans une salle avec toi et ça c’est une chose aussi que je trouve c’est important de se rappeler dans la vie aussi et que ce moment là m’a permis de le revoir aussi parce qu’au final c’est juste des gens c’est juste des gens c’est juste des gars qui alors ouais certes ils sont super forts en triathlon mais c’est juste des gens c’est pas des dieux c’est pas des personnes ils sont pas différents fondamentalement de nous et donc on peut leur parler on peut enfin bref c’est pas c’est pour tout le monde même le président c’est juste une personne c’est juste un gars

Ermanno : enfin toi tu peux leur parler moi j’essaye de parler à certains j’y arrive pas donc c’est parce que tu fais partie du même monde aussi

Eloi ADJAVON : ils ont peut-être un planning échargé tout ça mais ouais ça te ça te pas ça te désillusionne mais ça tu vois ça t’enlève un peu du stress quand tu te rends compte de ça quoi mais ouais quand même toujours quand même super impressionnant et moi ce qui m’a surtout surtout marqué c’était quand on a fait les repérages des parcours et de rouler sur les Champs-Elysées et de voir l’arc de triomphe au fond et de voir en même temps que je roulais toutes ces images d’arrivée de Tour de France où tu te dis mais toutes ces personnes tous ces athlètes qui ont qui ont roulé sur ces mêmes pavés ici et maintenant je m’ajoute à cette liste quelque part et ça c’était très très très touchant et d’ailleurs c’est là que j’ai eu mon plus beau moment dans la course même au jeu c’est c’est ouais c’est de rouler sur ces Champs-Elysées avec un public qui hurlait qui faisait du bruit incroyable et j’avais d’habitude quand je fais des courses tu pars tu sors de la zone de transition t’es à vélo t’es tout seul t’es dans la pampa comme ça quelque part y’a personne y’a que toi et y’a rien d’autre enfin tu tu meurs tout seul sur le vélo et là d’être tout au long du parcours toujours entouré toujours acclamé toujours soule soutenu par le public c’était vraiment vraiment magnifique vraiment magnifique à vivre

Ermanno : le défilé devait être aussi quelque chose d’impressionnant d’autant plus que on a rapidement passé en revue la délégation togolaise tout à l’heure contrairement à une délégation française américaine chinoise ou autre vous étiez trois quoi

Eloi ADJAVON : ouais c’est ça donc quand tu quand tu défiles

Ermanno : tu ne peux que kiffer t’es pas un parmi tant d’autres t’es exact l’un des

Eloi ADJAVON : ouais ouais c’est clair ouais nous on avait on avait 5 athlètes qualifiés dans les ces 3 disciplines 4 disciplines du coup et on avait du coup en tout sur le bateau on était une dizaine quoi avec le staff et tout le monde qui était autour donc on avait un bateau pour 3 nations je crois il y avait Trinidad et Tobago Tonga enfin bref des îles deux autres nations îles et et donc quand à chaque fois qu’on passait quelque part on était à fond on jouait on balançait le drapeau parce que j’avais de la chance de pouvoir le tenir ce soir là et et

Eloi ADJAVON : non c’était vraiment un moment magnifique c’était vraiment un moment magnifique à vivre et il y a un moment je me souviens on passait comme ça en dessous d’un pont et on voit en haut sur un bâtiment un drapeau togolais et je crois c’est le seul qu’on voit pendant tout le truc et ça a duré je sais pas combien de temps et on était là on croyait on criait on criait on essayait d’avoir l’attention on voyait que ça revenait c’était c’était la folie exceptionnel tout simplement

Ermanno : pour revenir un petit peu sur la course comment ça s’est passé au delà de ces moments mémorables sur les champs mais le départ en natation la partie vélo est-ce que t’es tout seul est-ce que t’es dans un pack est-ce que t’arrives à accrocher les meilleurs et puis après la course à pied et enfin l’arrivée

Eloi ADJAVON : alors moi ma course ça s’est passé un peu différemment de ça malheureusement j’ai donc au départ tout bon on se prépare on s’échauffe et ainsi de suite moi j’étais placé à droite de de Henri Schumann et à gauche de je ne sais plus qui était c’était Mitch Kolkman je crois le dernier donc le départ déjà je suis numéro 51 donc je suis appelé vers les derniers donc quand je descends sur le ponton je passe derrière tout le monde et comme on a tous nos noms à l’arrière de la trifonction donc je vois tous les noms je passe je passe je passe et je viens je m’installe et donc on est là sur les quais de Seine magnifique matin grand soleil et donc on donne le départ là je plonge je fais mes 5 coups de bras comme on avait dit pas à fond et là je lève la tête pour voir un peu où j’en suis et j’ai mon premier petit moment de fierté parce que en respirant je vois qu’Henri Schumann il est juste peut-être 20 cm derrière je je suis devant Schumann génial mais bon ça ça a duré peut-être 2 secondes et après je prends les pieds et puis on part et en fait tu avais ce jour-là énormément de courant dans la Seine ce qui fait que en gros la première bouée était à 440 mètres on a mis à peu près 3 minutes pour y arriver et et là du coup quand tu tournes on avait vu les images des filles où tu voyais dès qu’elles tournaient elles se faisaient déporter énormément par le courant donc on savait qu’il fallait un peu faire gaffe et malgré tout je me suis fait déporter on s’est tous fait déporter et là on arrive on tourne la deuxième bouée et on revient vers le ponton et là du coup pleine face le courant et c’est dramatique la vitesse qui réduit d’un coup et tellement important de rester dans le pack donc moi j’étais à ce moment-là vers le fond j’étais toujours dans la connexion avec le pack on avance on avance on avance on me dit ok c’est cool ça tient et en fait au moment où on passe en dessous du pont des Invalides là il y a un espèce de petit je sais pas ils ont mis une corde ou quoi mais en gros ça fait comme un un entonnoir et là le courant il est tellement fort que j’ai l’impression d’être à l’arrêt donc là je perds un peu de distance avec les gars je les vois encore ils sont pas trop loin mais en gros le tout les 200 mètres qui restaient ça a pris beaucoup beaucoup de temps et le temps d’arriver sur le ponton les autres sont déjà en train de repartir dans l’autre sens vitesse grand V et moi je perds et en gros sur le deuxième tour qui était plus court j’étais déjà assez loin du gars qui était devant moi un athlète mauricien avec qui j’ai déjà fait de la course régulièrement et voilà retour tout seul avec le courant de face j’ai perdu encore plus de temps plus de temps et ce jour là il y a eu des écarts sur toute la course qui était beaucoup plus large que d’habitude il n’y a jamais ces gaps là entre les athlètes qui couraient dans leur course d’habitude ce qui fait que moi j’ai eu un assez gros retard gros écart je suis sorti 5 minutes 30 je crois derrière la tête et vu que le tour à vélo ils avaient mis à peu près 7 minutes 7 minutes 30 à le faire la fois d’avant ils faisaient la même chose cette fois-ci il ne me restait pas beaucoup de temps avant de potentiellement me faire reprendre par les 4 derrière donc moi j’ai eu la possibilité de faire un tour et à peu près et demi en gros avant que les premiers ils reviennent vite sur moi et donc je me suis fait éliminer à cause de ça

Ermanno : parce qu’on rappelle la règle sur des courses officielles avec plusieurs tours si tu te fais rattraper par la tête de course tu dois sauter tu dois laisser ta place

Eloi ADJAVON : ouais c’est ça tu dois sortir de la course et donc malheureusement on savait en rentrant que comme je disais moi je m’étais entraîné toute ma vie pour faire des 50 et des 100 mètres de natation et là donc 1500 mètres en eau libre avec du courant etc c’est vraiment pas ça reste du coup la natation est devenue mon point faible et mon point fort c’était plutôt la course à pied malheureusement j’ai pas eu l’occasion de l’exprimer ce coup-ci mais tout ça pour dire que du coup on savait à l’avance qu’il y avait des chances que j’arrive pas à aller jusqu’au bout de la course et mais bon voilà j’ai réussi à vivre ça et ce qui est surtout très beau et ce que je retiens c’est que ce moment juste avant de me faire éliminer j’ai du coup je savais que c’était la fin pour moi je disais merci au public je remerciais tout le monde ils me rendaient de l’énergie c’était incroyable franchement j’étais ému au bord des larmes parce que vraiment tout le parcours tout ce que j’avais fait tout ce qui avait été fait tous les sacrifices et ainsi de suite bah se cristalliser en ce moment là quelque part je me disais mais je suis là je suis au jeu je suis à Paris il y a le public je suis là je fais la course et voilà toute cette énergie m’a ému profondément et puis je sors et puis plus tard on me dit c’était trop beau Éloi quand t’as vu comme ça tu saluais la foule j’ai dit quoi comment ça vous m’avez vu mais si mais on t’a comme ça il y a que toi dans le plan pendant 20 secondes t’es là tu salues la foule et puis tu passes comme ça on voit ton truc c’est génial et tout donc vite je vais regarder les images et effectivement j’ai eu j’ai la chance d’avoir quasi 20 secondes où il y a juste moi et j’ai un ami belge qui m’a envoyé le son de la télé belge et on entend le présentateur ah ça c’est une belle image Éloi Adjavon triathlète togolais alors il a voulu se qualifier il raconte toute mon histoire et même quand on coupe sur le reste de la course pendant deux minutes il raconte mon histoire et tout c’est génial et donc ouais c’est vraiment j’en retire j’en retire ça c’est mon objectif c’est de c’était de me qualifier déjà de faire ça j’imaginais même pas que c’était possible et ensuite mon objectif c’était de mettre le togo en avant et de faire rendre la visibilité et quand j’ai vu ces images je me suis dit bon bah voilà c’est bon on a réussi le pari quoi et ouais bah même juste là d’en parler

Ermanno : ça me fout les poils et je l’ai pas vécu et du coup la suite à tout ça est-ce que tu continues à faire du traitement est-ce que tu t’es fixé d’autres objectifs est-ce que tu vas aller à Los Angeles en 2028

Eloi ADJAVON : c’est la grande question c’est la grande question qui tourne toujours dans ma tête c’est vrai que dès le lendemain de la course on pensait déjà à la suite on s’est dit bon Los Angeles ok ça reste autant de temps on va programmer comme ça on va s’entraîner etc etc et à la cérémonie de clôture des jeux le moment où ils font le passage un peu du drapeau et où il y a Tom Cruise et tout qui vient récupérer le drapeau et qui l’amène aux Etats-Unis et qu’on le voit arriver on voit ces images de Palm Springs et tout ça je me suis dit ça donne envie quand même la fête ici elle est finie mais j’aimerais bien quand même la revivre là-bas donc ça c’était bien sûr l’idée Los Angeles elle reste forcément présente et tout mais je sais que il y a d’autres projets que j’aimerais faire il y a d’autres trucs qui m’appellent mais et je sais pas s’ils peuvent attendre encore 3 ans ou si je dois me concentrer dessus maintenant pour l’instant je continue à m’entraîner même avec la fédération au Togo on essaie de voir comment on peut se mettre en place qu’est-ce qu’on aura comme budget à louer qu’est-ce qu’on va pouvoir faire pour l’instant concrètement parce qu’il y a l’idée d’un côté aller au jeu c’est magnifique tout le monde a envie de le faire et après comme on disait il y a la réalité c’est de se lever tous les jours à 5h30 c’est d’aller nager c’est de faire ceci c’est s’entraîner comme ça pour se qualifier au jeu c’est H24 ça n’arrête pas tout ce que tu fais vraiment tout ce que tu fais c’est lié d’une manière ou d’une autre à l’entraînement c’est est-ce que tu manges ça non parce qu’après il y a ça est-ce que tu manges maintenant non parce que j’entraîne dans autant de temps donc je vais manger dans ma chambre est-ce que tu veux aller te coucher là non parce que demain est-ce que tu et en fait toute ta vie est régie par ton entraînement par ton objectif et là où pour Paris mon objectif était fort très très très puissant de me qualifier et j’étais prêt à tout faire aujourd’hui je me pose des questions est-ce que je suis tout le temps prêt à tout faire pour aller à Los Angeles qu’est-ce que je peux espérer de faire de plus et est-ce que ça va toujours avec mes ambitions avec mes idées est-ce qu’il y a d’autres choses qui pourraient me procurer autant de satisfaction est-ce qu’il y a d’autres d’autres défis qui me parlent plus ou différemment donc il y a plein d’idées dans ma tête il y a une idée de tour du monde avec enfin comment dire par la force du corps donc en marchant en courant à vélo ou en kayak il y a des idées déjà il y a ce podcast pour aider les gens à dormir aussi donc voilà il y a j’aimerais faire du trail j’aimerais faire du gravel j’aimerais enfin bref il y a plein de choses qui me parlent encore en tout cas une chose est sûre c’est que j’ai envie de continuer dans le sport c’est vraiment là que je m’épanouis je pense en tout cas de rester actif mais il n’y a pas encore de décision finale de prise pour l’instant toutes les pistes sont un peu comme ça ouvertes et on essaye de mettre les choses en place pour voir laquelle est la plus parlante

Ermanno : bon tu reviendras sur le podcast tu nous diras une fois que t’auras pris une décision ou que t’auras avancé sur un projet il y aurait tellement de il y aurait des milliers de choses que je voudrais savoir encore il y aurait plein de questions que je voudrais te poser mais bon on arrive déjà presque à un peu plus d’une heure de podcast donc on va libérer nos auditrices et nos auditeurs peut-être juste avant de finir j’ai deux questions le podcast s’appelle devenir triathlète toi qui es un néo triathlète néo lapien je te pose la question Éloi comment devenir triathlète

Eloi ADJAVON : en faisant un triathlon tout simplement pour moi c’est ça et c’est un des trucs qu’on m’a dit la première fois que j’allais faire un tri j’allais chercher la nutrition je pense dans un magasin de course à pied puis la vendeuse m’a dit moi j’ai un conseil à te donner pour ton prochain tri c’est quand tu nages tu nages quand tu roules tu roules et quand tu cours tu cours voilà tu penses à ça et puis ça va très bien se passer et au final c’est vrai et on me l’a re-dit la même chose la première course internationale que j’ai faite j’étais un peu stressé et puis je pense ça se voyait donc il y avait un athlète hollandais qui était là qui me fait ça va qu’est-ce que tu fais c’est ma première course

Eloi ADJAVON : après on va rouler et puis on courra et puis ce sera très bien faire du triathlon ben voilà tu t’en fais et puis c’est bon nickel

Ermanno : écoute c’est une bonne vision des trucs et puis après plus tu progresses plus il y a cette fameuse maxime en triathlon où on te dit tu commences vite t’accélères au milieu et puis tu finis à fond quand tu nages tu nages quand tu roules tu roules et quand tu cours tu cours et puis advienne ce que pourra et puis pour finir où est-ce qu’on te suit où est-ce qu’on t’encourage où est-ce qu’on t’envoie des messages si on veut rester en contact avec toi

Eloi ADJAVON : ben moi je suis sur Instagram je ne suis pas sur TikTok je ne suis pas sur Snapchat je ne suis pas sur ça mais c’est principalement Instagram ou Facebook Eloi Adjavon Instagram c’est AdjavonTri et puis si vous voulez me trouver sur LinkedIn j’y suis aussi

Ermanno : et puis sur Strava même si tu même si tu n’y vas plus mais du coup tu m’as publié

Eloi ADJAVON : sur Strava aussi Eloi Adjavon tu pourras voir ce que je fais au quotidien quand je les mets ça se fait tout seul d’habitude nickel

Ermanno : écoute il faudra vraiment qu’on fasse un autre épisode où j’aimerais qu’on rentre un peu plus dans le détail de comment est-ce que t’as construit tout ça d’un point de vue financier parce que ben ça a un coût aussi de se qualifier pour les Jeux Olympiques tu disais t’as été en Namibie t’as été au Népal t’as été en Afrique du Sud t’as été partout et tout ça c’est pas des voyages qui sont qui sont faciles ni gratuits il faudra qu’on se fasse un petit point là-dessus dans un prochain épisode mais on le fera déjà un quand t’auras quand t’auras fixé ton prochain objectif un je mets en gage et deux quand t’avanceras sur tes rushs comme ça ça te donne tu vois deux petits deux petits coups derrière la tête pour que t’avances

Eloi ADJAVON : deux petits trucs à travailler ouais c’est nickel c’est excellent c’est ça on a besoin de ça c’est ça qui est difficile quand t’es un peu à ton compte c’est que s’il y a personne pour te dire allez te fouetter

Ermanno : écoute merci beaucoup Eloi et à très bientôt

Eloi ADJAVON : merci à toi Hermano c’était vraiment cool vraiment cool super discussion

Ermanno : c’était devenir triathlète merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout nous on a pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer alors si ça vous a plu vous pouvez nous suivre sur nos réseaux sociaux Instagram LinkedIn on se rejoint maintenant sur devenir triathlète.com vous allez retrouver l’ensemble des épisodes mais aussi des outils des ressources et des conseils gratuits pour débuter progresser ou performer en triathlon on ajoute toutes les semaines de nouvelles ressources si vous avez une idée d’inviter n’hésitez pas à nous envoyer un petit message on se retrouve tout de suite sur devenir triathlète.com salut les sportifs

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