🎙️ Dans cet épisode, on reçoit Quentin Merat, ingénieur textile chez Decathlon, et Ghislain Vachette, professeur d’EPS. Ensemble, ils ont fondé l’association Ultra Solidaire, avec un objectif clair : lier sport et engagement écologique sans tomber dans la leçon de morale.
💬 Ils partagent avec nous :
- Leurs projets sportifs les plus fous : un marathon en tongs, un triathlon de 12h dans un appart pendant la pandémie…
- Les valeurs qui guident leurs choix
- Leur vision du sport comme levier de changement, entre action individuelle et impact collectif
Un épisode inspirant qui donne envie de bouger autrement, pour soi et pour la planète.
📗 Ressources :
- Inscris-toi à la newsletter du podcast et reçoit tous les mercredi à 9h : le résumé de l’épisode de la semaine, la question secrète qu’on a posé à notre invité hors micro, les chiffres du podcast…
- 5 semaines d’entraînement offertes > rendez-vous sur https://www.opentri.fr/ avec le code DEVENIRTRI
- Notre livre : « Devenir Triathlète » est en commande ici
🏃🏼♀️ Nos invités :
- Instagram : https://www.instagram.com/ultrasolidaire / https://www.instagram.com/meratuss / https://www.instagram.com/gichopoulos
- Linkedin : https://www.linkedin.com/in/ghislain-vachette-18193a319 / https://www.linkedin.com/in/quentin-merat-b0822390
- Strava : https://www.strava.com/athletes/100828270 / https://www.strava.com/athletes/97010068
📣 On a aussi parlé de :
- L’odyssée de Pi : https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Odyssée_de_Pi
- Le dossier de présentation de leur association : https://www.dropbox.com/scl/fi/10hn7k6yg6064h1nvxd5f/Railway-to-TILL-2025.pdf?rlkey=nga48mtevwea8bpl6gjgx515g&dl=0
💬 La transcription de l’épisode
Lire la transcription intégrale
Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast devenir très athlète x OpenTri. Alors pour ceux qui nous regardent en vidéo, aujourd’hui je me suis mis en mode swimrun, mon background est plus lié à l’autre podcast qu’on produit, mais parce que, bah évidemment, on va parler swimrun. Alors j’ai deux invités, je sais pas par où je commence, si c’est par ordre alphabétique ou pas, tiens on va faire par affichage sur mon écran, je commence avec Gislain Vachette, salut Gislain !
Ghislain : Salut Ermanno !
Ermanno : Et ton acolyte, autre invité du podcast, Quentin Mera, salut Quentin ! Salut Ermanno ! Bon vous allez bien les gars ? là c’est le jeu de qui prend la parole en premier.
Ghislain : Mais il paraît que tu sais bien gérer les 18 à 15, donc du coup à 3 ça devrait le faire.
Ermanno : Ouais, sur le podcast Road to Utilo, le premier épisode, c’était assez sympa et finalement c’était assez fluide. C’était un peu moins fluide avec l’enregistrement qu’on a fait ce midi avec Jérôme et Arnaud Delustrac de la Team Kebab. Alors pour les soucis… Pour les swimrunners et swimrunners qui se réexpectent, forcément vous devez connaître, mais on va essayer, on va s’en sortir, on va s’en sortir. Allez, cette fois-ci je donne la parole à Quentin, j’aime bien commencer mes épisodes en demandant à mes invités de se présenter. Donc dis-nous tout, qui est Quentin Mera ?
Ermanno : Prends des notes Gislain parce qu’après c’est ton tour.
Quentin : Ouais, ouais, ouais, et on te demandera de répéter. Eh ben moi du coup Quentin c’est 32 ans, sportif amateur et ingénieur. À côté ingénieur textile, on va commencer par le pro avant de discuter du perso. Donc moi je travaille chez Decathlon, je suis ingénieur textile, donc basé à la montagne, dans la vallée de Chamonix, plus précisément vers Salanches, pour ceux qui connaissent. Donc un beau terrain de jeu là où j’habite. Donc comme je le disais, je suis ingénieur textile, je développe tous les composants globalement pour réaliser les… les pantalons, les chemises pour les sports de montagne. Donc pour les plus connaisseurs, Quechua, anciennement Forclaz qui n’existe plus, Simon l’escalade et un petit peu pour le ski. Bon donc si on a des problèmes avec les textiles Decathlon, on peut te contacter même si c’est pas que pour la montagne ou pas trop ? Ouais, on peut quand même me contacter globalement, j’ai les contacts, j’ai le réseau, donc il n’y a pas de problème.
Ermanno : Ça va, fais attention que tu risques d’être submergé plus par des bonnes choses parce que Decathlon, quand même en textile, hormis de temps en temps quelques séries qui déconnent, mais sinon globalement vous avez une belle image de marque qui est justifiée.
Quentin : Oui, oui, oui, moi le premier, je suis super fier de porter des produits Decathlon. Là aujourd’hui, comme tu peux le voir, on a des beaux t-shirts qui prennent. Moi personnellement, je m’entraîne qu’avec du textile Decathlon, même du matériel, ce qu’on appelle hard chez nous Decathlon.
Ermanno : C’est quoi le matériel hard ? C’est le matériel qu’on utilise le premier samedi du mois sur Canal, non ? C’est pas ça ?
Quentin : Non, on ne va peut-être pas jouer sur celui-là, quoique. Non, tout ce qui va être des vélos, par exemple pour le swimrun, ça peut être les pull-buys, les plaquettes, les lunettes. Voilà, tout ça, c’est tout ce qui n’est pas considéré comme du textile.
Ermanno : Ok, tiens d’ailleurs, on passera peut-être en revue le matériel swimrun qui existe chez Decathlon ou pas, enfin en marque Decathlon.
Quentin : Alors Nabaiji qui va transformer vers Van Rysel. Ok.
Ermanno : Van Rysel, les vélos, quel rapport entre Nabaiji et Van Rysel ?
Quentin : C’est plutôt au niveau de la marque experte, où du coup ça va être un… Je ne saurais pas dire exactement si pull-buy, plaquettes, ça va être du Van Rysel ou du Tribor. Ok. Sur ça… La partie experte, au moment où je crois, va être plutôt Rysel. Ça sera plutôt Van Rysel. Et la partie grand public, plutôt Tribor. C’est ça. Il y a eu un regroupement de sports. Il y a beaucoup de marques qui… Qui disparaissent chez Decathlon. Et du coup, qui se font reprendre par les grosses marques. On va avoir Keeprun, Van Rysel, Simon pour l’escalade. Donc voilà, on était à 85 marques, je crois. Et maintenant, on ne va plus en avoir que 13. Ok. Donc, grosse réduction.
Ermanno : Oui, sachant que Van Rysel était déjà la partie experte, mais pour le vélo, chez Decathlon. Alors, on ne va pas faire un podcast Decathlon, mais c’est quand même ceux qui sortent les plus beaux vélos dans les marques Decathlon.
Quentin : Alors, Van Rysel, c’est avec les seuls maintenant. Ok. Avec Between. Il y a encore Between qui va… Mais oui. Oui, non, c’est marque experte et des beaux produits. Honnêtement, on peut être fier.
Ermanno : Du coup, c’est quoi le métier d’un ingénieur textile, en particulier chez Decathlon ? C’est quoi ? Tu conçois les textiles ? Exactement. Tu te bases sur ta formation pour pouvoir imaginer de nouveaux textiles ou pour imaginer des associations de textiles ? Tu conçois des textiles entre eux ? Tu conçois des nouveaux textiles ? C’est quoi ton métier ?
Quentin : Un peu des deux. C’est un peu ce que tu viens d’exposer. Moi, je vais avoir un métier où je vais travailler avec les sports. C’est les sports qui viennent me voir et qui ont un besoin.
Quentin : Globalement, on travaille deux à trois ans en amont de la fabrication et de ce que tu vas pouvoir, toi, retrouver en magasin. Là, aujourd’hui, je travaille sur la collection qui sera en magasin en 2027, 2028. Et mon travail en tant qu’ingénieur composant, et il a encore plus de sens aujourd’hui, c’est de développer des nouveaux textiles qui ont aussi, on en parle tout de suite, un impact CO2 réduit. Moi, aujourd’hui, mon travail, c’est principalement de développer des composants où on va avoir l’impact CO2 le plus faible possible. On s’anime beaucoup chez Decathlon sur ça. C’est vraiment notre cœur et notre orientation pour développer les composants. Donc, ça va passer via des process industriels. La teinture dans le développement des composants textiles est très impactant. Donc, ça, c’est vraiment une partie sur laquelle on travaille beaucoup. Réduire l’impact CO2, la consommation d’eau. L’univers du textile, c’est très, très consommateur d’eau. Donc, ça, c’est des ressources qu’on essaye de préserver au maximum. Et après, on va travailler sur… On essaye de plus en plus de temps. C’est une chaîne fermée où on va recycler du textile pour faire du textile. Jusqu’à aujourd’hui, c’était une petite filière très compliquée à mettre en place. Elle n’est pas facile, elle n’est pas évidente de par la nature et la typologie des produits. Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais à partir du pétrole, on fait, pour le plus connu, du polyester, du polyamide. C’est des filières qu’on peut réutiliser, qu’on peut utiliser en circuit fermé. Donc, mon métier, moi, aujourd’hui, c’est de diminuer mon impact carbone sur mes composants. Et donc, parfois, ça peut être de partir d’une feuille blanche. Si je n’ai pas la réponse au sport, je pars d’une feuille blanche et je crée, je travaille avec le fournisseur, avec le meilleur choix de fil, de process, pour diminuer notre impact.
Ermanno : Super. Donc, quand tu parles de travailler sur les tissus, les textiles en cycle fermé, c’est plus pour les textiles, on va dire, techniques. Bon vieux fil de laine, est-ce qu’il est plus facile à recycler, hormis la teinture, la couleur qui existe déjà et qui, là, pour déteinturiser, ça va être encore super consommateur ?
Quentin : Alors, oui et non. Aujourd’hui, on sait recycler des fibres naturelles. Ça reste compliqué, de part déjà, la composition, parce qu’on ne va pas utiliser un fil pur, par exemple, de laine. On peut l’avoir sur des produits de traite à portée, des chemises, ce genre de choses. Nous, on est vraiment orientés sur du textile technique. Donc, sur du textile technique, on a des attentes en termes de résistance, de respiration. Donc, ça peut être combiné avec des matières synthétiques. Et ça peut être du coton polyester, coton polyamide. Et donc, déjà, la séparation de ces deux fibres peut être déjà très consommateur et ça peut être très complexe. Aujourd’hui, par exemple, on ne sait pas recycler de l’élastique. On ne sait pas recycler de l’élastane. L’élastane, ça reste très compliqué. Donc, des tissus qui sont très très stretch, on sait qu’en termes de recyclabilité, ça va être compliqué. Donc, sur les fibres naturelles, c’est pareil. Le recyclage, je ne vais pas faire un cours sur le fil, mais globalement, des fibres naturelles, c’est plein de petites fibres qu’on va venir tordre entre elles pour faire un fil, un fil synthétique. On va chauffer des granulés de pétrole et ça va faire un fil très long. Donc, lui, quand on vient le casser, on vient casser les fibres, mais en termes de résistance, on reste quand même sur des niveaux assez élevés. Alors que quand on vient casser un fil qui est déjà relié avec plein de fibres, du coup, on a une résistance qui est moindre. Et nous, sur notre domaine d’application, donc sur l’usage technique sportif, ça reste encore compliqué. Donc, aujourd’hui, on arrive à faire des shorts avec 20, 30 % de coton recyclé, mais c’est le grand maximum. Et ça, c’est pour vraiment répondre à un usage technique, à un besoin pour l’utilisateur.
Ermanno : Bon, je te remercie pour les précisions. On est un peu sortis du champ du sport, mais quoique pas complètement, notamment pour celles et ceux qui ont une sensibilité pour l’environnement aussi, ça peut toujours être intéressant. Pour moi, la marque de référence, ça reste quand même Patagonia pour ça. Je ne sais pas si j’ai raison ou pas, mais en tout cas, je rêve de voir des textiles techniques, notamment pour le swimrun, chez Patagonia. Bon, après, il faut aussi rêver d’avoir le budget qui va avec, mais je ne sais pas ce que tu en penses.
Quentin : Non, non, effectivement. Patagonia, on misait sur une économie, je veux dire, sur un mindset que moi aussi, j’adore. Je porte aussi des produits Patagonia. J’aime beaucoup le mindset, la façon de travailler, la façon de voir les choses. Ils sont bien en avance par rapport à certains, et même nous, les premiers. C’est vrai que du recyclé, c’est quelque chose qu’ils font depuis longtemps. Donc voilà, comme tu dis, effectivement, c’est un budget, mais toutes ces technologies-là, aussi pour les mettre en place, ça demande un coût, donc c’est compréhensible. Il y a une partie marketing, tout ça, c’est propre, et c’est des produits de qualité.
Ermanno : Oui. Est-ce que ça inclut aussi, tes recherches, la relocalisation un petit peu, ou en tout cas éviter de fabriquer très très loin du pays d’usage ? Parce que je ne pense pas forcément à l’Inde, à la Chine, au Bangladesh ou autre, mais en tout cas, de régionaliser les endroits où les produits vont être conçus, enfin fabriqués, parce que conçus…
Quentin : Oui, oui. Alors aujourd’hui, moi, sur mes typologies de produits, faire du composant, ce qu’on appelle dans la zone Europe, on a des solutions. Le problème, c’est que fabriquer du produit fini en Europe à une échelle industrielle, ça reste assez coûteux, parce que c’est de l’humain. Donc du coup, ça veut dire, des coûts de fabrication qui sont beaucoup plus élevés. Mais il y a des projets, il y a vraiment une grosse dynamique derrière pour faire une relocalisation. On ne pourra pas relocaliser l’entièreté de nos composants et nos produits finis en Europe, mais il y a une volonté derrière, effectivement, pour que ça ait du sens. Par exemple, en France, on est le premier producteur, tu parlais du lin, mais on est le premier producteur mondial. Donc on peut en être fier. Et ça, c’est des choses. Mais voilà, c’est plus lié à une économie générale qui fait que faire du produit, ce qu’on appelle du produit fini. Donc moi, je fais du composant. Et ensuite, derrière, on va utiliser ce composant-là pour faire du produit fini. Le faire en Europe reste très coûteux. Et du coup, on est sur des prix qui ne sont plus à l’échelle Decathlon.
Ermanno : Bon, dernière question là-dessus, parce qu’on aura quand même fait 10 minutes sur Decathlon. Donc tu pourras envoyer à ta direction. Puis leur demander s’ils ne veulent pas nous sponsoriser. Est-ce que vous travaillez aussi sur des textiles connectés ?
Quentin : J’ai des collègues, effectivement, qui travaillent sur ce type de technologie-là. Alors moi, à proprement parler, non. Mais oui, effectivement, j’ai des collègues qui travaillent sur ça. Il y a beaucoup d’innovations encore à faire dans le textile. Tout à l’heure, moi, je parlais de l’élastane. Aujourd’hui, il y a des projets pour supprimer l’élastane ou pour avoir quand même du tissu stretch. Donc ça, c’est des projets qui sont hyper intéressants. Et pour revenir à ta question, oui, plutôt lié à la chaleur, à ce genre de choses, ça peut être hyper intéressant.
Ermanno : Moi, je rêve d’avoir une trifonction ou même un maillot de bain dans lequel serait intégrée la ceinture cardio-thoracique. Du coup, qui ne serait plus forcément thoracique. Ce serait quand même plus pratique pour nager. Et puis, moins d’entretien. Et puis, moins de piles à changer, etc. Allez, je rêve. Je suis en 2050 déjà.
Quentin : Non, mais c’est beau de rêver. C’est comme ça qu’on innove, la recherche et le développement. Exactement. C’est ce que j’allais te dire. C’est ce genre d’idée peut-être un peu saugrenue mais qui va t’amener à des idées et te dire « Ah ouais, mais là, il y a un manque, il y a un besoin. » Du coup, il faut qu’on travaille dans ce sens-là. Et c’est ça qui est, moi, je trouve hyper intéressant. On clôturera le chapitre Décathlon, mais tous les avis, en fait, sont lus quand on dépose l’avis sur un produit. Et c’est… Aujourd’hui, c’est ce qui dirige aussi notre conception. Donc, ce genre d’idée qui peut être un peu folle mais qui est super au final. On se dit « Bah ouais, en fait, il y a un besoin sur ce besoin-là. »
Ermanno : Bon, écoute, j’irais mettre un commentaire, du coup, sur ma ceinture HRM de Garmin en disant que je rêve de l’avoir intégrée sur mon textile connecté.
Quentin : C’est une bonne idée. Ou un emplacement.
Ermanno : Gislain, à ton tour. T’as vu un… On a fait 10 minutes sur Décathlon. On va peut-être pas faire 10 minutes sur l’éducation nationale, mais bon, ça, c’est un autre sujet. Dommage. J’ai déjà fait plein de podcasts avec des profs de sport. Allez les réécouter. Non, mais plus sérieusement, Gislain, je te laisse te présenter, nous dire qui est Gislain Vachette. Et pas de mauvaise blague avec Interville.
Ghislain : Ah, je… Moi, je ne me permets plus de le faire sur moi-même, donc… Donc, bah écoute, Gislain, 33 ans. Je suis le vieux du binôme, du coup, si je comprends bien. Et puis voilà. Donc, non, rien d’extraordinaire. J’essaie de faire des trucs utiles. Donc, ça passe par mon métier où je suis prof de PS, effectivement, où j’entraîne. Et puis, à côté de ça, voilà, un peu d’investissement dans mon club, un peu d’investissement dans l’association qu’on a créée avec Quentin. Et puis, un petit peu de temps passé à courir, nager entre d’autres défis qu’on a pu réaliser ces dernières années. Voilà. Donc, c’est déjà un quotidien pas trop mal chargé, quoi.
Ermanno : Bon, bah écoute, on va pouvoir détailler tout ça. Je note quand même que le mec qui bosse chez D4, il est près de Cham, alors que normalement, D4, c’est plutôt dans le Nord. Et toi, tu es dans le Nord, Gislain. Donc, bien joué, les gars, aussi, pour ce switch. Je suis bien perdu. Merci.
Ghislain : Après, tu sais, justement, l’aventure de l’assaut ultra solidaire qu’on a créé, elle a un peu débuté justement dans le Nord, quand Quentin est revenu des États-Unis et qu’il a passé un an et demi. Justement, à Decathlon, à Binodask. Dans le Nord. Voilà. Du coup, je pense que les premières briques, elles ont été posées à ce moment-là. Les briques de l’histoire actuelle, en tout cas, ça a commencé près des briques rouges et ça reste ancré.
Ermanno : Maintenant, tu es près de la pierre et Gislain, tu es resté.
Ermanno : Comment est-ce que votre binôme est né, justement ? Est-ce que vous avez fait votre premier swim run ensemble ? Et c’est comme ça que votre binôme est né ? Est-ce qu’au contraire, il s’est construit autour d’autres choses ? Tu parlais de l’association ultra solidaire. Enfin, racontez-nous un peu. Allez, Gislain, je te redonne la parole, parce que Quentin, il a beaucoup trop parlé sur Décathlon.
Ghislain : En fait, on est tous les deux originaires ni du Nord, ni de la montagne, puisqu’en fait, on vient de Lyon, de petits villages près d’Auxerre. Et on s’est plutôt rencontrés dans le club de natation quand on était adolescent. Donc voilà, on a nagé un petit peu ensemble, pas à très haut niveau, même si Quentin s’est nagé de manière plus solide, je pense. Et puis voilà, après les études passant, les chemins se sont un peu écartés. Et puis, il se trouve que Quentin est revenu de New York en 2019, si je dis pas de bêtises. C’est ça.
Ermanno : Bien juste avant le Covid.
Quentin : Magnifique. Exactement. Mais le Covid a été formateur pour notre vie. Exactement. Pour notre binôme. Ça a été une étape hyper importante.
Ghislain : C’est clair. Et du coup, voilà. Et en fait, il s’est trouvé qu’il est venu dans le Nord, où moi, j’avais atterri depuis quelques années. Et puis voilà, du coup, ça a bien matché. Et puis, je dirais même que très rapidement, je pense à son deuxième, la deuxième ou troisième fois qu’on s’est revus à ce moment-là, je pense que j’ai déjà commencé à lui parler de l’autileu. Donc voilà, la graine a disparu. Elle a été plantée il y a maintenant presque six ans et ça a plutôt bien germé parce qu’on y va tout droit et dans quelques mois, ça ne sera plus juste un rêve, ça ne sera plus un projet. On sera sur le terrain avec toi, Ermanou.
Ermanno : Oui, je suis en phase de me remettre de mes petits problèmes de santé. Donc normalement, semaine prochaine, je reprends les routes de l’entraînement. Donc oui, je devrais être avec mon binôme Fergus à l’autileu le 1er septembre.
Ermanno : Si on revenait un petit peu sur la formation de ce binôme non swimrun au début, comment est-ce que vous avez avancé ensemble ? Qu’est-ce qui vous a amené à créer cette association ? Quel est votre engagement ? Les questions en vrac, je vous laisse piquer dedans pour répondre.
Ermanno : Allez Quentin, à ton tour.
Quentin : Allez, à mon tour. Avant tout, d’être une association, c’est quand même deux copains. On est deux copains. Et c’est ça qui fait aussi… J’ai envie de dire, notre force. Comme le disait Gislain, il a mis une petite graine il y a six ans. Et il a bien entretenu cette petite graine, du coup, via des défis. Voilà, on s’est cherché. Et voilà, c’était des premiers défis où, pendant cette période qu’on a tous connu, le Covid. Gislain, pendant le confinement, le premier confinement, moi, je ne travaillais pas. Gislain non plus. Puis un jour, il me dit, ça serait chouette si on faisait un triathlon dans un appartement pendant 12 heures. Je me suis dit, mais quoi ? Qu’est-ce que tu veux faire ? Ouais, si, si, il y a une association. Donc là, c’était avec… En vol. Voilà, c’est ça, en vol. Donc, l’idée, c’était de faire un triathlon de 12 heures dans son appartement. Donc, moi, la première chose, c’est comment on va faire ? Enfin… Comment tu nages ? Dans la baignoire, en fait, tu fais quoi ? Eh oui, c’est ça. Donc, on s’adapte. La période du Covid a été une bonne période d’adaptation. Donc, on a aménagé un petit peu. Donc, pour le vélo, c’était facile. On avait un home trainer. Et donc, l’idée, c’était 30 minutes de vélo sur home trainer. Pendant ce temps-là, il y avait l’autre binôme qui courait pendant 10 minutes dans l’appartement. Et ce n’est pas une blague. On courait pendant 10 minutes. Ah, les voisins, ils devaient être contents. Donc, ça faisait à peu près. Alors, l’avantage, c’était chez Islin, il n’y avait pas de voisins en dessous, il n’y avait pas de voisins au-dessus. Donc, on était plutôt tranquille. Et donc, 10 minutes de course à pied. Mais vraiment de course à pied avec des lignes droites, des virages, tout ce qu’on aime. Et pour remplacer la partie natation, on a mis 20 minutes de renfort. Donc, ça passait par des tractions, du TRX, des pompes, des abdos. Et ça, on a fait ça pendant 12 heures. Donc, sans arrêt. Donc, ça a été une belle et longue journée sur laquelle, je crois, si je ne dis pas de bêtises, on a fait l’équivalent d’un semi-marathon en course à pied. Oui, on était entre 22 et 24 kilomètres. Je crois que toi, tu étais à 24 et moi à 22. En vélo, on était à plus de 200 kilomètres, il me semble, chacun.
Ghislain : Oui, au total, je crois que 460 ou 480 kilomètres à deux.
Quentin : Oui, 480 kilomètres à vélo. Et puis, je vais passer sur le nombre de pompes. Voilà. Voilà, ce genre de journée où on se dit mais c’est impossible de la tenir. Et puis, au final, on était dedans et puis on s’est bien amusé. C’était très chouette. On a passé un bon moment. Et voilà, je pense que ça a été ma première, on va dire, épreuve d’endurance. Moi, comme disait Ghislain, je viens du monde de la natation. J’ai couru un petit peu. Et quand j’étais aux États-Unis, j’ai fait beaucoup d’escalades. Donc, l’endurance et moi, ce n’était pas forcément quelque chose que je maîtrisais. Je voyais ça plutôt pour les autres. Je voyais ça aussi avec des grands yeux et me dire ils sont vraiment trop forts, mais ce n’est pas pour moi. Donc, c’est comme ça que c’est né. Et ensuite, pendant cinq ans, on a réalisé plusieurs défis. Et notamment l’année dernière, il y a deux ans, pour le Téléthon avec le Marathon de Pi. On en reparlera un petit peu plus tard. Mais voilà, de là est née des idées. Et le fait de monter de l’association, elle avait vraiment du sens pour nous. Porteur de valeur et pouvoir représenter des idées qui nous tiennent à cœur. Donc, c’est pour ça qu’on a créé ça ensemble.
Ermanno : Attendez les mecs, par contre, un peu plus de 20 bornes chacun dans un appart. C’est quoi ? C’est parce que le Nord est tellement sinistré que vous avez des appart qui font 500 mètres carrés et puis vous vous permettez de courir pendant 12 heures. Non, je crois que c’est méchant. C’est méchant.
Quentin : Non, non. C’était une des questions légitimes. Parce qu’on nous la pose tous. Mais l’avantage, c’est qu’il a une terrasse. Il avait une terrasse. Il y avait un balcon. Donc, on avait même une partie en extérieur. Donc, on passait dans le couloir, la chambre, la terrasse, la salle de sport, un nouveau couloir, la cuisine. Je crois que ça faisait environ… On était à 28 boucles.
Ghislain : Si je ne dis pas de bêtises, je crois que le tour faisait 65 mètres avec à peu près 50 centimètres de dénivelé par tour parce qu’il fallait monter pour aller sur la terrasse. Donc, en fait, c’était presque plus du trail indoor.
Ermanno : Mais vous étiez dans le même appart. OK. Je comprends mieux. Oui.
Quentin : Alors, le fun fact, moi, le lendemain, j’ai eu une courbature justement à l’adducteur à droite à cause de cette marche. Mais vraiment, j’avais vraiment mal au niveau de l’adducteur. Je dirais que j’étais… Et juste pour une marche pour passer sur la terrasse.
Ermanno : Excellent. Excellent. Ça me rappelle l’ultra trail de mon jardin de Greg Runner qui avait fait 24 heures pendant le Covid au fond de son jardin sur une boucle qui fait 50 mètres.
Ghislain : C’est génial. Voilà.
Ermanno : Des défis qui déchirent. Ça pousse la créativité. Et ça, c’est aussi ça qui vous a donné envie de créer l’association ou c’était juste un élément de plus en vous disant tiens, si on relevait des défis, puis tant qu’à faire, autant allier ça à des causes solidaires, caritatives ?
Quentin : C’était déjà pour une cause. Du coup, si tu veux, Gislain…
Ghislain : Oui. C’était déjà pour… Voilà. Plus une cause de notoriété pour l’association En Vol à l’époque. Et après, ça a pris une autre dimension. Un petit peu plus tard, il y en a qui fêtent leur anniversaire à McDonald’s. Nous, on a fêté mon anniversaire des 30 ans à la piscine de Dijon. Et on s’est dit pour les 30 ans, on va aller faire 30 bornes. Du coup, on a nagé 30 bornes dans la piscine de Dijon. C’est 30 bornes chacun ou 30 bornes en relais Non, 30 bornes en relais. Chacun. Chacun. Dans un côté de l’autre. Et puis, on s’est dit, autant faire en sorte que ça soit utile. Et donc, il y a une association dans le Nord qui s’appelle Lame de Joie, que tu connais probablement, Hermano, qui fournit des lames en carbone aux enfants pour pouvoir faire du sport. Et en fait, cette association-là, elle permet même à des sportifs comme Pierre-Antoine Bael d’être équipés et de partir aux Jeux olympiques. Donc, c’est une association qui fait un boulot extraordinaire. Et donc, on s’est rapprochés d’eux et on a essayé de voir comment est-ce qu’on pouvait faire pour récolter un petit peu des fonds. Voilà. Donc, c’était la première fois qu’on faisait ça. Donc, on avait monté une cagnotte à l’époque.
Ghislain : Et c’était assez fun de découvrir un peu la communication autour de ça, de voir que les médias étaient intéressés. Alors que nous, au départ, c’était juste un défi un peu débile où on le faisait pour nous. Mais on s’est rendu compte que ça pouvait aussi servir ce genre de cause. Et voilà. Donc, on avait récolté à l’époque quelques centaines d’euros. Ce qui n’était pas négligeable pour deux pin-pins comme nous. Et puis voilà, on a passé une super journée. Après, je savais que dans un coin de ma tête, j’avais l’étape d’après. Voilà. Un jour, faire un marathon en nageant. Ça faisait longtemps que ça me titillait. Et puis, mais je n’avais pas trouvé encore le moyen. Et je me souviens que l’été qui a suivi. J’ai passé pas mal de temps chez Quentin à la montagne. Et on était face au Mont Blanc plus ou moins avant ou après un tour du Mont Blanc à vélo. Et je lui ai dit mais attends, j’ai une idée. J’ai un truc là. Est-ce que ça te chauffe d’aller faire un marathon ? Mais là, j’ai trouvé un truc. Quitte à faire un marathon, autant le faire dans la plus belle piscine du monde. Et en fait, j’ai reconnecté ça avec le film. Avec le film l’Odyssée de Pi. Que j’avais revu voilà il y a quelques années avant. Et je m’étais dit un jour, ça aurait voulu nager dans cette piscine-là. Et donc là, c’est le genre de moment là où tu commences à penser plus qu’à ce truc-là. Tu te dis mais attends, toutes les étoiles sont connectées. Là, il y a un truc. Il faut faire ça quoi. Personne n’a fait ça. Et puis, ce que j’aime bien chez Quentin, c’est que ben lui…
Ermanno : Tu plantes la graine et puis tout de suite, tu as un chêne centenaire quoi.
Ghislain : C’est ça. Il a beau être ingénieur, il y a des fois des idées complètement débiles qui accrochent quand même sur lui. Et puis voilà, il m’a dit feu vert. Sauf qu’on s’est dit du coup comment est-ce qu’on peut en faire quelque chose. Et donc on s’est dit déjà on va appeler ça le marathon de Pi en hommage au film. Et puis voilà, à qui ça peut servir. Et on a pensé rapidement au Téléthon. Donc voilà. Et là, le projet a dû se mettre en place en l’espace de… En gros, je crois que c’était au mois d’août. Novembre. Et je pense que… Et je pense que voilà, on a eu à peu près trois mois pour mettre ça en place. Et au final, ce qui est rigolo, c’est qu’on a passé beaucoup plus de temps à organiser la chose de manière administrative et logistique. Plutôt qu’à s’entraider. Ce qui a posé d’autres problèmes. Mais du coup, c’était… Je pense que c’est vrai que c’est le projet le plus fun qu’on a réalisé pour l’instant. Et qui nous a fait un peu plus connaître auprès de certains médias. Et puis qui a élargi un petit peu notre… Notre notoriété. Mais… Mais voilà. Et donc, tu vois, d’une idée un peu à la con de faire un triathlon à la maison, tout seul dans notre coin, à finalement faire un marathon de nage dans la plus belle piscine du monde, ben voilà, c’était ça un peu le chemin. Voilà. Il y a eu d’autres choses avant, après, mais c’est vrai que c’est un peu comme ça que ça s’est construit.
Ermanno : Et quel rapport avec Ultra Solidaire, du coup ? Qu’est-ce que ça vous apporte de mettre en place ces défis sportifs ? Je cite à la con.
Ghislain : Déjà, une reconnaissance officielle. Qui était importante par rapport aux partenaires qu’on pouvait démarcher. D’autre part, d’un point de vue financier, c’est plus intéressant parce que, par exemple, la première canotte qu’on avait faite pour l’âme de joie, on avait fait une canotte litchi, comme tout le monde fait. Sauf que, ben en fait, litchi, ce qui est normal, prennent des frais dessus. Alors qu’en tant qu’association, on peut avoir un modèle financier qui est complètement différent et qui est beaucoup plus optimisé dans le sens où, si les gens font des dons, ils ont la possibilité déjà d’une part d’être défiscalisés. Et en plus, nous, il n’y a pas de part qui est perdue. Et 100% des dons qui sont faits sont reversés aux assos qu’on soutient sur ce genre d’événement. Donc en fait, tout le monde est gagnant avec ce format-là.
Ghislain : Donc voilà, c’est pour ça qu’on a opté plutôt pour ça. Et puis voilà, encore une fois, ça permet d’avoir une reconnaissance officielle. Pour la petite histoire, on n’a pas toujours été appelé Ultra-Solidaire. Au départ, quand on a créé l’association, au tout début, ça s’appelait Pour Donner des Ailes. On voulait que chaque défi se finisse par Pour Donner des Ailes, pour qu’il y ait toujours le nom de l’asso. Et puis après, on s’est rendu compte qu’il y avait quelque chose à faire sur Ultra-Solidaire. C’est un nom qui nous parlait bien et qui était peut-être plus simple aussi des fois à utiliser. Donc voilà, l’idée, c’est plutôt Ultra-Solidaire. Et puis après, à chaque projet… On essaie de trouver un nom assez chouette, assez marquant et plutôt, si possible, original.
Ermanno : OK. Sur le système de collecte de fonds qui permet aux associations de pouvoir reverser l’entièreté des dons qui sont faits, vous utilisez quoi du coup comme système, comme outil ?
Ghislain : Le top, c’est des outils comme Eloasso, par exemple. Là, il n’y a pas de commission. Les gens peuvent éventuellement, s’ils le souhaitent, faire une commission pour le site. Mais voilà, ce genre de choses. Et après, ce qu’on s’est aperçu, c’est aussi qu’il y avait beaucoup d’associations, en l’occurrence, c’est le cas pour Téléthon, qui ont des pages de collecte de fonds. Et à ce moment-là, en fait, c’est eux qui font bénéficier de la réduction fiscale. Et ça ne passe même pas par nous. Donc d’un point de vue comptable, c’est encore plus simple. C’était le cas, par exemple, en 2023, quand on a fait une collab avec l’association… C’était quoi ? C’était l’association Petit Prince. Là encore, ils avaient une page de collecte où l’avantage, c’est que tout est géré directement par eux. Nous, on ne touche pas aux sous. De toute façon, dans tous les cas, à 100%, on repartirait. Mais au moins, on n’a même pas cette gestion des flux-là.
Ermanno : Oui. Je posais la question parce que c’est vrai que la bonne Vécanote Litchi, qui est un peu rentrée dans les habitudes, en tout cas des Français, ils prennent quand même un cut assez intéressant, autour de 30%.
Ghislain : Ah oui. Peut-être pas tant que ça, mais oui, ça représentait quand même quelques pourcentages.
Ermanno : Oui. Et c’est vrai qu’il y a des solutions alternatives. Moi, ce que j’utilise, c’est un site WordPress et puis un plugin de donation. Et là, tu prends juste 1,5% qui sont les frais de la banque, que te prend la banque pour collecter les fonds. Mais le coût des pages, des associations ou des fondations que tu soutiens, ça marche aussi très bien. D’ailleurs, j’ai un de mes clients qui fait ces pages-là pour les grosses assos. Donc, ce sera l’occasion d’en parler aussi.
Ermanno : Et du coup, l’assos, elle vit… Enfin, l’objectif, c’est de… collecter des fonds pour la ou les causes que vous soutenez à travers ces défis. Et là, pour 2025, vous vous êtes fixé un petit défi, là, qui rappelle ce que vous vous êtes dit il y a 6 ans, quoi.
Ghislain : Vas-y, je te laisse quand tu en veux.
Quentin : Non, non, vas-y, vas-y, t’inquiète.
Ghislain : Ouais, ouais, bah écoute, là, cette année, effectivement, c’est un peu l’aboutissement d’un long chemin. Effectivement, comme on le disait, ça fait 6 ans qu’on a parlé de… qu’on a parlé de cette histoire-là de l’autileu. Et c’est vrai que c’était quand même pas… c’est pas… c’est pas une petite affaire. Voilà, il y a eu un chemin long avec pas mal d’obstacles, voilà, au niveau physique, au niveau… enfin, voilà, sur plein de choses différentes. Mais du coup, voilà, ce projet-là, il a failli se lancer les dernières, ça s’est pas fait, finalement. Mais on a réussi à faire quelques petits swimruns et on a réussi à avoir une qualification pour l’autileu. Et voilà, dans un coin de notre tête, on avait cette histoire de faire l’autileu et on se demandait aussi de quelle manière on pouvait le faire. Et là, c’est un petit peu différent par rapport aux autres projets qu’on a mis en place. C’est-à-dire que là, l’idée, c’est pas de récolter des fonds pour des causes, ce qu’on refera plus tard sur d’autres projets. Mais là, on sait… Là, on n’empêche pas l’autre, après. Comment ?
Ermanno : Là, on n’empêche pas l’autre, après. Si tu veux, je te fais une page de donation et puis tu récupères des fonds aussi. Ouais, ouais, ouais. Bah après, est-ce que…
Ghislain : Ce qu’il y a, c’est qu’il faut faire attention, des fois, à pas… Brouiller le message. Voilà, à pas brouiller le message parce que, des fois, on peut vouloir faire plein de choses, on peut finir par rien faire bien. Donc, on va essayer de mener notre projet jusqu’au bout. Et l’idée, c’est un petit peu à la fois une expérience pour nous, de voir si on est capable d’avoir un projet qui soit à la fois ambitieux et sobre au niveau de notre empreinte carbone sur les déplacés. Parce que, mine de rien, c’est un projet qui va nous mener à travers toute l’Europe. Pour l’OT2, mais aussi pour d’autres courses au fil de la saison. Et d’un autre côté, c’est, OK, est-ce qu’on peut pas se servir de cette expérience-là pour sensibiliser sur la cause du changement climatique, sur les actions qu’on peut mettre, nous, en place au quotidien et sur des événements un peu exceptionnels comme des déplacements pour des courses, mais pourquoi pas pour partir en vacances ou des choses comme ça. Donc, voilà, c’est à la fois une expérience et on va essayer de partager un petit peu là-dessus sur qu’est-ce qu’on trouve comme solution, quelles difficultés on rencontre, est-ce que c’est vraiment possible de faire quelque chose qui soit à la fois ambitieux et sobre, ou est-ce que c’est trop compliqué ? Ça se trouve, on se dira à la fin de l’année, bah non, en fait, ça marche pas. Donc, voilà, on verra. On voit que déjà, pour la première étape, on est confronté déjà à des contraintes qui sont pas évidentes, mais on va essayer de les surmonter avec les moyens du bord, avec des adaptations. Notre projet, au départ, il est de faire le minimum, et après, on est aussi conscient que des fois, on sera obligé de faire des compromis. Donc, voilà. Donc, l’idée, c’est… Ce projet, on l’appelle « highway to Otileu », parce que l’objectif, c’est de traverser l’Europe en train pour aller à l’Otileu, et pour participer à plusieurs Coupes du Monde de swimrun.
Ghislain : Voilà. Mais, voilà, sur ce chemin-là, des fois, il faudra s’adapter un petit peu. Par exemple, là, on a une course au week-end où on va essayer de se déplacer en train, et puis sur place, c’est compliqué, donc on va devoir louer une voiture électrique. Donc, voilà, il y a plein d’expériences qui vont être hyper intéressantes autour de ça.
Ermanno : Ouais, parce que j’allais dire, tu nous laisses un peu sur la fin. Tu dis « faire ça de façon sobre », mais qu’est-ce que ça veut dire « sobre » ? Donc, on l’aura compris. Essayer d’avoir un impact carbone le plus neutre ou le moins impactant, le plus faible possible pour se déplacer sur les différentes courses sur lesquelles vous allez aller pendant la saison, et puis avec, en point d’orgue, jusqu’à Otileu. Alors, pour ceux qui ne visualisent pas, bon, les courses, un petit peu, tout au long de la saison, il y en a un peu en France, un peu en Europe, etc. À la limite, on visualise assez facilement comment utiliser les différents moyens de transport, et en particulier le train. Mais Otileu, c’est où ? Ça reprend ? Tu te présentes quoi comme voyage ? Combien de temps ? Quelles difficultés ? Etc. Parce que la Suède, c’est quand même pas juste à côté par rapport à l’Italie, l’Espagne, la Belgique, la Suisse ou autre.
Ermanno : Évidemment, c’est une question rhétorique. Moi, j’ai déjà fait mon tracé.
Quentin : C’est ça. Tu connais déjà le parcours. On ne va peut-être pas prendre tout à fait le même, par contre. Non, mais effectivement, comme tu l’as dit, Otileu, c’est en Suède. C’est dans les archipels de Stockholm. Donc, c’est un bon trajet. Pour aller jusque-là, aujourd’hui, on a tracé notre route, si je puis dire. Donc, l’idée, ce serait de… Gislain sera dans les montagnes pour s’entraîner. Comme je le disais tout à l’heure, on a un beau terrain de jeu ici. Donc, il va venir faire un petit stage de préparation à la maison avant qu’on parte. Et l’idée, c’est de passer par la Suisse, l’Allemagne. Hum… Hum… Hum… C’est Berne… Hum… On va voir après Berne. C’est Hambourg. Hambourg. Malmö. Malmö. Et Malmö-Stockholm. OK. Donc, ça représente là, globalement, sans optimiser à fond les correspondances, les trains, on partirait le jeudi vers… Donc, la course est le lundi. L’idée, ce serait de partir le jeudi vers 11h50 du matin. Et on arriverait le vendredi à 17h. Donc, ça fait un temps de déplacement qui est de 26 heures. Hum… Pour être honnête, avant de préparer ça, je me suis dit, ça va prendre beaucoup plus de temps. Hum… Et au final, ça a été vraiment une belle surprise. Hum… Il y aurait six correspondances. Hum… Et surtout, un voyage, c’est l’aventure qui débute dès qu’on rentre dans le train, quoi. C’est vraiment un moment pour nous. Et… Et… Ouais. C’est l’aventure. Et on s’est dit que ce projet avait beaucoup plus de sens si on fait ça. C’est… C’est génial, quoi. C’est l’aventure qui commence dès qu’on ferme la porte. Donc… Donc, voilà. Et je crois qu’en temps de train, on est à 22 heures. J’ai pas encore bien analysé, mais je pense qu’il y a encore moyen d’optimiser des trains. Et de faire un voyage en 24 heures, moi, je pense que c’est jouable. 24 heures, porte à porte, c’est… C’est jouable. Donc, c’est un défi dans un défi. Ouais.
Ermanno : Je vous disais en off. Ce midi, j’enregistrais aussi avec d’autres gars qui sont au Verdon comme vous ce week-end. En l’occurrence, Arnaud Delustrac et son binôme Jérôme avec qui ils font partie de la team de la Kebab League, pardon. Et eux aussi vont y aller en train. Bon, ils arrivent plus tôt, par contre. Et ils nous ont soufflé le double train de nuit, ce qui peut être sympa. Donc, en partant de Paris, pour le coup, mais Paris-Hambourg en train de nuit. Après, un stop à Hambourg une partie de la journée. Et Hambourg-Stockholm en train de nuit. Donc, on a déjà fait notre tracé. Mais finalement, on va peut-être explorer cette option-là. Parce que ne serait-ce que même si on n’y va pas pour faire une place sur le podium, on y va pour profiter du voyage et de l’expérience. Ça peut être sympa d’arriver quand même un minimum reposé. Surtout que nous, on arrive encore 24 heures après vous. On arrive plutôt le samedi.
Quentin : OK.
Quentin : Effectivement, le train de nuit, nous, c’est quelque chose qu’on va viser. Et c’est pour ça que je dis en optimisant. Là, le train, je n’ai pas encore trouvé le train de nuit. Je n’ai pas encore trouvé les correspondances qui font qu’on arrive à attraper le train de nuit le jeudi soir. Mais c’est l’idée, justement. C’est d’arriver à ça. Moi, j’ai déjà utilisé pas mal de fois le train de nuit. J’ai mon frère qui habite à Toulouse. Et la ligne Paris-Toulouse en train, elle se fait super bien de nuit. Donc, moi, c’est quelque chose que je prône et que j’adore. Et donc, on continue dans ce sens-là.
Ermanno : Bon, c’est bien. Tu pourras venir t’entraîner avec moi quand tu iras voir ton frère. Parce que moi, je suis à Toulouse.
Quentin : Avec grand plaisir. Écoute, la prochaine fois que je descends, ce sera avec plaisir pour partager ça avec toi.
Ermanno : Bon, nickel. Mais au-delà de l’engagement que ça représente en termes de temps de déplacement, parce qu’on regarde un avion, Paris-Stockholm, c’est deux heures et demie. Donc, forcément, deux heures et demie versus 26 heures, ce n’est pas la même. En termes de fatigue, en termes de logistique, etc. Il y a aussi un impact financier. Parce qu’un billet d’avion, c’est 150 balles. En train, on n’est pas sur les mêmes volumes.
Quentin : Effectivement, le coût du billet de train n’est pas à mettre de côté. Aujourd’hui, oui, c’est à peu près le double sur un trajet, on va dire, sans réduction, sans chose comme ça. Il faut qu’on explore aussi la piste d’Interrail, de prendre une carte. Et pour voyager, justement, comme le disait Ghislain, on a d’autres courses qui sont prévues en Europe, notamment une en Suisse, Langadine, fin juin, début juillet. Là, c’est pareil. L’idée, c’est d’y aller en train. Donc, il faut qu’on analyse encore un petit peu plus ça. Et effectivement, il y a un coût financier qui n’est pas négligeable, mais qui se compense largement avec l’aventure qu’on va vivre. Bon, mais… Alors, ça peut être aussi, j’ai envie de dire, une optimisation des dépenses. Mais voyager en train de nuit, on économise une nuit d’hôtel. Donc, si on arrive plus tôt et qu’il faut qu’on réserve une nuit d’hôtel en plus, au final, le coût qu’on va gagner à aller plus vite, on va le dépenser dans un hôtel, alors que là, on sera dans le train et on sera en déplacement. Donc, quand on regarde l’impact, au final, en prix, il va être quasiment identique. Par contre, l’impact carbone, lui, par contre, ce n’est pas du tout le même.
Ermanno : Juste sur le… Le trajet vers Utileu, donc en partant des montagnes pour vous, vous avez regardé un petit peu la différence ou vous avez fait le calcul prévisionnel sur l’ensemble de votre saison ?
Quentin : ‘est-à-dire ? Je n’ai pas compris la question.
Ermanno : Est-ce que vous avez regardé la différence entre le trajet aller-retour en avion de Paris-Stockholm versus le trajet que vous allez faire vous en train ? Parce que dans votre plaquette de présentation, vous avez mis le calcul pour la saison 2025 jusqu’à Utileu, mais juste sur ce segment-là en particulier, vous avez regardé la différence ?
Ghislain : Oui, sur celui-là, alors moi, je l’ai. Il faut que je me l’amouette sous les yeux. Tac, tac, tac.
Quentin : Tu l’avais dans le tableau.
Ghislain : Oui, oui. Effectivement, c’est quelque chose qu’on a… Le comparatif que j’ai, c’est globalement, en avion, on est sur une tonne 450. Si on le faisait en voiture, on serait sur une tonne 20. Et si on le fait en train, on est théoriquement sur… C’est une estimation plutôt basse. Mais en gros, on est sur 9,5 kg d’émissions de CO2. Je précise que ça, c’est du théorique parce que c’est basé sur des chiffres français. Alors qu’en France, on sait qu’on a la chance d’avoir un parc nucléaire qui marche très bien et qui nous alimente beaucoup en électricité et donc qui alimente les trains. Maintenant, on est conscient aussi que quand on passe par des pays comme l’Allemagne, par exemple, qui produit son énergie principalement grâce aux mines de charbon, l’électricité a un coût en termes d’empreintes carbone plus important. Donc voilà. Au final, si on lise les chiffres, on se retrouverait globalement autour de 20 à 30 fois moins d’impact carbone en prenant le train par rapport à l’avion. Et puis aussi nettement moins par rapport à la voiture. Donc voilà. C’est sûr, si on voulait y aller, ne serait-ce qu’en covoiturage.
Ermanno : Ce qui est impressionnant parce que tu as dit combien ? Une tonne cinq si vous prenez l’avion juste sur ce trajet-là ?
Ghislain : Une tonne cinq, oui, pour les deux personnes. Ce n’est pas par tête.
Ermanno : Oui, mais une tonne cinq, donc tu divises par deux. On n’est quand même pas loin de la recommandation basse annuelle d’émissions de CO2 par individu.
Ghislain : Oui, c’est ça. Pour rappel, elle est de deux tonnes. Ce qu’on avait simulé au tout début du projet, alors encore une fois, ça a été fait de manière très simple avec tous les départs depuis Paris. On a pris un point central parce que moi, je suis de nord, lui, il est de la montagne. Globalement, tout à départ de Paris, on a fait une estimation. Et globalement, on serait à plus de cinq tonnes sur l’avion si à chaque étape, on y va en avion. On serait à plus de trois tonnes si on y allait en covoiturage. Et on se retrouverait, alors estimation très basse, moins de 200 kilos équivalent CO2. Dans la réalité, on se retrouverait plutôt aux alentours de peut-être 500, 600 kilos de CO2. Mais ce qui représente quand même déjà nettement moins que la voiture. On diviserait par cinq, six, sept. Et puis incomparable par rapport à l’avion. L’avion, globalement, si on faisait toute notre saison en avion, ça ferait plus de deux tonnes et demie chacun. En sachant que le GIEC recommande de se rapprocher des deux tonnes par personne par an. C’est-à-dire que rien que sur ce projet-là, on mangerait plus que notre budget carbone à l’année.
Ermanno : Sympa pour les autres. Merci les gars. Heureusement que vous prenez le train.
Ghislain : Exactement. Après, c’est intéressant la réaction que tu as. Parce qu’on ne veut pas du tout être culpabilisant. C’est un sujet qui est très complexe et qu’on aborde avec toute transparence. Dans le sens où, déjà d’une part, on n’est pas des experts. Il y a des gens qui s’y connaissent beaucoup mieux que nous. Nous, on se fie justement à des experts pour essayer de trouver des solutions. Et d’un autre côté, on n’est pas non plus exemplaires. C’est-à-dire que nous, on a fait chacun de notre côté depuis quelques années la démarche de faire un bilan carbone. Tous les ans. Pour savoir un petit peu quel est notre impact personnel. Et pour être encore une fois très transparent, on est tous les deux au-dessus de la moyenne française. La moyenne française se situe à peu près à 9 tonnes de CO2 par tête. Tu vois, moi, je suis plutôt aux alentours de 12-13. Parce qu’au quotidien, j’utilise ma voiture pour aller au travail et que je suis malheureusement contraint de le faire. Sauf si je voulais passer trois fois plus de temps.
Ermanno : Déménage, dis-le. Déménage. Habite à côté de ton boulot. Non, évidemment, je t’inquiète.
Ghislain : La contrainte, c’est que comme j’ai plusieurs boulots, du coup, ça serait déplacer une partie du problème. Mais au-delà de ça, encore une fois, on n’est pas parfait. On n’a pas vocation à l’être. Et c’est aussi ce qui nous permet d’avoir un message qui soit audible. Parce que s’il n’y avait que des gens parfaits qui parlaient de ces sujets-là, en fait, il n’y aurait personne qui en parlerait. Donc la question, c’est OK. Nous, on a envie. On a envie de faire des projets un peu fous. On a envie d’être ambitieux. Mais d’un autre côté, on a envie de voir si on peut le faire de manière responsable pour nous. Mais aussi parce que de toute façon, je pense que dans les générations qui viennent, ils auront moins le choix que d’utiliser ce genre de moyens de déplacement. Et donc voilà, c’est une expérience. Et encore une fois, aucun problème si certains souhaitent utiliser l’avion. C’est très bien. Enfin, l’avion, ça reste un truc génial. Enfin, il y a 100 ans, les gens rêvaient, pouvaient rêver de voler. Aujourd’hui, on peut le faire presque entre guillemets quand on veut à un coût qui n’est pas forcément démesuré. Et c’est un super outil. C’est un super outil pour aller découvrir le monde. Et voilà, je l’ai déjà utilisé. Quentin l’utilise régulièrement pour son boulot. Je suis certain que je le réutiliserai un jour. Mais par contre, dans la vision qu’on peut avoir, c’est que… On essaie de le garder pour des choses un peu exceptionnelles. Et que quand on a la possibilité de faire autrement, peut-être qu’on peut se poser la question de… Est-ce que quand on balance les choses, comme disait Quentin tout à l’heure, est-ce que finalement, ça ne peut pas être faisable autrement ? Il y a des choses pour lesquelles, non. Il y a des choses pour lesquelles l’avion reste et restera probablement la meilleure solution de transport. Mais il y en a d’autres comme ça, où au final, notre aventure, c’est une aventure sportive. OK, mais c’est aussi une aventure humaine. On a envie de passer ce temps-là ensemble avec notre staff. Je pense aussi à Mathilde, ma compagne, qui va nous accompagner. En fait, qu’on passe ce temps-là sur place ou qu’on passe ce temps-là dans le train, on va le passer ensemble. Donc en fait, on n’a pas besoin d’aller vite. On a juste besoin de passer du temps ensemble, tranquille. Voilà, c’est aussi une manière de passer des vacances aussi, tu vois. Donc voilà, la logique, elle est là. Et encore une fois, on ne veut culpabiliser personne. Parce que nous, on n’est pas parfaits, ni sur ce sujet-là, ni sur d’autres points.
Ermanno : Non, mais l’idée, de toute façon, c’était… Je taquinais tout à l’heure, mais c’est de ne surtout pas être donneur de leçons. Et puis effectivement, de faire chacun sa part du job. Donc être un peu chacun un colibri. Moi-même, j’essaie de me déplacer au maximum avec les transports. Et de toute façon, je ne peux plus conduire à cause de mes yeux. Mais j’ai quand même une épouse qui, elle, conduit et qui nous conduit un peu partout. En revanche, on a des enfants qui habitent au Luxembourg. Quand on va voir les enfants, les petits-enfants, la naissance du petit… Sur deux jours, ça paraît compliqué d’y aller en train. Parce qu’il faut déjà une journée pour monter et une journée pour revenir. Donc si c’est pour aller toucher le mur, embrasser le petit et revenir… On fait tout ce qu’on peut, comme on peut, quand on peut. C’est ça. Mais on fait un peu les colibris. On fait notre part du boulot.
Quentin : C’est ça, on essaye en tout cas. Et puis au-delà de ça, ça va créer des souvenirs. C’est l’aventure. Et je suis sûr que dans 20 ans, on se souviendra plus de notre trajet en train que si on y va en train plutôt qu’en avion. Enfin voilà. Parce qu’il y aura certainement des galères et ça va faire partie de l’aventure. Et c’est ça qui est chouette et qu’on recherche aussi.
Ermanno : D’ailleurs, on en parlait en off quand je vous demandais s’il y avait des tabous ou pas. Vous m’avez dit non, mais on peut parler des galères qu’on a rencontrées. Donc allez-y, c’est le moment pour inspirer les gens et se dire qu’est-ce qu’on peut faire, qu’est-ce qu’on peut pas faire. Quelle est la première anecdote un peu fun mais liée à une galère qui vous vient à l’idée ?
Ghislain : Je pense que Quentin, tu peux nous parler de la traversée de la Glade 6, je pense, Quentin.
Quentin : Je pense que celle-là, elle est pas mal. Elle est assez chouette. Du coup, dans toutes les idées un peu farfelues de Gislain, il y en a eu une, ça a été… C’est chouette quand même le lac d’Annecy, ça serait chouette qu’on le traverse. Et moi, la première réaction que j’ai eue, c’est OK, vas-y, on va regarder sur une carte. Le lac d’Annecy, la traversée, ça fait… Donc pour moi, ça faisait deux kilomètres si on faisait d’est en ouest. Donc je me suis dit bah oui, il n’y a pas de problème. J’ai dit ça, il m’a dit bah non. Non, non. Le but, c’est de traverser. De traverser du nord au sud. Il fait, je crois, 16, 15,5 kilomètres. Mais du coup, avec les retours, ça peut bouger un peu, je crois. Pas encore, mais potentiellement un jour. Il y aura l’aller-retour. Je précise que j’avais dit, ça serait cool d’arriver sous le pont des Amours. Oui, dans Annecy, pour ceux qui connaissent. Donc du coup, une fois de plus, je dis OK, vas-y, viens. On y va, on le tente. Et là, mais vraiment, on est arrivé sans préparation. Enfin, vraiment en amateur et en mode non, mais ça va être facile. On est des nageurs. On sait nager. Il n’y a pas de problème. C’est un lac. Il n’y a pas de courant. Il n’y a rien du tout. Bon, il va peut-être faire un peu froid, mais on a la combi. Il n’y a pas de problème. On n’a pas la combi. Et on n’avait pas la combi en plus. Oui, effectivement. Pardon, sur celui-là, on l’avait tenté sans combi la première fois, tant qu’à faire. Non, mais ce n’est pas utile. C’est pour ceux qui ne savent pas nager.
Quentin : Non, non, non, non. Déjà, on est arrivé la veille au soir. Donc, moi, j’ai une voiture que j’arrive à transformer en camping-car pour une nuit. Et le lendemain matin, on se réveille tranquille. Un peu de vent. Il fait froid. On se regarde. Déjà, c’était assez silencieux dans la voiture en prenant le petit-déj. Je pense qu’on ne faisait pas vraiment les malins. Donc, du coup, on arrive. Je ne sais pas. On s’était dit qu’on part assez tôt. Il devait être 8 heures. On se disait comme ça. On a le soleil. Ça va nous réchauffer. Donc, pour ceux qui connaissent, on est parti du sud du lac. Donc, vers Doussard. L’idée, c’était de faire du sud au nord. Et là, je ne sais pas, je pense au bout de 2 km. La stratégie, c’était de s’arrêter toutes les 20 minutes. On avait deux bouées rouges avec nous pour être vus et en cas de besoin. Et surtout, pour avoir les clés de voiture, pour gérer toute la logistique. Et voilà. Et au bout de 2 km, regard vide, on se dit mais qu’est-ce qu’on fait là ? Mais vraiment, qu’est-ce qu’on fait là ? Du vent qui commence à se lever, des vagues qui commencent à se créer. Je me dis mais attends, mais comment c’est possible d’avoir des vagues du courant dans un lac comme ça ? Et en fait, c’est… Ce n’est pas une base de loisirs. Non, ce n’est pas une base de loisirs. Et alors, honte à moi parce qu’à côté, je fais un peu de parapente. Donc, les vents, ce genre de choses, c’est des choses que je suis censé connaître. Mais là, je me suis dit mais non, ça va passer. Il n’y a pas de problème. Et en fait, on a eu le courant contre nous, je ne sais pas, à partir du deuxième kilomètre. Et au bout de 5 km, le lac, il y a un genre de crochet. Et là, on se dit non, mais il faut qu’on se mette sur le côté. On s’arrête. Gislain avait vraiment froid. Moi, le froid, j’arrivais encore bien à le gérer. Mais Gislain n’en pouvait plus. Du coup, on se pose sur une petite plage. C’était à Douain. Oui, à Douain. Et là, on se dit bon, on fait une petite sieste. Et puis, on réavise. On se réveille. Et là, on se regarde. Et on avait tout de suite compris qu’on va capituler tout de suite. Ça ne sert à rien de lutter. Donc, on a fait 5 km dans le froid.
Ermanno : Je vous imagine bien tous les deux après 5 bornes dans un lac avec une température glaciale à poil. Enfin, en maillot de bain parce que vous n’aviez pas la combi. Donc, en train de vous réchauffer tous les deux sur la plage.
Quentin : On attendait juste le soleil. Et on a été froid. Et du coup, on s’est dit mais par contre, là, on est au milieu du lac. Et nos voitures, elles sont aux opposés. Comment on fait ? Et donc, du coup, on a réfléchi un peu. Et puis là, il y a un bus qui passait. Donc, on est monté dans le bus pieds nus avec notre short torse nu. Le chauffeur, il nous a regardé avec des yeux. Mais qu’est-ce que vous faites là ? Et du coup, il nous a remonté à Annecy. Il y avait une voiture qui nous attendait à Annecy, la voiture de Gislin. Et on a traversé Annecy en short pieds nus avec notre bouée. Donc voilà, il n’y a aucune épreuve à prendre au pied. Voilà, il faut se préparer. Et du coup, on y est retourné un mois après avec beaucoup plus de préparation. L’idée d’arriver sous le pont des Amoureux, j’ai dit à Gislin, ça va peut-être la mettre de côté. On va prendre les courants dans notre sens. Donc cette fois-ci, on est parti d’Annecy de Vieux. Et on a nagé jusqu’à Douussart. Et là, ça s’est très bien passé. On a pris la combi aussi. On s’est dit ouais, on va quand même passer six heures dans la flotte. On n’a pas une très bonne acclimatation au froid. Puis ça va nous aider. Donc voilà. Donc jamais prendre des défis de haut. Et ça nous a mis une petite claque. Et ça fait du bien. Et en vrai, on s’en souvient. Et maintenant, on en rigole. Et tant mieux. Ça s’est très bien passé. Ça s’est très bien terminé.
Ermanno : C’est le genre de truc que je ne pourrais pas faire avec mon épouse. Parce qu’elle, elle voit toujours les problèmes en amont. Avant même que quelqu’un d’autre puisse s’imaginer qu’un jour, une chose pareille puisse intervenir. Donc elle, elle ne m’aurait même pas laissé prendre la bagnole pour aller faire du camping-car au départ. Ne serait-ce que pour déposer un pote. Elle m’a dit mais tu es complètement malade. Le mec, il va se noyer. Laisse tomber. Non.
Quentin : Donc ça se comprend. Je pourrais le partager. Mais c’est vrai que sur ça, j’anticipe beaucoup les choses. Mais dans ce genre de choses, je me dis qu’il ne faut pas se poser trop de questions non plus. C’est important de ne jamais se mettre en danger. La sécurité avant tout. Donc là, on avait les bouées. On ne s’est pas mis en danger. Mais voilà, il faut y aller des fois. Puis il y a l’échec. Et puis l’échec fait du bien aussi.
Ermanno : Bon et toi, Gislain, tu en as une en tête d’anecdotes ou de galères que vous avez rencontrées, que vous avez évidemment surmontées avec brio ?
Ghislain : Alors pour surmonter avec brio, ça, ce n’est pas sûr. Mais au final, oui. Je pense que c’est clair qu’on a eu des débuts en Sumrun qu’on peut qualifier de mouvementés.
Ghislain : Mais comme tout le monde, en fait.
Ermanno : Pour ceux qui ne voient pas la vidéo, les deux, ils sont morts de rire. Donc je pense que vous voyez bien tous les deux la même chose.
Ghislain : Je pense que quand tu discutes un peu avec des Sumruners, je pense qu’il n’y en a pas un seul qui te dit « Oh, mon premier Sumrun, classique, facile, ça s’est bien passé. » Jamais.
Ermanno : Moi, ça s’est super bien passé. Pour mon binôme, moins. Mais pour moi, ça a été…
Ghislain : D’accord. On en reparlera du coup à l’autre idée.
Ghislain : Mais ouais, non. Les débuts, moi, j’avais déjà fait quelques petits Sumrun avec des copains. Voilà. Mais des tout petits et des très simples. Voilà. On était, machin, dans de l’eau chaude et tout, pas de problème. Et donc l’année dernière, on avait prévu de lancer le projet alors qu’on n’avait jamais fait de Sumrun ensemble. Ce qui n’est déjà pas la meilleure idée du monde.
Ermanno : Tu sais que Fergus et moi, on ne s’est jamais vus encore. Donc on a lancé le projet, mais on ne s’est même jamais vus. Ce n’est même pas qu’on n’a jamais fait de Sumrun. On ne s’est jamais vus.
Ghislain : Eh bien, écoute, si tu veux, je peux te prédire comment ça va se passer. Je te donne un exemple. Premier Sumrun du coup de la saison au Verdon. Alors, Quentin avait été un peu embêté par son genou l’hiver l’année dernière. Et du coup, à la toute base, on aurait voulu faire l’Ultra du Verdon, qui est une course extraordinaire. Peut-être un des plus beaux Sumrun du monde. En tout cas, un des plus difficiles du circuit.
Ermanno : Et c’est celui sur lequel vous êtes ? Ce week-end ? Enfin, en tout cas, toi, Gislain ?
Ghislain : C’est ça, oui. Et du coup, on s’était plutôt replié sur le classique, qui a un format avec 28 km. Je pense qu’il doit y avoir peut-être bien 5 km de natte, quelque chose comme ça. Par contre, il est réputé pour être assez froid. Oui, 5 ou 6. Mais par contre, dans une eau assez fraîche. Et comme on aime bien les galères, on était assez servis. Parce qu’il se trouve qu’il a neigé 4 jours avant la course.
Ghislain : Donc, imagine l’environnement. Moi, je sais que j’ai rejoint Quentin chez lui peut-être une dizaine de jours avant la course. Chez lui, il avait neigé pas très longtemps avant. Il faisait une température glaciale. Dix jours avant, on s’est dit qu’on avait déjà fait quelques douches froides. On s’est dit que c’était au moins le minimum. Mais par contre, on avait un peu attendu avant de tester la nage en eau froide. Et donc, on l’a fait au lac de Passy. En dessous de Chamonix. Qui est un lac qui a une température à peu près équivalente à celle du lac de Sainte Croix dans le Verdon. Et Quentin a testé un peu ça avant que j’arrive. En y allant progressivement. Mais sauf que même en y allant progressivement, je crois que la deuxième ou troisième fois, il a fait une petite hypothermie, Quentin. Et il a eu le droit de choper un bon rhume à une semaine de la course. Ce qui est toujours sympathique. Ce qui ne lui permettait pas de nager déjà pendant la dernière semaine.
Ermanno : Mais ce n’est pas grave, tu fais du tapering. C’est l’affûtage.
Ghislain : C’est ça, voilà. Ça, c’est pour se rassurer. Et du coup, moi, je suis arrivé. Je me suis dit, écoute, il faut y aller aussi un petit peu. Histoire de voir ce que ça donne. Parce que là, il n’y avait plus trop de doute sur le fait que l’eau soit fraîche. Parce qu’on savait qu’il neigeait à ce moment-là, là-bas. Donc, moi, j’ai fait la même chose. Alors, j’ai commencé par 250 mètres. Ce qui met déjà un bon taquet. Parce que je me suis dit, 250 mètres, ce n’est quand même pas beaucoup. Par rapport à 6 km. Déjà, ça, compliqué. La deuxième fois, j’ai dû faire 400 ou 500 mètres. Je me suis dit, OK, les sensations des deux premières minutes, elles passent. Mais après, ça fait quand même froid. Et le troisième jour, je crois que j’ai fait 800 mètres. Et je me suis aperçu qu’en fait, à partir de 500 mètres, je ne sentais plus mes bras. Et mes bras tournaient machinalement. Mais je ne contractais plus mes doigts et tout. Là, on s’est dit, ça va quand même être compliqué, cette histoire. Et donc, on s’est retrouvé au fin fond du… Au fin fond du Verdon, dans un truc paumé. Le matin de la course, je me rappelle, Quentin, il faisait une tête. Je ne l’ai jamais vu comme ça. Et il n’avait pas du tout envie d’y aller. Moi, j’étais en mode, bon, de toute façon, on y est. Il faut y aller, quoi. Parce que la veille, on est arrivé. On a mis les jambes dans l’eau. On s’est dit, mais ce n’est pas possible de nier. Voilà, il se trouve que l’eau dans le lac était à 10 degrés. Et dans les gorges, elle était à 8 degrés.
Ermanno : Ah oui, mais donc, c’est même plus froid qu’à Utileu.
Ghislain : Oui, non, mais c’était… Vraiment, ils ont dû aménager les parcours. Parce qu’en fait, sur les crêtes, en haut, c’était enneigé quelques jours avant. Et puis parce qu’en fait, avec la fonte des neiges, et en plus avec le vent qui était orienté d’une certaine manière, en fait, on avait de l’air froid qui arrivait. Donc, en fait, il faisait à la fois froid dans l’eau, mais aussi, il y avait du vent froid. Et donc, vraiment, les conditions étaient magnifiques pour prendre une belle fessée. Et autant te dire qu’on l’a bien prise. Et dans ces cas-là, dans ces cas-là, c’est toujours les moments où tu prends les bonnes décisions. Et Quentin, il s’est dit, il s’est dit, pour ne pas avoir froid, il faut que je pète plusieurs couches.
Ghislain : Mais sauf que pour un premier swimrun, oui, tu peux tester. Mais sauf qu’on s’est aperçu que c’était une erreur. Et qu’à la première natation, alors Quentin, c’est plutôt lui le gros nageur parmi nous deux. Donc, il est censé être devant. Il est parti devant. Mais il a été devant à peu près 20 mètres jusqu’au moment où je le rattrape.
Ghislain : Je le rattrape en me disant, il va se caler sur moi, il m’attendait peut-être. Et puis, je me dis, je me mets devant lui. Il va s’accrocher. Et puis, je me retourne un peu. Il ne s’est pas accroché. Et puis, je ralentis. Et puis, il n’arrive pas. Et puis, je m’arrête. Et puis, il n’arrive pas. Et là, je me dis, on a fait 200 mètres dans le bazar. On n’avait pas la longe, bien sûr, parce qu’on n’était pas équipé à ce moment-là.
Quentin : Il déplaque tout petit, un full boy ridicule.
Ghislain : C’est ça, voilà. Et donc là, je me dis, OK, bon, c’est la première night. Il faut qu’il se chauffe. Il a des grosses épaules. C’est toujours un peu compliqué dans la combi, machin.
Ghislain : Donc, on arrive quand même au bout de cette première night. Il devait faire quelque chose comme 400 mètres, je pense. Déjà un peu choqué parce que 400 mètres dans l’eau à 10 degrés à 6 heures du matin, tu imagines bien ce que ça donne. Et puis, du coup, petite course à pied. On replonge. Et là, rebelote. Je vois Quentin. Enfin, il fait la bouée, quoi. Et donc, même, il y a des moments où je reviens vers lui. Alors que c’est lui qui est censé être le gros nageur. Et donc là, on se rend compte qu’on va être dans une journée un peu compliquée. Et puis, ça a été ça toute la course. Donc, tu imagines bien que le calvaire que ça a été, le chemin de croix. Donc, c’était compliqué sur le moment. Je me souviens de Quentin. Ce n’était pas évident. Maintenant, on en rigole parce que c’est comme tout. Ça reste une expérience.
Quentin : C’est une très bonne expérience au final.
Ghislain : Ce qui est bien, c’est que… Je pense qu’il aime les fessées parce qu’il en a repris une deux mois plus tard. À Engadin, on s’est dit, c’est bon, là, on a un peu d’expérience, machin et tout. Elle va être plus chaude. Non. En Suisse, en dessous des glaciers, on s’est pris une eau pareil entre 10 et 12 avec des fois des torrents qui arrivaient directement du glacier. Avec des passages très, très froids. C’est ça. Et voilà. Donc après, avec une préparation qui n’avait pas été évidente du côté de Quentin aussi sur la partie à pied. Donc là, on s’est dit. Là, le projet, même en lui-même, était un peu remis en question parce qu’on s’est dit. Mais en fait, c’est vraiment un vrai truc. Il ne suffit pas de savoir nager et courir pour faire le Sumrun. Il y a plein de choses à faire au niveau du matos, au niveau de l’adaptation à l’environnement, au niveau de la stratégie de course. Il y a énormément de choses. Et là, en gros, on est des peintres.
Ermanno : Et puis les pinceaux pour nager, ce n’est pas l’idéal.
Ghislain : Ouais. C’est sûr. Et du coup, après, on en rigole aussi parce qu’on a réussi depuis à trouver des solutions. Et c’est là que c’est cool. Il y a l’ingénieur chez Quentin qui a pris le dessus sur les émotions. Et au final, on s’est rendu compte qu’en changeant un peu de matériel avec des combis adaptés, avec des plaquettes qui sont adaptées, avec des pull-buys qui sont adaptés, avec une bonne longe bien réglée, avec une bonne stratégie. On s’est rendu compte qu’en fait, la course pouvait être complètement différente. Et je me souviens, on a fait une super session d’entraînement quelques jours avant le Sumrunman de Lafraie près de Grenoble. Et je sais que ça a été un gros déclic pour nous deux parce qu’on s’est dit, OK, là, maintenant, ça y est, on est des Sumrunners. Alors là, ça fait bien quand on le dit comme ça. Quand tu nous voyais sur la plage avec nos combinaisons, nos plaquettes, nos lunettes, à courir avec nos bonnets au milieu des temps, les touristes qui étaient là en train de prendre leur pique-nique, imagine bien que pour eux, c’était pas genre, ça y est, ils sont prêts pour leur Sumrun. C’était genre, mais qu’est-ce qu’ils foutent là, ces gars-là ? Ça ressemblait clairement à ça. Et je crois qu’il y avait tout le monde qui nous regardait comme ça sortir de l’eau, plonger, aller courir, machin. On est passé complètement pour les tarés. Mais c’est ce qui nous a fait passer un cap. Et tu vois, il y a des choses qui sont chiffrées toutes simples. On sait qu’avant, on prenait 25 à 30 secondes par transition. Et on sait qu’en Sumrun, il y en a quand même pas mal, des transitions. Sur la fin de l’entraînement, on mettait entre 5 et 10 secondes par transition. Tu vois, sur la mise à l’eau ou pour sortir de l’eau. Voilà, en optimisant à chaque fois l’utilisation du matériel, la communication entre nous. Et en fait, tu t’aperçois que sans être plus fort, juste avec une bonne organisation, une bonne communication, du matériel maîtrisé, adapté, en fait, l’épreuve, elle n’est plus la même. Et c’est vrai qu’on s’est pointé à la fraie. On s’est pointé à la fraie pour le coup. Là, vraiment, presque. On s’est préparé en mode, ok, ça y est, maintenant, on sait faire du Sumrun. Et la course a été complètement différente.
Ermanno : Oui, j’imagine. Je pense qu’avec Fergus, on serait un petit peu mieux préparé. Déjà parce qu’on produit le podcast Road to Utilo avec cet objectif-là, de comprendre comment ça marche et puis de transmettre aux autres. On est des fervents adeptes du podcast l’instant Sumrun. J’imagine que vous connaissez un petit peu. Un petit peu. Avec un mec qui fait un peu le Sumrun qui n’est pas trop mauvais. Mathieu, Mathieu, Mathieu. On t’embrasse, Math. Qui est l’actuel champion du monde en titre avec son binôme. Et puis, on va se tester quand même. Fergus en a déjà fait un en solo. Et il en a fait un à Jablin la semaine dernière avec une binôme. Et puis, moi, j’en ai déjà fait un. On va quand même essayer de se retrouver. Et puis, on a un dénominateur commun, en fait, dans notre équipe. C’est notre entraîneur, Christophe Liamas, qui nous dit… Déjà, qui nous a mis en relation parce qu’on avait un peu le même projet, mais pas forcément au même moment. Donc, de mon côté, ça s’est accéléré. Et puis, surtout qu’il voit nos stats. Et il nous dit, quand vous vous entraînez, parce que moi, ça fait un mois et demi que je ne fais plus rien, vous êtes à peu près du même niveau dans les deux disciplines. Donc, ça devrait bien coller.
Ermanno : Quentin, Gislain, il balançait que pour le premier swimrun, tu avais mis plusieurs couches. C’est-à-dire, tu as mis plusieurs néos. C’est quoi la connerie que tu as faite, en fait ?
Quentin : J’ai mis un tee-shirt en lycra de surf. Alors, vraiment chose à ne pas faire. Comme le disait Gislain, on n’avait pas les combis adaptés. Et moi, j’avoue qu’en tant qu’ancien nageur, je nage beaucoup avec les épaules. Donc, j’ai besoin d’une bonne mobilité au niveau des épaules. Et là, ça a été… Ah ouais, j’avais chaud. Au niveau des épaules, il n’y avait pas de problème. Mais il ne bougeait plus. Et du coup, en termes de mobilité avec le froid, la crispation, ça a été une grosse erreur d’utiliser ce tee-shirt en lycra. Mais moi, je me suis dit, c’est un lycra, c’est assez souple, il n’y a pas de problème. Et pareil, une combinaison qui descendait juste au niveau des bras. Voilà. Et ça, ça a été un gros changement pour moi aussi, pour ce que disait Gislain pour l’Afraie, ça a été de passer sur une combi sans manche. Oui. En tant que nageur, moi, j’avais ce besoin-là, d’avoir vraiment ma mobilité au niveau des épaules. Et ça a fait une belle différence. Ça a bien aidé.
Ermanno : C’est un peu le débat qu’on a en ce moment entre Fergus, Christophe et moi, en mode, on y va en sans manche ou on y va avec des manches qui descendent au niveau des… enfin, un peu au-dessus des coudes.
Ermanno : Et Fergus a déjà un shorty, donc une combi qui va quasiment jusqu’aux coudes et qui s’arrête au-dessus du genou. Et moi, je me dis que si on pousse aussi notre engagement écologique jusque-là, on ne va peut-être pas y aller avec deux néos chacun pour voir et puis adapter au fur et à mesure avec le temps qu’il fera ou voir même juste pour tester. Et puis après, non, on va partir tous les deux sur un shorty. Et puis de toute façon, on n’y va pas pour gagner. Parce que toi, l’ingénieur en textile, tu dois bien savoir le coût écologique que représente de fabriquer un néo. Donc si en plus, on y va avec deux juste pour tester, et puis ça se trouve, il y en aura un qui restera dans le placard. Et puis soit on le revendra, soit on va l’oublier. Écologiquement parlant, ce n’est pas l’idéal.
Quentin : Ah non, de toute façon, à partir du moment où tu produis, tu as un impact. Donc non, tu te confirmes que si tu peux partir avec ton matos. Après, attention, Gislain qui est aussi bon nageur, lui, il est en shorty avec des manches qui viennent au-dessus du coude. Et ça lui convient très bien. Oui. Ça, je pense que c’est vraiment propre à chacun. C’est propre à la morphologie. Voilà. C’est quelque chose qui… Si… Le meilleur conseil que je peux te donner, c’est si tu as quelqu’un qui a une sans manche et quelqu’un qui a une avec manche, qui peut te la prêter et tu peux tester, pour te faire ton avis, c’est le mieux. C’est l’idéal. Vraiment, tu essaies, tu regardes comment tu te sens, tu vas nager un petit peu avec, et tu regardes comment tu te sens. C’est vraiment le meilleur conseil que je peux te donner.
Ermanno : Bon, petit appel aux swimrunners et swimruneuses parce que je commence à grossir, donc je commence à avoir de la poitrine. Si vous avez envie de me prêter un Néo pour que je teste, ce sera avec grand plaisir.
Ghislain : Vas-y. Peut-être pour compléter par rapport à ça, c’est vrai que dans la démarche, on a la chance d’être aidé par une marque. Je ne sais pas si on peut citer les marques. Vas-y, vas-y.
Ermanno : Ce n’est pas la radio, au contraire.
Ghislain : On a la chance d’être aidé par ZOX sur ce projet-là, qui est d’ailleurs une super marque qui soutient à mort le swimrun en France avec principalement des aides sur le circuit swimrunman, qui fait des super regards.
Ermanno : ZOX, on les connaît surtout pour les lunettes, mais ils font aussi d’autres matos.
Ghislain : ZOX, oui, ils font du matos de natation, triathlon et swimrun. Et c’est vrai que je trouve que le conseil de Quentin, il est vraiment cool. Et s’il n’y a pas des personnes qui peuvent prêter des combinaisons du matériel, il faut voir aussi que sur la plupart des swimruns, en tout cas, c’est le cas sur le swimrunman, avec ZOX, il y a la possibilité de louer des combinaisons sur place et donc de tester du matériel sur les premières courses pour ceux qui sont un peu débutants. Après, ce qu’on a tendance, nous, à conseiller, c’est une fois que vous accrochez au swimrun, autant investir plutôt sur du bon matériel, quitte à le revendre plus tard, mais plutôt du matériel de qualité qui sera avec des matériaux peut-être plus respectueux, qui tiendra peut-être plus longtemps et surtout qui servira dans différentes conditions. C’est-à-dire, ne pas prendre une combi light pour l’été et puis une combi chaude quand on va aller en Suède, mais plutôt prendre quelque chose qui peut être un peu polyvalent pour ne pas multiplier le matériel.
Ermanno : Les pneus 4 saisons plutôt que la paire de pneus été et puis la paire de pneus hiver.
Ghislain : Voilà, exactement. En sachant qu’en plus, même une combinaison shorty, comme tu dis, il y a toujours la possibilité de rajouter des manchons au niveau des bras pour avoir un petit peu plus de maintien thermique. De la même manière, il existe aussi des manchons pour les jambes que nous, on n’utilise pas parce qu’on n’y trouve pas forcément d’intérêt, mais qui peuvent être intéressants pour certains si ça fonctionne avec eux. Mais voilà, je pense que l’idée, c’est effectivement de tester dans un premier temps. D’ailleurs, de manière plus globale, ne pas investir dans du matériel quand on n’est pas sûr de faire une activité. C’est un conseil tout bête, mais c’est quand même toujours bon à mettre en place, à la fois pour faire des économies, financières, mais aussi pour ne pas acheter inutilement des choses. Et puis voilà. Et après, plutôt du bon matériel. Encore une fois, il y a plein de marques qui font du très bon matos maintenant en swimrun avec, encore une fois, dans les gammes plus qualitatives, vraiment du néoprène de qualité qui est hyper flex au niveau des épaules, mais qui quand même protège du froid sur le reste du corps.
Ermanno : Ok. Juste le petit point matériel, on y reste. On prendra le sujet. Chez Decathlon, vous avez du matos spécifique swimrun ou ça va plutôt être du matos de natation, du matos de course à pied qu’on va pouvoir adopter, adapter pour le swimrun ?
Quentin : Non, Decathlon a développé son propre matériel de swimrun. Donc pour un swimrunner qui voudrait s’équiper, Decathlon propose
Quentin : l’intégralité, je dirais, en tout cas pour commencer. Donc on a le pull boy, on a les plaquettes, on a les lunettes, on a la combinaison. Donc Gislain, lui, est avec une combinaison décathlon, encore aujourd’hui.
Quentin : Après, chaussures, on peut prendre n’importe quel type de chaussures de course à pied, ça, il n’y a pas de problème.
Ermanno : Tiens, j’en profite sur les chaussures, ce n’est pas Decathlon, mais moi je suis ambassadeur Sagaro, qui sont des chaussures pieds nus. Et franchement, je recommande, notamment pour le swimrun, parce que c’est plus léger. Alors après, il faut être adapté à courir quasi pieds nus, mais franchement, c’est top. Donc si vous voulez le code, je le mettrais dans les notes de l’épisode.
Quentin : Ok, bah écoute, avec plaisir, et moi c’est quelque chose sur lequel je m’oriente, en tout cas, comme le disait Gislain tout à l’heure, j’ai des petits problèmes au niveau du genou. Donc voilà, il y a pas mal de choses qui sont mises en place, et notamment le minimalisme qui peut être une bonne piste, et en tout cas que j’étudie de plus en plus.
Ermanno : Non, t’es pas au Verdon toi aujourd’hui, mais sinon, il y avait Mathieu Poulain, qui est champion du monde en titre, mais qui est aussi kiné et adepte, enfin en tout cas connaisseur de la course pieds nus et ou minimaliste, et t’aurais pu aller le voir, mais c’est pas grave, Gislain, il ira pour toi.
Quentin : C’est ça.
Quentin : Donc voilà, pour répondre à ta question, effectivement, Decathlon propose, en tout cas, on peut s’équiper pour faire un swimrun chez Decathlon.
Ermanno : Intéressant ça, et du coup, tu en trouves dans tous les magasins, ou c’est juste certains magasins spécifiques, ou alors il faut commander, et puis après aller dans le magasin ?
Quentin : Plutôt spécifique. Alors je vais pas rentrer dans le détail, mais globalement, tous les magasins Decathlon ne font pas la même taille, donc c’est pas les mêmes produits en rayon. Pour être sûr, je conseille de plutôt regarder sur internet. Et de se faire livrer dans un Decathlon qui est à côté de chez soi.
Ermanno : On en parlera en off, parce que justement, je voudrais tester, mais tester en achetant en ligne, c’est pas l’idéal, et puis on en revient aussi au débat, je vais me faire livrer une taille, si ça va pas, je vais le renvoyer, puis je vais me faire livrer la deuxième, et on a un impact écologique non négligeable aussi là-dessus, donc c’est peut-être pas la meilleure décision. Donc autant aller tester, même si on sera pas en conditions réelles, mais au moins aller au magasin, enfiler la combi, on commence à voir tout de suite, en faisant 4 tours de bras, si ça passe ou si ça passe pas.
Ermanno : Les gars, est-ce qu’il y avait des sujets qu’on n’avait pas abordés, que vous auriez voulu toucher du doigt aujourd’hui ?
Ghislain : Non, non, non, après je pense qu’on a fait un tour assez large de ce qu’on a pu vivre, du projet, maintenant il va falloir tout mettre en place maintenant.
Ermanno : Maintenant il va falloir le faire, et puis on se voit le 1er septembre.
Ermanno : Exactement. J’ai une dernière petite question, comment est-ce qu’on vous suit, comment est-ce qu’on vous accompagne, comment est-ce qu’on vous soutient, où est-ce qu’on communique avec vous ?
Ermanno : Vous m’avez entendu ?
Quentin : Oui, pardon. Du coup, pour nous suivre, donc on a une page Insta ultra solidaire, on pourra te donner les liens et tu pourras les mettre dans…
Quentin : et après pour nous envoyer, alors je ne me souviens plus de l’adresse, c’est… Gislain…
Ghislain : Ah pardon, ouais ouais, après déjà le compte Instagram effectivement c’est ultra solidaire, mais on le renomme à chaque projet, donc là le projet c’est Railway2Otileu, donc R-A-I-L-W-I-Y-2 et ensuite Otileu, E-O-T-I-2-L-O et effectivement après s’il y a des gens qui veulent nous contacter par mail, on a l’adresse ultrasolidaire arrobasgmail.com en sachant qu’on est toujours comme toi à la recherche de nouveaux partenaires sur ce projet-là, donc s’il y a des entreprises par exemple qui sont intéressées pour s’associer au projet, communiquer sur
Ghislain : les valeurs que nous on essaye de transmettre, on serait hyper content de discuter avec des nouvelles personnes. Et puis voir s’il y a moyen de collaborer.
Ermanno : Super, et bien les gars, merci beaucoup, j’espère que vous avez passé un bon moment derrière mon micro, et puis on se donne rendez-vous lundi 1er septembre, enfin non on se verra peut-être samedi ou dimanche déjà, avant de prendre la navette.
Ghislain : Ouais carrément, et puis encore une fois, merci à toi Hermano, on est rentrés en contact il y a quelques semaines et c’est vrai que beaucoup le disent, mais c’est vrai que c’est chouette d’avoir quelqu’un comme toi, alors déjà qui fait parler du triathlon,
Ermanno : attention je vais rougir les gars,
Ghislain : mais c’est vrai que c’est assez impressionnant ta capacité à être bienveillant et enthousiaste, on parle d’un truc et t’es tout de suite au taquet, donc c’est cool d’avoir des gens comme toi encore une fois, qui permettent d’ouvrir le sport à plein de monde, que ce soit pour des gens pour la performance, pour du loisir, etc. Donc voilà, un grand merci à toi pour ce que tu apportes avec ton podcast.
Ermanno : Merci, c’est super, franchement. Merci beaucoup. À bientôt.
Quentin : Merci, à très vite. Rendez-vous à Stockholm.
Quentin : En complément de ce qu’on a apporté tout à l’heure comme information, si vous voulez pousser un petit peu les recherches, voir votre impact carbone et vous sensibiliser, il y a différentes façons de faire. La première, c’est la fresque du climat. C’est des choses qui vous permettent de prendre conscience de comment notre monde évolue, quelles sont les causes et les conséquences, et ça donne vraiment un bel aperçu. C’est des choses qui peuvent être facilement mises en place dans vos entreprises, même dans le côté personnel. Ça peut être des choses qui se font avec la famille, pour sensibiliser vraiment tout le monde et avoir des notions. Et la deuxième chose, on en parlait tout à l’heure avec Gislain sur notre calcul d’impact CO2. Il y a différentes plateformes qui permettent de le faire, et il y en a une qui est particulièrement sympa qui est faite par l’entreprise de Jean Covici, c’est MyCO2. Ça permet de calculer votre empreinte carbone et de pouvoir mesurer toutes les actions que vous faites et avoir votre impact sur la planète. Vas-y, ton tour.
Ghislain : Pour rebondir sur ce que dit Quentin, c’est hyper important pour être capable de modifier des choses, d’avoir des valeurs qui sont chiffrées. Les triathlètes sont très forts là-dessus, ils sont très férus de data. C’est hyper important qu’on puisse faire un diagnostic à un moment donné sur quelle est mon empreinte carbone, quelle est l’allocation des différentes empreintes en fonction de la mobilité, la nourriture, le chauffage, etc. Et à partir de ces données-là, d’être capable de se dire sur quoi je peux jouer
Ghislain : et d’aider, toujours pas d’être parfait, mais d’être capable de progresser petit à petit, d’année en année, avec des choses réalistes à mettre en place. À côté de ça, si ça t’intéresse, on peut avoir une petite métaphore pour que les enjeux soient compréhensibles. On sait qu’au podcast, on parle souvent de l’entraînement, comment gérer sa charge, le surentraînement, etc. On aime bien l’image qu’on peut avoir entre la terre et le triathlète. Si on imagine que la terre, c’est un triathlète, on peut considérer qu’elle a trois disciplines à gérer, à la fois l’air, le fait d’avoir une atmosphère stable, un climat vivable, l’eau, les ressources hydriques, les océans, etc. Et puis, les ressources naturelles. Du coup, les forêts, les sols, les énergies, la biodiversité. Si on considère que l’entraînement, c’est l’exploitation des ressources, à chaque fois qu’on utilise du pétrole, qu’on coupe une forêt, qu’on pompe dans une nappe phratique, c’est un peu comme si on s’entraînait.
Ghislain : On exige plus. Et pour produire plus, on consomme plus, on se déplace plus vite, etc. L’analogie, c’est que le surentraînement, c’est un peu la surexploitation de ces ressources-là. Mais à force de vouloir progresser sans pause, on oublie la récupération. Le résultat, c’est que la terre montre des signes de surentraînement sévère. L’épuisement des ressources, comme les muscles après l’effort, le réchauffement climatique, comme la fièvre qu’on peut avoir, la perte de biodiversité qui peut refléter l’affaiblissement immunitaire et les événements extrêmes qu’on peut comparer aux crampes voire aux blessures musculaires qu’on peut avoir. En triathlon, on sait que la récupération, c’est important. Pour la terre, la récupération, c’est ce qui permet de régénérer les écosystèmes. Comme un triathlète, la terre a besoin de s’adapter pour revenir plus forte. Quand on se repose musculairement, il faut savoir que la terre a besoin de laisser ses écosystèmes se renouveler. On doit réduire l’intensité d’entraînement. C’est l’équivalent de la sobriété énergétique qu’on peut mettre en place ou d’adopter une consommation plus raisonnée. On doit, en tant que triathlète, prendre soin de notre hygiène de vie. Ça peut se comparer à avoir une agriculture plus durable, utiliser des énergies renouvelables, etc. Si on arrive à mettre en place ces choses-là en tant que triathlète, on sait qu’on peut progresser de manière durable. De la même manière, si une société veut progresser de manière durable dans le temps, ça va nécessiter tout ce qu’on peut mettre en place en termes de récupération, petit à petit, de manière raisonnable. Si on veut que ça fonctionne, et si on ne le fait pas, on risque potentiellement de se blesser. Nous, à l’échelle de la terre, on ne sait pas trop ce que ça veut dire une blessure, mais on n’a pas forcément trop envie de voir ce que ça peut donner.
Ermanno : C’était Devenir Triathlète x OpenTri. Merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Nous, on a pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer. Alors si ça vous a plu, vous pouvez nous suivre sur nos réseaux sociaux, Instagram, LinkedIn et Facebook. On se rejoint maintenant sur devenir-triathlète.com Vous allez retrouver l’ensemble des épisodes, mais aussi des outils, des ressources et des conseils gratuits pour débuter, progresser ou performer en triathlon. On ajoute toutes les semaines de nouvelles ressources. Si vous avez une idée d’invité, n’hésitez pas à nous envoyer un message et si vous voulez être accompagné sur vos prochains objectifs sportifs, connectez-vous sur OpenTri.fr et on se fera un plaisir de vous aider. N’hésitez pas, on se retrouve tout de suite sur devenir-triathlète.com et OpenTri.fr. Salut les sportifs !
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