#445 [CONSEILS D’EXPERTS] Comment devenir un triathlète efficace en natation ? (Avec Pierre Tortereau)

🎙️ Dans cet épisode, on reçoit Pierre Tortereau, un ancien nageur devenu entraineur. Nous l’avions déjà reçu en 2023, dans un épisode qui avait beaucoup plu. Aujourd’hui, on revient ensemble sur les fondamentaux techniques pour construire une nage efficace en triathlon.

💬 On y parle :

  • Horizontalité, prise d’appui, respiration, engagement du bras… 🏊
  • Impact de l’utilisation du matériel sur la technique de nage 🧐
  • Exercices à effectuer en dehors de l’eau pour améliorer sa technique 🏋️‍♀️

Vous voulez franchir un cap en natation pour performer sur vos prochains triathlon ? Cet épisode est fait pour vous !

📗 Ressources :

🏃🏼‍♀️ Notre invité :

💬 La transcription de l’épisode

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Ermanno : 3, 2, 1… Salut les sportifs, c’est Ermanno, et je suis très heureux de vous recevoir sur un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète X OpenTri. Aujourd’hui, je suis tout seul à animer cet épisode. Je ne co-anime pas, justement. En revanche, j’ai un invité qui était déjà venu dans le podcast il y a quelques mois. Je suis très heureux de retendre le micro à Pierre Tortero. Salut, Pierre.

Pierre TORTEREAU : Salut, Ermanno, salut tout le monde. Merci pour l’invitation, je ne sais pas, vu qu’on s’est échangé par message et que c’est peut-être moi qui ai proposé. Mais en tout cas, je suis content d’être là.

Ermanno : Non, mais écoute, c’est moi qui te remercie d’avoir proposé de refaire le point. Alors, pour ceux qui n’ont pas suivi, tu t’es déjà passé il y a deux ans dans le podcast, et je t’avais contacté parce qu’on abordait un sujet, primordial. Moi, j’adore ta tagline, c’est en gros, les triathlètes ne savent pas nager. Est-ce que ça a changé depuis deux ans ?

Pierre TORTEREAU : Oui, alors comme on disait juste avant, ils savent nager. Ce qu’on veut, c’est nager soit plus vite, soit en dépensant moins d’énergie, en tout cas en nageant plus facilement, plus longtemps. Les deux, d’ailleurs, dans l’idéal, généralement, quand tu vas plus vite, des fois, tu sens que ça passe mieux et tu ne comprends pas comment tu faisais pour nager 10 ou 15 secondes de plus par 100 mètres avant. Peut-être que c’est plus simple avec 10, 15 secondes de moins vu que tu nages mieux. Donc, voilà un peu l’idée. Donc, je n’irai pas jusqu’à te dire qu’ils ne savent pas nager. C’était Louis Clopout qui nous a mis en contact et qui avait dit ça, justement. Mais c’est vrai que oui, ça attire l’attention, ça, c’est sûr.

Ermanno : Oui. Moi, je confirme quand même, on ne sait pas très bien nager, nous, les triathlètes, parce que déjà, quand on ne vient pas de la natation à la base, parce que l’avantage, ce qui est intéressant chez les triathlètes, c’est que c’est assez éclectique. Il y a des nageurs à la base, il y a des cyclistes à la base, il y a des coureurs à la base, découvrent le triathlon en commençant le triathlon. Donc, moi, en dehors des nageurs, je te confirme, je trouve qu’on ne sait pas techniquement nager, en tout cas. Pour te dire, ça fait quelques années déjà, très, très, très, très loin que j’arrivais à faire des départs une 10 ou une 15 sur du 10 x 100. Là, maintenant, je suis à 2 minutes au 100 mètres, quoi. Bordel. Donc, non seulement on ne sait pas nager, mais en plus, on perd très, très vite. Est-ce que c’est la même chose chez les nageurs, les purs nageurs ?

Pierre TORTEREAU : Tu ne perds pas, en fait, la technique. La technique, tu la gardes. Alors, quel que soit ton âge, que tu aies été nageur ou pas. Et ça, c’est l’avantage. C’est pour ça que je me focalise vraiment à 95 ou 99 % dessus. En tout cas, quand on est à plus de 2 minutes, j’irai même à 100 % dessus. Si on est à moins, on peut commencer à introduire des séries ou des séances, on va dire, spécifiques, où on s’amuse un peu, quoi, où on accélère.

Pierre TORTEREAU : Mais pour répondre à ta question que je viens de zapper.

Ermanno : Non, mais la question, c’était, est-ce qu’on perd beaucoup, même quand on est d’ancien nageur, au-delà de perdre du temps ? Parce que le corollaire à ça, c’est si on nage plus aussi vite qu’avant, comment est-ce qu’on peut améliorer, enfin, retourner à son niveau de nage d’avant ? Si tu dis qu’on ne perd pas la technique, qu’est-ce qu’on perd, alors ?

Pierre TORTEREAU : Ouais, ouais, ouais. La technique, non, on ne la perd pas. Ce qu’on perd, c’est musculairement. Si on s’arrête, tu vois un nageur qui va s’arrêter à 18 ans, qui reprend à nager après avoir eu des enfants, peut-être à 40 ans. Forcément, ce qu’il a perdu, c’est le physique et le cardio, quoi, tout ça. De toute façon, à partir de 25 ans, on décline. Donc forcément, déjà, on n’a pas le choix avec l’âge, c’est comme ça. Mais en plus, il y a, on va dire, toutes les soirées ou choses qu’on n’avait peut-être pas faites avant qu’on se met à faire. On bouge moins, donc on prend du poids, on perd du muscle, enfin, il y a tout ça qui est mis en jeu. Donc souvent, ce qu’on perd, c’est ça. Et en fait, pour reprendre, en tout cas pour un nageur, pour reprendre une forme physique et quelqu’un qui s’arrête un peu moins, même s’il a commencé à 40 ans, qu’il nage jusqu’à 45 et qu’il reprend à 55, il y aura aussi cet effet-là. Surtout que je pense que de 45 à 55, on prend sûrement plus cher qu’entre 18 et 40, quoi. Là, je ne suis même pas à 40, j’y arrive, donc je sens déjà la différence de récupération, de vitesse de récupération. Donc, il faut adapter ces entraînements, en fait, à son âge aussi, quoi. Notamment sur ça, sur l’intensité. Quand tu es jeune, à 15 ans, franchement, il récupère à une vitesse, c’est hallucinant, quoi. Ça hallucine toujours à quel point il peut enchaîner, certains. Ou même, d’ailleurs, à 22, 23, comme Léon Marchand, où tu peux gagner deux titres olympiques en une après-midi, en une soirée, quoi. C’est fou, quoi.

Ermanno : Ouais, après, en gagnant en âge, on gagne aussi en expertise, peut-être. J’ai envie de dire en sagesse, mais c’est plus pour le commun des mortels. Mais en expertise, là où à 15, 16, 20, 25 ans, tu es un petit peu foufou, même si tu as une bonne technique, tu vas peut-être partir un petit peu dans tous les sens. Justement, plus tu vas vieillir et plus tu vas essayer de focaliser ta technique, ton travail sur des points en particulier qui vont te permettre soit d’être plus économe, soit d’être plus efficace, non ?

Pierre TORTEREAU : Ouais, je pense que, ouais, quand tu es jeune, tu réfléchis moins. Et quand tu prends de l’âge, tu as une meilleure stratégie. Tu es plus un stratège là-dessus de l’entraînement, que ce soit en termes d’intensité ou, comme tu dis, en termes techniques, tu sais où mettre la priorité, quoi. Et ça, dans tous les sports, c’est important de mettre une, deux, trois priorités, en tout cas, de ne pas s’éperpayer, justement. C’est vraiment focus. Et c’est pour ça que sur mes stages, notamment, ou sur mes analyses vidéo que je fais à distance avec les élèves que je suis, l’idée, c’est vraiment de leur dire ce sur quoi on va travailler, leur montrer du cours en vidéo. Ça va vraiment leur servir vraiment de se rendre compte de comment ils nagent. Et on va partir sur ces deux, trois points-là et vraiment les creuser. Alors, ça ne veut pas dire qu’on ne va pas bosser autre chose un petit peu, forcément. On ne va pas faire que catch, catch, catch, par exemple. On va bosser aussi la manière de ressentir l’eau, la manière de passer à travers l’eau, de réduire les freins. Mais le travail, 80% du temps, il va être si c’est les appuis, il va être sur les appuis et il y aura 20% sur le reste. Il faut vraiment mettre des focus. Et si on sent que ça bloque sur un focus particulier, donc sur le catch éventuellement et qu’on le bosse depuis un mois ou deux, là, ça peut être intéressant de le zapper un petit peu, de laisser, on va dire, l’esprit, le cerveau et les muscles mieux intégrer les choses sans y penser, en fait, de manière automatique pour se focusser sur autre chose et ensuite y revenir. Ça, c’est important. C’est apprendre à s’écouter et à mettre des priorités. Tant pour autant, rester figé dessus pendant un an parce qu’on bloque, on bloque, on bloque, on bloque. Des fois, il y a autre chose qui va débloquer quelque chose qu’on a fait un mois avant.

Ermanno : Ouais, donc tu confirmes. Je ne sais plus avec quel triathlète de haut niveau on en parlait, mais qui nous disait que pour lui, son point faible, c’était la natation. Donc, il y a une année, il s’est mis à nager 30 bornes par semaine. Puis au final, il a gagné, oui, en muscles, mais il n’a pas tant gagné que ça. Alors que si le temps qu’il passait dans la piscine sur les 30 bornes, il avait mis sur la course à pied ou sur le vélo, il aurait peut-être pu être encore plus efficace. Donc, toi, tu n’es pas un adepte du volume pour progresser. Il faut en mettre un peu, mais il faut surtout travailler à la qualité.

Pierre TORTEREAU : Ouais, il faut travailler à la qualité. En fait, il faut tester pas mal d’exercices différents. Quand je dis exercice, je ne parle pas éducatif, c’est exprès. Parce que pour moi, les éducatifs, c’est tout ce que tu fais en décomposant, en faisant de la nage, par exemple, sur un bras. Tu mets un bras au haut niveau du corps, tu fais tourner que le bras droit. Toutes ces choses-là où finalement, tu ne ressens pas grand-chose, même pour un nageur. Là-dessus, je vous rassure. Et les exercices, c’est des choses qui s’intègrent principalement en nage complète. Donc, que ce soit juste mettre ton épaule à l’oreille quand tu rentres ton bras dans l’eau pour savoir qu’il est dans l’axe. Si tu as placé la tête et fixé la tête dans un premier temps, si tu mets les choses dans l’ordre, ça va découler beaucoup plus facilement. Et en ressentant les bons exercices, en tout cas, ceux que toi, tu ressens bien, les bons exercices pour moi, c’est ça. Par exemple, l’épaule à l’oreille, ça ne peut pas du tout te parler. Moi, ça va me parler. Et toi, la peau magique, ça va peut-être très bien te parler. Et c’est tout à fait OK. Et du coup, il faudra mettre ton focus sur ces exercices-là que tu ressens bien sur une thématique. Et les autres, pour l’instant, il faut les appeler. Ça veut dire que ce n’est pas le moment de les bosser. Tu n’as pas eu le déclic, en gros. Il faut avoir une sorte de déclic, une sorte de sensation, une sorte de truc qui fait, ah ouais, je sens quelque chose que là, il y a un truc qui se passe. Et ce truc qui se passe, là, par contre, il faut répéter. Il faut nager quelques mètres, quelques longueurs, quelques kilomètres. Mais en fait, ce que tu as ressenti, à l’épreuve de la durée, comme on dirait mon mentor Raymond Cateau, en fait, il faut répéter, il faut automatiser. Et tu répètes en mettant de la distance. Alors, ça veut pas dire nager des bornes et des bornes. Je veux juste dire des bornes de qualité, quoi. En gros, c’est ça, quoi.

Ermanno : OK. Je me rends compte qu’on est rentré direct dans le sujet. Mais je ne t’ai même pas proposé de te présenter. Donc, écoute, mieux vaut tard que jamais. Vas-y. Qui est Pierre Tortero ?

Pierre TORTEREAU : Eh bien, je suis nageur à la base, depuis les années 90. Donc, ça fait un bail que je nage. Je continue de nager.

Ermanno : Le siècle d’avant.

Pierre TORTEREAU : Ouais, c’est ça. C’est important, tu vois. Ça fait un peu old school, quand même. Je suis quand même un peu vieux, mais pas trop. Ça passe bien. Et ouais, j’ai toujours adoré nager là-dessus. J’ai eu des moments où, quand je suis jeune, ça passait tout seul. Après, à partir de 18 ans, ça a commencé à devenir compliqué parce qu’on m’a fait borner, borner, borner en bassin de 50 avec beaucoup d’intensité. Et c’était dur pendant un an ou deux. J’ai failli arrêter. Donc, j’ai pas mal régressé. Alors que normalement, à 17-18 ans, quand t’es un mec, tu prends encore du muscle. Là, tu commences à faire un peu de muscu. J’étais au Staps. Et tu vois que ça passe pas sur tes épreuves. Et là, tu fais merde. Qu’est-ce qui se passe ? Je nage deux fois plus qu’avant. Il y a un problème.

Ermanno : Comme quoi, le volume, c’est pas la clé.

Pierre TORTEREAU : Ouais, c’était pas la clé. Ou alors, il faut mettre le volume, mais tu vois, en gardant la qualité. Et je pense que c’est ce que j’ai pas fait, que mes coachs ont pas vu.

Pierre TORTEREAU : Et du coup, moi, à un moment donné, j’ai dit, bon, stop. J’ai continué de nager. Mais en fait, je me mettais le dernier de la window, quoi, vraiment. Tu vois, il y a ma femme, là, qui est derrière. Mais je me mettais derrière elle. Alors qu’elle avait 3-4 ans de moins. Tu vois, elle avait 10 ans, elle avait 15. Et je me mettais derrière. Il n’y avait aucun souci, quoi. Au début, on m’a dit, qu’est-ce que tu fous derrière ? Elle m’a dit, de toute façon, je n’avance plus en compétition. Donc, moi, je veux bien nager. Donc, je prends le temps. Et on ne m’a plus rien dit pendant 6-9 mois. Et puis, les chronos ont recommencé à diminuer. J’ai recommencé à progresser à un moment donné. Et là, j’ai recommencé à accélérer sur certaines séries. Enfin, je gérais vraiment mieux mes séances, grâce à ça. Mes coups de bras avaient explosé à la hausse. Et mécaniquement, en fait, mes chronos, c’est pour ça qu’ils avaient aussi explosé à la hausse. Et mes coups de bras sont redescendus. Mon amplitude a réaugmenté. En gros, je nageais mieux. C’est un bon indicateur, de toute façon, le nombre de mouvements par longueur. Si on progresse, ça diminue. Et là, les chronos ont redescendu avec l’amplitude. Et puis, les sensations aussi. Il y a plein de choses qui sont venues. Du coup, tout le monde se foutait de ma gueule au début. Après, ils ont arrêté quand même de se foutre de ma gueule vu que ça progressait. Vu que je me suis qualifié au chemin de France comme ça et ainsi de suite. Mais voilà un peu mon parcours de nageur qui n’a été pas si simple que ça. Même si je suis plutôt doué pour la natation. J’ai grandi avec une bonne morphologie avec le temps, à partir de 15-16 ans. J’ai des grands bras. Je n’ai pas des grandes mains, mais c’est déjà ça. Et ça m’a clairement aidé à nager à la vitesse à laquelle j’ai nagé. Donc ça, c’est mon parcours en nageur. Mon parcours en trainer a commencé dès 2003. Donc à partir de 18 ans, j’ai commencé à coacher un peu par-ci, par-là en loisirs adultes, à partir d’une ère. Ensuite, j’ai passé mon diplôme. J’ai fait STAPS aussi. J’ai commencé à entraîner vraiment à temps plein en 2010, en club de natation. Donc là, j’avais tous mes groupes. Du jardin aquatique aux adultes et triathlètes à 21h aussi. C’était très formateur. Tu fais des heures à 25h, 30h de bassin. Tu allais compter le week-end. Tu n’arrêtes pas. Mais quand tu n’as pas d’enfant, ça passe bien. Et puis, à un moment donné, j’ai démissionné parce que ça se passe mal avec 2-3 personnes. Et puis, tu arrives au bout d’un truc, tout simplement. Et puis là, j’ai eu des demandes.

Ermanno : C’est dommage parce qu’un job d’entraîneur, en plus, ça gagne bien. Tu devais être blindé à ce moment-là.

Pierre TORTEREAU : J’ai commencé à 1300 mètres, un truc comme ça. Et puis, il reste en 2010. Pour mettre les choses en contexte par rapport au SPIC, ce n’était pas très élevé. Mais dans une ville comme Saint-Nazaire, ça passait quand même. Quand tu n’as pas trop de dépenses comme moi, c’est nickel. Et puis après, avec le temps, ils se sont rendus compte que je ne bossais pas assez. 35 heures, ça ne passait pas. Il fallait faire 50 heures. Et donc là, mécaniquement, ils m’ont quand même augmenté. Et là, j’ai eu de la chance.

Ermanno : Tu es passé à 1360 euros en faisant 50 heures, c’est ça ?

Pierre TORTEREAU : Oui, c’est vrai que les volumes horaires pouvaient être assez élevés, mais je ne suis pas le seul dans ce cas-là. Tu vois, dès que tu es entraîneur de club, tu pars le week-end, tu commences à avoir des nageurs aux championnats de France tous les ans, sur les championnats de France de catégorie d’âge, les championnats de France élite, donc le plus haut niveau national où tu as tous les meilleurs nageurs français. Là, tu ne t’arrêtes jamais. Le week-end, le samedi, soit tu entraînes, soit tu pars en compétition le vendredi, samedi, dimanche ou à la semaine entière. Donc, ça faisait une vie assez mouvementée. Donc, finalement, quand j’ai démissionné, on venait d’avoir notre premier enfant. Donc, ça s’est quand même bien goupillé comme ça. Sinon, franchement, je pense que ça aurait été compliqué pour ma femme, en tout cas. Pour moi aussi, il ne fallait pas aller voir. Mais tu vois, quand tu es dans ta passion, tu vois la passion. Et donc, après, en 2020, juste avant le Covid, j’ai lancé mon site Internet. J’étais formateur aussi en natation, du coup, j’avais quand même d’autres choses après. Et j’ai eu des demandes de coaching à partir de là. Et je me suis demandé comment… Comment c’est possible de progresser à distance sans que je voie la personne âgée, clairement. Et puis, en fait, je voyais que ça progressait sans voir la personne âgée, sans lui faire de retour sur sa technique. Ce qui était fou. Et puis, en fait, après, je n’avais plus de barrière là-dessus. Donc, au coaching à distance, j’essayais d’avoir des vidéos forcément au moins pendant les vacances de mes élèves et tout. Et puis, chaîne YouTube, site Internet, j’envoie des mails pour faire des stages un peu partout en France, là, maintenant. Et puis, voilà, je continue mon coaching à distance, mes stages en France et en Grèce aussi. D’ailleurs, je suis allé en Grèce il n’y a pas longtemps. C’est la nouveauté, ça. Je ne l’avais pas dit il y a deux ans, vu que je ne pensais pas faire. Et on est allé en juin, septembre, septembre. Septembre dernier, franchement, c’était extraordinaire. Haut à 25 degrés, tu te dis, tu sais, en bassin, pas froid à 25. Là, en Grèce, avec le soleil, en septembre, tu nages, tout le monde est en maillot, toi. Et là, tu bosses. Vachement intéressant, d’ailleurs. Je fais un parallèle, du coup. Je finis de me présenter, là, c’est bon. C’est assez long comme ça. Je fais un parallèle sur la mer. Vachement intéressant de nager en mer, même sans combi. Parce qu’il y a vraiment des choses où tu peux prendre le temps, tu vois. Si tu sens que tes pieds coulent en bassin, tout le monde le sait, tu n’auras pas ce problème-là en mer. Mais il y a des choses où tu peux rendre le temps. Ah, pourquoi ?

Ermanno : Attends, on fait une pause, là. Pourquoi tu n’auras pas ce problème-là en mer ?

Pierre TORTEREAU : Parce que tu as de l’eau salée, tout simplement. Et la densité n’étant pas la même, voilà. Oui, oui, oui. Donc, tu flottes beaucoup mieux. Tu es beaucoup plus à l’horizontale. Donc, tu as moins de frein, moins de résistance à l’avancement. C’est pour ça que des fois, on se dit,

Pierre TORTEREAU : le cowboy bloque les jambes. Si tu bloques les jambes, c’est comme si tu bloquais tes bras en force à pied. Donc, tu t’empêches de t’équilibrer. Et les jambes, elles servent à maintenir l’horizontalité. Donc, les talons proches de la surface, ça, c’est sûr. Il n’y a pas que ça. Il y a ta posture aussi. Tu trouves le bon équilibre dans l’eau. Mais ça sert aussi à basculer sur la tranche, à droite et à gauche, donc à bien tourner. Et un corps qui est placé à 80 degrés, 85, tu vas par là, ou 90, tu peux aller jusque là. Donc, tu es sur une cadence basse. Et bien, il va offrir moins de résistance qu’un corps qui est 100% à plat. Ça, c’est sûr. Et tu vas bien sentir qu’il vise beaucoup mieux. De toute façon, tu regardes un débutant, il nage à plat. Ça ne tourne presque pas les épaules. Il a les pieds au fond. Il a des battements de jambes qui crétinent, tu vois, et c’est très fatigant. Tout le monde l’a vécu, de toute façon. De toute façon, il n’a pas oublié de passer par là.

Ermanno : Moi, je le vis encore, je t’assure. Tu le vis encore. Moi, tu me mets un pull-boy, je fais 15 secondes de moins au 100 mètres.

Pierre TORTEREAU : Oui, oui, oui. Tu as les pieds qui remontent, tu vois. Et tu as essayé ce truc de vraiment garder l’alignement, de s’autograndir. Plus tu vas gagner un centimètre devant, un centimètre derrière, plus tu vas flotter. Plus tu auras de points d’appui, de contact avec l’arrivée pour Archimède. Est-ce que tu as essayé, avec la cage de race et le camp d’hiver, de vraiment enfoncer l’avant de ton corps dans l’eau ? Avec un pull-boy, ce n’est pas facile à faire vu que tu n’as pas les pieds derrière qui t’aident à maintenir l’équilibre.

Ermanno : Pierre, je te rappelle que je suis un mec. Et un mec ne sait faire qu’une seule chose à la fois. Donc déjà, nager, tourner un bras à droite, tourner un bras à gauche, penser à compter, respirer. Non, déjà, là, je fume dans l’eau. Donc, en plus, me demander de me grandir, de gonfler la cage thoracique, t’es fou ou quoi ?

Pierre TORTEREAU : C’est marrant que tu souhaites tuer à ce point-là parce que c’est souvent ce qu’on me dit. En natation, j’ai trop de choses à penser, je ne sais pas quoi faire. Je n’arrive pas en fait à me concentrer sur tout. Et c’est normal parce qu’on peut, nous, en tout cas les hommes, on ne peut pas se concentrer sur plus d’une chose à la fois. Donc, il faut, pour très simple, se concentrer sur un point technique. Et c’est là où les priorités deviennent importantes. Mais si tu ne sais pas, pour les personnes qui écoutent, si tu ne connais pas tes priorités, le truc le plus simple, et ce que disait du coup mon mentor Raymond Cateau, c’était, alors c’est celui, pour faire court, qui a, on va dire, inventé la méthode sensorielle, c’est aussi simple que ça. Le plus simple, c’est de commencer par mieux sentir ton équilibre dans l’eau. En gros, trouver la meilleure horizontalité possible, baisser les freins le plus possible, construire ta barque avant de mettre les rames. En gros, c’est ça. Parce que si tu as, toi, si tu as un moteur, si tu as un Zodiac, avec, tu construis le moteur alors qu’il est troué, ça ne va pas fonctionner, ça ne va pas avancer du tout. Ça ne va servir à rien. Donc, chose la plus simple, peu importe le chrono, de toute façon, c’est de construire sa barque un peu mieux. Donc, ce que je disais, s’autograndir, c’est un des points. Parce que plus de contact pour Archimède, donc meilleure plothaison, meilleure horizontalité. Donc, s’autograndir. Rester aligné, ça, tout le monde le sait. Donc, rester aligné, c’est une chose. Mais si on est aligné et qu’on est à la verticale, avec les pieds au fond, ça ne va pas marcher. Parce qu’on peut être aligné en étant comme ça. Et donc, il faut chercher à remonter encore plus les pieds. Donc, la cache thoracique qui est remplie d’air, il faut chercher à l’enfoncer dans l’eau, sous la surface de l’eau. Et tu dois sentir, à un moment donné, chose qui n’est pas simple à se représenter, quand je parle, on va dire, à distance. Et c’est peut-être le plus difficile pour moi de transmettre ça sur mes coachings à distance. Ça marche beaucoup mieux forcément en stage. Parce que généralement, les gens, ils s’immergent un peu, tu vois, ils vont un peu plus dans l’eau. Mais ils ne sont pas non plus 100% sous la surface. Ils ne passent pas 100% sous la surface de la tête autonome. Donc, ils endorment l’inspiration, bien sûr. Mais c’est pour ça qu’on travaille sur du 4-5 temps. Ça peut être intéressant pour fixer cette sensation-là un peu plus longtemps. Donc, si on est sur du 2 temps, c’est très difficile de le perdre. Certains au niveau, ils y arrivent. Mais il faut y aller progressivement, commencer sur du 5 temps. Et donc, en enfonçant tout ça, ça va remonter plus facilement les pieds derrière. Et tu vas surtout aussi avoir de meilleures sensations en sentant l’eau qui va s’écouler sur ta nuque, sur l’eau de ton dos. Et ça, ces sensations-là, clairement, elles sont grisantes, en fait, quand tu commences à les bien ressentir. Et souvent, ce que je dis, et c’est pour ça que je le dis sur le podcast, n’hésitez pas à vraiment, tant que vous gardez l’alignement, l’autograndissement, la nuque étirée, les sensations d’étirement de la nuque, bref, cette chose-là d’alignement, vous pouvez vraiment y aller pour enfoncer. En général, je n’ai jamais vu quelqu’un enfoncer trop sous la surface de l’eau pour avoir la tête et la cage thoracique qui restent alignées être trop basses par rapport aux talons. Vraiment, au lieu d’avoir les pieds au fond, tu as la tête et l’avant du corps au fond. Ça, franchement, ça n’arrive pas dans 99, on va dire, 1,9% des cas. Donc, il ne faut vraiment pas hésiter à y aller. Et puis au pire, si on sent qu’on est beaucoup trop bas ou qu’on a des alignements à la tête, sur le 25 d’après, on ajuste. Et ça, c’est vraiment un des points, il y a peut-être trois exercices de Game Changer, trois sensations. Ça, c’est vraiment un des premiers. Et que moi, j’ai compris, enfin, j’ai compris qu’un de mes nageurs m’a fait comprendre déjà il y a plus de 10 ans. Parce qu’au début, je me suis dit, mais pourquoi tu nages comme ça ? Je ne comprenais pas. Même si Raymond me disait, mais si, c’est logique et tout. Moi, je n’arrivais pas à comprendre qu’il y ait moins de freins sous la surface de l’eau qu’à la surface. Pour moi, dans l’air, il y a moins de freins que dans l’eau. Mais en fait, tu as moins de résistance sous la surface qu’à la surface. C’est juste ça qu’il faut comprendre. À la surface, tu as des vagues, même en bassin. Même si tu nages pas avec 10 personnes par ligne, il y a quand même des vagues. Donc, en fait, il faut annuler ces résistances-là. Donc, il faut passer sous la surface. Ça, c’est une chose. Après, tu vas me dire, il y a la combi, il y a l’eau de mer, on s’en fout. Ça, c’est vrai. Surtout quand tu nages derrière quelqu’un, c’est lui qui prend les vagues. Mais par contre, au niveau des sensations, ça change beaucoup de choses. Et au niveau des entraînements en bassin, souvent, nous, les hommes, en tout cas, on a les pieds qui vont tomber au fond quoi qu’il arrive. Et moi aussi, il ne faut pas croire. Si je ne marche pas devant, ça, c’est sûr. Donc, moi, qui suis nageur et qui flotte mieux que la plupart des gens.

Ermanno : Oui. Tu vois, c’est intéressant. Je prenais ça un peu à la rigolade, mais moi, déjà, je nage systématiquement en cinq temps. Sauf quand on commence à partir sur des séances d’intensité, mais systématiquement en cinq temps parce que pour moi, c’est un bon marqueur aussi du niveau d’intensité que je mets. Comme je le dis, quand je passe en trois temps, je passe très rarement en deux temps. Enfin, ça remonte à 15 ans quand je faisais du deux temps, quand je faisais des sprints sur un 50 mètres. Mais en dehors de ça, moi, je suis systématiquement en cinq temps. Si j’ai besoin de passer en trois, c’est que j’ai un truc qui cloche soit dans ma vitesse, soit dans ma recherche de gains d’énergie dans ma nage. Après, il y a l’autre difficulté, et on en parlait un peu en off, c’est qu’il y a aussi beaucoup de nageurs, de triathlètes qui se retrouvent à nager en public. Et quand tu nages en public, OK, saut au grandir, enfoncer la tête, aligner le corps, etc. C’est bien, mais il faut quand même que tu lèves la tête parce que ta mamie Germaine qui est devant ou ta Jean-Pierre qui fait des plaques qui est devant et ce serait dommage soit toi de mettre un coup de bras ou de plaques, soit t’en prendre un ou te prendre mamie Germaine qui est en train de faire une belle brasse bien écartée avec un ciseau qui prend toute la largeur de la ligne.

Pierre TORTEREAU : On pourrait faire

Ermanno : un point là-dessus d’ailleurs. Est-ce que la brasse, il faut faire des grands mouvements de bras d’un mètre cinquante d’envergure et un grand ciseau de deux mètres d’envergure ou pas ?

Pierre TORTEREAU : En fait, quand tu débutes en brasse, c’est un peu comme le crawl où tu fais plein de battements et tu tournes les bras et tu as l’étui au fond et au fur et à mesure, ça remonte et ainsi de suite. La brasse, au début, tu vas faire des grands ciseaux et tu vas faire des petits mouvements de bras qui ne vont pas servir à grand-chose. Et si tu regardes les ronds marchands ou tous les brasseurs à haut niveau, le ciseau se réduit de plus en plus. Si tu regardes vraiment un pur brasseur ou des pures brasseuses, les ciseaux sont vraiment de plus en plus faibles depuis 20, 30 ans, même depuis 50 ans, on pourrait dire. Ça ne fait que de se réduire. Par contre, l’amplitude des bras ne fait que d’augmenter parce qu’en fait, en bras, tu vas avoir plus de vitesse avec tes bras qu’avec ton ciseau alors qu’on a pensé pendant pas mal d’années que c’était un reste. Donc voilà pour faire le parallèle sur la brasse. Nage que j’adore aussi en tant que crawl. C’était là où j’avais les meilleurs nageurs, c’était brasse et crawl.

Ermanno : Bon, cool. Du coup, je ne me souviens plus. Oui, je te disais, quand tu nages en public, tu es quand même obligé de lever la tête pour voir où tu vas ou alors ce qui t’arrive en face. Comment tu t’auto-grandis ? Comment tu es bien aligné ? Tête, corps, jambe ? Enfin, ouais, tête, corps, jambe. Si tu es obligé de casser parce que tu as la tête, comme en vélo où tu relèves à mort et d’ailleurs, tu fais bien travailler les cervicales.

Pierre TORTEREAU : Ouais, c’est vrai. Alors franchement, sur le public, tu n’as pas le choix. Tu vas forcément lever la tête un peu, briser l’alignement au niveau de la nuque. Tu ne pourras pas être nickel sauf si tu fais des 25, tu pars à un moment donné et on va dire que tu fais un 8×25 à l’échangement et focus là-dessus. Là, tu peux le faire parce que tu vas gérer quand est-ce que tu pars par rapport à la personne qui est devant et ça va passer. Par contre, si tu fais des 100, des 200, des 400 et ainsi de suite, tu ne pourras pas maintenir ton alignement de la nuque nickel. Tu vas être obligé de lever un peu la tête et il ne faut pas oublier qu’on peut aussi lever les yeux. Donc, tu n’auras pas un alignement nickel de la nuque parce que même en levant les yeux, tu ne verras pas assez vite arriver la mamie qui embrasse, ça c’est sûr. Plus tu nages vite, plus ça va être problématique. Tu vois, si tu nages 2h30, 3 minutes, ça peut peut-être passer encore et encore. Ça dépend à quel allure elle nage la mamie.

Ermanno : C’est ça, parce que si elle, elle est à 6 minutes au 100 mètres et que toi,

Pierre TORTEREAU : tu n’as pas de nage parce que des personnes qui sont à 3 minutes au 100 mètres, tu peux en mettre 15 dans la ligne. Pas de problème. Par contre, des personnes qui sont à 1 minute 15, 1 minute 30 au 100 mètres, tu ne vas pas en mettre 15. Ça ne va pas passer. C’est mécanique. Enfin bref, petite parenthèse là-dessus. Si jamais les ménageurs nous écoutent sur le plus… Je ne sais pas parce que

Ermanno : je me dis quand même quand tu nages, allez, une 15, une 30, mais même une 45, c’est que tu as déjà un certain niveau de nage. Donc déjà, tu comprends que tu nages à droite. Quand tu doubles,

Ermanno : donc dans le milieu de la ligne et pas d’aller sur le couloir d’en face. Et puis, tu sais aussi normalement faire des virages. Tu sais aussi un peu maîtriser tes ciseaux de jambe si jamais tu es amené à faire de la brasse. Tu vois, tu as quand même une certaine technique de nage et une certaine compréhension des règles implicites dans le public qui fait que je pense que tu arrives à mettre 10 mecs qui nagent en 1 minute 30 dans une ligne là où justement 10 mecs qui nagent 3 minutes dans une ligne avec un qui brasse, l’autre qui dos, l’autre qui fait des battements, ça risque de coincer plus, non ?

Pierre TORTEREAU : Non, parce que vu que tu vas beaucoup moins vite à 3 minutes, le temps de doubler quelqu’un, tu vois, si tu pars toutes les 5 secondes, on va faire un truc très simple, si tu pars toutes les 5 secondes que tu nages du coup de 3 minutes 200 mètres à une 30 ou 50, tu as le temps d’en faire passer finalement des gens. Alors que si tu nages, on va faire beaucoup plus simple, 1 minute, on va même pas, on va faire 30 secondes aux 50, je vais nager vraiment rapide en série. Là, mécaniquement, en partant de 5 en 5, tu vas en mettre, si tu fais des départs 40, tu vas en mettre 5 ou 6, quoi. Ouais, c’est sûr. Tu vois, c’est juste, surtout par rapport à ça. Mais c’est vrai que ta règle est à mieux maîtriser quand tu nages vite. Et quoi qu’il arrive, c’est plus simple de nager avec 5 nageurs à peu près de ton niveau ou un peu plus rapide. Tu vois, c’est à une 30 avec des gens qui sont entre une 15 et une 45 que de nager avec un niveau vraiment différent. Là, c’est le bordel. Dès que tu mets des niveaux différents, c’est un jouable, quoi.

Ermanno : Bon, comme tu l’as dit, j’espère que les maîtres nageuses et les maîtres nageurs nous écoutent. On va leur envoyer cet épisode et puis on va leur demander de prendre un peu leur responsabilité parce que j’adore les maîtres nageurs et les maîtres nageuses. Il n’y a pas de souci. On est tous copains. Mais c’est vrai qu’il y en a un peu trop qui restent assis sur leur chaise à regarder ce qui se passe dans le bassin sans intervenir. Mais bon, ça, c’était une petite aparté personnelle. Cher maître nageur de Toulouse, ciao !

Pierre TORTEREAU : Je comprends, je comprends. Merci qu’il m’a dit.

Ermanno : Ouais, donc du coup, effectivement, t’as du mal à être bien aligné quand t’es en public, etc. Malgré tout, il va falloir le faire. Qu’est-ce qu’on peut retirer ? Parce que t’as déjà donné pas mal d’infos, mais quand on est triathlète, qu’on pense savoir nager bien et que finalement, on se rend compte qu’on a beaucoup de zones de progression, quelles sont les premières choses qu’on peut facilement mettre en place sans avoir tout de suite de bonnes sensations dans l’eau ? Toi, typiquement, tu vas prendre un stagiaire qui vient te voir qui te dit je nage bien, je nage une 45 au 100 mètres, mon objectif, c’est de nager une 30. Quels sont les premiers conseils que tu vas lui donner à distance en plus ?

Pierre TORTEREAU : Ouais, ouais, ouais. Alors, j’ai fait une vidéo justement là-dessus parce que les problèmes techniques entre deux 30, soit deux 15, deux minutes, une 45, forcément, ils évoluent. Ce n’est pas les mêmes limites. Et c’est vrai qu’on en parlait juste avant aussi. La première limite, quoi qu’il arrive en natation et jusqu’à au moins deux minutes par 100 mètres, elle est vraiment technique. Alors que dans mon visage ou au foot, tu cours, tu tapes dans un ballon, ta limite, elle ne va pas être sur courir à part si tu as deux ans. Mais sinon, ça passe bien. Et c’est là où la natation, ce n’est pas facile. Et donc, il y a une 45. Souvent, franchement, l’horizontalité est plutôt bonne. Ils sont les talons, les gars ou les filles, peu importe, proches de la surface. Voire pour les femmes, d’ailleurs, souvent, avec 45, ça va être vraiment nickel au niveau horizontalité. Ça va bien passer là-dessus. Là où il y a un gros point de focus, ça va clairement être souvent sur les appuis. Donc, ça pousse plutôt bien vers les pieds. Ça paraît simple quand je le dis comme ça. Pousser vers l’arrière pour avancer vers l’avant, action, réaction. Mais il faut quand même construire ces repères de nageurs. Parce que l’arrière du terrien, c’est le dos. L’arrière du nageur, c’est les pieds. Et en plus, on est dans l’eau. Donc, il faut reconstruire tout ça. Il ne suffit pas de juste dire « Ah oui, mon arrière, il est vers mes pieds. » Non, il faut des exercices qui te structurent ce que Raymond Cateau appelle l’espace d’action. Donc, en gros, la capacité à pousser vers l’arrière et relancer tes surfaces d’appui. À agir sous l’eau avec tes bras. Et donc, le gros enjeu, il va être forcément sur la prise d’appui, sur le catch. Parce qu’il y aura déjà un roulis qui sera forcément là. Je ne dis pas qu’il sera optimal et tout parce que tout peut s’améliorer de toute façon, tout le temps. Et là-dessus, on ne s’arrête jamais. Sinon, c’est un peu le principe. Mais il y aura déjà un début de roulis qui te permettra de réussir à faire franchement une bonne prise d’appui si tu fais les bons exercices. Sur le catch, du coup, j’en viens à mon deuxième exercice Game Changer. Je ne vais pas trouver de nom, mais au moins, c’est parlant là-dessus. Que je fais aussi sur mes stages ou à distance. Ça va être de regarder. Tu vois, il y a des repères auditifs, il y a des repères de sensation. On a parlé de tension musculaire dans la nuit, par exemple. Il y a des repères tactiles. On a parlé des peaux d’oreille. Et il y a aussi, du coup, des repères visuels. Donc, regarder ton catch, ça paraît tout con. Donc, oui, tu te désalignes, mais il suffira de repenser à ton alignement. Tu le refais tout de suite naturellement, tellement tu l’auras automatisé avant. Même s’il n’est pas nickel, si tu nages sur le public, aller aligner la tête qui regarde un peu devant et être immergé, c’est toujours mieux que de jamais être aligné et jamais immergé. Donc,

Ermanno : quand tu dis regarder son catch, tu veux dire vraiment et là,

Pierre TORTEREAU : tu lèves la tête et tu regardes ta main

Ermanno : qui rentre dans l’eau.

Pierre TORTEREAU : Normalement, l’engagement, le contrôle du bras sur l’entrée de la main et l’engagement vers l’avant, il est OK. Parce qu’il a été mis avant quand on nage à 2 minutes, à 2 minutes à 2,15, à 2,30. Alors, on continue de le bosser, mais on ne met pas 80% de son attention et de son intention là-dessus. Là, on va regarder, on va lever la tête, on va regarder son catch, sa prise d’appui. On va regarder comment c’est fait. Parce que, un, pour réussir un catch, il faut engager le bras loin devant, ce que j’appelle un peu déboîter l’épaule, sans se faire mal, mais c’est une image. En deux, il faut réussir à mettre le creux de ton coude vers le fond de la piscine. Parce que si le creux de ton coude il est vers le taffon, le coude, il n’a qu’un seul degré de liberté, si je me souviens bien de mes cours d’anatomie. Et du coup, ta main, elle va sortir de l’eau. Donc, ton catch, il va être à l’envers. Ça ne va pas marcher. Tu vas être sur un pouche

Ermanno : plus que sur un catch. Oui,

Pierre TORTEREAU : c’est ça. Ça paraît plus con dit comme ça, mais après, quand le creux du coude il est dernier, et la paume de main elle est aussi mise vers le fond de la piscine, donc tu cherches à tourner tout ton bras d’un seul bloc en faisant de la peau magique dans ton mouvement parce que sinon, la main a tendance à tourner si tu ne tournais que le creux du coude. Et du coup, là, tu as tout qui se met plus ou moins vers le fond de la piscine mais au moins un petit peu. Et en fait, après, en regardant ce que tu fais, ça va te donner un renseignement direct sur ce que tu es en train de faire. Ça paraît aussi très simple comme ça, mais au moins, tu regardes ce que tu fais et tu le ralentis. Tu ne fais pas juste regarder parce que tu le regardes, tu le fais très vite, ton catch, il ne passe pas. Ou en tout cas, il passe, mais comme avant. Donc, ce qu’on veut, c’est l’avoir le mieux possible. Et c’est ce que je fais sur mes analyses. Là, je fais des vidéos avant, après, sur mes stages. On recherche le meilleur catch possible en regardant, sans respirer, en simplifié au maximum. Alors, des fois, j’ai des commentaires, mais il ne respire pas et tout. Oui, mais c’est la première étape en fait. Si tu y arrives sans respirer, au début, après, tu vas passer sur du croix, quatre temps, tu vas respirer un peu plus et tu vas y arriver aussi. Il faut vraiment y aller par étapes. Et c’est toujours une question didactique. Ce sont des tables d’apprentissage,

Pierre TORTEREAU : vers le fond de la piscine, tu regardes bien ce que tu fais et tu ralentis, tu comptes un, deux, voire trois. En gros, ton catch, tu vas vraiment le ralentir à fond pour en fait, mieux contrôler ton mouvement. C’est très simple. Je sais qu’en karaté, Christophe Carillou, il en parle en préparation physique, il y a pas mal de choses où tu apprends à faire les choses au ralenti. Donc, il n’y a pas de raison qu’en natation, ce soit différent. Alors oui, les pieds vont couler un petit peu plus. On va sentir peut-être que le bras, il va revenir. Tu vas être à un moment donné en fort rattrapé. Mais ce qu’on veut d’abord, c’est réussir à maîtriser, à contrôler. C’est un contrôle moteur. OK ? Et après, quand tu y arrives à le faire lentement, tu vas réaccélérer un petit peu plus, tu vas remettre ta tête, tu vas respirer de plus en plus et ainsi de suite. Mais il faut y aller par étapes. Il faut d’abord le réussir à faire de manière stricte, sans se prendre la tête, avec tuba éventuellement, il n’y a pas de souci. Parce que là, le tuba, ce n’est plus un souci. Tu sais souffler dans l’eau. Ça paraît aussi simple dit comme ça, mais à 2,30, tu as un peu de mal à souffler dans l’eau, tu n’as pas appris ça, donc il ne faut pas mettre le tuba à 2,30. Il y a vraiment, à certains moments, mettre le matos ou ne pas le mettre. C’est vraiment un enjeu super important

Ermanno : dans le sensoriel en tout OK.

Pierre TORTEREAU : Dans les sensations. Tu as répondu à ta question, je suis parti en ligne.

Ermanno : Non, non, mais c’est bien, c’est bien. On va là où nous mène la réponse. Tu parlais du catch. Alors admettons, tu sais déjà un peu nager, tu es à 2,30, 2,15,

Ermanno : et tout le monde a un avis là-dessus. Est-ce qu’on serre les doigts ? Est-ce qu’on ouvre un peu les doigts ? Est-ce qu’on a les doigts super écartés ? Comment on doit nager, bordel ?

Pierre TORTEREAU : Oui, oui, oui. Ça, c’est vrai que ce n’est pas simple de donner une réponse parce que moi-même, en tant que nageur, à un moment donné, je me suis posé la question. Et en fait, il ne faut pas être contracté. Si tu es contracté, tu as moins de sensations, ça c’est sûr. Et de toute façon, je crois que tu l’es prouvé. Alors je ne pourrais pas te donner l’étude ou te l’envoyer parce que je ne suis pas du genre à garder ce genre de choses. Mais ce qui est sûr, c’est qu’être trop contracté, trop serré, tu vas sentir que ça part un peu dans tous les sens, ça brille. Et être trop contracté en étant trop écarté, tu vas sentir que tu as l’impression de passer au travers de ton appui. Donc en fait, le mieux, certains auront quand même les doigts vachement écartés naturellement. D’autres auront les doigts peut-être plus serrés naturellement sans être 100% en contact. Il faut laisser un peu sa main faire comme elle le sent. Mais il faut surtout être relax. Parce que si tu es relax, tu sens beaucoup mieux tes appuis. Alors après, être relax, oui. Il ne faut pas laisser le poignet partir dans tous les sens non plus. On parle bien au niveau des doigts, au niveau de la main que ça reste comme on est à l’aise. Moi, je suis à l’aise comme ça, je vais nager comme ça. Certains, ça va être un peu plus écarté, ça paraît toujours bizarre. Et souvent, je le vois sur les commentaires de mes vidéos YouTube, il y en a qui ont les doigts vachement écartés naturellement, d’autres vachement serrés. Et à chaque fois, il y a une remarque du coup dessus. Il a les doigts trop écartés par rapport à ce que tu dis. Non, en fait, s’il est bien comme ça, il est bien comme ça. Et ça, c’est un truc qui revient aussi encore aux sensations internes. C’est se faire confiance là-dessus sur ce qu’on ressent le mieux. Parce que votre corps, il sait, votre esprit qui interprète les sensations, c’est ce qu’il ressent bien finalement. Quand on s’écoute bien et qu’on fait les bons exos, ça passe bien.

Ermanno : Oui. Après, ça peut être facilement remis en cause. C’est-à-dire, ton corps, il sait ou ton cerveau sait ce qui va bien. Oui, mais dans ce cas-là, tu nagerais pas 2,30. S’il savait ce qui va bien et que tes sensations étaient bonnes, tu nagerais une 15.

Pierre TORTEREAU : Oui, mais il sait ce qui va bien quand tu es bien guidé. On va dire ça comme ça. Et il sait ce qui va bien entre je me force à faire quelque chose qui n’est pas naturel pour moi qui est de serrer les mains à fond alors que j’ai une meilleure sensation et je le sais si je réfléchis simplement. Si je me pose la question, on va dire sincèrement, je sais qu’en étant légèrement écarté et relâché, je suis mieux comme ça. Parce que si tu reviens peut-être 30 ans en arrière, peut-être qu’on te disait d’être comme ça alors qu’en fait, il y a bien un nageur à un moment donné qui a écarté les doigts et du coup, il y en a d’autres qui l’ont fait et ainsi de suite. Il y a toujours un précurseur dans tout ça alors que les coachs ou les scientifiques ou je ne sais pas qui, je ne mets personne en cause, disaient non, il ne faut pas faire comme ça. Un peu comme en bras, on parlait de la bras tout à l’heure, il fallait faire absolument un gros ciseau. On t’apprend un peu ça, c’est plier, écarter, serrer. Déjà, ça c’est une connerie parce que ce qu’on veut, c’est pousser vers l’arrière. En écartant, on ne pousse pas vers l’arrière. C’est la loi de l’action-réaction. On va dire non, c’est un vortex, machin, blablabla, il faut nager avec la main en S en crawl parce que c’est mieux, parce que tu prends plus d’eau en la poussant à droite et après à gauche et après à droite. Ça, c’est un truc que je n’ai jamais capté. Oui, la main fait un S, c’est sûr, mais en fait, c’est parce que c’est anatomiquement logique. Sur ton catch, ta main s’écarte de l’axe de ton épaule et ton coude aussi parce que sinon, tu n’as pas de catch. Tu as un catch un peu à l’intérieur où tu auras un peu moins d’appui et après, ta main revient sous ton épaule même si c’est ton corps qui va passer au-dessus de ton appui parce que c’est là où tu as de la force, c’est là où tu as de la puissance, c’est là où ça va passer tout seul, ça va accélérer en faisant le moins d’efforts possible. Tu passes un 50, un 500 ou un 20 d’or, peu importe.

Ermanno : Ok. Et pour revenir sur l’écartement des doigts, c’est vrai que tu dis qu’il faut être détendu mais c’est comme en course à pied en fait. J’avais un entraîneur quand j’étais au Luxembourg, on se moquait souvent de lui quand on avait des séances collectives mais il nous disait toujours et il le disait en anglais parce qu’au Luxembourg, ça parle dans toutes les langues mais « Harm 90 degrees » donc vraiment faire un angle droit avec ses bras et puis « Smile on your face » c’est-à-dire vraiment sourire mais sourire pour tout détendre, pas un sourire coincé comme ça mais vraiment un sourire détendu et ça te fait aussi détendre le reste du corps notamment les mains et en gros être bien détendu jusqu’au bout des doigts. Et en natation finalement ça va être la même chose. Et puis après sur l’écartement c’est vrai que si on visualisait un peu ces fameux tests d’aérodynamique sur les voitures et où on voit le flux d’air qui passe au-dessus de la voiture et qui passe après derrière et qui redescend. Je suis persuadé que si on ouvrait un petit peu la voiture comme une main comme des doigts qu’on ouvrait un petit peu le flux d’air jusqu’à là qu’à un certain moment il ferait le même chemin c’est-à-dire qu’il ne s’engouffrerait pas dans les trous. Et là l’eau c’est un fluide donc c’est comme de l’air c’est-à-dire que si tu écartes quand même un petit peu tu vas avoir potentiellement un meilleur catch parce que tu vas pouvoir réussir à pousser sur l’eau si ce n’est pas trop ouvert et si ce n’est pas trop tendu non plus au niveau des doigts. Est-ce que je dis des bêtises ou pas ?

Pierre TORTEREAU : Non pour moi ça fait sens. Ça fait sens. C’est comme ça que je le ressens et c’est comme ça que j’ai des retours de mes élèves que ce soit quand j’entraînais en club ou maintenant à distance et en stage me le formalise aussi. Donc là-dessus je suis OK.

Ermanno : Est-ce que sur le fait de se détendre justement les plaquettes là peuvent jouer un rôle dans le sens où prendre la plaquette enfin mettre une plaquette l’objectif ce n’est pas non plus de se crisper les doigts et la main sur la plaquette au contraire c’est juste de se servir de la plaquette pour pousser dans l’eau pour avoir encore un bien meilleur catch. Et est-ce qu’on peut justement travailler cette détente des doigts et cet écartement enfin essayer de trouver le meilleur écartement des doigts ou le meilleur serrage des doigts suivant comment on le ressent ne serait-ce que juste déjà en prenant un appui sur la plaquette. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire comme type d’exercice.

Pierre TORTEREAU : Alors je ne suis pas sûr d’avoir l’exercice mais par contre ce que tu dis en termes de recherche de sensation de relâcher les doigts et pas de prendre la plaquette avec les mains tu vois et d’être contracté ça par contre tu vois là tu es dans le sens réel tu es dans l’approche vraiment je vais essayer de sentir de nouvelles choses grâce aux plaquettes et ça le chemin est intéressant ce n’est pas juste je fais des plaquettes c’est ce qu’on a dit qu’il fallait en faire parce que c’est important parce que n’importe quelle justification musculairement je vais m’améliorer et ainsi de suite il y a d’autres choses à faire pour musculairement à ce moment-là si on veut prendre de la force il suffit d’avoir une barre de traction on tire et puis ça passe mieux.

Ermanno : Oui faire des 100 mètres et puis à chaque 100 mètres tu sors du bassin tu vas faire 10 pompes puis tu retournes dans l’eau c’est pas mal aussi tu n’as pas besoin de prendre des plaquettes pour faire ce genre d’exercice.

Pierre TORTEREAU : Oui c’est sûr après c’est dur d’enchaîner ces trucs-là franchement moi techniquement je n’ai jamais aimé en tant que majeur enchaîner des pompes et tout sur certaines séances pourquoi pas ça peut être fun mais c’est vrai que tout de suite après tu sens que tu es moins précis tu nages moins bien peut-être parce que j’ai le cerveau vraiment câblé sensation et que ça me saoule de ne pas ressentir les choses correctement mais ça peut être aussi un sujet pour certains ou certaines d’ailleurs on en parlait les femmes ont vraiment des facilités sur l’horizontalité et les hommes ont plus de facilités dans l’eau

Ermanno : parce que souvent les femmes l’horizontalité notamment sur les pompes c’est un peu plus compliqué donc vraiment facilité sur l’horizontalité dans l’eau est-ce que ça vient aussi de la forme du bassin ou de la densité osseuse ou musculaire des jambes des femmes versus les jambes des hommes je ne sais pas moi je ne suis pas

Pierre TORTEREAU : ce mec en masse grasse c’est clairement ça c’est juste ça et nous les hommes on est un peu plus puissant normalement on a un meilleur rapport de puissance là-dessus par rapport aux femmes donc on aurait plus besoin de travailler la mobilité et l’horizontalité de passer plus de temps dessus et les femmes auraient plus besoin de travailler tout ce qui est force puissance notamment en dehors de l’eau même si ce n’est pas toujours sympa mais aussi tout ce qui est appui parce que souvent ça va être ça parce qu’elles ont une bonne conscience clairement de leur corps meilleure que nous au niveau sensation elles sont souvent plus à l’écoute ça c’est sûr leur sensation interne donc il y a des choses qui peuvent vraiment se passer aussi plus rapidement pour les femmes parce qu’elles vont être plus à l’écoute d’elles-mêmes et ça va aller plus vite dans la progression technique quand tu prends ce volet sensoriel

Ermanno : je pense qu’elles ont encore une bien meilleure sensation une fois qu’elles ont accouché parce que quand tu accouches tu sens vraiment beaucoup beaucoup de choses au-delà des femmes qui passent par la césarienne non mais j’imagine aussi en tout cas c’est les échanges que j’ai pu avoir avec mon épouse on a eu 4 enfants quand même

Pierre TORTEREAU : j’en ai 4 aussi tu vois c’est marrant ça

Ermanno : on a quelques points communs au-delà du fait que moi je ne sois pas du tout nageur mais bref

Pierre TORTEREAU : on a eu on a eu on a eu on a eu on a eu

Ermanno : tu parlais justement de faire éventuellement des exercices en dehors de l’eau mais est-ce que c’est envisageable de faire des exercices carrément à sec parce qu’on le sait pour avoir une bonne horizontalité il faut être bien gainé il faut bien ressentir son corps etc j’imagine toujours je m’imagine toujours allongé sur un tabouret tu sais juste avec finalement j’essaye d’être le plus droit possible de faire une planche horizontale et avec juste la surface de contact du tabouret au niveau des abdos est-ce que là déjà ça peut aider ce genre d’exercice et est-ce que d’autres exercices peuvent aider aussi enfin est-ce que cette position peut aider aussi notamment pour ressentir le catch la pose de la main ce genre de choses mais à sec c’est-à-dire même pas au bord du bassin vraiment chez soi

Pierre TORTEREAU : ouais ouais alors sur tout ce qui est gainage forcément parce que l’idée c’est d’être aligné c’est d’être auto-grandi alors l’auto-grandissement va te faire te gainer un petit peu mine de rien parce que quand tu tires un peu sur la nuque vers le haut quand tu tires un peu sur les coins de pied quand tu pousses le mur par exemple forcément tout de suite tu mets en tension tes muscles donc ça te gaine mais ce qu’il faut c’est maintenir cet alignement malgré le roulis malgré les mouvements de bras malgré le retour à rien malgré le fait que tu tires l’eau vers l’arrière c’est être indéformable d’accord un des principes c’est ça c’est indéformable c’est maintenir son alignement maintenir son horizontalité donc oui tu peux bosser le gainage en dehors de l’eau ça c’est clair et net enfin bosser ce maintien d’alignement je ne vais pas parler toi de ça parce que l’idée c’est ça c’est de réussir à avoir un bon roulis et de maintenir ton alignement de la tête aux pieds malgré ça de ne pas avoir en gros les abdos et le bas du dos c’est souvent là le bassin qui part un peu et qui brille en gros nager un peu en S on parle un peu de ça ça fait un peu partie de ça aussi c’est que ton bassin dès que tu engages ton bras loin devant il va partir un peu à droite ensuite un peu à gauche et tu vois tu vas danser quoi tu vas danser alors que l’idée c’est vraiment que tout tourne et alors sauf la tête on parle quand on inspire mais si tu n’inspires pas tu as tout qui tourne de la tête aux pieds donc les épaules le bassin les pieds ok il ne faut pas rester en mode en ma vie il faut tourner les épaules il ne faut pas tourner le bassin et les pieds alors déjà si tu tournes que les épaules tu ne vas pas beaucoup tourner d’accord ça va se dégager un petit peu de l’eau mais à peine mais il faut vraiment tout laisser en fait on va dire partir partir mais en gardant l’alignement donc ça ouais tu peux le bosser avec du gainage en dehors de l’eau soit tu décolles une main du sol hop tu essayes de bien maîtriser là ton bassin même s’il ne va pas tourner et tu peux le laisser aussi tourner en regardant le sol en mettant un appui au sol tu mets ton bras ton bras vers l’eau donc là tu bosses ton gainage ton alignement en rotation donc vachement intéressant et à reproduire à ressentir la même chose on va dire dans l’eau ça c’est un premier truc et la chose vraiment super importante pour parler de catch juste avant ça va être de réussir à faire ce catch là en dehors de l’eau parce que le fait que je dise il faut regarder ton catch pour le ralentir tout à l’heure si tu n’y arrives pas en dehors de l’eau il n’y a aucune chance que tu y arrives dans l’eau c’est logique parce que c’est encore plus dur dans l’eau donc il faut y arriver l’élastique qui est très bien pour travailler un peu toutes les positions le catch le passage de la main sous l’épaule la position clé la numéro 2 là où on en a parlé juste avant où là on a plus de force et ensuite la fin de poussée la position clé numéro 3 mais par contre ce qu’il faut réussir à faire sur le catch le catch il n’est pas propulsif dans l’eau donc ça veut dire qu’en dehors de l’eau il faut réussir à le faire sans élastique sans aucune tension pas rien alors au début forcément tu ne peux pas le faire comme ça tu n’as aucun repère sensoriel on pourrait me dire ça ouais mais tu regardes juste ce que tu fais tu contrôles tu ralentis dans l’eau sous l’eau tu n’as aucun repère à part regarder ce que tu fais ralentir les tensions musculaires mais tu n’as pas un repère tactile ce que tu peux avoir comme repère tactile en dehors de l’eau c’est que tu prends un mur tu prends un dossier de chaise tu prends un poteau si tu es à la piscine finalement tu restes en dehors de l’eau tu fais ça avant de te mettre dans l’eau tu mets la main et l’avant-bras sur le mur et tu vas reculer donc en gros tu te mets en position de catch mais main avant-bras sur le mur là tu as un repère tactile qui est clair et mine de rien ça renvoie des infos à ton cerveau sur c’est quoi la position exacte d’un catch parfait d’une prise d’appui parfaite alors je ne dis pas qu’on va réussir en faisant que ça à y arriver tout de suite dans l’eau ça c’est sûr que non donc il y a pas un 19% d’écart mais par contre le fait d’y arriver au mur dans un premier temps avec un repère tactile clair et ensuite de réussir à le faire en mode dynamique toujours en dehors de l’eau donc en mode je suis là je réussis je prends le temps et je regarde ce que je fais tu vois j’engage je tourne je fléchis je le vois parce qu’on est en vidéo pour ceux qui nous écouteraient

Ermanno : ceux qui veulent voir à quoi ça ressemble vous allez sur la chaîne YouTube devenir traitelette et vous verrez les mouvements de pierre voilà

Pierre TORTEREAU : et donc ce que je disais là on est vraiment sur un contrôle moteur et si tu arrives à contrôler le truc en dehors de l’eau il y a de fortes chances qu’une fois dans l’eau parce que clairement 100% des personnes qui arrivent en dehors de l’eau vont être capables peut-être pas tout de suite mais assez rapidement de réussir à le faire aussi dans l’eau par contre si tu n’y arrives pas en dehors c’est sûr que tu n’y arriveras pas dans l’eau

Pierre TORTEREAU : je peux le garantir de toute façon c’est évident vu que c’est la même chose c’est le même mouvement c’est juste que tu es en eau donc ouais vachement important sur les appuis après je ne parlais que du cache parce qu’on en a parlé juste avant et c’est parlant pour tout le monde et en plus le cache ce n’est qu’une préparation ça veut dire que dans l’eau tu n’auras aucune sensation ou presque aucune sur le cache c’est que quand tu vas commencer à tirer tu vas dire ah oui là j’ai un cache qui est construit je sens par rapport à avant que musculairement j’ai des muscles qui poussent un peu dans les dorsaux dans les épaules ou dans quelque chose et ça c’est un bon repère d’ailleurs aussi sentir que ah oui ça étire le grand dorsal plus que d’habitude parce que j’ai bien engagé mon bras et ça tire un peu plus après les séances parce que j’ai commencé à pousser l’eau un peu plus fortement j’ai pris un peu plus d’eau

Ermanno : écoute je prends bonne note j’avais prévu une séance de natation tout à l’heure ça sera peut-être l’occasion de travailler ce cache il va falloir que tu nous fasses une vidéo ah ben non suis-je bête tu as une chaîne YouTube où tu montres tout ça forcément

Pierre TORTEREAU : ouais ouais ouais j’ai une chaîne YouTube j’ai dû mettre une séance qui est sur ces positions clés justement en dehors de l’eau donc là-dessus je pourrais te les envoyer il suffira de mettre ça en lien sous l’épisode et ouais l’idée c’est de partager des choses comme ça pour que ce soit sur ma chaîne sur des vidéos on va dire classiques tu vois classiques YouTube mais là c’était vraiment une séance élastique que j’ai fait avec un de mes anciens nageurs qui était à moins de 4 minutes au 400 enfin qui est toujours bien il nage encore et donc ça fait un bon exemple attends attends redis-le

Ermanno : je pense que les gens ils n’ont pas entendu moins de 4 minutes au 400 donc ce qui veut dire moins de 1 minute au 100 mètres fois 4 enchaîné c’est pas 100 mètres on s’arrête on refait 100 mètres c’est 400 mètres non-stop moins de 4 minutes c’est beau quand même ça c’est beau

Pierre TORTEREAU : c’est vrai que moi ça me paraît toujours hallucinant au début quand j’ai commencé à entraîner les meilleurs nageurs du club ils étaient à 4.20 ou 4.30 et encore c’est quand je nageais moi donc j’étais pas loin j’étais à ça aussi et je voyais des nageurs d’autres clubs tu vois à 4.10 4.5 4 minutes de la région en tout cas en France ils avaient déjà moins de 4

Pierre TORTEREAU : 4 minutes c’est sûr comment ils font comment ils font ça me paraissait complètement dingue alors que tu vois à 50 ou 100 lignes ou 52 moi ça me paraissait pas fou parce que je le vedais et j’avais eu un nageur là-dessus et quand j’ai commencé à avoir des nageurs là-dessus j’ai fait c’est vrai que c’est quelque chose ça envoie ça envoie c’est vrai que je pensais pas en fait avoir des nageurs aussi rapides sincèrement de façon technique technique technique

Ermanno : quand j’ai fait mon défi je me suis arrêté à Belleville pas très loin de Lyon je crois et et je faisais étape chaque jour dans une ville donc là ce jour-là je me suis arrêté à Belleville et j’étais j’allais quand c’était possible j’allais dans les piscines pour nager l’objectif de mon défi c’était de faire du swimrun mais c’était trop compliqué d’organiser ça avec des nages en rivière ou autre et donc quand c’était possible on allait dans les piscines et donc j’ai été accueilli à Belleville avec grand plaisir et il y avait justement un club de nageurs qui étaient là ils ont une super piscine extérieure la piscine est vieille dégueulasse et tout mais alors par contre le bassin il est juste magnifique et dans la ligne avec moi il y avait un mec qui avait entendu que je venais et ça lui faisait plaisir de venir ancien champion de France master je ne sais pas il avait une quarantaine d’années je crois il te claquait à 800 mètres moi j’étais à côté j’avais couru mes 70 bornes dans la journée j’essayais de tourner les bras comme je pouvais et le mec il m’a claqué à 800 mètres je me suis dit non non et ça c’est le genre de mec qui est bien à 4 minutes ou 400 ou un peu en dessous

Pierre TORTEREAU : ok si c’est celui auquel je pense c’était il y a combien de temps ça ?

Ermanno : c’était il y a 2 ans c’était en juin 2023 que j’y étais mais ça devait être en 2021 ou 2022 qu’il était champion de France master

Pierre TORTEREAU : si c’est 40 ans je ne sais pas forcément à 50-55 je vois il y en a qui vont super vite super vite moi toujours des anciens nageurs de toute façon qui vont super vite en master et tout qui ont pris à nager et tout mais physiquement ils ont pris ou ils n’ont pas perdu la forme ça c’est clair pour nager aussi vite

Ermanno : et pour revenir sur ce qu’on disait au début de l’épisode lui le cap un petit peu de bedaine et machin etc il l’a bien pris donc tu le vois en fait même dans la piscine ou dehors tu te dis non c’est pas un nageur putain quand il est dans l’eau ok donc si en plus là tu perds 10 kilos tu vas chatouiller les hauts marchands c’est pas possible

Pierre TORTEREAU : tu vois vraiment que la technique dans ces cas là en fait elle reste c’est clairement le profil type et toi tu n’es pas le premier à me le dire il y a plein de personnes qui me disent ça tu te dis il ne doit pas nager si vite et en fait tu vois qu’il avance alors qu’il a perdu le trop

Ermanno : je pense qu’à finir il n’y a plus qu’à tu le mets dans l’eau il n’a pas oublié

Pierre TORTEREAU : c’est ça en fait il sait toujours tu vois il se rappelle à 100% de ce que c’est que de pousser en arrière vers les pieds ça c’est clairement toujours acquis à un moment donné pour les nageurs en tout cas performants au niveau placement projectile baisse des fins il n’est peut-être pas 100% immergé mais c’est sûr que tout le reste il est aligné il est auto-grandi naturellement naturellement non parce qu’il a fait des bornes et des bornes pour automatiser ça mais il reprend tout de suite ce truc là alors ouais par contre musculairement tu vois au bout de 1000 mètres ou 2000 mètres s’il n’a pas nagé pendant 10 ans enfin même pas 2000 bien avant à 1000 mètres il va être fatigué mais ça va revenir vite aussi ça mine de rien c’est la mémoire musculaire clairement c’est comme quelqu’un qui a fait du sport étant jeune et quelqu’un qui n’en a pas fait et qui commence le triathlon à 45 ans c’est pas pareil c’est pas la même chose parce qu’au niveau cardio musculaire et tout dans 99% des cas on a toujours l’exception mais je parle vraiment toujours pour la majorité des gens comme tout le monde ne va pas arriver à une 30 ou 100 mètres ça c’est évident même avec 4 séances dans la semaine la plupart 3-4 séances s’ils ont 40 ans et qu’ils commencent à 30 ans aller à une 30 ouais ça va passer mais si tu commences à 60 aller à une 30 avec 3 séances c’est sûr que c’est pas assez

Ermanno : ça va être difficile et voir certains

Pierre TORTEREAU : n’y arriveront pas

Ermanno : 2 minutes

Pierre TORTEREAU : ouais à 60 ok 45 c’est un bon objectif en général tu commences à 40 50 ça peut passer à 2 3 séances semaine ça dépend

Ermanno : j’en rêve j’en rêve

Pierre TORTEREAU : ouais justement justement revenons à toi tu disais que tes pieds tes pieds tes pieds ils coulent ouais ok donc auto-grandi garde un peu plus d’air peut-être dans la carte thoracique et souffle peut-être tout enfin souffle une bonne partie sur les 2 derniers mouvements

Ermanno : et ben ça c’est ce que je fais tu vois et d’ailleurs je parlais je sais pas si t’as si je t’avais mis en relation ou si t’as écouté l’épisode avec Marc Plata ancien nageur luxembourgeois qui a entraîné aussi des luxembourgeois de haut niveau et qui entraîne toujours maintenant il est plutôt spécialiste de la respiration sophrologue et spécialiste de la respiration et sur mon défi il m’a accompagné sur la partie respiration et il me disait quand tu vas nager essaye de souffler tout le temps c’est à dire tu prends l’air et puis tu souffles tout le temps jusqu’à la fin de tes 3 ou 5 mouvements avant de reprendre de l’air toi tu me dis au contraire souffler à la fin pour garder la cage thoracique remplie

Pierre TORTEREAU : alors les 2 sont les 2 sont intéressantes c’est juste que si tu veux mieux garder l’horizontalité parce que tu sens que tes pieds coulent rapidement donc t’as 1 immergé d’accord là où t’as de l’air et puis t’as 2 et 2 peut-être si ça t’essouffle pas toi rapidement plus rapidement et tout souffler uniquement sur les 2 derniers mouvements ok parce que si tu souffles dès le début bah ton air il va partir plus tôt si ton air il part plus tôt et que l’avant est sous l’eau mécaniquement il y a un truc qui tombe et il y a un truc qui tombe c’est toujours les pieds c’est ça tout le monde est au courant et donc les 2 peuvent être intéressantes et faut trouver peut-être c’est peut-être souffler ne pas souffler le 1er ou le 2ème et souffler uniquement 3, 4, 5 ouais donc toi t’es toujours en 5 temps toujours en 5 contre accélère ça passe tout seul

Ermanno : ouais ouais ça passe tout seul jusqu’à 1,40 en ce moment là jusqu’à 1,45 je suis en 5 temps si je veux aller plus vite je passe en 3 temps

Pierre TORTEREAU : ok ouais donc ça va ça se tient dans la logique parce que tu vois quelqu’un qui va nager 2,30 souvent je recommande d’être en 3, 4 temps voire même en 5 la plupart du temps même si sur du long avec une cadence basse c’est peut-être pas facilement tenable le 5 temps mais le 3 voire le 3, 4 peut bien passer et plus on progresse tu vois sous les 1,45 tu passes soit en 3 soit en 3, 2 soit en 2 temps plus tu progresses plus tu vas te mettre là-dessus parce que ton facteur limitant il sera plus sur l’inspiration parce que ton bras il va pas tomber pendant l’inspiration tu vas pas te désorganiser pendant l’inspiration alors qu’à 2,30 il y a tout qui se barre quand t’inspires donc le facteur limitant il est là il est pas sur le souffle il est pas sur le cardio donc ça sert à rien de vouloir expirer parce que ce qu’on veut quand on expire c’est virer le CO2 et ensuite réinspirer bah à 2,30 le facteur limitant il est pas sur le CO2 alors qu’il y a une 30 ou une 40 il va commencer si ce peut que ça soit un des facteurs limitants donc il faut être en 2 ou en 3 pour souffler plus souvent c’est aussi simple que ça c’est pas vraiment pour que inspirer plus souvent c’est surtout pour expulser le CO2 plus souvent ok c’est quoi ? allez-y troisième chose que je voulais te dire par rapport à l’horizontalité et au pied la question c’est bon même si forcément en plus t’es avec le pool et t’es avec les chaussures donc c’est pas la même logique mais au moins en bassin tu vois quand t’as pas le pool comme ça on élargit un peu le truc là-dessus le battement de jambes il te sert aussi à maintenir l’horizontalité oui il te sert pour le rouler pour basculer parce que le rouler part des pieds part du battement de jambes mais ça t’aide vraiment à maintenir les talons vers la surface mais pour ça il faut que tu places correctement ton pied ou ta jambe en gros ta jambe il faut qu’elle soit en rotation interne le catch c’est en rotation interne aussi c’est mettre le creux du coude tu vois vers le fond de la piscine donc là on est vraiment en rotation interne pour mettre la bonne partie d’efficacité de l’appui sur ton pied et de l’extérieur de ton pied ok pour faire simple c’est ça

Pierre TORTEREAU : donc les pointes de pied légèrement l’une vers l’autre en légère extension sans chauffer la corne bien sûr et c’est comme ça que tu auras de meilleures surfaces d’appui et donc mécaniquement tu auras des pieds qui vont être plus efficaces et donc qui vont remonter plus vers la surface de l’eau parce que si tu as les pieds vers l’extérieur les pointes de pied à l’extérieur donc les jambes en rotation externe ben là tu mets l’intérieur du pied vers le fond et là clairement tu as beaucoup moins d’appui voire pas d’appui du tout voilà un peu un truc qui peut t’aider donc ça ça se travaille aussi en dehors de l’eau d’ailleurs ok tu mobilises c’est des mobilisations articulaires où tu bouges un peu même si c’est qu’une minute avant de te mettre dans l’eau ben c’est une minute mine de rien deux trois fois dans la semaine tu peux faire une minute le soir ben t’arrives vite t’as 7 minutes et 7 minutes par semaine ben c’est beaucoup

Ermanno : ça marche écoute on travaillera là dessus mais ouais pour reprendre mon cas et je pense que c’est le cas de beaucoup de triathlètes en tout cas beaucoup de mecs moi dès que je mets alors pull boy ou élastique au pied en gros dès que j’immobilise mes jambes je gagne tout de suite mais aussi en consommation d’énergie je le sens je suis beaucoup plus beaucoup plus beaucoup plus à l’aise tu vois donc est-ce que c’est juste mon battement qui est totalement inefficace et qui fait que je consomme beaucoup plus d’énergie que quand j’immobilise les jambes avec ou sans pull boy à voir mais j’essaierai de de nager beaucoup

Pierre TORTEREAU : c’est plus que ça soit ça parce que ben normalement plus tu progresses moins tu utilises tes jambes aussi tu vois encore une fois le début de temps il y a les battements qui frétillent celui qui a une 45 déjà tu sens que soit le battement de temps il est là soit il est pas loin et c’est un battement un peu 2-3-4 temps un peu hybride mais qui défense quand même moins d’énergie donc n’hésite pas à chercher dans cette mobilité là en rotation interne parce que ça c’est rotation interne sur les jambes rotation interne sur les bras ça va être les deux points importants en termes de mobilité pour réussir à nager de plus en plus de plus en plus rapidement ça c’est sûr donc ça ça se fait en dehors de l’eau tu vois la mobilité ça se fait pas dans l’eau comme ça se fait pas forcément en cours

Ermanno : ça va écoute je pense qu’on va repartir avec plein plein plein plein d’infos est-ce qu’il y avait d’autres sujets que tu voulais aborder ou on s’arrête là pour aujourd’hui

Pierre TORTEREAU : le troisième exercice game changer que je fais en stage comme ça vas-y vas-y ça va être en fait et ça paraît contre intuitif clairement dit comme ça de mettre la main au bonnet mais pas juste de toucher le bonnet et d’annoncer ton bras devant tu vois qui structure quand même un petit peu ton retour à rien cet exercice là mais pour moi il y a un truc beaucoup plus efficace t’as aligné ta tête encore une fois il faut mettre les choses en l’ordre ta tête elle est alignée tu vas mettre la paume de main voilà je me mets bien alors venez regarder la vidéo pour que ça soit plus parlant là-dessus donc t’es aligné t’es allongé tu mets vraiment la main sur enfin la paume de main sur le sommet du crâne donc l’avant du nageur et tu rentres ta main vraiment ici dans l’eau et après t’engages le bras devant alors oui ça raccourcit clairement ça rentre par les doigts ça c’est la première chose mais ça va t’aider aussi en ralentissant ici à mieux engager le bras devant parce que tu peux après tu peux accélérer ton engagement de bras et ça va faire accélérer le mouvement qui est sous l’eau d’accord parce que pour accélérer le mouvement sous l’eau soit tu penses au mouvement sous l’eau soit tu passes par le retour aérien et souvent moi des retours que j’ai en stage dans 80-90% des cas cet exercice là il est vraiment mieux en mettant la main au bonnet et en accélérant après l’engagement du bras devant pour accélérer le mouvement qui est sous l’eau là on a vraiment le meilleur ressenti alors en passant par le retour aérien donc ça c’est vraiment un exercice qui fonctionne vraiment bien et ça permet d’avoir de bonnes sensations donc oui on rentre très court mais ça permet d’avoir un repère tactile qui est très très bien très clair et vu qu’on ralentit après on accélère presque des fois sans y penser donc je n’avais pas du tout on va dire créé ou mis à jour pour ça c’était juste pour rentrer par les doigts et finalement en fait il y a d’autres choses qui se sont passées et maintenant c’est un des exercices qui fonctionne le mieux d’après le retour déjà quand j’étais le champion c’est pas moi qui décide que c’est bien ou pas c’est les personnes qui me disent ah ouais ah ouais là j’ai vraiment ressenti des trucs quoi je fais toujours des vidéos à la fin de chaque stage et ces trois là c’est vraiment les trois choses qui ressortent qui ressortent quoi donc pour décomposer

Ermanno : juste sur ce mouvement là tu viens tu touches le bonnet et après c’est là que tu vas allonger ton bras sous l’eau

Pierre TORTEREAU : alors tu touches le bonnet tu rentres la main dans l’eau pour vraiment que tu sois rentré dans l’eau et après par contre t’engages devant en gros d’abord tu vas vers le bas tu rallonges ton bras après et après tu catches ouais ouais et vu que tu ralentis sur l’entrée parce qu’en fait au début tu sais pas exactement où est le sommet de ton crâne j’avoue même un nageur tu loupes au début tu fais merde merde ça c’était l’oreille

Ermanno : c’est pas ça je suis pas là

Pierre TORTEREAU : et en fait après ça accélère ça accélère tout seul parce que t’as ralenti en fait t’as changé ta coordination en ralentissant et en fait ton cerveau il veut reprendre sa coordination on va dire d’avant donc il accélère le bras et ça fait accélérer le bras qui est sous l’eau tu vois en fait c’est un effet en cascade ok c’est un truc quoi celui-là faut pas hésiter pour l’accélération du mouvement c’est vraiment intéressant on peut bosser aussi sur l’expiration pour souffler plus en plus fort mais c’est ça je crois qu’on en avait déjà parlé dans notre podcast donc n’hésitez pas à aller l’écouter

Ermanno : et puis après chacun y trouvera aussi son compte expiration par la bouche expiration par le nez voilà

Pierre TORTEREAU : c’est exactement ça sentir ce qui vous convient je crois que ce qu’on peut conclure là-dessus c’est ça c’est se faire confiance avec les bons exos et se dire ah ouais ça ça me parle bien ça ça me parle pas je vire ça me parle bien je garde et je creuse et je creuse et je répète

Ermanno : écoute merci beaucoup Pierre pour toutes ces infos tu vois comme je te disais j’ai accepté ta proposition d’invitation et on y est allé à l’arrache sans avoir de sujet prédéfini de savoir exactement où est-ce qu’on irait mais en revanche on a revu un peu des bases tu t’es servi de mon cas aussi personnel pour pouvoir guider un petit peu accompagner nos auditrices et nos auditeurs donc merci beaucoup dernière question où est-ce qu’on te retrouve où est-ce qu’on te suit où est-ce qu’on voit tes vidéos pour essayer de s’améliorer en natation

Pierre TORTEREAU : sur Youtube Pierre Coaching Natation tout simplement et puis après pour essayer la peau magique coachingnatation.fr de toute façon il y a les liens sur les vidéos Youtube donc tout est trouvable facilement super

Ermanno : et nous on remettra tout ça dans les notes de l’épisode merci beaucoup Pierre à bientôt

Pierre TORTEREAU : salut Ermanno à bientôt tout le monde ciao

PS : nous sommes maintenant sur Strava ! https://www.strava.com/clubs/DTxOT !

PSS : et pour découvrir le nouveau podcast éphémère d’Ermanno, ça se passe sur https://road-to-otillo.fr !

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