#388 Du pôle espoir à l’élite : itinéraire d’un triathlète déterminé avec Briac Tencé

Rêver des Jeux Olympiques… mais toujours garder les pieds sur terre.

🏆 2 titres de champion de France jeune, 4 années passé au pôle Espoirs et déjà une belle expérience en équipe de France : on a eu le plaisir de recevoir Briac Tencé dans notre dernier épisode de podcast.

🎤 Une discussion passionnante avec un athlète de seulement 21 ans, mais à l’expérience déjà très riche.

💭 Les rêves du plus haut niveau et des jeux olympiques, l’implication et la discipline du quotidien, les nombreuses marches à franchir pour atteindre ses objectifs : Briac nous livre son organisation, ses ambitions & ses projets.

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Dans cet épisode, vous découvrirez :

– Le parcours impressionnant de Briac dans la discipline

– Ses premiers pas et ses victoires en triathlon

– Comment il équilibre entraînement, compétitions et études

– Les défis rencontrés et les leçons apprises en chemin

– Ses ambitions pour les saisons à venir et son rêve olympique

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Notre mission reste inchangée : rendre le triathlon accessible à tous, des débutants aux élites, en passant par ceux qui reprennent après une pause. Avec OpenTri à nos côtés, attendez-vous à plonger encore plus profondément dans le monde fascinant du triathlon. 🏊‍♂️🚴‍♀️🏃‍♂️. Gardez le pas, gardez le rythme, et surtout… gardez la passion brûlante pour le triathlon qui nous anime tous. 🔥💪

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Ermanno : Avant de démarrer ce nouvel épisode, on a une invitation spéciale pour vous. Je vous invite à nous rejoindre sur devenire-triathlète.com. Vous allez y retrouver tous les épisodes, mais aussi des conseils, des guides, des ressources et des outils gratuits pour débuter, progresser ou performer en triathlon. Et on mettra tout ça à jour chaque semaine. Allez, on se retrouve tout de suite sur devenire-triathlète.com et d’ici là, bonne écoute de ce nouvel épisode. Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Aujourd’hui, on va échanger avec un petit jeune qui a déjà quelques titres de champion de France à son actif. Je suis très heureux de tendre le micro ensoleillé à Briac TENCÉ. Salut Briac. Salut Ermanno. Je vois qu’on a à peu près le même temps. Moi, je suis à Castres, donc un petit peu plus à l’ouest. Toi, tu es à Saint-Raphaël, c’est ça ?

Briac TENCÉ : Je suis à Saint-Raphaël et le soleil revient gentiment malgré un mois de mars un peu chaotique. Donc, je suis content. La chaleur aussi parce qu’on a eu un petit peu froid. Je ne vais pas me plaindre de trop parce que je pense que les gens du Nord ou même mes compatriotes normands vont venir me trouver. Mais non, les bonnes conditions à Saint-Raphaël reviennent.

Ermanno : Je ne sais pas si tu t’en es rendu compte ou si c’était volontaire, mais tu as dit tes compatriotes normands. Il me semblait que Briac, c’était plutôt breton.

Briac TENCÉ : Alors, sujet sensible.

Ermanno : De toute façon, je m’en fous. Moi, je suis normand. Le Mont-Saint-Michel, il est chez nous. Il est en Normandie. Voilà, c’est réglé.

Briac TENCÉ : On est d’accord, mais parce que je dis toujours, il faut bien nous laisser quelque chose parce que la Normandie et la Bretagne sont deux très belles régions. Et puis, j’ai des origines dans les deux. J’ai un nom breton. Pour autant, j’ai toujours vécu en Normandie, tout près du Mont-Saint-Michel, en fait, dans la Manche. Donc, je suis normand de naissance.

Ermanno : Normand de naissance, breton par filiation et puis azuréen d’adoption.

Briac TENCÉ : C’est ça, exactement. Exactement. Et un petit peu parisien grâce à mon club. Donc, un petit peu partout en France.

Ermanno : Citoyen du monde, quoi.

Briac TENCÉ : Exactement.

Ermanno : Un petit jeune qui est au goût du jour, qui est en plein dedans. Écoute, passer ces small talks, ces petites discussions, en tout cas, ça m’a fait plaisir d’en savoir un petit peu plus sur toi. Mais ce que je te propose, c’est justement d’en savoir encore plus. Donc, dis-nous tout. Qui est Briac Tansé ?

Briac TENCÉ : Ah oui, alors là, c’est un exercice compliqué de tout dire. Et d’être de pas être trop long, mais Briac Tansé, 21 ans, originaire donc de la Manche, à Vranches, juste à côté du Mont-Saint-Michel. Moi, j’arrive à le voir depuis quasiment ma fenêtre. Donc, j’ai vécu, j’ai vécu en Normandie, dans la Manche jusqu’à mes 17 ans. Et puis, en fait, en 2019, j’intègre le Pôle Espoir. À Saint-Raphaël. Donc, un des deux seuls Pôle Espoir qu’il y a en France, parce qu’il y a Saint-Raphaël et Montpellier.

Briac TENCÉ : Expérience qui a duré pendant 4 ans. Alors nous, quand je suis arrivé en 2019, on a vite connu la période Covid. Donc, en fait, je me suis retrouvé à revenir chez moi pendant 4-5 mois à cause de ça. Donc, période un petit peu amputée. Mais ensuite, j’ai continué l’aventure au Pôle Espoir. Donc, pendant 3 autres années. Et là, cette année, en octobre, là, on a mis un terme à notre collaboration. Voilà, pour diverses raisons. Sinon, à côté, donc, j’ai eu, j’ai connu deux clubs. Donc, j’ai été au TC Val-Saint-Père, qui est juste à côté d’Avranches. Donc, j’y ai été la plupart de ma jeune carrière de triathlète jusqu’en catégorie junior. Et ensuite, j’ai été, entre guillemets, recruté par ICI Triathlon, club dans lequel je suis encore. Et cette année, on courra en D1. Donc, si je pense que tu veux peut-être un petit peu mon palmarès jusqu’à présent.

Ermanno : Allez, vas-y, balance. Ça fait partie du jeu.

Briac TENCÉ : Bon, alors, je pense qu’on va vite faire le tour. Mais bon, j’ai connu une bonne période quand j’étais chez les jeunes. Donc, j’ai eu deux titres. J’ai eu deux champions de France quand j’étais minime. Après, en cadet, ça a été un petit peu plus…

Ermanno : Alors, tu peux juste nous redonner à peu près les tranches d’âge pour minime, cadet, junior ?

Briac TENCÉ : Ouais, ouais. Alors, donc, cadet, minime, c’est 14-15 ans, il me semble. Parce que moi, je suis de fin d’année, donc c’est toujours un petit peu compliqué. Mais voilà, ou peut-être dans la 16e année, ce qui correspond à la 4e et la 3e au collège. Ça, c’est les années minimes. Ensuite, quand vous… Vous partez au lycée, vous arrivez chez les cadets. Donc là, c’est… Ouais, c’est ça, c’est 16-17 ans. Et puis les juniors, 18-19. Voilà, c’est des catégories de deux ans. Et en fait, je parle de minime à junior parce que c’est les seules catégories dans lesquelles vous pouvez courir aux championnats de France de triathlon et de duathlon. Sachant que la catégorie Benjamin, qui est avant les minimes, elle ne peut pas courir encore sur ces championnats de France-là. Donc, c’est vraiment à ce moment-là que la carrière du jeune, triathlète, elle commence, quoi. Donc, les premières courses, c’est ça. C’est les demi-finales de championnat de France. Et puis ensuite, on essaye d’aller chercher les qualifs au championnat de France et puis d’aller chercher les meilleures places. Donc, voilà. Ensuite, j’ai connu des années cadets un petit peu plus compliquées. Malgré tout, une sélection au championnat du monde de UNSS me permet d’aller chercher la deuxième place en individuel et la première place en… en relais mixte. Donc, voilà. Et ensuite, en junior, j’ai fait un titre de championnat de France d’aquatelon.

Briac TENCÉ : Dernier championnat de France junior, j’arrive à gagner la course. Donc, ça, c’était une belle, on va dire, une belle porte de sortie. Et puis ensuite, j’ai été directement propulsé dans les catégories espoir. Donc là, c’est plongeant dans le grand bain parce que vous arrivez sur des compétitions d’une à l’internationale parce que vous courez sur Coupe d’Europe Elite. Et puis, vous courez avec certains gars, qui ont beaucoup plus de bouteilles que vous. Donc, c’est un petit peu difficile de se faire une place. Mais donc, la plus probante, on va dire, c’était l’année dernière à Géchauffe, en Pologne, où je termine quatrième. Donc, juste au pied du podium pour ma… Je ne sais plus, c’était laquelle ? Peut-être la dixième Coupe d’Europe. Donc, c’est un long chemin. C’est un long chemin semé d’embûches. Mais c’est très intéressant, oui.

Ermanno : Et tout ça… Que sur triathlon. C’est-à-dire que toi, tu as commencé directement par le triathlon ou tu as un passé sportif qui était de coureur ou de nageur ou de cycliste ?

Briac TENCÉ : Alors, non, moi, j’ai commencé par le triathlon. Mes parents… C’est grâce à mes parents que je fais du triathlon. C’est eux qui m’ont fait goûter à ce sport parce qu’ils en faisaient, en fait. Mes deux parents ont fait tous deux des Ironman et les deux sont allés faire les championnats du monde à Hawaï. Donc, en fait, moi, je baigne là-dedans depuis que je suis tout petit, en fait. Je suis tombé dedans quand j’étais tout petit.

Ermanno : Bon, alors, attends, je te rappelle, 21 ans, t’es encore tout petit par rapport au vieux que je suis. C’est marrant parce qu’on a l’impression que tu parles comme si t’avais 40 ans, que t’avais déjà vécu 2-3 vies, quoi.

Briac TENCÉ : Ouais, non, non. On me le dit souvent, mais peut-être que j’arrive à relativiser les choses. Mais j’ai l’impression d’avoir quand même fait un beau chemin depuis que j’ai commencé parce que… Ouais, j’ai dû commencer. J’ai dû commencer quand j’avais 6-7 ans. Donc, mine de rien, on commence à accumuler les années. Mais en fait, non, moi, j’ai jamais fait d’autres sports. Et en fait, pour complémentariser le triathlon, je me suis mis à la natation, en club. J’ai jamais fait de course à pied vraiment en club parce qu’en fait, c’était mon père qui m’entraînait. Donc, j’ai jamais goûté ça, ça, le club d’athlétisme. Par contre, j’ai fait du vélo, du cyclisme sur route quand j’étais petit. Et quand j’étais un petit peu plus jeune. Donc, quand j’étais cadet junior, j’ai dû faire quelques courses dans le but d’une préparation. C’était une belle expérience. J’ai adoré les courses sur route. D’ailleurs, j’en ai refait deux l’année dernière, tu vois. Parce que c’est des courses un petit peu plaisir.

Ermanno : Ouais, donc toi, un pur produit du triathlon. Ça, ça me fait un peu penser à notre champion du monde national, Sam Lello. Bon, lui, il a commencé encore un petit peu plus petit. Par contre, il te reste pas longtemps pour arriver… Comme lui, il a allé sur du long. Ou toi, tu restes sur du court.

Briac TENCÉ : Alors, pour… Salut les sportifs, c’est Charlie d’OpenTree et je me permets d’interrompre votre podcast un très, très court instant. Si l’épisode que vous êtes en train d’écouter vous plaît, alors on a besoin de vous. Est-ce que vous pourriez prendre 10 petites secondes pour ouvrir votre appli de podcast préférée, y trouver l’affiche du podcast Devenir Triathlète X OpenTree et nous laisser une note, de préférence 5 étoiles, en nous disant ce qui vous plaît le plus dans le podcast. Ça vous prendra seulement quelques secondes mais ça nous permettra de continuer à améliorer le podcast et à se faire découvrir par d’autres auditeurs triathlètes.

Ermanno : Un immense merci à vous qui allez laisser une note et on se retrouve tout de suite pour la suite de votre épisode.

Briac TENCÉ : Pour tout avouer, le long me tente. Le long me tente, mais parce que… parce que j’ai pu vivre au travers de mes parents les expériences de l’Ironman et en fait, tout est extraordinaire, quoi. C’est le monde qui peut y avoir l’engouement, qui peut y avoir sur ces courses, sur des sites de courses exceptionnels. Du coup, moi, j’ai eu la chance d’aller deux fois à Hawaï. C’est des endroits qui sont magiques. J’en garde des souvenirs absolument exceptionnels. Et puis, mes idoles du triathlon, c’est aussi des personnes qui ont brillé sur ces courses-là. Moi, en 2016, pour aller voir ma… pour encourager ma mère, c’est Yann Frodeno qui gagne. Yann Frodeno, moi, je me suis levé en 2008 pour voir la course des JO en pleine nuit pour voir Yann Frodeno gagner, quoi. Donc, c’est vrai que c’est… Pour le moment, non, parce que bon, il y a la carrière de cours. En fait, c’est un passage obligatoire. Enfin, j’ai l’impression que c’est un passage obligatoire pour aller vers le long et que le long s’adresse plus à des sportifs, peut-être avec un peu plus de maturité physique, mentale, parce que c’est des efforts qui sont très longs. Il faut vite avoir une rigueur extrême sur ce genre d’épreuve et où un mec de 20 ans, il va plus avoir la folie sur des courses du cours où c’est hyper dynamique, où il y a vraiment une grosse compétition, une grosse bagarre dès la natation et tout ça. Donc, ouais, ouais, c’est dans un coin de ma tête, le long, mais c’est vrai que le cours reste beaucoup plus, on va dire, dynamique.

Ermanno : Quand tu dis que c’est dans un coin de ta tête, là, jusqu’à présent, tu es monté jusqu’à quelle distance ? Et ce long, tu l’envisages à court, moyen, long terme ? Alors, tout est à définir, parce qu’à 21 ans, on a l’impression que tu as déjà vécu trois vies. N’oublions pas qu’à 21 ans, deux ans, ça représente 10 % de ta vie. Donc, pour toi, le long terme, c’est peut-être dans cinq ans, tu vois.

Briac TENCÉ : Ouais, bah, dans l’ordre chronologique, ma distance la plus longue aujourd’hui, c’est le distance olympique que, d’ailleurs, j’ai dernièrement couru à Cartera. Donc, pour rappeler, pour ceux qui ne le savent pas, 1500 mètres de natation, 40 kilomètres de vélo et 10 kilomètres de course à pied. Donc, sur un format Coupe d’Europe, c’est un format qui est couru avec drafting, à vélo. Donc, c’est des courses qui sont plutôt rapides. Là, à Cartera, je termine en 1h46. Le M, sachant que ça se gagne en 1h44, donc deux minutes devant moi. Donc, c’est des courses qui sont très, très rapides. Et deux minutes devant toi, ça fait combien de personnes devant ? Ça fait 21 personnes devant. Je suis le 22 de la course. Et j’en discutais avec mon entraîneur. Moi, Cartera, je l’ai déjà fait trois fois. La première fois, j’étais encore junior. C’était à toute fin de ma saison junior, ma dernière saison junior. Et je termine, il me semble, 20, je crois même que je fais 22e. La première fois que je le fais. Et pourtant, je cours 1 minute 30 moins vite. Et là, cette année, je cours en 32 minutes et pas en 33, 30. Et pourtant, je termine à la même place. Mais parce qu’en fait, là, depuis 2, 3 ans, il y a un plateau, une densité de niveau sur les Coupes d’Europe qui est impressionnante. Et donc, ça donne des courses hyper relevées. Hyper relevées. Donc, c’est hyper intéressant. Et puis, du coup, pour terminer ta question, honnêtement, si mon calendrier le permet, je pense que je vais me tenter à un half cette année.

Briac TENCÉ : Donc, ce n’est pas encore décidé parce que pour l’instant, la priorité, elle est vraiment sur le court de distance, sur le championnat de France de D1, sur les Coupes d’Europe, les sélections potentiellement. Mais si la fin de l’année me le permet, peut-être que j’essaierai de faire un half en France pour éviter un déplacement trop important. Mais juste pour… pour essayer de prendre la température sur la distance.

Ermanno : Oui, tu as les… Non, ce n’est pas en fin d’année, mais Aix ou Cagnes-sur-Mer, qui sont quand même assez réputés, mais c’est plutôt en début de saison pour le coup.

Briac TENCÉ : Oui. Aix, je ne veux pas dire de bêtises, mais c’est la première partie de saison. Ce n’est pas longtemps.

Ermanno : Oui, c’est début avril. Donc, c’est très bientôt au moment où on enregistre.

Briac TENCÉ : C’est ça. C’est ça. Pour le moment, je ne sais pas. Je sais qu’il y a le Bayman qui est vraiment dans le jardin pour le coup.

Ermanno : Donc, le Bayman, le Triathlon du Mont-Saint-Michel, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas. Oui.

Briac TENCÉ : Venez tous le faire. Évidemment. Je n’ai pas de départ dans l’organisation. Non, mais c’est… Je ne sais pas s’il va être organisé cette année, mais si le calendrier me le permet, peut-être que le Bayman serait mon choix numéro un.

Ermanno : Tiens, d’ailleurs, restons là-dessus. Comment est-ce que tu organises ton calendrier de course ? Parce que tu nous as dit que tu es à ICI Triathlon. Tu nous parles aussi de ton entraîneur. Est-ce que c’est l’entraîneur de ICI Triathlon ? Est-ce que tu as un entraîneur privé ? Est-ce que c’est l’ancien entraîneur du pôle ? Enfin, voilà. Comment est-ce que tu organises ta saison ? Comment est-ce que tu planifies ta saison ? Et comment tu t’entraînes, Antoine Lefond ? Tu as l’impression que c’est quatre questions, mais en fait, il n’y en a qu’une.

Briac TENCÉ : En plus, la réponse, elle va être un petit peu compliquée, en fait, parce que c’est… Donc, il y a trois parties. Il y a le sportif, il y a la fédération et il y a le club. Donc, moi, je fais partie du projet de performance fédérale parce que je suis sur liste ministérielle relève. Oui. Et donc, mon calendrier, il s’articule comment ? Il y a une priorité qui est donnée à la… On va dire au calendrier international. Donc, pour moi, ça concerne les Coupes d’Europe. Donc, en fait, moi, je vais jongler entre le calendrier Coupes d’Europe, le calendrier D1 et avec ça, je vais essayer de faire un calendrier qui va convenir et à la fédération et à mon club, sachant que de toute façon, on est en échange et on échange en direct, en visio, avec mon club et avec la fédération. Donc, pour les relèves, c’est Paul Lalire à la fédération qui s’occupe de ça. Donc, moi, je lui fais une proposition de calendrier. Lui, si ça lui convient, il l’a fait valider par Benjamin Maz, le DTN.

Briac TENCÉ : Et généralement, donc, le club, on essaye de satisfaire tout le monde et de satisfaire le sportif aussi parce qu’il ne faut pas oublier qu’à la base, c’est quand même moi que ça concerne. Mais c’est vrai que c’est des calendriers qui sont un petit peu compliqués à faire parce qu’il y a deux parties entre le sportif. Il faut réussir à jongler avec ça. Mais bon, moi, j’ai la chance d’avoir un club qui est assez indulgent et qui comprend les prétentions d’aller faire les courses internationales.

Ermanno : Oui, parce qu’admettons que tu aies une manche de D1 en même temps qu’un championnat d’Europe. C’est quand même rare. En général, la D1 s’organise quand même pour ne pas que ça tombe en même temps. Mais plutôt qu’en même temps, disons qu’à trois jours d’intervalle, qui va avoir la primeur ? Ça va être la FEDE avec la course internationale ou ça va être le club avec la D1 ?

Briac TENCÉ : Priorité à la sélection dans tous les cas. Moi, en tant que Français, si on me sélectionne sur une équipe de France, moi, je fais le choix d’aller sur la sélection équipe de France. Par contre, le club me dira jamais, me fera jamais regretter de prendre ce choix-là. C’est-à-dire qu’ils sont plus derrière moi que contre moi. C’est déjà arrivé dans le passé, pas à moi, mais c’est déjà arrivé qu’une sélection tombe au dernier moment parce que quelqu’un de blessé était en position de replaçant. Donc, tu passes sur la sélection. C’est déjà arrivé qu’on me dise trois jours avant la course, écoute, je ne peux pas courir ta D1 parce que je suis sur un championnat d’Europe et le club y comprend. Après, je ne sais pas, je ne fais pas une généralité sur tous les clubs de D1, mais en tout cas, moi, ici, avec ICI Triathlon, on n’a pas de souci avec ça et 99% du temps, on planifie avant pour ne pas avoir de mauvaise surprise pendant la saison.

Ermanno : Et la deuxième partie de la question, c’était justement comment est-ce que tu t’entraînes ? Comment est-ce que tu planifies ton entraînement ? C’est toi, c’est toi qui inities, c’est ton entraîneur, c’est tes entraîneurs, c’est les entraîneurs du club, c’est l’entraîneur fédéral. Comment est-ce que tu organises la préparation de ton entraînement ?

Briac TENCÉ : Moi, j’ai la collaboration avec le pôle, elle s’est arrêtée, donc moi, j’ai fait le choix de prendre un entraîneur complètement indépendant. Donc, c’est Mathieu Marteau qui lui gère l’effectif D1 de Saint-Geneviève Triathlon et qui est aussi entraîneur de natation à côté de Nancy, à Toul. Donc, cette année, on a créé un petit groupe avec deux autres athlètes qui sont Tom Lerneau et Igor Dupuis. Et donc, Mathieu, lui, il nous fait des plans, il nous fait des plans à distance. Malgré tout, avec les gars, on a réussi à se rencontrer, on a réussi à se voir pendant cinq semaines déjà cette année, en début d’année. Mais donc, l’organisation de l’entraînement, elle est un petit peu plus compliquée maintenant parce que je n’ai plus de groupe, à proprement parler. Et je n’ai pas d’aménagement spécifique. Donc, c’est-à-dire que là, je m’entraîne vraiment dans le public à Saint-Raphaël, sur les horaires publics. Donc, ça, ce n’est pas toujours facile, on va dire. Et puis, vélo-course à pied, ça me dérange un petit peu moins parce que j’ai eu plus ou moins l’habitude de le faire. Et quand tu as une séance, la séance que tu la fasses avec un copain ou sans le copain, de toute façon, il faut la faire et puis il faut la faire dans les consignes qui sont données. Donc ça, je n’ai pas du mal. Par contre, la natation, c’est vraiment le point un petit peu complexe de la préparation en ce moment.

Ermanno : L’avantage, c’est qu’à Saint-Raphaël, tu as une grande, grande, grande piscine. Tu n’as pas de carreaux et c’est difficile de faire les 50, 100 ou 200 mètres. Mais c’est quand même une grande piscine ouverte toute l’année, non ?

Briac TENCÉ : Alors oui, on a la chance que il y a du personnel qui est aussi très indulgent avec nous et qui essaye d’un petit peu organiser les lignes de temps en temps quand ça devient un peu chaotique. Mais oui, c’est une grande piscine. C’est un bassin de 50, 8 couloirs. Donc, on va dire que ça pourrait être pire.

Ermanno : J’étais ironique. Je pensais à la mer qui n’est pas très loin.

Briac TENCÉ : Oui, oui. La mer, oui. La mer, oui, mais il ne faut pas y aller tout seul. Donc, il faut trouver des copains.

Ermanno : Puis, c’est difficile de compter les carreaux quand tu es au bord de la mer. Oui.

Briac TENCÉ : En plus, moi, j’habite vraiment à 50 mètres de la mer. Je pourrais quasiment la voir.

Briac TENCÉ : Mais en plus, il y a eu des fortes crues récemment. Donc, il ne faut pas trop y aller. C’est un coup à attraper des trucs pas trop bons. Mais quand la mer se calme et que la mauvaise eau s’en va, on peut y retourner sans problème. Et là, je pense qu’avec le soleil qui tape, elle devrait se réchauffer assez rapidement. Donc, on pourra y aller.

Ermanno : Comment est-ce que tu arrives malgré tout à t’organiser tout en n’ayant qu’un accès public à la piscine ? Est-ce que tu travailles sur des aménagements ? Est-ce que tu as des entrées avec le club de Saint-Raph ?

Briac TENCÉ : L’organisation, elle est un petit peu complexe. Parce que moi, je nage en public. Et en fait, je n’ai pas vraiment le choix parce que réserver une ligne, c’est hyper cher. C’est hyper cher. Et en plus de réserver la ligne, il faut que quelqu’un soit diplômé et soit sur le bord du bassin, en fait. Donc, ça rajoute un coût en plus de la ligne.

Ermanno : Mais le fait que tu sois listé sur la liste ministérielle, donc que tu sois reconnu comme sportif de haut niveau, ça ne peut pas aider tout ça ?

Briac TENCÉ : Non. Non, non, non, non. En fait, les aides, elles vont tomber fin avril, début mai. Et pour autant, on a quand même énormément de dépenses au-delà de l’entraînement.

Ermanno : Enfin, je ne parlais pas du côté financier. Je parlais justement du fait que tu sois listé quand tu vas à la piscine, avec la direction de la piscine. Il n’y a pas de… Je ne dirais pas des passe-droits, mais il n’y a pas des possibilités administratives que justement, il y ait une ligne qui soit mise à dispo, éventuellement en public, mais plus facile d’accès et que tu t’épargnes le coût d’un maître nageur diplômé qui soit là à te surveiller ?

Briac TENCÉ : Ouais, bah non. C’est bien dommage. C’est bien dommage. Mais pour le moment, il n’y a rien de mis en place. Je ne sais pas si c’est peut-être un petit peu délicat, mais Léo Berger, qui s’entraîne avec son groupe à Saint-Raphaël, lui a réussi à avoir une certaine convention pour pouvoir accéder à ce type d’aménagement et donc de bénéficier de lignes qu’il paye lui, mais dont la présence d’un entraîneur, enfin d’un maître nageur diplômé n’est pas obligatoire. Mais c’est une convention olympique qui concerne vraiment les athlètes en préparation olympique et qui est délivrée que dans des cas vraiment très singuliers. Et pour le coup, moi, mon niveau ne me permet pas de bénéficier de ça. Et dans le pire des cas, il faudrait quand même que je paye ma ligne, ce qui est pour moi vraiment inconcevable financièrement.

Ermanno : Bon, mais tu n’as pas encore le niveau. Ton niveau ne te le permet pas ? Ton niveau ne te le permet pas encore, voyons, Briac.

Briac TENCÉ : Ouais, c’est ça. C’est ça, exactement.

Ermanno : On parle un peu du futur. Donc, on va revenir justement sur tes ambitions. On a compris que peut-être un half cette année et peut-être plus loin après. Mais déjà, là, à l’heure actuelle, ton quotidien, ce n’est pas que d’être sportif de haut niveau.

Briac TENCÉ : Non, non, non, non, non. Et je pense que c’est nécessaire parce que le sport, quand il n’y a que ça dans le sport, dans la vie, il y a un moment où je pense qu’on devient fou. Donc, non, non, moi, je suis des études. Des études, c’est un petit peu compliqué parce que je les suis en distanciel. Donc, je suis rattaché à l’Université de Grenoble et je fais un BUT en technique de commercialisation. Donc là, actuellement, je suis en deuxième année. Je suis en deuxième année d’études. Deuxième année que j’ai étalée sur deux ans.

Briac TENCÉ : Et grâce au campus connecté, rattaché à la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Raphaël, je peux passer tous mes devoirs en distanciel également. Donc, je n’ai pas besoin de me rendre sur Grenoble. Ça, c’est hyper intéressant pour moi. Ça me permet d’avoir vraiment un double projet très concret.

Ermanno : Donc ça, c’est sur la partie études. Je me suis laissé dire, enfin, en tout cas, j’ai lu sur ton profil LinkedIn que tu ne fais pas que ça non plus.

Briac TENCÉ : Alors, oui. J’ai d’autres… D’autres passe-temps. En fait, ça, c’est vraiment dû à une rencontre. Donc, pour ceux qui ne savent pas, et je pense que la majorité, je fais de la photo et de la vidéo

Briac TENCÉ : grâce à quelqu’un que j’ai rencontré l’année dernière, qui est Gaëtan Vivien, qui, lui-même, avait quelques mois d’expérience dans la photo. Et puis, tous les deux, on a décidé de se lancer un petit peu dans la production de contenu. De manière très amateur. Mais on a commencé à s’améliorer un petit peu. Là, Gaëtan, il a un petit peu changé de projet parce qu’il faisait du triathlon à plein temps. Et il a trouvé un travail récemment. Donc, on se voit un petit peu moins. Et c’est un projet qu’on a mis un petit peu en stand-by. Mais oui, la production de contenu, la photo, c’est quelque chose que j’ai bien aimé faire et que j’aime toujours faire. Mais c’est un petit peu plus compliqué en ce moment. J’en ai fait si, j’en ai fait pas mal. Parce que j’ai fait un stage en entreprise. Et j’étais chez Ekoï, que tu dois connaître normalement si tu veux être triathlète.

Ermanno : J’espère que tous nos auditeurs et auditrices connaissent. Mais si ce n’est pas le cas, vas-y, balance. Rappelle-nous un petit peu ce que c’est.

Briac TENCÉ : Voilà, Ekoï, équipementier cycliste depuis 2001. Je pense que ceux qui ne connaissent pas Ekoï vivent dans une grotte. Mais en gros, le siège social d’Ekoï est basé à Fréjus. Et donc moi, j’ai fait un stage de deux mois là-bas. Et dans les derniers temps de mon stage, il y a eu un moment besoin de production de contenu. Donc moi, je me suis rendu sur un stage avec les équipes pro sponsorisées par Ekoï, à Calpée, en Espagne, pour faire vraiment que de la production de contenu. Donc je me suis rendu quatre jours là avec une équipe. C’est génial. C’était vraiment sympa. Et donc j’ai pu mettre en pratique les connaissances que j’avais acquérées avec Gaëtan. Et pour la petite histoire, Gaëtan, maintenant, travaille chez Ekoï. pour de la production de contenu. La boucle est bouclée.

Ermanno : Du coup, ton BUT en Tech Deco, ça va t’aider après à monétiser, à vendre ton travail. Mais on comprend que toi, tu termines plutôt sur le triathlon. Voir photographie, vidéo, création de contenu, plus que vraiment Tech Deco, non ?

Briac TENCÉ : Ouais. Alors en fait, j’ai plusieurs passions. Parce qu’il y a plein de trucs qui… Je suis vraiment passionné de plein de choses. Donc en fait, la photo et la vidéo, c’est quelque chose que je considère comme, pour le moment, acquis, dans le sens où j’ai acquis certaines capacités à faire de la production de contenu. Peut-être, j’ai plein de projets en tête dans ce domaine-là. Malgré tout, je pense que Tech Deco, c’est intéressant pour peut-être partir sur un master spécialisé dans l’immobilier aussi. Voilà, c’est des domaines que j’aime bien et qui me passionnent aussi. Donc voilà. Rien n’est figé. Et comme tu as dit tout à l’heure, j’ai que 20 ans. Donc pour le moment, rien n’est dans le marbre. Je ferai comme bon me semble au moment où ce sera bon de le faire.

Ermanno : Tu t’interdis rien, voilà, un homme passionné. Mais rappelons-le quand même, être sportif de niveau, c’est aussi un vrai métier. Tes parents qui sont sportifs et qui ont été à Kona, ne pensent pas qu’ils te disent Briac, un jour, il va falloir te trouver un vrai métier, sous-entendant que le sport, ça n’en est pas un ?

Briac TENCÉ : Oui, oui, forcément. Parce que mes parents, ils ont goûté un petit peu, même si c’était du sport amateur, ils ont goûté au triathlon. Donc forcément, ils savent ce que c’est l’entraînement. Ils savent ce que c’est tous les à côté de l’entraînement aussi, parce que c’est souvent ça qui prend le plus de temps. En fait, le triathlon, c’est un vrai métier. Et pour moi, c’est un vrai métier quand on arrive à en vivre sereinement.

Briac TENCÉ : Aujourd’hui, un triathlète de mon niveau, il ne peut pas en vivre convenablement, c’est-à-dire des contrats, il n’y a pas de contrat professionnel. On ne vit que sur des prize money ou sur des aides sociales. Donc c’est vrai que c’est quand même des carrières qui sont un petit peu précaires. Donc malgré tout, oui, je te rejoins sur le fait que c’est un vrai métier. Pour autant, il faut quand même garder une certaine lucidité quant au fait de continuer et d’être la tête dans le guidon et pas vraiment regarder tout ce qui se passe autour parce que souvent, il faut essayer de prendre du recul sur tout ça et essayer d’avoir une vision un petit peu justement court-long terme, enfin moyen-long terme parce que si on fonce dans le mur, il faut s’arrêter avant et trouver un métier, alors pas un vrai métier, mais un métier rémunérateur.

Ermanno : Oui, c’est ça, exactement.

Briac TENCÉ : Donc c’est un petit peu la frontière qu’il y a entre le sport et un métier, on va dire, conventionnel.

Ermanno : Et du coup, toi, tes projets, alors même si tu viens de le dire, tu t’interdis rien, mais est-ce que tes projets, ils sont de l’ordre de trouver un job, voire un job à temps partiel pour pouvoir continuer à exercer ta passion prenant ton métier de triathlète en essayant de viser les plus hauts podiums ou est-ce que tu t’attends à ce que tu aies fait une raison et tu te dis que tu vas pouvoir avancer, tirer au maximum jusqu’à la fin de tes études et puis après, éventuellement, tirer un trait sur le triathlon en tant que professionnel, plutôt pour garder le triathlon en tant qu’amateur et puis aller vers un métier rémunérateur ?

Briac TENCÉ : C’est vrai que c’est des questions qui sont un petit peu compliquées pour le coup, mais on va dire que moi, l’entraînement me permet d’aller sur des compétitions, et les compétitions, c’est ça qui m’anime et le haut niveau, c’est ça qui m’anime le plus.

Briac TENCÉ : alors tu m’aurais dit ça il y a deux ans, moi je t’aurais dit si je ne m’entraîne pas 25-30 heures, c’est sûr que je ne vais pas pouvoir être au haut niveau et tout ça. Avec un petit peu de recul, je pense que peut-être être en capacité de s’entraîner un peu moins et du coup à côté d’avoir un métier peut-être à temps partiel pour avoir une rentrée d’argent, peut-être que c’est possible, mais en fait, je n’ai pas essayé pour le moment, mais peut-être que dans les prochaines années, je ne sais pas si ça arrive en septembre prochain ou dans deux ans en fait, tout dépendra de mes résultats, mais oui, c’est une possibilité. Après, tout dépendra du moment où ça se passe, est-ce que j’en ai vraiment marre du triathlon, est-ce qu’il y a eu des événements qui n’ont fait que, mais pour le moment, le triathlon, c’est vraiment ma passion de toujours, donc je vais essayer de continuer le plus longtemps possible et puis quand même garder les pieds sur terre et puis avoir de quoi mettre du pain sur la table.

Ermanno : Écoute, moi je suis impressionné devant autant de maturité et de résilience, enfin de vision de résilience pour les années à venir. Bravo, félicitations. Merci. Du coup là, tes objectifs pour cette année, donc on l’aura compris, c’est priorité au côté fédéral, mais du coup, tes objectifs s’orientent sur quoi ? Est-ce que vous avez déjà organisé le calendrier ? Est-ce que tu es déjà appelé en équipe de France

Briac TENCÉ : pour certaines grosses échéances internationales ? Alors oui, le calendrier est fait, les sélections ne sont pas tombées parce que la première sélection qui me concerne, c’est début août à Bali-Kesir, donc c’est les championnats d’Europe Supersprint. Oui. Là, le calendrier du début de saison, donc jusqu’au 29 juin, on est bouclé. Donc là, j’ai fait Cartera il y a deux semaines. Dans deux semaines, j’ai Melilla, qui est en Espagne, qui est une Coupe d’Europe aussi.

Briac TENCÉ : Après, j’ai le 4 mai, c’est Fréjus, première manche de D1. Et suivant les… Presque à la maison ? Oui, alors là oui, pour le coup. Deux kilomètres à faire, et puis on est au départ. Ça, c’est bien. Si tout pouvait être comme ça.

Briac TENCÉ : Et ensuite, donc là, suivant les résultats que je fais à Melilla, j’ai prévu… Donc si les résultats sont vraiment très bons, je vais faire Fréjus, Metz et Bordeaux sur le reste de ma première partie de saison, donc les trois D1. Si le résultat ne me permet pas d’avoir une sélection, je me rendrai sur… sur deux semaines de compétition en Pologne. Donc le premier week-end, ce sera à Kielce. Le deuxième week-end, ce sera à Zhechow. Kielce, ce sera un super sprint. Zhechow, ce sera un sprint. Et donc là, c’est sur ces deux courses-là que j’essaierai de tenter à nouveau une sélection. Mais là, dans le cas où Melilla se passe vraiment bien pour moi et j’arrive à obtenir une sélection en équipe de France,

Briac TENCÉ : je prioriserai, pardon. Et les courses en France. Et donc ça, c’est vu avec la fédération et avec Paul Dalire, notamment. Donc voilà un petit peu le programme du début de saison.

Ermanno : Tout est bien déjà ficelé. Alors même si tu as des rêves de plus long, Paris, c’est chaud, mais Los Angeles, dans quatre ans, est-ce que ça te tend les bras ? Est-ce que c’est quelque chose qui te fait rêver ? Ou tu penses que ce n’est pas encore pour toi ?

Briac TENCÉ : Paris, oui, c’est chaud. Oui, Paris, c’est chaud.

Ermanno : Et Paris, on a déjà la liste, donc ça va être compliqué.

Briac TENCÉ : Paris, il faudrait vraiment qu’il se passe quelque chose de… Non, non, mais Los Angeles, théoriquement, oui, ça va arriver dans les âges où un sportif, enfin un triathlète arrive à maturité sur le court de distance.

Briac TENCÉ : Après, je ne vais pas te dire à fond pour Los Angeles et tout ça, parce que mine de rien, c’est dans quatre ans. En quatre ans, il peut s’en passer des choses. Et je ne vais pas… Oui, forcément, aller au JO, c’est un rêve de gamin. C’est le rêve de tout sportif qui a des prétentions de faire vraiment de la compétition. Il pense au JO, qui plus est en triathlon, qui est vraiment l’épreuve mythique.

Briac TENCÉ : Honnêtement, oui, si je vois que le chemin se profile et que je peux prétendre à une sélection aux Jeux olympiques, forcément, j’irai. Mais je ne m’enferme pas dans ce schéma-là et je m’adapterai en fonction.

Ermanno : Justement, à 20 ans, on comprend que les choses se mettent en place, que tu essaies déjà de tout organiser comme il faut. Comment est-ce que tu progresses encore, Briac ?

Briac TENCÉ : On parle bien de la performance pure.

Ermanno : Oui, de la performance. Après, on peut regarder d’autres angles si tu veux, mais après, tu dois aller nager, donc je ne vais pas prendre trop de temps non plus.

Briac TENCÉ : Non, non, mais comment on progresse ? Ça, c’est le boulot, on va dire, de mon coach. Et là, dans ces cas-là, je lui fais confiance. Moi, entre guillemets, je fais ce qu’il me dit. On échange, on échange beaucoup. Donc, suivant l’état de fatigue du bonhomme, je ne vais pas aller me coller à 5 heures de vélo si je suis complètement cramé. Donc, ça se fait autour d’un temps. On échange. Lui, il a sa façon d’entraîner. Donc, c’est quoi ? C’est balayer les zones, les différentes zones d’effort qu’on peut retrouver. Ça peut être du premier seuil, du deuxième seuil, de la VMA, la VMA quand on parle de course à pied ou de natation, de la PMA quand on parle de vélo. En fait, dans une semaine, on va faire absolument tout le panel avec une séance vraiment dure. Donc, type maximal aérobie dans chaque discipline. Et il y aura un vélo long souvent le dimanche. Là, en ce moment, le vélo long, il est couplé avec un travail au premier seuil. Donc ça, c’est vraiment dans le but de faire du fond et de la caisse pour accueillir plus de l’endurance physique. Et puis ensuite, beaucoup d’endurance fondamentale, des footings, des vélos, des récup, des natations en récup parce que c’est… On va dire 70% de l’entraînement, en fait, c’est ça. C’est de l’endurance fondamentale, c’est travailler à basse intensité. D’une, pour récupérer des séances qu’on a faites. Et puis, toujours entretenir la pompe, la pompe, la pompe parce qu’on est quand même un sport d’endurance. Donc, le cœur, il joue un grand rôle. Voilà, c’est un petit peu comme ça que c’est articulé.

Ermanno : Ce fameux 80-20, donc tu dis 70, mais voilà, autour de 70-80.

Briac TENCÉ : Ouais, oui, c’est ça, c’est ça exactement. Après, ça va différer suivant les semaines, suivant les cycles d’entraînement, suivant l’approche de la compétition, la période hivernale. Il y a pas mal de périodes, en fait, dans une saison.

Ermanno : Ouais, on ne va pas rentrer sur micro-cycle, macro-cycle, méso-cycle, etc., mais en gros…

Briac TENCÉ : Non, et puis, je ne pourrai pas te répondre.

Briac TENCÉ : Je n’ai pas fait staps.

Ermanno : Non, mais après, voilà, tu as déjà une certaine expérience de l’entraînement, même si tu remets tout dans les mains de ton entraîneur et que tu te laisses guider. C’est intéressant parce que ça veut dire que tu lui fais entièrement confiance. Pourtant, ça ne fait pas si longtemps que ça que vous travaillez ensemble.

Briac TENCÉ : Ouais, alors en fait, je n’ai pas de mal à faire confiance à l’entraîneur tant que j’arrive à échanger avec lui. Donc, avec Mathieu, le courant est très bien passé directement, en fait. Donc, moi, je vois simplement les effets. Ce qu’il me propose, suivant ce que j’ai connu, me paraît tout à fait normal. Dans les normes et tout ça, il n’y a rien de farfelu. Je n’ai pas vu de trucs complètement délirants. Donc, je me base sur ce que j’ai vu, sur ce que j’ai déjà fait. Et on échange. Et j’ai bien vu que sa vision à lui, c’était la mienne également. Donc, non, je n’ai pas de souci à lui faire confiance tant que l’échange est présent.

Ermanno : Et comment tu l’as trouvé justement, Mathieu, ton coach ?

Briac TENCÉ : Donc, quand j’étais au Pôle, je m’entraînais avec Guillaume Hay. Donc, Guillaume Hay qui est à Saint-Jean-de-Vievre-des-Bois depuis un moment. Et Mathieu qui gère ce club, cet effectif D1. J’en avais déjà entendu parler, en fait. J’en avais déjà entendu parler. Guillaume, également Boris Pierre qui avait fait un stage avec lui sur un fond romeux. En fait, j’ai eu des échos de différentes personnes qui me disaient que c’était un mec qui était sérieux, qui faisait bien son taf. Et en plus, lui, il se relançait en fait avec Igor et Tom dans le coaching parce que ça faisait un an qu’il n’était vraiment que sur la natation et qu’il n’avait pas plus vraiment de triathlète. Et en fait, là, le petit groupe, il s’est créé parce que Tom, en fait, je le connais bien aussi. On n’a pas mal échangé l’été dernier parce qu’on était en stage ensemble avec la fédération. Et il me dit, ouais, moi, je vais… Je vais y retourner avec Mathieu et tout ça. Donc, il dit, franchement, Mathieu, c’est un mec qui est pro. Enfin, je n’ai pas de souci à te le conseiller. Et ça serait cool qu’on soit ensemble, quoi. Donc, moi, Mathieu, je l’ai eu au téléphone plusieurs fois. Et puis, j’ai dit, allez, go, c’est parti. On y va. De toute façon, quand c’est comme ça, il ne faut pas trop tergiverser parce que mine de rien, le temps, il avance. Donc, il faut… À un moment, il faut prendre une décision. La décision, elle est bonne, elle n’est pas bonne. De toute façon, on verra à la fin, quoi. Mais pour le moment, tout se passe bien.

Ermanno : Bon, on souhaite que tout continue à bien se passer de toute façon. Mais comme tu le dis, les premiers retours que tu as déjà en termes de sensation et de progression à l’entraînement, ça te semble cohérent.

Briac TENCÉ : Ouais, ouais, ouais, carrément. Carrément, c’est sûr.

Ermanno : Et ça, ça représente quel volume d’entraînement sur la semaine ? Parce que tu nous dis des sorties longues le dimanche. Et puis, pas mal d’entraînement aussi dans la semaine. Tu fais du bi, du tri quotidien. Ça représente quel volume ?

Briac TENCÉ : Alors, ça va dépendre de la journée et puis de la longueur de chaque entraînement. Mais oui, généralement, c’est du tri quotidien. En plus des trois disciplines, on rajoute quand même de la préparation physique.

Briac TENCÉ : Donc, soit en muscu, soit à la maison en PPG, une demi-heure, voilà. Ça va représenter entre 25 et 30 heures d’entraînement pour les semaines vraiment où on a… On est en voie, quoi. Où il y a des bons volumes. À l’approche des compétitions, je vais tourner sur du plus entre 20 et 25 heures d’entraînement.

Briac TENCÉ : Mais moi, je n’ai pas un corps, un métabolisme, une physio qui me permet d’aller au-delà des 30 heures parce que sinon, je fatigue vite. Donc, ça, je me connais là-dessus. Et de toute façon, Mathieu, il n’est pas… Il n’est pas un grand fan du volume à gogo des 35 heures et tout ça. Certaines personnes peuvent apprécier. Moi, c’est quelque chose qui me fatigue plus qu’autre chose, en fait. Et je peux faire une semaine à 35 heures et la semaine d’après, rien faire parce que je suis complètement mort. Donc, ça, il faut essayer de se connaître là-dessus. Et donc, je pense qu’entre 25 et 30, on est sur la bonne… Sur le bon volume, on va dire, pour un triathlète de haut niveau, en tout cas pour moi, pour progresser.

Ermanno : Et tu vois, là, on reboucle sur ce qu’on disait tout à l’heure pour le futur. Une fois que tu auras fini tes études, c’est vrai qu’avoir un double projet, 25-30 heures d’entraînement plus un boulot à côté, ça implique que tu sois sur un boulot à mi-temps. À moins qu’effectivement, tu arrives à avoir la caisse, l’expérience pour avoir un entraînement moindre autour de 15-20 heures, ce qui passe plus facilement avec un boulot 3-4 heures.

Briac TENCÉ : Oui. Moi, en plus, j’ai fait l’expérience là en décembre et janvier d’être en stage en entreprise et donc de bosser 35 heures par semaine. Et entre le boulot, entre les heures de bureau que je devais faire, je devais m’entraîner. Et donc, j’ai fait…

Ermanno : Et en plus, décembre-janvier est la meilleure période où les jours sont longs, il fait beau, etc.

Briac TENCÉ : Oui, exactement. Exactement. On se lève avec le soleil et tout ça. Donc, c’était un petit peu… Donc, je m’entraînais sur les horaires du midi. Le soir, quand je sortais, donc il faisait nuit, il fallait que j’aille nager. Des fois, je roulais le midi ou je courais. Et puis le soir, je courais ou je nageais. Mais il fallait faire en fonction aussi de la nuit. Donc, je ne pouvais pas rouler le soir. Donc, je faisais home trainer. Mais bon, c’est… Et je pense que c’est… Travailler à temps plein et faire du sport de haut niveau à côté, ce n’est pas possible. À un moment, il faut… Je pense qu’on n’est pas des surhommes. Il y a un moment où ça casse. Mais par contre, oui, peut-être avoir un travail à mi-temps et réussir à se caler 15-20 heures d’entraînement, je pense que c’est possible. Ce n’est pas à la portée de tout le monde. Mais sachant que moi, déjà, j’ai… Là, j’ai connu quatre années où j’ai fait quand même pas mal de volume. Donc, j’ai pu développer quelques capacités physio. Et en fait, finalement, 15-20 heures, ça me perd. Ça me permet peut-être de progresser moins vite, mais au moins d’entretenir ces capacités que j’ai déjà. Donc, oui, je pense que c’est possible. Ça peut se faire.

Ermanno : Et puis, faire du travail un peu plus ciblé. Enfin bref, on en reparlera après deux, trois saisons avec Mathieu et où tu auras gagné encore plus en compétences et où tu viendras nous expliquer justement l’orientation future pour tes entraînements avec Mathieu.

Briac TENCÉ : J’espère bien. J’espère bien.

Ermanno : Au passage, tu auras déjà décroché quelques titres de champion de France, voire de champion d’Europe. Évidemment.

Briac TENCÉ : Tout le mal que je me souhaite.

Ermanno : Nous aussi. Le podcast s’appelle « Devenir triathlète ». La dernière question, la question signature de ce podcast, c’est à ton avis, pour quelqu’un qui débute, comment est-ce qu’on peut devenir triathlète ?

Briac TENCÉ : On va dire que c’est simple et pas simple, mais tu es triathlète quand tu as terminé un triathlon. Donc, que ce soit le XS du triathlon du coin, ou que ce soit un Ironman, quand vous terminez un triathlon, vous êtes triathlète.

Ermanno : Non, quand tu termines un Ironman, tu n’es pas triathlète. Tu es un Ironman.

Briac TENCÉ : Tu es un Ironman. Exactement. Mais voilà, dans l’idée, c’est ça. Après, je pense que pour ceux qui commencent jeunes, moi, ce que je peux conseiller, c’est de faire de la natation, beaucoup, parce que c’est souvent ce qui va vous développer. Il faut développer une musculature, une capacité physiologique.

Briac TENCÉ : Vraiment, je pense que la natation, c’est un bon point de départ. Et puis après, nager, courir, enfin, faire du vélo, courir. Il ne faut pas se prendre la tête avec ça quand on est jeune. Il faut en faire, vraiment, quand je parle, quand on est vraiment très, très jeune, pour les petits. Il ne faut pas se prendre la tête avec ça. Il faut s’amuser. Il faut aller à l’entraînement parce qu’on en a envie. Prendre du plaisir avant tout. Et ça deviendra sérieux quand ça devra le devenir. En fait, il ne faut pas forcer les choses. Et pour les personnes peut-être un peu plus âgées, entre guillemets, qui commencent le triathlon, c’est pareil. Il faut essayer de mettre un petit peu l’accent sur la natation. Je sais que ce n’est pas facile quand on n’en a jamais fait. J’ai l’expérience de mes parents qui n’ont jamais été très bons nageurs et que c’est difficile à venir. Mais non, non, il faut prendre du plaisir. Il faut s’amuser. Il faut s’amuser. Moi, j’ai l’exemple d’amis qui ont commencé le triathlon sur le tard et qui maintenant font des Ironman. C’est un couple, Cyril et Steph, si vous m’écoutez. Ça, c’est pour vous. J’espère qu’ils nous écoutent.

Ermanno : Et puis, à défaut, tu leur enverras l’épisode.

Briac TENCÉ : Je leur enverrai l’épisode. Comme ça, je leur dirai qu’il y a une petite surprise à la fin pour eux. Mais ils ont commencé sur le tard le triathlon et maintenant, ils font des Ironman. Ils font ça tous les deux et ils s’éclatent. Je pense que c’est le maître mot, c’est s’éclater.

Ermanno : Écoute, je te remercie pour tout ça, pour ce témoignage. Pour terminer, où est-ce qu’on te retrouve éventuellement sur les réseaux pour t’encourager, te soutenir ou même, si on n’est pas loin de Saraf, pour venir nager avec toi, pour te prêter notre ligne ?

Briac TENCÉ : Alors, sur les réseaux, Instagram, bryac-tense. Tense, T-E-N-C-E. Après, il y a LinkedIn. Donc là, c’est un contenu un petit peu différent, un petit peu plus détaillé, on va dire. Et puis, c’est tout. Après, je m’entraîne à Sarafael. De temps en temps, je suis à Avranches, en Normandie.

Briac TENCÉ : D’ailleurs, après Melilla, je retourne chez moi une semaine et demie. Donc, voilà. Mais c’est ça, Instagram et LinkedIn.

Ermanno : De toute façon, on remettra tout ça dans les notes de l’épisode. Merci beaucoup, bryac, pour ton temps, pour ton témoignage, pour cette patate, cette niaque. Tu as l’âge de ma fille, en fait, et je trouve qu’il y a un fossé entre vous. Ce n’est pas pour dénigrer ma fille, mais je trouve que tu as cette maturité. Tu as vraiment la tête sur les épaules, que ce soit sur le côté sportif, sur le côté pro et même sur le futur professionnel. Donc, franchement, je te félicite.

Briac TENCÉ : C’est gentil. Mais non, non. Après, je pense que c’est des carrières, des projets de vie qui nous obligent aussi à acquérir ça. Et je pense que tous les triathlètes de mon âge, ils ont plus ou moins cette maturité sur l’avenir, notamment. Mais merci à toi. Ça me fait plaisir.

Ermanno : Eh bien, je t’en prie. On te souhaite une bonne continuation, bonne compétition, parce que c’est ce qui t’anime et puis c’est ce qui va arriver bientôt. Et puis, je te dis, on te suivra. On se tient au courant. Puis, on refait un point d’ici deux, trois ans, quand tu commences à titiller le longue distance. Ça marche ?

Briac TENCÉ : Pas de souci. Moi, ça me va très bien.

Ermanno : Merci beaucoup, Brigac. À bientôt. C’était Devenir Triathlète X OpenTree. Merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Nous, on a pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer. Alors, si ça vous a plu, vous pouvez nous suivre sur nos réseaux sociaux Instagram, LinkedIn et Facebook. On se rejoint maintenant sur devenir-triathlète.com. Vous allez retrouver l’ensemble des épisodes, mais aussi des outils, des ressources et des conseils gratuits pour débuter, progresser et devenir triathlète. Ou performer en triathlon. On ajoute toutes les semaines de nouvelles ressources. Si vous avez une idée d’invité, n’hésitez pas à nous envoyer un petit message. Et si vous voulez être accompagné sur vos prochains objectifs sportifs, connectez-vous sur OpenTree.fr et on se fera un plaisir de vous aider. Alors, n’hésitez pas. On se retrouve tout de suite sur devenir-triathlète.com et OpenTree.fr. Salut les sportifs.

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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