#378 Performer en duathlon et en triathlon LD avec Victor Henry

ūüĆü Il √©tait une fois, dans l’est de la France, un jeune homme nomm√© Victor Henry, promis √† un avenir lumineux dans le monde exigeant du duathlon et du triathlon.

ūüöÄ Sa passion pour la discipline, partag√©e lors de cet √©pisode captivant, r√©sonne comme une source d’inspiration sans pareille.

ūüŹä‚Äć‚ôāÔłŹ D√®s l’aube de sa carri√®re, Victor plonge dans le duathlon et le triathlon avec une soif d’excellence, jonglant habilement entre sa vie d’ing√©nieur et les d√©fis d’un entra√ģnement de haut niveau. ūüöī‚Äć‚ôāÔłŹ Guid√© par Benjamin, son coach visionnaire, et soutenu par le Team Argon 18, il transforme chaque s√©ance en une qu√™te scientifique, peaufinant sa technique √† l’aide de donn√©es pr√©cises et de son capteur de puissance.

ūüŹÉ‚Äć‚ôāÔłŹ Les limites, pour Victor, ne sont que des d√©fis √† surmonter. Sa transition du duathlon au triathlon symbolise un engagement sans faille √† se d√©passer, explorant sans cesse de nouvelles voies pour atteindre l’excellence. ūüďä L’analyse minutieuse de ses performances r√©v√®le un mariage harmonieux entre la rigueur de la science et la ferveur de sa passion.

ūü§≤ Se plonger dans l’histoire de Victor, c’est comprendre que le triathlon transcende le sport ; c’est une lutte intime contre ses propres limites, un m√©lange de pers√©v√©rance, de passion et de discipline. ūüĆą Victor, tel un phare dans la nuit, incarne l’esprit du triathl√®te en devenir, marchant sur le chemin de l’excellence pav√© d’efforts, de donn√©es et de passion.

ūüďö Inspir√© par les g√©ants du triathlon, ceux qui ont marqu√© l’histoire de cette discipline, Victor absorbe leurs le√ßons, tissant sa propre l√©gende. Il nous rappelle l’importance d’√©couter et d’apprendre des exp√©riences de ceux qui nous ont pr√©c√©d√©s. ūüŹÜ √Ä travers son r√©cit, Victor nous invite √† embrasser notre qu√™te personnelle de d√©passement, √† la poursuite de nos r√™ves les plus fous.

ūüéß Cet √©pisode est un voyage au cŇďur de l’√Ęme d’un athl√®te, d√©voilant son parcours, ses aspirations et les coulisses de ses succ√®s. Un r√©cit qui, √† n’en pas douter, √©veillera l’esprit de champion qui sommeille en chacun de nous.

#ÔłŹ‚É£ #Triathlon #Inspiration #D√©termination #Passion #Science #Coaching #VictorHenry

Pour suivre notre invité : https://www.instagram.com/victor.jd_henry / https://www.linkedin.com/in/victor-henry-b4bb58138 / https://www.strava.com/athletes/6684443

Dans cet épisode, vous apprendrez :

  1. L’origine et les racines de Victor
  2. L’√©quilibre entre le triathlon de haut niveau et la vie professionnelle
  3. Spécialisation de Victor en triathlon longue distance
  4. Organisation des entra√ģnements
  5. Victor et le duathlon
  6. Être un triathlète professionnel selon Victor
  7. Le r√īle du Team Argon 18 dans la carri√®re de Victor
  8. L’utilisation de donn√©es et de capteurs de puissance

… ah oui et vous d√©couvrirez comment s’appelle le petit chat de Victor !

‚ö†ÔłŹūüďó notre livre ¬ę¬†Devenir Triathl√®te¬†¬Ľ est en commande ici ūüďó‚ö†ÔłŹ

Ce podcast, animé par Ermanno DI MICELI vous accompagne dans votre démarche pour Devenir Triathlète !


Gr√Ęce √† Autoscript, on vous propose m√™me de revivre l‚Äô√©change que j‚Äôai pu avoir avec Victor :

Ermanno : Juste avant d’appuyer sur le bouton de ta montre et de d√©marrer ton entra√ģnement avec un superbe podcast dans les oreilles, je t’invite √† aller faire un tour sur devenir-athl√®te.com slash livre. Tu vas pouvoir d√©couvrir le livre Devenir Triathl√®te que l’on a r√©dig√© √† 7 mains sous la direction d’Olivier DE SCHUTTER et dans lequel on t’explique comment devenir triathl√®te, comment progresser en triathlon et enfin comment performer en triathlon. Allez, on arr√™te de parler, c’est parti ! Salut les sportifs, c’est Hermano et je suis tr√®s heureux de vous recevoir pour un nouvel √©pisode du podcast Devenir Triathl√®te. Aujourd’hui, on va √©changer avec un petit jeune qui m’a avou√©, lorsque je l’ai contact√©, √™tre aussi un auditeur du podcast. Donc, cher invit√©, tu passes de l’autre c√īt√© du micro. Je suis tr√®s heureux de tendre le micro justement √† Victor. Salut Victor !

Victor : Salut Hermano, bonjour à tous !

Ermanno : Bon, on sent une petite pointe d’accent dans ton expression, mais d’o√Ļ viens-tu mon cher Victor Henry ? J’ai bugg√© un petit peu tout √† l’heure parce que je voulais bien rester sur le Victor pour ne pas… pour ne pas embrouiller les auditeurs. Donc, on va dire Victor, c’est ton pr√©nom. Henry avec un Y, c’est ton nom de famille. Donc, d’o√Ļ viens-tu Victor Henry ?

Victor : Exactement, j’ai un petit accent de l’Est. Je suis un pur produit franc-comtois et plus pr√©cis√©ment de Montb√©liard. Et pour ceux qui sont un petit peu amateurs du football, j’habite juste √† c√īt√© de Sochaux. Voil√†, un club historique.

Ermanno : Un club historique. Et Sochaux, ils ne font pas que du foot, ils font aussi des voitures.

Victor : Exactement, ils font pas mal de trucs. Il faut du foot et des voitures. Si on peut r√©sumer, c’est d√©j√† pas mal.

Ermanno : Bon, ils sortent aussi des beaux ing√©nieurs, n’est-ce pas ?

Victor : Ouais, aussi, ouais.

Ermanno : Bon, on va revenir sur tout √ßa justement. Les auditeurs vont comprendre pourquoi je fais cette petite blague. √Čcoute Victor, tu le sais, si tu √©coutes le podcast, la premi√®re question, c’est toujours la m√™me. On terminera aussi toujours avec une question qui est toujours la m√™me. Mais la premi√®re, dis-nous tout. Qui est Victor, de pr√©nom Henry, de nom de famille ?

Victor : √Čcoutez, moi je suis Victor, j’ai 28 ans. Je fais du triathlon depuis maintenant 12 ans. J’ai compt√© pour pr√©parer un petit peu l’interview. Je me suis dit, √ßa va faire d√©j√† 12 ans que je fais du triathlon, que le temps passe vite. Donc √ßa, c’est pour le c√īt√© sportif. Je suis au club du Pays de Montb√©liard Triathlon. Et puis peut-√™tre qu’on aura l’occasion d’en reparler. Je suis √©galement au Team Argon 18 France, un team de triathl√®tes passionn√©s et passionnants. √Ä c√īt√© de tout √ßa, j’habite √† Montb√©liard avec ma copine Mathilde et mon petit chat Pistache, √©videmment. Il faut qu’on en parle et j’esp√®re qu’on pourra √©galement en parler assez longuement de ce petit chat. Et sinon, c√īt√© professionnel, je suis ing√©nieur pour la collectivit√© territoriale du Jura dans toute la partie recyclage et valorisation des d√©chets.

Ermanno : C√īt√© professionnel, c√īt√© travail, celui qui t’am√®ne le principal du budget pour vivre, tu fais √ßa. Mais tu as aussi une autre occupation en tant que professionnel, non ?

Victor : Oui, exact. Donc, on va dire que le travail, c’est ce qui me ram√®ne un petit peu de nourriture dans l’assiette. Et pour le faire avec le sourire, je fais du triathlon. Donc, en essayant de me rapprocher du haut niveau, en professionnalisant la d√©marche, je fais du triathlon au club de P√©nombellaire, comme je le disais. Et en gros, √ßa me prend une vingtaine d’heures par semaine en parall√®le de tout le reste.

Ermanno : Alors, triathlon, sur quelle distance pour celles et ceux qui ne te conna√ģtraient pas ? Parce qu’on le sait, le triathlon, √ßa va du super sprint jusqu’au DK Ironman. Toi, tu es sur quelle distance ? Quelle est ta distance favorite ?

Victor : Moi, j’ai commenc√© tout jeune. J’ai commenc√© en cadet. Donc, ensuite, j’ai fait le cheminement, je dirais, logique du triathl√®te qui commence. J’ai commenc√© par des S et des M essentiellement. Je me suis rendu compte que c’√©tait cool, mais que je sentais bien que j’avais plus des capacit√©s d’endurance que de vitesse, bien que je sois rapide. Mais je me suis quand m√™me assez rapidement dirig√© vers du longue distance et plus pr√©cis√©ment quand m√™me du format Helf Ironman. Parce que pour l’instant, l’Ironman, je ne pense pas avoir le temps n√©cessaire. Et puis, la ma√ģtrise de l’effort pour pouvoir me diriger sereinement vers un Ironman.

Ermanno : Sereinement vers un Ironman. Donc, tu restes sur le half 20 heures par semaine. C’est pas mal. Comment tu dispatches tes entra√ģnements entre la natation, le v√©lo et la course √† pied ?

Victor : En semaine normale, en gros, c’est 3 √† 4 s√©ances de natation par semaine. Enfin, pas plus. C’est d√©j√† pas mal, surtout pour un non-nageur comme moi. Mais 3 √† 4, √ßa me permet de me d√©charger mentalement parce que c’est vraiment quelque chose pour lequel je vais en marche arri√®re. En v√©lo, √ßa repr√©sente entre 8 et 12 heures. Et puis, √† pied, √† peu pr√®s 100 kilom√®tres. Voil√†. Moi, j’ai plus un profil quand m√™me de coureur et j’aime bien me sentir fort √† pied. Et j’aime bien avoir des bons volumes √† pied. Donc, je fais quand m√™me assez r√©guli√®rement des semaines √† plus de 100 bornes √† pied et √ßa me pla√ģt bien.

Ermanno : Il faut les placer. Bon, alors apr√®s, c’est toujours plus facile de faire, entre guillemets, plus facile de faire 100 bornes quand on court √† 18 kilom√®tres heure que 100 bornes quand on court √† 12 comme moi. Mais c’est qu’une question d’organisation finalement.

Victor : Ça passe plus vite, effectivement.

Ermanno : Oui, c’est √ßa. √áa passe plus vite. Ce n’est pas forc√©ment plus facile parce que √ßa demande beaucoup plus d’implication, d’abn√©gation et de force aussi.

Victor : Oui, effectivement. Sur tous les entra√ģnements, natation, v√©lo, course √† pied, il faut r√©ussir √† les placer sans n√©gliger le c√īt√© professionnel et le c√īt√© perso. Et souvent, √ßa va √™tre t√īt le matin. Les pauses de midi, je les passe souvent √† la piscine parce qu’au final, c’est le seul cr√©neau que j’ai o√Ļ √ßa ne me d√©range pas trop d’aller nager. Et puis apr√®s, les v√©los, j’arrive quand m√™me √† faire des bonnes sessions le week-end. Mais effectivement, √ßa prend du temps et √ßa demande pas mal de cadrage et d’organisation.

Ermanno : Toi, justement, comment est-ce que tu organises tes entra√ģnements ? On l’a compris, tu vas nager le midi, tu essayes de placer tes entra√ģnements v√©lo, tes entra√ģnements course √† pied. Souvent, on place le v√©lo le week-end parce que mine de rien, le v√©lo, c’est assez chronophage quand on veut faire des belles sorties, 3, 4, 5 heures. Et donc, dans la semaine, √ßa para√ģt un peu difficile. Est-ce que tu t’entra√ģnes avec les gars du club ? Est-ce que tu t’entra√ģnes avec les gars de la team ? Team Argon 18, est-ce que tu fais tout, tout seul, de l’entra√ģnement jusqu’au coaching ?

Victor : Alors, si on r√©capitule, depuis le d√©but, quand j’ai commenc√© le triathlon en 2012, c’√©tait d√©j√† au club de P√©don-B√©liard Triathlon. Et l√†, effectivement, c’√©tait du 100% avec le club. J’√©tais avec l’entra√ģneur du club, que ce soit natation, v√©lo et course √† pied. J’ai toujours fait √ßa avec eux. √áa a dur√© deux ans comme √ßa. Ensuite, j’ai √©t√© un petit peu pris sous l’aile de mon premier entra√ģneur, je dirais Vincent Lebec, qui m’a vraiment donn√© le go√Ľt √† l’effort et √† la performance, que ce soit en course √† pied et m√™me en natation. En v√©lo, bien entendu. Et √ßa, √ßa a dur√© deux, trois ans derri√®re. Et ensuite, en 2017, quand j’ai commenc√© √† prendre conscience que c’est quand m√™me pas mal et qu’on s’amuse bien en triathlon, j’ai d√©cid√© de m’entra√ģner tout seul. Voil√†, je me faisais mes petites semaines, je m’entra√ģnais vraiment tout seul de A √† Z. M√™me la natation, je n’avais plus forc√©ment la disponibilit√© d’y aller avec le club, je m’entra√ģnais tout seul. J’avais juste un entra√ģneur natation qui me donnait des bonnes s√©ances, mais sinon tout le reste, c’√©tait moi qui m’organisais. Et √ßa, √ßa a quand m√™me dur√© jusqu’en 2020, l’ann√©e Covid. Et suite √† l’ann√©e Covid, o√Ļ il y a eu pas mal de changements, que ce soit dans ma vie perso, pro, et puis m√™me, je voulais un petit peu changer d’air sur ma pratique sportive. Et l√†, je me suis dirig√© vers mon entra√ģneur actuel, qui est Benjamin Pernet, qui, depuis novembre 2020, me concocte des jolis petits programmes. Donc √ßa, √ßa me permet de donner le cadre. Et ensuite, suivant les disponibilit√©s que je peux avoir pour aller nager avec mon club, pour pouvoir aussi voir du monde et puis rendre √ßa un peu plus sympa, ou organiser des sorties v√©lo avec les copains, j’essaye autant que possible de me joindre avec eux, au moins sur les √©chauffements et les r√©cup. Voil√†. Donc je dirais actuellement, c’est quand m√™me du… L’entra√ģnement est cadr√© par Benjamin et sinon √† 70-80%, je suis quand m√™me relativement seul.

Ermanno : Ouais. En plus, c’est vrai que quand on a une activit√© professionnelle, celle qui est r√©mun√©ratrice √† c√īt√©, c’est pas toujours facile de s’organiser avec le club. Et puis, il faut bien voir un peu pistache aussi. Toute la soir√©e, tu ne le verras plus. Bon, ta conjointe. OK, on a dit qu’on parlait de pistache dans l’√©pisode.

Victor : Parfait. Super. Tu l’as superbement bien plac√©. J’appr√©cie.

Ermanno : Non, mais plus s√©rieusement, tu as fait ce test de t’auto-coacher. On parlait en off de C√©dric Ludet, dont j’ai diffus√© l’√©pisode r√©cemment. Lui aussi, il a fait ce test-l√†. Maintenant, tu es accompagn√© par Benjamin, ton coach actuel. Alors, sur la partie course √† pied, en plus, tu dis que tu es coureur. Tu es fort en course √† pied. Tu es plut√īt coureur et tu aimes te sentir fort sur la course √† pied. Sur le v√©lo, √ßa a beau √™tre des disciplines assez techniques, une fois qu’on ma√ģtrise le geste, √ßa va. Par contre, la natation, pour √ßa, c’est super ingrat. Quand tu n’es pas un nageur de formation, il faut r√©p√©ter les gestes et malheureusement, souvent avec un Ňďil d’expert qui te regarde. Parce que m√™me apr√®s avoir nag√© pendant 15 ans, si tu poses mal ta main en crawl, au bout d’un moment, tu vas le payer. Et quand √ßa fait 15 ans que tu nages, tu cherches plut√īt la performance. Donc, sur la partie natation, comment tu t’organises justement pour que ton entra√ģneur ait un regard critique ? Est-ce que tu filmes et apr√®s, tu lui envoies et il regarde ? Est-ce que de temps en temps, il vient au bord du bassin avec toi ? Comment tu t’organises ?

Victor : L√†, clairement, actuellement, je ne suis pas autodidacte parce que ce n’est pas moi qui me suis appris tout seul √† nager. Mais actuellement, je nage vraiment tout seul. De temps en temps, quand je vais nager avec mon club, j’ai l’entra√ģneur du club du P√©nombelle Articathlon qui vient me donner quelques tips pour venir optimiser un petit peu mon geste ou ma pose de main ou redresser la t√™te. √áa fait vraiment des choses simples. Je ne peux pas boire lorsque je nage. Mais sinon, c’est vrai qu’actuellement, je suis un petit peu en solo. Apr√®s, je pense avoir acquis pas mal de bonnes techniques sur mes premi√®res ann√©es de triathlon. L√†, vraiment, franchement, je nageais‚Ķ Quand je finissais 100 m√®tres, c’√©tait d√©j√† beau. Donc l√†, on prenait vraiment le temps de bien travailler le geste, de bien respirer au bon moment. Et l√†, j’ai vraiment pris le temps de le faire. Et en fait, les ann√©es o√Ļ je me suis entra√ģn√© seul, j’√©tais uniquement suivi en natation. Par mon ancien entra√ģneur de Gr√©, parce que je suis quand m√™me pass√© au club de Gr√© pendant quelques ann√©es. Et en fait, l√†, le but, c’√©tait de me faire borner. C’√©tait une strat√©gie. En gros, je tournais √† 20-25 bandes par semaine de natation. On bornait. Et puis en fait, le but, c’√©tait juste de d√©velopper la caisse avec la technique que je pouvais avoir avant. Donc forc√©ment, j’ai d√©velopp√© des bonnes capacit√©s de nage. J’ai d√©velopp√© de tr√®s jolis d√©fauts de nage √©galement. Mais l√†, actuellement, je trouve que j’ai trouv√© un bon √©quilibre entre mon investissement, mon perso que je peux mettre dans la natation, donc trois s√©ances par semaine maintenant, ma technique et la performance que j’ai d√©sormais sur triathlon.

Ermanno : Surtout que Pistache peut √©ventuellement t’accompagner en v√©lo et en course √† pied. Mais en natation, on sait que les chats n’aiment pas bien.

Victor : Exactement. J’ai le petit panier qui va bien sur les prolongateurs. Et puis en course √† pied, j’ai un petit sac √† dos, un petit chat cadeau m√™me. Mais en natation, c’est tr√®s compliqu√©.

Ermanno : Bon, √ßa va √™tre le running gag de l’√©pisode. On va le placer tout le temps, Pistache. Tu as dit qu’il fallait le placer, donc on va en parler. Donc, je comprends mieux. En fait, d√©j√†, quand tu apprends √† nager √† 12 ans, c’est quand m√™me mieux que quand tu apprends √† nager plus tard. Et il y en a eu des gens qui ont d√©couvert le triathlon √† l’√Ęge adulte. Donc, 12 ans, tu commences, tu es un peu √† la limite quand m√™me pour commencer √† avoir des mauvaises habitudes, mais pour quand m√™me bien int√©grer tous les gestes techniques. Mais je comprends mieux maintenant que sur ton profil LinkedIn, parce que je le r√©p√®te suffisamment souvent, je suis recruteur, donc LinkedIn, c’est un peu mon outil de pr√©dilection. Tu affiches clairement d√©j√† ton… ta passion pour le triathlon et le duathlon, mais aussi tes victoires en tant que duathl√®te. Parce que l√†, tu ne nages pas quand tu es duathl√®te.

Victor : Oui, effectivement. Alors, en fait, mon premier vrai r√©sultat probant o√Ļ je me suis dit, OK, l√†, √ßa vaut peut-√™tre le coup de s’y mettre, c’est en 2019 quand j’ai fait champion de France de duathlon longue distance. Et effectivement, en duathlon, il n’y a pas de natation. Donc, ce n’est pas que je me suis but√© l√†-dessus, mais je me suis dit, quitte √† commencer √† rentrer dans le sport de haut niveau, sur une discipline que tu ma√ģtrises de A √† Z, parce que course √† pied, v√©lo, course √† pied, c’est vraiment mes points forts. Donc, le duathlon longue distance, champion de France en 2019, troisi√®me en 2022. Et puis, j’ai eu la chance de faire les championnats du monde √©galement en septembre 2022 √† Zoffingen. Et √©galement, en parall√®le, vu qu’√† l’√©poque, j’√©tais agr√©√©, je faisais aussi les manches de Grand Prix en deuxi√®me division, avec l’objectif de monter en D1. Bon, on n’a jamais r√©ussi √† transformer l’essai, mais d√©j√†, la D2, c’√©tait hyper int√©ressant parce que c’√©tait super course. C’est hyper dynamique. C’est un petit peu stressant parce qu’on est en pack. Et surtout, c’est hyper rapide. Et pour un mec comme moi qui, √† la base, est sur du longue distance, √ßa me permettait aussi un petit peu de sortir de ma zone de confort et puis de me confronter √† plus fort et √† un effort qui, justement, ne me convenait pas forc√©ment √† premi√®re vue. Voil√†. Donc, effectivement, du athl√®te de base, fier de l’√™tre, mais j’essaye maintenant de me concentrer sur le triathlon.

Ermanno : Bon, ne bouge pas. On en parlait avec Marion Legrand. Avant, je pense que cet √©t√©, pour la petite f√™te de campagne, tu sais, qu’il va y avoir √† Paris, l√†, o√Ļ il va y avoir plein de sportives et sportifs et tout, et notamment le triathlon, o√Ļ on est cens√© nager dans la Seine. √Ä mon avis, il y a des chances que √ßa se transforme en du athlone. Bon, malheureusement, ce ne sera pas les meilleurs du athl√®te qui iront, mais en tant que du athl√®te, tu vas kiffer.

Victor : Oui, ben, non, parce que, allez, je suis triathl√®te, moi, j’ai envie de voir un triathlon √† Paris. Mais effectivement, il faut qu’on fasse gaffe avec ces histoires. Et si √ßa finit en du athlone, apr√®s, les triathl√®tes qui font les JO, ce sont des tr√®s bons du athl√®te, mais √ßa reste un effort sp√©cifique. Et on l’a d√©j√† vu, quand Alistair Broglie √©tait venu sur un championnat du monde de du athlone, eh ben, il s’est fait taper par deux Fran√ßais, du athl√®te pur. Donc, √ßa veut bien dire que c’est un effort √† part, que c’est un sport √† part, et que √ßa demande d’autres qualit√©s que le triathl√®te n’a pas forc√©ment √† 100%. Voil√†. Tout comme le du athl√®te n’est pas nageur, voil√†, au m√™me titre.

Ermanno : Comment est-ce que toi, justement, tu jongles entre les deux ? Parce qu’on l’aura compris. Toi, t’es un triathl√®te, t’aimes √ßa, mais ce que tu pr√©f√®res, c’est le du athlone, en fait. T’es un du athl√®te devenu un peu triathl√®te, parce que dans ta formation de sportif que t’as commenc√© √† 12 ans, t’as commenc√© par le triathlone. Mais comment tu jongles entre les deux ? Comment est-ce que tu fais un choix ? Parce que finalement, il faut choisir √† un moment. Triathlone ou du athlone ? Long ou court ?

Victor : Moi, j’ai fait le choix l’ann√©e derni√®re, clairement, en me disant, bon, ok, le du athlone, c’est cool, c’est l√† o√Ļ je performe, c’est l√† o√Ļ je fais les meilleures courses, mais le du athlone, en termes de visibilit√©, on n’est pas au niveau du triathlone. En plus, depuis l’ann√©e derni√®re, en triathlone, je cours en cat√©gorie pro, donc je suis sur le classement PTO. C’est quand m√™me hyper int√©ressant pour venir se challenger, voir un petit peu o√Ļ est-ce qu’on en est par rapport aux autres. Alors, spoiler alert, je ne suis pas du tout parmi les meilleurs mondiaux en triathlone, mais √ßa me permet d’√™tre dans le classement mondial et me dire, ah ouais, ok, super, il y a √ßa, il y a des super courses. Fin octobre, j’ai fait le challenge Vieux Boucaud, fin octobre. Il y avait… Trois champions du monde au d√©part, un ancien champion olympique. J’√©tais avec eux sur la ligne de d√©part, avec Alistair Brunelis, avec Dorian Connex. Franchement, pour moi, entre guillemets, un petit du triathlone, mais qui se projette quand m√™me en essayant de se professionnaliser, etc. C’√©tait un d√©part de course dont je me souviendrai tout le temps. Donc, j’ai choisi auquel du athlone hors saison pour pr√©parer la suite, mais √ßa reste le triathlone, le focus sur le triathlone et le fameux classement PTO pour pouvoir m’amuser dans le classement mondial.

Ermanno : Alors, √ßa fait quelques temps que je ne suis plus sur les parcours de triathlone parce que j’ai rang√© le v√©lo dans le garage, j’ai promis √† mon √©pouse. Mais je ne peux pas faire du duathlon non plus. Je fais plut√īt du swimrun, tu vois. Mais √† mon √©poque, oui, parce que je suis vieux, j’ai presque le double de ton √Ęge. Il n’√©tait pas rare de voir des triathl√®tes commencer √† s’√©chauffer sur home trainer avant de partir √† la flotte. Est-ce que toi, en tant que duathl√®te, tu as d√©j√† essay√© de te faire un √©chauffement √† la duathl√®te ? C’est-√†-dire pas faire duathlon ? Pas faire quelques tours de piste, mais vraiment de faire un 5 bornes √† l’allure de course et puis apr√®s, aller te jeter dans l’eau pour lancer le d√©part de triathlon.

Ermanno : Ah ! Plantage !

Ermanno : Ouais, tu m’entends ?

Victor : va y arriver, hein ? Ouais, bah √©coute, je ne sais pas ce qui s’est pass√©. Donc, avant que √ßa coupe, parce que je l’ai vu direct, ouais, clairement, j’ai d√©j√† essay√© de… Enfin, en fait, je pense que je ne suis peut-√™tre pas un des seuls, mais c’est vrai que moi, avant de prendre le d√©part d’un triathlon, je m’√©chauffe comme si j’allais faire un d√©part de cross, en fait. Je vais faire un petit footing de 15 minutes, lame, pour chauffer, en fait, les muscles du bas du corps. Et en fait, en soi, mon √©chauffement sp√©cifique natation, √ßa va √™tre 2-3 petits √©ducatifs √† l’ext√©rieur de l’eau, 200 m√®tres en nageant, et puis c’est tout, quoi. Alors que je vois tous les autres avec des √©lastiques ou des trucs comme √ßa √† faire des pompes, non, moi, je fais des gammes de course √† pied. Apr√®s, de l√† √† prendre le home trainer, peut-√™tre pas, parce que c’est un peu plus de logistique, mais je m’√©chauffe comme pour un d√©part de cross, ouais.

Ermanno : Ouais, mais justement, la question, c’√©tait, est-ce que tu t’√©chaufferais comme si tu partais pour un duale ? Sauf qu’avant d’encha√ģner sur le v√©lo, t’as la natation, quoi, tu vois. Est-ce que tu penses que… Parce que finalement, il est en √ßa diff√©rent, l’effort entre le duathlon et le triathlon. C’est que dans le triathlon, on commence par nager, mais c’est quand m√™me pas le m√™me niveau d’intensit√© que la course √† pied, surtout pour les tr√®s bons nageurs. Et apr√®s, on encha√ģne sur le v√©lo, et apr√®s, on finit par la course √† pied. Alors que dans le duathlon, c’est d’abord un gros effort en course √† pied, parce qu’il faut faire le trou. Apr√®s, on saute sur le v√©lo, et apr√®s, on finit avec la course √† pied. Toujours √† fond. En gros, on commence √† fond, on acc√©l√®re au milieu, et on finit √† bloc, c’est √ßa ?

Victor : Clairement, j’esp√®re que je vais r√©pondre quand m√™me plus ou moins √† ta question, mais clairement, j’ai jamais fait un effort plus dur qu’un duathlon, que ce soit √† longue distance ou √† courte distance, t’as tr√®s bien r√©sum√©. On a beau se dire, oh l√† l√†, la course, elle est longue, patati, patata, c’est faux. On est √† bloc tout le temps. En plus, comment dire… Vu que musculairement, c’est horrible, on sait que des gros √©carts peuvent √™tre faits. Donc en fait, il y a… Enfin, je… Enfin, je… √Ä mon sens, il y a peut-√™tre un peu moins de gestion, et effectivement, il faut √™tre… L’√©chauffement avant un duathlon et puis un triathlon est totalement diff√©rent. √Ä la fin de ton √©chauffement, pour un duathlon, t’as int√©r√™t d’√™tre chaud, parce que de toute fa√ßon, le d√©part va √™tre rapide, que ce soit √† longue distance ou √† courte distance. En triathlon,’est pas que… Enfin, surtout pour ma part, mais la course, moi, elle commence en v√©lo, quoi. La natation, moi, il faut que je sorte le plus frais possible. Donc je vais essayer de glisser mon effort. De toute fa√ßon, je vais pas √™tre devant. Je vais chercher √† choper des… Des groupes, OK, mais √ßa va pas se faire au d√©part, quoi. Voil√†. C’est tout.

Ermanno : Ouais. Bon, √©coute, on est pass√© sur la petite partie technique, mais je pense qu’elle √©tait int√©ressante aussi, notamment pour rappeler √† celles et ceux qui pratiquent le triathlon, mais qui ne connaissent pas le duathlon, qui n’ont jamais pratiqu√©, parce que √ßa peut √™tre les diff√©rences. Et puis encore une fois, Pistache, il adore √ßa, parce qu’en duathlon, il peut suivre.

Victor : Exactement. C’est des bin√īmes, d’ailleurs.

Ermanno : Ah, cool, cool. √áa peut √™tre int√©ressant, √ßa. Tu sais, les courses mixtes hommes-femmes, et puis il y a du canicross, √ßa doit √™tre sympa. C’est sympa de faire des courses avec son animal de compagnie. Par contre, quand t’as une tortue, tu dois √™tre un peu emmerd√©.

Victor : Ouais, bah non, c’est bon. Le chat, c’est pas de souci. On va cr√©er une cat√©gorie, √ßa devrait bien se couplier.

Ermanno : Bon, revenons un petit peu plus s√©rieusement dans le game. Tu nous as dit, donc, que t’es triathl√®te professionnel. √áa veut dire quoi, √™tre triathl√®te professionnel ? √áa veut dire que t’es pay√© par la FED, par le club ? Tu comptes… Enfin, tu comptes m√™me plus l’argent ? Tu jettes les billets ? √áa veut dire quoi, √™tre triathl√®te professionnel ?

Victor : Ouais, bah, c’est √ßa, exactement. Donc, j’ai pas de travail. Effectivement, je suis en week-end et en stage tout le temps. Non, tu l’as dit, il fallait qu’on revienne s√©rieusement. Triathl√®te professionnel, √ßa veut tout dire et rien dire. Je pense qu’en France, actuellement, de vrais triathl√®tes professionnels, il y en a peut-√™tre une dizaine, √ßa va √™tre des Dorian Coninx, des Vincent Louis, des Sam Ledlow pour le long de distance. Eux ont, un, le niveau n√©cessaire pour le faire, et deux, m√©diatiquement, ils sont pr√©sents et ils peuvent se permettre d’avoir des sponsors priv√©s pour pouvoir, entre guillemets, financer le travail. Je ne veux pas parler √† leur place, mais je scope √† peu pr√®s le truc comme √ßa. Moi, je suis triathl√®te professionnel, c’est simplement parce que je cours en cat√©gorie pro, mais sinon, √† c√īt√© de √ßa, j’ai un boulot pour pouvoir me nourrir et je m’organise autour de √ßa pour pouvoir tenter d’exister dans mon sport. Apr√®s, effectivement, je suis triathl√®te pro, √ßa implique que derri√®re, j’essaye de professionnaliser ma d√©marche, d’organiser ma d√©marche pour viser le meilleur niveau de performance possible dans les trois disciplines, une natation, v√©lo, course √† pied. Mais effectivement, je n’ai pas le niveau n√©cessaire, je n’ai pas la pr√©sence m√©diatique non plus en termes d’image pour pouvoir me dire, tiens, demain, j’arr√™te de bosser et puis je deviens triathl√®te professionnel sans pour autant profiter de la solidarit√© nationale. Parce qu’effectivement, je peux me mettre au ch√īmage pendant deux ans et puis me dire, tiens, je suis triathl√®te pro. Mais en fait, pas vraiment. Voil√†.

Ermanno : T’inqui√®te, maintenant que tu vas passer sur le podcast, tout va changer, ta vie va changer, les fans vont venir taper √† ta porte pour s’entra√ģner avec toi. Mais ils ne vont pas y arriver parce que tu seras √©videmment devant √† chaque fois aux entra√ģnements. Toi, tu seras en basse intensit√©, eux, ils seront √† bloc. Non, bon, allez, on a dit qu’on √©tait s√©rieux. mais c’est √ßa aussi le triathlon. C’est du d√©lire, c’est du fun, c’est de la bonne ambiance.

Victor : Oui, c’est d√©j√† suffisamment dur, c’est d√©j√† suffisamment dur, entre guillemets, pour accepter la charge, pour organiser les entra√ģnements, pour dig√©rer les bonnes s√©ances, pour accepter les mauvaises s√©ances. Donc si en plus, on se prend la t√™te et puis qu’on y va en tirant la gueule, √ßa ne peut pas marcher sur du long terme.

Ermanno : Tu me disais aussi tout √† l’heure que tu fais partie du team Argon 18. Tu peux nous en dire plus ? √áa veut dire quoi en fait, √™tre membre du team ? √áa veut dire avoir un v√©lo qui t’est offert par Argon ? √áa veut dire faire des performances ? √áa veut dire √™tre m√©lang√© avec les meilleurs qui font partie de ce team ? √áa veut dire quoi ?

Victor : Alors, le team Argon 18 France, initialement, c’√©tait un team qui effectivement, sous l’√©g√©rie de la France, la marque du v√©lo du m√™me nom, √©tait un team de groupes d’√Ęge. Voil√†, en fait, l’id√©e, c’√©tait de regrouper des groupes d’√Ęge d’un bon niveau, mais surtout avec une histoire √† raconter. Et puis, en fait, dans le team, je me suis rendu compte qu’il y avait des p√®res de famille, il y avait effectivement des jeunes prometteurs, mais il y avait aussi des jeunes tout courts qui voulaient juste s’amuser dans un groupe. Et en fait, depuis cette ann√©e, ils ont d√©cid√© d’ouvrir deux places pour des professionnels. Donc en fait, on est deux. Et moi, j’ai eu la chance de pouvoir rejoindre ce team cette ann√©e pour pouvoir se joindre au groupe donc de tous √©quipements, tous ces groupes d’√Ęge. Et la seule particularit√© qu’on a par rapport √† eux, c’est que nous, on court en cat√©gorie propre. Qu’est-ce que √ßa nous apporte ? Donc en plus de rejoindre un super groupe, on a fait le regroupement il y a une semaine, on s’est √©clat√©, on a rigol√© toute la journ√©e, enfin tout le week-end. Le mot s√©rieux n’√©tait pas forc√©ment omnipr√©sent, mais c’√©tait super cool.

Ermanno : T’as ramen√© Pistache ou pas ?

Victor : Non, ils n’ont pas voulu. Je me suis dit, peut-√™tre pas le premier coup, le prochain, ils y ont droit. Mais j’en ai parl√©. En plus, j’en ai parl√©, ils le connaissent d√©j√† tous. Et donc, qu’est-ce que √ßa apporte ? Alors effectivement, on a pas mal de facilit√©s au niveau de l’obtention du v√©lo de la marque Argon 18. On a un partenariat avec Compressport, on a un autre partenariat avec Powerbar, avec Hub pour les combinaisons, Casco pour les casques. En fait, on a beaucoup de facilit√©s pour l’obtention de ce mat√©riel-l√†, √† prix r√©duit, parce qu’on est plusieurs, et puis surtout qu’on a quand m√™me une belle image et on a une repr√©sentativit√© qui est optimis√©e sur les courses, parce qu’on se d√©place et qu’on est relativement devant, il ne faut pas se le cacher. Et pour Marc Fernandez, l’autre pro, et puis moi-m√™me, on a d’autres facilit√©s qui se rajoutent sur l’obtention du v√©lo, notamment, et on est directement en lien avec la marque Argon 18 pour avoir un v√©lo de chrono et un v√©lo traditionnel de route pour l’entra√ģnement.

Ermanno : Est-ce que vous participez aussi √† la R&D, √† la recherche et d√©veloppement ? En plus, toi √©tant ing√©nieur, m√™me si t’es ing√©nieur plut√īt dans l’environnement, mais la d√©marche de l’ing√©nieur sur la chrono, est-ce que vous participez un petit peu √† la R&D ? Vous donnez votre avis ? Vous faites les b√™ta-testeurs ?

Victor : Je pense que le terme b√™ta-testeur, pourquoi pas ? En gros, ils sont √† l’√©coute des retours qu’on peut leur faire. Mais de l√† √† aller travailler avec eux en soufflerie, non. Mais par contre, ils sont √† l’√©coute. On a certains membres du team qui sont en lien direct avec les mecs de la marque, que ce soit pour Compress ou pour Argon d’ailleurs, et ils sont √† l’√©coute de ce qu’on peut leur remonter.

Ermanno : En termes de d√©placement, √ßa veut dire quoi √™tre triathl√®te pro ? Parce que m√™me si la France est un super pays de triathlon, et de duathlon, et de swimrun, j’aime bien le placer aussi, parce que c’est le seul pays dont la f√©d√©ration de triathlon est d√©l√©gataire du sport. Donc m√™me si c’est un super pays pour √ßa, √™tre triathl√®te pro, √ßa veut dire aussi bouger, aller un peu √† l’√©tranger, un peu en Europe, un peu ailleurs. Toi, tu bouges beaucoup dans ta saison ?

Victor : Moi, j’ai, comment dire, pour ne pas passer pour le gros anayatollah de l’√©cologie, parce que je ne le suis pas, mais j’ai quelques sensibilit√©s √† l’environnement, mais effectivement, si je peux limiter mon empreinte carbone dans le cadre de ma passion, parce que √ßa reste une passion avant tout, je le fais. Donc effectivement, lorsque je vais faire mes comp√©titions dans le cadre des manches PTO, et √ßa va que pour l’instant, je suis un petit triathl√®te pro, mais je peux les faire, je dois dire, au niveau continental. Voil√†, cette ann√©e, au plus loin que je vais aller, √ßa sera en Autriche. Donc √ßa peut se faire soit en train, soit en voiture, mais pas forc√©ment en avion, sinon ce sera essentiellement en France. Apr√®s, je suis conscient que si demain, je vais aller m’amuser sur des comp√©titions, pourquoi pas un Ironman du c√īt√© de Hawa√Į, ou aller faire un challenge sur un autre continent, forc√©ment, √ßa impliquera des voyages un peu plus lourds en termes de logistique, mais √©galement d’impact carbone. Et √ßa, ce sera √† programmer et √† assumer, bien entendu. Pour l’instant, je reste, je dirais, au niveau continental proche. France, Autriche, un petit peu de Suisse, et puis de l’Allemagne.

Ermanno : Espagne, Portugal, non, ça fait plus loin.

Victor : Mais ça se fait bien. Oui.

Ermanno : Bon, apr√®s, pour les championnats du monde, tu n’es pas oblig√© d’aller √† Hawa√Į. Maintenant, c’est une ann√©e sur deux avec Nice. Donc tu peux choisir l’ann√©e, si tu arrives √† te qualifier, o√Ļ ce sera √† Nice.

Victor : Oui, √ßa, c’est encore un autre d√©bat.

Ermanno : Je n’ai rien dit. Par contre, choisis bien le moment o√Ļ c’est les mecs, parce que si tu choisis le moment o√Ļ c’est les filles, c’est ce que tu veux.

Victor : Oui, d√©j√†, oui, mais c’est un autre d√©bat. Mais oui, il y a le championnat du monde √† Nice qui peut √™tre int√©ressant de faire.

Ermanno : Oui. Revenons un peu sur ta pratique et sur ton entra√ģnement, justement. Donc l√†, tu es encadr√© par Benjamin, ton coach. Est-ce que, on l’a compris, tu ajustes aussi l’entra√ģnement par rapport √† ce qu’il te donne, c’est par rapport √† tes disponibilit√©s. Malgr√© tout, tes cycles d’entra√ģnement ressemblent √† quoi ? L√†, on enregistre, on est mi-f√©vrier, donc on est encore sur le cycle d’hiver. On va commencer √† attaquer tout doucement le cycle printemps et puis apr√®s la saison, finalement, de triathlon. Surtout si tu restes sur des courses continentales parce qu’en hiver, tu ne vas pas aller en Australie pour concourir. Donc, √ßa ressemble √† quoi, ton cycle d’entra√ģnement ?

Victor : L√†, comme je te le disais, moi, je reste un coureur. J’aime bien me mettre quelques courses √† pied pour me dire ¬ę Ok, je suis encore fort en course √† pied, j’ai besoin de √ßa pour me rassurer. ¬Ľ Donc souvent, en fait, l’hiver,

Victor : de d√©cembre jusqu’√† mars, c’est vraiment du travail de d√©veloppement global, que ce soit natation, v√©lo, course √† pied. Et le but, c’est d’encaisser de la charge et du volume et de l’endurance. Voil√†. En mars, souvent, je me cale. L√†, cette ann√©e, j’ai un semi-marathon et un 10 km coup sur coup pour valider, entre guillemets, l’hiver pass√©. Et ensuite, √† partir de d√©but avril, parce qu’il faut quand m√™me un petit peu assimiler tout √ßa, je pense qu’il y aura une ou deux semaines un petit peu plus light entre les deux. √Ä partir de d√©but avril, l√†, √ßa va √™tre du travail sp√©cifique triathlon avec de l’allure sp√©cifique et de l’intensit√© sp√©cifique. Et on va certainement mettre un peu plus de c√īt√© les travails de d√©veloppement.

Victor : Apr√®s, moi, j’organise ma s√©ance. De toute fa√ßon, souvent en deux, avec une premi√®re partie de comp√©tition sur mai-juin et une deuxi√®me partie sur septembre-octobre parce qu’en fait, en juillet-ao√Ľt, il fait chaud. Et moi, je n’aime pas trop, tout simplement. Donc, je me dis, au lieu d’aller me buter, aller faire des comp√®tes pour √™tre inexistant, √™tre transparent, je continue mes entra√ģnements, j’adapte l’intensit√©. Si j’en chie, je suis tout seul dans mon coin. Et puis, donc, en fait, en juillet-ao√Ľt, souvent, on arrive √† replacer une petite p√©riode, une petite p√©riode de redeveloppement pour tenter de cr√©er des adaptations, surtout avec le show, parce que c’est hyper int√©ressant. Et apr√®s, √† partir de septembre-octobre, renouvelle de nouveau une p√©riode de comp√©tition, donc avec, certes, des entra√ģnements moins pr√©sents, mais avec des comp√©titions, avec l’approche course et puis la r√©cup post-course.

Ermanno : Oui, surtout qu’√† Montb√©liard, septembre-octobre, c’est d√©j√† l’hiver.

Victor : On met les pneus neige sur les vélos de route.

Ermanno : Tu mets les pneus à cran, à clou.

Victor : Exactement.

Ermanno : J’aime bien parce que tu nous places comme √ßa, que tu fais quelques semis aussi pour te pr√©parer. C’est quoi ton RP sur semi ?

Victor : C’√©tait l’ann√©e derni√®re √† Paris, j’avais fait 1h05.

Ermanno : 1h05, donc √ßa, c’est sur un semi sec. Et sur un semi, que ce soit sur du atlon ou sur triathlon, tu es aux alentours de √ßa ou tu es un peu plus lent ?

Victor : Je suis un petit peu plus lent, mais cette année à Fréjus,

Victor : je fais 1h09, 1h09.50. Donc, j’√©tais assez content. C’est un peu plus long. C’est un peu plus long, mais c’est un peu plus long. Et l√†, je me suis dit, c’est cool. L√†, c’est vraiment cool parce qu’en plus, juste le fait de voir que j’arrivais √† courir et puis qu’en fait, je n’ai pas subi la course parce qu’au final, c’est un plaisir. On pose le v√©lo et puis derri√®re, on court √† 3h20, 3h21. C’est un bonheur sans nom. Juste de pouvoir poser la course √† pied √† son niveau, c’√©tait assez ouf en termes de sensation.

Ermanno : Et tes conseils l√†-dessus, justement, qui, je pense, vont int√©resser tous les auditeurs et les auditrices, √©videmment. Mais quand on est coureur, on sent bien que toi, ton truc, c’est vraiment la course √† pied. C’est l√† que tu t’√©clates, c’est l√† que tu aimes te sentir fort. Et donc, quand tu te sens fort, tu te sens encore plus fort et tu te sens encore mieux. Comment tu fais pour r√©ussir √† organiser que ce soit tes entra√ģnements ou m√™me tes comp√©titions ? Comment tu g√®res ta comp√©tition pour que tu puisses tout donner en course √† pied ?

Victor : Alors l√†, √ßa, mon entra√ģneur, il m’a d√©j√† engueul√© plus d’une fois. Le but, ce n’est pas de faire un v√©lo tranquille ou bilou et de leur dire, tiens, c’est moi qui cours le plus vite. Non, le but, c’est… Enfin, on est triathl√®te, quoi. Donc, il faut savoir nager fort, rouler fort et courir √† ton niveau, quoi. Donc…

Ermanno : C’est √ßa, en triathlon, c’est que tu commences vite, t’acc√©l√®res au milieu, puis tu finis √† fond.

Victor : Ouais, sur le papier, c’est √©crit comme √ßa. Moi, j’avais sign√© √ßa, mais j’ai rappel√© le SAV, √ßa ne fonctionnait pas. Donc, clairement, il ne faut pas √™tre idiot, surtout sur longue distance en v√©lo. J’avais surtout… Moi, quand je m’entra√ģnais seul, puis que je n’avais pas forc√©ment les conseils avis√©s de Ben, j’√©tais peut-√™tre un petit peu trop irr√©gulier sur le v√©lo, peut-√™tre √† partir trop fort ou √† faire des efforts dans les bosses qui n’√©taient pas n√©cessaires. Donc, gr√Ęce √† lui, j’ai appris √† lisser mon effort, que ce soit en natation, mais surtout en v√©lo, lisser l’effort tout au long de la course pour, en gros, poser frais sans dette de quoi que ce soit en termes de stock de glucides ou en dette d’√©nergie, tout simplement, quoi. Et gr√Ęce √† √ßa, √ßa permet au moins de pouvoir poser sa course √† pied. Et ensuite, si on voit qu’il y a un truc √† aller chercher devant, c’est la t√™te qui prend la suite, quoi. Mais une fois qu’on est dans une bonne dynamique, qu’on voit qu’on arrive √† courir, √ßa s’enfile. Alors qu’√† l’inverse, si on pose le v√©lo d√©j√† un petit peu entam√© du v√©lo, si on pose le v√©lo et d√©j√† un petit peu entam√© de la partie v√©lo, qu’on part, qu’on sent qu’on a les jambes lourdes, on a vite fait d’√™tre dans un cercle n√©gatif. Et l√†, c’est compliqu√©, surtout pour un profil comme moi, qui suis bon coureur, o√Ļ on n’attend qu’une seule chose, c’est la course √† pied, et qu’au final, √ßa ne se passe pas comme on veut. L√†, on a vite tendance √† ne pas b√Ęcher loin de l√†, parce que ce n’est pas le but. De l√Ęcher un petit peu prise et de sortir de sa course.

Ermanno : Oui, et puis commencer √† ruminer. Et puis plus tu rumines, plus tu vas ruminer. C’est un cercle vicieux, celui-ci. Comment tu fais, justement ? Comment tu as appris √† lisser ton effort sur le v√©lo ? Tu utilises la data ? Tu utilises le capteur de puissance ? Tu te connais maintenant tellement bien que tu arrives √† g√©rer ton effort et √† lisser ? Et puis, je ne sais pas, sur du long, tu n’as pas le redrafting. Tu vois une t√™te devant, qu’est-ce que tu fais ? Tu restes derri√®re. Tu restes derri√®re √† ton allure ou √† ta puissance cible ou tu vas chercher et puis tu te places devant en laissant 12 m√®tres pour √©viter que l’un comme l’autre vous prenie un carton ?

Victor : Alors, avant l’arriv√©e de Ben, je faisais tout √† la sensace. Et des fois, √ßa passait super bien. Comme l’ann√©e o√Ļ j’avais fait champion de France, l’existence de duathlon. Ou des fois, c’√©tait le cirque PNR et ciao, bonsoir, je pouvais marcher √† pied. Donc, gr√Ęce √† Ben, j’ai d√©couvert…

Ermanno : C’est mieux, parce que marcher sur les mains, c’est chaud. Oui, oui.

Victor : Et puis, on ne va pas aussi vite. Donc, gr√Ęce √† Ben, j’ai d√©couvert les capteurs de puissance, et puis les puissances cibles, et puis les intensit√©s cibles. Donc, j’ai d√©couvert √ßa. Et l√†, √ßa fait quelques ann√©es que du coup, je fonctionne √† √ßa en v√©lo. Et je t’avoue que c’est quand m√™me une belle aide. Parce qu’effectivement, on a beau se dire qu’on fait √† la sensation, on a vite fait de mettre trop de watts en mont√©e surtout. Et puis, pas assez sur le plat. Apr√®s, en course √† pied, par contre, je ne fais pas tout √† la sensace, mais je me connais quand m√™me relativement bien pour conna√ģtre mes intensit√©s. Mais en v√©lo, j’ai besoin de √ßa. Apr√®s, je suis un peu plus… Je vais reprendre l’exemple de Vieux Boucault. En fait, √† Vieux Boucault, je nage quand m√™me pas trop mal. Et en fait, √ßa me fait sortir, entre guillemets, dernier du bon groupe en v√©lo. En fait, il y avait un petit groupe qui s’√©tait form√© devant moi. Et en fait, m√™me si on est √† 12 m√®tres, m√™me si on n’a pas le droit de drafter, le fait d’√™tre dans un groupe, √ßa permet de se faire emmener. L’√©mulation. Voil√†, exactement. Et au moins, on est dans le rythme. Et en fait, on ne s’endort pas. Et on garde le bon visuel sur le bon groupe. Bon, manque de bol. Je n’ai pas pu faire l’effort au bon moment, parce que j’avais quand m√™me les jambes coup√©es √† cause de la natation que j’avais faite. Un petit peu peut-√™tre en sur-r√©gime, mais en tout cas pour accrocher le groupe. Et donc, en fait, je n’ai pas accroch√© le groupe l√†. Et entre guillemets, ce n’est pas que √ßa fout ta course en l’air, mais c’est dommage que je n’ai pas pu faire l’effort. Donc, de temps en temps, il faut savoir lisser son effort. Et de temps en temps, il faut savoir justement faire l’effort pour choper la bonne dynamique de course, √™tre dans le bon groupe et se dire, OK, l√†, je suis avec eux. Je ne me repose pas sur mes lauriers parce qu’il faut quand m√™me que j’appuie fort. Mais au moins, c’est eux qui vont me faire le rythme. Voil√†. Donc, il faut jouer entre les deux.

Ermanno : Tu disais justement que Benjamin, ton entra√ģneur, tu avais appris √† utiliser la puissance. Bon, utiliser la puissance, c’est une chose. Moi, j’ai un stride pour la course √† pied. C’est g√©nial. √áa me donne des bonnes valeurs pour l’allure. Mais si tu ne sais pas l’utiliser, si tu ne sais pas exploiter cette data, en fait, √ßa ne te sert √† rien. Bon, tu es ing√©nieur, donc normalement, les datas, tu connais un petit peu. Mais comment vous fonctionnez avec ton entra√ģneur ? Tu fais une s√©ance. Vous prenez les donn√©es, il te les explique ou il les regarde et il te fait des recommandations. C’est toi qui les analyses d’abord. Tu lui fais des suggestions et il valide, il infirme ou il confirme. Enfin, comment vous fonctionnez ? Je pense que √ßa aussi, √ßa peut vachement aider nos auditeurs qui se posent peut-√™tre la question d’utiliser un capteur de puissance, mais qui ne savent pas le faire. Donc, quelle serait la bonne pratique, en fait, pour toi ?

Victor : En fait, Ben, en plus d’avoir une prestation de coaching qui est hyper int√©ressante et hyper compl√®te, c’est en fait, il a cr√©√© un √©cosyst√®me tout autour de l’entra√ģnement qui est hyper int√©ressant et qui, en fait, est nourri par les exp√©riences de tout groupe. Donc, assez souvent, il nous fait des petits podcasts, enfin, des petits vocaux sur les explications du pourquoi, du comment. Le DEF a le dernier en date. Non, ce n’est pas vraiment le dernier en date, mais j’en ai un qui a fait √©cho assez longtemps dans ma t√™te. C’√©tait la gestion de la chaleur et puis des intensit√©s. Pourquoi, quand il fait chaud, on est nul ? Mais il l’explique de A √† Z et en fait, on n’est pas nul. On est hyper fort, mais il faut juste accepter qu’on est moins fort. Mais on est fort. C’est compliqu√©. Mais en fait, c’est tout cet √©cosyst√®me d’informations qu’il va nous donner, qu’il va nous expliquer. Le pourquoi, du comment, pourquoi il faut respecter les puissances, qu’est-ce que c’est cette puissance cible, pourquoi faire un test 20 minutes, pourquoi faire un test 5 minutes, alors que √ßa fait hyper mal. Moi, je lui ai d√©j√† dit mille fois, moi, je ne fais pas tes conneries. Du coup, je les ai faites parce qu’il a raison et il faut les faire. J’ai une t√™te de mule, j’ai une grosse t√™te de mule. √áa fait trois ans que je m’entra√ģne avec lui, quatre ans, trois ans et demi. Je lui ai fait mon premier test 20 minutes il y a trois semaines avec lui parce que je ne comprenais pas l’int√©r√™t. Et apr√®s, au fil du… Au fil du temps, voil√†, bref, on posait les choses. Et donc, sur ces fameuses puissances, suivant les retours de s√©ance qu’on a sur les tests qu’on peut faire, lui se dit, logiquement, ton allure L, c’est temps d’intensit√©. Et ensuite, √† partir de l√†, on travaille cette intensit√© √† l’entra√ģnement, on la travaille sur un entra√ģneur, puis sur l’ext√©rieur, sur du plat. Parce qu’encore une fois, √ßa, je ne comprenais pas. Au d√©but, il me disait, tiens, tu fais 20 minutes allure L, pas de souci, je vais les faire en bosse, c’est tranquille. Ben ouais, effectivement, en bosse, c’est hyper simple, en fait, de mettre des watts. Mais va mettre les m√™mes watts sur le plat, ben, tu ne sais plus o√Ļ tu habites, quoi. Donc, j’ai dit, non, mais j’ai d√©couvert des trucs comme √ßa.

Ermanno : Et comment tu fais, d’ailleurs, √† Montb√©liard, parce qu’il n’y a pas de plat, l√†-bas ?

Victor : Si, alors, attends, on a des super grandes… On a des grands canaux, enfin, on a le canal du Rhin-Rh√īne qui passe chez nous, et on a quand m√™me des belles lignes droites, on a des belles vall√©es entre les montagnes. Enfin, les montagnes, entre les… C’est pas vraiment des montagnes, parce que si les Alpins entendent √ßa, entre les petits monts, enfin, bref, il y a des super petites vall√©es, et c’est hyper sympa, et surtout, il n’y a pas trop de circulation. Moi, j’ai mes spots d’entra√ģnement, donc c’est tranquille, c’est plat, et c’est pas dangereux. Mais bref, tout √ßa pour dire qu’il explique tout √ßa, et on se nourrit de sa science, mais aussi de la science des autres personnes qui sont entra√ģn√©es par Ben.

Ermanno : Wow, √ßa doit √™tre g√©nial. Moi, c’est ce que j’ai toujours un petit peu voulu et attendu de mon entra√ģneur, c’est qu’il m’explique aussi toutes ces choses-l√†. Alors, il me les a… Il me les expliquait de temps en temps, parce qu’on avait la chance qu’il venait avec moi pour les entra√ģnements, que ce soit la natation ou la course √† pied, et lui, il accompagnait en v√©lo. Donc √ßa, c’est pas mal, mais c’est pas tout le temps. Et en fait, c’est vrai que t’as beau avoir 10-15 ans de pratique, il y a des moments o√Ļ t’aimerais bien savoir ce que c’est que la puissance cible, pourquoi on utilise la puissance cible, pourquoi en course √† pied, on utilise telle ou telle allure, etc. Tu parlais du test. Lui, mon entra√ģneur, il avait un truc, c’√©tait le test de 30 minutes sur piste en course √† pied. Pourquoi 30 ? Parce qu’un coupeur ou un mini-coupeur, c’est trop rapide, c’est trop saccad√©. Et en fait, quand tu sais un peu g√©rer les efforts, c’est pas tout √† fait la r√©alit√©. Alors que tu fais 30 minutes, si tu pars comme un bourrin, t’en feras 15, et ton test, il sera annul√©. Si tu fais 30 et que t’apprends √† g√©rer ton truc, c’est l’objectif. Donc, effectivement, il faut √©couter l’entra√ģneur. Il a ses comp√©tences, il a ses connaissances. Des fois, il faut lui en demander un peu plus, mais √ßa a quand m√™me un certain avantage d’√™tre accompagn√© plut√īt que d’y aller tout seul.

Victor : Non, et puis clairement, je vais rebondir sur ce que tu disais. J’esp√®re pas dire des b√™tises en disant √ßa, mais √† Ben, il faut pas lui parler de VMA, parce qu’effectivement, pour un triathl√®te, c’est pas du tout adapt√©. Il d√©teste 6 minutes, 12 minutes et compagnie. Effectivement, tous les entra√ģnements de course √† pied, ils sont bas√©s sur notre meilleur temps au 10 bornes. Enfin, en gros, sur 30 minutes d’effort, quoi. T’as raison. Et √† partir de l√†, on construit…

Ermanno : Toi, tu fais 30 au 10, pas nous.

Victor : Et apr√®s, √† partir de l√†, on construit le plan d’entra√ģnement avec cette valeur-l√†. Et effectivement, oui, les intensit√©s sont un petit peu plus basses, que sur un test de 6 minutes. Mais par contre, on tient… Enfin, moi, √ßa m’est d√©j√† arriv√© de faire des 15 x 1000, quoi. Enfin, oui, forc√©ment, voil√†, c’est des 15 x 1000 o√Ļ on l’a pas forc√©ment dans la gorge, mais √† la fin de la s√©ance, on se dit, waouh, putain, on a tourn√© quand m√™me longtemps, l√†. Mais ouais, mais en fait, c’est le but, quoi. Le but, c’est pas d’aller tr√®s vite pour un triathl√®te, c’est de pouvoir maintenir un niveau d’intensit√© hyper int√©ressant. Donc forc√©ment, √† l’entra√ģnement, il faut maintenir ce niveau d’intensit√©, quoi. Et puis ouais, enfin, clairement, c’est… Enfin, moi, je connaissais pas tout ce qu’il avait construit autour de son entra√ģnement. Moi, √† la base, moi, je l’avais rejoint parce que j’avais des tr√®s bons √©chos sur sa mani√®re de faire. Mais en fait, oui, il y a l’entra√ģnement, mais il y a tout le √† c√īt√© qui est hyper int√©ressant et qui permet de progresser en tant que triathl√®te.

Ermanno : Bon, un bon petit tip que t’as dispens√©, c’est de se faire accompagner par les entra√ģneurs avec qui on ressent d√©j√† un certain feeling. Je crois que c’est le cas avec… Bon, on n’a pas parl√© de pistache. De quoi on parle pour pistache ?

Victor : Pistache, de temps en temps, je lui fais faire du fractionn√© dans le salon. Je lui cours apr√®s, pendant 30 secondes, j’arr√™te, j’en recommence, et puis on le fait pendant une heure.

Ermanno : Donc c’est √† lui que tu fais faire du fractionn√© ou c’est toi qui fais du fractionn√© au final ?

Victor : C’est le petit chat, c’est le petit chat qui fait du fractionn√©.

Ermanno : √Čcoute, c’est super int√©ressant, tout ce dont on vient d’√©changer, et puis ces diff√©rents points de vue. On n’est pas rentr√©s sur un sujet sp√©cifique, mais justement, on a eu une vision un peu holistique, comme on dit. Tu le sais, Victor, la derni√®re question que je pose √† mes invit√©s, elle est en lien avec le nom du podcast qui s’appelle ¬ę Devenir triathl√®te ¬Ľ. √Ä ton avis, comment on fait pour devenir triathl√®te ?

Victor : En √©coutant les vieux. clairement ! Enfin l√†, encore derni√®rement, je me suis mis au podcast ¬ę Tribandite ¬Ľ. Je ne sais pas si tu connais. ¬ę Tribandite ¬Ľ, c’est… C’est un podcast qui est fait par Arnaud S√©culeau. C’est un ancien triathl√®te, mais de par chez moi, de Franche-Comt√©. Et quand j’ai commenc√©, c’√©tait le mec qui tournait quand m√™me relativement fort. Et en fait, le mec, il a commenc√© le triathlon dans les ann√©es 90, quoi. Donc en fait, le mec, il a…

Ermanno : Je te remercie, j’ai commenc√© en 96. Donc oui, moi aussi, je suis un vieux.

Victor : Voil√†, les gars, vous n’imaginez pas toute la science que vous avez sur ce sport, en fait, parce que vous avez vraiment constat√© l’√©volution du sport, l’√©volution des mani√®res de s’entra√ģner, et puis m√™me de ce qui devient… Entre l’√©poque Hawa√Į, ce que c’√©tait, maintenant ce que c’est Hawa√Į, ce que c’√©tait avant le triathlon au JO, maintenant ce que c’est, avec tous les circuits qui se multiplient et compagnie. Et je pense que c’est hyper int√©ressant d’√©couter les vieux, parce que les vieux, entre guillemets, parce que le mec, il a 50 ans, il est loin d’√™tre vieux, mais c’est un dinosaure pour les triathl√®tes. C’est hyper int√©ressant de les √©couter, parce qu’ils ont beaucoup de choses √† nous apprendre, que ce soit sur l’entra√ģnement, mais √©galement sur la logique du sport. Et puis les mecs sont passionn√©s, donc c’est forc√©ment passionnant.

Ermanno : ‚Äď Et puis sur la long√©vit√©, tu parles de vieux, entre guillemets, ceux qui ne l’auraient pas entendu, je vous invite √† aller √©couter l’√©pisode avec Georges Bellobre, le papa de Fred Bellobre. Tu parlais des Jeux Olympiques, voil√†, Fred, 3 Olympiades. Georges Bellobre, 80 piges, et il continue √† faire au moins un triathlon par an. Et il est champion de France dans sa cat√©gorie. Qui r√™ve d’avoir une long√©vit√© pareille ? Il a commenc√© le triathlon √† 30 ans, parce qu’il y a 50 ans que √ßa a commenc√© √† √™tre populaire en France. Et √† 80 piges, il continue √† faire un triathlon. Donc ouais, √©coutez les vieux,

Victor : ‚Äď Non, non, mais clairement. Et puis je pense qu’ils ont la passion de ce sport, ils ont la science de ce sport, et effectivement, moi, actuellement, le but, c’est d’√™tre le meilleur possible dans mon sport, parce que je le kiffe. Apr√®s, je sais qu’√† un moment donn√©, je vais me faire rattraper par la vie professionnelle, par la vie de famille, et forc√©ment, le triathlon, √ßa va passer un petit peu au second plan. Mais j’ose esp√©rer qu’√† 60 balais, je serai toujours pr√©sent en train de foutre des petites clad√©s relat√©es, des petits cadets sur des distances M et des distances S, quoi. J’esp√®re. Bon, on n’y est pas. J’ai encore le temps d’y arriver. Mais j’esp√®re que je vais continuer le triathlon encore longtemps, effectivement.

Ermanno : Bon, √©coute, moi, j’esp√®re qu’on va continuer le podcast ¬ę Devenir triathl√®te encore longtemps ¬Ľ. On se donne rendez-vous dans 20 ans et on fait un d√©brief. √áa marche ?

Victor : ‚Äď Ah, vache, √©coute, vas-y, c’est not√©. Pistache, ouais, bon, OK. Peut-√™tre avec pistache, peut-√™tre pas. ‚Äď Dans 20 piges, pistache ? ‚Äď Ouais, je ne sais pas, je ne sais pas. Bon, on verra.

Ermanno : Avec vanille, parce qu’apr√®s, la glace √† la pistache, il y a la glace √† la vanille, ce sera le successeur des pistaches, non ?

Victor : ‚Äď Il faudra que j’en parle √† madame pour le nom du chat, mais on verra.

Ermanno : ‚Äď √áa va. Toi, dans tes objectifs, justement, dans ton futur de triathl√®te, au-del√† de passer peut-√™tre sur du plus long, t’imagines quoi ? Tu visualises quoi ?

Victor : Forc√©ment, je vais passer sur du plus long, mais sur du Ironman. Je me vois mal faire des trucs qui passent l’Ironman, parce que, bon, voil√†. Mais j’esp√®re quand m√™me, √† moyen terme, faire des Ironmans, je ne sais pas si je vais me prendre au jeu de chercher √† devenir performant sur Ironman, parce qu’en termes d’investissement, √ßa demande beaucoup plus de disponibilit√©, notamment pour le v√©lo. Et je ne suis pas s√Ľr d’avoir cette disponibilit√©-l√† accord√©e pour le sport. Donc, quoi qu’il en soit, Ironman. Et apr√®s, sur de la course √† pied pur,

Victor : je vais plus me prendre au jeu des longues distances en course √† pied pur. Quand je dis longues distances, √ßa va √™tre du marathon et pourquoi pas du sandboard. C’est vraiment un effort qui pourrait me plaire. √áa reste plus 7 heures que 6 heures, d’ailleurs. 7 heures d’effort, c’est encore un truc o√Ļ on a vraiment l’impression d’aller vite. Donc, pourquoi pas ? Mais pour revenir au triathlon, l’Ironman, max. Je n’irai pas faire du double ou du DK ou du Penta Ironman.

Ermanno : 7 heures sur 100 bornes, tu n’as pas tout √† fait l’impression d’aller vite. Tu as l’impression de te donner √† fond, mais tu n’as pas l’impression d’aller vite.

Victor : Je suis quelques coureurs, Guillaume Ruel, Benjamin Paulin, qui va en gros 6h30 sur 100 bornes. Les mecs, c’est volume √† pied, mais moi, √ßa me fait kiffer. Je vois leurs s√©ances les dimanches matins, leurs sorties longues, c’est un marathon. C’est √©norme. Actuellement, ce n’est pas mon kiff parce que je suis sur le triathlon et je pr√©f√®re faire ma sortie longue √† v√©lo, mais √ßa doit √™tre tellement kiffant.

Ermanno : Cette ann√©e, j’ai boucl√© ma travers√©e de la France en courant. J’ai pr√©par√© √ßa pendant 9 mois et sur la fin de la pr√©pa, j’encha√ģnais des semaines o√Ļ je faisais… Je faisais 6 entra√ģnements par semaine et dont les plus petites courses √©taient 30 bornes et puis je montais jusqu’√† 80 bornes. J’ai fait 2 fois 70 dans le week-end, des trucs comme √ßa. On a fait un week-end choc avec mon entra√ģneur. C’√©tait 65, 75, 80 sur 3 jours. Forc√©ment, tu kiffes. Tu arrives √† la fin du 3e jour, tu as un peu mal aux pattes. Mais en fait, c’est tellement bon parce que justement, tu te sens fort, tu te sens vivant, tu te sens exister.

Victor : Oui, c’est √ßa en fait. Et puis de se dire, putain, on fait des trucs que 99,99% de la population ne fait pas. Voil√† quoi. Donc, c’est hyper plaisant. Juste √ßa.

Ermanno : √Čcoute, c’est bien not√© pour la suite. On te souhaite bon courage pour le triathlon. On te souhaite bon courage pour la course √† pied. On a compris que tu fais du sport avec Pistache, mais madame, est-ce qu’elle est aussi sportive slash triathl√®te, slash du athl√®te ?

Victor : Madame, √† la base, elle courait, on faisait un ou deux par an chaque ann√©e. L’ann√©e derni√®re, j’ai r√©ussi √† lui faire d√©couvrir le triathlon longue distance. Donc, elle √©tait venue √† Fr√©jus avec moi. Elle a d√©couvert le triathlon longue distance. Elle a encha√ģn√© avec le triathlon distance olympique de G√©rard May. Donc, ce n’est pas un des plus simples non plus. Et elle a fini la saison avec moi √† Vieux-Boucaud √©galement sur un triathlon longue distance. Donc, j’ai r√©ussi √† la convertir. Donc, c’est cool. On peut partager √ßa ensemble, au moins pour les entra√ģnements.

Ermanno : C’est excellent. F√©licitations. Je n’ai pas r√©ussi √† convertir ma femme √† √ßa, mais f√©licitations.

Ermanno : Finalement, le prochain petit chat, il ne s’appellera peut-√™tre pas Vanny, il s’appellera Triathlon. Je ne sais pas, on trouvera un truc.

Victor : Ou on l’appellera Sam Ledlow, on verra.

Ermanno : Sam, si tu nous √©coutes, encore, on t’embrasse.

Ermanno : Merci beaucoup, Victor. C’√©tait vraiment cool, cet √©change. Vous l’aurez compris, chers auditrices, chers auditeurs, on √©tait beaucoup dans la d√©rision. C’est bien marr√©, mais on a abord√© aussi beaucoup de sujets super int√©ressants, s√©rieusement, et on est rentr√©s un petit peu dans le fond. J’esp√®re que vous aurez appr√©ci√© autant que moi j’ai appr√©ci√© faire cet √©pisode. Victor, pour terminer, o√Ļ est-ce qu’on te retrouve, o√Ļ est-ce qu’on te suit, o√Ļ est-ce qu’on t’encourage ?

Victor : Cette saison, on me retrouve au Challenge Sapolton en Autriche fin mai. On me retrouve au Triathlon de Belfort sur le Longue Distance d√©but juin. On me retrouve √† G√©rardmer, bien entendu, d√©but septembre, et en Italie, fin septembre, sur le Challenge sans r√©mo. N’h√©sitez pas √† venir. √áa va √™tre une belle saison, j’esp√®re.

Ermanno : Belfort et G√©rardmer, que des bons souvenirs pour moi. 2009, Championnat de France, l’ann√©e o√Ļ il a fait super chaud pour s’entra√ģner. Tu t’entra√ģnes de f√©vrier jusqu’au 5 juin, il fait 40 degr√©s, le jour de la course, il fait 9 degr√©s.

Victor : C’est Belfort, c’est que du bonheur.

Ermanno : Que du bonheur. Victor, merci beaucoup. Je mettrai aussi dans les notes de l’√©pisode des liens vers tes r√©seaux sociaux pour pouvoir aller discuter avec toi. Et Olivier et moi, nous vous r√©pondrons dans un prochain √©pisode. Super, merci, √† plus.

Victor : Ciao, bonne journée. pas de soucis.

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHL√ąTE
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