#377 De triathlète à ultra-cycliste : la quête de Noélie Alexandre

🌌 Une nuit étoilée, sous le ciel de la Race Across France, naissait une légende de l’ultra-cyclisme : Noélie Alexandre.

🚴‍♀️ Initiée puis passionnée par le triathlon, son voyage prend un tournant inattendu vers des horizons plus lointains, guidée par l’amour et la quête de soi.

🔄 Transitionnant vers l’ultra-cyclisme, elle s’immerge dans un monde où chaque coup de pédale raconte une histoire de dépassement personnel.

🏁 Après avoir conquis 370 km de terrains ardus, Noélie se lance un nouveau défi : 1000 km d’endurance, de partage et de passion. 🌜Nuits blanches, stratégie nutritionnelle affinée et défis logistiques rythment cette aventure, sous l’œil bienveillant de sa communauté.

🛣️ Sa préparation pour l’épreuve de 1000 km, alliant rigueur et écoute de soi, reflète l’essence même de l’ultra-cyclisme : une famille soudée par la passion et l’entraide. Son parcours, jalonné de défis et d’apprentissages, est un hymne à la persévérance.

🚴‍♀️ Noélie et Elsa, s’apprêtant à écrire une nouvelle page de l’histoire avec la RAF 2500 km, incarnent l’ambition et la solidarité féminine dans le monde de l’ultra-endurance.

🌟 L’aventure de Noélie transcende le sport, célébrant chaque instant de courage, de résilience et de complicité. Son histoire nous invite à embrasser nos passions, à repousser nos limites et à tisser des liens indéfectibles, une pédale après l’autre.

#UltraCyclisme 🚵‍♀️ #Triathlon 🏊‍♂️ #RaceAcrossFrance 🇫🇷 #Endurance 💪 #NutritionSportive 🍏 #PréparationPhysique 🏋️‍♀️ #ChallengePersonnel 🎯 #RAF1000 🚴‍♀️ #EspritDeCommunauté 👫 #MotivationSportive 🌟

Pour suivre notre invitée : https://www.instagram.com/noeliealexandre / https://www.linkedin.com/in/no%C3%ABlie-alexandre-6aa64385

Dans cet épisode, vous apprendrez :

1. 00:53.98 : Présentation de Noélie Alexandre, ultra-cycliste

2. 01:03.70 : Parcours sportif de Noélie, du tennis au triathlon et à l’ultra-cyclisme

3. 04:43.74 : Influence du conjoint sur le choix de l’ultra-cyclisme

4. 06:24.46 : Les débuts de Noélie dans le vélo et son évolution

5. 11:57.26 : Premier triathlon et expérience de la compétition

6. 18:00.80 : La persévérance et le défi personnel

7. 24:50.30 : Expérience de l’ultra-distance et préparation à la Race Across France

8. 39:50.27 : Stratégie et préparation nutritionnelle

9. 42:02.03 : Gestion du sommeil et aspect logistique

10. 46:16.81 : Expérience et apprentissage des différentes courses

11. 57:05.55 : Objectifs futurs et préparation pour la RAF 2500 km en duo

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Ce podcast, animé par Ermanno DI MICELI vous accompagne dans votre démarche pour Devenir Triathlète !


Ermanno : Juste avant d’appuyer sur le bouton de ta montre et de démarrer ton entraînement avec un superbe podcast dans les oreilles, eh bien je t’invite à aller faire un tour sur devenire-athlète.com slash livre. Tu vas pouvoir découvrir le livre Devenir Triathlète que l’on a rédigé à 7 mains sous la direction d’Olivier De Schutter et dans lequel on t’explique comment devenir Triathlète, comment progresser en triathlon et enfin comment performer en triathlon. Allez, on arrête de parler, c’est parti ! Salut les sportifs, c’est Armando et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Aujourd’hui, on va plutôt parler avec non pas une triathlète mais une cycliste, une ultra-cycliste qui a déjà à son actif au moins une course longue dont on a reçu le fondateur sur ce podcast. Je pense que vous avez bien compris, vous qui êtes des auditrices et des auditeurs attentifs du podcast, on va parler de celle qui a bouclé la Race Across France organisée par Arnaud Manzanini. Je suis très heureux de tendre le micro à Noélie Alexandre. Salut Noélie !

Noëlie : Salut, comment ça va ?

Ermanno : Bien et toi ?

Noëlie : Oui, ça va super. Comme toujours.

Ermanno : Pas trop stressée ?

Noëlie : Non, pas du tout.

Ermanno : Je te sentais un peu tendue quand j’essayais de faire une présentation de toi.

Noëlie : Non, non, non, pas du tout, à aucun moment je ne suis stressée. Du coup, je me présente peut-être. J’allais te tendre le micro, tu vois, j’allais te dire, c’est la première question que je pose à tous mes invités, c’est dis-nous tout, qui est Noélie Alexandre ? Alors, Noélie Alexandre, c’est une sportive depuis toute petite. Donc, j’ai commencé à 4 ans et demi. Je faisais tennis avec mon papa et mes sœurs. Après ça, j’ai fait pas mal de badminton. Donc, j’ai atteint quand même un niveau national en badminton. Je suis de la région bordelaise et j’ai commencé le triathlon en 2019. Et pour mes premières compètes, je n’ai pas pu faire de course parce qu’on était en plein Covid.

Ermanno : Je ne vois pas de quoi tu parles.

Noëlie : Ma première course, c’était en septembre 2020. J’ai commencé le triathlon par un L, que j’ai bouclé en 6 heures. Voilà, donc ma première course, c’était un half. Et après ça, j’ai eu un bébé, donc j’ai gardé que le vélo. D’où maintenant le profil plutôt cycliste, plus que triathlète.

Ermanno : Et pourquoi le bébé a fait que tu as gardé que le vélo ? Tu aurais pu garder que la course à pied ou que la natation ? Parce qu’en plus, le vélo, c’est quand même le plus chronophage des trois, non ?

Noëlie : Oui. Parfait. Mais je n’aime pas trop nager. Je pense que c’est pour beaucoup de triathlètes. Mais je n’aime pas trop nager parce que j’ai commencé tard et que j’ai très peu expérimenté aussi. On ne va pas se mentir, vu qu’il y avait le Covid, j’ai fait 6-7 mois de natation en tout dans ma vie. Et je n’ai gardé que le vélo parce que c’est beaucoup moins traumatisant. Donc s’il y a des nanas qui écoutent le podcast, elles comprendront. J’espère que les hommes comprennent aussi. Mais la course à pied, c’est un peu plus traumatisant pour le corps et la reprise après une grossesse. Et notamment un accouchement assez difficile. Donc voilà, j’ai gardé que le vélo parce que ça permet de s’évader. Moi, ça m’a permis de reprendre le sport très, très vite après la grossesse. Parce qu’il n’y avait pas vraiment de contre-indications, étant donné que c’était un sport qui est porté. Donc, aucun risque de blessure. Et puis, c’est bon pour la santé. Donc, on peut rouler tous les jours et honnêtement, ça fait du bien, quoi. Et j’ai continué de rouler quand j’étais enceinte. Par rapport à la course à pied, c’était beaucoup moins traumatisant aussi. Et parce que mon conjoint préparait la Racecross France 2500 kilomètres pendant ma grossesse. Donc voilà, j’ai continué de rouler avec lui. Et j’ai pris plaisir. J’ai pris plaisir à rouler longtemps et avec des gens. Donc voilà, c’est aussi pour ça que je me suis orientée vers l’ultra-distance. Donc, il m’a un peu mise en appétit, on va dire, sur les longues distances avec ses traffes. Et je me suis dit, mais moi aussi, je veux faire ça, en fait. Après bébé, la vie ne s’arrête pas. C’est pas parce qu’on a un enfant qu’on doit tout arrêter ou réduire son… …nombre d’heures d’entraînement ou de sport. Voilà, moi, j’ai continué en toute tranquillité. On a juste eu besoin de beaucoup s’organiser avec mon conjoint. Puisqu’il a continué aussi. Mais voilà, c’était un commun accord.

Ermanno : Je comprends mieux maintenant. En fait, on pourrait dire qu’il t’a mis le pied à l’étrier, mais plutôt le pied sur la pédale. Les deux pieds sur la pédale. Du coup, je comprends bien mieux pourquoi tu as opté plutôt pour le vélo que pour les deux autres sports du triathlon. Ton conjoint était… Donc, déjà cycliste. Parce que s’il préparait la RAF 2005, il devait quand même faire un peu de vélo avant, non ?

Noëlie : Non, pas du tout. C’est du jour au lendemain, comme ça, il s’est dit, allez hop, la RAF. En fait, on s’est rencontrés au badminton. Et il a eu une grosse blessure au niveau du dos. Donc, il s’est fait opérer deux fois du dos d’une hernie lombaire. Et après ça, il a dit, je veux faire un sport un peu moins traumatisant pour le dos. Donc, comme le badminton, c’est… C’est très asymétrique. Il s’est dit, je vais commencer un nouveau sport. J’ai des collègues qui font du triathlon. Ils me lancent au défi de faire mon premier Ironman dans neuf mois. Donc, il s’est lancé à Nice en 2018. Et moi, donc, j’ai continué le badminton. Mais je me suis dit, en fait, le vélo, ça peut être un bon moyen de faire du fond pour gagner en endurance sur les terrains. Et donc, je me suis acheté un vélo de route. Et je l’ai accompagné dans ses entraînements pour l’Ironman de Nice. Et voilà comment j’en suis arrivée à rouler. Donc, au bout de même pas deux mois de vélo, je faisais déjà 100 kilomètres. Bon, j’ai galéré. J’étais en gros sipo, mais c’est pas… J’avais aucune notion de la gestion de l’alimentation à cette époque-là. Et je pense que c’est le nerf de la guerre, on va dire, l’alimentation.

Ermanno : T’as raison. Et ce qui est intéressant… Justement, c’est que tu nous dis, t’as essayé. T’as pas forcément eu la bonne attitude ou les bons réflexes, parce que tu connaissais pas. Et puis, t’as appris. T’as appris… Alors, on dit souvent que c’est en tombant qu’on apprend à se relever. En tout cas, c’est ce que moi, je dis à mes enfants. Mais surtout, t’as appris en te prenant des sipos. T’as appris peut-être en te prenant des murs. Virtuels, parce qu’en vélo, se prendre des murs, ça fait mal. Et puis, je l’ai dit, t’as bouclé la raf. Donc, on voit où est-ce que ça t’a emmené. On va revenir un petit peu sur tout ça. Tu me feras penser en off de demander le numéro aussi de ton conjoint. Parce que moi, j’aime bien les histoires des gens qui se lancent dans le triathlon et puis commencent par un Ironman. C’est pas mal.

Noëlie : Avec plaisir.

Ermanno : Bon, mais en dehors de tout ça, il y a eu la grossesse. Mais il y a aussi une carrière professionnelle. T’es pas sportive professionnelle. T’es pas sportive de haut niveau, que ce soit en bad ou autre. T’étais pas destiné à faire des entraînements toute la journée, toute ta vie, pour pouvoir te mettre à faire du vélo. Enfin, à la base du triathlon, si le Covid était pas arrivé. Et puis après, du vélo. Mais tu nous racontes un petit peu comment tu trouves l’équilibre entre tout ça ?

Noëlie : Alors déjà, comme j’ai commencé le triathlon de zéro et que j’étais pas du tout une adepte de la course à pied ni du vélo, j’ai fait confiance à un entraîneur de suite pour éviter les blessures et commencer direct dans de bonnes conditions. Donc Loïc Lepoutre, que beaucoup de blancs connaissent sûrement en ultra distance et surtout en triathlon.

Ermanno : Noélie, Noélie, tu m’as dit que tu n’avais pas encore écouté le podcast. Ce n’est pas bien, ce n’est pas bien. Loïc est passé nous faire un petit coucou dans le podcast.

Noëlie : Je m’en doutais, il est partout celui-ci.

Ermanno : Peut-être parce qu’il est efficace en fait.

Noëlie : Ouais, c’est clair. Il est monstrueux. Et donc oui, j’ai de suite fait confiance à Loïc. Donc pour commencer le triathlon dans de bonnes conditions. Et en fait, c’est… Je l’ai… Clairement, je lui ai donné les clés pour m’entraîner. Enfin, je lui ai donné… Comment on peut dire ?

Ermanno : Carte blanche.

Noëlie : Je lui ai fait confiance. Ouais, je lui ai donné carte blanche et je lui ai fait entièrement confiance pour m’accompagner à progresser au quotidien. Et pour gérer au mieux mon activité pro et perso, c’est de l’organisation. Donc j’ai pris des jobs… en télétravail qui me permettaient d’avoir du temps libre et d’être plus facilement à la maison pour pouvoir partir m’entraîner entre midi et deux ou le soir puisque je n’avais pas de temps de trajet pour aller bosser. Donc ça, ça a été hyper efficace et c’est ce qui m’a permis de m’entraîner au mieux. Donc le télétravail, c’était la révolution après le Covid. Et moi, c’était pile poil dans la phase où j’avais besoin de m’entraîner un petit peu tous les jours. Et des fois, de doubler mes séances quand je faisais du triathlon.

Ermanno : Et du coup, Loïc, il t’a pris en charge que sur la partie vélo ou sur toute la partie triathlon ?

Noëlie : Tout le triathlon. OK. Quand j’ai commencé en septembre 2019 et on faisait des sorties en course à pied et en vélo ensemble et après, j’allais nager de mon côté avec un club de triathlon à part. Et voilà, après, c’est lui qui définissait mes entraînements de course à pied et de vélo qui a défini mes études. Il y a vraiment un suivi personnalisé et la gestion aussi de la charge d’entraînement qui était importante parce que comme je commençais de zéro, j’avais tout à apprendre et donc, il fallait définir un peu mes capacités de départ. Et donc, je n’avais pas envie d’être en surentraînement et risquer de me blesser. Donc, j’ai entièrement fait confiance à Loïc pour m’accompagner sur cette partie-là.

Ermanno : Je ne crois pas que tu nous aies dit pourquoi tu t’es lancé dans le triathlon. Pourquoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui a fait que du jour au lendemain, tu t’es dit, allez, je vais prendre une licence et puis, je vais commencer par elle ? Est-ce que c’était le défi de ton conjoint qui se préparait pour un Ironman et tu t’es dit, allez, je vais l’accompagner et puis, ça va être marrant ou c’était totalement autre chose ?

Noëlie : Mon conjoint, il a commencé à s’entraîner en 2017 pour préparer Nice en 2018. Et moi, à l’époque, j’avais 26 ou 27 ans. On va dire que j’avais de plus en plus peur de me blesser au badminton et je voyais que lui prenait plaisir à faire un nouveau sport et à se découvrir de nouvelles capacités. Et donc, je me suis mise au triathlon comme lui pour ressentir ces choses-là, de retrouver de la progression, de se dépasser.

Noëlie : Quand on n’est pas triathlète et qu’on dit qu’on pratique trois sports en une seule discipline, souvent, ça fait rêver les gens. Donc moi, quand mon conjoint m’a dit qu’il voulait préparer l’Ironman de Nice et en fait, je l’ai accompagné à Nice et quand j’ai vu les émotions que ça me procurait, je me suis dit, moi aussi, j’ai envie de vivre ça. Et encore mieux, si on arrive à partager ça ensemble, on va pouvoir aller courir ensemble, faire du vélo ensemble et limite se challenger un peu l’un avec l’autre. Mais voilà, c’était sympa de travailler avec lui. Et de partager ça à deux. Vu qu’en plus, ça prend du temps, donc autant le partager.

Ermanno : Ça me fait super plaisir que tu dises ça parce que tu vois, je t’avais amené sur le chemin du ton conjoint fait ça et peut-être que tu vas l’accompagner dans sa prépa, ça va être marrant. Et j’espérais que justement, on arrive sur le non-non. Mais en fait, je voyais qu’il prenait tellement son pied que moi aussi, j’avais envie de prendre mon pied. Puis tant qu’à faire, autant qu’on le prenne à deux. Et ça, ça me fait plaisir. C’est l’essence même de ce podcast-là. C’est inciter les gens qui ne s’y sont pas encore mis à devenir triathlètes. Et puis ceux qui y sont déjà, peut-être des fois de leur rappeler pourquoi est-ce qu’ils se sont mis au triathlon.

Noëlie : C’est ça.

Ermanno : Malgré tout, post-Covid, une première course. Donc un L, un Alpha Ironman. C’était où ?

Noëlie : C’était en Gironde, à Bordeaux. Enfin, à côté de Bordeaux. À Libourne. Donc le Frenchman de Libourne. Et bon, un beau parcours. C’était en septembre. Il faisait encore une chaleur pas possible. À cette époque-là. Donc la natation s’est hyper bien passée. Parce que, comme je disais, j’ai fait à peu près 6-7 mois d’entraînement natation. Après, il y a eu le Covid. Et toutes les piscines ont fermé. Donc j’avais réellement 6-7 mois d’entraînement. Et ce qui m’a beaucoup aidée dans ce triathlon-là, c’est qu’on nageait dans le lac des Dagués. Pour ceux qui connaissent. Et en fait, c’est un lac qui est aménagé pour l’aviron. Donc en fait, je n’avais qu’à suivre les lignes. Les lignes d’eau de l’aviron. Et en fait, je n’avais pas besoin de lever la tête pour regarder où j’allais. Et en plus, je bénéficiais de l’aspiration de ceux qui étaient devant moi. Parce que j’ai laissé partir quand même les gens au départ pour ne pas me prendre des coups et ne pas trop être perturbée par le départ. Et donc après, je n’avais plus qu’à suivre le mouvement. La ligne d’eau que je voyais clairement sous l’eau. Et donc voilà, on faisait une boucle. Une boucle. Sortie de l’eau, je gère bien, comme je peux, la transition. Et je pars en vélo. Donc il y avait 93 kilomètres exactement. Avec un peu plus de 600 des plus. Les boucles en 3 heures. J’étais trop contente. Ça fait une bonne moyenne. Oui, très gros vélo. Et donc c’est là aussi que je découvre ma capacité à rouler bien et vite.

Ermanno : Et longtemps.

Noëlie : Et longtemps, oui. Et puis… Et puis après, je pars en course à pied. Bon, il faisait 35-40 degrés en plein soleil. Il n’y avait pas d’ombre du tout le long du lac. Et du coup, je fais le semi en deux heures et quart. Donc grosse explosion. Mais je finis en six heures ce premier triathlon que j’ai préparé un peu à l’arrache sur l’été qui précède. Je dis à Loïc, bon, tu crois que je peux faire un triathlon au mois de septembre ? Je vois qu’il y a le Frenchman à Libourne. Est-ce que tu penses que c’est jouable ? Vu que je n’en ai pas fait de la saison, je n’ai pas fait de course et tout. Il me dit, oh, mais c’est bon, tu es largement prête. Et je dis, bon, je fais le M ou le L ? Il me dit, le L.

Noëlie : Il pousse à la performance.

Ermanno : Heureusement qu’il n’y avait pas le XL dans tes choix.

Noëlie : C’est clair. Non, non, non. En vrai, j’ai bien… J’ai bien géré le truc et c’est très bien passé. Donc, je pense qu’il faut juste avoir confiance en soi, faire confiance au coach aussi parce qu’il me connaissait maintenant au bout d’un an de coaching et il savait que j’en étais capable.

Ermanno : Wow. On va revenir un petit peu après sur peut-être cette relation et tout ça. Mais souvent, j’échange avec des gens qui font leur premier triathlon et qui me disent à un moment, surtout sur la course à pied, je me demande, mais qu’est-ce que je fous là ? Et tu arrives au niveau de la ligne, avant de passer le premier pied, tu te dis plus jamais. Et puis, entre le premier et le deuxième pied, tu es déjà en train d’imaginer la prochaine inscription que tu vas faire tellement en fait, tu te rends compte que tu as pris un pied énorme. Toi, est-ce que ça t’a fait ça ? Est-ce que tu t’es dit, une fois que tu as passé la ligne, bon, allez, le prochain, ce sera celui-ci ou celui-là ou au contraire, tu t’es dit, je ne sais pas ?

Noëlie : Oui, ça m’a donné goût. La compétition, à la course, au triple effort, vraiment en compétition. Mais je ne me suis jamais dit, même si j’en chiais, je ne me suis jamais dit, mais qu’est-ce que je fous là ? Ou pourquoi je fais ça ? En fait, je n’ai jamais remis en question ce pourquoi je faisais cette course ou pourquoi j’étais là. Parce qu’en fait, même si on est dans un moment difficile, donc moi, j’étais sur mon semi-marathon, en plein cagnard, à un moment donné, même au Ravito, il n’y avait plus d’eau. Donc, j’ai passé un tour sans eau. À Bordeaux, il y a du pinard.

Noëlie : Et malgré ça, en fait, je me suis dit, je n’ai quand même pas fait 1,9 km de natation et 93 km pour abandonner maintenant, déjà. Donc, en fait, quitte à être là, autant le finir. Et je n’ai jamais pensé à abandonner parce qu’en vrai, déjà, ce serait un manque de respect envers moi, un manque de respect envers mon entraîneur qui a donné beaucoup pour que j’en arrive à ce niveau-là. Et je me suis dit, attends, c’est mon premier L, je vais le finir. Même s’il fait un temps de merde, en vrai, ça me donne un temps de référence et ce ne sera que du plus pour l’améliorer plus tard. Donc, voilà, je ne suis pas du tout dans cette optique. Je suis de nature positive. Et en fait, même sur la 1 000 km de la RAF, même si j’étais… dans des moments difficiles, je blâmais et je me refuse de dire mais qu’est-ce que je fous là ? Et je sais que c’est fréquent, les gens qui se posent cette question.

Ermanno : Ça arrive, ça arrive. Mais tu vois, encore une fois, je suis super content de ton état d’esprit, de ton retour. Et puis, j’espère que ça va inspirer celles et ceux qui nous écoutent. Et puis, soit qu’ils ne se sont pas encore mis à leur tri, soit qu’ils sont à deux doigts de commencer leur premier triathlon, soit même qu’ils en ont déjà fait plein et puis qu’ils se disent, à un moment, qu’est-ce que je fous là ? Et en fait, non, tu ne peux pas penser qu’est-ce que je fous là. Déjà, tu y es parce que c’est toi qui l’as voulu. Rarement, on prend un départ avec quelqu’un qui te met un couteau sous la gorge ou qui te braque avant de partir. Et puis…

Noëlie : Et j’ai envie de dire, la performance n’est pas que dans le temps réalisé, mais c’est aussi la performance dans le fait de dépasser à un moment donné cet état d’esprit de vouloir arrêter. C’est se surpasser en se disant tant pis, je fais un temps de merde, c’est comme ça. C’est pas mon choix. C’est un jour où il y a eu telle ou telle condition qui m’ont fait aller puiser encore plus loin, mais ce n’est pas grave. En fait, j’apprends et je vais aller plus loin. Donc, c’est un step à passer. Et moi, tous ceux qui abandonnent, je trouve ça dommage parce que ça ne donne pas une mauvaise image du sport et de l’envie de faire, de se dépasser.

Ermanno : Après, il y en a qui abandonnent sur blessure. Ça, c’est autre chose. Mais c’est vrai que ceux qui abandonnent sur le fait de…

Noëlie : Non, mais une fracture du morceau. Une fracture du moral, ce n’est pas possible.

Ermanno : Elle est pas mal, cette expression. Une fracture du moral. Je la garderai. J’espère qu’il n’y a pas de copyright là-dessus.

Noëlie : Non, je ne sais pas.

Ermanno : Et malgré tout, tu as pris ton pied. Tu ne t’es jamais demandé ce que tu foutais là, mais tu n’as pas persévéré dans le triathlon.

Noëlie : Eh bien oui, parce que donc, septembre 2020, je fais mon premier L. Et là, on repart dans des entraînements hivernaux, tout ça, je continue le triathlon. Et puis là, janvier 2021, un bébé arrive. Enfin, un bébé arrive. Un bébé sonne à la porte. Un bébé s’installe. Il n’était pas encore arrivé. Il s’installe. Donc, la saison 2021 se retrouve compromise. Donc, c’était le bon moment pour faire autre chose, accueillir ce bébé. Et voilà, c’est une autre aventure d’ultra dictance qui s’est… qui s’est installée dans notre vie, quoi.

Ermanno : Je ne sais pas si tu as remarqué la similitude. Tu as dit que ton… Quand tu t’es mise au triathlon et ta première prépa, ça a duré neuf mois. Il y a un truc quand même. Neuf mois pour la prépa du premier tri. Juste après, tu continues l’entraînement. Puis hop, tu tombes enceinte. Et là, tu as encore neuf mois avec un petit polychinelle dans le tiroir.

Noëlie : ‘est ça. Et neuf mois après, je faisais ma première course de vrai ultra. Enfin, vrai. La RAV 300.

Ermanno : Oui. C’est une vraie… Vraie ultra, hein.

Noëlie : Oui.

Ermanno : Donc, toi, c’est des cycles de neuf mois. C’est des grossesses, quoi. Une grossesse pour le triathlon. C’est ça, c’est ça. Une grossesse pour le bébé. Et puis, une grossesse pour accoucher de ton… de ta nouvelle… de ton nouveau statut d’ultra cycliste. C’est ça. Et comment tu… Justement, une fois que tu es enceinte, une fois que tu sais que la saison 2021, elle va être compromise parce que tu veux accueillir dans les meilleures conditions ton bébé. À quel moment tu te dis, tiens, finalement, je ne vais peut-être pas refaire du tri, mais par contre, je vais faire du vélo et puis je vais me fixer cet objectif-là qui sera la RAV et après, le format à définir, quoi.

Noëlie : Yes. Comme je le disais plus tôt, donc, je tombe enceinte en janvier 2021 et Xavier préparait la RAV 2500 en juillet 2021. Et donc, je l’ai accompagnée dans sa prépa, je roulais avec lui, on partait faire des cinq heures de vélo, j’étais déjà à cinq mois de grossesse et on roulait ensemble pendant cinq heures. Donc, je l’ai accompagnée, en fait, dans sa préparation et surtout, pendant la course, je l’ai soutenue et en fait, c’était un peu aussi ma course parce que, je ne sais pas, on avait un truc vraiment particulier d’échange et de… Enfin, j’étais son soutien. Lui, il faisait du sport que moi, je ne pouvais pas faire non plus. Comme lui. Et il préparait surtout la course de sa vie, quoi. Enfin, 2500 kilomètres à travers la France, c’était l’expérience la plus dingue en termes de sport qu’il ait pu faire. Et donc, ça m’a donné aussi cette envie de faire du vélo longue distance et de me mettre à cet effort-là parce que quand il est revenu de cette course, il m’a raconté tout ce qu’il avait vécu, les gens qu’il a rencontrés, ce qui lui est arrivé, comment il a géré les galères, comment il a géré simplement ses besoins physiologiques. Et en fait, je me suis dit, mais c’est excellent, moi aussi, j’ai envie de faire ça. Et donc, aussitôt après avoir accouché, trois semaines après, les inscriptions pour la RAF sortaient et je m’étais dit, en fait, l’année prochaine, c’est mon tour. Je le ferai. Je ferai une RAF. Et donc, j’ai commencé par le plus petit format histoire de reprendre tranquille quand même. Mais donc, quand les inscriptions sont sorties, j’ai pris direct mon dossard parce que ça me donnait aussi l’objectif de revenir le plus vite possible et me remettre au sport le plus rapidement possible après la grossesse. Parce que tout au long de la grossesse, je m’étais dit, je fais attention, je continue de faire du sport, de m’entretenir parce que la grossesse, ce n’est pas une maladie. Et du coup, on peut continuer de courir, rouler, nager. Et donc, j’ai pris mon dossard pour la 300. Au final, c’était 370 kilomètres. Ce n’est pas rien quand même, 70 kilomètres en plus. C’est clair que si tu es sur 1000 bornes,

Ermanno : 70 de plus, ça fait un peu mal, mais bon, c’est minime. Sur 370, ça fait déjà presque un tiers de plus.

Noëlie : C’est ça. Avec 6005 de D+. Et donc, je me suis remise à l’entraînement. Mon fils avait trois mois. Et puis, quand je l’ai fait, il avait huit mois. Et voilà, je me suis lancée. Et j’avais envie de reprendre rapidement un rythme d’entraînement aussi, une discipline, de l’engagement, du dépassement de soi. Et j’avais aussi envie de me retrouver dans mon corps. En fait, mon corps ne m’avait pas appartenu pendant neuf mois. J’avais envie de retrouver mes capacités. Et puis voilà, ça m’a aussi obligée à me remettre en selle.

Ermanno : Oh, jolie, jolie, en selle, vélo, tout ça. Et là, quand tu reprends, quand tu as cette entre guillemets révélation, quand tu as cette envie de signer pour la RAF, tu rappelles Loïc pour lui demander de t’encadrer aussi ou tu vas chercher un autre entraîneur ?

Noëlie : Ah non, je reste avec Loïc. Déjà, Loïc, il est sur Bordeaux, moi aussi. Et du coup, on partage des entraînements le dimanche matin. Donc, on fait des sorties longues le dimanche matin. Et puis Loïc me connaissait déjà. On est totalement en phase sur nos vies respectives. Enfin, j’aime sa façon de vivre. Je sais qu’il m’accompagnerait du mieux possible. Quand je lui ai annoncé la grossesse, il était tellement content pour moi. Enfin, il m’a… Il m’a dit, je continue de te coacher. Enfin, c’est pas parce que tu es enceinte qu’on arrête les entraînements. Tu fais ce que tu peux, ce que tu veux. Mais en tout cas, je serai toujours là. Et en fait, quand je l’ai signé pour la RAF, je lui ai dit, bon, quand c’est qu’il faut que je reprenne les entraînements sérieusement pour ce 300 ? Et il m’a dit, fin janvier, c’est bien. Donc, remets-toi tranquille de ta naissance. Ça m’a permis de faire la rééducation du périnée et tout ça. Et en fait, j’ai repris l’entraînement fin janvier. Et tout s’est hyper bien passé. Donc, on a fait un genre de rétro planning avec tout ce que j’allais devoir faire. Et voilà, ça s’est hyper bien passé.

Ermanno : Loïc, épisode 321, ça fait presque tout juste un an qu’on l’a diffusé en janvier 2023. Et je vous invite à aller réécouter. Au-delà de tout ce que dit Noélie, vous sentirez bien effectivement que c’est un mec juste génial. Et passionné par son activité d’entraîneur. J’ai plus envie de dire presque d’accompagnateur que d’entraîneur.

Noëlie : En fait, il a un rôle assez global. Parce que comme il était kiné à la base, il a cette vision globale de l’anatomie et du risque. Donc, en fait, lui, tout ce qu’il cherche, c’est éviter le risque de blessure. J’espère, Loïc, que tu ne m’en voudras pas de dire ça parce que je ne sais pas si c’est réellement ça. Non, mais c’est ce qu’il disait. En vrai, je le savais que j’étais entre deux bonnes mains en reprenant après ma grossesse. Je savais qu’il jouait la progressivité. Donc, je n’allais pas revenir sur dix heures d’entraînement par semaine. On a commencé par… Enfin, je dis « on », j’ai commencé, mais il m’a prévu trois heures. Après, c’était quatre heures, cinq heures. Et au fur et à mesure, les heures augmentaient. Et en fait, j’avais une totale confiance en ses… en ses compétences.

Ermanno : Bon, alors, on ne va pas forcément revenir sur la 370, deux points, ouvrez les guillemets, post partum. Comme tu dis, c’est super bien trouvé. Je n’aurais peut-être pas osé. Mais je voulais revenir sur ce qui s’est passé après. Donc, tu boucles cette Race Across France de RAF, de petit nom, 370. Et puis, qu’est-ce qui se passe après ?

Noëlie : Après, je me dis mais waouh ! C’est génial. Je veux faire plus, en fait. Je veux faire plus. J’avais en tête ce que Gizav avait fait là, les 2500 kilomètres. Et je m’étais dit mais moi aussi, j’ai envie de réaliser ça. Mais peut-être pas direct après l’accouchement. Donc, j’y suis allée progressive. Donc, j’ai commencé par 300. Et après les 300, je me suis dit bah vas-y, let’s go. Je fais 500 ou peut-être 1000. Et donc, j’en parle avec Loïc. Et il me dit mais large, l’année prochaine, tu peux faire 1000. Enfin, c’est louable largement quoi. Donc, je continue de m’entraîner toute l’année même si j’avais plus d’objectifs jusqu’à un an après. Et en fait, je pose des objectifs petit à petit dans la saison. Donc, un 350 en mars. Donc, on parle de début 2023 pour préparer les 1000 en juin. Puis, 500 en mai, je crois. Avril. Non, avril. Et puis, voilà, des stages. Et puis, tout ça pour préparer les 1000 kilomètres. Mais en fait, j’avais envie d’allonger la distance. Et je ne sais pas, il y a un truc un peu particulier avec ceux qui dépassent 24 heures de vélo. Donc, Loïc m’avait dit le jour où tu dépasseras 24 heures de vélo sur une course ou 24 heures d’affilée, ton corps va changer. Tu vas apprendre un truc. C’est… Tu vas acquérir de nouvelles compétences. Et ton corps va se rappeler à chaque fois que tu vas vouloir faire une longue distance. Ton corps, il va se rappeler de l’effort précédent que tu as fait, même si ça fait un an que tu ne l’as pas fait. Il va se dire, ah ben ouais, c’est bon. Puis, je suis rodée. Je sais de quoi je parle. Et en fait, je ne voulais pas passer à 2500 en direct parce que je ne connaissais pas du tout mes capacités à déjà rouler de nuit, passer 24 heures sur un vélo. Enfin, c’est un autre effort, quoi. Donc, voilà, je voulais, dans la même démarche que Loïc, être progressive dans mon effort et dans mes distances.

Ermanno : Bon. Et donc là, Loïc te prépare. On l’aura bien compris. Admirablement bien. C’est marrant ce que tu dis sur le… Enfin, ce que lui, il dit et ce que tu rapportes sur le plus de 24 heures. Moi, cet été, j’ai traversé la France en courant. Donc, c’est un peu une rafle. Mais sur plusieurs jours, c’était beaucoup plus long qu’en vélo. Et je n’ai pas fait ce cycle de 24 heures parce que je m’arrêtais à chaque fois le midi pour manger et puis le soir pour dormir. Et je repartais le lendemain. Mais même si…

Noëlie : Alors oui, je dis 24 heures, mais c’est pédaler, manger, dormir et recontinuer au bout d’une journée. Enfin, c’est d’avoir vécu 24 heures sur le vélo et s’être arrêté et tout ça, faire ce que tu as fait en course à pied. Mais…

Ermanno : Mais ouais. Et je suis d’accord avec ce qu’il dit justement sur le fait que le corps se souvient. Là, plus de 8 mois après mon arrivée, j’ai un petit peu du mal à reprendre, à me remettre dans une activité régulière. Malgré tout, quand je me dis « Allez, aujourd’hui, je vais me faire une sortie de 25 bornes », au début, les 15 premiers, tu es en mode diesel, tu as un petit peu du mal. Mais après, le corps se souvient et ça revient. Et tu as l’impression effectivement que ça switche à un mode endurance. Au début, tu étais dans le dur, puis d’un seul coup, tiens, le flow est là, tu te sens bien, tu es bien, tu es exactement comme il faut, puis tu finis tout frais. Et donc ça, tu l’as connu pendant, j’imagine, la RAF 1000, mais aussi, peut-être un petit peu avant aussi, sur la préparation, sur les 500 bornes, par exemple. Parce que les 500 bornes, tu ne les as pas claquées dans la journée ?

Noëlie : Ben, j’ai mis 27 heures.

Ermanno : Donc, tu avais déjà dépassé ces 24.

Noëlie : Ouais, mais je n’ai pas dormi. En fait, sur ces 27 heures de course, je n’ai pas fait une nuit, je n’ai pas fait de vrais repas. J’ai été le plus vite possible. Mais sans vivre ce que pouvait être ce que j’appelle un vrai ultra. C’est vivre le quotidien sur un vélo, être en itinérance et passer une nuit dehors, dormir quelque part, repartir, déjeuner, manger, refaire une nuit dehors. C’est rentrer dans cette routine de vie sur le vélo. Et voilà, de devoir gérer tous ces besoins physiologiques, sommeil, nutrition, tout ça quoi.

Ermanno : Bon ben, venons-y justement à cette RAF 1000 km. Comment tu l’abordes au moment où tu es au départ ? Est-ce que tu es sereine ? Loïc est là et te dit allez, tranquille, ça va bien se passer, détends-toi. Ou au contraire, toi tu es flippée comme pas possible, comme juste avant la piqûre de Péridura, avant l’accouchement ?

Noëlie : Wow ! Euh… Euh…

Noëlie : Alors, habituellement, quand je rentre en compétition, je suis hyper stressée parce que j’ai peur de l’effort, j’ai peur de perdre. Et ça, je fais le parallèle avec le badminton. C’est aussi ce qui m’a fait arrêter le badminton. C’est que c’est un sport qui est ultra frustrant parce qu’on peut avoir un jour sans, alors qu’on s’est entraîné comme une ouf pendant des semaines. Et en fait, on arrive en compétition. Et je ne sais pas, on est fatigué, on n’a pas assez de concentration. Je n’ai jamais réussi à trouver réellement ce qui faisait qu’on faisait un non-match. Mais en tout cas, ce que j’ai trouvé d’hyper positif et ce que j’adore avec le vélo, c’est que quand j’arrive le jour de la course, j’ai zéro stress. Parce que je me suis entraînée comme il fallait. J’ai passé les étapes qu’il fallait pour préparer mon corps à cet effort. Et plusieurs semaines avant, on prépare un peu ce qu’on va mettre dans ses sacoches. Qu’est-ce qu’on va emmener ? Quelle stratégie nutrition on va avoir ? On connaît le parcours. En fait, il n’y a pas beaucoup de surprises quand on arrive sur un ultra. Et moi, c’est ça que j’aime. C’est qu’il n’y a plus qu’à rouler. Et en fait, c’est que du plaisir. La vraie difficulté, c’est à l’entraînement. Je ne sais pas s’il y a d’autres gens qui ressentent ça. Mais une fois que tu sais que tu as bien bossé à l’entraînement, tu sais que la course va être facile. Et donc moi, j’ai zéro stress la veille du départ. Le jour du départ, je n’ai pas de stress parce que j’ai tout ce qu’il faut dans mes sacoches. J’ai tout préparé. Mon corps est prêt parce que je me suis entraînée pendant des mois. Et mis à part des gros problèmes de digestion ou d’insolation, il ne peut rien m’arriver d’autre en fait. Donc, je suis hyper sereine. Et pour répondre à ta question, Loïc s’est lancé plusieurs jours avant sur la 2500. Donc, il n’était pas avec moi au départ. Mais par contre, je sais qu’il avait confiance en moi. Je sais qu’il savait que j’allais réussir ces 1000 kilomètres. Donc, je n’avais pas besoin de plus d’encouragement que ça.

Ermanno : Et ton conjoint était là pour faire l’assistance ou tu avais une autre team ?

Noëlie : Pas du tout. Il était aussi sur la 2500.

Ermanno : D’accord.

Noëlie : Il était parti quelques jours avant sur la 2500.

Ermanno : Donc, tout le monde est sur la RAF, toi sur la 1000. Loïc et ton conjoint sur la 2005. On peut rentrer un petit peu plus deep dans cette Race Across France 1000 kilomètres. Tu l’as dit, tu as tout préparé avant. La stratégie nutritionnelle, la stratégie vitesse, puissance, machin, etc. La stratégie peut-être sommeil aussi parce qu’une RAF 1000, tu vas nous le dire, mais ça ne se fait pas en une journée. Il faut quelques temps, quelques jours. Par quels conseils tu commencerais si quelqu’un s’engageait là-dessus ?

Noëlie : Wow, question super compliquée. Ça dépend de chacun. Ça dépend un peu du bagage qu’on a d’avant. Si on commence tout juste le vélo ou pas.

Ermanno : Non, mais allez, je vais préciser un peu. Disons que pour cette Race Across France, toi, quelle a été la stratégie nutritionnelle ? Allez, on commence par ça.

Noëlie : Alors du coup, moi, j’ai testé pendant plusieurs mois plusieurs types de barres et de ravitaux, des compotes. Moi, j’ai adoré les compotes parce que c’est facile à digérer et ça peut s’emmener partout. Il n’y a pas trop de risques sanitaires avec les compotes. Et puis après, je me suis rapprochée d’une avion. C’est un ami qui fait de la stratégie nutrition. Et j’ai découvert une marque qui m’a bien bluffée parce qu’elle apporte pas mal de vitamines et de minéraux. Et comme on va beaucoup taper dans nos ressources, moi, ça m’a beaucoup aidée pour ne pas avoir de fringales et de coups de barre. Donc voilà, j’ai étudié ça. J’ai testé parce que tout dépend de chacun aussi. Il y a des choses qui marchent pour certains, qui ne marchent pas pour d’autres. Et donc, le tout, c’est de tester à l’entraînement plusieurs choses. Donc, à la fois des choses salées, des choses sucrées.

Noëlie : Je me rappelle, ça me fait rire parce que c’était ma première expérience. Mais sur mon premier 300 de 2023. 2022 ? Non, 2023. Enfin, 350 plus.

Ermanno : Ah oui, enfin, sur la prépa, pas sur la RAF.

Noëlie : Ouais, sur la prépa de la 1000. Je fais la gravelman dans le Morbihan avec trois autres… Juste à côté de Bordeaux.

Noëlie : Non, mais par contre, c’était à peu près le même temps, tu vois. On était bien dans les mêmes conditions qu’à l’entraînement. Donc, grosse pluie, des orages, beaucoup, beaucoup de vent. Et au bout de 150 kilomètres, on s’arrête. J’étais avec donc trois gars. Et j’ai suivi sur 150 kilomètres. Et puis, au bout d’un moment, on n’a pas les mêmes besoins physiologiques. Moi, il fallait que je mange quoi. Il fallait que je mange le salé. Donc, on s’arrête dans une boulangerie. Et là, je prends un sandwich jambon-beurre. Eh bien, il m’a fallu 50 kilomètres pour revenir de mon hypo-réactive. Donc, plus jamais de jambon… Enfin, plus jamais de sandwich trop… Trop glucidique. Enfin, trop…

Ermanno : Marc, c’est impressionnant parce que ce n’est pas la première chose qui vient en tête quand on parle d’hypo-réactionnel. On pourrait se dire, tu as pris du miel, tu as pris une compote ultra chargée, tu as pris, je ne sais pas, une pâte de fruits. Non, toi, c’est juste, entre guillemets, un sandwich jambon-beurre.

Noëlie : Le pain blanc, en fait. Le pain blanc, ça m’a tué. Donc, maintenant, voilà, j’essaye de prendre des glucides en continu. Donc, sur le vélo. Ça, c’est hyper important pour ceux qui se préparent à un long effort, qui ne se connaissent pas trop. Pour éviter les fringales et les pics d’hypoglycémie réactive, il vaut mieux manger en continu sur le vélo et manger des choses… Alors, moi, je suis pour les glucides pendant l’effort. Je sais qu’il y en a qui prennent le régime cétogène, mais il y a pas mal d’avis différents. Tu l’as dit, tout le monde est différent. Donc, il faut tester.

Ermanno : Et ça, on le rappelle aussi dans le bouquin « Devenir triathlète », on ne teste rien en compétition. À l’entraînement, on fait tout ce qu’on veut, mais pas en compète. Donc, vous partez pas surtout sur une RAF, qu’elle soit 370, 1000 ou 2005, en vous disant « Tiens, aujourd’hui, je vais tester un nouveau gel, une nouvelle barre ou un sandwich jambon-beurre. »

Noëlie : On peut avoir des surprises, des problèmes de digestion. Et surtout, ce qu’il ne faut pas négliger, c’est l’hydratation. Parce que, mis à part… l’alimentation et le fait d’avoir de l’énergie, il faut quand même compenser les pertes hydriques. Et donc, c’est hyper important de boire en continu. Donc ça, je l’ai appris depuis que j’ai commencé le triathlon. Mais c’est encore plus vrai en hiver. On ne pense pas trop à boire, mais en hiver, c’est hyper important parce que le corps, pour contrecarrer le froid, il a besoin de puiser encore plus dans les ressources. Et donc, il va produire aussi… Il va consommer beaucoup plus d’eau qu’en été.

Ermanno : Et c’est encore plus vrai en hiver, quand il pleut. Et même en hiver, quand il pleut et quand on nage. Ce n’est pas parce qu’on est en plein milieu de la flotte et qu’on en prend plein sur la tronche qu’il ne faut pas s’hydrater. Au contraire.

Noëlie : C’est ça.

Ermanno : Donc ça, c’était sur la partie nutritionnelle. On a compris. Tu as étudié ça. Tu as analysé ça. Tu as testé ça. Tu as validé Test & Learn. Ça rejoint peut-être aussi ton job.

Ermanno : Designer, PO, etc. Bref, ça, c’est un autre sujet. On invitera les auditrices et les auditeurs à aller regarder ton compte LinkedIn. Mais Test & Learn, Valider, ça, c’est sur le nutritionnel. Tu nous as parlé de BAR, d’ailleurs. Tu peux citer les marques. Donc, si tu veux rendre hommage aussi bien à ta copine qui fait des conseils nutritionnels ou même à la marque qui t’a bluffé, n’hésite pas.

Noëlie : Yes. Ou alors, je conseille les gens de venir directement m’en parler s’ils sont intéressés.

Ermanno : Aussi, si tu es ouverte à la discussion, avec plaisir. Yes. Oui, avec plaisir. Donc ça, c’est sur la partie nutritionnelle. Sur la gestion du sommeil, justement, parce qu’on ne l’a pas dit, mais ta RAF 1000 km, ça t’a pris combien de temps déjà ?

Noëlie : Alors, mon temps officiel, c’est 3 jours et 17 heures. Mais il s’est écoulé quasiment 5 jours, enfin 4 jours et demi, quoi.

Noëlie : On a été stoppé en pleine course pour des orages. Donc, on a pris 12 heures de stop parce que la course était neutralisée à cause des orages. Mais c’est du temps qui a été déduit de notre temps final. Et donc, 3 jours et 17 heures, j’ai fait donc 3 nuits de 3 heures.

Ermanno : Ce n’est pas des nuits, c’est des siestes.

Noëlie : Oui, c’est des siestes. On peut dire ça comme ça. Mais j’ai essayé de respecter mon rythme physiologique. Je dormais quand il faisait nuit, en fait. Je n’ai pas réussi, moi, à dormir la journée. De toute façon, je n’avais pas sommeil parce que je pense que je m’alimentais bien et j’étais arrivée pour la course bien reposée. Je pense que les mois qui précèdent, il faut quand même avoir emmagasiné beaucoup de sommeil pour éviter d’avoir trop tiré sur la corde pour la course, quoi. Et je ne pense pas qu’il faille s’entraîner à peu dormir. Justement, c’est une hérésie, je pense, de mettre son corps à l’épreuve en se disant je vais m’entraîner en dormant peu ou alors en dormant que 3 heures. En fait, non. J’ai appris ça aussi pendant la grossesse en me disant c’est pas grave si je dors peu. De toute façon, je vais avoir un rythme décalé avec mon bébé qui va pleurer tout le temps. En fait, il se trouve que mon bébé fait de suite ses nuits. Donc, j’ai eu une chance folle. C’est qu’il faisait 12 heures d’affilée quasiment de sommeil avec quelques réveils pour téter. Mais voilà, c’est tout. Et donc, au final, je n’ai pas été en déficit de sommeil avant l’épreuve. Donc, voilà, je conseille à toutes les personnes de bien bien se reposer, faire le plein d’énergie, bien manger, bien dormir. C’est hyper important. Et donc, les nuits se sont passées. Moi, j’avais prévu. J’avais prévu de dormir à la belle étoile parce que je n’avais pas forcément les moyens de me payer des chambres d’hôtel à 70 euros la nuit pour y dormir que 2-3 heures. Et j’ai eu la chance sur la route de croiser à chaque fois quelqu’un avec qui partager une nuit d’hôtel ou une maison qu’on a pu louer à plusieurs. Et en fait, ça s’est fait comme ça sur la route. Je n’avais jamais prévu à l’avance où j’allais dormir. Mais j’avais quand même un petit matelas et un bivi sur moi pour pouvoir me poser en cas d’urgence. Si, par exemple, en pleine descente, je sentais que je piquais du nez, j’avais de quoi me poser à tout moment. Parce que quand j’ai fait mes premiers 300 kilomètres de la RAF, on doit faire les 300 en moins de 24 heures. Donc, pas le choix. Moi, je n’avais vraiment pas le temps de dormir vu l’allure à laquelle je roulais. Et donc, sur les coups de 5 heures du mat, j’étais en pleine descente sur les derniers cols avant d’arriver sur Mandelieu. Et là, en fait, j’étais vraiment très fatiguée. Ça faisait 19 heures ou 20 heures que je roulais et je me voyais m’endormir en pleine descente. Donc, en fait, je me suis arrêtée. J’ai posé mon vélo. J’étais sur des graviers. En fait, je n’ai pas eu d’autre choix que de m’arrêter à cet endroit-là. C’était le seul endroit où il y avait… de quoi se poser. Et je me suis allongée 5-10 minutes. Mais j’étais tellement mal installée que j’ai un peu regretté de m’être posée parce qu’au final, ça ne m’a pas servi à grand-chose. Par contre, le fait de s’arrêter, de couper sa vue avec la route, quand je suis remontée sur le vélo, ça m’a fait un genre de reboutage. Et je suis repartie jusqu’à atteindre une boulangerie qui serait ouverte. Et j’ai pris un café. Et après, j’ai pu finir. Sur les coups de 7 heures du mat, je suis arrivée à Montdelieu. Mais voilà. Donc, pour la 1000 km, j’avais prévu mon matelas au cas où je sois obligée de m’arrêter de toute urgence parce que je m’endormais sur la route.

Ermanno : Tu n’as pas fait une périne phage. C’est vrai que je disais qu’on n’avait jamais reçu d’ultra cycliste féminine parce qu’en fait, périne, tu ne la classes pas dans l’ultra cycliste. Tu la classes dans l’ultra tour, en fait. Et c’est vrai qu’elle nous racontait que… Je ne sais plus sur quelle course c’était. Je me demande si ce n’était pas une rafle, justement. Elle était juste tombée du vélo. Elle roulait tellement lentement qu’à un moment, son corps s’est éteint. Il s’est mis en pause. Et puis, elle est tombée avec le vélo et elle a dormi sur le bord de la route pendant quelques minutes. Mais non, tu ne nous as pas fait une périne phage.

Noëlie : Non, non, non.

Noëlie : En vrai, peut-être qu’il y a ça aussi de différent entre nous deux. C’est que moi, j’avais un bébé qui m’attendait à la maison. Donc, je ne vais plus pas me permettre de prendre ce risque-là.

Ermanno : Ça marche. Donc, on a fait la stratégie nutritionnelle. On a fait la stratégie stop slash bivouac slash logistique. En parlant de logistique, d’ailleurs, tu es partie avec quoi ? Avec toi. Donc, tu nous as dit un petit matelas et un bivy. Ça, c’est pour dormir. Mais en termes de matos, de réparation, tu as pris des chambres. Alors, est-ce que c’était des chambres ou est-ce que c’était des boyaux ? Tu as pris du matos pour réparer ou tu t’es dit, je trouverai bien sur la route. Tu as pris une roue de secours. Tu es partie comment ?

Noëlie : Oui, oui, bien sûr. J’avais la caravane entière avec moi. Ça marche. Non. Comme on traversait quasiment tous les Pyrénées, tous les Alpes, toutes les Alpes. C’est juste à côté. C’est pareil. Non, mais par contre, moi, je vais souvent dans les Pyrénées. Donc, c’est pour ça que je fais l’amalgame. Non, en fait, on est obligé d’avoir tout sur nous pour pouvoir réparer et être autonome parce qu’effectivement, quand on est en pleine montagne, on ne trouve pas un magasin de vélo aussi facilement. Et encore, je ne suis même pas sûre d’en avoir croisé un sur 1000 kilomètres. Ou alors, je n’ai pas fait attention.

Ermanno : Je pense que c’est parce que tu n’as pas fait attention parce qu’en réalité, je suis sûr qu’il y a plus de petits magasins en campagne, de petits magasins de vélo en campagne qu’on peut en avoir dans les grandes villes.

Noëlie : Peut-être. Mais j’avais trop la tête dans le guidon. C’est ça. Je ne peux pas te le dire.

Noëlie : Et du coup, de quoi changer ? Donc, j’avais deux ou trois chambres à air. J’avais un dérive chaîne avec une attache rapide de chute. Au cas où je pétais un maillon.

Noëlie : J’avais forcément une pompe, des cartouches pour regonfler mes pneus, des rustines. En fait, il y a un pack, il y a un kit un peu obligatoire à avoir avec nous qui fait partie des choses qui sont vérifiées avant le départ de la course. Et donc, il faut absolument les avoir. Et si on ne les a pas, on peut se faire contrôler pendant la course sur les bases de vie ou même. Et si on ne les a pas, on peut prendre des points de pénalité parce que c’est des choses qui sont hyper importantes. J’avais deux couvertures de survie. Ça fait partie aussi des choses obligatoires pour la RAF. J’avais quoi ? Une réserve de nourriture. J’avais deux bidons de 900 millilitres. J’avais quoi ? Des couverts. Des couverts. Des couverts qui ne prenaient pas beaucoup de place et qui étaient assez légers. J’avais des vêtements chauds pour s’il pleuvait ou s’il faisait très froid en haut d’école et surtout pour descendre. Des vêtements imperméables, donc toujours pareil en cas de pluie et pour les descentes.

Noëlie : Et je n’avais pas de fringues de rechange parce qu’on part à l’aventure. Tout ce qu’on prend avec nous, on doit le porter. Ça fait du poids en plus pour grimper l’école. Je n’avais pas fait ce choix-là. Je m’étais dit que je me changerais sur les bases de vie, ce que j’ai fait. Je suis partie avec un seul cuissard sur moi, un seul maillot, une seule brassière, une paire de chaussettes et basta. D’ailleurs, quand j’allais à l’hôtel, que je partageais des maisons avec d’autres coureurs, je n’avais pas de fringues de rechange. Note à moi-même, prendre au moins une petite culotte pour la nuit.

Ermanno : Comme ça, tu lâches un petit peu le cuissard quelques instants.

Noëlie : C’est clair.

Ermanno : Nuit, la sieste. Je me rappelle, tu as fait trois siestes de trois heures sur tes trois jours. Écoute, génial. Et puis… On a fait le tour un petit peu. L’alimentation, le sommeil, la logistique, la préparation.

Noëlie : Un truc hyper important, c’est la gestion des éclairages et des équipements électroniques.

Ermanno : Oui, parce qu’on n’en parle pas. On vit tous avec une extension au bout de notre main qui s’appelle un téléphone portable. Mais quand on part faire trois jours de vélo et qu’on n’a pas le temps de s’arrêter pour recharger le téléphone, comment ça se passe ? T’as une dynamo ?

Noëlie : Non, moi, je n’ai pas de dynamo parce que, honnêtement, je n’avais pas les moyens de faire équiper une roue avec une dynamo. Donc, j’ai acheté une batterie externe avec une grosse capacité de recharge. Et j’avais deux lampes avant, deux lampes arrière, si ce n’est pas trois. Parce que chez Decat, ils font des toutes petites lampes et ça ne pèse pas grand-chose. Donc, je m’étais dit, en cas vraiment d’extrême nécessité, j’ai au moins ça en plus pour m’éclairer à l’arrière. Donc, j’avais pris, moi, une frontale à piles avec des piles de rechange. Je m’étais dit, à n’importe quel moment, je peux me racheter des piles dans un bureau de tabac, ça ne pèse que dalle. Et j’aurais toujours une double paire de piles sur moi. Et pas besoin de recharger ça en plus parce qu’aussi, il faut avoir assez de chargeurs pour recharger tous ces équipements en même temps. Quand on arrive, c’est ça. On arrive à un endroit. Et des fois, si on arrive sur des bases de vie, on n’a pas beaucoup de place disponible pour charger ses équipements parce que tout le monde vient recharger plusieurs équipements. Donc, ce que je conseille grandement, c’est d’avoir une multiprise avec soi. Tu sais, les petits boîtiers avec au moins trois prises disponibles. C’est ça. Et comme ça, on peut recharger trois équipements en même temps avec une seule prise. Donc, ça, c’est quelque chose que j’avais sur moi aussi et qui m’a sauvé la vie par moments. Voilà, des chargeurs rapides parce qu’on ne peut pas passer cinq heures à recharger ses équipements. En fait, moi, quand je m’arrêtais trois heures, il fallait que tout soit rechargé à bloc. Donc, il faut des chargeurs ultra rapides. Le téléphone, moi, pour économiser la batterie, je coupais les données cellulaires. Et je les allumais quand j’avais un petit coup de mou ou quoi et que j’avais envie de recevoir des nouvelles de ma famille ou que j’avais besoin de passer un appel. Mais honnêtement, on n’a pas vraiment besoin du téléphone. Donc, si ça ne tenait qu’à moi, je prendrais basiquement un Nokia 3310. Et puis, juste pour passer des appels en cas d’urgence.

Ermanno : Puis, une petite partie de snack aussi de temps en temps quand tu t’embêtes. Tu mets ça sur le prolongateur et puis… C’est clair.

Noëlie : Voilà. Donc après, il faut charger le GPS.

Noëlie : Le GPS, les lumières avant, les lumières arrière, la frontale, le téléphone.

Noëlie : Qu’est-ce qu’il y avait d’autre ?

Ermanno : Je pense que c’est déjà pas mal. La montre éventuellement, si tu as la montre en plus. Tu parles du GPS parce que finalement, sur la RAF 1000, on vous donne la trace GPX. Et puis, vous vous débrouillez, vous suivez un tracker. Comment ça se passe ?

Noëlie : On nous donne la trace GPS.

Noëlie : En général, sur les 1000, en gros, ils ont découpé en trois traces différentes pour ne pas que ça pèse trop lourd et que ça puisse se charger facilement. Donc voilà, trois traces. Pour les 2500, je crois qu’il y avait cinq ou six tronçons qui étaient donnés. Et en fait, on n’a plus qu’à suivre le GPS. Et avec nous, on a une balise qui permet de remonter en temps réel nos données GPS et savoir exactement où on est sur le parcours. Ce qui évite aussi la triche puisqu’au PC Sécurité, ils traquent tout ça. S’il y en a qui coupent le parcours ou qui se trompent de route parce qu’il y en a qui peuvent se tromper de route. Et donc, ils nous appellent si jamais on s’éloigne trop de la trace. Ils peuvent nous appeler en nous disant qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu sors de la trace ? Qu’est-ce qui se passe ? Pour te faire revenir sur la trace. Donc ça, c’est plutôt cool aussi et pour des raisons de sécurité aussi.

Ermanno : Bien sûr, parce que tu es obligé de suivre la trace. Je sais que j’avais eu à ce micro Xavier Massard, par exemple, qui avait fait la Transam. Il te donne en gros les checkpoints, le point de départ, point d’arrivée, des checkpoints au milieu. Puis après, tu organises ton parcours comme tu veux. Si tu veux prendre les montagnes, les rocheuses ou si tu veux prendre la ligne droite, Non. Là, tu as une trace. Tu es obligé de la suivre.

Noëlie : Là, c’est vraiment défini précisément. Et ce qui est hyper bien, c’est que les 2500 kilomètres passent sur la même trace que le 1000, le 500 et le 300. Du coup, on arrive toujours à croiser quelqu’un qui est sur la Race Cross France, quel que soit le parcours, enfin, quelle que soit la distance. Et donc, c’est ça qui est chouette. C’est que nous, quand on a fait les 1000 kilomètres et qu’on se retrouvait avec des gars qui faisaient 2500 ou des nanas parce qu’on en a croisé deux qui ont fini cette course, c’est chouette de faire un petit bout de route avec, de partager ce moment-là, cet échange, de s’intéresser à leur parcours et savoir si ça va en fait. Parce qu’on doit être là les uns pour les autres aussi. Si on a deux couvertures de survie, c’est aussi pour porter secours à quelqu’un qui peut tomber ou à qui peut arriver quelque chose. Et donc, c’est toujours être vigilant à l’autre et c’est cet esprit, cet état d’esprit que j’aime bien. C’est la course, mais on doit quand même être les uns avec les autres et penser pour les autres. Donc, c’est ça qui est chouette. En tout cas, c’est l’état d’esprit que j’aime bien.

Ermanno : Je ne peux que valider. Plus c’est long et plus il y a d’entraide.

Ermanno : Tu disais, là, il y a 30 secondes, vous avez croisé des filles qui ont passé des 1000 kilomètres, qui étaient sur le 2005. Donc, toi, tu as fait 370, 1000. Pendant la prépa du 1000, 350, 500, 1000. Et c’est quoi la next step ?

Noëlie : C’est le 2500 kilomètres en duo avec Elsa Lagache, la meilleure partenaire au monde que j’ai rencontrée justement sur les 1000 kilomètres. Et donc, on se lance sur cette Race Across France. La distance reine de cette Race Across France, toutes les deux. Et donc, on va représenter le premier duo féminin de la RAF. Donc, c’est la première fois dans toute l’histoire de la RAF qu’il y a un duo 100% féminin. Donc, on espère qu’il y a des nanas qui vont représenter d’autres duos, qu’on ne soit pas les seules. Mais pour le moment, on est les seules et les premières. Donc, voilà. La next step, c’est 2500 kilomètres en duo.

Ermanno : Moi, quand tu dis en duo, entendons-nous bien. C’est du duo. Ce n’est pas du relais. Ce n’est pas qu’il y en a une qui en fait 1250 et l’autre qui fait 1250. Vous partez ensemble et vous finissez ensemble les 2005.

Noëlie : Voilà. Et on doit se suivre tout au long de la route, donc du début jusqu’à la fin.

Ermanno : Du coup, le drafting est autorisé sur la 2005 en duo ?

Noëlie : Oui. Oui. Mais quand on le fait en solo, c’est interdit. On doit rouler côte à côte si on veut rouler un petit peu ensemble. Mais je crois qu’on ne peut pas rouler plus d’une heure ensemble. Oui. Parce que c’est considéré un peu comme de l’assistance. En fait, on se motive à être ensemble et tout ça. Et donc, ça, c’est interdit.

Ermanno : Oui. Être ensemble, ça évite la fracture du moral dont on parlait tout à l’heure. Mais bon.

Noëlie : C’est ça.

Ermanno : Là, sur le duo, vous êtes obligés. Donc là, de toute façon, il y en aura toujours une qui tirera l’autre.

Noëlie : C’est ça. Du coup, on va se relayer. On va se passer des relais. Et puis, on va pouvoir gazer un peu plus que si on était solo. En tout cas, sur du plat.

Ermanno : Et ça, c’est combien de temps de prépa ? Tu vas me dire neuf mois, évidemment. C’est une grossesse.

Noëlie : Franchement, oui. Je pense que je n’ai pas calculé. Mais oui, ça ne doit pas être moins de neuf mois.

Ermanno : De toute façon, on aura bien compris la pattern, le template. Super. Qu’est-ce que tu as retiré de ces deux épisodes ? Qu’est-ce que tu as pris de tes expériences sur les deux formats Draft 370 et 1000 ?

Noëlie : Le partage. Moi, c’est quelque chose qui me touche beaucoup. C’est de partager à la fois avant, pendant et après la course. C’est-à-dire qu’avant, on partage. Là, je suis en train de partager avec toi, avec tous ceux qui vont écouter le podcast, mes aventures, ma préparation, mes objectifs. Pendant la course, on partage avec les locaux qui peuvent nous héberger ou nous payer à manger ou nous payer à boire, à qui on va raconter le défi flou qu’on est en train de relever et qui vont être juste impressionnés de voir des gens qui sont capables de se lancer sur de telles épreuves. C’est aussi partager avec les autres coureurs des moments. On va partager, je ne sais pas moi, on va s’acheter à la course. On va s’acheter des fruits. On va partager les uns avec les autres, des gâteaux. On va partager des moments où on va s’arrêter au même endroit. Des sandwichs en bon beurre. Non, jamais. Plus jamais.

Noëlie : Des moments où on va se poser tous ensemble et juste se raconter, faire connaissance en fait. C’est dire toi, tu viens d’où ? Est-ce que c’est ta première expérience ? Enfin voilà, faire connaissance. Et puis, c’est partager après la course. Raconter à tous. Raconter à tous ceux qui nous ont encouragés pendant notre prépa ou reprendre des nouvelles de ceux qu’on a croisés pendant la course parce que c’est ce que je disais sur Parole de finisher, donc sur le compte de la Race Cross France. Je raconte que c’est juste ça qui est extraordinaire. C’est le partage avec les gens. On vit une telle expérience qu’on a l’impression vraiment de faire partie de la même famille. C’est ouf la sensation qu’on a pendant la course.

Ermanno : C’est la famille des ultra cinglés qui font des trucs ultra fous et ultra longs.

Noëlie : Peut-être.

Ermanno : Oui, certainement. Très certainement. Écoute, merci beaucoup Noélie. J’ai deux dernières questions. La première, elle est liée au nom du podcast. Je demande toujours à mes invités, surtout toi qui est passé par là. Comment, à ton avis, devenir triathlète ? Surtout maintenant que tu as cette expérience. Cette expérience d’ultra cycliste. Donc, au regard de cette nouvelle acquisition de compétences sur le long, sur le dépassement de soi, sur la résilience, sur passer plusieurs jours, plusieurs nuits et ta courte expérience en compétition en triathlon. Mais tu as quand même neuf mois de préparation en triathlon. Comment devenir triathlète ?

Noëlie : Je pense que tout le monde peut devenir triathlète, en vrai. Il suffit juste d’avoir envie et de se lancer. Donc, que ce soit seul, en club ou d’être entraîné. Mais si on a peur, il faut faire avec des gens qui pratiquent déjà. Je pense que c’est peut-être en passer par là. Partager ça avec quelqu’un qui l’a déjà fait, avec qui on peut partager des entraînements. Et d’ailleurs, je recommande une appli qui vient de sortir, qui a été lancée par la communauté. C’est l’appli Notélé Borné de Maud Baudier. L’appli s’appelle Smatchy et ça permet de lancer des rides ou des runs et de ne pas faire de sport tout seul. Donc, ça permet de créer des événements autour du triathlon et bientôt beaucoup plus de sport parce qu’il y aura du padel, du futsal, plusieurs autres disciplines et qui permettent de venir s’inscrire à des événements. Donc, si on veut commencer, le triathlon, on peut partager ça avec des gens qui pratiquent déjà.

Ermanno : Écoute, c’est une réponse que je valide. Il n’y a pas encore eu une seule réponse que je n’ai jamais validée, mais je valide. Parfait. Pour finir, où est-ce qu’on te retrouve ? Où est-ce qu’on suit tes aventures ? Où est-ce qu’on t’encourage Noélie ?

Noëlie : Sur Instagram surtout. Donc, Noélie Alexandre. Voilà, c’est là que vous pouvez retrouver mes vidéos d’entraînement au quotidien, des recettes pour de la nutrition sportive, mieux gérer sa récup, j’essaie de partager pas mal de tips et puis voilà, je serai ravie de discuter avec ceux qui ont envie d’en apprendre plus et de partager ça. Moi, je suis ultra focus, partage, bienveillance et voilà.

Ermanno : On l’aura bien compris. Je mettrai de toute façon les liens pour te contacter dans les notes de l’épisode. Noélie, merci beaucoup pour le temps que tu nous as accueilli. Merci à toi aussi. Et puis, j’espère que c’était une bonne expérience pour toi et qu’on se retrouvera, alors je ne dirai pas sur un vélo parce que moi, j’ai rangé le vélo au garage et je ne le ressortirai plus, mais un de ces quatre, une traversée de la France, que ce soit l’un en vélo ou l’autre en courant, on arrivera bien à se croiser.

Noëlie : Avec grand plaisir.

Ermanno : Merci beaucoup. À bientôt Noélie. Merci beaucoup.

Noëlie : Bonne journée. Au revoir.

Ermanno : Voilà.

Ermanno : Merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. N’oubliez pas de rejoindre notre groupe Facebook pour discuter avec les invités, commenter et poser vos questions. Et Olivier et moi, nous vous répondrons dans un prochain épisode. À la semaine prochaine. Salut les sportifs.

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