#469 Plan A → Plan Z : réussir autrement avec Sarah MAALEJ

💬 « Dans la mer, c’est elle qui décide. Pas toi. » — Sarah Maalej

🎙️ Dans cet épisode de Devenir Triathlète, on plonge (littéralement) dans le parcours de Sarah Maalej, juriste en droit pharmaceutique et passionnée de sport outdoor. De la Savoie à Marseille, elle a troqué les skis pour la mer, et les bassins chlorés pour les eaux libres du Sud. Son défi ? Nager du lever au coucher du soleil, sans combi, sur près de 35 km en Méditerranée. Une leçon de mental, de patience et d’adaptation face à une nature qu’on ne dompte jamais.

🏃🏼‍♀️ Notre invitée :

📝 Quelques punchlines à retenir :

• « Le froid, quand tu le sens arriver, c’est déjà trop tard. »

• « Dans la mer, tu n’imposes rien. Tu t’adaptes. »

• « Ce n’est pas la distance qui compte, c’est la tête. »

• « J’avais prévu un plan A… j’ai terminé au plan Z, et c’était parfait. »

• « Mon défi, c’est d’aller voir où s’arrêtent mes limites. »

💡 Le conseil de Sarah

« Commence petit, progresse lentement, et respecte toujours la mer. Elle aura toujours le dernier mot. »

🤔 Et pour finir ?

Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à 1 ami(e) qui rêve de se lancer dans la nage en eau libre !

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💬 La transcription de l’épisode

Lire la transcription intégrale

Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Notre invité et eux du jour m’a été présenté par Jérôme Guéguen. Alors Jérôme, si tu nous écoutes, et de toute façon tu es obligé de nous écouter, on te fait un gros bisou. J’espère que tu feras tourner à toute la Kebab League. Si vous vous demandez d’ailleurs, chères auditrices, chers auditeurs, ce qu’est la Kebab League, je vous renvoie sur mon podcast Road to Ötillö où j’ai eu la chance d’interviewer Jérôme Guéguen et Arnaud Delustrac qui sont aujourd’hui ça y est, on peut le dire, champions du monde de swimrun. On s’est croisés à Ötillö on a eu la chance, nous, Fergus et moi en arrivant dernier, d’être félicités par les premiers, donc par Jérôme et Arnaud ça c’était juste pour la petite parenthèse mais aujourd’hui, on ne va pas parler swimrun, on va juste parler swim avec Sarah MAALEJ. Salut Sarah !

Sarah MAALEJ : Salut Ermanno !

Ermanno : Comment tu vas ?

Sarah MAALEJ : Ça va très bien et toi ?

Ermanno : Ça va. Écoute, t’as raté ton entrée parce qu’on avait dit en off que tu faisais service après-vente. Sarah, bonjour !

Sarah MAALEJ : Bon, pour toi qui nous écoutes, c’est parce que j’ai un casque typique d’un SAV donc d’où la blague service après-vente, Sarah, bonjour !

Ermanno : Donc, ouais, écoute, super content de t’avoir aujourd’hui on a mis un petit peu de temps pour caler tout ça depuis que Jérôme nous a mis en contact mais entre nos agendas de ministre, ton défi dont on va parler moi à l’Othilo de mon côté, etc. Mais voilà, ça y est, c’est fait on est le 1er octobre et on enregistre enfin cet épisode.

Sarah MAALEJ : Exactement, on a mis un peu de temps mais merci encore pour l’invitation merci à Jérôme qui nous a mis en contact et très heureuse d’échanger avec toi et de participer à ce podcast, devenir triathlète.

Ermanno : Écoute, j’ai aucun doute sur le fait que ça va super bien se passer que ça va être un super bon moment. Jérôme m’a dit tu devrais la contacter, elle est top, tu vas voir les quelques échanges qu’on a eu, je valide mais ce que je te propose comme je fais avec tous mes invités c’est peut-être déjà de te présenter donc dis-nous tout, qui est Sarah Mahalège ?

Sarah MAALEJ : Alors, Sarah, Sarah, c’est une jeune fille de 32 ans d’un point de vue pro donc je suis juriste de formation juriste en droit pharmaceutique et médical. Je travaille pour le CIPDEX Marseille j’habite à Marseille et je travaille principalement en protection des données de la recherche clinique donc un domaine assez particulier qui n’a pas grand chose à voir avec mes passions autour du sport mais qui sont tout autant enrichissantes et du coup, je suis une passionnée de sport, de découverte de sport et principalement de sport outdoor je dirais jamais de dehors, jamais dans la nature et depuis mon plus jeune âge parce que j’ai beau habiter à Marseille j’ai grandi en fait en station de ski en Savoie donc toujours habituée finalement à être dehors, à faire beaucoup d’activités en extérieur, à être au contact de la nature et Et aujourd’hui, ça se ressent dans ma pratique sportive, puisque du coup, je pratique l’eau libre. L’eau libre, c’est une distance assez longue maintenant. Et je cours aussi un petit peu, je fais du vélo, je fais un peu de triathlon. Et on en parlera du coup avec des projets en triathlon par la suite. Voilà un petit peu.

Sarah MAALEJ : Je t’entends très mal, Ermanno, ça coupe.

Sarah MAALEJ : Je t’entends plus.

Sarah MAALEJ : Je ne sais pas si tu m’entends, mais tu es complètement figée. Et je ne t’entends plus.

Sarah MAALEJ : Ah, c’est les joies de l’enregistrement. L’avantage, c’est qu’on pourra couper au montage, contrairement au direct.

Sarah MAALEJ : Je ne sais pas trop comment faire. Est-ce que je peux t’envoyer un message ?

Sarah MAALEJ : Comment je peux procéder ?

Ermanno : Allo, tu m’entends ou pas ? Je t’ai retrouvée, oui. Bon, écoute, je ne sais pas ce qui s’est passé. Petit plantage. T’es perdue. Ce n’est pas grave, ça arrive. Oui, ça arrive. Je vais pouvoir m’amuser à faire du montage, pas que de l’audio, mais de la vidéo aussi. Mais ce n’est pas grave, c’est une partie du jeu. Je suis désolée. T’inquiète, t’inquiète. Donc, je n’ai pas entendu la moitié de ce que tu as dit, mais ce n’est pas grave. Je comprends. Tu es une passionnée de sport outdoor, que tu en fais depuis que tu es toute petite, que tu as grandi en Savoie. Du coup, ça me fait rebondir un peu sur le « mais tu fais des infidélités à ta montagne ». Tu te retrouves sur la Côte d’Azur.

Sarah MAALEJ : Oui, en fait, je suis partie pour faire mes études à Aix-en-Provence, mes études de droit. Et je suis tombée amoureuse de la région. Et ensuite, en découvrant Marseille, les Calanques, en vivant au bord de mer, j’avoue que je m’y suis bien. Et donc, j’ai décidé de rester. Mais je remonte quand même dans ma station. Je remonte de temps en temps en Savoie. Mais c’est vrai que la qualité de vie qu’on a ici à Marseille, elle est quand même à un niveau supérieur, je pense. Pour avoir aussi fait un petit passage à Paris, on est plutôt bien à Marseille.

Ermanno : Écoute, ce n’est pas moi qui te dirais le contraire. J’ai quitté le Luxembourg pour arriver non pas sur le sud-est, mais sur le sud-ouest. Le climat est un peu plus sympa. Après, sur le reste, ça se discute, mais on en reparlera.

Ermanno : Pour revenir à toi, par quels sports tu commences ? J’imagine que tu commences par les sports d’hiver en habitant en Savoie, à la montagne.

Sarah MAALEJ : Oui, foncièrement, on commence tous par les sports d’hiver. J’ai envie de dire, souvent, on est mis sur les skis dès lors qu’on sait marcher. Donc, tout de suite, du ski. Du ski, un peu de snow. Moi, j’ai fait aussi un peu de patinage artistique. Et puis, en fait, je viens d’une famille où mes parents nous ont toujours, avec mes soeurs, j’ai trois petites soeurs, mes parents nous ont toujours initiés à la pratique sportive, à la découverte de différents sports. Donc, bien qu’on habitait en station, on a été initiés à une multitude de sports. J’ai fait du judo, j’ai fait du basket, j’ai fait également du tir à l’arc, du tennis. J’ai fait du dél’escalade, ça, ça a un peu moins bien marché. Et en fait, il s’est avéré que vers le collège, j’avais très envie de nager. Donc, très étrange en habitant au ski.

Sarah MAALEJ : J’adorais ça pour le plaisir, mais je n’étais pas très douée au slalom, au géant. Et j’ai toujours eu un peu au fond de moi, tu vois, un esprit un peu compétiteur, compétitrice. Et donc, je me suis dit, la natation, ça m’a toujours beauté. J’adore nager. Mon papa est un ancien nageur et poloïste. Donc, il nous a très rapidement, avec mes soeurs, jeté à l’eau. Et c’est vrai que c’est un élément où je me suis toujours sentie bien. L’été, dans ma station à Courchevel, je passais mes journées entières à la piscine à nager. J’adorais ça. Et donc, il s’avère qu’arrivée au collège, je demande à m’inscrire en club de natation. Donc, habitant en station, nous, là où c’est le plus proche en vallée, c’est au niveau d’Alberville, et donc, je m’inscris en club de natation. Et il s’avère que je ne me débrouille pas trop mal, que je suis, on dirait, un poisson dans l’eau. Et donc, au début, j’y vais une ou deux fois par semaine. Et en fait, à force, je vois que je progresse. Je commence à bien aimer les compétitions. Je m’entraîne trois, quatre fois par semaine. Mes parents extraordinaires font les trajets pour m’emmener, parce qu’on a 45 minutes de route. Allez, plus retour. Il faut imaginer. Sachant que j’ai trois autres sœurs qui font, elles aussi, des sports. Donc, c’était vraiment une implication incroyable. Je les remercie encore de nous avoir permis de nous exprimer sportivement chacune. Et donc, je prends goût à la natation. Et j’ai de pas trop, trop mauvais résultats. J’ai un petit niveau national.

Ermanno : Donc, N2. Un petit niveau national. J’en ai beaucoup à en rêver, en fait, tu sais, d’un petit niveau comme ça.

Sarah MAALEJ : Après, je suis allée en national que sur le 50 d’eau. Donc, j’estime que c’est vraiment un petit niveau. Il’y a que sur du sprint en d’eau où j’étais pas trop mauvaise, quoi. Et donc, voilà. Et en fait, il arrive un moment où il faut faire des choix, parce que soit très clairement, il faut s’entraîner plus à un moment, parce que s’entraîner trois, quatre fois par semaine, bien que pendant les vacances, on soit souvent en stage. Oui, oui, oui. Ça ne suffit pas, en fait, pour progresser. Donc, l’idée, c’est est-ce que je passe en Pôle Espoir ou Pôle France ? Et là, ce n’est pas la même, parce que du coup, il faut que je déménage, que j’aille à l’internat, que j’aille potentiellement à Chambéry ou à Lyon, donc encore plus loin de chez mes parents. Et il s’avère que finalement, je ne saute pas le pas. Je décide que je ne veux pas y aller. Et pendant mes années de lycée, j’arrête totalement la natation. Donc, c’était en première. J’arrête totalement la natation. Je me consacre au ski pour le loisir. Je prends du temps avec mes amis. Je sors beaucoup. Habitant dans une station de ski où on fait pas mal la fête, j’en profite. Je vais boire des…

Ermanno : Tu me l’écoutes, mais ce n’était pas pour la technique de nage, c’était plus pour la technique de gosier.

Sarah MAALEJ : Oui, voilà, c’est ça, exactement. Et puis, voilà, je fais ma petite vie, on va dire, d’adolescente, tu vois. Donc, voilà, je découvre ce plaisir de 16, 17 jusqu’à 19 ans. Et je ne renage pas. Je ne renage pas du tout. Je n’ai plus envie de nager.

Sarah MAALEJ : Donc, voilà, les années passent. Et ensuite, je viens à Aix-en-Provence faire mes études de droit. Et là, je décide de me réinscrire à titre de loisir en club de natation. Puis, je n’y reprends pas forcément goût. Comptez les carreaux, ça ne me revient pas. Le chlore, les carreaux, j’en ai marre. Donc, j’en fais un peu pour m’aérer, pour refaire du sport, mais sans plus. Et à côté de ça, je recommence à faire d’autres activités. Je me inscris à la salle de sport. Je me mets un peu à courir.

Sarah MAALEJ : Et c’est en fait par le biais de mon ex-beau-père de l’époque qui me dit, mais écoute, moi, Sarah, avec un groupe de copains, on fait de la nage en eau libre. On nage en mer. Je me dis, ouais, et tout. Je ne connaissais pas. Je ne savais pas qu’il y avait des compétitions, des courses, qu’on nageait en mer. Et du coup, je me suis dit, je vais venir une fois avec vous. Et je me souviendrai toujours parce que la première fois, je me suis dit, mais c’est quoi ce délire ? C’est-à-dire que nager en piscine, quand vous êtes nageur de bassin et que vous arrivez en milieu natif, naturel, c’est le jour et la nuit. L’orientation, j’étais perdue au niveau de l’orientation. Je n’arrivais pas à caler ma technique de nage. Je ne savais pas qu’il fallait lever la tête. Donc, je me suis désorientée totalement. Gérer aussi ce qui se passe dans l’eau, la température de l’eau. Commencer aussi, au début, j’étais en maillot, mais ensuite, passer à mettre la combi. Donc, pour un nageur, les nageurs ne me contrediront pas, mais ce n’est pas forcément des plus agréables. On ne ressent pas de très bonnes sensations. Je me suis dit, je suis nulle, je ne vais pas aimer ce sport. Je m’accroche un petit peu et je me rends compte que c’est plutôt agréable de nager avec les poissons. C’est plutôt agréable de nager dans le cadre dans lequel je suis à Marseille les week-ends quand je viens chez mes beaux-parents de l’époque. Dans les cas lents, il y a pire. Je me rends compte que c’est vraiment un environnement qui m’apaise, qui me fait du bien. Et j’ai cette envie de me challenger, de m’améliorer. Donc aussi, je me dis, en fait, je vais m’y tenir. Et puis, il s’avère qu’au fur et à mesure, je me suis sentie de mieux en mieux. J’ai appris à gérer ma technique de nage, à m’orienter. J’ai commencé petit à petit, du coup, aussi à m’inscrire à des courses parce que la compétitrice qui est en moi était toujours là, en sommeil, mais a été réactivée. Et donc, du coup, j’ai commencé à faire des courses dans le coin. J’ai commencé avec deux kilomètres et demi. Puis ensuite, la classique à Marseille du défi Montecristo, cinq kilomètres, donc pas mal de cinq kilomètres. Et à côté de ça, je courais. Je me suis mis beaucoup à courir aussi. J’ai commencé à faire mon premier 10K, semi, marathon, etc. Et à côté de ça, je nageais, je nageais. Jusqu’à quasiment nager tous les jours à partir du moment où j’habitais sur Marseille. Et le premier challenge que je me suis lancé un peu plus loin, c’était d’abord de commencer à nager sans combinaison. J’en avais marre de mettre la combi. C’était trop pénible. Ça m’embêtait.

Ermanno : C’est pas comme Steve Lefocq qui nage, qui traverse la Manche sans combi.

Sarah MAALEJ : Et il ne faut pas croire, l’hiver, on peut avoir des 11-12 degrés quand même. Oh là là ! C’est pas grave. Et à 12 degrés pendant une heure, je te défie, Ermanno, d’y aller.

Ermanno : Je suis normand, c’est pour ça. Moi, tu vois, j’ai connu la mer à Dieppe. Donc forcément, 10-11, ce n’est pas en hiver. C’est tout le temps.

Sarah MAALEJ : Tout le temps. Du coup, pour moi, c’était vraiment un vrai challenge de nager toute l’année en maillot. Parce que ce n’était pas juste se mettre à l’eau et faire 10 minutes. C’était de pouvoir nager 1000, 2000, peut-être un jour 3000 à ces températures.

Ermanno : Et en fait… Dans les calanques, en fait, l’eau est plus froide. Oui. Oui, elle est plus froide.

Sarah MAALEJ : Après, tu vois, au quotidien, je n’allais pas tous les jours dans les calanques nager. Mais je suis plus en ville, directement à la plage des Catalans ou des Prophètes qui ne sont pas très loin de chez moi. Mais en effet, par contre, quand je vais nager dans les calanques ou même quand tu vas à Cassis, l’eau est plus froide. Mais on n’est pas sur des 6-8 degrés. C’est sûr que non. Et donc, voilà. Je me mets à nager en maillot. Et donc, maintenant, je commence à…

Ermanno : Je te coupe un peu. Oui. Pour avoir un peu… Pour situer. Oui, pour situer. C’était à quelle époque ? C’était quelle année ?

Sarah MAALEJ : C’était, je pense, je dirais dans 2016. Oui, 2015-2016 à peu près. Oui, donc… Une dizaine d’années quand même. Oui, j’avais 22-23 ans. Oui, oui. Ok. Voilà. Et du coup, ça m’a pris plusieurs années à m’acclimater au froid. C’est un vrai travail. Je me suis fait des petites frayeurs. Mais maintenant, je commence à bien connaître mon corps. Et du coup, je prends vraiment beaucoup de plaisir, tu vois, à nager en… Je ne dirais pas en eau froide parce que ce n’est pas de l’eau froide, mais à nager sans combiner d’eau dans toutes conditions en mer. Parce que voilà, aussi, maintenant, j’adore nager, peu importe les conditions météo. Tu vois, il peut y avoir mistral. Je n’ai aucun souci à aller nager avec des vagues de 2 mètres. J’adore. Donc, c’est vraiment… C’est mon exutoire, si tu veux. J’ai vraiment trouvé dans la nage en eau libre et surtout en mer, une manière de me sentir bien, de me sentir apaisée et de pouvoir m’exprimer pleinement. En plus, donc, du coup, de la course à pied et du vélo qui viendra ensuite.

Ermanno : Alors, attends, on va faire une petite pause. Reste là-dessus, garde-le en tête. Comme tu parles de nage en eau libre, surtout en mer, par toutes les conditions, on peut faire un petit point sur les règles de sécurité, enfin, en tout cas, les recommandations. Les recommandations de sécurité, est-ce que tu nages seule ? Si tu nages seule, tu nages dans quelles conditions ? Avec quel matériel ? Enfin, voilà, tant qu’on y est, c’est le moment d’en parler.

Sarah MAALEJ : Oui, totalement, parce qu’en effet, ça ne se fait pas comme ça. Il faut être prudent. Donc, moi, je nage souvent seule, mais parce que maintenant, j’ai quand même l’expérience. Mais au début, je nageais toujours en groupe. Donc, être au moins deux personnes, c’est toujours mieux. Si vous nagez seule, toujours avoir une bouée. La bouée, ça sert… Ça sert à être vu, notamment des bateaux. Mais je dirais, principalement, ça permet, si vous avez un coup de mou, de vous sécuriser, de ne pas paniquer. On s’accroche à la bouée, on se met sur le dos, ça va bien se passer. Ça permet aussi de mettre un petit peu d’eau s’il y a besoin, on ne sait jamais. Et toujours avertir…

Ermanno : Sur la Méditerranée, on ne la boit pas. Dans la Baltique, oui, mais en Méditerranée, on ne la boit pas. Non, on évite. Ça permet aussi dans la bouée, donc, de mettre un peu d’eau, de mettre éventuellement un huit eaux, une barre.

Sarah MAALEJ : Exactement, oui. S’il y a besoin.

Ermanno : Puis, si on a vraiment besoin d’être rassuré, de glisser un téléphone portable. Comme ça, on peut toujours soit contacter, soit être visible. On enclenche la localisation. Totalement. Exactement.

Sarah MAALEJ : Et toujours avertir. Moi, je sais que quand je nage seule, surtout au début, j’avertis toujours à quelqu’un que vous allez nager. OK, je vais à telle plage, je pars à telle heure, je compte nager de telle heure à telle heure. En sortant de l’eau, toujours un message à cette personne. Un conjoint, un ami ou quoi, ça permet de sécuriser. Moi, je sais que mes amies, quand elles me voient partir, je leur dis j’en ai pour une heure. En fait, je dis que j’en ai pour une heure et si je compte nager plus, non, en fait, je leur ai dit une heure. Donc, je rentre, je fais demi-tour parce que sinon, ça peut inquiéter les personnes derrière. Donc, toujours aussi avertir quelqu’un, je dirais, et prévoir, notamment si vous nagez, si vous êtes frileux ou si vous nagez longtemps, parce que mine de rien, à ma note, c’est que même l’eau à 20, 22 degrés, si vous restez longtemps, vous pouvez avoir froid en sortant.

Ermanno : Entre la consommation d’énergie, entre le fait qu’on s’acclimate un petit peu à la température et que du coup, on consomme, on nage et mine de rien, la natation, c’est l’un des sports qui consomment le plus d’énergie. Et donc, oui, on peut avoir froid. Enfin, on n’est pas à l’abri, on nage en pleine mer, au soleil. Et puis, d’un seul coup, il y a un nuage ou alors on passe derrière une ombre et là, il commence à faire frais. Alors, ça peut être que 0,5 degré. Quand on est baigné dans l’eau depuis une heure, 0,5 degré, c’est énorme.

Sarah MAALEJ : Complètement, complètement. Et le froid, je dirais même que quand tu le sens arriver dans l’eau, c’est qu’il est un peu même déjà trop tard. Quand tu ne commences plus à sentir tes mains, tes pieds, ta mâchoire est coincée, ‘est qu’il va falloir se réchauffer derrière vraiment pendant quelques longues minutes. Et donc, autre conseil, moi, j’ai la chance maintenant au quotidien de nager au cercle des nageurs. Moi, je sors de l’eau, j’ai des vestiaires, je suis au chaud, j’ai le sauna, etc. Mais quand j’ai commencé, j’étais sur la plage et toujours couverture de survie. Moi, je prenais au cas où et elle m’a déjà servi. Donc, couverture de survie, des affaires chaudes, même si c’est comme maintenant en octobre, des affaires chaudes, donc pull, bonnet pour se réchauffer très rapidement. Une boisson chaude aussi, c’est comme ça qu’on se réchauffe le plus vite. Donc, du bouillon ou un thé. Ou du café et rester en mouvement. Ça, c’est avec un copain, un copain du triathlon qui m’a appris ça, c’est de bouger, en fait, lorsqu’on sort de l’eau. Donc, on se mettait à faire avec Fabien, si tu passes par là, je te fais un bisou. On faisait des squats, la chaise, du gainage, parce qu’en fait, ça permet de garder l’influx au niveau sanguin, de faire marcher les muscles et vous vous réchauffez, en fait, comme ça. Donc, n’hésitez pas juste après, vous vous essuyez. Vous vous changez et vous bougez un peu et là, normalement, ça devrait aller.

Ermanno : Merci pour ce petit encart, non pas publicitaire, mais sécuritaire. Je pense que c’est le moment adéquat pour en parler. S’il y en a qui veulent se mettre à la nage en eau libre, que ce soit en mer ou en lac ou en rivière. Moi, je me suis vu faire des séances avec des copains au Luxembourg le 1er janvier dans une eau à zéro degré. Déjà, tu ne vas jamais tout seul. Tu prends effectivement la bouée. Tu prends la combi. Si tu veux nager en combi. Si tu veux y aller en maillot, mais tout ce que tu as donné comme tuyau, que ce soit dans l’eau froide ou même dans l’aume de mer chaude en plein été. Prenez toujours quelque chose à manger, à boire, de quoi vous changer, de quoi vous réchauffer. Parce qu’une fois qu’on a froid, c’est trop tard. C’est comme la soif. Quand on est en train de courir ou sur le vélo, quand la soif arrive, c’est qu’il est trop tard.

Sarah MAALEJ : Exactement. Et vraiment, comme dans tous les sports un peu d’endurance, il y a les vraiment progressivement. En fait, vous ne dites pas direct, je veux faire 30 minutes, 40 minutes dans de l’eau à 15 degrés. Non. Moi, j’ai commencé avec des 5 minutes. C’est ridicule, mais c’est un peu comme quand on commence la course à pied et qu’on me dit, tu as le terme marche-course ou tu ne cours que 5 kilomètres. Non, mais c’est frustrant, je comprends. Mais c’est comme ça qu’on acclimate le corps. Il vaut mieux y aller un peu tous les jours ou tous les deux jours. On fait 5, 10, 15 minutes et ensuite, on pourra aller plus loin. Et même moi, alors que maintenant, je pense que je me débrouille pas mal dans ces conditions. À chaque fois, l’hiver, je refais une phase d’acclimatation. Là, je ne vais pas recommencer. Si l’eau tombe à 11, je ne vais pas faire. Faire une heure à 11 degrés. Tu vois, c’est important.

Ermanno : Surtout qu’on n’est pas dans, on est entre guillemets, dans un milieu hostile. En course à pied, on part pour courir une heure, même la première fois. Finalement, au bout de 45 minutes, on est mort. On se met sur le bord de la route où on rentre à pied. Dans l’eau, quand tu es mort, que tu ne peux plus nager, tu es mort littéralement. Ce n’est pas juste une image.

Sarah MAALEJ : Complètement. C’est sûr. Il faut faire attention.

Ermanno : Merci pour ce petit… Pour cette petite parenthèse. Donc, tu disais, 2016, tu découvres tout ça. Tu te mets à nager de plus en plus sans la combinaison. Et donc, de plus en plus en maillot, quelles que soient les conditions. Et ensuite ?

Sarah MAALEJ : Et ensuite, je mets un peu l’eau libre de côté. Je me concentre plus sur la course à pied, sur le vélo. Je me mets aussi au vélo. Du coup, je me dis, je nage, je cours. Ça serait bête de ne pas passer au triathlon. Je ne sais pas. Donc, je me mets petit à petit à faire du vélo. Et je mets un peu la natation de côté jusqu’à justement pouvoir m’inscrire et intégrer le cercle des nageurs. Où en fait, on a un environnement, un cadre qui nous permet vraiment de nous entraîner, qui est idéal. Parce qu’il faut savoir qu’avant ça, les piscines publiques à Marseille, ce n’est pas forcément facile au niveau des horaires. C’est assez compliqué. En club, je ne m’y retrouvais pas. Forcément, au sens où on faisait des entraînements pour de la compétition en bassin. Et moi, je voulais faire de l’eau libre et du long. Donc, ça ne me correspondait pas réellement. Et donc, je saute le pas après le Covid de m’inscrire au cercle.

Ermanno : On fait une petite parenthèse, mais le cercle, c’est pas ouvert à tout le monde. Comment on fait pour entrer au cercle des nageurs de Marseille, qui est quand même un des clubs les plus réputés de France, si ce n’est d’Europe ? Un peu plus haut, non ?

Sarah MAALEJ : Oui, il est reconnu. En tout cas, il est très, très reconnu pour les élites en natation et pour les poloïstes au niveau national, comme européen et international, d’ailleurs. Mais oui, il faut être parrainé par des membres déjà du cercle. Et ensuite, c’est une cotisation, donc des droits d’entrée plus une cotisation qui est assez… C’est un coût, c’est assez onéreux. Donc, en effet, ce n’est pas accessible à tous. Mais moi, j’y ai longtemps réfléchi. Et vu le nombre de fois où je vais nager et où je savais que ça allait être rentabilisé, très clairement, pour te dire, j’y vais tous les jours. Il n’y a pas un jour. Je pense que je nage six jours sur sept, quasiment. Donc, l’abonnement a été largement rentabilisé. Puis, c’est aussi un lieu de vie. Donc, ça permet aussi… Il n’y a pas que… Non, il y a la salle de sport. C’est un lieu où, moi, typiquement, où je pouvais un peu télétravailler. C’est un lieu de vie, vraiment. On compte des personnes. On se pose aussi l’été pour bouquiner et prendre le soleil. Donc, oui, c’est un bel endroit, mais qui, vraiment, était, dans mon idée, était destiné à ma pratique du sport, quoi.

Ermanno : Et donc… On est venu fêter notre anniversaire de mariage avec mon épouse à Marseille. On a un peu galéré. Si j’avais su, je t’aurais appelé. Bon, on ne se connaissait pas encore à l’époque. Mais je t’aurais appelé. Tu m’aurais fait rentrer au CNM.

Sarah MAALEJ : Même… Du coup, Jérôme, on se connaît. Si, en partie, parce qu’on nage tous les deux là-bas. Donc, c’est aussi pour ça. Mais oui, la prochaine fois, quand tu redescends, avec plaisir, on organisera ça pour que tu découvres le lieu avec grand, grand plaisir. Ça marche.

Ermanno : Bon, je te laisse continuer. Donc, du coup, tu intègres le cercle.

Sarah MAALEJ : Et donc, à partir du moment où j’intègre le cercle, je me remets à nager un peu plus. Donc, je continue à courir, à faire du vélo. Mais je me remets réellement à nager quasiment tous les jours. faut bien rentabiliser le coup. Et je me souviens, je crois que c’était il y a deux ou trois ans, je me dis, il me faut un défi. Il me faut un défi, il me faut un challenge. J’aime bien les challenges. J’aime bien me challenger, aller hors de ma zone de confort. Et je me dis, en fait, en eau libre, c’est bon, les 5K, les 5K, j’en ai vu, j’en ai bouffé. Je pense que j’arrivais au bout, tu vois, de ce que je pouvais faire au sens performance, vitesse. En tout cas, avec les moyens que j’y mettais. Et je me suis dit, mais en fait, j’aimerais aller plus loin. J’aimerais aller sur des plus grandes distances. Je voyais, tu vois, que l’eau libre qui se développait avec le 10K, le 25K, avec Cellerion, tout ça. Et je me dis, waouh, j’aimerais trop essayer de faire un 10K. Je ne sais pas si j’en suis capable, quoi. Et du coup, je fais mon premier 10K via le MC Swim Challenge. C’était ça, c’était il y a cinq ans. Ouais, c’était ça. Il y a cinq ans à peu près. 2019-2020. Expérience incroyable. Donc, c’est une course, normalement, qui relie Marseille à Cassis. Et il y a un format 10 kilomètres ou 18 kilomètres. Et dont les fonds sont reversés à une association de lutte contre le cancer pour les enfants. Très belle cause. Très beau projet. Marseillais, initié à Marseille par un papa marseillais dont sa fille est malade. Et bon, la course est incroyable, non pas par le parcours, puisque, comme tu l’as dit, milieu hostile qu’est la mer égale conditions qui peuvent être parfois compliquées. Et donc, souvent, nécessiter soit d’annuler les cours, soit de revoir le parcours. Et donc, en fait, on a fini par devoir faire des boucles dans la baie de Cassis. Donc, beaucoup moins fun que de partir de Marseille et d’arriver à Cassis, tu vois. Mais bon, le 10K a été fait. J’ai fait mes boucles et super expérience. Et j’ai dit, mais en fait, j’étais trop bien, quoi. J’avais le même rythme, finalement, que sur un 5K. Donc, comme me dirait un copain, j’ai qu’une seule vitesse en natation, tu vois.

Sarah MAALEJ : Mais je me suis éclatée. J’ai passé un super bon moment. Et je me suis dit, OK, c’est le premier, mais ça ne sera sûrement pas le dernier, quoi.

Ermanno : Et ça se tourne en combien ? Ton 10K, tu le tournes en combien ? Pour ceux qui veulent se comparer un peu, se faire une idée.

Sarah MAALEJ : Je ne me souviens plus. Là, je ne peux vraiment pas te dire. Je ne sais pas en combien je l’ai tourné. Je ne me souviens plus. Je n’ai aucune idée. Je pense que je nageais en… J’étais en 1,55, 2 minutes au 100 à peu près. Ce n’est pas très rapide. Je ne suis pas en 1,10 comme les pros. Mais je me débrouille, quoi. Je me souviens, je crois que j’avais fait cinquième à la course. Quatre ou cinq, j’avais fait. Donc, ce n’est pas trop mauvais, mais ce n’est pas transcendant, quoi.

Sarah MAALEJ : Et je te retrouverai le temps. Je ne sais plus exactement combien j’avais mis d’heures. Et ensuite, je me dis, OK, trop bien, dix cas. Et j’ai envie d’aller plus loin. J’ai encore envie d’aller plus loin. Et donc, il y a trois ans, je cherche, parce que ce n’est pas forcément facile de trouver des courses d’eau libre longue distance hors circuit Championnat de France. Donc, Championnat de France, il faut être qualifié. Et je n’avais pas les temps nécessaires. Et je trouve une course, la Salamandre, ça s’appelait, à un 23 kilomètres dans les pays de la Loire, vers les châteaux de la Loire, dans un petit village dont je n’aurais même plus de dire le nom tellement qu’il n’est pas connu. Et je m’inscris à ce 23 kilomètres. C’était il y a deux ans. Ouais, c’est ça. Et là, gros, gros challenge, parce que dix cas, OK. Là, je ne passe plus du double, quoi. Et du coup, je fais une prépa. Je fais une prépa avec une coach que je contacte à l’époque et qui est devenue par la suite, mon amie, Anouchka Dreux.

Ermanno : On n’est pas, voilà, tu l’as fait. Vas-y, redis-le.

Sarah MAALEJ : Donc, Anouchka Dreux, qui fait de la swimrun, donc que tu dois connaître, sûrement. Donc, je la contacte via les réseaux sociaux, parce qu’on se suivait un peu avec les Strava, etc. Et je vois qu’elle est prof de natation et qu’elle coache. Et donc, je me dis, cette prépa, je ne peux pas la faire toute seule. Je ne me sens pas les compétences. Et j’avais besoin de déléguer ça. Et j’ai fait ça. Et donc, elle est d’accord de m’accompagner là-dedans. Et ensuite, au final, on se lie d’amitié. Et il s’avère que cette prépa se passe assez bien.

Sarah MAALEJ : Mais après coup, je me rends compte qu’elle était assez courte. Je me suis préparée pour le 23 kilomètres en six semaines.

Sarah MAALEJ : Après, pour les auditeurs, pour tout le monde qui nous écoute, il faut savoir qu’à l’année, je nage quotidiennement. Je ne nage plus du tout. Et d’un coup, je me dis, je fais six semaines, en bornant 20 bornes de semaine. Pas du tout. J’avais une moyenne entre, je dirais, six et dix kilomètres de semaine. Tu vois, ça, c’est ma moyenne à peu près.

Ermanno : Oui, non, parce que tu prends des triathlètes ou même certains nageurs, mais en particulier les triathlètes qui sont quand même assez bornés et qui passent par la case borne. Moi, je me souviens, quand je préparais l’Ironman, je nageais trois fois par semaine et je faisais des séances de cinq à six. Donc, on faisait des séances de cinq à six. Deux bornes, juste en trois séances. Toi, tu nages tous les jours. Finalement, six bornes par semaine, ce n’est pas énorme.

Sarah MAALEJ : Ce n’est pas énorme. Non, parce que dans le quotidien, si je ne suis pas en prépa spécifique, c’est plus, je vais nager parce que ça me fait du bien. Mais je ne vais pas forcément mettre des séances de quatre kilomètres, cinq kilomètres. Là, par exemple, je vais sûrement y aller à midi. Je vais aller nager en mer. Si j’ai envie de faire que mille mètres, je vais faire que mille mètres. Mais par contre, je vais y aller quasi tous les jours parce que j’en ai besoin. Et par contre, quand je suis en prépa, là, j’ai des entraînements structurés. Donc là, ça borne aussi en piscine, etc. pour vraiment préparer la course. Et donc, c’est ce qui se fait pour le 23 kilomètres qui se passe bien. Qui se passe bien parce que je réussis cette course. J’ai réussi à la finir. Pareil, j’ai une moyenne de deux minutes au cent. Les temps, tu vois, je ne me souviens même pas tellement que pour moi, c’était l’objectif de finir. C’était même. Peu importe le temps que je mettais, je voulais juste réussir à finir. C’était tellement incroyable pour moi de faire plus de 20 kilomètres dans l’eau sans s’arrêter en maillot. Parce que oui, à chaque fois, je l’ai fait en maillot. Et en fait, c’est une course qui est incroyable, mais qui est très dure, très, très dure physiquement et mentalement. Au bout du 15e kilomètre, j’ai des douleurs dans le dos. J’ai des douleurs dans la mâchoire. Ça, on n’y pense pas. Mais en fait, en tournant la tête tout le temps, c’est une horreur.

Ermanno : Ce qu’ils ne visualisent pas ou qui n’ont pas eu l’expérience de nager beaucoup ou très régulièrement, en fait, à chaque fois qu’on respire, on déboîte un peu la mâchoire. Et au bout d’un moment, surtout quand on a la tendance à respirer plutôt d’un côté que de l’autre, ça peut faire super mal, surtout sur 10, 15, 20 bornes. Ça va être quelque chose d’horrible.

Sarah MAALEJ : Moi, je ne m’en rendais pas compte, parce qu’à l’entraînement, on ne s’en rend pas compte. Et en fait, là, en compétition, mais de nager, j’ai autant… Ah oui, j’ai compris. Surtout que, je ne sais pas toi, mais moi, j’ai une préférence pour un côté à chaque fois. C’est-à-dire que je respire plus d’un côté que de l’autre, surtout qu’en eau libre. Alors, je ne sais pas si c’est pour tout le monde pareil, mais moi, je ne nage pas les mêmes temps qu’en bassin. En bassin, je nage en 3 ou 4 temps. Et en eau libre, je nage en 2 temps. Tu vois, je ne peux pas nager en 3 temps ou en 4 temps en eau libre. C’est impossible. Donc, souvent, moi, je privilégie de respirer à gauche, par exemple. J’essaie de respirer à droite, mais je respire beaucoup plus à gauche. Donc, du coup, mâchoire bloquée, tout le côté gauche irradié.

Ermanno : Elle sort de là, elle a une hémiplégie.

Sarah MAALEJ : C’est ça. C’est ça, c’est ça. Donc, vraiment, une douleur physique. Quand j’ai fait mon premier marathon, je me suis dit, OK, c’est la plus grosse douleur que j’ai jamais eue physiquement. Et ensuite, j’ai fait, ah non, mais en fait, la douleur du mur du 30e, mais ce n’est rien du tout à côté de la douleur que j’ai eue à partir du 30e. Je n’ai pas eu la douleur du 15e sur mon 23 bornes en eau libre. Je n’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie. Vraiment, je ne peux même pas te décrire la douleur tellement que c’était horrible. C’était horrible. Et je pense que c’était aussi dû au fait que je ne m’étais pas assez préparée. Il aurait fallu plus de semaines, plus de renfots aussi, tu vois, parce que mine de rien, je l’ai bien senti dans mon dos. Le renfot était vraiment important et je pense que je l’ai négligé à ce moment-là, bien que j’en fais, c’est inclus dans ma routine. Mais là, j’en faisais moins et je l’ai senti. Mais j’ai fini, j’ai fini, sorti de l’eau aussi.

Ermanno : Comment on finit comme ça quand au trois quarts, tu es en PLS ?

Sarah MAALEJ : Comment tu fais pour finir On va à la tête. Ça se passe là-dedans. Tu repenses à tout ce que tu as mis en œuvre pendant toutes ces semaines, tous les sacrifices que tu as pu faire, tous les aménagements dans ton emploi du temps, tout ça. Tout ce que tu as mis de côté, le fait de moins voir tes amis,

Sarah MAALEJ : de faire de plus en plus attention à ton alimentation, tout ce que tu as mis en place dans ton quotidien et tous les gens que ça a mobilisé. Moi, c’est aussi ça. Souvent, je me dis, j’ai ma coach qui a cru en moi, qui s’est donné pour moi. Il y a des gens aussi, parce que rien que sur la course aussi, tu sais, tu as une aide. On te donne les ravitaillements à la perche. Et moi, je suis arrivée sur cette course solo. Je suis très meuf solo à partir faire des courses solo. Et je ne savais pas qu’il fallait venir avec un staff. Donc, en fait, moi, j’avais prévu mes ravitaux. Je ne connaissais pas du tout les règles de la FFN au niveau de l’eau libre. Et donc, moi, j’avais prévu de mettre mes ravitaux sur le ponton et de les choper, tu vois. Et on m’a dit, non, mais Sarah, c’est disqualificatif. Tu ne peux pas toucher le ponton. C’est interdit. Tu peux pas faire ça. Je suis, ah d’accord, OK, bon, je ne sais pas comment je vais faire. Et au final, il y a… Il y a un couple qui accompagnait leur fille qui m’ont fait tous mes ravitaillements, qui m’ont encouragée. Et tu vois, pour te dire, leur fille Clémence, elle était nageuse… Elle est nageuse de haut niveau toujours. Et donc, elle a fini… Elle m’a mis une heure et demie dans la face, tu vois. Et ils sont restés. Ils sont restés pour me faire les ravitaillements, pour m’encourager. Donc, même ça, tu vois, en fait, toi, tu as envie de craquer, mais tu dis, mais attends, il y a des gens que je ne connaissais pas il y a trois heures. Ils sont là à te donner la perche, à te donner les ravitaillements, à t’encourager. Mais tu ne peux pas. Tu ne peux pas abandonner. Ce n’est pas possible, en fait. Pour tous ces gens autour de toi, pour les gens qui croient en toi, tout ce que tu as donné pour ta personne, tu es obligé de croire aussi en toi et de surpasser la douleur physique. Et du coup, on y arrive. Honnêtement, le cerveau est bien plus fort que… Le mental est bien au-dessus des capacités physiques.

Ermanno : C’est beau. C’est beau à entendre. Bon, moi, ça me fout des fricis. Ça me rappelle aussi des choses. Mais je suis tellement d’accord avec toi. À partir du moment où on arrive à débloquer la force mentale qu’on peut avoir, le corps y suit. Mais complètement. Au contraire. Il ne faut pas s’attendre que ce soit le cerveau qui suive le corps. C’est le corps qui doit suivre le cerveau.

Sarah MAALEJ : Complètement. Complètement, complètement. Et c’est en repoussant, tu vois, je trouve nos limites, moi, typiquement, dans ce type d’effort-là, que j’arrive aussi à repousser mes limites mentales. Tu vois ? Quand j’ai fait mon premier 10 kilomètres, jamais je n’aurais cru pouvoir physiquement tenir. Je l’ai fait. Les 23, pareil, en fait, je ne pensais pas y arriver. Et même le jour J, je me suis dit, est-ce que je ne vais pas abandonner ? Ben non, en fait, j’ai réussi. Et ça te permet de voir qu’en fait, tu peux toujours aller plus loin. Après, bien sûr, à un moment donné, il faut être raisonnable et bien structurer les choses. Et tu vois, pour parler sûrement de la suite et de ce que j’ai fait il y a quelques semaines et ce que j’aimerais faire par la suite au terme de mes challenges, défis, c’est toujours d’aller plus loin dans la connaissance de mon corps et repousser les limites de mon corps, mais aussi de mon esprit, mais en prenant en compte finalement toutes mes expériences antérieures, tu vois. Je ne vais pas me lancer sur un défi de la même façon que si j’étais novice aujourd’hui. Donc, je vais structurer mes étoiles. Je te disais, sur les 23, 6 semaines, c’était trop de gestes. Bon, ben là, tu vois, typiquement, pour le défi que j’ai fait en septembre, je ne m’y suis pas pris. Je m’y suis pas pris de la même manière, tu vois. J’ai appris de mes erreurs. Et ça te permet d’aller toujours plus loin, encore plus.

Ermanno : Et du coup, donc, sur ce 23, il y avait une question qui me brûlait les lèvres, mais finalement qui ne s’applique pas. C’est-à-dire que tu étais dans la Loire, donc tu n’étais pas en mer. Donc, il n’y avait pas cette histoire du sel. Il y avait d’autres inconvénients, j’imagine. Mais en tout cas, c’était 23 bornes en eau libre douce.

Sarah MAALEJ : Oui, en eau douce. Ce n’était pas dans la Loire, c’était dans un lac. Mais oui, c’était de l’eau douce. Alors, tu n’as pas la contrainte du sel, mais pour le coup, tu as moins de portance. Donc, l’effort, c’est dur quand même. Honnêtement, ce n’est pas les mêmes contraintes, en fait, dans les deux eaux. Mais il faut avoir connaissance des contraintes de chacune. Parce qu’honnêtement, nager sans combi, du coup, avec moins de portance, musculairement, c’est plus difficile, tu vois. Tu as les jambes, tu as beau… Moi, j’ai pas mal de… J’ai pas mal de glisse. Je n’ai pas énormément de force, mais j’ai pas mal de glisse. Ah bah, les 23 bornes, j’ai fini, j’étais à la verticale, quoi, tu vois.

Ermanno : Et du coup, qu’est-ce que… Et après, ce 23 bornes, mais tout de suite après, c’est-à-dire que tu passes la ligne, tu l’as finie. J’imagine que tu remercies les parents de Camille, c’est ça ? De Clémence.

Sarah MAALEJ : Clémence, pardon.

Ermanno : Et puis, après, il se passe quoi ? Est-ce que tout de suite, tu te dis, j’en ai chié, c’était dur, mais c’était bon. Il faut que je recommence. Ou il faut que je fasse plus, ou autrement, ou autre. Ou tu as une phase de latence où tu te dis, mais qu’est-ce que j’ai fait ? Et plus jamais de ma vie.

Sarah MAALEJ : Alors, je t’avoue que ni l’un ni l’autre, parce que je suis un peu fast life. Et en fait, j’avais prévu mon train, genre peut-être… Quand je suis sortie de l’eau, j’avais mon train une heure après pour repartir à Paris. Et je bossais à Paris le lendemain. Donc, en fait, je n’étais pas du tout sur mes sensations. J’étais juste, il faut vite que je m’habille, que j’aille choper mon train. Et on verra après. Et en fait, c’est plus le lendemain où je me suis rendue compte, où j’ai réalisé un peu ce que j’ai fait. Tu vois, je me suis dit, ouais, j’ai réussi, quoi. Je l’ai fait. Et non, je n’avais pas cette sensation de plus jamais, malgré la douleur. Tu vois, parce que l’avantage, je pense, de la natation et de l’eau libre, et c’est ce que je dis souvent, c’est que sur le coup, tu peux avoir mal. Vraiment, physiquement, ça peut faire mal. Mais je trouve que tu récupères. En fait, tu vois, je n’ai pas eu de courbature derrière. J’avais mon bassin qu’il fallait remettre. J’avais ma mâchoire qui était bloquée. Mais le soir même et le lendemain, je pouvais courir, je peux marcher. Pas de courbature du tout, tu vois.

Ermanno : Ça change du marathon. Quand c’est ton premier marathon et que tu n’es pas prêt pour ça, au-delà du mur du 30, pendant 15 jours, tu ne marches pas, tu ne t’assieds pas, tu ne montes pas les marches. Là, la natation, ce n’est pas du tout ça.

Sarah MAALEJ : Pas du tout. Alors après, par contre, je ne dis pas que dès le lendemain, il faut repartir. Tu peux faire un footing de 15 bornes ou nager 5 kilomètres. Tu vois, le corps a quand même besoin de se reposer. Mais c’est beaucoup moins traumatisant musculairement et pour les articulations aussi. On est un sport porté. Donc, tu t’en remets physiquement beaucoup plus vite. Après, c’est peut-être plus le nerveux, tu vois, je te dirais, qui prend un coup. Parce que pareil, nager en eau libre, ça te demande d’être très attentif tout le temps. Tu ne peux pas vraiment… Et encore qu’en lac, moins qu’en mer. Mais tu ne lâches pas totalement le cerveau. Tu es toujours un peu alerte. Tu es obligé de t’orienter, de capter l’environnement. Donc, moi, je dirais que c’est surtout la fatigue nerveuse que j’ai ressentie après les 23 kilomètres où il ne fallait pas trop me parler. Il ne fallait pas que j’ai des dossiers trop complexes au bureau, tu vois.

Ermanno : Et à partir de quel moment, tu te relances dans quelque chose d’autre ?

Sarah MAALEJ : Ensuite, je fais par cycle. Donc ensuite, je me souviens que j’ai laissé passer l’été et que rapidement, je me suis relancée dans un cycle pour une prépa marathon, tu vois, en course à pied. Donc, en fait, j’alternais un peu par cycle. Je faisais de la course à pied, donc semi-marathon, de l’eau libre en essayant d’avoir de plus en plus de longues distances. Et je continuais à faire du vélo, mais je ne m’étais pas encore inscrite, tu vois, à des triathlons parce que je n’étais pas forcément encore trop à l’aise sur le vélo. Et c’est que l’année dernière où j’ai fait mes premiers triathlons et où j’ai adoré. Et en fait, ce qui se passe, c’est que je renchaîne avec une prépa marathon, donc je fais mon défi des 23 kilomètres, c’était en juillet, donc 2021, si je ne dis pas de bêtises, mais c’était en juillet. Et je sais qu’ensuite, j’enchaîne pour une prépa marathon que je vais faire, donc je faisais Séville en février, du coup, de l’année suivante. Donc, tu vois, mine de rien, ça s’enchaîne quand même parce que pareil, prépa marathon à pied, ça prend quand même pas mal de temps. Donc voilà, je sais que j’enchaînais comme ça, qu’après Séville, j’ai passé an, j’ai fait beaucoup de sports plaisir, donc pas mal de vélos et tout, et moins de compètes, des semis, des trails, des courses en olive, mais comme ça. Et ensuite, je repars sur une prépa l’année dernière marathon où je fais Valence, où je cours beaucoup, je cours beaucoup, beaucoup l’année dernière, 2023, 2024, je cours beaucoup. Et je me dis, là, ça fait deux ans, cette année, je me dis, ça fait deux ans que j’ai fait les 23 kilomètres, et qu’est-ce que je vais faire en eau libre ? Il faut que je me lance un nouveau défi en eau libre, quoi. Et tu vois, je commence à regarder un peu les courses d’ultra, quoi, carrément. Je me dis, c’est bon, j’ai fait 23, je pourrais refaire 23, 25, mais j’ai envie d’aller un peu plus loin dans la démarche. Et surtout, en commençant un peu à voir que j’apprécie les trois sports du triathlon, je me dis, vu que dans un coin de ma tête, en tant que nageuse d’eau libre, si un jour c’est possible, j’aimerais bien faire la Manche, je me dis, mais en fait, quitte à faire, pourquoi pas faire l’Enduroman, quoi ? Pourquoi pas essayer de faire le triathlon qui rallie Londres à Paris ? Et l’idée me trotte, me trotte, et je me dis, oui, bon, c’est bien, mais avant de faire ça, il faut peut-être se donner les moyens et se prouver des choses, notamment en eau libre. Et du coup, je décide, là… Cet hiver, en décembre, je dis, OK, c’est bon, j’ai décidé. Je ne sais pas pourquoi, mais je dis, je vais faire un 42 kilomètres… Ah non, avant ça, pardon, excuse-moi, avant ça, je me dis que je vais faire la traversée du lac Léman, 70 kilomètres, gros défi, gros, gros défi. Et en fait, je regarde pour m’inscrire et je vois le prix de l’inscription.

Sarah MAALEJ : Et je me dis, ben non, en fait, je ne vais pas faire les 70 kilomètres.

Ermanno : Vas-y, vas-y, balance, ça coûte combien ?

Sarah MAALEJ : Ça coûte 7 ou 8 000 euros.

Sarah MAALEJ : Voilà, voilà, voilà. Je sais que je regarde aussi d’autres trucs, d’autres courses un peu dans le même délire et où on est sur les mêmes prix, en fait. Ça coûte très cher. Ça coûte très cher et puis je n’ai pas l’argent et pas l’envie de mettre cet argent pour ça. Et en fait, je me dis, voilà, ben non, mais c’est ça, t’habites à Marseille, t’as la mer à côté, pourquoi tu ne fais pas un truc toi, quoi ? Du coup, je me dis, ben, allez, on va… Pourquoi on ne ferait pas un 42 kilomètres symbolique, tu vois, le vrai marathon finalement, quoi ? Parce que le marathon en eau libre, nous, on dit que c’est le 10 kilomètres, si je ne dis pas de bêtises, mais parce qu’on calcule en termes de temps, tu vois, l’équivalent. Donc, le 10K en mer, le 10K en eau libre, c’est déjà du marathon normalement en termes d’efforts. Et moi, je me dis, ben non, mais je veux vraiment faire la distance marathon en eau libre, quoi. Et du coup, l’idée vient, l’idée vient et je me dis, ben, parfait. Je commence à me tracer mon… Mon petit parcours et tout. Le projet initial, donc, c’était de partir vers les îles du Frioul, de tirer vers le début des Calanques et de revenir par la côte. Donc, j’avais mon petit tracé. Je me rends compte d’un point de vue logistique, donc, il faut que j’ai des bateaux, tu vois, parce que je ne peux pas partir comme ça sans bateau. Donc, je commence à parler à des copains, etc., qui me disent, ouais, OK, on peut faire ça. Après, le projet, je me dis que ça serait bien. Pour me faire un petit peu connaître aussi et pour nager aussi, pour une cause, pas nager que pour ma personne, de nager pour une asso. Donc, toutes ces choses viennent en tête, d’essayer de me faire un peu connaître sur les réseaux.

Sarah MAALEJ : Et comme ça, derrière, peut-être, je commencerais peut-être à avoir un peu de visibilité pour le projet, le vrai, le gros projet derrière de l’Enduroman, tu vois. Parce que pareil, l’Enduroman, ça coûte très, très cher.

Ermanno : Oh non, mais non. On en a reçu quelques-uns des Enduroman et des Enduroman femmes, Marine Leleu, Thomas Ostré et d’autres. Et ouais, ça coûte un peu cher. Cyril Blanchard aussi. Cyril, si tu veux, des bisous. Ça coûte un peu cher. On n’est pas loin de 50 000 balles, quand même.

Sarah MAALEJ : Au total, tout ce que ça coûte au total. Mais juste l’inscription en elle-même, l’inscription avec aussi le fait que tu dois payer le bateau, etc., c’est environ 10 000 euros. Mais donc, oui, ensuite, tout ce qu’il y a, il n’y a pas que l’inscription au final. Mais donc, oui, c’est un sacré budget. Mais donc, souvent, le fait que la plupart des personnes qui l’ont fait, l’Enduroman, sont accompagnées par des sponsors, en fait, qui les aident pour les ses financements. Mais bon, pour trouver des sponsors, il faut quand même que tu vois, il faut se faire connaître avec un CV. En fait, on ne va pas venir me sponsoriser. Moi, Sarah, coucou, nageuse en maillot l’hiver à Marseille. Ça ne marche pas comme ça. Donc, je me dis, je vais essayer de faire les 42 kilomètres. Ça me fera déjà la petite ligne sur le CV sportif, tu vois. Et ça me fera mon défi de l’année en eau libre. Et gros défi, très gros défi personnel parce que, tu vois, pour le coup, autant les 23 kilomètres, je savais qu’en m’entraînant, ça allait passer. Très honnêtement, je n’avais pas trop de doutes sur le fait de finir. Je ne savais pas. Je ne savais pas dans quelles conditions j’allais finir, mais dans quel état j’allais finir. Mais je savais que je pouvais le finir. Là, 42 bornes, très honnêtement, je t’avoue, Ermanno, que je me suis dit, je ne sais pas si je vais y arriver. Et ça, ça m’a d’autant plus donné envie de le faire, tu vois, de me dire, OK, je vais vraiment repasser, dépasser les limites et voir jusqu’où je peux aller physiquement et mentalement, quoi. Et d’avoir un défi que tu n’es pas sûr d’arriver à atteindre, je trouvais ça ultra challengeant. Donc, je me dis, allez, go, je commence à en parler à tout le monde. Après, quand tu en parles à tout le monde, c’est parti, tu ne peux plus faire marche arrière. Et il s’avère qu’en fait, en pratique, je vais être très, très honnête, je n’ai absolument pas mis en place les moyens de communication, de relais. Tu vois, j’avais une asso en tête, je ne l’ai pas contactée. Je n’ai pas fait des posts sur Instagram. Je n’ai pas fait toute cette partie de mise en avant du projet. Je n’ai pas fait de post sur Instagram. Parce que très honnêtement, en fait, ça me prenait trop de place.

Ermanno : Un, tu as un job. Deux, tu t’entraînes. Trois, tu as beau avoir toutes les bonnes envies et les bonnes intentions du monde, on vit dans un monde qui va quand même à demi-l’heure, quoi. Et oh, comme je te comprends, mon défi Agrippa n’était pas à la hauteur de ce que j’aurais voulu communiquer. Mais c’est aussi un point qu’il faut parfois prendre en compte quand on veut se lancer dans des défis comme ça, qu’on n’est pas des aventuriers professionnels. On parlait rapidement de Thomas Ostré tout à l’heure qui est enduromane et qui vient de finir un beau défi, un beau challenge. Mais on n’est pas dans les mêmes conditions, dans le même monde et on n’a pas les mêmes moyens non plus. ne faut pas l’oublier. Donc, c’est ce qu’il fallait faire, enfin, ce que tu aurais voulu faire, mais malgré tout, mais malgré tout.

Sarah MAALEJ : Oui, non, mais je complète ce que tu dis parce qu’en fait, tu vois, il y a quelques années, j’avais fait un défi où j’avais, je te l’explique rapidement, mais j’avais voulu faire un marathon. J’adore faire des marathons. De toutes les disciplines, j’avais fait un marathon au rameur. Tu sais, le vrai rameur, la machine, la salle de sport. J’avais fait un marathon au rameur avec un copain pour récolter des fonds pour une association qui était la Fondation des femmes. Et j’avais organisé, du coup, j’avais un petit peu communiqué dessus. J’étais dans une box de crossfit qui avait pu communiquer dessus. Et j’avais fait en sorte, qu’on fasse le défi aussi de manière virtuelle, c’est-à-dire que les gens pouvaient prendre leur dossard et faire un don, donc le dossard était prix libre. Et tous les fonds allaient à l’association. Et pendant une période de 48 heures, on devait faire soit 42 en relais, tout seul, voilà, à deux, à trois, à quatre, etc. Et nous, avec mon pote de l’époque, on faisait chacun, si on était tous les deux à côté, on faisait les 42, tu vois. Et donc, j’avais déjà, une mini expérience, tu vois, du contact avec les assos, de la communication sur les réseaux, mais à toute petite échelle, tu vois. Et j’avais monté le projet, je me souviens, en deux, trois mois, quoi. Et déjà, à l’époque, je m’étais rendu compte du taf que c’était. Et encore, j’étais bien entourée, tu vois, parce que j’ai mes sœurs qui sont graphistes, donc qui m’avaient aidée. J’avais quand même du monde qui avait structuré ça avec moi, dans ma famille et dans mon entourage. Mais je voyais déjà un peu le taf que c’était et que j’aurais dû me prendre peut-être six mois à l’avance. Et en fait, là, je me suis retrouvée avec les 42. Je me suis dit, mais Sarah, tu n’as pas appris du passé, quoi. Qu’est-ce que tu fais à te lancer là-dedans et à vouloir mettre ça en place toute seule ? Ce n’est pas possible. En fait, ça n’arrivera pas sur cet aspect, sur cet aspect vraiment comme j’appellerais ça et recherche d’aide, que ce soit sponsor, financier, visibilité, on va dire. Surtout qu’en fait, à côté de ça, comme tu dis, j’ai un travail, je m’entraîne, que là, très clairement, l’entraînement pour 42 kilomètres, c’est vraiment pas rigolo.

Ermanno : Moi, ce n’est pas 40 kilomètres par semaine, non.

Sarah MAALEJ : Là, c’était, on est allé progressivement. Mais oui, j’étais sur une moyenne de 30 bornes quasiment par semaine. Je faisais des bicots trois fois par semaine, sachant que vu que l’idée était de nager en mer, il faut beaucoup nager. Il faut nager en piscine, certes, mais il faut nager en mer aussi. L’idée était de nager en maillot, donc il faut aussi prendre en considération des réactions que tu vas nager longtemps dans l’eau salée pour en revenir à la différence eau douce, eau salée, qui dit eau salée, dit frottement. Donc, moi, j’ai des brûlures de partout. T’as le soleil, t’as l’eau salée qui te fait gonfler. Donc, comment ton corps, il va réagir ? Comment tu vas t’hydrater ? Parce qu’il faut encore plus s’hydrater qu’en eau douce. Comment tu vas t’alimenter ? Il faut, t’as tout cet aspect. En fait, en plus de gérer tes entraînements, ton taf, ta vie perso, en fait, tu dois aussi avoir l’aspect logistique. Tu vois, comment tu vas te ravitailler ? Qui va te ravitailler ? Combien de grammes de glucides par heure ? Combien d’eau ? Comment je peux ingérer si ça ? Comment je gère les méduses ? S’il y a des méduses, comment je gère les courants ? S’il y a des courants, comment je gère ? S’il y a un problème ? Qu’est ce que je dis aux personnes qui m’accompagnent ? Est ce qu’on contacte les autorités maritimes, terrestres ? Il y a plein de choses à penser ou en fait, j’avais le cerveau en feu, mais en feu. ‘était la folie, la folie, la folie. Et donc, en effet, je ne suis pas allée au bout de mon idée, au sens où je n’ai pas pu développer le projet associatif et la communication de mon projet. Mais au final, je me suis dit c’est pas grave, c’est pas grave. Je vais quand même montrer, je m’entraîne, je vais quand même faire ce que je veux faire. Et je t’avoue qu’en fait, ça a été assez compliqué sur la fin parce qu’arriver, arriver, finir, finir, finir, finir. Je voulais faire mon projet en septembre pour m’entraîner l’été et arriver fin août. Je me rends compte encore d’une autre contrainte qui est tout simplement, comme tu dis, que l’eau libre, c’est un élément naturel hostile et qu’en fait, je suis tributaire des conditions météo et qu’en fait, je n’ai pas de fenêtre météo pour y aller. Parce que la mer, c’est la mer. Quand ça bouge, ça bouge la mer. S’il y a des bandes méduses, il y a des bandes méduses. Et faire 42 kilomètres là dedans, c’est compliqué. Donc déjà, je suis là bon, ok, compliqué, compliqué. Pas de fenêtre météo. Je me rends compte que 42 kilomètres aussi, à l’allure à laquelle je comptais nager, donc deux minutes au 100 mètres, ça me fait terminer, faire quasiment trois heures de nuit. Je ne me suis jamais entraînée à nager de nuit. Je n’ai pas les dispositifs de sécurité. En fait, je suis là. Mais Sarah, mais pas du tout, en fait. Donc, tu vois, c’était très flippant et j’ai été très frustrée, très triste à certains moments de ma prépa parce que vraiment, la désillusion. Mais aujourd’hui, avec le recul, je me suis dit mais heureusement que tu as eu tout ça qui sont arrivés parce qu’en fait, c’est en le pratiquant, c’est en ayant fait ce projet que tu t’es rendu compte de toutes ces difficultés en fait à surmonter. Et il a fallu trouver des plans B, des plans C, des plans D. J’étais presque au plan Z, qui a été le plan final que j’ai réalisé en début septembre. Ou en fait, je me suis dit 42 kilomètres, ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible parce que je ne peux pas nager de nuit trois heures dans ces conditions. C’est infaisable. Donc, j’ai transformé le défi en j’essaye de nager le plus longtemps possible du lever au coucher de soleil. Comme ça, au moins sécurisé sur l’aspect nager de nuit. OK, écoute. Et en plus, là, plus trop de stress. Aussi, tu vois, au niveau logistique pour les gens qui devaient me passer mes ravitaillements, etc. Parce que ça, ça implique de savoir exactement à quelle heure j’arrive au point A, à quelle heure j’arrive au point B, à quelle heure j’arrive au point C. Donc là, c’était, je me suis dit tant pis, je nage non-stop de telle heure à telle heure et je fais des boucles, des allers-retours. Je reste sur un circuit que je connais. Comme ça, les gens peuvent se relayer. Et donc, c’est ce qui s’est passé. C’est que j’ai nagé. Donc, le programme. Le programme était de partir des Catalans, donc du cercle des nageurs, d’aller jusqu’au Prophète et de revenir. C’est un trajet qu’on fait assez régulièrement avec des copains nageurs et ça fait un peu moins de 6 km. Je crois que ça fait 5,6, 5,8 km, selon comment tu nages avec les courants, etc. Donc, c’était assez facile, tu vois, pour bien timer les choses, pour qu’à chaque fois, j’ai des relais. J’avais un paddle qui devait m’accompagner. Donc, pour que j’ai le paddle qui puisse m’accompagner ou les relais se fassent. Donc, voilà, ce n’était pas l’idée que je voulais de base, mais c’était pesable. Cette idée était plus réalisable au vu des conditions. Donc, j’ai dit OK, parfait, parfait, parfait. Et en fait, pareil, mais vraiment, la fenêtre météo n’arrive pas à Ermanno, c’est-à-dire que tous les jours à regarder la météo marine, tous les jours, du vent, de la pluie, des courants. Alors, je le savais. Tu vois, je n’attendais pas la mer d’huile parfaite, mais quand même, juste des conditions faisables, c’est-à-dire ne pas avoir 0,8 ou un mètre de vagues, quoi.

Ermanno : C’est clair.

Sarah MAALEJ : Tu vois. Et donc, ça aussi, c’est des choses que je me suis rendu compte, c’est que la plupart de mes amis qui m’ont aidé sur ce projet pour m’encourager, me ravitailler, etc., qui avaient envie d’être dispo pour le projet, ils me disaient mais Sarah, il faut que tu nous dises une date. Et j’étais là, mais je ne peux pas vous dire de date avant 48, 24 heures, avant que ça se fasse. Une fenêtre météo, c’est OK, on a la fenêtre, on y va, on n’a pas le choix. C’est un peu comme en trail, ça arrive aussi très souvent.

Ermanno : C’est comme ce qui est monté, c’est que tu as la fenêtre météo et tu y vas ou tu n’y vas pas. Et il y en a qui veulent grimper l’Ebreste, il reste trois mois au camp de base parce qu’ils attendent que ce soit suffisamment safe pour pouvoir y aller, quoi.

Sarah MAALEJ : Exactement. Et ça m’a remis à ma place. Tu vois. Je me suis dit, ah ouais, en tant que l’être humain, tu vois, des fois, on se prend un peu pour des surhommes dans notre petit monde de confort où on a tout comme on veut en un clic sur le téléphone ou sur l’ordinateur. Et là, ça m’a fait me dire, waouh, alors en fait, là, la mère, ah ouais, la mère, mais c’est elle qui décide, Sarah, ce n’est pas toi en fait. Tu vois, tu as beau t’entraîner comme une folle depuis trois mois, tu as beau tout mettre en œuvre pour que ça se passe bien, si la mère, elle n’est pas d’accord, elle ne sera pas d’accord.

Sarah MAALEJ : Et fort heureusement, un lundi de septembre, de début septembre, on a une fenêtre, on a une fenêtre météo. Donc, je le vois le vendredi et donc là, je commence à créer le groupe WhatsApp. Je commence à dire à tous les copains, c’est bon, on peut le faire, on peut le faire. Ça part lundi, les conditions sont OK. Donc, pareil, là, tu vois le stress en deux, trois jours de tout organiser. Donc, de mettre en place les relais, de savoir qui prend quel relais, de préparer tous mes ravitaillements, de contrôler que j’ai bien tout au niveau sécurité. Comme je te dis, toujours une trousse de sécurité avec ta couverture de survie. J’avais des antihistaminiques si jamais on avait des bancs de méduses, parce qu’une piqûre ou deux, ça va, mais si c’est un banc, tu te prends des œdèmes, ce n’est pas la même, tu vois, donc de la vaseline, enfin, tous les petits trucs pour les bobos, etc. Tout ça à gérer, tu vois, qui fait partie du projet sportif et aventurier que représentait cette nage levée au coucher du soleil. Et en fait, tout se dépatouille assez bien. Et le lundi, c’était lundi, c’était le premier lundi, le deuxième lundi de septembre, si je ne dis pas de bêtises. Il y a quinze jours, là, maintenant. Je n’ai plus aucune notion pour te dire des dates. J’ai l’impression que c’était il y a six C’était hier.

Ermanno : Le premier lundi de septembre, je peux te dire quand c’était. C’était le 1er septembre. Et avec Jérôme, on était à l’utile. Donc, ce n’était pas celui-là, mais c’était…

Sarah MAALEJ : Non, c’était celui juste après. Du coup, c’était la semaine suivante. Exactement. Oui, c’est ça. Et donc là, ce lundi-là, ça part. Donc, je me mets à l’eau. Je me mets là à l’eau à sept heures, sept heures et demie à peu près. Et le but était de nager jusqu’à 19h30, si possible. Donc, Au bout du mois, jusqu’à ce que mon corps dise stop, faire le plus de boucles possibles. Donc, j’avais prévu sur le parcours que je t’ai indiqué, ça faisait, j’avais calculé, ça me faisait faire six relais, six boucles en maillot et l’eau était à 20 degrés.

Sarah MAALEJ : Donc, je pars. Les trois premiers tours, je savais que ça allait se faire parce qu’en soi, l’effort, je savais à quoi m’attendre. Je savais que j’allais tenir, même à cette température, ça ne me faisait pas spécifiquement peur. Je m’étais entraînée aussi à manger et à boire, donc sur du six, huit heures, les trois, quatre premières boucles, je savais que ça devait le faire normalement. Après, on n’est jamais à l’abri, comme sur un marathon à pied, tout peut arriver, mais j’étais assez confiante. Par contre, à partir du relais de 15h30, passer les six, huit heures. Là, c’était l’inconnu, là, c’était on prendra chaque minute comme elles viennent et on verra. Et en fait, il s’avère que ça s’est super bien passé, en fait, ça s’est vraiment trop, trop, trop bien passé. J’ai réussi à m’alimenter tout du long, voire même, tu vois, je manquais de nourriture, j’aurais aimé manger plus. J’étais bien, je n’ai pas eu de douleur. Donc après, j’ai fait une prépa, une vraie grosse prépa. J’avais deux séances de renforts d’une heure et demie par semaine, donc je m’entraînais, je burnais 30 kilomètres semaine pendant, j’ai fait, j’ai fait huit semaines spécifiques et avant, j’étais en moyenne à 20 bornes semaine, tu vois, j’avais tout optimisé au niveau du sommeil, de l’alimentation, tout était carré vraiment et ça a payé en fait, ça a vraiment payé. Tu vois, j’ai fait le petit tour chez l’ostéo avant. Enfin, tout était carré, vraiment. Tout était calculé pour que ça se passe bien et ça a marché, donc la nage se passe vraiment super bien. J’ai donc des copains qui se relaient sur le paddle pour me faire les ravitaux et j’ai aussi des copains qui nagent avec moi, donc à chaque tour, j’avais, j’avais à chaque fois une personne qui se mettait à l’eau et qui nageait avec moi de manière ultra bienveillante, qui faisait attention de voir si j’allais bien et à chaque fois qu’on revenait au cercle pour reprendre les ravitaillements et faire les relais. Du monde, du monde qui encourage, du monde qui est là, bravo et ça booste quoi et c’était génial. Je me souviens, c’est vraiment une journée, une très belle journée, limite une journée d’été. Tu vois, il y avait un soleil incroyable, les couleurs étaient magnifiques dans l’eau et puis ouais, j’étais avec une team de potes, mais ils étaient géniaux quoi. Ça sentait, enfin, ils me donnaient une énergie, tu vois, et en fait, c’est ça que j’adore dans ces défis. Pourquoi je fais ces trucs-là? C’est… Ouais. C’est de me dépasser, mais me dépasser avec les autres et créer des moments de vie, tu vois, des souvenirs qu’on va partager ensuite et qu’on va écrire ensemble. On va s’en souvenir toute notre vie de cette journée tous ensemble, tu vois. Et au final, ça se termine plus tôt que prévu. J’arrête de nager à 18h36. J’ai nagé exactement 11h06 parce qu’en fait, au bout du dernier tour, c’est Anoushka qui prend le relais. Donc, Anoushka Dreux, ma coach et amie qui fait de la swimrun, du coup, et là, je lui dis, Anoush, je commence vraiment à fatiguer. Musculairement, je commence à fatiguer un petit peu et surtout, je commence à sentir le froid. Tu vois, on a fait la petite parenthèse en début de podcast, je connais mon corps, je connais cette sensation et je commence à pas être très à l’aise au niveau de mes extrémités. Oui. Je commence à être plus très lucide, à avoir des moments de petit blackout, tu vois, ça ne dure pas longtemps, mais quelques secondes. Je me rends compte aussi que je commence à dissocier, enfin, mes mouvements, ce que je demande de faire, ce que mon cerveau demande de faire à mon corps, ce n’est pas ce que je fais en réalité. Tu vois, je commence à avoir mes bras qui ne nagent plus comme je devrais nager. Et donc, je dis à Anoushka. Je dis, on a fait un petit blackout. Et je lui dis, concrètement, on ne va pas repartir pour une boucle. On ne va pas repartir au Prophet. On va rester à proximité du cercle. Donc, on a une digue en fait à côté du cercle. Et je dis, on va à la digue. Et on fait des allers-retours parce qu’au moins, si ça ne va pas, on peut rapidement rentrer. Donc, tu vois, même ça en fait, j’avais cette conscience de me dire ok, prudence. Et c’est bien de le rappeler à tout le monde, vraiment. N’en faites jamais trop, restez sécure surtout dans l’eau. Vraiment. et il arrive un moment où vraiment je commence à avoir froid où j’arrive plus à m’alimenter en fait ça fait une bonne demi-heure que j’arrive plus à m’alimenter et là je dis il faut qu’on rentre faut qu’on rentre donc sur le coup un peu déçue de ne pas avoir tenu jusqu’à 19h30 mais là je sais que je suis allée au bout de ce que je pouvais et je pense que si on avait, on aurait peut-être pu continuer mais je sais pas à quel prix parce que si je fais une hypothermie ou si je fais un malaise quelles sont les conséquences derrière, j’avais pas envie de finir à l’hôpital de la Timone ça valait pas le coup donc je pense que je me suis arrêtée au bon moment pour éviter de partir dans une blessure ou dans un risque trop important pour ma santé on saurait jamais jusqu’où j’aurais pu aller mais j’avais pas envie d’aller jusqu’à ce niveau là et donc du coup le sort de l’eau est à 11h06 d’effort et environ à la montre j’ai un peu moins de 35 km mais après le GPS le GPS Garmin pour moi est peut-être un petit peu bugué moi je pense que je suis plus à 34 km 33-34 km qui est déjà incroyable mais du coup plus de 30 bornes ça c’est sûr mais on va dire j’ai quasiment nagé 35 km en 11h on parle, on parle, on parle

Ermanno : presque 35 bornes mais c’est un truc de malade j’adore le long mais en natation j’ai pas encore passé le cap franchement et en plus il y a quelques années sur le podcast on avait Stéphane Leca qui est maintenant le directeur technique national de la Fédération Française de Triathlon mais qui avant était directeur technique directeur technique directeur technique national de la Fédération Française de Natation mais sur la partie eau libre et qui est un grand grand grand nageur d’eau libre il a fait la traversée du lac Saint-Jean il a fait des trucs de malade finalement tu fais du long mais tu pars d’un endroit et tu vas à un autre t’as un objectif là t’as fait des boucles donc en plus mentalement mais c’est un truc de malade

Sarah MAALEJ : ouais c’est pas facile c’était pas facile parce que forcément tu le dis à chaque fois que tu reviens au point de départ tu peux arrêter quoi mais vu qu’on avait tout organisé avec les relais donc j’avais des copains à chaque fois qui se relayaient sur le paddle et dans l’eau la journée elle était rythmée tu vois et je pouvais pas en fait m’arrêter enfin je m’arrêtais que si je n’en pouvais plus mais je pouvais pas juste me dire oh je suis fatiguée je m’arrête ben non il y a des copains qui ont posé leur journée il y a des copains qui ont pris deux heures de leur temps pour venir avec moi il y en a qui sont restés plus pour m’aider à me ravitailler enfin ben non impossible d’arrêter même en arrivant vers le cercle des nageurs tu vois c’est impossible non non puis je m’étais trop je m’étais trop impliquée et donnée dans cette prépa franchement ça a été une prépa incroyable tu vois les prépas marathon à pied c’est les prépas qui m’ont souvent le plus appris sur moi sur mon dépassement physique, psychique vraiment un peu type thérapie tu vois je dis toujours à mes copains franchement si vous voulez vous économiser des séances de psy faites une prépa marathon tu vois et là ça allait encore plus je pensais pas je pouvais aller encore plus loin dans la découverte de mes limites de mon corps et de ce que j’étais capable de faire et cette prépa et la réalisation de ce défi c’est encore un step au dessus tu vois et vraiment je suis très très très fière et très heureuse d’avoir pu réussir à faire ce plan Z parce que ce n’était pas du tout le plan A mais après coup je me dis que ça devait aussi se passer comme ça et ce n’est pas plus mal que ça soit passé comme ça parce que ça m’aurait permis de déceler un peu tout ce qui me manquait pour faire les 42 aussi je me rends compte que clairement la 10 bornes de plus c’est énorme donc 10 bornes de plus c’est à la même température soit plusieurs mois plusieurs années de travail sur la gestion du froid soit la combinaison pour tenir soit nager avec 2 degrés de plus ça fait quand même la différence mais il y a déjà ça, la prépa aussi même si j’ai fait une bonne prépa une très belle prépa d’eau libre clairement il faut rajouter 4 semaines voire 5 semaines pour un 42 km donc ça me permet aussi de reconsidérer comment organiser ce projet et finalement ça avait été les 42 originaires j’y serais sûrement pas arrivée et c’est pas grave parce qu’au fond de moi je savais que c’était une possibilité de ne pas y arriver mais je suis contente que ça soit fait comme ça je pense que tout arrive pour une raison et c’est très beau que ça soit fait de cette manière et finalement ça fait que reporter le projet initial parce que dans l’idée j’aimerais bien tenter les 42 l’année prochaine

Ermanno : ça reste quand même ça reste quand même là avant de te projeter sur ce défi là donc t’as nagé en mer dans la Méditerranée et surtout du côté de Marseille qui est un côté très salé ça fait quoi de nager pendant 11 heures et des patates, 35 bandes dans la Méditerranée avec le sel est-ce que t’as eu des méduses est-ce que t’as eu d’autres anecdotes à nous partager aussi bien des bonnes que des moins bonnes

Sarah MAALEJ : euh euh alors très franchement je m’attendais à avoir beaucoup plus de séquelles tu vois physiques justement avec le sel je sais qu’on gonfle avec le sel surtout tu vois pendant les 11 heures j’ai pas du tout enlevé mes lunettes donc je sentais au fur et à mesure que mes lunettes s’enfonçaient de plus en plus et je me suis dit je vais sortir de là je vais être bouffie ça va être horrible et au final bah j’ai pas tant gonflé que ça mais je pense que c’est aussi dû au fait que je me suis beaucoup beaucoup hydratée pas suffisamment je pense qu’il faut aller encore plus loin tu vois j’étais sur j’étais sur 1 litre 1 litre et demi par boucle de 2 heures je pense qu’il faut aller encore plus loin mais c’est déjà bien j’ai réussi à maintenir ça donc ça ça m’a aidé je pense le soleil par contre tu vois ça c’est un truc j’ai nagé en maillot bah en fait tu peux pas te remettre de la crème solaire dans l’eau tu vois clairement j’étais rouge écarlate donc ça c’est vraiment pas un truc que je conseille à faire pour la peau c’est vraiment pas bon donc le poste a été compliqué sur ça avec les coups de soleil et dans l’eau de mer en soi j’avais pas de difficultés particulières avec l’eau salée si ce n’est que tu en ingurgites pas mal donc j’avais peur en fait si tu veux à un moment donné que ça bloque au niveau digestif en ingérant trop d’eau de mer ça a pas été le cas j’ai pas trop trop bu la tasse donc j’ai pas eu le temps donc ça allait mais par contre après le défi j’avais la langue gonflée gonflée gonflée gonflée comme si j’avais plein d’aft mais c’est parti en 24h à peu près et pareil en fait il y a le avant, il y a le pendant et il y a le après de quoi ?

Ermanno : un petit whisky puis ça repart

Sarah MAALEJ : ouais tu bois un petit coup c’est pas mal t’as anesthésie à la bouche donc c’est pas mal non mais en vrai tu vois t’as le avant, l’après-pas t’as le pendant, comment tu gères ta course et t’as aussi le après en fait qui est ultra important et j’ai bu, j’ai bu, j’ai bu à outrance tu vois pour me réhydrater parce que j’étais totalement déshydratée ça on s’en est rendu compte aussi avec ma soeur en fait j’avais vraiment la peau collée sur les os c’est à dire tu vois ça tu pouvais pas le faire et tu pouvais pas tirer la peau de mon bras alors que comme tu sais que c’est un peu comme ça tu vois j’ai pas la peau sur les os quoi et c’est là qu’on s’est rendu compte mais que j’étais vraiment enfin j’avais perdu de l’eau j’aurais dû me peser tu vois le avant et après pour voir la différence je pense que c’est assez impressionnant à mon avis la perte de kilos en termes hydriques parce que clairement tu perds quasiment que de l’eau mais ça prouve à quel point tu te déshydrates de fou dans l’eau tu vois et les gens pareil quand ils nagent mine de rien ils oublient souvent tu vois l’entraînement ou quoi de s’hydrater pensez à boire parce que vraiment on perd beaucoup beaucoup d’eau

Ermanno : ouais sur la partie hydratation ça fait vraiment pas beaucoup parce que déjà en triathlon, en course à pied sur du long, sur du trail sur du ultra trail on te dit minimum 500 ml par heure voire 1 litre par heure quand tu me dis 1 litre, 1 litre et demi par 2 heures ça me parait vraiment pas beaucoup

Sarah MAALEJ : c’est pas énorme je sais je sais mais tu vois j’avais testé j’avais testé comme ça l’entraînement et je voulais pas on change pas le jour de la course tu vois donc il y avait de l’eau en plus au cercle mais sur le paddle on mettait pas plus et je buvais pas plus pas plus tu vois mais en effet ça c’est un axe de travail d’hydrater encore plus parce qu’en effet il aurait fallu boire plus très clairement et après non sinon dans l’eau franchement qu’est-ce que j on a croisé une méduse moi je l’ai pas vue mais je l’ai sentie du coup parce que je me suis prise mais une donc en soit je me suis prise sur la jambe c’est pas très grave quoi et non sinon en soit non non franchement c’est toujours trop beau il y avait plein de poissons donc moi je me régale à regarder les poissons et non c’était magnifique c’est toujours trop beau moi j’adore nager en mer je vois ma ville sous un autre oeil tu vois enfin c’est voir la ville depuis la veille la mer en nageant c’est quand même génial tu vois je longe la corniche en fait pendant la journée pendant que mes collègues ils sont au travail donc franchement il y a pire quoi et non sinon pas de difficultés particulières autre tu vois relatif à l’eau de mer quoi honnêtement ça s’est très bien passé

Ermanno : et au delà de l’aspect mental justement dépassement de soi aller chercher plus loin une fois que ça commence à être dur dépasser tout ça etc qu’est-ce que ce défi t’as appris

Sarah MAALEJ : à part ça ça m’a appris bah comme je te disais par rapport au fait que j’étais dépendante des éléments naturels ça m’a appris la patience ça m’a appris la résilience ça m’a appris à trouver des solutions lorsque je me retrouvais face à des obstacles et à chercher comment les contourner voilà à avoir des plans B des plans C des plans Z parce que mine de rien je voulais aller au bout du projet et qu’en fait je me rends compte bah il y a toujours on trouve toujours une solution tu vois faut pas être fataliste faut pas se dire faut pas être butée et se dire non mais j’avais prévu ça comme ça et pas autrement donc c’est comme ça ou ça se fera pas bah non en fait non comme je te disais ça doit pas se faire comme ça c’est que ça devait pas se faire comme ça et c’est à toi d’aller chercher des ressources et trouver des alternatives et une alternative finalement tu vois moi j’avais l’impression d’avoir fait mon défi au rabais parce que je me suis dit c’est pas du tout ce que j’avais voulu c’est pas du tout ce que j’avais voulu c’est pas ce que j’avais imaginé c’est pas ce que j’avais projeté c’est pas ce que j’avais vendu non plus tu vois parce que mine de rien j’en ai parlé autour de moi et je l’ai vendu mon truc quoi un petit peu mon petit cercle à Marseille et du coup c’est dire non mais c’est une déception tu vois genre t’arrives même pas à honorer ce que tu veux mettre en oeuvre pour toi et ce que tu prétends vouloir faire auprès des autres et en fait je me suis rendu compte bah non pas du tout justement c’est une sacrée preuve d’adaptabilité que de savoir rebondir et trouver des alternatives et de trouver des alternatives qui coïncident avec les contraintes que sont la mer que sont ta vie perso que sont les contraintes aussi voilà des personnes qui t’entourent et de tout le projet initial quoi donc non je suis super fière de moi tu vois encore plus sur ce plan là que sur l’aspect physique c’est vrai que j’ai beaucoup de copains qui sont là à me dire Sarah c’est incroyable ce que t’as fait c’est incroyable sur le plan physique et moi je suis toujours là à me dire mais vous savez enfin si tu t’en tiennes tu peux y arriver enfin vraiment pas en un an pas en deux ans mais c’est réalisable par contre de réussir à se relever à s’adapter à rebondir ça y’a pas tout tu vois même moi il y a peut-être 2-3 ans j’en aurais peut-être pas été capable et aujourd’hui je suis super fière de ça je suis super fière de m’être accrochée au projet et d’y avoir cru et d’avoir trouvé des solutions pour réaliser quand même

Ermanno : ce défi

Sarah MAALEJ : tu vois

Ermanno : écoute félicitations j’étais sur ton Strava là et donc ouais la Garmine te donne 34 930 et c’était le lundi 15 septembre voilà joyeux anniversaire à ma fille parce que c’est le genre d’anniversaire de ma fille donc je n’oublierai pas cette date Sarah pour en parler je n’oublierai pas quand est-ce que tu l’as fait écoute c’est excellent mais tu l’as dit tu vas pas t’arrêter là parce que ton défi un peu au rabais qui est pas au rabais va quand même falloir que tu ailles jusqu’au bout c’est ça ?

Sarah MAALEJ : oui dans l’idée ça serait ça donc après sait jamais ce qui peut se passer mais l’idée ça serait de d’essayer de faire les 42 je dis toujours essayer d’essayer de faire les 42 l’été prochain donc plutôt en juin juillet du coup tu vois j’apprends de mes erreurs mais les jours sont plus longs donc moins de contraintes sur le fait de nager de nuit et l’eau est plus chaude un peu aussi

Ermanno : de quoi ? juin juillet plus de méduses aussi

Sarah MAALEJ : ça ça veut rien dire

Ermanno : on pourrait en discuter

Sarah MAALEJ : les méduses c’est les courants qui te les amènent c’est pas la température de l’eau donc non non tu peux avoir des méduses des bancs de méduses en plein mois de décembre t’inquiète pas elles sont là aussi

Ermanno : ah bah on a vu ça quand on était à le Thileu à Stockholm avec notamment les gars de la kebab league on a nagé dans des bancs littéralement on nageait dans les méduses

Sarah MAALEJ : voilà c’est ça donc non franchement la température ça n’a rien à voir et on peut avoir je peux avoir des bonnes conditions en juin juillet aussi donc ça serait l’idée d’essayer de faire les 42 en juin juillet et cette fois ci de sauter le pas du projet initial c’est à dire que de prendre le temps de s’entourer pour représenter une asso et faire un peu plus de bruit donc sur les réseaux et dans la région et un petit peu plus professionnaliser ça au sens tu vois donc toujours avoir les copains parce que j’adore cet aspect d’aventure humaine vraiment c’est important pour moi dans ces défis mais par exemple tu vois essayer de trouver un sponsor ou quelqu’un une entreprise ou même payer un bateau tu vois pour par exemple être sûr que au moment où j’ai la fenêtre météo bah en fait l’entreprise elle a pas j’ai des skippers j’ai le bateau à disposition et je suis pas dépendante des copains et de leur rythme de vie aussi tu vois parce que c’est normal j’ai des amis formidables qui veulent bien m’aider mais forcément si on a une fenêtre météo le mercredi et que le mercredi c’est le cours de danse de leur fille ou la réunion ultra importante bah ils peuvent pas sortir le bateau tu vois et ça par contre j’ai pas envie d’être en stress sur ces points là donc je dirais aussi tu vois de voir pour un peu plus professionnaliser la logistique tu vois donc ça serait ouais ça serait le projet

Ermanno : écoute on en reparlera en off yes ça marche non mais ce serait cool et puis en plus l’avantage du bateau aussi et nous on l’a vu quand on était à le Thiele à Stockholm à notre petite échelle mais en fait l’avantage du bateau c’est que tu peux aussi embarquer du monde sur le bateau des sponsors des spectateurs etc et le bateau si tu fais des boucles encore plus mais si tu fais une ligne droite un peu moins mais si tu fais des boucles le bateau il peut aussi déposer et reprendre des gens ça veut dire que les spectateurs les gens qui sont sur le bateau qui t’accompagnent ou qui veulent juste venir te voir te soutenir ils sont pas obligés de passer la journée sur le bateau mais bon ça c’est des sujets j’imagine auxquels tu as déjà réfléchi

Sarah MAALEJ : oui oui bah c’est en cours après c’est à rediscuter du parcours voir si je repars sur le parcours originaire ou si je fais comme tu dis une ligne droite ou si je refais des boucles je sais pas trop encore ça je m’en occuperai tu vois en début d’année en janvier 2026 là la fin d’année je lâche un peu je lâche un peu tout ça je veux juste kiffer faire du sport plaisir j’ai aussi un petit marathon pour 2026 à pied donc voilà ça sera il y aura le marathon à pied et le marathon en eau libre ça sera des beaux projets pour 2026 et pour préparer la suite on l’espère avec l’enduromane dans deux trois ou quatre ans

Ermanno : excellent excellent et puis c’est marrant parce que je suis toujours sur ton strava et on voit que de jour en jour après t’es reparti courir quoi donc effectivement t’es insatiable

Sarah MAALEJ : ouais ouais je suis allée faire un petit footing mais je te disais que tu te remets vraiment très très vite tu te remets vraiment très très vite au niveau physique je te conseille pas de forcément de faire ça parce que comme je te disais au niveau nerveux par contre j’ai été bien impacté là aussi tu vois mais en fait tu vois pour te dire après la course ça a été très bizarre j’ai eu une énergie folle parce c’est à dire dis toi le soir même je n’ai pas dormi ouais je n’ai pas réussi à fermer l’oeil de la nuit et la semaine qui a suivi j’avais une énergie débordante et j’ai eu le down la semaine la semaine dernière tu vois la semaine d’après donc donc c’est pour ça que j’en ai profité pour oui deux jours après aller dans les calanques courir avec mon chien promener le chien

Ermanno : comme je dis ça fait partie aussi du défi

Ermanno : de l’après moi ce qui j’ai cette image de l’Everest parce qu’on parle souvent de il, elle a gravi l’Everest mais gravir l’Everest ça veut dire aussi le redescendre c’est pas juste en chier pour le monter mais après il faut redescendre il faut redescendre de façon intègre si tu veux valider la performance entre guillemets et dans tout défi c’est pareil il y a la préparation donc l’avant il y a le défi le pendant et puis il y a l’après il faut savoir le gérer et c’est souvent là que le bas blesse

Sarah MAALEJ : c’est vrai t’as totalement raison et c’est là que c’est très important de l’anticiper tu vois et déjà de prévoir cette descente et dans le cas d’une course le après c’est vrai totalement

Ermanno : et puis de préparer ses proches aussi à l’anticiper parce que c’est aussi souvent dur pour eux souvent ils te disent bon ben voilà c’est bon t’as fait ton défi maintenant tu nous lâches on reprend une vie normale non mais la vie normale tu peux pas la reprendre tout de suite

Sarah MAALEJ : non non t’as besoin de redescendre

Ermanno : écoute Sarah on arrive doucement à la fin presque une heure et demie on est pas mal le podcast s’appelle devenir triathlète je vais quand même te poser la question toi à ton avis au regard de toute cette expérience surtout en nage mais t’as aussi fait quelques triathlons on sait pas on sait pas attarder là dessus mais à ton avis comment est-ce qu’on peut devenir triathlète qu’on soit avant coureur cycliste ou nageur nageuse

Sarah MAALEJ : comment devenir triathlète bah je pense que dès lors qu’on maîtrise déjà un des sports et qu’on aime être dehors ça c’est bête mais c’est des sports d’extérieur à partir où on t’aime être dehors et où t’en as déjà un et pour peu que tu touches un peu à un second moi je trouve que c’est c’est bête de pas tenter l’expérience d’essayer les trois tu vois jamais deux sans trois c’est pas pour rien et franchement c’est un sport c’est un c’est un sport tellement enrichissant ludique qui va te permettre dans chaque discipline de t’améliorer dans les autres disciplines tous les jours aucun jour se ressent tu vois je trouve ça génial de pouvoir varier ta pratique moi je suis une personne qui adore découvrir qui adore faire plein de choses comme je dis souvent je suis touche bonne en rien mais touche à tout tu vois et le triathlon quand t’es curieux et que t’aimes bien toujours être là apprendre plus bah c’est le sport je pense assez idéal parce que avec les trois disciplines tu peux jamais t’ennuyer tu peux toujours progresser encore plus que dans une seule discipline et tu ne peux jamais t’ennuyer

Ermanno : écoute je valide la réponse

Ermanno : Sarah pour finir et pour reparler un petit peu communication où est-ce qu’on te suit qu’on t’encourage qu’on t’envoie des likes éventuellement quand tu dis l’année prochaine je serai à Marseille pendant l’été je veux bien venir t’aider bah alors du coup il va il va y avoir

Sarah MAALEJ : il va falloir que moi aussi je commence un peu à m’y attarder mais donc je suis je suis sur Instagram il faut que j’ouvre mon profil ça serait bien sous mon nom Sarah MAALEJ vous pouvez me retrouver sur Insta et également pour tout ce qui est vraiment performance on va dire sportive il y a le Strava donc avec mon nom aussi Sarah MAALEJ et n’hésitez pas sinon à me contacter directement sur Insta je répondrai en DM avec plaisir

Ermanno : et à la prochaine je mettrai tout ça dans les notes de l’épisode merci beaucoup Sarah de ton temps de cette patate cette énergie cette transmission de plein de bonnes choses je te remercie vraiment beaucoup je te souhaite une bonne continuation tu vas nager là ce midi ? t’enchaînes ?

Sarah MAALEJ : ouais je pense que là je vais y aller avant de retourner au bureau

Ermanno : je prends un bisou à Jérôme aussi si tu le croises merci encore et puis à l’année prochaine du coup

Sarah MAALEJ : oui merci à toi Ermanno et oui à très vite

Ermanno : ciao

Sarah MAALEJ : ciao ciao

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