🤔 « Le sport ne forge pas le caractère, il le révèle. » — et chez les amateurs comme chez les élites U23, la vraie perf, c’est durer, progresser… et rester en D1.
🎙️ Dans cet épisode, on reçoit avec Johan Besse (20 ans) — triathlète D1 chez Sardines Triathlon, double-cursus Polytech Marseille + sport de haut niveau. On démonte les coulisses de la D1 (règles, scoring d’équipe, stratégie), ses apprentissages sur les Coupes d’Europe (logistique, sélection à J-30…), la routine mentale, et un plan d’entraînement axé aérobie (beaucoup de Z2, intensités ciblées) pour performer sur format sprint.
📋 Au menu :
- Comment une équipe jeune joue la cohésion pour se maintenir en D1
- D1 vs D2 : formats, points, sélection des 5 partants, rôle du “joker”
- KPI qu’on oublie : taux de blessure & gestion des charges (course à pied 60–70 km/sem, natation 4–5 km/séance, vélo 10–15 h les grosses semaines)
- Mental & rituels : dialogues internes, routines pré-course
- Coupes d’Europe en “open” : critères, tenues, coûts & orga (J-30 = billets plus chers… comment s’adapter)
🏃🏼♀️ Notre invité :
- Instagram : @bessejohan : https://www.instagram.com/bessejohan
- LinkedIn : Johan Besse : https://www.linkedin.com/in/johanbesse
- Club : Sardines Triathlon (IG : @sardines_elite_triathlon)
📝 Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche :
• « La D1, c’est 80 au départ… mais 80 costauds. »
• « En sprint, si t’es pas à 100%, ça ne pardonne pas. »
• « Moitié intensité, moitié zone 2 — mais l’aérobie reste la base. »
• « On ne brûle pas les étapes : U23, apprendre vite, souvent, longtemps. »
• « La vraie stratégie D1 ? Penser équipe avant chrono. »
💡 Le conseil de Johan
« Va étape par étape. Si tu pratiques les 3 disciplines avec discipline et régularité, tu es déjà triathlète. Fixe un cap atteignable cette année, puis monte d’un cran l’an prochain. »
🤔 Et pour finir ?
Vous embarquez avec moi ? Partagez cet épisode à 1 ami qui vise la D3/D2/D1 — on l’invite pour un retour d’expérience !
PS : nous sommes maintenant sur Strava ! https://www.strava.com/clubs/DTxOT !
💬 La transcription de l’épisode
Lire la transcription intégrale
Ermanno : Le sport ne forge pas le caractère, il le révèle. C’est cette conviction, ce mantra qui m’anime depuis des décennies, sur les terrains d’entraînement comme dans la vie. Et c’est aussi ce qui donne vie à ce podcast. Aller à la rencontre de celles et ceux qui, par leur parcours, leurs astuces et leur état d’esprit, nous montrent comment devenir triathlète, comment progresser et enfin comment performer en triathlon. Que nos invités soient des passionnés du dimanche, des amateurs éclairés ou des pros aguerris, chacun apporte sa pierre à l’édifice. Leurs expériences, leurs échecs, leurs victoires, c’est une mine d’or pour débloquer vos propres objectifs. Prêt à plonger ? Suivez le guide, ou plutôt suivez les guides. Et avant de commencer, un petit rappel. Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux du podcast et sur votre appli préférée pour partager vos retours, vos questions ou simplement un petit mot d’encouragement. Tout est aussi sur devenire-triathlète.com. Les ressources de l’épisode, les bios des invités et bien plus pour booster votre pratique. Bonne écoute et surtout, bon entraînement.
Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno. Et je suis très heureux de vous recevoir. Je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète. Aujourd’hui, on va parler avec un triathlète de haut niveau qui va nous raconter un petit peu comment est-ce que se passent ses journées, comment se passe son entraînement, comment est-ce qu’il construit un petit peu sa vie de sportif de haut niveau. Je suis très heureux de tendre le micro à Johan Besse. Salut Johan. Salut, enchanté. Johan, comme je disais, je suis super content de te recevoir sur le podcast. Déjà, je te remercie d’avoir accepté mon invitation sur LinkedIn et puis d’avoir été aussi enjoué, enclin à pouvoir lancer cet enregistrement. Franchement, tu me disais en off que là, tu es sur Marseille. Toi, tu habites à Marseille à l’année ?
Johan BESSE : Oui, j’habite à Marseille à l’année chez mes parents et je m’entraîne à Marseille toute l’année.
Ermanno : Le Sud est connu pour produire pas mal de triathlètes de haut niveau. Normalement, c’est plutôt un petit peu plus loin sur la Côte d’Azur, du côté de Boulouris. Qu’est-ce que tu fais, toi, à Marseille ?
Johan BESSE : Alors, à Marseille, je suis un double cursus sport-études. Je suis en parallèle en école d’ingénieur à Polytech Marseille. J’entame la rentrée. En la rentrée de septembre, j’entame ma troisième année de prépa intégrée. Et en parallèle, je suis triathlète de haut niveau en division 1 et en coupe d’Europe. Enfin, je fais des coupes d’Europe.
Ermanno : Bon, donc si je ne m’abuse, tu as dans la vingtaine, 20, 21 ?
Johan BESSE : Oui, j’ai 20 ans. Je suis né en 2005. Et donc, voilà, j’ai toujours vécu à Marseille. Je me suis toujours entraîné sur Marseille depuis que je suis jeune.
Ermanno : Bon, écoute, la première question que je réserve à mes invités, elle est assez simple. Je leur demande de se présenter. Donc, même si on est impressionnés, on va un petit peu rentrer dans le vif du sujet. Le micro est à toi. Prends le temps que tu veux. Dis-nous tout. Qui est Johan Besse ?
Johan BESSE : Donc, je suis Johan Besse. J’ai 20 ans. Je suis adhérent au club des sardines triathlon. Donc, on est en division 1 de triathlon cette année. Et on a déjà entamé notre saison depuis maintenant début juin. Donc, voilà. Et de mon côté, je suis une formation en école d’ingénieur à Polytech Marseille. Je suis en prépa intégrée. J’entame ma troisième année. Elle a rentré en septembre 2025. Et ensuite, j’intégrerai le cursus, l’école d’ingénieur de Polytech Marseille. Je ne sais pas encore dans quel département je me spécialiserai. Mais ce qui est sûr, c’est que je continuerai ma formation.
Ermanno : École d’ingénieur. Donc, ce qui veut dire, tu as dit prépa intégrée, post-bac direct. Même si tu ne sais pas encore vers quoi tu vas t’orienter en spécialisation, qu’est-ce qui t’a amené à aller sur une école d’ingé ? Est-ce que c’est comprendre les process ? Comprendre un petit peu comment fonctionner ? Comment fonctionne la mécanique, les mécanismes ? Ou est-ce que c’est autre chose qui t’a guidé vers cette formation ?
Johan BESSE : Ce qui m’a guidé, c’est que j’aimais beaucoup les maths et la physique au lycée. Et en fait, je voulais chercher une formation qui me permettait de continuer le sport de haut niveau en triathlon. Parce que je m’étais donné beaucoup de mal pour atteindre un assez bon niveau. Enfin, un niveau de débrouille qui est assez correct. Et donc, je voulais continuer en parallèle à faire du sport à haut niveau, à très haut niveau. Et des études à côté. Et donc, ce que j’aimerais faire, ça serait travailler au plein air. Donc, sûrement dans le département en génie civil ou matériaux. Ou en mécanique énergétique. C’est un peu les enjeux de l’avenir. Et c’est ce qui m’intéresse en parallèle. Et vu que j’étais dans une pratique sportive qui est assez collective, entre guillemets, même si c’est un sport individuel. Parce qu’on développe beaucoup de qualités à l’entraînement. Que ce soit au niveau de la cohésion. Enfin, le sport, c’est l’école de la vie. Je voulais vraiment… Me tourner vers une formation qui permet de coïncider les deux. Parce qu’en triathlon, on retrouve l’esprit d’équipe et en ingénierie aussi. On travaille souvent avec des équipes et sur des projets avec beaucoup de personnes.
Ermanno : Et est-ce que justement, ton expérience de sportif de haut niveau t’apporte quelque chose dans les études ? Et inversement ?
Johan BESSE : Oui, parce que ça demande beaucoup d’organisation de faire notre sport, qui est le triathlon. Donc, ça m’a permis de… Comment dire ? Par exemple, au partiel, je te donne un exemple directement. Donc, je préfère illustrer comme ça. Souvent, là, en école d’ingé, c’est difficile de finir les sujets. Et il faut faire des choix stratégiques pour pouvoir obtenir la moyenne. À part, bien sûr, si on est des génies, quoi. Et même au niveau des études, ça demande beaucoup d’organisation. Donc, mes journées, elles sont rythmées par entraînement le matin, très tôt. Ensuite, cours. Et les deux autres sports à l’après-midi qui sont le vélo et le cross-apier. Souvent, je fais la natation le matin et le vélo et le cross-apier l’après-midi.
Ermanno : Et le fait d’être dans un double cursus ? Études et sports de haut niveau. Et les deux autres sports de haut niveau, ça implique quoi dans tes études ? Est-ce que tu as des aménagements ? Est-ce que tu peux rallonger tes années d’études ? Donc, on le rappelle, une école d’ingé, c’est en cinq ans, en général. Deux ans, soit de prépa intégrée, soit de prépa externe. C’est la fameuse classe préparatoire. Et après, trois ans d’école d’ingé. Toi, ça représente quoi, ton cursus, en tant que sportif de haut niveau ?
Johan BESSE : J’ai obtenu le statut de sportif de haut niveau à Polytech Marseille dès que je suis rentré dans l’école. Donc, j’ai pu aménager ma prépa en trois années au lieu de deux. Ce qui m’a permis d’étaler un peu. C’était un peu plus les cours. Cette année, c’était un peu plus compliqué parce que j’avais des cours communs entre la première année et la deuxième année. Donc, j’ai dû faire des choix au niveau des cours. Mais sinon, ça m’a permis vraiment de prendre le temps de m’entraîner et d’organiser mes journées en fonction du triathlon, même si derrière, je devais aller en cours. Et aussi, il y avait beaucoup d’efforts qui ont été faits au niveau de ce qu’on appelle l’environnement numérique de travail. Il y a les profs qui ont mis les cours en ligne pour qu’on puisse suivre à distance. Si jamais, on ne peut pas aller en cours à la faculté en présentiel.
Ermanno : Est-ce que tu as aussi une charge de travail ou une charge d’enseignement qui va être un petit peu balancée suivant la période dans la saison ? Sur la période hivernale, où finalement, tu vas courir moins de courses de Grand Prix, où tu vas avoir peut-être un petit peu plus de temps à consacrer aux études. Et puis après, sur la période dite plutôt estivale, à partir d’avril-mai, où les entraînements vont s’intensifier, les compétitions vont s’intensifier, les déplacements vont s’intensifier, tu vas être un petit peu plus relâché ?
Johan BESSE : Généralement, chaque année, de septembre, c’est divisé en deux semestres. J’ai souvent deux examens par semestre. J’en ai un plutôt vers… Les premiers partiels se déroulent plutôt vers novembre. Ensuite, l’examen final du semestre se déroule en janvier. C’est identique pour le deuxième semestre. Les premiers DS arrivent en mars. Et les examens finaux se déroulent… C’est organisé tout au long de l’année. Il n’y a pas une période où c’est vraiment focus études-études. C’est toujours régulier tout au long de l’année.
Ermanno : Du coup, revenons à ta pratique du triathlon. On va peut-être commencer par ta découverte du triathlon. Là, tu as 20 ans. Tu nous as dit que tu as obtenu le statut de sportif de niveau quand tu es rentré à l’école, donc il y a deux ans et quelque chose, donc à 18 ans. Mais le triathlon, tu l’as rencontré, tu l’as découvert. Comment et à quel âge ?
Johan BESSE : Je l’ai découvert à six ans par le biais d’une collègue à ma mère, donc son fils était à l’école primaire avec moi. Et il m’a, comment dire, il m’a initié au triathlon. Il m’a dit, viens essayer comme tout le monde et on voit comment tu développes ta relation avec le triathlon. Donc, j’ai tout de suite accroché, juste j’étais un peu, comment dire, la notation, ça ne me disait pas trop, mais élever le gros sapé, j’ai beaucoup aimé et je n’ai pas fait que du triathlon dans ma jeunesse, donc à côté, j’avais toujours des sports comme le volet, le tennis, le tennis de table. J’ai touché un peu à tous les sports de ballon, sauf le handball et le foot, bien sûr, et donc je me suis vraiment consacré au triathlon à partir de 14 ans, à l’âge de 14 ans, donc en troisième, en fin de collège. Et c’est là que j’ai vraiment, je me suis mis, j’ai mis les bouchées doubles pour réussir à avoir un bon niveau et faire partie des meilleurs au niveau national.
Ermanno : Donc 14 ans, il y a six ans, ça veut dire quoi à 14 ans, commencer à mettre les bouchées doubles ? Est-ce que tu étais sur quel rythme d’entraînement ? Versus les études, comment ça s’articulait déjà si jeune ?
Johan BESSE : Généralement, c’était un peu les entraînements club, donc je ne faisais pas beaucoup de choses de mon côté, c’était une à deux fois par jour, même pas deux fois par jour, c’était une fois par jour. Et à partir de 14 ans, j’ai commencé à vraiment donner un sens à mon entraînement, donc à suivre une planification régulière et globale établie par mon coach de toujours, Enric Pierton. Et donc, au fur et à mesure des années, on a augmenté le volume horaire et ça a pris de plus en plus de temps. Plus de place dans ma vie. Donc avant, c’était plutôt un loisir que je faisais. Je ne me prenais pas trop la tête. J’essayais juste, c’était vraiment que du plaisir. Donc en vélo, course à pied, je me régalais, en natation aussi. Et après, j’ai vraiment mis l’accent sur les trois sports à partir de 14 ans.
Ermanno : Mettre l’accent sur les trois sports, ça veut dire quoi ? Tu commences à faire du bi quotidien, tu commences à faire des sorties beaucoup plus longues le week end, notamment en vélo, parce qu’on ne va pas se mentir, le vélo, c’est quand même la partie la plus chronophage du triathlon. Donc à 14 ans, ça veut dire quoi ?
Johan BESSE : 14 ans. J’ai commencé à, par exemple, faire du bi quotidien, comme tu l’as très bien dit et à apprendre, comment dire, à comprendre mon entraînement, donc à m’intéresser à comment je m’entraînais, quelle façon était mieux que l’autre, de quelle façon c’était, de quelle façon se corrélait mon entraînement.
Ermanno : Tu l’as dit, tu as toujours eu le même coach depuis que tu as commencé. C’est le coach du Club des Sardines ?
Johan BESSE : Oui, c’est ça. C’est le coach du Club des Sardines de toujours, Aymeric.
Ermanno : Il n’est pas rare que des jeunes athlètes au cours de leur carrière changent une ou plusieurs fois de coach. Toi, qu’est-ce qui t’amène à rester avec ce coach-là ? Donc tu as découvert à 6 ans, ça fait finalement 14 ans que tu « travailles » avec lui. Quelle est votre relation entre athlète et entraîneur ?
Johan BESSE : On a une bonne relation, donc on communique souvent par le biais de l’application AidoSport. Ça nous permet de vraiment évaluer le niveau de forme actuel et d’adapter l’entraînement en fonction de comment, de comment je me sens et de comment se sentent les athlètes, parce qu’on est un groupe d’entraînement et l’entraîne un groupe d’entraînement, pas uniquement moi. Donc on a souvent des comptes rendus et il vient une à deux fois par semaine sur nos entraînements parce qu’en fait on s’entraîne à la distance le reste du temps, donc on est en autonomie. Parce que mon coach, ce n’est pas son métier, à côté il est kiné, il a un cabinet de kinésithérapie du sport. Donc voilà, il mène une « double vie » entre guillemets. Donc voilà, il mène une « double vie » entre guillemets. Et c’est très bien. Il nous a fait développer de grosses qualités dans les trois sports. Et voilà, donc ça nous a toujours convenu. Et au fur et à mesure des années, on se remet toujours en question sur l’entraînement. Mon coach, il évolue, on teste de nouvelles choses et c’est une constante remise en question entre guillemets. Il y a toujours des challenges, toutes les années c’est différent, ce n’est pas redondant comme on dit dans le milieu.
Ermanno : Et vous êtes, donc là, la team de D1, du club des Sardines. Vous êtes combien ? Vous êtes tous basés à Marseille ?
Johan BESSE : Alors non, on n’est pas tous basés à Marseille. On est en tout, on doit être une dizaine, je ne sais plus trop exactement. Donc on a un groupe d’entraînement sur Marseille. On doit être à peu près 5-6 personnes à s’entraîner sur Marseille, qui font partie de l’effectif D1. Et on a un anglais que j’ai rencontré il y a deux ans en stage équipe de France, en regroupement équipe de France à Vittel en août 2023. Donc il est venu au club parce qu’on a développé une super amitié et je l’ai invité à venir dans notre club. On a aussi Hugo Borel qui faisait partie du Val d’Ophélie Olympique et qui nous a rejoints cette année, donc il y a un renfort de taille. Et Léo Fernandez aussi qui s’entraîne sur Fréjus, sur Saint-Raphaël pardon, excusez-moi. Et donc voilà, Hugo il s’entraîne avec Pierre Lecor, à Montpellier et donc je pense que j’ai fait le tour de l’effectif.
Ermanno : Que des noms qu’on ne connaît pas, c’est bizarre. Non, je blague évidemment. Donc vous avez quand même cet avantage d’être un petit noyau dur qui s’entraîne sur Marseille. Donc j’imagine que ça renforce aussi les liens dans une équipe de D1. Et puis justement, on reviendra peut-être un peu plus sur ce que ça veut dire de la D1. Que vous soyez déjà un noyau dur présent sur Marseille, 5-6 personnes dans le groupe d’entraînement, ça permet aussi de renforcer les liens et puis peut-être de faciliter la communication pendant les compétitions.
Johan BESSE : En fait, on est une équipe de jeunes, entre guillemets. On se connaît tous, on est tous pratiquement I-23. Enfin, on est tous I-23 en fait. On est un peu l’équipe jeune du circuit qui apprend, qui prend de l’expérience au fur et à mesure de la saison. Et on se connaît tous, donc en fait on est un cercle d’amis. Et c’est toujours un plaisir de se regrouper et de partir ensemble en déplacement. Enfin, c’est vraiment super, on passe de super moments ensemble.
Ermanno : Pour revenir à toi, quand est-ce que tu as commencé la D1 ?
Johan BESSE : D’ailleurs, je l’ai commencé cette année, donc début juin. En fait, on a suivi une ascension progressive. Donc, on est monté en D2, il me semble que c’était en 2019, juste avant le Covid. Et ensuite, du coup, on s’est maintenu en D2 pendant toutes ces années. Et jusqu’à l’année dernière, on a réussi à faire une super saison et de super performances collectives. Donc, on a réussi à monter en D1. Et donc, c’est notre première année à ce niveau. Et on engrange le maximum d’expérience. Et le but, c’est de se maintenir en fin de saison. Donc, voilà.
Ermanno : Cool, excellent. Vous êtes vraiment justement en train, comme tu le dis, d’engranger de l’expérience. Les petits jeunes qui se forment au contact des meilleurs.
Johan BESSE : Exactement. Parce que sur Andéa, on retrouve les stars mondiales. Les Olympiens, les gars qui sont sur le circuit mondial cette année. C’est une densité exceptionnelle qui nous permet vraiment de se confronter au meilleur. De voir les axes. De voir les progressions qu’on doit suivre. Enfin, améliorer, quoi.
Ermanno : Et justement, ton objectif, c’est de faire partie des meilleurs. D’aller chatouiller les grands noms du triathlon qu’on connaît. Et dont on a la chance de les voir courir en D1. Même les étrangers.
Johan BESSE : Oui, j’aimerais. J’aimerais, bien sûr. J’aimerais. Mais il reste encore beaucoup de travail. Et c’est que le début. Donc, il faut se laisser le temps de travailler à l’entraînement. Et ensuite, on verra comment ça se passe en course, quoi. Parce que c’est toujours délicat de se… Comment dire ? De réussir à réaliser une course pleine. Et d’être au contact des meilleurs. Parce qu’on peut toujours avoir une erreur de placement. Enfin, on n’est jamais à l’abri d’une erreur… D’une erreur… Enfin, d’un détail qui se passe pas bien en course, quoi. Donc, voilà.
Ermanno : Ça tombe très bien que tu fasses partie de cette jeune équipe. Tu vas peut-être pouvoir rentrer un peu plus dans le détail avec nous. De ce que c’est que la D1. Ce que ça veut dire. Comment ça fonctionne. Surtout toi qui as connu aussi la D2. On en parle souvent sur le podcast. Mais c’est vrai qu’on ne rentre pas souvent dans le détail. Donc, toi qui es un néo-coureur en D1. Peut-être que tu peux nous donner ton ressenti, ton impression. Et puis, tes ambitions aussi.
Johan BESSE : Donc, je commence par la D2. Parce que c’était la division dans laquelle on courait l’année dernière. Donc, c’est un championnat par équipe. Il y a, si je ne me trompe pas, il y a 16 clubs par division. Oui. Donc, 16. Après, entre 16 et 18 équipes. Et donc, au fur et à mesure… Donc, c’est une saison. Et il y a 4 étapes en division 2. Et 5 étapes en division 1. Donc, en division 2, le format, c’est ce format sprint. Donc, 750 mètres de natation, 20 km de vélo et 5 km de course à pied. Et en fait, le classement, à la fin de chaque étape, il y a un classement. Et c’est les 3 premières personnes de chaque équipe qui classent. Et qui permettent à l’équipe d’engranger des points, on va dire. Donc, par exemple, si on… Le gars de l’équipe finit premier, il engrange 1 point, 2e, 2 points, 3e, 3 points, et ainsi de suite. Et c’est l’équipe qui a le moins de points, donc qui a fait les 3 meilleures performances sur les 3 gars qui l’ont classé, qui gagne la manche. Donc, voilà. Et en fin de saison, c’est les 3 premières équipes de division 2 qui montent en division 1. Et les 3 dernières équipes de division 2 qui descendent en division 3.
Ermanno : Et dans chaque équipe, je te remercie pour ces précisions, dans chaque équipe, vous êtes… Vous êtes combien de coureurs ? Parce que tu dis que c’est les 3 meilleurs de l’équipe qui marquent des points. Mais vous pouvez être combien ? 3, 4, 5, 10 ?
Johan BESSE : On est 5 dans l’équipe. Et l’année dernière, on pouvait ajouter 2 et 23. Donc, cette année, ça a changé. Il y a une nouvelle règle. Donc, c’est qu’un seul et 23. Donc, par exemple, il y a… On va dire, imaginons qu’il y a quelqu’un qui sort un peu loin en natation. Il y a 2 gars, les 2 gars qui courent un peu moins bien, qui vont l’attendre et qui vont essayer de le ramener devant. Ce qui était un peu mon cas l’année dernière. Et donc, derrière, ça permet… C’est vraiment une course d’équipe. On est un des rares clubs, les Sardines, à mettre en place une stratégie d’équipe qui nous permet de… Comment dire ? De s’amuser sur la course. On prend tout le temps du plaisir. Tout le monde se soucie. On a les coachs qui sont au bord de la route qui nous indiquent s’il y a… Les écarts entre chacun et comment… Et les consignes qu’on nous donne. Et donc, voilà. C’est vraiment une course d’équipe. On n’est pas là pour… On n’est pas individualiste. On se soucie toujours du positionnement des autres personnes qui sont dans notre team.
Ermanno : Oui, l’objectif, c’est de marquer des points le moins possible. Tu l’as expliqué. Mais effectivement, stratégiquement parlant, ça va être peut-être plus avantageux d’attendre le ou les copains qui sortent moins bien en natation pour pouvoir faire un gros vélo tous les trois et là, jouer sur l’effet d’aspiration, l’émulation de groupe, etc. Plutôt que de faire chacun sa course et puis à la fin, on compte les points.
Johan BESSE : Oui, exactement.
Ermanno : Est-ce que les équipes peuvent se mélanger ? C’est-à-dire, est-ce qu’il peut y avoir deux gars qui sont en train de se mélanger ? Est-ce qu’il y a des sardines devant ? Un autre qui, malheureusement, aura crevé ou autre qui restera derrière ? Mais malgré tout, que vous soyez mélangé avec des mecs de Poissy ?
Johan BESSE : Ou est-ce que c’est vraiment des blocs par équipe Non, non, non. C’est souvent un mélange. Il y a souvent une émulation, comme tu le disais avant, au niveau des différentes équipes. Donc, par exemple, imaginons un scénario de course. Il y a une équipe qui a trois personnes déjà devant dans le pack de tête. Et il y a le pack de chasse où il y a encore deux personnes de cette équipe-là. Ces deux personnes-là, elles ont intérêt à ne pas rouler. Pour ne pas faire rentrer le pack sur les trois personnes qui sont devant, qui classent l’équipe. Parce que s’il y a deux meilleurs coureurs derrière, ils vont piquer les places à ceux qui sont devant. Donc, en fait, ça dépend vraiment de chaque équipe. Il y en a, des fois, on a des intérêts communs avec d’autres équipes pour rouler parce que nos trois gars, ils ne sont pas forcément devant. Et d’autres fois, il y a des équipes qui ont des meilleurs nageurs et qui ont assez d’avance devant, qui sont trois. Et donc, on n’a pas besoin de rentrer forcément. Elles n’ont pas besoin de rentrer. Elles n’ont pas besoin de faire rentrer leur gagne derrière sur le pack de tête. Elles n’ont plutôt pas intérêt.
Ermanno : Donc ça, c’était pour la division 2. Et finalement, la division 1, ça va être la même chose. Mais à chaque fois, D2, D3, D1. Enfin, D3, D2, D1. On va augmenter en termes de force, de puissance et de résultat. Exactement.
Johan BESSE : C’est à peu près ce que je vous ai expliqué avant pour la D2. C’est exactement le même processus pour la D1.
Ermanno : Donc, 20 équipes. Enfin, 18 équipes. Vous pouvez être jusqu’à 5 personnes. Donc, ça fait quand même un petit nombre de personnes qui prennent. Qui prennent le départ.
Johan BESSE : Oui, oui, oui. Chaque fois, c’est en faisant le calcul, c’est à peu près 80 personnes qui prennent le départ à chaque étape. Mais c’est 80 costauds. C’est vraiment une densité de fou. Donc, voilà.
Ermanno : Tu disais qu’il y avait 5 étapes en D2, 4 en D1.
Johan BESSE : 5 en D1 et 4 en D2. Donc, cette année, par exemple, il y avait le 8 et 9 juin, il y avait Albi. Le 28 juin, il y avait Vichy. Le 6 septembre, il y a Quiberon. Le 20 et 29 juin, il y a Albi. Le 21 septembre, la Bolle. Et le 27 et 28 septembre, Cabourg, la finale, la grande finale. Donc là, pendant… Lors de la grande finale, il y aura un coefficient qui s’appliquera. Donc, ça sera le coefficient fois 1,5. Donc, chaque place sera multipliée par 1,5. Ce ne sera pas comme les étapes d’avant où le coefficient était uniquement de 1.
Ermanno : Toi, dans tout ça, comment est-ce que tu finis tes courses, en général ? Le club des sardines est plutôt aux avant-postes, plutôt en milieu de peloton, plutôt à la fin du peloton ? Oui. Depuis que vous êtes monté en D1 ?
Johan BESSE : Là, depuis qu’on est monté en D1, au classement général, on est premier relégable. Donc, il va falloir s’accrocher, mais c’est notre première année. Donc, on va faire le maximum, comme j’ai dit précédemment, pour se maintenir et se battre avec les autres équipes qui sont juste un peu devant nous. Donc, voilà. Les premières étapes, on s’est plutôt bien débrouillé. On a fini… Donc, à Albi, on a fini 13e de la manche. Donc, premier non relégable. Et à Vichy, on a fini 11e. Donc, on s’est plutôt pas mal débrouillé. Mais en fait, ça dépend des autres équipes aussi. Donc, les autres équipes ont mis les bouchées doubles et ont fait des meilleurs résultats que nous. Donc, en fait, on se retrouve à égalité avec les premiers non relégables et à 2 ou 3 points des 3 autres équipes qui sont devant nous, qui sont passées devant nous.
Ermanno : Tu disais que l’équipe, c’est une dizaine de personnes à peu près. Vous partez à 5 maintenant. Donc, ça veut dire qu’il y en a qui restent sur le carreau. Comment se fait la sélection de qui prend le plus de points ? Ou prend pas le départ ?
Johan BESSE : La sélection se fait selon le niveau de forme actuel de chacun, déjà. Et d’autre part, du profil de l’étape. Donc, par exemple, on va miser sur, par exemple, l’étape dernière. On a misé plutôt sur un nageur-rouleur qui peut accompagner les 3 gars qui étaient devant parce qu’on avait une équipe de nageurs. Donc, il y a Léo Fernandez qui est sorti pack de tête et Christophe Fer, donc, Shilton, Lampier et Goborek qui sont sortis 2e pack. Et il y avait Rémi Fernandez. On avait choisi Rémi Fernandez pour les accompagner. Donc, voilà, il a fait un bon boulot. Et on m’avait choisi aussi, moi, en tant que joker parce que vu que je sors un peu plus loin en natation, si jamais ça se regroupait, s’il y avait un regroupement général, ça me permettait de pouvoir classer l’équipe si jamais il y avait un problème devant.
Ermanno : Et du coup, ça s’est réalisé ? Tu as aidé l’équipe à la classer ou est-ce que les 3 ont fait le job devant ?
Johan BESSE : Les 3, heureusement, les 3 ont fait le job devant mais je suis sorti un peu lent en natation et j’avais une gêne au pied donc je n’ai pas trop pu courir. J’ai dû abandonner, malheureusement, parce que j’ai soigné… La médecine du sport suspecte une fracture de fatigue ou un éverum de Morton. Je serai fixé ce soir. Je passe une IRM. Donc, je n’ai pas pu finir. Je n’ai pas pu aider l’équipe comme je voulais. Mais c’est comme ça. Ça fait partie de la dure loi du sport de haut niveau et il faut accepter de ne pas pouvoir… Enfin, il faut mieux s’écouter qu’aggraver la situation.
Ermanno : On va regarder le côté positif des choses. Tu disais que tu avais besoin de progresser en natation. Donc, du coup, si tu laisses un tout petit peu la course à pied, voire le vélo, tu vas pouvoir mettre les bouchées doubles sur la natation et progresser encore plus ?
Johan BESSE : Oui, c’est ça. C’est le but. Là, j’ai coupé depuis la semaine dernière. J’ai coupé. Donc, là, je peux repartir à l’entraînement plus frais que jamais et bosser sur mes lacunes. Donc, oui, ça peut être… Effectivement, il faut parler beaucoup des choses. Ça peut être une bonne chose. Enfin, une bonne chose, entre guillemets, pour que je puisse vraiment axer mon travail sur la natation. OK.
Ermanno : Dans les autres éléments qui te manquent, justement, pour pouvoir progresser, pour faire le job, pour faire les points avec les copains, au-delà de travailler la natation, sur quoi d’autre tu travailles ?
Johan BESSE : Je travaille beaucoup… Enfin, je lâche pas les autres disciplines comme le vélo et la course à pied, mais je travaille beaucoup aussi sur l’aspect mental. Donc, l’aspect mental, ça a une part… une grosse partie… une grosse part dans le sport d’eau dans le sport d’eau niveau. Donc, il y a plein de types… Enfin, il y a beaucoup de dialogues internes que je suis en course. Et aussi, il y a des rituels d’avant-course que je suis pour vraiment être dans une routine et pas être perturbé à l’approche des courses.
Ermanno : Ouais, du coup, tu me disais, tu travailles aussi pas mal sur la course à pied et sur le vélo. Ça représente quoi un entraînement quand on est en D1, justement, où c’est vraiment de l’explosif ? Tu l’as dit, les distances, c’est du sprint, c’est 750 mètres de natation, 20 de vélo et 5 de course. On travaille spécifiquement quoi ? Est-ce qu’on fait des entraînements longs ? Est-ce qu’en natation, on fait des séances de 5, 6 milles ? Ou est-ce qu’on va rester sur du travail beaucoup plus technique, beaucoup plus explosif et on va être sur des séances beaucoup plus courtes ?
Johan BESSE : Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on développe beaucoup la capacité aérobie. Donc, on fait beaucoup de zone 2 à l’entraînement. Et sur le volume, en course à pied, on privilégie plus la qualité que la quantité. Donc, en volume, sur des semaines normales, on offre 60 et 70 kilomètres, pas plus. En natation, en période de travail, on reste plutôt sur des distances de 4 à 5 kilomètres par séance. Et lorsqu’on approche des compétitions, c’est un peu plus light. Donc, on se tourne plutôt vers un volume de 4 kilomètres en natation. Et à vélo, en période de travail, ça représente une grosse part du volume horaire. Donc, à peu près, on va dire 10 heures. Sur le 10 heures, voire 15 heures, des fois, on se mène en semaine axée vraiment sur le vélo. Donc, c’est beaucoup d’aéro et on va dire qu’on fait à peu près 2 à 3 séances par semaine à vélo. 3 séances par semaine à vélo. Et en course à pied, on est plutôt sur 2 ou 3 séances par semaine aussi. Et en natation, 2, voire 3 séances intensives par semaine aussi. Donc, c’est vraiment la moitié de… À chaque fois, dans chaque sport, c’est moitié intensité, moitié zone 2.
Ermanno : Tu disais aussi tout à l’heure que tu cours pour l’équipe de France sur les championnats européens. Tu nous en dis un petit peu plus là-dessus ?
Johan BESSE : Donc, je participe aux Coupes d’Europe sous les bannières de l’équipe de France. Donc, sous la bannière de l’équipe de France. Je ne suis pas sélectionné par l’équipe de France, mais je peux participer aux Coupes d’Europe avec la tenue France. Donc, pour cela, j’ai fait des critères l’année dernière pour pouvoir débuter sur la scène européenne au niveau élite. Donc, j’ai fini deuxième à la Coupe d’Europe Junior de Vels en 2024. Et ce qui m’a permis de faire un critère pour rejoindre et pour débuter l’aventure européenne en élite. Et donc, cette année, j’ai participé à la Coupe d’Europe de Kiels. Malheureusement, ce n’est pas déroulé comme je le souhaitais parce que je suis tombé malade la veille. Donc, j’ai eu peut-être une intoxication alimentaire. Je ne sais pas trop. Mais je n’ai pas pu exploiter mon potentiel vu que c’était un format super screen en plus. Donc, si tu n’es pas à 100%, ça ne pardonne pas sur ces distances-là. Et donc, voilà, un peu de regret, mais ça fait partie du jeu et je prendrai ma revanche, j’espère, en septembre-octobre si la Fédération octroie une ou deux
Ermanno : Coupes d’Europe. Donc, comme tu disais, là, tu n’es pas sélectionné en équipe de France, mais tu peux représenter la France en Coupe d’Europe. Ça veut dire que c’est toi finalement qui fais la démarche de demander à pouvoir participer à ces Coupes d’Europe. C’est un petit peu comme si c’était un championnat open dans les élites.
Johan BESSE : C’est ça, exactement. C’est moi qui… Donc, les déplacements sont à mes frais et c’est moi qui me débrouille de mon côté pour faire les demandes
Johan BESSE : Google Forms qui est mis à disposition par la Fédération pour les ateliers de tristesse et ensuite, on a une réponse à J-30 lors de la sortie de la start list et on voit si on est dessus ou si on n’est pas dessus et selon… si on voit notre nom ou pas, on adapte, on prend les devants, on réserve le logement, on organise notre voyage parce que ce n’est pas à côté, c’est souvent vers la Pologne ou vers souvent au Pays-Bas, enfin, un peu, c’est jamais trop proche, quoi. C’est de la logistique à prendre en compte. Oui,
Ermanno : c’est chaud quand même parce que si tu as les infos à J-30, les billets d’avion ou les billets de train, ça coûte une blinde, quoi. Bon, encore l’hôtel avec du booking, tu peux encore pré-réserver et 30 jours avant, tu peux annuler mais alors, par contre, l’avion, c’est un truc de dingue, quoi.
Johan BESSE : C’est ça, exactement. En fait, c’est qu’on paye plus cher les billets d’avion, enfin, tout est plus cher au fur et à mesure qu’on approche de la date, quoi, de compétition. Donc, souvent, on pré-réserve un logement, on commence à organiser, à regarder un peu où on peut atterrir, qu’est-ce qui est le plus rentable, etc. Donc, c’est vraiment quelque chose à apprendre en plus de la compétition, quoi. C’est vraiment une organisation qui est millimétrée pour pouvoir être dans les meilleures dispositions possibles parce qu’il faut bien sûr arriver en étant le plus frais possible. Par exemple, si c’est un long voyage comme en Pologne
Johan BESSE : c’est qu’on part trois jours avant la compétition, on arrive toute la journée on a le voyage, donc on part le matin à 9h de l’aéroport, on arrive le soir à 18h et malheureusement je n’ai pas mis mes bagages directement parce que mon vélo n’a pas été mis en soute donc j’ai reçu mes affaires vers 23h30. Ensuite, il y avait encore deux heures de route pour arriver jusqu’au lieu de course. Donc finalement, c’est une journée marathon, ça te fait rentrer à 2h du matin le lendemain, tu n’as pas forcément bien dormi, bien mangé donc c’est pour ça qu’on prévoit un temps pour récupérer du voyage et je pense que là en plus, si je me suis trompé, j’étais parti le vendredi donc deux jours avant la course qui fait que je suis arrivé le samedi matin dans la nuit et finalement tout s’est enchaîné très vite jusqu’au départ. Donc oui, il faut prévoir une marche la prochaine fois au moins je prévoirai une marche, je partirai plutôt le jeudi. C’était ma première expérience. L’année dernière, j’étais allé à Wales, j’avais pris la voiture donc il n’y avait pas eu de problème et là, vu que c’était l’avion, c’était la première fois que je me déplaçais avec mon vélo, etc. Donc je n’étais pas trop calé sur ça.
Ermanno : Et pourquoi t’infliger tout ça finalement ? Les problèmes de logistique, le coût, la fatigue, etc. Si tu n’es pas encore sélectionné, alors je mets bien des guillemets dans ma question mais pourquoi t’infliger ça ? Est-ce que ça fait partie de tes objectifs de progression ? Est-ce que tu veux te montrer à l’équipe de France pour un jour espérer être sélectionné justement ?
Johan BESSE : Parce que c’est ma première fois et c’est ma passion d’une part le triathlon et c’est parce que je veux vraiment performer sur le cours de distance. J’aimerais vraiment déjà réussir à faire des courses pleines en Coupe d’Europe et ensuite, il y a beaucoup d’étapes pour arriver au plus haut niveau et en équipe de France. Donc le chemin est encore très long et il faut comment dire, il faut voir, il faut évoluer petit à petit en fait. Il ne faut pas brûler les étapes. Donc je mets encore du temps, je suis encore jeune, je sais sur quoi je dois travailler et je suis content pour la suite. Il faut juste que je bosse encore beaucoup dans les trois sports et un jour, j’aurai peut-être ma chance en Coupe d’Europe de faire une super course et de pouvoir ensuite faire un critère pour accéder aux Coupes du Monde puis après, de faire une bonne Coupe du Monde et d’accéder au circuit mondial et peut-être un jour à l’équipe de France.
Ermanno : Tu l’as dit, tu es encore jeune. Malgré tout, en triathlon, ça va vite, très vite. Il y a des très jeunes, il y a des élites qui sont très jeunes. Donc quoi, il te reste 5 ans pour faire tes preuves et puis après, il faudra penser à se reconvertir ou alors aller sur du long peut-être ?
Johan BESSE : Oui, un peu moins de 5 ans par exemple. Il me reste encore 3 années en U23 donc c’est à partir de U23 si je commence à faire des bonnes choses, d’apprendre des bonnes choses en compétition, je vais peut-être avoir ma chance plus tard mais s’il est en U23, je n’ai rien démontré, ça peut être compliqué ensuite pour avoir la chance parce que souvent, ils laissent beaucoup de chance l’affaider aux jeunes et ensuite, il faut une sélection par rapport à comment les jeunes se sont débrouillés.
Ermanno : Et justement, toi, ton futur, tu le vois comment ? Donc, tu nous as dit que tu faisais des études d’ingénieur, tu as une petite idée un petit peu du ou des secteurs dans lesquels tu voudrais travailler mais une fois que tu seras diplômé dans 2 ans, dans 3 ans, comment tu t’imagines ? Tu t’imagines bosser et continuer à faire du triathlon un petit peu à côté ? Tu t’imagines essayer de tout mettre dans le triathlon pendant 1, 2, 3 saisons et puis après, aller bosser ? Comment tu vois la suite ?
Johan BESSE : Déjà, là, je vais peut-être réfléchir à une année de césure à la fin de ma prépa mais je ne sais pas si ça me conviendrait parce que j’ai toujours réussi, enfin, j’ai toujours, comment dire, vécu avec un équilibre de vie donc d’une part les études, d’autre part le sport et ensuite, oui, après l’obtention du diplôme, j’aimerais travailler dans une entreprise si jamais je continue le sport de haut niveau bien sûr qui me permet de faire du triathlon à haut niveau et de travailler à côté, d’avoir des aménagements et je sais qu’il y en a qui proposent ça en France, il y a Engie, EDF, il y a pas mal d’entreprises qui, qui aimeraient avoir des athlètes de haut niveau dans leur, dans leur, enfin, dans leur secteur quoi parce que elles ont une charte à respecter je crois dans la loi comme qui s’appelle le bien-être au travail donc le fait d’avoir un athlète de haut niveau ça leur permet de montrer qu’elles sont engagées dans cette, enfin, pour cette loi-là.
Ermanno : Donc là, vous êtes en train de faire votre nid dans la division 1 avec le club des sardines, vous redoublez d’efforts pour sortir de cette place de premier relégable et pour sortir pour pouvoir y rester. Qu’est-ce que ça implique au quotidien par rapport à être dans la D2 au-delà de s’entraîner plus, au-delà de voyager différemment ? Est-ce que, est-ce que ça, ça implique autre chose aussi ? Alors sans aller sur la case du budget parce que forcément quand on monte de division forcément ça coûte plus cher mais, mais qu’est-ce que ça change pour vous dans le club d’être monté en D1 ?
Johan BESSE : Ben déjà, ça nous permet de, ça nous permet, comment dire, d’avoir encore une motivation en plus parce que la D2 c’était déjà une grande motivation, le rêve de la D1 c’était quelque chose aussi l’année dernière mais là le fait de vouloir rester en D1, il faut redoubler d’efforts, on va jouer encore plus sur la cohésion d’équipe, on va, on va se donner encore plus à l’entraînement, on va jamais quitter l’objectif, notre, on va jamais quitter notre objectif quoi et, et certes ça apporte une pression en plus parce que ça nous permet de, de se dire ben à l’entraînement on doit toujours donner le mieux à nous-mêmes, on doit, peu importe si un jour on est moins bien, si un jour on est mieux, on toujours, on doit toujours toujours s’accrocher, toujours s’accrocher, toujours travailler
Ermanno : et en compétition les résultats viendront. Ben écoute, c’est sympa comme objectif comme, et comme, ben ouais, comme point de mire, on sent que vous êtes motivé, que vous avez l’ANIAC, est-ce que ça paye la D1 pour vous athlète ?
Johan BESSE : La D1, non parce que la Fédé, la Fédération, en fait, c’est souvent les clubs qui, selon le budget du club, parce qu’il y a des gros clubs comme Yévin, Poissy, etc. qui donnent des contrats à leurs athlètes mais les clubs, on va dire qu’on a un peu le petit poussé de la D1 donc on fait avec les moyens du port et on essaie de se maintenir et de montrer qu’on est là quand même malgré tout mais non, on n’a pas de salaire phénix ou de primes de course comme les autres clubs.
Ermanno : Qu’est-ce que tu donnerais comme conseil à des petits jeunes justement qui sont dans un club de tri qui ne marchent pas trop mal et puis qui se posent la question soit de monter une équipe de D3, de D2 ou voir tenter une entrée en D1 ?
Johan BESSE : Ce que je leur dirais c’est déjà de travailler, d’être passionné et pour montrer une équipe en D3 je pense que c’est assez complexe parce que maintenant il y a beaucoup d’athlètes qui se tournent plutôt vers la D2, la D1, etc. Mais il faut y aller étape par étape. Je pense qu’il faut d’abord débuter sur le circuit régional en D3 et réussir à faire des courses pleines, à s’amuser et après une fois que on a c’est toujours étape par étape. Une fois qu’on se sent à l’aise en D3, qu’on réalise de bonnes performances, qu’on est régulier, on peut envisager de monter en D2 et d’accéder à l’échelon supérieur mais la D2 c’est vraiment encore il y a un gros écart entre la D3 et la D2. La D2 c’est vraiment au niveau national donc il y a des gars qui sont des étrangers qui viennent qui sont engagés qui sont amenés à venir qui sont recrutés par les équipes pour pouvoir compléter et être en concurrence avec les autres. Donc pour les petits jeunes franchement je leur conseillerais déjà de voir si ça leur plaît de faire de la D3 et ensuite s’ils se sentent à l’aise s’ils se sentent bien de monter en D2 et puis ensuite la D1 au fur et à mesure ça viendra quoi. Faire des bonnes performances en D2 comme j’ai dit en D3 et après d’envisager la D1.
Ermanno : Tu disais tout à l’heure que tu étais quand même beaucoup plus à l’aise en vélo et en course à pied que tu devais progresser en natation. Il y a un autre sport qui s’appelle le duathlon il y a aussi des championnats nationaux D3, D2, D1. Est-ce que tu y fais des incursions ? Est-ce que tu vas voir de temps en temps ou toi tu te concentres vraiment sur le triathlon ?
Johan BESSE : Alors cette année je me suis concentré vraiment sur le triathlon et j’ai fait une bonne prépa hivernale j’ai fait pas mal de courses sur route comme le 10 km de la Chrome Classique à Nice le 5 km de Lille enfin je me suis pas mal ameuillé en athlétisme mais j’ai fait l’impasse sur les frances du duathlon parce que j’ai fait un stage de natation avec mon coach au Castellet donc j’avais choisi j’avais choisi ce choix là mais l’année prochaine je pense que je ferai les frances du duathlon et pourquoi pas des étapes de pourquoi pas envisager de monter en D2 du duathlon avec les sardines.
Ermanno : Bon bah écoute ça va te faire des programmes bien chargés j’ai une dernière petite question Johan le podcast s’appelle Devenir Triathlète même si toi t’es triathlète depuis longtemps maintenant quel serait ton conseil pour quelqu’un qui veut devenir triathlète ?
Johan BESSE : Bah j’ai pas j’ai pas vraiment de conseil à donner mais déjà il faudrait accrocher sur sur les trois disciplines et et comment dire faire les choses étape par étape quoi donc par exemple en natation il faudrait tester déjà si on sait nager si on est à l’aise dans l’eau parce que je sais qu’il y en a qui n’aiment pas trop nager en eau libre parce qu’ils voient pas le fond enfin ils développent pas mal de peur et à vélo à vélo franchement je conseille à vélo et en trottinette c’est comment dire c’est plus facile que la natation pour débuter parce que c’est il faut appuyer sur les pédales enfin il y a des données il faut avoir au plus je passe du temps sur le vélo au plus je développe une capacité physique qui est bonne à pied par exemple tu pars de chez toi comme en vélo et tu vas courir dans la colline enfin tu fais du circuit la natation c’est vraiment un investissement quoi donc c’est c’est quelque chose qu’il faut mettre en place et si on n’a pas des facilités si à la base on n’est pas nageur ou si on n’a jamais nagé de sa vie il faut vraiment se prendre en main et débuter avec un coach ou débuter avec des gens qui ne savent déjà nager qui peuvent peut-être en nager enfin bref c’est vraiment un processus qui est long et ça ne vient pas du jour au lendemain pour pouvoir réussir à être endurant et performant
Ermanno : et puis pour finir où est-ce qu’on te suit où est-ce qu’on t’encourage où est-ce qu’on t’envoie des petits messages sur les réseaux sociaux pour rester au contact
Johan BESSE : pour rester au contact vous pouvez me suivre sur LinkedIn donc mon profil c’est bestjohan B E S E J O H A N et sur Instagram c’est c’est bestjohan aussi donc je partage un peu mes performances ce que je fais à l’entraînement un peu les compétitions que je fais ce que je prépare donc vous pouvez toujours vous abonner ça fait plaisir et ça apporte ça montre qu’il y a des gens qui me soutiennent et qui m’encouragent donc ça me motive encore plus pour pouvoir faire ma quête du sport de haut niveau
Ermanno : bon bah vous l’aurez compris auditrice, auditeur allez sur les profils de Johan et puis envoyez lui plein de petits messages plein de petits messages d’amour ça lui fera plaisir et puis ça l’encouragera encore plus pour continuer à rester en D1 avec ses copains la saison prochaine et à surperformer
Johan BESSE : et allez aussi suivre le club de sardines triathlon et on partage aussi ce qu’on fait à l’entraînement avec les gars et c’est assez sympa on fait des vlogs des petits vlogs les jeunes font des petits vlogs donc ça c’est cool pour voir un peu le quotidien d’un triathlète
Ermanno : ouais c’est marrant tu dis les petits jeunes t’as 20 ans t’es plus jeune que mon fils mais je prends je prends
Johan BESSE : désolé oui c’est les petits jeunes parce qu’ils sont encore dans les catégories jeunes maintenant je suis passé dans le super-air en élite donc effectivement je dis que c’est des jeunes parce qu’on appelle ça comme ça les championnats de France jeunes les championnats de France élite donc voilà c’est un peu le jargon qu’on emploie
Ermanno : bon ça doit être sympa d’avoir un vieux entre guillemets comme toi un mentor pour nous encadrer dans le club quand on rentre
Johan BESSE : oui oui oui c’est sûr que ça apporte un plus les petits jeunes quand ils nous voient à l’entraînement ils se disent bah ouais vous faites quoi et tout comment vous faites pour forcer comme ça etc du coup on leur explique et on essaie de leur transmettre notre passion et de montrer qu’ils pourront devenir comme nous
Ermanno : et qu’ils pourront faire de belles choses quand ils seront plus grands et bah écoute je te remercie pour ce dernier petit message d’espoir ça conclut très bien cet épisode d’aujourd’hui je te souhaite une bonne continuation bonne compétition bon rétablissement aussi par rapport à ton petit bobo au pied quand on publiera l’épisode normalement j’espère pour toi ce sera résolu et puis éventuellement on fera un petit on fera une petite capsule supplémentaire en audio pour dire comment ça se passe ça marche ?
Johan BESSE : d’accord
Ermanno : oui aucun problème merci beaucoup merci Johan super plaisir de vous avoir à ‘était devenir triathlète merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout nous on a pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer alors si ça vous a plu vous pouvez nous suivre sur nos réseaux sociaux instagram linkedin on se rejoint maintenant sur devenir triathlète.com vous allez retrouver l’ensemble des épisodes mais aussi des outils des ressources et des conseils gratuits pour débuter progresser ou performer en triathlon on ajoute toutes les semaines de nouvelles ressources si vous avez une idée d’inviter n’hésitez pas à nous envoyer un petit message on se retrouve tout de suite sur devenir triathlète.com salut les sportifs