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🎙️ Dans cet épisode, on vous emmène à Strasbourg, à la rencontre de Denis Laurent, directeur du club de l’ASPTT Strasbourg. Fort de ses 4200 licenciés, dont une centaine de personnes en situation de handicap, on va parler de sport, d’inclusion, d’éducation et d’humanité.
💬 Denis partage avec nous la philosophie de son club, où la différence n’est pas un sujet mais une richesse. Comment intégrer un enfant autiste dans un groupe de jeunes « valides » ? Comment le club a-t-il su devenir une référence dans l’accueil de parasportifs ? Et quel rôle peut jouer chaque éducateur, partenaire ou parent dans cette dynamique ? Un épisode puissant, loin des chronos, mais rempli de sens.
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💬 La transcription de l’épisode
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Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Devenir Triathlète X OpenTri. Encore un épisode où je suis tout seul. Mais Charly revient, je vous promets, il ne nous a pas, il ne vous a pas oublié. On a juste des plannings hyper chargés. Aujourd’hui, je suis très content d’échanger avec Denis Laurent. Laurent, écrit en majuscule. Si je ne m’abuse, c’est bien Laurent ton nom de famille et Denis ton prénom. On a été mis en relation par Jules Riemstein, un petit triathlète pas très connu, qui a fait un petit truc cet été pendant une petite réunion, une petite campagne sportive en France. Enfin bref, allez, trêve de plaisant. Je suis donc très heureux de tendre le micro à Denis Laurent. Salut Denis.
Denis : Salut Ermanno.
Ermanno : Comment vas-tu ?
Denis : Ça va bien, ça va bien, merci. Merci de nous donner la parole.
Ermanno : Je t’en prie, c’est un grand plaisir. Jules nous a mis en relation, donc forcément, il va y avoir des milliers de choses à dire sur toi. Je te propose peut-être déjà qu’on en apprenne plus sur toi, Denis Laurent. Dis-nous tout. Qui est Denis ? Où est-ce que tu habites ? Qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce que tu fais comme sport ? Enfin bref, voilà, tout ça.
Denis : Donc moi, j’habite à Strasbourg. Je suis directeur de la SPTT Strasbourg Omnisport. La SPTT Strasbourg Omnisport, c’est aujourd’hui certainement le plus important en nombre d’adhérents, de pratiquants sur le bassin strasbourgeois. Puisque cette année, on vient de passer les 4200 adhérents au sein du club. Et mon parcours, mon sport, je suis plutôt issu du handball, pas du triathlon, pas encore. Donc, je suis passé par Nancy, la SPTT Nancy.
Denis : Après mes études en master conduite de projet, développement des territoires à Nancy, j’ai décroché ce job à la SPTT, d’abord en tant que chargé de développement. Il y a une dizaine d’années. Et puis, on a fait grossir un peu la structure grâce aux sections, évidemment. Et j’imagine un peu avec… Et qu’on a mené avec mes collègues pour que j’en devienne le directeur il y a 5 ans maintenant. Et voilà.
Ermanno : Bon, pas mal. À SPTT, Strasbourg, handball, est-ce qu’un certain Jean Boller, alias Knack en vrac, ça te parle ? Non. Non ? Bon, je la place à chaque fois. Mais j’adore. C’est un copain qui… Oui, Knack en vrac, forcément, Strasbourg. C’est un copain qui est à Strasbourg, ou à côté de Strasbourg, en tout cas. Je sais que lui… Les enfants ont, en tout cas, son fils fait du handball. Et il connaît aussi Jules parce qu’il est podcasteur. Il l’interviewait aussi. Donc, voilà. Je teste à chaque fois. Pour l’instant, le seul qui m’a répondu à Strasbourg, c’est Jules. Ouais, ouais, je connais Jean. Bon, OK. Alors, Jean, si tu nous écoutes, un gros coucou. Bref, plus sérieusement, directeur de l’ASPTT Strasbourg. Bon, on ne va pas revenir sur toute l’historique de l’ASPTT, qui, à la base, c’était une association sportive pour les personnels des postes et télécoms françaises. Postes, télégrammes et télécoms françaises, depuis, ça a pas mal changé. Je sais, un club sportif, voire même omnisport, ouvert à toutes et à tous. Est-ce que vous gardez quand même un lien avec la poste, les PTT, la banque postale, les télécommunications ?
Denis : En local, très peu avec la poste ou France Télécom. Orange, aujourd’hui, France Télécom n’existe plus. En revanche, on a encore pas mal de dirigeants qui sont issus de la poste ou de France Télécom. Toute une génération de dirigeants encore issus de… de cette corporation. À l’échelon national, on a une fédération, une fédération sportive qui, elle, entretient encore des liens avec la poste et est un peu accompagnée encore par cette entreprise. Mais effectivement, on est totalement ouvert et on l’est depuis les années 60, en réalité. Et tout pratiquant, souhaitant faire un peu de sport est libre de venir chez nous. On est une asso. Comme les autres, avec les mêmes conditions que les autres.
Ermanno : Bon, on est sur un podcast de triathlon, donc on va parler multisport et pas que ça. Mais vous avez aussi une section triathlon, une section de sport enchaîné, parce que c’est vrai que le triathlon a la particularité, en tout cas en France, que la Fédération française soit délégataire d’autres sports. Moi, je pense beaucoup au swimrun parce que j’en pratique et c’est un peu le sport à la mode. Mais il y a d’autres sports enchaînés comme l’aquathlon, comme le duathlon, le raid multisport, etc. Tout ça, c’est des sports aussi que vous pratiquez, que vous proposez à la SPTT dans le cadre d’une licence FFTRI ou dans le cadre d’autres activités ?
Denis : Et alors, exactement, on a la section triathlon, qui est une section qui grossit chaque année. On a d’ailleurs recruté notre premier entraîneur professionnel cette année, qu’on a formé d’abord en deux. Donc cette section, elle a été créée par Patrick Poulet, qui est un nom assez connu dans le triathlon. Il y a maintenant, je ne peux pas dire, je n’ai pas besoin de bêtises, au moins 20 ans, peut-être même plus. Il nageait chez nous avec la section natation et ils ont eu l’idée de créer cette section tri. Et c’est du coup une section à part entière qui fait partie chez nous. On a quatre sections fléchées identifiées au niveau, dont le triathlon, puisqu’aujourd’hui, l’équipe masculine et l’équipe féminine sont en D1 de duathlon, donc en discipline enchaînée. Et on a également Emma Vasser qui vient de faire le triathlon. Elle est aussi de championne de France, là, au point duathlon, il y a quelques semaines, et qui part aux Europes.
Ermanno : Bon, des belles références. Jules m’avait mis en relation avec toi parce que, dans le cadre du podcaston, donc je le rappelle, c’est une initiative pour mettre en avant des causes caritatives par les podcasteuses et les podcasteurs. Ça se passait du 15 au 22 mars. On n’a pas réussi à se coordonner à ce moment-là. J’étais malade, tout ça. Bon, bref, ce n’est pas de ta faute, c’est de la mienne. Malgré tout, ça me tenait quand même à cœur de te tendre le micro. Et Jules, je lui avais demandé, il y avait des gens à me recommander, vu que Jules est un para-triathlète mondialement reconnu olympien. Et donc, il m’avait dit de voir avec toi. Donc, le sujet du jour, au-delà de toi, ta pratique, ça va être aussi de parler para, handisport. Comment est-ce que la SPTT de Strasbourg, justement, se développe, se démarque, s’implique dans le parasport, handisport ? J’avoue que sur les termes, je suis perdu. On parle de para-triathlon, on parle de handi-truc, de machin. Peut-être que tu vas pouvoir nous faire un petit rappel, d’ailleurs.
Denis : Ça a un peu changé et ça a un peu évolué, d’ailleurs. Les termes évoluent toujours un peu en permanence. Mais en fait, ce qu’il faut bien distinguer, pendant longtemps, il y a eu deux branches, c’est-à-dire qu’il y avait le handisport, qui est sa fédération handisport, et il y avait le sport adapté, qui est orienté sur la déficience intellectuelle et au psy. Ce sont deux fédérations bien distinctes. Oui, c’est ce que j’allais dire.
Ermanno : C’est parce que ça mélange aussi les choses. Parce qu’il y a la fédération handisport, il y a la fédération des sports adaptés, puis il y a les sports qui dépendent des fédérations nationales, comme en triathlon, par exemple, pour lesquels on a la section valide et la section para.
Denis : Exactement. Et je trouve que la fédé de triathlon est malgré tout un beau modèle, un bel exemple, puisqu’en fait, on est sur une inclusion totale de tous les profils, sans distinction, finalement. Et il n’y a pas besoin d’une fédération pour les accompagner, puisque la fédé fait en fait ce travail-là, la fédé de triathlon, de réunir tout le monde au sein de la même bannière et de la même fédération.
Denis : Peut-être, tu parles de Jules, la rencontre, et après, je détaillerai ce qu’on fait à la SPDT, mais ça fait plus de 20 ans qu’on est engagé sur la pratique parasport. Maintenant, Para regroupe l’ensemble des sports autour du handicap. Et ça fait plus de 20 ans qu’on est engagé sur la pratique parasport. Et Jules est arrivé il y a 2018, 2019, au moment où vraiment il se relance. Il a eu sa phase après l’accident où il a perdu sa jambe. Et puis, il se relance dans le triathlon. Il sent qu’il peut faire quelque chose. Donc, il cherche une structure, il cherche un club. Il cherche aussi un accompagnement et des partenaires. Et donc, étant donné qu’on avait une section triathlon à la SPTT et qu’on était déjà engagé sur le parasport, on a eu une section triathlon à la SPTT. En fait, on nous l’a présenté. Je crois que c’est la ville de Strasbourg, d’ailleurs. Il a dû toquer à la porte de la ville. Et puis, on se rend compte et on sent qu’il y a un truc à faire avec lui ensemble pour l’accompagner vers son projet, mais aussi nous, pour continuer à développer nos actions autour du parasport, de la sensibilisation, de l’inclusion. Et donc, très vite, en fait, il est devenu notre vitrine, en tout cas, notre parrain sur nos dispositifs d’inclusion, des plus jeunes dans un premier temps, mais de toute la branche par rapport au sein de la SPTT.
Ermanno : OK. Et du coup, maintenant, il en est le fer de lance, le porteur de la flamme pour reprendre le lien avec ce qui s’est passé l’été dernier en France ?
Denis : Exactement. Exactement. Il porte vraiment le parasport chez nous. Et d’ailleurs, on a eu plein de projets connexes. On a eu, d’ailleurs, il y a un an et demi, Strasbourg était… C’était la capitale mondiale du livre. Et on a construit et un flipbook et une BD avec un artiste autour de sa pratique, de son parcours qu’on a distribué aux enfants. Il est parrain d’un événement qu’on organise tous les ans sur la sensibilisation du parrain en début décembre. Et maintenant, on s’appuie un peu sur lui, sur l’expertise aussi, sur ses connaissances. La semaine dernière encore, on a organisé une soirée partenaire avec lui, évidemment. En tête d’affiche, mais aussi pour parler de nos actions parrain. Essayer de sensibiliser aussi les partenaires privés pour nous accompagner au financement de nos dispositifs. Donc, il est pleinement au cœur de nos actions autour du parrain.
Ermanno : Bon, je ne te félicite pas parce que tu as parlé d’événements, de livres. Je n’ai pas été appelé pour présenter le livre Devenir triathlète. Tu notes, pour l’année prochaine, ce sera un plaisir que je t’en enverrai ou que je passerai te voir pour le mettre en avant et pour rencontrer Jules.
Denis : Avec plaisir. Avec plaisir.
Ermanno : Revenons à toi. Et la section ASPTT, on va peut-être, même si l’objectif, c’est de rester un peu sur le triathlon, mais on va peut-être s’étendre. Jules m’a dit, il faut que tu parles avec Denis. Le mec a fait beaucoup de choses pour le para, pour le handi, etc. Donc, vas-y, le micro est à toi. Tu as deux heures. Ciao.
Denis : Salut.
Ermanno : Le point d’un café, on se rappelle.
Denis : Oui, alors, on fait et on essaie de faire encore pas mal de choses. L’idée est globale. En fait, c’est qu’on entend beaucoup inclusion. Avant, c’était l’intégration. Et nous, ce qu’on cherche à atteindre, c’est que ce ne soit plus un sujet, que ce ne soit plus un mot, que ça ruisselle, qu’en fait, qu’à un moment donné, un profil, quel qu’il soit, puisse avoir sa place au sein du club. Ça nous demande du temps. Ça demande de la formation des cadres et des dirigeants. Mais on veut vraiment que chacun puisse venir et trouver un espace de pratique chez nous. Alors, on a commencé, on va faire un peu d’histoire. On a commencé il y a un peu plus de 20 ans, presque 30, avec une section sport adapté. Je l’ai dit tout à l’heure sur la déficience intellectuelle au départ. On a créé une section, une section dédiée où c’était plutôt des jeunes au début. Maintenant, ils sont un peu plus âgés, autour de la pratique du badminton. Pour les personnes dans le lot, on a des déficients intellectuels, on a quelques autistes, on a des trisomies, des trisomies. Voilà, on réunit tous ces profils sur des créneaux de badminton et l’idée, l’idée initiale, c’était que dans la réalité, on puisse les accompagner vers le monde ordinaire. Et certains, on participe encore aujourd’hui, d’ailleurs, à des compétitions du monde ordinaire, en badminton ordinaire, mais également qui prennent part à la vie de l’asso. Donc, il y a des membres, des joueurs intellectuels qui sont membres du bureau de la section et qui participent à la prise de décision, qui viennent donner leur avis. Vraiment, on veut les inclure. Je parlais tout à l’heure de l’inclusion, on était dedans déjà il y a 30 ans. Et c’est un peu… la première pierre, en tout cas, ce qui a lancé vraiment la dynamique. Ils ont commencé avec du badminton. Aujourd’hui, ils font les championnats de France de balle, les championnats de France de ski, les championnats de France de handball. Ils sont adaptés, donc ça agrossit et ça ruisselle, évidemment. Et le virage ensuite se passe autour de 2008-2010, quand on se dit un peu que la pratique sportive est très orientée, performance très haut niveau, change un peu de braquet et il y a vraiment les politiques publiques qui jouent aussi leur rôle à l’ouverture vers tous les publics. Et nous, on profite de ça pour élargir notre champ d’action et travailler vraiment sur la sensibilisation, l’inclusion. Et du coup, on a créé des choses, on a recruté une enseignante APA, donc l’Activité Physique Adaptée et de Santé, qui va coordonner tous les dispositifs autour de la pratique adaptée. Et on a lancé des dispositifs. On a, par exemple, un dispositif d’inclusion des enfants autistes dans les groupes ordinaires. Donc là, on fait un lien avec les familles, on discute, on voit les activités qui plairaient à l’enfant. On trouve un éducateur sportif adapté et il va accompagner l’enfant dans le groupe. Chez nous, on a 22 sections, donc en théorie, il aurait le choix de faire au moins l’une des 22 disciplines. Et on l’accompagne dans son groupe. L’éducateur et toute l’année, il est avec, avec l’ambition qu’au fur et à mesure, l’enfant puisse être de plus en plus autonome dans le groupe. Mais ça a un lien et un intérêt, je trouve, autant pour l’enfant qui est autiste que pour le groupe qui doit comprendre, adapter et accepter la différence des autres. Donc ça, c’est un exemple.
Ermanno : Mais tellement, tellement. Je ne sais pas si je t’en avais parlé en off quand on avait préparé l’épisode, mais sur mon autre podcast qui s’appelle Dans les vestiaires, j’avais donné la parole l’année dernière pour le podcast. À Gilles Gauthier. Alors les Gilles, les Jules, je me dis Et puis en plus, avec un invité qui a un nom, un prénom qu’on peut mélanger. Bref, avec Gilles Gauthier, qui, lui, est sapeur-pompier de profession et qui a monté une salle de cross-training pour les valides et les non-valides ou les paras ou les handisports. Et effectivement, c’est leur approche aussi. C’est de dire, nous, il n’y a pas de section spéciale pour les handis. Il y a de section spéciale pour les valides. Tout le monde doit pratiquer ensemble. C’est aussi bénéfique pour les handis ou les paras qui vont pouvoir évoluer, grandir, apprendre au contact des valides, mais aussi aux valides qui vont devoir s’adapter. Et puis même parfois, surtout sur du cross-training, vont se rajouter des difficultés, des charges, des handicaps qui vont faire qu’eux vont pratiquer comme pratiquent les non-valides, les paras. Je ne sais jamais sur le terme. J’ai toujours peur de choquer, mais bon, je pense que c’est compréhensible.
Denis : Oui, je pense qu’aujourd’hui, si tu utilises le para, il n’y aura pas de problème. non, mais c’est super. En fait, c’est génial de réussir à faire en sorte que finalement, la différence ne soit plus un sujet, voire devienne une force. On le voit à l’école aussi.
Ermanno : Pour ceux qui ont des gamins et quand tu as des enfants handicapés qui sont intégrés dans les classes de la maternelle jusqu’aux grandes études, ça fait énormément grandir les gens qui pratiquent. Alors, je pense que les gamins entre eux ne sont pas tendres. Que tu sois valide ou para, il y a toujours. De toute façon, des difficultés, des regards, des commentaires, des choses, qu’ils soient garçons, filles, blancs, noirs, jaunes. Mais je pense que ça participe aussi à l’inclusion, à la diversité et à l’apprentissage des plus jeunes âges qu’on est tous différents. Et on a tous notre particularité, quelle que soit notre personne ou notre enveloppe corporelle.
Denis : Exactement. Et alors, ça va être un peu décousu et en tout cas pas chronologique, mais on est dans une discussion et on a un superbe exemple. Aujourd’hui, ça fait deux ans’on accompagne un futur éducateur sportif qui est sourd. Qui est sourd et donc on l’a accompagné, il a d’abord passé un CQP chez nous, activité de loisir.
Ermanno : Donc, c’est le certificat de qualification professionnelle, c’est ça ?
Denis : Oui, c’est le premier niveau de diplôme professionnel dans le sport. Et là, il vient de passer un BP. Donc, c’est vraiment un… Un brevet professionnel sur l’activité de physique pour tous, toujours chez nous en alternance. Et il vient de… Il a eu un projet de créer un stage multisport pour les enfants atteints de valides et atteints de cécité. Donc, on a eu dans le lot des enfants, des ados, des ados sourds, malentendants et désentendants. Et la semaine s’est passée extraordinairement.
Ermanno : Ça doit être un sacré challenge parce que finalement, les sourds et les malentendants, ils s’expriment par le mouvement et les malvoyants, eux, ne voient pas. Donc, ça doit être un sacré challenge. Et en plus, tu mets des valides au milieu de tout ça, ça doit être quelque chose quand même.
Denis : Et alors, là, on n’avait vraiment que sourds, malentendants et valides. Mais malgré tout, il avait bien travaillé. On avait fait des supports visuels pour les mots de base. Il en avait mis un peu partout pour les temps de pause, pour les temps… Pour les temps sportifs, pour les sorties. Et en fait, il se crée des choses très vite. Et pour le coup, sur le public sourd-malentendant, j’ai envie de te dire, la seule limitation, elle est auditive. Mais physiquement, il n’y a pas de contraintes. Et aujourd’hui, on arrive à accueillir sans problème un Anglais, un Allemand, un Portugais qui vient chez nous pratiquer, même s’il ne parle pas le français, pas la langue. Mais le sourd, finalement, c’est une autre langue, c’est une langue dessinée. On n’arrive pas à les faire… Et du coup, on a travaillé là-dessus. Et l’expérience, c’était vraiment génial. Et on construit ce parcours avec lui. Théoriquement, on aimerait le recruter l’année prochaine pour construire aussi ce dispositif d’inclusion de ces profils un peu plus particuliers. C’est très spécifique, en fait. C’est des niches, tu vois, quasiment à chaque fois. Et on essaie de répondre pour accueillir un maximum de niches, finalement.
Denis : voilà, donc, il va construire un parcours professionnel chez nous. L’idée, c’est que petit à petit, le public sourd ou malentendant puisse se dire « Bah, à la SPTT, en fait, je peux aller faire mon sport. Peu importe, je peux venir à la section triathlon. Je sais que l’entraîneur, il a les bases, il va pouvoir me parler. Alors, on ne veut pas qu’il soit bilingue, mais je peux venir. Il saura me dire comment je dois faire ma séquence, comment je prépare ma séance d’entraînement, peut-être ma compète demain. » Et voilà, dans un cadre hyper bienveillant. C’est vraiment ça, en fait. C’est le cœur de ce qu’on essaie. Ça a mené depuis des années et ça prend du temps, mais ça ruisselle. On sent que ça commence à porter ses fruits, que les dirigeants, que les entraîneurs prennent aussi le sujet, tu vois. En tout cas, l’ont absorbé, commencent à l’absorber. Et en fait, ça devient un non-sujet. Et je trouve qu’à partir du moment où ce n’est plus un sujet, c’est qu’on a réussi quelque chose.
Ermanno : Pour revenir sur le côté triathlon, là, on parlait justement de ce handicap qui est la surdité ou le fait d’être malentendant. On voit de plus en plus, et ça, ça me fait vraiment plaisir, de paras qui participent à des compétitions valides. En triathlon, c’est tout à fait envisageable. Moi, je me souviens, j’ai commencé le triathlon en 96. En 96, il y avait déjà quelqu’un qui avait, dans notre club, au reventri, qui avait des problèmes au niveau des jambes. Et au lieu de courir, il faisait du handbike. Donc, on avait déjà, à cette époque-là, commencé à intégrer des paras avec les valides. Sur le côté malvoyant, voire malentendant, ça paraît plus difficile de les intégrer avec les valides. Parce qu’il y a un problème de sécurité. Un malvoyant, on imagine très bien, de toute façon, en vélo, il faut que ce soit du tandem. Donc, ce n’est pas forcément adapté sur une compétition pour les valides. Un malentendant, il peut y avoir un problème sur la route en vélo. Et il faut qu’il puisse être alerte, entendre, entendre d’autres compétiteurs qui arrivent, une voiture qui arrive, etc. Est-ce que, malgré tout, pour rester sur ce sujet du triathlon, par exemple, tu le disais, un enfant qui vient vous parler avec les parents, il a le choix, sur les 22 sections, de pratiquer le triathlon. Est-ce que vous allez… Peut-être pas l’inciter, mais en tout cas, essayer de tout mettre en œuvre pour que lui puisse participer aux côtés des valides, ou vous lui expliquez que, malheureusement, son handicap, quel qu’il soit, mais j’avais pris l’exemple de la surdité, va l’empêcher de concourir aux côtés des valides ?
Denis : Notre ambition, c’est qu’il puisse participer dans les valides. Le problème, il est du côté des valides. Si on n’est pas capable d’aménager, de préparer la course, la compète, l’entraînement pour les publics, ce n’est finalement pas le problème du parasportif. L’exemple que j’ai pour ça, c’est que, justement, notre éducateur, notre futur éducateur qui va en formation, avant d’entrer en formation, il y a des tests à passer, notamment le test du clé. C’est celui-là où il y a les bips, je crois, de mémoire. Ça fait longtemps que je ne fais plus de tests, mais c’est le léger où il y a les bips.
Ermanno : Je ne me souviens pas.
Denis : Première question. La première fois qu’il passe les tests, ils n’ont pas adapté le test. Donc, lui et les bips, forcément, il ne les a pas bien entendus. Alors, ils ont essayé d’adapter un truc un peu avec les gestes, mais en plus, le stress du test, de l’examen, fait qu’il n’a pas réussi à passer. Et bien, deuxième phase de test, les évaluateurs se sont re-questionnés et ont mis des systèmes lumineux en faisant en sorte que ça colle aussi pour son handicap. Et donc, j’ai envie de dire, il y a encore un combat à mener, évidemment. Il y a encore des choses à faire, mais je ne suis pas sûr que leur dire « ce n’est pas pour toi parce que tu as ce handicap », ce soit la bonne voie. Et à mon avis, c’est plutôt à nous qui avons la chance d’être sur nos deux jambes et totalement valides, de nous re-questionner. Ce n’est pas des gros efforts. Ça nous bouscule un peu dans nos habitudes, dans nos zones de confort parfois. Mais par contre, déjà, je trouve que c’est hyper riche intellectuellement. De se re-questionner, de se dire « tiens, OK, bon, comment en fait je pourrais faire pour que tel public, tel public puisse venir et participer ? Comment je peux être encore plus inclusif que ce que je fais déjà ? » Et je trouve qu’il y a une vraie richesse à retirer pour tout le monde, que ce soit les organisateurs, les participants, de se re-questionner, de réussir à faire en sorte qu’on inclue tous les publics. Alors après, il ne faut pas se donner la face, on ne peut peut-être pas faire tous les publics, mais il y a des fois, je suis très honnête, on a des profils sur le dispositif des enfants autistes. Il n’y a pas un autisme, il n’y a pas un trouble du spectre autistique. Il y en a peut-être autant qu’il y a d’enfants atteints de ce trouble.
Ermanno : Mais au final, tout comme il y a autant d’handicaps qu’il y a de personnes vivant sur Terre, parce que quelqu’un à qui il manque une jambe droite, OK, mais il n’a peut-être pas le même niveau d’handicap que Jean-Pierre ou Martine ou Jean-Louis, à qui il va manquer aussi la jambe droite. C’est de ne pas couper au même endroit, peut-être pas les mêmes douleurs, peut-être pas les mêmes douleurs fantômes, etc. On a tous quelque part un handicap qui n’est pas le même que celui du voisin.
Denis : Exactement. Mais là où je vais en venir, c’est qu’il y a aussi des fois, on reste une assaut. Avec nos moyens, il y a des fois où on le fait, on est capable de dire à la famille, malheureusement, nous ne sommes pas capables, dans notre configuration actuelle, nous ne sommes pas capables d’accompagner votre enfant en sécurité pour lui, pour les autres. Et en fait, ça s’explique très bien. Et ça ne veut pas dire qu’on ne sera jamais capable. Ça veut dire que là, on est face à une situation où aujourd’hui, avec les armes qu’on a, avec les effectifs qu’on a, on ne peut pas l’encadrer, l’accompagner dans de bonnes conditions. Au risque de l’envoyer vers un échec, lui, l’éducateur, la structure, la famille, je pense qu’il vaut mieux aussi éviter ce genre de situation. Et les familles le comprennent très bien. C’est juste que ça nous requestionne. Et peut-être que… En continuant de travailler, en continuant de renforcer aussi l’équipe qu’on a autour de nous qui se forme, demain, ce n’est pas aujourd’hui, c’est peut-être demain, ou peut-être une autre structure qui entend parler de ce qu’on a fait et qui a peut-être d’autres ressources, va peut-être pouvoir accueillir ces enfants-là. Voilà, il faut… C’est très utopique de dire qu’on va pouvoir prendre tout le monde, accueillir tout le monde, mais je pense qu’on doit tendre vers ça.
Ermanno : Est-ce que des situations comme ça ont créé des vocations ? Alors, soit en interne, soit typiquement des parents à qui tu as pris le temps d’expliquer. Alors, on parle des parents parce que c’est vrai que c’est très parlant, mais je pense que vous avez la même situation avec certains adultes paras qui viennent vous voir et qui vous disent « je suis désolé, mais là, à l’heure actuelle, on n’a pas la structure, on n’a pas les moyens, ce serait te mettre en danger ou mettre en danger les autres, donc on ne pourra pas ». Est-ce que ça a créé des vocations avec des gens qui sont éloqués ? Vous ne le faites pas, mais moi, j’ai X temps par jour, par semaine, par mois à consacrer. Et si on développait ça ensemble, est-ce que c’est déjà arrivé ?
Denis : Oui. Honnêtement, non, pas de cette manière-là. On a du temps donné épisodiquement, mais finalement, et c’est tout ce qu’on cherche à atteindre, finalement, comme dans une asso classique. C’est-à-dire que tu vas avoir la famille, le papa, la maman, l’oncle, on s’en fiche, qui dit « moi, je vais vous filer un coup de main sur le temps d’entraînement pour ranger le matos ». Tu vois exactement ce qui se produit aussi dans tous les clubs,
Denis : des parents un peu qui viennent dirigeants. C’est-à-dire qu’il y a des parents qui sont accompagnateurs de l’équipe de triathlon de son gamin. On retrouve un peu ce phénomène-là aussi, mais, et ça, c’est vrai que c’est aussi parfois ce qu’on cherche à atteindre. On en a beaucoup entendu parler, notamment l’année dernière, sur le répit, sur les accompagnants, justement, des familles de personnes malades ou handicapées. Et le temps où, nous, on peut prendre en charge l’enfant, une heure, une heure et demie, peut-être dans la semaine, deux fois dans la semaine, c’est un temps aussi, quand la famille sait qu’il est en sécurité, sur une activité qui lui plaît, un temps où la famille peut se consacrer à elle, se reposer, faire autre chose, peut-être faire son sport aussi, parce qu’on a une école d’éveil multisport, par exemple, où on accueille des enfants autistes chaque année. Donc là, c’est une école 3-6 ans. Les enfants font leur sport. Donc, quand un enfant autiste est rentré dans le dispositif, il est accompagné par l’éducateur ou l’éducatrice dans le groupe ordinaire. Et en parallèle, on propose des séquences de sport pour les parents, du cross-training. Donc, ils peuvent déposer leur enfant, et eux, ils ont 40-45 minutes pour faire aussi un peu souffler, évacuer, transpirer un peu, à son rythme, avec le coach qui est là, ou la coach. Et voilà, on essaie vraiment de leur apporter cette forme de répit aussi.
Ermanno : Cette bouffée d’air.
Denis : Exactement, d’oxygène.
Ermanno : Pour revenir quand même à la question initiale, parce que c’est vrai que c’est un peu découpé, mais si tu as écouté certains de mes épisodes, tu verras que c’est souvent comme ça. On est dans une discussion et je tire les ficelles au fur et à mesure où on avance. L’objectif, c’est que la pelote, à la fin, soit complètement démêlée.
Ermanno : Concrètement, vraiment, qu’est-ce que la SPTT fait pour tous ses publics, au-delà de tout ce que tu as déjà dit ? Et quels sont les objectifs, les ambitions ? J’allais dire, quels sont vos rêves ? Tu l’as dit tout à l’heure, le rêve, c’est que les paras pratiquent aux côtés des valides et que les évalides apprennent aux côtés des paras.
Denis : Exactement. Ça, c’est notre vision. Et c’est vers ça qu’on tend, ce que je disais tout à l’heure. On veut tendre vers ça, que le sujet de l’inclusion du para soit plus un questionnement en se disant comment je vais faire. Ok, il vient, il n’y a pas de problème, juste comment je vais faire. Et c’est pour ça qu’on a une ressource interne, cette prof APA, qui est vraiment spécialisée sur la question du handicap.
Ermanno : APA, c’est Activité Physique Adaptée.
Denis : Adaptée, exactement, pardon. Aloïse, qui est le point d’entrée chez nous. Donc, un éduc du club. Une question a besoin, une demande particulière. Elle, elle va venir avec son regard. Elle a un master licence et master APA. Et donc, elle va venir avec ce regard et poser la problématique et essayer d’accompagner, de répondre pour qu’on puisse accueillir le profil qui nous est demandé. Aloïse a cette ouverture d’esprit où il n’y a jamais de problème. Il n’y a que des solutions. Exactement.
Denis : Peu importe, l’éduc, chez nous, vient en disant, j’ai cette personne, ce profil, comment je peux faire ? Elle va se poser, ça va prendre 10 minutes et elle va déjà donner des billes, des clés pour résoudre certains problèmes. Donc, nous, notre ambition est là. On a ce profil-là. Si tu veux, pour le club, c’est de continuer à élargir le spectre. Tout à l’heure, je disais les niches. J’aimerais continuer à pouvoir et j’aimerais qu’on continue à pouvoir accueillir le plus de publics possibles avec leurs particularités. Tout à l’heure, tu évoquais les malvoyants ou les aveugles. Pourquoi pas ? Aujourd’hui, on n’y est pas encore. Est-ce que demain, ce n’est pas aussi une piste pour nous ? En tout cas, est-ce qu’on n’a pas les ressources ou est-ce qu’on ne va pas créer les ressources pour que justement, on puisse accueillir ces publics ? On a créé une école d’éveil multisport aussi, un peu à l’image de celle que je te disais pour les valides, les 3-6 ans. On l’a créée pour les enfants en situation de handicap physique au départ. L’école est pour les 6-11 ans. Aujourd’hui, le projet intéresse. Aujourd’hui, les familles semblent intéressées, mais on a du mal à rencontrer le public. On a du mal à rencontrer le public parce que les créneaux qu’on obtient ne sont peut-être pas idéals. On a du mal à rencontrer le public parce que les créneaux qu’on obtient ne sont peut-être pas idéales. On a du mal à rencontrer le public parce que les créneaux qu’on obtient ne sont peut-être pas idéals. Les contraintes familiales de ces enfants qui se courent d’institutions à l’école, aux établissements de santé, dans la semaine, c’est toujours assez rythmé. Ils ne trouvent pas encore la bonne alternative, le bon créneau, le bon emplacement, mais on y travaille. On est par exemple convaincu que pour ces enfants, rythmés par l’école, quand ils auront la chance d’aller entre les établissements scolaires,populaires, peau-diocèse, dai-pas, établissements de santé, centres de réadaptation, établissements de séance de nytistar, école, son domaine, même si le dedicataire est olsa traumatifié ou commercialement « shit ! » nous on veut pouvoir leur offrir aussi une expérience de club ordinaire donc vous venez on ne va pas venir dans l’établissement faire du sport c’est pas ce qu’on veut proposer, vous le faites déjà avec vos kinés où il y a parfois aussi des éducateurs non vous allez venir dans un club, un vrai club et vous allez vivre une expérience de club avec des encadrants et des dirigeants de club et donc ça fait partie de nos projets encore et de nos rêves qu’on aimerait atteindre et faire vraiment vivre ces activités
Ermanno : Excellent justement pour le podcaston un podcasteur français assez connu qui s’appelle Mathieu Stéphanie qui produit le podcast Génération 2 It’s Yourself a tendu le micro au fondateur du Café Joyeux alors je ne sais pas si ça te parle mais c’est clairement la même démarche sauf qu’au lieu, au delà du sport c’est l’intégration dans la vie dans la vie active de tous pour les gens qui sont paras, qui ont des déficiences moteurs, qui ont des déficiences cérébrales et voilà on est vraiment dans une démarche d’inclusion et c’est des gens qui par cette inclusion dans la vie active des valides entre guillemets retrouvent goût à la vie évoluent, grandissent et
Ermanno : acquièrent une personnalité ce qu’on peut faire aussi via le sport et c’est évidemment ce que vous faites à la SPTT
Denis : bien sûr, mais c’est assez marrant que tu fasses la ref à Café Joyeux parce que je connais bien sûr ce qu’ils font ils ont ouvert un Café Joyeux il n’y a pas longtemps à Strasbourg en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France, en France et on a un jeune de notre section sport adapté qui faisait du badminton qui a travaillé là-bas qui n’y travaille plus, mais par contre il va venir il veut bosser dans l’animation donc on l’accueille cet été sur des stages BAFA il passe son BAFA tu vois et il va venir faire son stage de validation BAFA chez nous pas de questionnement tu vois c’est là où je dis à un moment ça ruisselle et on l’imprime c’est que il nous dit il va me contacter en disant qu’il avait cette envie là bah ouais ok on va voir le Café Joyeux c’est toujours qui est au centre des dispositifs il dit bah ok on va le prendre avec nous il va faire son stage on va l’accompagner il n’y a pas de problème ça va être cool tu vois donc ça je trouve que voilà quand ça ne devient plus un sujet c’est vraiment et ça commence à être caché chez nous c’est vraiment qu’on atteint aux couches du doigt quelque chose qu’on essaie d’atteindre
Ermanno : excellent bon ça a été un peu décousu est-ce qu’il y avait des sujets que tu imaginais aborder qu’on n’a pas encore abordé
Denis : autour du para autour du sport on a quand même balayé pas mal de choses j’ai l’impression
Ermanno : et ça a été efficace parce que d’habitude on prend une heure en une demi-heure c’était réglé mais c’était super intéressant parce que tu vois ça permet d’aborder plusieurs sujets et des sujets aussi bien sportifs que des sujets de société sachant que j’inclus quand même vraiment le sport dans les sujets de société comment on fait justement si on est un parent un aidant un proche un ami d’une personne qui est para ou qui encadre qui s’occupe qui élève un handicapé une handicapée comment on fait si on veut avoir des informations comment on contacte Aloïse pour savoir si il elle peut venir à la SPTT de Strasbourg
Denis : c’est hyper simple on va déjà attendre qu’Aloïse revienne de congé maternité ouais c’est pas mal elle revient le mois prochain et alors sur notre site internet on a déjà toutes les infos on peut appeler nous contacter par mail c’est toujours mieux je pense sur ces profils là de nous contacter au siège et pas la section directement puisqu’Aloïse va vraiment pouvoir faire le bilan avec les familles et les orienter vers les bonnes sections, les bonnes personnes elle va aussi pouvoir elle a la vue sur l’ensemble et va pouvoir jouer le rôle de conseillère aussi avec les familles si un enfant en fonction de ses limitations il a très envie de faire quelque chose mais malgré tout, tu le disais tout à l’heure c’est compliqué au regard de son profil de ses limitations de la nécessité de l’accompagnement avec nos capacités elle va pouvoir conseiller des familles et les accompagner sur des séances d’essais d’autres disciplines pour essayer de faire en sorte que notre volonté première c’est que les enfants ou les adultes bougent bougent de manière régulière donc voilà le premier point d’ancrée c’est contact arrobase fptt-strasbourg.fr ou un coup de fil au siège
Ermanno : et on va gérer ça sans problème ça marche, si vous écoutez le podcast et que vous êtes en train de courir ou de rouler ou au volant ou de cuisiner ou de faire le ménage et que vous en souvenez pas, vous prenez contact avec nous et nous on transférera à Denis insta, mail, tout ce que vous voulez je me souviens plus tu en as parlé tout à l’heure et je t’ai pas posé ouvertement la question, mais quelle est la répartition en termes de membres à la fptt strasbourg en tout cas pas par section mais toute section confondue entre les valides et les paras
Denis : aujourd’hui les paras donc sur les 4200 et les paras qu’on a identifié parce que parfois il y en a aussi en section qui ne sont pas identifiés on a une centaine de paras ok une centaine de paras sur les 4200 c’est pas énorme c’est pas énorme et en même temps tu disais tout à l’heure un peu qu’est-ce que je voudrais dire le sujet pour nous aujourd’hui c’est que celui qu’on essaie de mener en ce moment c’est que tous ces dispositifs aujourd’hui sont plutôt subventionnés sur l’équilibre financier quand on parlait d’inclusion je disais qu’on veut que les enfants aient une expérience de club ordinaire on veut que pour les familles ce soit aussi au max le tarif d’un enfant ordinaire dans l’adhésion à l’inscription donc pour ça tu vois bien qu’on a des nécessités des besoins d’accompagnement supplémentaire donc il faut qu’on aille chercher le complément alors on a réussi jusque là à avoir pas mal de de financement notamment du fonds de dotation des jeux olympiques puisqu’on a touché une enveloppe dans le cadre d’un pack 2024 mais aujourd’hui c’est le sujet sur comment on va pérenniser ça comment on va pérenniser ça d’un point de vue financier donc on essaie aussi c’est le sujet qu’on avait avec Jules la semaine dernière avec nos partenaires de fédérer aussi aujourd’hui des structures privées prêtes à nous soutenir sur ces actions sociétales solidaires aujourd’hui il n’y a pas de privés pas de partenaires privés qui nous suivent sur les dispositifs fédération un peu sur les
Denis : dispositifs d’implément solidarité et autisme pour les enfants mais voilà il va falloir qu’on arrive à créer aussi un petit pool de partenaires qui soient responsables à ce qu’on propose et qui nous soutiennent pour être sûrs de pouvoir pérenniser toutes ces actions et continuer à les faire grandir
Ermanno : oui parce que évidemment pour nous ça semble évident mais n’oublions pas qu’intégrer une personne para dans un club ou une association sportive ou culturelle ça représente un coût déjà en terme d’accompagnement c’est parfois un entraînement différent c’est parfois un entraînement plus long c’est parfois un entraînement plus coûteux pour ces raisons là parce que le temps c’est de l’argent les compétences c’est de l’argent c’est aussi du matériel qui est pas forcément le même que le matériel pour les valides donc il faut adapter et tout ça c’est des investissements à supporter par la structure par le club par l’association et donc comme tu dis l’équilibre financier est difficile à trouver et le sujet en ce moment j’ai vu ça passer encore sur les réseaux aujourd’hui c’est est-ce que les clubs de sport vendent les licences à perte bon alors déjà ils les vendent pas ils les revendent parce que ce sont les fédérations qui proposent les licences et qui les vendent dans une licence on va pas revenir sur tout le sujet
Ermanno : il y a aussi tout un paquet de produits et de services qui vont avec malgré tout les clubs sont et les associations sportives sont revendeurs de ces licences mais effectivement un club ça se contente pas de faire l’enveloppe quoi ça met à disposition des infrastructures des structures des encadrants des entraîneurs des directeurs des présidents de l’administratif etc donc ça c’est un coût et quand on parle de para versus valide le coût est encore démultiplié donc comment on fait tiens on a une bonne volonté on a un peu d’argent on veut mettre 100 balles 500 balles 1000 balles 10000 balles en particulier une entreprise comment on fait pareil contact at asptt-strasbourg.eu
Denis : ouais ou moi directement ou toi directement moi directement mais là c’est vrai que en plus on a un cadre associatif donc pour ceux qui souhaiteraient nous soutenir les particuliers ou les entreprises il y a la réduction sur les impôts qui est de 66% pour les particuliers 60% pour les entreprises ce qu’ils vont donner peut être déduit de leurs impôts et par contre ça accompagne une bonne cause j’ai envie de dire et effectivement les besoins sont plus importants tu vois tout à l’heure tu disais l’encadrement c’est pas compliqué sur le dispositif autisme c’est un accompagnant pour un enfant un pour un et c’est grosso modo 20 euros de l’heure alors tu as les phases de bilan avant tu discutes encore un peu tu fais des bilans avec les familles après tu as la coordination rien qu’en termes salarial les charges salariales c’est déjà conséquent sur une année complète pour un enfant tu le multiplies tu vois aujourd’hui on refuse parfois des enfants parce que nous on est une capacité d’accueil entre entre 5 et 10 enfants par an alors que je pense qu’il y a bien plus on refuse d’ailleurs les familles parce qu’on a plus la capacité de les absorber et ça c’est même terrible pour nous de se dire bah en fait on a juste pas l’argent pour accueillir ces gamins alors qu’il y a des besoins alors qu’on est dans le coeur de ce qu’on veut proposer et ça c’est un déchirement à chaque fois
Ermanno : bon et bah écoute je pense que le message est passé est clair tu l’as martelé je l’ai martelé aussi maintenant il n’y a plus qu’à attendre merci beaucoup Denis pour le contact tu l’as donné j’espère que vous aurez plein de nouvelles et nouveaux adhérents des valides des paras et puis que ça fera grandir les rangs de la SPTT Strasbourg si on est ailleurs tiens si on n’est pas à Strasbourg mais à Bordeaux à Lyon à Marseille à Paris à Toulouse est-ce qu’il y a d’autres structures comme la tienne que ce soit SPTT ou pas mais qui accueillent des paras
Denis : oui oui alors dans toutes les villes tu as des clubs qui existent et qui sont dédiés à ça et il y a aussi des clubs à SPTT on est quand même un réseau national de quasiment 200 clubs et il y a vraiment aussi une volonté de notre fédération de travailler sur ces sujets d’inclusion donc tu as beaucoup de clubs aujourd’hui à SPTT qui sont en mesure d’inclure peut-être pas tous les plus publics encore une fois mais qui sont en mesure de répondre aux demandes des familles ou des pratiquants il faut pas hésiter il faut pas hésiter à aller toquer à la porte faut pas hésiter à poser la question parfois là parfois ils seront ce sera peut-être pas possible mais ne serait-ce que toquer poser la question va générer un questionnement chez les dirigeants et encore une fois ce que je disais tout à l’heure c’est qu’à un moment donné on génère l’interrogation donc ça va on germe il y a quelque chose qui peut pousser pour que ensuite la structure, le club soit en mesure de proposer des accueils, des accompagnements il faut vraiment pas hésiter à aller voir vos clubs dans vos villes un peu partout en France je pense qu’il y aura toujours de quoi trouver les bonnes volontés pour pouvoir construire des projets
Ermanno : et puis on le rappelle même si c’est pas forcément super clair il y a la fédération française du handisport et puis il y a la fédération française du sport adapté de toute façon si c’est pas le bon interlocuteur ils sont assez sympas et ils vous renverront de l’un à l’autre
Denis : exactement, normalement super, merci beaucoup Denis
Ermanno : merci beaucoup, bonne continuation à très bientôt j’espère à l’année prochaine pour le festival pour mettre en avant les livres avec plaisir, sans problème
Denis : merci beaucoup bonne journée
PS : nous sommes maintenant sur Strava ! https://www.strava.com/clubs/DTxOT !
PPS : et pour découvrir le nouveau podcast éphémère d’Ermanno, ça se passe sur https://road-to-otillo.fr !